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Le festival Murten Classics s’ouvre à la musique contemporaine avec «Offen für Neues»

En collaboration avec SUISA, le festival Murten Classics vous invite à plonger dans l’univers de la musique contemporaine pendant la journée du samedi 25 août 2018. Durant cet événement, vous pourrez assister à 3 concerts avec au programme les œuvres de 13 compositeurs et compositrices issus de générations différentes et se distinguant par leur héritage et leur sens de l’esthétique variés. Le programme de la journée permettra au public d’en savoir plus sur la notion d’«unterwegs – en chemin» au sein de l’environnement musical actuel et d’échanger au sujet des nouvelles compositions. Texte d’Erika Weibel et Manu Leuenberger

Le festival Murten Classics s’ouvre à la musique contemporaine avec «Offen für Neues»

Durant ses études de musique, la compositrice Cécile Marti n’a cessé d’être en chemin entre Zurich, Lucerne et Bâle et a rédigé sa thèse à Londres. Son quatuor à cordes «Trapez» est l’une des 13 œuvres qui seront présentées lors de la série de concerts «Offen für Neues» du festival Murten Classics, le 25 août 2018. (Photo: Suzie Maeder)

Le festival Murten Classics célèbre cette année son 30e anniversaire, au cours d’une édition qui se tiendra du 12 août au 2 septembre 2018. Avec pour devise «unterwegs – en chemin», le programme de cette année traversera cinq siècles de musique lors d’un voyage musical qui juxtapose délibérément les notions de fuite, de migration et d’émigration – à connotation négative – avec les balades et voyages inspirants de compositeurs et d’artistes.

Depuis longtemps déjà, le festival Murten Classics ouvre son programme au répertoire de la musique contemporaine avec la série de concerts «Offen für Neues». «Ces concerts font appel à la curiosité du public, qui est rarement déçu», explique Kaspar Zehnder, le directeur artistique du festival, dans une interview aux «Freiburger Nachrichten».

En collaboration avec SUISA, le programme du festival propose cette année une journée entière de rencontres: dans le cadre de la série de concerts «Offen für Neues», trois concerts avec, au programme, des œuvres de 13 compositeurs et compositrices contemporains différents se tiendront au centre culturel du parc du Beaulieu à Morat, le samedi 25 août du matin à la fin de l’après-midi.

Le programme, disponible avec ou sans dîner, offre au public d’experts et d’artistes l’opportunité d’en savoir plus ou d’échanger sur la vie des créateurs de musique et sur la situation actuelle de la création musicale. Outre une introduction qui aura lieu dans la matinée, des tables rondes seront animées tout au long de la journée pour échanger au sujet des concerts avec certains des compositeurs présents, auxquels le public pourra poser des questions sur la création et l’évolution de leurs œuvres.

Mues par la devise de l’édition 2018 du festival, «unterwegs – en chemin», les œuvres interprétées durant cette journée sont celles de créateurs qui sont «en chemin» en Suisse. Ces compositrices et compositeurs ont émigré de Suisse, ont immigré en Suisse ou n’ont cessé de fuir d’un lieu à l’autre.

Lors de cette journée de rencontres musicales, les spectateurs pourront découvrir et explorer les univers musicaux qui se tissent à travers ces chemins et expériences de vie. Les billets pour la série de concerts «Offen für Neues» organisée le 25 août 2018 sont disponibles avec ou sans dîner sur le site Internet du festival.


Programme: «Offen für Neues», journée de rencontres au festival Murten Classics

Samedi 25 août 2018

Lieu
Petit théâtre à Morat (KiB, Kultur im Beaulieu)

Devise: unterwegs – en chemin.
Différentes lectures du thème du festival
Emigration de Suisse
Immigration en Suisse
Sans cesse en chemin
En fuite

10h – INTRODUCTION
Irène Minder-Jeanneret
Animation: Roman Brotbeck

Concert 1 (de 11h à 12h environ)
WAVES FROM ANOTHER WORLD

Giorgio Tedde (*1958): Atlas (2005) pour flûte et trio à cordes
Katrin Frauchiger (*1967): Mare nostrum (2015) pour flûte et trio à cordes
Aram Hovhannisyan (*1984): Litanies I-IV (2008/09) pour piano
Jean-Luc Darbellay (*1946): Waves (2011) pour flûte et flûte alto
Fritz Voegelin (*1943): Dual (2009/10) pour flûte alto et trio à cordes

