Article de: Manu Leuenberger

Zwahlen / Bergeron, le duo qui révèle ce qu’on n’a encore jamais entendu

D’un côté, la tradition séculaire de la musique chorale; de l’autre, les possibilités presque infinies de la musique électronique. Dans le champ de tension entre ces deux pôles, Jérémie Zwahlen et Félix Bergeron se livrent à des expériences pour donner naissance à quelque chose de totalement nouveau. La contribution Get Going! les soutient dans ce projet. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Zwahlen / Bergeron, le duo qui révèle ce qu’on n’a encore jamais entendu

Félix Bergeron et Jérémie Zwahlen (Photos: Stephane Winter & Laura Morier-Genoud; Alain Kissling)

C’est bien connu: les opposés s’attirent. Jérémie Zwahlen et Félix Bergeron, tous deux 33 ans, sont assis dans un café lausannois et discutent de leur projet: redéfinir la longue tradition de la musique chorale à l’aide de l’expérimentation électronique. Félix Bergeron profite de la conversation née autour de ce portrait pour se livrer à un brainstorming. Précis comme doit l’être un batteur, il énumère dans un rythme de plus en plus complexe les innombrables possibilités qu’il y aurait pour relier l’ancien et le nouveau, la tradition et l’avant-garde. Jérémie Zwahlen l’écoute stoïquement, et complète de temps à autre son propos par des phrases percutantes. Ce type de dialogue n’a rien de neuf pour eux, semble-t-il. «Félix est comme une cigarette ultra-forte, et je suis le super-filtre qu’on utilise pour la fumer», explique Jérémie Zwahlen. Les deux compères éclatent de rire.

En fait, ils fréquentaient déjà la même école près de Lausanne quand ils étaient enfants, puis leurs chemins se sont séparés. Félix Bergeron s’est mis à jouer de la batterie à l’âge de six ans, sans jamais y trouver pleine satisfaction, jusqu’à ce qu’il entende un solo de Lucas Niggli au festival de jazz de Willisau. «À côté de la percussion, il utilisait aussi l’électronique. J’étais totalement baba, et j’ai compris que c’était ce que je voulais faire!», raconte le batteur. Jérémie Zwahlen, lui, a grandi dans la tradition de la musique pour instruments à vent. Trompettiste, il faisait partie d’un orchestre de chambre, comme son père et son grand-père avant lui. Sa mère chantait dans un cœur. «Au gymnase», dit-il, «on m’a dit que je ferais un bon prof de musique, alors j’ai commencé ma formation.»

Le chœur et l’électronique

Les deux musiciens ont fréquenté la Haute École de Musique de Lausanne (HEMU). «J’ai étudié le jazz et Jérémie la musique classique, relate Félix Bergeron, nous étions dans deux bâtiments différents.» Ce qu’ils ignoraient, et l’un et l’autre, c’est que leurs compagnes étaient amies. Un jour, après plusieurs années, ils se sont recroisés à une fête. Quand Jérémie propose à Félix de soutenir électroniquement le travail du Chœur Auguste, qu’il dirige, l’idée naît d’une collaboration qui irait bien au-delà de tout ce qu’on a l’habitude d’entendre. «Bien sûr, d’autres que nous avaient déjà réuni le chœur et l’électronique, dit Félix Bergeron, mais ils se contentaient de remplacer l’orgue ou le piano par un synthétiseur. Cela ne nous intéressait pas.»

Les deux hommes, qui se sont toujours frottés aux frontières stylistiques et ont tenté de remodeler le paysage musical dans leurs projets individuels, étaient prédestinés à partir à la découverte de nouvelles terres. Avec ses arrangements percutants et aux concepts inhabituels de la musique d’Elvis Presley, de Johnny Cash, de Camille ou de Queen, Jérémie Zwahlen ne se contente pas de redéfinir les lois chorales, il envisage le chœur dans son ensemble comme un corps: «Le chœur est comme une sculpture qui respire et qu’on peut modeler. Félix aussi travaille avec des vibrations qu’on peut ressentir physiquement. À la fin, la musique doit devenir littéralement palpable.»

La musique comme une sculpture

Effectivement, Félix Bergeron est très influencé par le sculptural. À côté de ses nombreux projets entre improvisation abstraite, folk, punk et jazz, il travaille pour le théâtre et pour des compagnies de danse. Dans ses «brush paintings», pour lesquels il enduit ses balais de batterie de peinture et tend des toiles sur ses cymbales, c’est le hasard qui engendre l’œuvre d’art. «Lorsqu’on travaille de manière spontanée avec l’électronique, on doit faire avec l’arbitraire. C’est ça qui m’intéresse. J’y vois des possibilités infinies pour faire éclater les formes traditionnelles de la musique chorale.»

La musique comme une sculpture qui dévoilerait aussi au public les secrets de sa genèse. Jérémie Zwahlen précise leur intention première: «Nous voulons que le public voie ce qu’il se passe. Comment la composition, le hasard, les arrangements et l’improvisation s’influencent mutuellement. Notre projet doit devenir une expérience perceptible par tous les sens que le public possède.» Puis il souligne: «Mon obsession est de retravailler tous les types de musique de sorte qu’ils apportent de la joie à tout le monde, qu’il s’agisse de musique classique, folklorique, de jazz ou de musique expérimentale.»

Un tel projet comporte tellement de possibilités d’expérimentation sur le plan de la musique, du contenu et du visuel qu’il est essentiel d’avoir suffisamment de temps et d’argent pour s’y consacrer, soulignent les deux musiciens. «Grâce à la contribution de Get Going!, nous avons la possibilité, dans cette profusion, de partir à la recherche de nouveaux continents», se félicite Félix Bergeron.

Jérémie Zwahlen et Félix Bergeron sont des mordus de musique, qui transmettent aussi leur passion aux jeunes élèves de la HEMU et de l’École de jazz et musique actuelle (EJMA) de Lausanne ainsi que – pour Félix Bergeron – de l’école Jeunesse & Musique à Blonay. Ensemble, ils forment la seule cigarette au monde qui ne nuit pas à la santé. Bien au contraire.

www.felixbergeronmusic.ch
www.choeurauguste.ch

C’est en 2018 que la FONDATION SUISA a commencé à allouer ses nouvelles contributions à la création. Dans le cadre de «Get Going!», elle finance des processus créatifs et artistiques qui se situent hors des catégories usuelles. Nous consacrons chaque année une série de portraits aux bénéficiaires de ces contributions Get Going! L’appel à candidatures pour 2020 s’achèvera à la fin août.


Il duo Zwahlen/Bergeron vuole rendere udibile e visibile l’inaudito

Da un lato, la tradizione secolare della musica corale, dall’altro le infinite possibilità della musica elettronica. Jérémie Zwahlen e Félix Bergeron sperimentano tra questi due poli per creare qualcosa di completamente nuovo. Il contributo finanziario Get Going! li aiuta a realizzare il loro progetto. Contributo ospite di Rudolf Amstutz

Il duo Zwahlen/Bergeron vuole rendere udibile e visibile l’inaudito

Félix Bergeron e Jérémie Zwahlen (Fotos: Stephane Winter & Laura Morier-Genoud; Alain Kissling)

Come è noto, gli opposti si attraggono. Jérémie Zwahlen e Félix Bergeron, entrambi 33enni, siedono in un caffè di Losanna e discutono del loro progetto di ridefinire la lunga tradizione della musica corale con l’aiuto della sperimentazione elettronica. Bergeron coglie l’occasione della nostra conversazione su di loro per fare una sessione di brainstorming. Con la precisione degna di un batterista, con ritmi sempre più complessi enumera nuove possibilità per realizzare il connubio tra vecchio e nuovo, tra tradizione e avanguardia. Zwahlen ascolta con calma stoica e di tanto in tanto interviene con frasi argute. Sembra essere avvezzo a questo tipo di dialogo. «Félix è come una sigaretta fortissima e io sono il superfiltro che serve per fumarla», spiega Zwahlen e entrambi ridono.

In realtà, da ragazzi i due hanno frequentato la stessa scuola vicino a Losanna, ma poi hanno preso strade diverse. Bergeron suonava il tamburo già all’età di sei anni, ma senza trarvi la giusta soddisfazione, finché non ha assistito a un’esibizione solista di Lucas Niggli al Jazz Festival di Willisau. «Ai tamburi aveva abbinato l’elettronica. Sono rimasto del tutto sbalordito e ho capito subito che volevo farlo anch’io!», racconta Bergeron. Zwahlen, invece, è cresciuto nella tradizione della musica bandistica e ha suonato la tromba in un’orchestrina, seguendo le orme del padre e del nonno. La madre invece cantava nel coro. «Al liceo», racconta Zwahlen, «mi hanno detto che sarei diventato un buon insegnante di musica e così ho iniziato la mia formazione.»

Coro ed elettronica

Entrambi hanno frequentato la Haute Ecole de Musique Lausanne (HEMU), «ma io studiavo jazz e Jérémie musica classica», spiega Bergeron, «eravamo in due edifici diversi.» I due non sapevano che le loro compagne erano amiche ed è stato tramite loro che si sono ritrovati a una festa dopo tanti anni. Quando Zwahlen ha chiesto a Bergeron di inserire l’elettronica nel lavoro del Chœur Auguste da lui diretto, è nata l’idea di una collaborazione destinata ad andare ben oltre l’usuale. «Ovviamente la combinazione di coro ed elettronica non era una novità», spiega Bergeron, «ma di solito consisteva nel sostituire l’organo o il piano con un sintetizzatore. A noi questo non interessava.»