Ana Ioana Oltean, flûte
Gilles Grimaître, piano
Ensemble de quatre instruments: Kaspar Zehnder, flûte/flûte alto; Charlotte Zehnder, violon; Dorothee Schmid, alto; Urs Fischer, violoncelle

Concert 2 (de 13h30 à 14h30 environ)
IMMIGRATION – ÉMIGRATION

Maria Niederberger (*1949): Mountain visions (2009/10) pour violon solo
Maria Niederberger (*1949): Hommage à Frédéric Chopin (2008/09) pour piano solo
Thomas Fortmann (*1951): Burlesque «Elena e Greta» pour deux flûtes et piano
Jan Beran (*1959): «Strange words the wind tossed» pour violon et piano
Jan Beran (*1959): «Leis wie eine Märchenweise» pour piano solo
Wael Sami Elkholy (*1976): «Skies’ Calls» (2011) pour voix et recorder

René Kubelik, violon
Patrizio Mazzola, piano
Ana Ioana Oltean, flûte
Kaspar Zehnder, flûte
Wael Sami Elkholy, voix

Concert 3 (de 16h à 17h environ)
ROOTS AND GREAT PLACES

Daniel Schnyder (*1961): Quatuor à cordes n° 4 «Great places» – Shanghai 1928, Havana 1952, Paris 1901, Casablanca 1933, New York City 1964
Cécile Marti (*1973): Trapez (2012)
Iris Szeghy (*1956): Aria (2007/16)
Marco Antonio Perez-Ramirez (*1964): Primitive Dream (2009)

Belenus Quartett: Seraina Pfenninger, violon; Anne Battegay, violon; Esther Fritzsche, alto; Jonas Vischi, violoncelle

www.murtenclassics.ch

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En collaboration avec SUISA, le festival Murten Classics vous invite à plonger dans l’univers de la musique contemporaine pendant la journée du samedi 25 août 2018. Durant cet événement, vous pourrez assister à 3 concerts avec au programme les œuvres de 13 compositeurs et compositrices issus de générations différentes et se distinguant par leur héritage et leur sens de l’esthétique variés. Le programme de la journée permettra au public d’en savoir plus sur la notion d’«unterwegs – en chemin» au sein de l’environnement musical actuel et d’échanger au sujet des nouvelles compositions. Texte d’Erika Weibel et Manu Leuenberger

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Créations suisses au Festival Archipel

Dans le domaine de la musique contemporaine, les compositeurs suisses ne sont pas en retrait. C’est ce que nous a démontré le Festival Archipel le mercredi 21 mars 2018, lors d’un concert dans lequel quatre compositeurs helvétiques étaient mis à l’honneur. Texte de Sébastien Cayet, contributeur invité

Créations suisses au Festival Archipel

La compositrice suisse, Katharina Rosenberger, native de Zurich et travaillant aux Etats-Unis avec le directeur du festival Marc Texier, lors de la conférence donnée en préambule à la «soirée de musique suisse», le 21 mars 2018 dans le cadre du Festival Archipel à Genève (Photo: Manu Leuenberger)

Soutenu par la SUISA, coopérative des auteurs et éditeurs de musique, Archipel nous a proposé une soirée en deux parties. Dans un entretien avant-concert, Marc Texier, directeur général du festival a reçu les compositeurs Katharina Rosenberger et Michael Pelzel, en partenariat avec SUISA. L’occasion pour nous d‘en apprendre plus sur leurs activités, leurs diverses influences, leurs méthodes de composition et leurs projets.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que leurs influences sont aux antipodes l’une de l’autre; alors que Katharina Rosenberger évoque ses références musicales de la Renaissance et à Willaert et De Rore en particulier, Michael Pelzel avoue volontiers utiliser des techniques indiennes et africaines dans sa pièce, créant ainsi un contraste entre musique occidentale et musique extra-européenne, entre tradition et nouveauté. L’éventail de leurs activités ne s’arrête cependant pas à la composition; l’une enseigne aux Etats-Unis, l’autre mène une activité d’organiste.