Entrambi sono predestinati a entrare in un territorio inesplorato: già nei loro progetti individuali si spingono costantemente ai confini stilistici e cercano di ridisegnare il paesaggio musicale. Con i suoi arrangiamenti incisivi e concettualmente inusuali della musica di Elvis Presley, Johnny Cash, Camille o Queen, Zwahlen ridefinisce i canoni corali e considera il coro nel suo complesso come un corpo: «Il coro è come una scultura che respira e può essere plasmata. Anche Félix lavora con vibrazioni fisicamente sperimentabili. Alla fine la musica deve poter essere toccata.»

La musica come scultura

In effetti Bergeron è fortemente influenzato dall’aspetto scultoreo. Oltre ai suoi numerosi progetti tra improvvisazione astratta, folk, punk e jazz, lavora anche per il teatro e le compagnie di danza. Per i suoi «Brushes Paintings» l’arte figurativa nasce a opera del caso, grazie alle spazzole della batteria intinte nella vernice e ai piatti rivestiti di tela. «La spontaneità nell’elettronica non esclude l’intenzionalità. È questo che mi interessa, perché vedo infinite possibilità per infrangere le forme tradizionali della musica corale.»

La musica come scultura che svela al pubblico anche i segreti che hanno portato alla sua creazione. «Vogliamo che il pubblico veda quello che succede. Come la composizione, il caso, gli arrangiamenti e l’improvvisazione si influenzano a vicenda. Il nostro progetto deve essere vissuto dal pubblico con tutti i sensi», così Zwahlen descrive la situazione iniziale e precisa: «La mia ossessione è riuscire a elaborare ogni tipo di musica in modo che piaccia a tutti. Indipendentemente che sia musica classica, popolare, jazz o sperimentale.»

Entrambi pensano che in un progetto di questo tipo ci siano tante possibilità per sperimentare a livello musicale, contenutistico e visivo e sottolineano quanto siano importanti i fattori tempo e denaro. «Grazie al contributo di Get Going! ci è finalmente possibile esplorare la vastità di questo territorio sconosciuto», afferma raggiante Bergeron.

Jérémie Zwahlen e Félix Bergeron: due artisti ossessionati dalla musica, che trasmettono il loro entusiasmo anche alle generazioni future come insegnanti all’HEMU e all’Ecole de jazz et musique actuelle (EJMA) di Losanna e – nel caso di Bergeron – anche all’Ecole Jeunesse & Musique di Blonay. Insieme formano l’unica sigaretta al mondo che non nuoce alla salute. Al contrario!

www.felixbergeronmusic.ch
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Dal 2018 la FONDATION SUISA assegna nuovi contributi alla creazione. Con il progetto «Get Going!» vengono incentivati finanziariamente processi creativi e artistici che esorbitano dalle categorie convenzionali. In una serie di ritratti, ogni anno presentiamo i beneficiari dei contributi «Get Going!». Il concorso 2020 termina a fine agosto.

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Jessiquoi, ou la liberté de se réinventer

La recherche identitaire est sa force créatrice. C’est dans ce contexte que Jessica Plattner alias Jessiquoi crée une œuvre d’art audiovisuelle complète. Selon ses propres dires, la Bernoise de 31 ans déborde d’idées. Grâce à la contribution Get Going!, plus rien ne la retient dans la réalisation de ses objectifs. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Jessiquoi, ou la liberté de se réinventer

Jessiquoi (Photo: Manuel Lopez)

«Quand je serai grande, j’aimerais avoir un piano à queue sur scène», dit Jessica Plattner en riant de ses mots. Bien entendu, la jeune femme de 31 ans est déjà adulte, mais ce qu’elle veut nous faire comprendre, c’est que sa voie d’artiste est loin d’être toute tracée. Pourtant, avec son alter ego Jessiquoi, elle fait déjà partie des artistes musicaux suisses les plus impressionnants. Elle compose et produit elle-même sa musique. Elle réalise aussi les effets visuels et crée sans cesse de nouveaux univers fantastiques dans lesquels Jessiquoi se réinvente et se redéfinit en permanence à travers des univers sonores électro, parfois doux, parfois granitiques.

«Pour moi, l’identité est quelque chose de fluide», dit Jessica, puis elle cite la drag-queen RuPaul: «You’re born naked. The rest is drag.» Et d’ajouter: «Je pense que chacun possède la liberté de se réinventer. La volonté de prendre une tout autre direction dans la vie ne requiert aucune justification. C’est comme un jeu vidéo dans lequel chacune et chacun peut créer son propre avatar.»

La recherche identitaire comme force créatrice: ces mots prennent tout leur sens lorsqu’on se penche sur l’extraordinaire biographie de Jessica. Elle est née à Berne. Peu après, sa famille quitte la Suisse pour l’Australie. Alors qu’elle est adolescente, son père se voit offrir un poste au conservatoire de Berne, et toute la famille retourne en Suisse. À ce moment-là, la vie de la jeune fille prend un tout autre cours. Jessica voulait devenir danseuse professionnelle et suivait une formation à Sydney. De plus, la famille Plattner parlait uniquement l’anglais à la maison. «Si j’avais voulu poursuivre ma carrière de danseuse, j’aurais dû aller à Rotterdam ou à Berlin. Or, je voulais rester avec ma famille», avoue-t-elle. «Au début, je me sentais étrangère à Berne, exclue. J’ai appris à parler le dialecte bernois, et soudain, tout le monde était gentil.» La langue ne lui a posé aucune difficulté. D’ailleurs, son professeur d’allemand l’appelait «Tape Recorder»: «parce que j’étais capable de tout répéter parfaitement», rit-elle.

Existence alternative

La recherche identitaire dans ce pays étranger l’a finalement menée à la musique, au détriment de la danse. «Nous avons toujours eu un piano à la maison, mais je n’y avais jamais touché. J’avais suivi quelques leçons, mais c’était horrible. Puis, un jour, j’ai commencé à composer mes propres chansons», raconte-t-elle en relatant ses débuts musicaux.

Mais comme si la perte de ses repères n’était pas suffisante, Jessica est frappée, il y a sept ans, par un coup du destin inimaginable et terriblement douloureux. Son petit frère, de deux ans son cadet, décède. «Nous partagions tout. Les gens nous prenaient souvent pour des jumeaux», dit-elle, avant de raconter que son frère était celui qui lui avait fait découvrir l’univers des jeux vidéo et des musiques de film.

C’est justement dans ces univers, où chacun peut se réinventer, que Jessica s’est sentie chez elle en tant que Jessiquoi. «On pourrait dire que Jessiquoi est un personnage imaginaire, mais en réalité, elle est simplement une autre version de moi», explique-t-elle avant d’ajouter: «Ce personnage peut aussi sembler effrayant, car Jessiquoi n’évolue pas selon notre conception fixe des rôles des genres et de l’identité nationale.»

Aujourd’hui, sur ses albums, elle raconte ces univers étrangers, où les vallées sont polluées et les gens se réfugient sur les sommets des montagnes, où les pilotes sont capables de changer de direction vers une existence meilleure. Sur scène, Jessiquoi est seule à donner vie à cette existence alternative. Elle charge ses instruments électroniques et sa station de travail pour les effets visuels sur un chariot en bois, puis elle joue et danse en monarque absolue de la scène, ce lieu synonyme d’autodétermination et de repositionnement constant. Dans toute son intransigeance, l’œuvre d’art complète de Jessiquoi est impressionnante et a déjà su séduire le public à Séville ou New York.

Le chariot en bois, son «Wägeli» comme elle l’appelle affectueusement, tout comme la harpe chinoise qu’elle joue en direct sont des hommages à la culture chinoise, avec laquelle elle possède une grande affinité. «À l’école de langue, une amie chinoise m’a présenté sa culture, qui m’a d’emblée passionnée. Lors d’un de mes voyages en Chine, j’ai fait une drôle de rencontre: j’étais à Shanghai, il était trois heures du matin, et j’avais faim. Et là, il y avait cette vieille dame avec son chariot en bois qui lui servait de cuisine. L’image de ce vieux chariot au cœur de cette métropole ne m’a plus quittée. Je voulais être cette femme», raconte-t-elle amusée.

Composer de nouvelles chansons

Selon Jessica, l’autodétermination sans concessions et la liberté de préserver la fluidité de son être sont indispensables à son art. «Pour moi, le principal devoir des artistes est de rêver à une nouvelle civilisation et de donner vie à cette vision. Ce sont eux qui observent les gens et le monde autour d’eux, qui les analysent, les critiquent et les réinventent.»

Grâce à la contribution Get Going!, plus rien ne s’oppose à cette évolution passionnante. «Je gagne ma vie en jouant des concerts, ce qui me laisse toutefois moins de temps pour composer de nouvelles chansons. Avec cette contribution, je dispose de mon budget annuel», se réjouit-elle. La destination de ce voyage est totalement ouverte: «Je ne sais pas quelle musique je ferai demain. Je suis le cours de mon inspiration. Mais je ne me laisserai jamais dire quoi faire pour satisfaire aux exigences de marketing stratégique. Je travaille sur mon identité. Moi, et moi seule.»

www.jessiquoi.com

C’est en 2018 que la FONDATION SUISA a commencé à allouer ses nouvelles contributions à la création. Dans le cadre de «Get Going!», elle finance des processus créatifs et artistiques qui se situent hors des catégories usuelles. Nous consacrons chaque année une série de portraits aux bénéficiaires de ces contributions Get Going! L’appel à candidatures pour 2020 s’achèvera à la fin août.


Jessiquoi: la libertà di inventare se stessi

La ricerca dell’identità è la sua forza creativa trainante. Grazie a essa Jessica Plattner, alias Jessiquoi, crea un’opera d’arte audiovisiva totale. «Una fucina di idee», così si definisce la trentunenne di Berna. Grazie al contributo Get Going!, nessun ostacolo si frappone più al raggiungimento dei suoi obiettivi. Contributo ospite di Rudolf Amstutz

Jessiquoi: la libertà di inventare se stessi

Jessiquoi (Foto: Manuel Lopez)

«Quando sarò grande, mi piacerebbe avere un pianoforte a coda da suonare sul palco», rivela Jessica Plattner, ridendo per l’espressione scelta. La trentunenne è ovviamente cresciuta da tempo, ma da questa affermazione emerge come lei si consideri ancora un’artista su un percorso di sviluppo tutt’altro che concluso. E questo nonostante sia annoverata tra le performer più impressionanti di tutta la Svizzera nei panni del suo alter ego Jessiquoi. Oltre a comporre, Jessica si occupa anche personalmente della produzione. Gestisce anche l’aspetto visivo, creando incessantemente mondi fantastici in cui reinventa e ridefinisce costantemente se stessa con l’aiuto di paesaggi sonori elettronici a volte grezzi e a volte fini.

«Per me l’identità è qualcosa di fluido», sostiene Jessica e cita la drag queen Ru Paul: «You’re born naked. The rest is drag». Aggiunge poi: «Penso che ogni persona sia libera di reinventarsi. Non occorrono giustificazioni per volgere la propria vita in una direzione completamente nuova. È come in un videogioco, dove ognuno può scegliere il proprio avatar».

La ricerca dell’identità come forza creativa trainante: nel caso di Jessica è anche il risultato della sua straordinaria biografia. Originaria di Berna, è emigrata in Australia con la sua famiglia poco dopo la nascita. Quando era adolescente, a suo padre è stato offerto un lavoro presso il Conservatorio di Berna e la famiglia si è trasferita nuovamente in Svizzera. Questo evento ha dato una svolta alla vita della giovane Jessica, che desiderava diventare una ballerina professionista e aveva già intrapreso il necessario percorso di formazione a Sydney. Inoltre i Plattner parlavano esclusivamente inglese a casa. «Se avessi voluto continuare la mia carriera di ballerina, sarei dovuta recarmi a Rotterdam o a Berlino. Ma volevo restare con la mia famiglia», confida. «A Berna, inizialmente, avevo la sensazione di essere una straniera e mi sentivo esclusa. Solo quando ho iniziato a parlare tedesco bernese sono diventati tutti improvvisamente gentili». Imparare la lingua le è risultato facile, il suo insegnante di tedesco la aveva perfino soprannominata «tape recorder», «perché riuscivo a riprodurre tutto perfettamente», ricorda Jessica ridendo.

Esistenza alternativa

Ormai privata della danza, la ricerca della propria identità in questa patria straniera è sfociata nella musica. «Avevamo sempre avuto un pianoforte a casa, ma non l’avevo mai toccato prima. Avevo seguito solo qualche lezione, ma era stato terribile. Tuttavia, improvvisamente mi sono trovata a lavorare ai miei brani personali ogni giorno», così descrive i suoi esordi musicali.

Poi, come se la perdita del suo ambiente abituale non fosse stata un’esperienza sufficientemente amara, sette anni fa il destino ha inferto a Jessica il più duro colpo che si possa forse immaginare. Suo fratello, di due anni più giovane di lei, è deceduto. «Condividevamo tutto e da fuori ci scambiavano spesso per gemelli», rivela e racconta di come sia stato proprio il fratello a far sbocciare la sua passione per il mondo dei videogiochi e delle colonne sonore dei film.

È esattamente lì, in quei mondi dove chiunque può reinventarsi, che Jessica ha trovato la sua nuova patria come Jessiquoi. «Si potrebbe pensare che Jessiquoi sia un personaggio di fantasia, ma in realtà è solo una versione diversa di me», spiega e aggiunge: «Il personaggio può anche spaventare, perché Jessiquoi non si muove all’interno del nostro sistema fisso di chiari ruoli di genere e identità nazionali».

Adesso nei suoi album racconta proprio di questi mondi stranieri, dove le valli sono contaminate e la gente si rifugia sulle cime delle montagne e dove i piloti sono in grado di volare verso una vita migliore. Sul palcoscenico mette in pratica questa esistenza alternativa completamente da sola. Con la centrale di comando per gli effetti visivi e gli strumenti elettronici allestiti su un carretto di legno, Jessiquoi, come una sovrana assoluta, regna a suon di danza sul palcoscenico, un luogo di autodeterminazione e di costante riposizionamento. Jessiquoi crea un’opera d’arte totale che colpisce per la sua natura intransigente e con la quale ha già suscitato forte entusiasmo anche a Siviglia e a New York.

Il carretto di legno o, come lo chiama lei, il «Wägeli» è un rimando alla cultura cinese, con la quale ha una forte affinità, così come l’arpa cinese che suona dal vivo. «Alla scuola di lingue una mia amica cinese mi ha fatto appassionare alla sua cultura. Una volta, quando ero in Cina (a Shanghai, alle tre del mattino), volevo mangiare qualcosa quando ho visto un’anziana signora che cucinava sul suo carretto di legno. Un vecchio carretto nel bel mezzo di una metropoli: un’immagine che non mi ha mai abbandonato. Volevo essere io quella donna», racconta sorridendo.

Lavorare a nuovi brani

Jessica considera l’autodeterminazione senza se e senza ma e la libertà di mantenere il proprio io allo stato fluido elementi necessari per la propria arte. «Credo che il compito principale degli artisti sia sognare il futuro della nostra civiltà o mostrarlo sotto una nuova luce, perché registrano, analizzano, criticano e riformulano il mondo e le persone che li circondano».

Grazie al contributo Get Going!, nessun ostacolo si frappone più a questo entusiasmante sviluppo. «Ho dovuto finanziarmi attraverso i concerti e il tempo per lavorare a nuovi brani ne ha risentito. Ora ho ottenuto il mio budget annuale in un solo colpo», dichiara raggiante. La meta finale di questo viaggio resta avvolta nel mistero: «Non so che tipo di musica creerò domani. Nascerà spontaneamente. Ma non permetterò mai a nessuno di impormi come suonare per motivi strategici di mercato. Sto lavorando alla mia identità. Io. E io soltanto».

www.jessiquoi.com

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Michel Barengo, collectionneur de sonorités et bricoleur acoustique au-delà de la zone de confort

S’imprégner d’un maximum de sons et les transformer, tel est le crédo de Michel Barengo. Le Zurichois âgé de 37 ans évolue exclusivement hors de sa zone de confort. Grâce à la contribution Get Going!, il peut désormais laisser libre cours à sa créativité dans la scène underground japonaise. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Michel Barengo, collectionneur de sonorités et bricoleur acoustique au-delà de la zone de confort

Michel Barengo (Photo: Michel Barengo)

Cloches de vaches, bêlement de chèvres, grincement de porte, caquet de poules, bruissement des arbres dans le vent, sirènes des voitures de police, clapotis de l’eau: il n’existe aucun son qui ne saurait susciter l’intérêt de Michel Barengo. Infatigable collectionneur de sons, il s’est constitué une impressionnante audiothèque de nuances acoustiques dans son propre studio. «Assieds-toi à un arrêt de bus et ferme les yeux pendant dix minutes. C’est incroyable tout ce qui s’y passe», dit-il. La lueur dans les yeux de l’architecte du son ne laisse aucun doute sur sa soif de découverte.

Cependant, le Zurichois n’est pas seulement un bricoleur avec une tendance à créer sa propre musique, il fait partie des artistes les plus demandés dans le domaine de la sonorisation des jeux vidéo ou de la création d’effets sonores pour le théâtre. En 2016, il remporta le prix de la FONDATION SUISA pour la meilleure musique de jeu vidéo. Ces commandes ne forment toutefois qu’une partie du travail de ce touche-à-tout qui suit une identité musicale claire et bien à lui.

Le savoir-faire qu’il a acquis dans le but de mettre en œuvre sa créativité à l’échelle professionnelle est impressionnant. À cinq ans, il a appris à jouer du violon et de la batterie. Il a ensuite monté avec ses frères divers groupes de punk, de métal et de rock alternatif. Influencé par Mr. Bungle et Fantômas, les projets du chanteur californien Mike Patton, Michel Barengo a suivi cette voie et a inévitablement atterri chez le saxophoniste new-yorkais John Zorn et sa musique expérimentale. «Grand Guignol», l’album de son groupe Naked City, a certainement été l’expérience musicale décisive dans la vie du jeune Michel Barengo. De façon à la fois brutale et subtile, John Zorn déconstruit et reconstruit la musique avec une vélocité époustouflante et puise dans d’innombrables petits fragments pour créer une onde sonore explosive absolument unique.

«Les affinités de John Zorn avec la scène underground japonaise m’ont poussé à m’intéresser de plus en plus à la scène grindcore et expérimentale, notamment à des groupes comme Ground Zero, Korekyojinn ou Ruins, avec Tatsuya Yoshida à la batterie et Otomo Yoshihide aux platines et à la guitare. Cette découverte a été révélatrice dans mes propres expériences», explique Michel Barengo. Ces influences sont évidentes dans ses deux projets de groupe, le trio de jazzcore Platypus et la formation de grind noise Five Pound Pocket Universe (5PPU).