Cela leur permet de ne pas compter entièrement sur l’activité de compositeur pour vivre, car tous deux s’accordent à dire que le développement du streaming au détriment du CD ou du spectacle vivant leur ôte une source de revenus – ou la diminue fortement. Heureusement pour les compositeurs, SUISA s’engage à préserver leurs droits d’auteur et à les rétribuer pour les concerts dans lesquels leurs pièces sont jouées.

Créations suisses et créations mondiales

Une fois l’interview-conférence terminée, le concert peut commencer. Au programme figurent quatre créations: les créations suisses de «Tempi agitati» de Katharina Rosenberger et d’«Ante Litteram» d’Oscar Bianchi, ainsi que les créations mondiales d’«Etüdienbuch zu Diabelli» de Michael Pelzel et de «Präludien Buch 1-4» de Mischa Käser.

Les Neue Vocalsolisten Stuttgart, ensemble vocal allemand, ont interprété un répertoire fait sur mesure, puisque composé pour eux. En 2012, ils avaient déjà créé la pièce d’Oscar Bianchi, puis celle de Katharina Rosenberger en 2016.

Dans «Tempi agitati» – qui était, ce soir-là une version réduite de l’œuvre –, Katharina Rosenberger crée des atmosphères contrastées grâce, notamment, à l’alternance des esthétiques et à la mise en scène basée sur l’acoustique et l’architecture de la salle. Tout commence dans le noir. Les solistes sont assis dans le public. Puis, l’un d’eux donne le départ d’un dialogue d’onomatopées. Les Neue Vocalsolisten se répondent, s’attendent et s’entrecoupent avec précision. Ils se rejoignent ensuite sur scène pour entonner un chant polyphonique dans le style de la Renaissance, avec des références à Adrian Willaert et Cipriano de Rore.

En revenant à la musique de la Renaissance, la compositrice souhaitait «retrouver le naturel de la voix». Les voix des solistes y sont pures, linéaires et sans artifices, mais non sans émotion. Ce début de «Tempi agitati» sera caractéristique de la pièce; les chanteurs se déplacent dans la salle, alternent, voire juxtaposent les esthétiques, les tempi et les caractères, puis finissent comme ils ont commencé: dans le noir, en dehors de la scène et non visibles par le public.

Chaque effet musical a une signification

Dans «Ante Litteram», Oscar Bianchi s’inspire d’«Infinite Jest» de David Foster Wallace et de l’«Antéchrist» de Nietzsche, où il retrouve «la même empathie et la même lucidité́ dans l’exploration de ce qui empêche l’homme de parvenir à une profonde connaissance/conscience de lui-même». Cette pièce est donc parcourue de trois thèmes: le mal, la morale et le salut, où chaque effet musical a une signification.

Après un début parlé en homorythmie, les voix se décalent peu à peu, ont des rythmes et des modes de chant différents, à l’image d’une pensée claire et cohérente qui se perd dans les méandres de la réflexion. Les dissonances entre les soprani, par exemple, évoquent la douleur, et les imitations de rires tendent à verser dans l’absurdité de la pensée, tandis que les variations de tempi sont un parallèles aux variations de notre propre agitation interne.

Diabelli, dans l’œuvre de Michael Pelzel ne fait ni référence au compositeur Anton Diabelli, ni aux «Variations Diabelli» de Beethoven. «Etüdenbuch zu Diabelli» pour six voix a cappella s’appuie sur le récit d’Hermann Burger dans lequel un magicien souhaite mettre un terme à sa vie d’artiste. Les études, qui peuvent être chantées dans un ordre aléatoire, jouent sur des rythmes provoqués par les synchronisations et désynchronisions des voix. Par ailleurs, les tempi sont parfois superposés, avec les voix de femmes et les voix d’hommes qui battent des pulsations différentes, créant ainsi une opposition des différentes voix.

Neue Vocalsolisten Stuttgart à la hauteur des attentes

Pour achever la soirée, la création de «Präludien Buch 1-4» de Mischa Käser fut riche en éléments musicaux: superpositions des effets – voix parlée, cellule lyrique, cellule rythmique – qui rendent les voix indépendantes les unes par rapport aux autres, théâtralisation, avec des soupirs, des respirations et des effets de surprise parfaitement synchronisés. Le compositeur souhaitait que «des techniques de chant exotiques cohabitent avec des sons connus et de ce fait étranges». La surprise et l’originalité sont des traits caractéristiques qui ressortent de l’œuvre, ainsi que la dichotomie entre forme occidentale du prélude et «techniques exotiques» utilisées.