Formation professionnelle

C’est grâce à sa formation professionnelle que Michel Barengo est aujourd’hui capable d’évoluer avec légèreté dans son univers sonore, de jeter sans cesse des ponts entre sa voie artistique et ses œuvres commandées, et de virevolter d’une rive à l’autre avec tant d’agilité. À la Wintherthur Academy for Modern Music (WIAM), il a suivi une formation de batteur de jazz. Puis, à la Haute école d’art de Zurich (ZHdK), il a obtenu un master en composition de musique pour film, théâtre et médias.

Tantôt des œuvres opulentes hollywoodiennes pour un jeu vidéo, tantôt les créations d’une force granitique de son groupe 5PPU, ou un collage d’échantillons précis pour Platypus: l’éclectisme de Michel Barengo se nourrit de ce besoin constant d’imaginer une esthétique qui lui est propre. Défier tous les a priori, n’accorder aucun répit à ses auditeurs: derrière chaque tonalité pourrait s’en cacher une autre, surprenante, qui remet tout en question ou modifie en une fraction de seconde la trajectoire jusqu’ici empruntée.

Essayer de nouvelles choses

À travers l’art transparaît aussi la personnalité de son créateur. «J’ai la bougeotte», dit Michel Barengo. «Tant de choses m’intéressent. Je m’ennuie vite: je suis insatiable, j’ai constamment besoin d’essayer de nouvelles choses. Ce qui me stimule, c’est de s’imprégner d’un maximum de sons et les transformer. J’aime les extrêmes et la diversité», explique-t-il. Et d’ajouter en riant: «C’est certainement lié au fait que j’ai découvert ‹Grand Guignol› à l’âge de 13 ans. Voilà le résultat.»

Michel Barengo a besoin de sortir de sa zone de confort pour se sentir bien. Et c’est justement entre deux extrêmes que se situe son projet Get Going!, et plus précisément dans la zone de tension créative qui règne depuis des siècles entre tradition et modernité. L’amour que Michel Barengo porte à l’underground nippon a déjà motivé une douzaine de voyages au Japon. Désormais, il aimerait y mettre sur pied un projet tripartite. «Concrètement, j’imagine un concept en trois phases, c’est-à-dire deux séjours au Japon, suivis d’une phase de réflexion et de transformation en Suisse», explique-t-il. «D’abord, je souhaite me pencher sur la musique traditionnelle japonaise, dans le cadre de sessions d’impro dans la scène underground de Tokyo, et son adaptation dans la musique contemporaine. Puis, je rencontrerai douze musiciens japonais dans douze hôtels différents. Avec chacun d’entre eux, j’enregistrerai dans une chambre un morceau composé de bruits enregistrés dans cette même chambre. Enfin, de retour en Suisse, je reverrai tous les enregistrements et les archiverai pour mes futurs projets de composition et pour ma propre audiothèque.» Le Zurichois se réjouit, d’autant plus que tout cela est rendu possible par le soutien financier que lui apporte la contribution Get Going!. «Mon projet ne correspond à aucun genre existant. Ce n’est ni un album ni une tournée. Ce n’est pas non plus un atelier. Get Going! me libère dans ma créativité de toute contrainte et de tout compromis. C’est tout simplement génial!», dit-il, radieux. Et même si son voyage a dû être reporté d’un an en raison du coronavirus, le collectionneur de sonorités et bricoleur acoustique ne compte pas s’ennuyer en restant ici.

www.michelbarengo.com

C’est en 2018 que la FONDATION SUISA a commencé à allouer ses nouvelles contributions à la création. Dans le cadre de «Get Going!», elle finance des processus créatifs et artistiques qui se situent hors des catégories usuelles. Nous consacrons chaque année une série de portraits aux bénéficiaires de ces contributions Get Going! L’appel à candidatures pour 2020 s’achèvera à la fin août.


Michel Barengo: collezionista di sound e mago del suono al di là della zona comfort

Acquisire più materiale possibile e in seguito elaborarlo: questo è il credo di Michel Barengo. Il trentasettenne di Zurigo rifiuta qualsiasi zona di comfort e segue ora il proprio impulso creativo nella scena underground giapponese grazie al contributo Get Going!. Contributo ospite di Rudolf Amstutz

Michel Barengo: collezionista di sound e mago del suono al di là della zona comfort

Michel Barengo (Foto: Michel Barengo)

I campanacci delle mucche, il belato delle capre, il cigolio delle porte, lo starnazzare delle galline, il dolce mormorio del vento tra gli alberi, le sirene della polizia o gli spruzzi d’acqua: nessun suono lascia indifferente Michel Barengo. L’instancabile collezionista di sound ha allestito una straordinaria audioteca di suoni di ogni sfumatura nel suo studio di casa. «Basta sedersi alla stazione degli autobus per dieci minuti a occhi chiusi. Ciò che accade rasenta l’incredibile», afferma raggiante l’architetto del suono con gli occhi che brillano di inequivocabile gioia.

Il trentasettenne di Zurigo non è un semplice hobbista con un debole per la musica fai-da-te, bensì uno dei protagonisti più ricercati nell’ambito della sonorizzazione di videogiochi o della creazione di scenari musicali per il teatro. Nel 2016 si è aggiudicato il premio della FONDATION SUISA per la miglior musica da videogioco. Tuttavia, tali lavori su commissione costituiscono solo parte dell’opera di questo artista dalle mille risorse che promuove la sua identità musicale con una visione molto chiara.

Gli strumenti di cui si è servito per realizzare professionalmente le sue idee creative sono impressionanti. Ha iniziato con il violino e la batteria a cinque anni e in seguito ha dato vita a diverse garage band con i suoi fratelli, suonando punk, metal e rock alternativo. Influenzato da Mr. Bungle e Fantômas, i progetti del cantante californiano Mike Patton, Barengo ha seguito il percorso dell’artista fino ad approdare inevitabilmente alla musica del sassofonista sperimentale newyorkese John Zorn. «Grand Guignol», l’album della band di Zorn Naked City, è stata probabilmente l’esperienza più incisiva nella vita del giovane Michel Barengo. Grezzo e raffinato allo stesso tempo, Zorn decostruisce e ricostruisce la musica a velocità mozzafiato, creando da innumerevoli minuscoli frammenti una nuvola di suoni inedita ed esplosiva.

«L’affinità di Zorn con l’underground giapponese mi ha portato a interessarmi sempre più alla scena experimental e grindcore di quel luogo. Band come Ground Zero, Korekyojinn o Ruins con Tatsuya Yoshida alla batteria, ma anche Otomo Yoshihide ai giradischi e alla chitarra sono stati elementi fondamentali per il mio lavoro sperimentale», spiega Barengo. È impossibile ignorare tali influenze nei suoi due progetti di band, il trio jazzcore Platypus e la band grind noise Five Pound Pocket Universe (5PPU).

Formazione professionale

La facilità con cui Barengo riesce a muoversi all’interno del suo cosmo di suoni, creando incessantemente ponti tra il suo percorso artistico e i lavori su commissione e percorrendoli agilmente a passo di danza, ha a che fare con la sua formazione professionale. Ha infatti intrapreso gli studi come batterista jazz presso la Winterthur Academy for Modern Music (WIAM) e ha conseguito un master in composizione per cinema, teatro e media presso l’Università delle arti di Zurigo (ZHdK).

L’ecletticità di Barengo è sempre alimentata dal desiderio di realizzare un’estetica tutta propria: lo si può riscontrare nei suoni opulenti, dal sapore hollywoodiano per i videogiochi, nelle grezze miniature della sua band 5PPU o negli arguti collage di campioni di Platypus. Un’estetica che rifugge qualsiasi previsione e impedisce all’ascoltatore di trovare pace, poiché dietro ogni singola nota ce ne può essere un’altra in agguato per sorprendere, mettere in discussione o rimappare ex novo il percorso precedentemente tracciato in un batter d’ali.

Un tipo irrequieto

La natura dell’opera è anche il risultato del carattere del suo creatore. «Sono un tipo irrequieto», così Barengo descrive se stesso. «Ci sono veramente tanti argomenti che mi interessano. Mi annoio però anche in fretta. Devo semplicemente provare le cose. In fondo è proprio questo che ci sprona: acquisire più materiale possibile e in seguito elaborarlo. Mi piacciono gli estremi e la varietà», dichiara e aggiunge, ridendo: «Questo probabilmente perché a 13 anni ho ascoltato ‹Grand Guignol›. Ed ecco il risultato».