Les Neue Vocalsolisten Stuttgart se sont montrés à la hauteur des attentes et ont interprété un répertoire virtuose avec une apparente facilité déconcertante. Il ne fait aucun doute de leur polyvalence dans leur maîtrise des œuvres, des effets, et même des esthétiques. De leur performance transpire une entente et une osmose parfaites entre chaque membre, qui leur permettent d’appréhender ces œuvres virtuoses en tous points et de les transcender dans leur interprétation.

www.archipel.org

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«Un morceau de musique ou une mélodie peuvent passer par la tête de chacun d’entre nous»

La formation Ils Fränzlis da Tschlin fait partie des trois nominés dans la catégorie Musique populaire du Prix Walo 2018. Ce groupe composé de Domenic et Curdin Janett ainsi que de leurs filles Anna Staschia, Cristina et Madlaina se produit ensemble depuis 2014 et joue essentiellement des morceaux inspirés de la «Ur-Fränzlismusig» (musique populaire du canton des Grisons) du XIXe siècle. SUISA remettra le prix de la catégorie Musique populaire lors du 44e Prix Walo. Nous avons posé des questions par écrit à Madlaina Janett, l’altiste de la formation, au sujet de leur musique, de leur travail de composition et de la nomination. Texte/entretien de Sibylle Roth

«Un morceau de musique ou une mélodie peuvent passer par la tête de chacun d’entre nous»

Ils Fränzlis da Tschlin: «Nous sommes les ambassadeurs de ces morceaux qui sont restés en Engadine au cours de leur périple au travers des salles de bal d’Europe.» (Photo: Flurin Bertschinger)

Les Ur-Fränzlis ont vu le jour au XIXe siècle avec Franz-Josef Waser, surnommé «Fränzli» (le petit Franz) en raison de sa petite taille. Ils jouaient des morceaux de musique de danse au rythme entraînant et les légendaires Fränzlis ont su garder leur notoriété jusqu’au XXe siècle. Les nouveaux Fränzlis ont été fondés en 1982 par Men Steiner et Domenic Janett. Depuis 2012, leur formation se compose d’une clarinette, d’un violon, d’un violoncelle, d’un alto et d’une contrebasse. Depuis les derniers changements survenus au sein du groupe – Cristina au violoncelle et Anna Staschia au violon ont rejoint la formation –, les femmes sont désormais majoritaires!

Madlaina Janett, la formation Ils Fränzlis da Tschlin se fait l’ambassadrice de la musique de danse de l’Engadine depuis de nombreuses décennies. Quelle est, chez vous, la proportion entre œuvres traditionnelles et compositions propres?
Madlaina Janett, Ils Fränzlis da Tschlin: Lorsque nous élaborons un programme pour un concert, nous veillons à ce qu’il y ait un bon équilibre entre les nouvelles compostions – les nôtres ou celles d’autres compositeurs – et les morceaux dansants traditionnels et connus. Nous ne voulons cependant en aucun cas rénover ou renouveler la tradition. Notre souhait est plutôt de créer une belle dramaturgie pour le concert, de proposer de la variété, tout en surprenant le public par quelques sonorités inattendues. Lorsque nous jouons pour des soirées de danse – ce qui arrive hélas de moins en moins souvent –, nous faisons la part belle aux morceaux traditionnels car ils sont généralement plus dansants que les nouvelles compositions qui sont elles écrites pour les concerts.
Nous souhaitons toutefois ajouter encore un mot sur le terme «ambassadeurs de la musique de danse de l’Engadine»: nous ne nous attribuons pas du tout ce rôle. D’une part parce que nous ne jouons que très rarement pour des événements dansants et, d’autre part, parce qu’il n’est quasiment pas possible de dire ce qu’est exactement la «musique de l’Engadine». Nos modèles, les Ur-Fränzlis du XIXe siècle, ne venaient pas de l’Engadine. Ils étaient originaires de Suisse centrale et ils jouaient toutes sortes de musiques différentes: des airs populaires, des mélodies d’opérettes et même des valses transmises de génération en génération. Et si l’on se penche d’un peu plus près sur ces morceaux «transmis», on constate souvent que ceux-ci ont connu une véritable odyssée au travers des salles de bal de la région des Alpes et qu’il n’est dès lors absolument pas possible de dire si un morceau vient de l’Engadine, du Burgenland, voire d’Italie. Nous sommes alors tout au plus les ambassadeurs des morceaux restés en Engadine tout au long de leur périple au travers des salles de bal d’Europe et qui ont simplement été développés dans le style des musiciens locaux.