Barengo si sente a suo agio solo al di fuori della zona di comfort. Anche il suo progetto Get Going! nasce dal divario tra due estremi, che lo conduce in un territorio in cui da secoli predomina un’enorme tensione creativa nella discrepanza tra tradizione e modernità. L’amore di Barengo per l’underground giapponese lo ha già portato svariate volte in questo Paese, dove ora intende cimentarsi in un’impresa divisa in tre parti. «In termini concreti, ho in mente un progetto in tre fasi che prevede due soggiorni in Giappone seguiti da una riflessione e un’ulteriore elaborazione in Svizzera», spiega. «Prima di tutto vorrei analizzare la musica tradizionale giapponese e il suo adattamento alla musica contemporanea attraverso sessioni di improvvisazione sulla scena underground di Tokyo. Successivamente incontrerò 12 musicisti giapponesi in altrettanti alberghi, incidendo con ognuno di loro un brano in una stanza, composto da suoni registrati all’interno dell’albergo stesso. Infine, aspetto però non meno importante, esaminerò in Svizzera tutto il materiale raccolto e lo archivierò per i miei futuri progetti di composizione, creando una mia sound library personale». L’artista non vede l’ora di poter realizzare tutto questo grazie al sostegno finanziario del contributo Get Going!. «Il mio progetto non rientra in alcuna categoria esistente. Non si tratta di una produzione di album né di una tournée e nemmeno di un soggiorno in atelier. Get Going! mi libera da qualsiasi vincolo e compromesso sul mio percorso creativo. È semplicemente geniale!», dichiara raggiante. Anche se il viaggio è stato rinviato di un anno a causa del coronavirus, il collezionista di sound e mago del suono non rimarrà certo a corto di idee così in fretta, pur restando in patria.

www.michelbarengo.com

Dal 2018 la FONDATION SUISA assegna nuovi contributi alla creazione. Con il progetto «Get Going!» vengono incentivati finanziariamente processi creativi e artistici che esorbitano dalle categorie convenzionali. In una serie di ritratti, ogni anno presentiamo i beneficiari dei contributi «Get Going!». Il concorso 2020 termina a fine agosto.

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S’imprégner d’un maximum de sons et les transformer, tel est le crédo de Michel Barengo. Le Zurichois âgé de 37 ans évolue exclusivement hors de sa zone de confort. Grâce à la contribution Get Going!, il peut désormais laisser libre cours à sa créativité dans la scène underground japonaise. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Michel Barengo, collectionneur de sonorités et bricoleur acoustique au-delà de la zone de confort

Michel Barengo (Photo: Michel Barengo)

Cloches de vaches, bêlement de chèvres, grincement de porte, caquet de poules, bruissement des arbres dans le vent, sirènes des voitures de police, clapotis de l’eau: il n’existe aucun son qui ne saurait susciter l’intérêt de Michel Barengo. Infatigable collectionneur de sons, il s’est constitué une impressionnante audiothèque de nuances acoustiques dans son propre studio. «Assieds-toi à un arrêt de bus et ferme les yeux...Continuer

Anna Gosteli: «Je ne sais jamais où les choses vont m’entraîner»

En dépit d’une formation de haut niveau et de succès commerciaux au sein de plusieurs groupes, Anna Gosteli a trop souvent brillé à l’arrière-plan. Aujourd’hui, à 35 ans, la Soleuroise s’émancipe et trouve son identité musicale trop longtemps recherchée dans la somme de ses nombreuses expériences. La contribution à la création Get Going! 2019 lui assure l’indépendance financière nécessaire pour cela. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Anna Gosteli: «Je ne sais jamais où les choses vont m’entraîner»

Anna Gosteli (Photo: Manuel Vescoli)

Des pièces de puzzle comme des cailloux de mosaïque qui scintillent, éparpillés, dans toutes les teintes possibles. Et pourtant: aucune image d’ensemble ne se dégage. Pour que le tableau achevé ait une véritable identité, il manque le juste ordonnancement, le bon déroulé. «Un peu de tout, mais rien à fond»: tel est l’état dans lequel se trouvait Anna Gosteli, d’après ses propres dires, pendant des années. Et ce, bien que l’on puisse voir et entendre les différentes pièces du puzzle: sept ans de leçons de piano, puis de clarinette, puis un chœur à l’école. Chez elle, dans le Vorarlberg autrichien, sa mère joue de la guitare et son père du saxophone. «Enfant déjà, j’écoutais tous les styles possibles, des chansons indémodables et des tubes. À la maison, nous avions toujours un instrument sous la main pour faire de la musique.»

À 14 ans, Anna Gosteli déménage en Suisse. C’est un nouveau caillou pour sa mosaïque, auquel viendront régulièrement s’ajouter de nouveaux. À 21 ans, elle devient membre du collectif d’art pop bâlois The bianca Story. Rien ne semble faire obstacle à une fulgurante carrière. Spectacles à l’opéra allemand de Berlin, enregistrements aux studios Abbey Road à Londres, et pourtant: «J’étais la petite souris du groupe au début», raconte la musicienne d’aujourd’hui 35 ans, avant d’ajouter: «C’était un sentiment tout à fait personnel, et qui ne tenait pas à mes collègues masculins, qui m’ont toujours traitée comme un membre à part entière.» Chanteuse extrêmement talentueuse, Anna Gosteli reste cependant toujours la deuxième voix malgré le succès international. Ajoutons à cela une certaine timidité, et cette situation lui laisse le sentiment qu’elle pourrait aller plus loin.

Son émancipation commence quand elle se met à fréquenter de l’école de jazz de Bâle. Elle apprend la composition avec Hans Feigenwinter, le chant avec Lisette Spinnler et les harmonies avec Lester Menezes. Elle en rit aujourd’hui, mais «à l’époque, je pleurais quand Lester me disait une fois encore, énervé, que ce que je faisais était ennuyeux. Je chantais trop bien.» Finalement, cet amour-haine se révèle un moteur important pour sortir des rôles assignés et écouter sa voix intérieure. Lentement mais sûrement, les pièces du puzzle récoltées pendant des années semblent s’assembler. La certitude grandit que là derrière, peut-être, se cache un grand tableau dont tous les morceaux concorderaient.

Anna Gosteli fonde Chiqanne avec Fabian Chiquet, de The bianca Story. Ensemble, ils créent des chansons pop formidables et profondes. «D’un seul coup, je me suis mise à écrire des textes en allemand et à me tenir sur le devant de la scène.» Mais l’étape décisive de l’assemblage du puzzle n’arrive qu’avec «Dr Schnuu und sini Tierli» et sa collection de chansons pour les enfants et, c’est important, aussi pour leurs parents. Cela n’était pas prévu, comme tant d’événements sur son riche parcours. «Je ne sais jamais où les choses vont m’entraîner. Mais c’est aussi une sorte de concept», sourit-elle.

C’était à Noël, et alors jeune mère d’un fils qui a aujourd’hui six ans, Anna Gosteli avait besoin d’un cadeau pour les enfants de ses amis. «Et parce que je manquais terriblement d’argent à cette époque, j’ai décidé d’écrire une chanson et d’offrir à chacun un couplet.» À la chanson sur les volatiles suit celle sur un castor, qu’elle offre au compositeur de musique de films Biber Gullatz (en allemand, «Biber» signifie castor), avec qui elle travaille souvent à l’adaptation musicale de téléfilms, pour le remercier de l’avoir hébergée à Berlin. «C’est à ce moment-là que j’ai eu l’idée d’écrire une série de chansons pour les enfants.»

Ce sont ces chansons-là, qui englobent déjà presque toute la somme des expériences musicales que l’artiste a engrangées pendant sa carrière, qui lui montrent que le puzzle va devenir un tableau brillant. Avec beaucoup d’espièglerie, mais aussi une profondeur psychologique étonnante, ces morceaux prouvent l’étendue du talent de la parolière qu’elle est, tandis que la musique – jouée sur scène avec la guitariste Martina Stutz – reflète son voyage à travers les styles, des chansons indémodables au jazz en passant par les tubes et la pop.

«En ce moment, je fourmille d’idées», dit la musicienne, qui donne des cours de chant au Guggenheim à Liestal et codirige, avec Evelinn Trouble, le «Female Bandworkshop» d’«Helvetiarockt». Enfin, au sein du nouveau groupe Kid Empress, elle s’apprête à présent à parachever son puzzle. «J’ai enfin trouvé trois âmes sœurs dans la musique, relate Anna Gosteli. Nous prenons les décisions ensemble, et ce sans devoir faire de compromis.»

Le «Schnuu» et le son de Kid Empress, influencé par différents styles, montrent déjà bien que le «un peu de tout, mais rien à fond» du début prend les contours d’une véritable identité. «La contribution Get Going! me donne, exactement au moment où j’en ai besoin, le coup de pouce financier nécessaire pour pouvoir me lancer dans ces nouvelles aventures créatives.» Et à nouveau, un sourire lumineux s’affiche sur son visage.

C’est en 2018 que la FONDATION SUISA a commencé à allouer ses nouvelles contributions à la création. Dans le cadre de «Get Going!», elle finance des processus créatifs et artistiques qui se situent hors des catégories usuelles. Nous consacrons chaque année une série de portraits aux bénéficiaires de ces contributions Get Going! L’appel à candidatures pour 2020 s’achèvera à la fin août.


Anna Gosteli: «Non so mai dove mi porta la vita»

Nonostante una formazione d’eccezione e il successo commerciale in numerose band, il talento di Anna Gosteli stentava a salire alla ribalta. Oggi, forte di numerose esperienze confluite in un’identità musicale ardentemente cercata, la 35enne di Soletta può finalmente esprimere tutto il suo estro artistico. Grazie al contributo «Get Going! 2019», l’artista può ora contare sulla necessaria autonomia finanziaria. Contributo ospite di Rudolf Amstutz

Anna Gosteli: «Non so mai dove mi porta la vita»

Anna Gosteli (Foto: Manuel Vescoli)

Le tessere di un mosaico, distribuite casualmente, presentano un’infinita varietà di colori, ma non formano un quadro d’insieme. Per creare l’immagine finale, devono essere disposte nella loro esatta collocazione. «Di tutto un po’, senza eccellere in niente»: così Anna Gosteli esprime uno stato d’animo durato anni. E questo nonostante un’evidente preparazione in numerose discipline: lezioni di pianoforte a sette anni, poi clarinetto e coro della scuola. A casa, nel Vorarlberg austriaco, una madre chitarrista e un padre sassofonista. «Già da bambina ho sperimentato ogni stile possibile, dall’evergreen allo Schlager, e non sono mancati diversi strumenti da suonare».