Comment travaillez-vous lorsque vous composez de nouveaux morceaux? Vos œuvres sont souvent composées par une seule personne; chacun a-t-il sa manière de faire?
Chaque membre de la famille compose de manière bien différente: Curdin et Domenic écrivent des compositions et des arrangements sur commande et pour différentes formations. La jeune génération travaille de manière plus spontanée: quand quelque chose nous passe par la tête, on le note. Lorsque nous créons les programmes des Fränzlis, nous n’avons généralement aucune pression pour ce qui est de composer de nouveaux morceaux. Un morceau de musique ou une mélodie peuvent passer par la tête de chacun d’entre nous. On présente alors le morceau ou un extrait lors de la prochaine répétition et on fait des essais tous ensemble pour voir si la mélodie convient au style de notre formation ou non. Nous procédons d’ailleurs de la même manière lorsque nous reprenons des œuvres de compositeurs qui ne font pas partie de notre formation.

Les deux musiciens les plus âgés et les deux plus jeunes de votre groupe sont membres de SUISA, alors que vous et Cristina ne l’êtes pas. Comment cela se fait-il? Ne participez-vous pas aux compositions?
La raison est plus simple que cela: Cristina et moi sommes un peu paresseuses et le sujet SUISA ne faisait pas partie de nos priorités.
De plus, avec deux compositions chacune, il ne nous semble pas encore urgent de devoir les déclarer à SUISA. Mais cela ne va pas tarder …

Quelle est la signification pour vous de la nomination au Prix Walo?
Je vais vous répondre très franchement: nous nous demandons encore comment on a pensé à nous.
Jusqu’à présent, nous avions associé le Prix Walo au monde de la télévision, du spectacle, des paillettes et des costumes folkloriques et sûrement pas à une formation comme la nôtre qui se produit essentiellement dans de petites salles, sans amplificateur et avec des tenues noires.
Mais cela nous fait naturellement très plaisir que l’on ait pensé à nous et que l’on nous perçoive de manière positive, et ce même si nous ne correspondons pas vraiment au monde du spectacle et du divertissement.

www.fraenzlis.ch, site Internet Ils Fränzlis da Tschlin
www.prixwalo.ch, site Internet du Prix Walo

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«De nombreux éléments de notre musique populaire viennent du classique»

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Dani Häusler: «De nombreux éléments de notre musique populaire viennent du classique»

Le clarinettiste Dani Häusler est l’un des plus jeunes artistes récompensés par la «Clé de sol d’or». (Photo: Pit Bühler)

Dani Häusler a commencé à jouer de la clarinette et du saxophone à tout juste 11 ans. Très vite, il s’est produit avec son premier groupe: les Gupfbuebä. Il a étudié la musique classique et marqué de son empreinte la musique populaire moderne avec les formations Pareglish et Hujässler. C’est en 1987 que Dani Häusler rejoint SUISA. Il enseigne la clarinette, officie comme rédacteur pour la musique populaire auprès de la SRF, et enseigne également à la Haute école de Lucerne. L’année dernière, il a été distingué par la Clé de sol d’or.

Dani Häusler, vous avez étudié la musique classique et fait des arrangements de ce genre musical pour la musique populaire, les «Ländlerische Tänze» de Mozart par exemple. Comment mariez-vous ces deux genres musicaux?
Dani Häusler: De nombreux éléments de notre musique populaire viennent du classique. Pour ce qui est des notes, les danses de Mozart peuvent quasiment être reprises telles quelles. C’est dans l’interprétation que réside la différence: les musiciens classiques jouent de manière plus soignée, alors que l’interprétation des musiciens populaires est plus brute. C’est cela que je trouve si fascinant.