Poi, a 14 anni, il trasferimento in Svizzera. A questo punto il mosaico si arricchisce di una tessera a cui ne seguiranno molte altre. A 21 anni Anna entra a far parte del quintetto indiepop fondato a Basilea «The Bianca Story». Nulla sembra ostacolare una carriera in ascesa: apparizioni alla Deutsche Oper Berlin, registrazioni agli Abbey Road Studios di Londra. «All’inizio passavo inosservata nella band», afferma la 35enne. Poi aggiunge rapidamente: «Ma ero io a sentirmi così, non era colpa dei miei colleghi uomini, che mi hanno sempre trattata alla pari». Cantante di grande talento, Anna è sempre stata la seconda voce nonostante il successo internazionale. Questa condizione, unita alla sua natura riservata, l’ha portata a immaginare una carriera più appagante.

Così, la sua emancipazione artistica è iniziata frequentando la scuola di jazz di Basilea: composizione con Hans Feigenwinter, canto con Lisette Spinnler e armonia con Lester Menezes. Oggi ci ride su, ma ammette di aver pianto quando Lester «sbottò che quello che facevo era noioso. Secondo lui cantavo fin troppo bene». Alla fine, attraverso questo rapporto di amore-odio, Anna è riuscita a mettere in discussione i ruoli che le erano stati assegnati e ad ascoltare la sua voce interiore. Lentamente ma inesorabilmente, le tessere del mosaico accumulate negli anni sembravano finalmente andare al posto giusto. E in lei cresceva la certezza che presto avrebbero creato un quadro perfetto.

Così, con Fabian Chiquet di The Bianca Story, ha fondato Chiqanne. Insieme compongono meravigliose canzoni pop dai contenuti profondi. «All’improvviso mi sono trovata a scrivere testi in tedesco e a cantarli sotto le luci della ribalta». Tuttavia, la svolta decisiva è arrivata con «Dr Schnuu und sini Tierli», una raccolta di canzoni per bambini ma anche per i loro genitori. Fu un caso, come molti altri avvenimenti della sua variegata carriera. «Non so mai dove mi porta la vita. Ma, in un certo senso, è un piano anche questo», afferma ridendo.

Un Natale di qualche anno fa Anna, già madre di un bimbo che oggi ha sei anni, stava cercando un regalo per i figli dei suoi amici. «E siccome all’epoca dovevo risparmiare, ho scritto una canzone dedicando una strofa ad ogni bambino». A «Federvieh», il brano sui pennuti, ha fatto seguito la canzone del castoro, «Biber», dedicata al compositore di colonne sonore cinematografiche Biber Gullatz (con cui spesso collabora per le musiche di film per la televisione) come ringraziamento per il suo soggiorno a Berlino. «Soltanto allora ho pensato di scrivere una raccolta di canzoni per bambini».

Sono proprio queste canzoni, che raccolgono gran parte della sua esperienza musicale, a suggerire che il mosaico di Anna Gosteli si trasformerà ben presto in un’opera strabiliante. Con molta ironia, ma anche con grande profondità di pensiero, queste canzoni mostrano tutto il talento narrativo di Gosteli, mentre la musica portata sul palco insieme alla chitarrista Martina Stutz riflette il suo percorso tra gli stili più disparati, dall’evergreen allo Schlager passando per il pop e il jazz.

«Oggi ho un sacco di idee», afferma Anna, che insegna canto al Guggenheim di Liestal ed è responsabile insieme a Evelinn Trouble del «Female Bandworkshop» per «helvetiarockt». Un’ultima ma non meno importante novità: il mosaico sarà presto completato nella neonata formazione Kid Empress. «Finalmente collaboro con tre persone musicalmente affini», afferma la giovane artista, «insieme prendiamo decisioni senza scendere a compromessi».

«Schnuu» e il sound dallo stile trasversale di Kid Empress suggeriscono che l’iniziale «di tutto un po’, senza eccellere in niente» ha lasciato il posto a una precisa identità. «Il contributo Get Going! arriva nel momento giusto, poiché mi offre le risorse finanziarie necessarie per potermi lanciare in nuove avventure creative.» Uno splendido sorriso le illumina il viso.

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Anna Gosteli (Photo: Manuel Vescoli)

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Rapport de la taskforce du Conseil de SUISA – Fin juin 2020

En avril 2020, le Conseil de SUISA a mis sur pied un groupe de travail dans le but de pouvoir réagir rapidement aux conséquences financières négatives de la crise du Covid-19 sur SUISA, et d’identifier de possibles mesures d’économie, en collaboration avec la Direction.

Rapport de la taskforce du Conseil de SUISA – Fin juin 2020

En raison des conséquences économiques négatives attendues pour SUISA en lien avec le semi-confinement, de premières mesures d’économie ont été prises et un budget corona a été établi. (Photo: Yuttapon Busu / Shutterstock.com)

Plusieurs réunions ont été organisées à cet effet et nous souhaitons partager avec tous les membres de SUISA les principaux points qui sont ressortis des discussions.

En lien avec la crise du Covid-19, la Direction estime que les pertes se montent actuellement à environ 25% des recettes budgétisées pour l’années 2020. Des premières mesures d’économie ont déjà été prises, dans le but de réduire les coûts, sous condition que des conséquences négatives puissent être évitées sur le fonctionnement régulier et sur d’importants projets de développement de SUISA (p.ex. accès en ligne «Mon compte» pour les membres, portail self-service pour les clients).

La question de la réduction de l’horaire de travail (chômage partiel) a été discutée comme solution possible pour réduire les frais. La Direction de SUISA a attiré l’attention de la taskforce sur le fait que cette solution aurait dans les conditions actuelles des conséquences négatives sur l’encaissement des recettes de licence, surtout dans le domaine des petits concerts, et également sur le fonctionnement ordinaire de SUISA. Bien que presque tous les concerts aient été annulés entre fin mars et fin mai, le travail du personnel de SUISA n’a pas diminué de manière significative jusqu’à présent, notamment parce que des services supplémentaires ont été fournis, par exemple en lien avec le fonds de secours.

La Direction a établi un budget corona, qui sert aujourd’hui de référence (le budget adopté en automne 2019, pour 2020, n’est plus réaliste en raison de la crise que nous subissons). Dans le budget corona, la diminution des recettes est en partie «compensée» par l’utilisation de montants habituellement libérés pour les répartitions supplémentaires. A cet effet, une limite supérieure a été définie pour l’utilisation des montants libérés. Dans ces conditions, il n’y aura probablement pas de répartition supplémentaire l’année prochaine.

La taskforce s’est clairement prononcée en défaveur d’une augmentation de la déduction de frais maximale sur les décomptes aux membres, qui est actuellement de 15%. La Direction est donc chargée de réaliser toutes les économies raisonnablement possibles.

La taskforce et la Direction sont bien conscientes que les conséquences économiques du confinement, et surtout de l’interdiction des manifestations au printemps 2020, risquent d’être de longue durée et qu’elles ne sont pas forcément immédiatement visibles; la Direction examinera donc toutes les mesures d’économie réalistes non seulement à court mais également à moyen terme. Dans ce contexte, il est également important d’évaluer quels services aux membres pourraient éventuellement être supprimés ou réduits pour des raisons de coût.

Tous les points mentionnés ci-dessus ont été approuvés par la Commission Finances et Contrôle et par le Conseil.

La taskforce et la Direction vont continuer à se réunir une fois par mois pour discuter de l’évolution de la situation. Aussi souvent que nécessaire, la taskforce va établir un rapport à l’attention du Conseil, afin que celui-ci puisse prendre rapidement les décisions que la situation exige.

La taskforce:

Xavier Dayer
Marco Neeser
Rainer Bischof
Roman Camenzind

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Rapport de la taskforce du Conseil de SUISA – Fin juin 2020

En raison des conséquences économiques négatives attendues pour SUISA en lien avec le semi-confinement, de premières mesures d’économie ont été prises et un budget corona a été établi. (Photo: Yuttapon Busu / Shutterstock.com)

Plusieurs réunions ont été organisées à cet effet et nous souhaitons partager avec tous les membres de SUISA les principaux points qui sont ressortis des discussions.

En lien avec la crise du Covid-19, la Direction estime que les pertes se montent actuellement à environ 25% des recettes budgétisées pour l’années 2020. Des premières mesures d’économie ont déjà...Continuer

A fin mai, le budget corona est respecté

En raison de la crise du coronavirus, le Conseil a dû, pour la deuxième fois, tenir ses réunions ordinaires par visioconférence. Bien entendu, la situation financière due à la pandémie a été le sujet principal de ces réunions. Nouvelles du Conseil par Andreas Wegelin

A fin mai, le budget corona est respecté

Les conséquences de la crise du coronavirus sur la situation financière de la coopérative ont été le sujet principal des réunions du Conseil de SUISA des 25 et 26 juin 2020. (Photo: Bartolomiej Pietrzyk / Shutterstock.com)

Le Conseil a pris note du chiffre d’affaires à la fin mai 2020, qui a diminué de 15,5% par rapport au budget initial pour les droits d’exécution. En considérant le chiffre d’affaires total, la diminution est encore de 7,7%. Par conséquent, la Direction a présenté un budget corona en avril déjà. Celui-ci a pu être respecté jusqu’à la fin mai. Les chiffres sont même un peu meilleurs que prévu (+3,1%).

Cependant, il est important de savoir que le chiffre d’affaires réalisé à la fin mai provient de la période précédant l’annulation de tous les événements. Les conséquences des annulations de manifestations, dès la mi-mars, ne se feront ressentir sur le chiffre d’affaires que dans le second semestre. En ce qui concerne les dépenses, des économies ont été faites (–3%); toutefois, la situation actuelle des titres a eu un impact négatif.

Rapport de révision, Mint, PRS

Le Conseil a également pris connaissance du rapport détaillé de l’organe de révision BDO, et différents points du rapport ont été discutés avec la Direction.

En ce qui concerne la joint-venture Mint Digital Services avec la société américaine SESAC, le Conseil a été informé de la planification des activités d’octroi de licences dans les mois à venir et de la feuille de route 2020–24. Il est prévu d’étendre l’octroi de licences directes pour notre répertoire à l’Inde, l’Australasie et l’Afrique. Dans ce contexte, le Conseil a décidé d’accorder des garanties pour l’octroi de licences pour les grands catalogues d’édition.

Durant sa réunion, le Conseil s’est également penché sur le renouvellement du contrat de représentation réciproque avec la société-sœur britannique PRS. PRS voit d’un œil critique les déductions à but social prévues par nos statuts. Cela pourrait conduire à une révision des statuts après de nouvelles négociations avec PRS.

Renonciation aux indemnités de séances en faveur du fonds d’aide

Au vu de la situation difficile pour de nombreux artistes et en particulier pour les membres de SUISA, les membres du Conseil ont décidé de renoncer à leurs indemnités de séances en faveur du fonds d’aide SUISA récemment créé. La Direction renonce également à une partie de son salaire, pour un montant équivalent, afin que les frais de personnel soient diminués.

Rapport de la taskforce du Conseil de SUISA – Fin juin 2020
En avril 2020, le Conseil de SUISA a créé un groupe de travail afin de pouvoir réagir le plus rapidement possible aux conséquences financières négatives de la crise du Covid-19 sur SUISA et, en collaboration avec la Direction, d’identifier des mesures d’économie. Vers l’article
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En raison de la crise du coronavirus, le Conseil a dû, pour la deuxième fois, tenir ses réunions ordinaires par visioconférence. Bien entendu, la situation financière due à la pandémie a été le sujet principal de ces réunions. Nouvelles du Conseil par Andreas Wegelin

A fin mai, le budget corona est respecté

Les conséquences de la crise du coronavirus sur la situation financière de la coopérative ont été le sujet principal des réunions du Conseil de SUISA des 25 et 26 juin 2020. (Photo: Bartolomiej Pietrzyk / Shutterstock.com)

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Assemblée générale de SUISA: approbation du fonds d’aide pour les auteurs et les éditeurs

Lors de l’assemblée générale de SUISA, un fonds d’aide d’un montant d’un million et demi de francs pour les compositeurs, paroliers et éditeurs de musique a été approuvé. Par ailleurs, la yodleuse, chanteuse, compositrice et éditrice suisse Melanie Oesch a été élue au Conseil de SUISA. En raison de la pandémie de Covid-19, et pour la première fois dans l’histoire de SUISA, l’assemblée générale a eu lieu cette année par écrit. Texte de Giorgio Tebaldi, entretien avec Melanie Oesch réalisé par Erika Weibel, vidéo de Nina Müller

Cette année, l’assemblée générale de SUISA aurait dû se tenir à Berne au Bierhübeli le 26 juin. Cependant, en raison de la pandémie de Covid-19 et de l’interdiction des rassemblements décrétée en mars dernier, le Conseil de SUISA a décidé au mois d’avril de tenir son assemblée générale sous forme écrite. Ainsi, et pour la première fois dans l’histoire de la coopérative, les membres de SUISA ont pu voter par correspondance, et même par e-mail depuis l’étranger pour quelques-uns d’entre eux.

Covid-19: un fonds d’aide pour les auteurs et les éditeurs

Outre les affaires statutaires telles que l’approbation des comptes annuels ou la décharge au Conseil et à l’organe de révision BDO, le vote en faveur du fonds d’aide pour les auteurs et les éditeurs était l’un des sujets les plus importants à l’ordre du jour de cette assemblée générale. En raison de la situation précaire à laquelle les créateurs de musique sont actuellement confrontés, le Conseil de SUISA a décidé le 6 avril 2020 d’accorder des fonds supplémentaires. L’aide octroyée est destinée à compenser les pertes de revenus provenant des droits d’auteur que les membres de SUISA subissent suite à l’annulation d’événements et à la fermeture d’établissements ordonnées par les autorités. Ce fonds d’un million et demi de francs destiné aux compositeurs, paroliers et éditeurs de musique actuellement dans une situation d’urgence en raison de la crise du coronavirus doit pallier les pertes dues au manque de recettes SUISA. Ce fonds a été approuvé par une vaste majorité de l’assemblée générale.

Michael Hug élu à la Commission de Répartition et des Œuvres

Deux nouveaux membres ont été élus lors de l’assemblée générale. L’éditeur de musique Michael Hug a été élu à la Commission de Répartition et des Œuvres, pour le mandat en cours et jusqu’en 2023, afin de remplacer Grégoire Liechti, élu au Conseil de SUISA l’année dernière.

Michael Hug dirige la maison d’édition Ruh Musique SA, fondée en 1910. Cette maison, connue à l’échelle nationale et internationale dans le domaine de l’édition de partitions pour fanfares, édite également de nombreuses œuvres de musique classique et de musique chorale. Michael Hug a pris avec son épouse la succession de son père à la tête de l’entreprise en 2009. Attentif à l’évolution numérique, il a digitalisé tout son catalogue. En 2012, il a été récompensé par la FONDATION SUISA pour sa plateforme numérique de partitions; le jury a particulièrement salué son esprit d’innovation et son concept durable. Michael Hug a 55 ans et, à l’instar de tous ses prédécesseurs dans la maison d’édition, il est lui-même musicien.

Melanie Oesch rejoint le Conseil de SUISA

Suite à la disparition brutale, en décembre 2019, de Reto Parolari, chef d’orchestre, compositeur et membre du Conseil de longue date, le Conseil de SUISA a dû également élire un nouveau membre en son sein. Ainsi, la yodleuse, chanteuse, compositrice et éditrice Melanie Oesch (Oesch’s die Dritten) a été élue au Conseil de SUISA pour le mandat en cours et jusqu’en 2023.

Melanie Oesch et son groupe Oesch’s die Dritten figurent parmi les plus célèbres représentants de musique folklorique. Melanie Oesch a 33 ans et est membre de SUISA depuis 2006.

Dans un entretien par vidéo, elle nous a expliqué ce que SUISA représentait pour elle: «Pour moi, le travail de SUISA est essentiel. Je n’aurais jamais le temps de réclamer l’argent qui me revient et je n’ai pas les connaissances nécessaires pour cela.» Elle apprécie tout particulièrement l’expertise de SUISA: «Je me réjouis de savoir que SUISA peut compter sur tant de professionnels qui depuis des années s’engagent à son égard», confie-t-elle.

Melanie Oesch a été très heureuse et honorée que SUISA lui propose d’intégrer son Conseil et elle souhaite apporter son expérience de musicienne populaire: «Dans la musique populaire, de nombreux morceaux sont très anciens. Parfois, il est difficile de savoir si leurs compositeurs sont encore en vie et où [les morceaux] ont été édités.» Ces morceaux sont également le fruit d’une composition très particulière. «Un yodel n’a par exemple pas de paroles au sens propre, mais il existe sous une forme de texte», explique la jeune femme originaire de Berne.

En tant que membre du Conseil, Melanie Oesch espère aider à aplanir les divergences entre les organisateurs et les artistes. Selon elle, certains organisateurs se sentent défavorisés, car ils ont peu de moyens et doivent malgré tout payer de gros montants. Par conséquent, Melanie Oesch souhaiterait créer un dialogue plus ouvert entre SUISA et ces organisateurs.

Au total, 1’576 compositeurs, paroliers, éditeurs de musique et héritiers ont voté par correspondance. Le compte rendu de l’assemblée générale de SUISA 2020 est disponible sur: www.suisa.ch/assembleegenerale

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«Get Going!» lance sa troisième édition

«Get Going!» ouvre de nouvelles perspectives: Le concept de «Get Going!» repose sur la philosophie de «rendre les choses possibles». «Get Going!» est un coup de pouce financier de démarrage. Quatre de ces contributions à la création à hauteur de CHF 25 000 chacune sont octroyées chaque année. Texte de FONDATION SUISA

«Get Going!» lance sa troisième édition

Les lauréats des contributions «Get Going!» 2019 (de haut en bas et de gauche à droite): Anna Gosteli, Michel Barengo, Jessiquoi, Félix Bergeron (Iynnu) et Jérémie Zwahlen. (Photos: DR)

«Get Going!» se veut accessible au plus grand nombre de personnes musicalement créatives. L’idée est que les musiciennes et musiciens se sentent le moins que possible restreints dans leurs idées créatives.

«Get Going!» 2020: Appel à candidature

Délai d’inscription: 31.08.2020

L’appel à candidature se présente de manière délibérément ouverte et renonce aux catégories courantes de genre musical, d’âge ou de projet.