Vous vous consacrez aussi bien à la musique populaire moderne qu’à la musique traditionnelle. Comment différenciez-vous ces deux genres musicaux et que préférez-vous: composer de nouveaux morceaux ou interpréter de la musique traditionnelle?
De manière générale, la «nouvelle» musique populaire est plus exigeante. Beaucoup de choses sont orientées sur une situation de concert. La musique populaire traditionnelle rend plutôt hommage aux moments de convivialité comme lorsqu’on mange, boit ou danse ensemble. On peut composer de façon moderne ou traditionnelle, mais ce qui est «nouveau» implique généralement plus de travail. Depuis quelques années, je n’ai malheureusement plus suffisamment de temps pour cela.

Vous êtes rédacteur pour la musique populaire auprès de la station de radio Musikwelle. Qu’en est-il actuellement de la musique populaire en Suisse?
Elle se porte bien! Mais certains styles plus que d’autres: les formations d’accordéon schwyzois sont plébiscitées alors que les ensembles d’instruments à vent ont nettement moins de succès. Mais en fin de compte, c’est avant tout le public qui fait défaut. Les grands événements sont certes en plein boum, mais des soirées de musique populaire organisées dans des restaurants sont de plus en plus difficiles à réaliser.

Quelle est la signification pour vous de la nomination au Prix Walo?
Je me réjouis – mais cela ne va pas changer ma vie!

www.danihaeusler.ch, site Internet de Dani Häusler
www.prixwalo.ch, site Internet du Prix Walo

Le gala de la 44e cérémonie du Prix Walo aura lieu le 13 mai 2018 aux studios TPC à Zurich et sera retransmis en live sur Star TV à partir de 20 heures. Le Prix Walo récompense des artistes suisses dans différentes catégories. L’objectif du Prix Walo est l’encouragement de la branche du spectacle suisse en général, mais aussi la promotion des artistes de la relève dans le secteur du divertissement. SUISA soutient financièrement le Prix Walo et remettra cette année le prix de la catégorie Musique populaire.
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Dani Häusler: «De nombreux éléments de notre musique populaire viennent du classique»

Le clarinettiste Dani Häusler est l’un des plus jeunes artistes récompensés par la «Clé de sol d’or». (Photo: Pit Bühler)

Dani Häusler a commencé à jouer de la clarinette et du saxophone à tout juste 11 ans. Très vite, il s’est produit avec son premier groupe: les Gupfbuebä. Il a étudié la musique classique et marqué de son empreinte la musique populaire moderne avec les formations Pareglish et Hujässler. C’est en 1987...Continuer

20 000 francs et un projet de composition imaginaire

Il n’est pas simple de discuter du travail de création. L’association Jazzy Jams et SUISA ont eu une idée originale, qui s’est concrétisée lors du festival Jazz in Bess à Lugano. La compositrice tessinoise Maria Bonzanigo et les compositeurs Pietro Viviani et Damiano Merzari ont développé un projet de composition imaginaire en public et en direct. Le résultat s’est avéré captivant et a permis d’emmener le public dans un voyage dans le monde de la pensée des auteurs. Texte de Zeno Gabaglio, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Jazz in Bess: 20 000 francs et un projet de composition imaginaire

Zeno Gabaglio (co-animation), Maria Bonzanigo, Pietro Viviani, Alessandro Zanoli (animation) et Damiano Merzari (sur la photo de g. à d.) ont discuté de leurs démarches créatives les plus privées en matière de composition. (Photo: Erika Weibel)

«Je vais m’ennuyer à mourir!»; voilà ce qu’on peut se dire avant une rencontre sur le thème de la création musicale. Cette impression naît probablement du fait que ce thème est une énigme en soi, à l’instar de toute question liée au mystère de la création. Une tentative d’explication de la création musicale conduit généralement à l’un des deux résultats frustrants suivants: errance vaine entre des points de vue philosophiques contradictoires ou rejet total de quelque chose qui, par nature, résiste à la logique et aux explications.

En étant bien conscients de ces conditions de départ difficiles, l’association Jazzy Jams et SUISA ont organisé le jeudi 25 janvier 2018 à la Phonothèque nationale suisse à Lugano une soirée consacrée à la création musicale. Les organisateurs se sont bien entendu demandé comment concevoir la soirée pour ne pas se retrouver dans l’impasse décrite plus haut.

Composer spontanément face au public

L’idée était de plonger les trois compositeurs invités directement dans le sujet; dans une situation si concrète qu’il n’y aurait de place ni pour des discussions philosophiques ni pour un silence embarrassant.