Peuvent déposer leur candidature les autrices et auteurs, musiciennes et musiciens qui ont un lien évident avec la création musicale suisse ou liechtensteinoise actuelle.

Veuillez noter que:

  • La FONDATION SUISA n’accepte aucun document supplémentaire, quel que soit son format (électronique, papier ou sonore).
  • La procédure de sélection et la décision du jury ne peuvent faire l’objet d’aucune correspondance ni de renseignements téléphoniques.
  • Le jury peut, si nécessaire, demander un complément d’information.
  • Le jury, composé de quatre membres du Conseil de fondation, évalue les dossiers et désigne les lauréat(e)s. Un critère de sélection déterminant est le contenu et l’originalité du projet soumis à la candidature.

Candidature:

Pour une candidature valide, veuillez remplir jusqu’au 31.08.2020 dernier délai le formulaire en ligne ci-après:

«Get Going!» 2020 formulaire en ligne

Durant l’automne 2020, le jury examinera les dossiers soumis, puis vous recevrez une réponse à votre candidature.

www.fondation-suisa.ch/fr/contributions-a-la-creation

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Willy Viteka, grand éditeur et producteur de musique, nous a quittés

Avec le décès le 19 mai 2020 de Willy Viteka, nous perdons un entrepreneur ayant fortement contribué à faire de l’industrie musicale suisse ce qu’elle est aujourd’hui, grâce à son influence en tant que producteur et éditeur. Hommage par Stephan F. Peterer, contributeur invité

Willy Viteka, grand éditeur et producteur de musique, nous a quittés

Willy Viteka fut membre SUISA en tant qu’auteur et éditeur. (Photo: DR)

Né le 6 novembre 1949 à Madrid, il se découvrit très tôt une grande passion pour diverses formes d’art et décida d’étudier l’art plastique, la littérature et la musique. En exerçant là où la scène musicale occidentale battait son plein, il sut acquérir de vastes connaissances, se constituer un réseau et faire de nombreuses expériences. Dans les années 70, grande époque pour la musique, il fut particulièrement marqué par ses années d’apprentissage à Londres en vue de devenir musicien studio, producteur, auteur et rédacteur.

Producteur, éditeur et entrepreneur

Après des années de pérégrination, il décida en 1976 de s’installer en Suisse avec son épouse Olivia. Le couple créa alors Viteka Musik AG, entreprise auxquels sont rattachés ses propres labels ainsi qu’une maison d’édition musicale. Mais Willy resta également très attaché à son pays d’origine et exerça une bonne partie de son activité de producteur sur son lieu de prédilection, l’île de Majorque, où sa femme est lui se firent construire une résidence secondaire – le couple y passait la plupart de leur temps dans le studio de musique.

Dans le cadre de ses activités entrepreneuriales en Suisse, outre sa propre production musicale, Willy se spécialisa également dans une activité classique de sous-édition. On trouve dans son catalogue de nombreuses œuvres de premier plan, avec entre autres Kylie Minogue, Milva, Rick Astley, Bananarama, Donna Summer, Cliff Richard, Aitken & Watermann, et bien d’autres.

Très impliqué dans l’industrie musicale suisse

Willy Viteka réalisa rapidement que la création et l’entrepreneuriat n’étaient pas suffisants pour les éditeurs de musique et les producteurs. Il leur fallait aussi lutter pour un environnement exploitable économiquement. Bien qu’il exista déjà à l’époque de nombreuses associations dans l’industrie de la musique suisse, aucune ne lui semblait convenir à son statut d’«éditeur axé sur la production». Il se mit donc en quête d’autres entrepreneurs partageant sa vision afin de créer avec eux une nouvelle association. A ce titre, on peut le considérer comme le père fondateur de la SVMV, l’Association suisse des éditeurs, qu’il dirigea pendant 27 ans. En 2019, il fut nommé président d’honneur pour ses précieux services. Il participa également activement à la création de l’ASMP, l’«Association of Swiss Music Producers», qu’il présida en parallèle de la SVMV.

Mais pour Willy, il ne suffisait pas de fonder des associations spécifiques à la branche, celles-ci ayant besoin d’activités pour atteindre les objectifs escomptés. Il était nécessaire de gagner de l’influence sur les organes importants de l’industrie musicale suisse, sur de nombreuses commissions ad hoc, mais aussi et surtout, sur les autorités législatives. La formation mutuelle ainsi que l’échange entre les entrepreneurs, et tout particulièrement la formation de la génération suivante de l’industrie musicale, firent ainsi partie de ses activités principales. Il n’existait alors en Suisse aucune haute école ou école spécialisée pour ces métiers. Aussi, Willy et son épouse Olivia organisèrent pendant de nombreuses années des séminaires de formation avec d’autres membres du comité de l’association qu’ils avaient créée. Le point culminant en fut la création du Symposium de Musique de Fürigen, qui s’étalait sur deux jours et devint l’un des événements annuels les plus importants de l’industrie musicale.

Grâce à la révision du droit d’auteur et des droits voisins dans les années 80, on créa Swissperform, société au sein de laquelle Willy travailla dès le début en tant que délégué. Sans oublier qu’il fit aussi partie pendant quelques temps du groupe spécialisé des producteurs de phonogrammes. Il participa également durant de nombreuses années aux discussions de l’Institut de la propriété intellectuelle (IPI) autour du droit d’auteur, ainsi qu’à la création d’un contrat standard pour les éditeurs musicaux, les sous-éditeurs et les producteurs.

Décédé à l’âge de 70 ans

Après une hospitalisation des suites d’un accident, Willy Viteka a contracté le Covid-19. Bien qu’il ait fini par guérir du virus, trop affaibli, il fut emporté à l’âge de 70 ans par une infection pulmonaire attrapée lors de sa convalescence.

Nous nous rappellerons de Willy comme d’un homme au grand cœur et extraordinairement bienveillant qui, par son ouverture aux autres et sa forte implication, sut nouer de nombreuses amitiés au sein de l’industrie musicale suisse et au-delà.

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Suite aux comptes annuels 2019 de SUISA réjouissants pour les membres, les instruments se sont soudainement tus trois mois plus tard dans les salles de concert. (Photo: VTT Studio / Shutterstock.com)

En mars 2020, le meilleur résultat obtenu par SUISA en 96 ans d’histoire a à peine pu être constaté qu’un record en termes négatifs sans précédent a suivi avec la fermeture de tous les établissements et l’interdiction des manifestations: les annulations de concerts, spectacles et manifestations dansantes se sont succédées. D’un jour à l’autre, de nombreuses musiciennes et musiciens se sont retrouvés avec des agendas quasiment vides. Dans de nombreux endroits, les instruments se sont soudainement tus.

Cela aura des conséquences sur les affaires de SUISA. En raison de la période de confinement due au corona, nous devons nous attendre à une baisse de chiffre d’affaires de SUISA (et donc du montant à répartir) pouvant aller jusqu’à 25% à la fin de l’année 2020. Personne ne peut en être sûr aujourd’hui, car beaucoup dépend de l’évolution épidémiologique dans le pays et à l’étranger, mais une grave récession paraît imminente. Le retour à la normale prendra probablement du temps, de sorte qu’il faut s’attendre à une reprise lente, qui s’étendra jusqu’à l’année prochaine.

Durant la crise, SUISA est tenue d’être un partenaire fiable, aussi bien pour les créateurs et créatrices de musique que pour les utilisateurs de musique. Des mesures appropriées sont en vigueur pour soutenir les créateurs-trices de musique, et nous faisons preuve de souplesse en recherchant des arrangements avec les clients pour les paiements. Les nouvelles formes d’exécutions musicales par les canaux online gagnent également en importance dans le contexte des décomptes de droits d’auteur. Le streaming est la technologie la plus tendance actuellement, mais il faut bien constater que, en termes de rémunération pour les auteurs et éditeurs de musique, il n’est pas du tout aussi intéressant que les concerts en direct.

«Durant la crise, SUISA est tenue d’être un partenaire fiable, aussi bien pour les créateurs et créatrices de musique que pour les utilisateurs de musique.»

L’activité de SUISA se poursuit bien entendu durant cette période de corona. Nous sommes un point de contact pour les questions de nos membres et clients. Nous voulons maintenir nos services malgré la diminution du nombre d’événements, et même les développer en recourant à l’automatisation. Malheureusement, le Conseil et la Direction ne pourront pas accueillir les membres à Berne pour l’Assemblée générale cette année. Vous pourrez cependant vous prononcer par correspondance sur la destinée de SUISA. Veuillez s.v.p. utiliser cette possibilité.

Le personnel des bureaux de Zurich, Lugano et Lausanne continue à être à votre disposition. Là où il n’y a pas suffisamment de travail, nous profitons de cette situation pour former les employé-e-s et nous travaillons dur pour développer de futurs services en libre-service (en ligne) afin qu’à l’avenir également, vous puissiez vous concentrer sur vos points forts: faire de la musique, en créer, la promouvoir. Je vous souhaite un été productif et stimulant malgré la crise du corona.

Nota bene : SUISAinfo 3.20 uniquement sous forme numérique
En cet automne, les nouvelles pour les membres SUISA seront envoyées uniquement sous forme numérique, en tant que newsletter envoyée par E-mail. Nous renonçons à la production d’une version imprimée, dans le contexte d’une optimisation des coûts dans l’année de crise que nous connaissons. SUISA vous renseigne en permanence sur www.suisa.ch, www.suisablog.ch et SUISA Music Stories sur Instagram, Facebook et Youtube. (Manu Leuenberger)
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