Mais comment faire concrètement? Une invitation d’un comité imaginaire fut envoyée à chacun d’entre eux. Ils furent invités à travailler à l’élaboration d’un nouveau projet. Le texte, qui n’a été révélé qu’au début de la rencontre, était le suivant:

«Jazzy Jams souhaite inaugurer sa nouvelle salle avec une série de concerts et invite les musiciens de Suisse italienne à concevoir spontanément une œuvre artistique. Il s’agit d’une performance dans une salle modulaire et techniquement bien équipée d’une capacité de 400 places. Le budget de composition est de Fr. 5000; pour la réalisation, un montant de Fr. 15 000 est disponible. La durée à disposition pour la conception/réalisation est de neuf mois. Il n’y a pas de style musical ou de durée imposés, et la personne à l’origine de la composition aura une soirée entière pour elle seule.»

La seule condition pour chaque artiste était de rendre visible pour le public présent son propre processus créatif – en révélant et en exprimant ce qu l’on peut appeler le «dialogue intérieur».

Maria Bonzanigo, Pietro Viviani et Damiano Merzari (du groupe The Pussywarmers) se sont mis généreusement à disposition pour ce projet, en révélant – lors d’une séance de remue-méninges publique inhabituelle – leurs approches créatives les plus privées.

Différents styles de musique, différentes approches

Le résultat a été passionnant: captivant, surprenant et parfois ironique. Entre autres, parce que les genres musicaux (musique de théâtre et de concert avec Bonzanigo; jazz, bandes sonores et musique live avec Viviani; rock indépendant avec Merzari) ont fait apparaître des approches très différentes d’un même phénomène, que nous – sans imagination mais avec fierté – appelons «musique», en utilisant un même terme pour des réalités très différentes.

Outre de solides certitudes techniques et poétiques, la discussion a également mis en lumière divers doutes et questions. Et ce furent peut-être les moments les plus intéressants de l’événement. Ils ont fait apparaître le processus créatif non seulement comme une équation à résoudre, mais ont révélé qu’il s’agissait également d’une plage de vie à parcourir, avec les inévitables surprises qui lui sont associées.

Dans la deuxième partie de la soirée, le thème du processus créatif a été mis quelque peu au second plan; il s’agissait de se demander si le travail créatif peut être enseigné. Et si oui, comment?

Tamara Basaric, du Conservatorio della Svizzera italiana, Giorgio Meuwly et Marco Conti, de la Scuola di Musica Moderna ainsi qu’Andrés Ortiz, de la Scuola di Musica e di Arti Creative, étaient les didacticiens (tout en étant des auteurs eux aussi) et ont répondu d’une manière aussi professionnelle qu’intéressante.

Liens
Jazz in Bess
Maria Bonzanigo
Pietro Viviani
The Pussywarmers

Le contributeur invité, Zeno Gabaglio, est membre du Conseil de SUISA, compositeur, et il a été co-animateur de l’événement organisé par Jazz in Bess.


20 000.- CHF e un’ipotesi di creazione

Discutere del lavoro creativo non è affatto semplice. Per questo motivo l’associazione Jazzy Jams e la SUISA hanno proposto, nel contesto del festival Jazz in Bess a Lugano, una serata un po’ particolare. La compositrice ticinese Maria Bonzanigo e i compositori Pietro Viviani e Damiano Merzari sono stati invitati a esporre – davanti a un pubblico davvero interessato e partecipe – i processi creativi, mentali e tecnici che si attuano in un’ipotetica dinamica di commissione esterna. Il risultato è stato avvincente, a tratti sorprendente, con l’inedita apertura delle privatissime porte dell’immaginario autoriale. Testo di Zeno Gabaglio

Jazz in Bess: 20’000.- CHF e un’ipotesi di creazione

Zeno Gabaglio, Maria Bonzanigo, Pietro Viviani, Alessandro Zanoli (moderazione) e Damiano Merzari (da sinistra a destra) hanno discusso dei loro privatissimi meccanismi della creazione. (Foto: Erika Weibel)

Può essere molto noioso un incontro sul tema della creazione musicale. Sostanzialmente perché l’argomento in sé è misterioso – di quello stesso mistero che circonda ogni genesi – e la sua esposizione generalmente porta a due spiacevoli risultati: vagare senza meta tra inconsistenti sfere filosofiche oppure semplicemente bloccarsi, davanti a qualcosa che per natura è refrattario a logica e spiegazioni.

Allarmati da questa consapevolezza l’associazione Jazzy Jams e SUISA lo scorso giovedì 25 gennaio hanno comunque voluto promuovere un incontro – presso la Fonoteca Nazionale di Lugano – dedicato proprio alla creazione musicale. Come fare, però, per non avviarsi nel fatidico vicolo cieco sopra esposto?

La spontaneità della creazione rivelata al pubblico

Il pensiero è stato quello di immergere tre creatori di musica in medias res, cioè in una situazione talmente pratica e talmente concreta da non lasciare spazio né alla filosofia né all’imbarazzo del vuoto.

In che modo? Offrendo a tutti un’ipotetica commissione che li invitasse a creare un nuovo progetto. Il testo – rivelato solo a inizio incontro – diceva così:

«Jazzy Jams vuole inaugurare la propria nuova sala con una serie di concerti, e invita musicisti della Svizzera italiana a concepire una creazione ad hoc. È una sala modulabile e tecnicamente attrezzata, dalla capacità di 400 posti. Il budget per la composizione è di 5000.- CHF, quello per la realizzazione è di 15 000.- CHF e il tempo concesso per la concezione/realizzazione è di 9 mesi. Non ci sono condizioni di genere, di durata e il compositore avrà a disposizione un’intera serata per sé.»

E la condizione per ogni creatore era quella di offrire al pubblico il proprio flusso di coscienza – in una sorta di ragionamento ad alta voce – conseguente a una simile proposta.

Maria Bonzanigo, Pietro Viviani e Damiano Merzari (del gruppo The Pussywarmers) si sono generosamente prestati al gioco aprendo – in un insolito «brainstorming» pubblico – quelli che normalmente sono i loro privatissimi meccanismi della creazione.

Generi musicali diversi conducono ad approcci diversi

Il risultato è stato molto partecipato: coinvolgente, sorprendente e a tratti pure ironico. Innanzitutto perché le differenze di genere (la musica per teatro e da concerto nel caso della Bonzanigo; il jazz, le colonne sonore e la musica da concerto per Viviani; il rock indipendente per Merzari) hanno messo in luce approcci molto diversi verso quel fenomeno che – ottusamente ma fieramente – ci ostiniamo a chiamare con il solo nome di «musica».

Dalla discussione – accanto a solide certezze tecniche e poetiche – sono anche emersi diversi dubbi e domande. E forse sono state proprio queste le parti più interessanti, perché hanno rivelato il processo creativo non già come un’equazione da risolvere con un unico risultato possibile, ma altresì come un pezzo di vita da percorrere, con le inevitabili sorprese che l’andare porta con sé.

Nella seconda parte dell’incontro il tema della creazione è invece stato declinato rispetto alla possibilità di un suo insegnamento: si può imparare a creare? E in che modo?

A rispondere – in una dinamica altrettanto virtuosa ed entusiasmante – sono stati i didatti (ma pure creatori) Tamara Basaric del Conservatorio della Svizzera italiana, Giorgio Meuwly e Marco Conti della Scuola di Musica Moderna e Andrés Ortiz della Scuola di Musica e di Arti Creative.

Links
Jazz in Bess
Maria Bonzanigo
Pietro Viviani
The Pussywarmers

L’autore ospite – Zeno Gabaglio – fa parte del Consiglio SUISA, è musicista/compositore e ha co-moderatola la discussione tra i compositori invitati da Jazz in Bess.

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M4music, débat sur le droit d’auteur: le streaming, une mine d’or?

Lors du M4music 2018, SUISA présente un panel sur le streaming. Entre autres, les participants discuteront de la question de savoir si les artistes profitent suffisamment du marché du streaming en plein essor et – si ce n’est pas le cas – ils se demanderont ce qui devrait changer. Texte d’Erika Weibel

M4music, débat sur le droit d’auteur: le streaming, une mine d’or?

La 21e édition de M4music aura lieu du 22 mars au 24 mars 2018. (Photo: M4music)

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Quel avenir pour la création? Quels seraient les scénarios possibles et les moyens de garantir un revenu correct pour les artistes?

Nous nous réjouissons d’accueillir de nombreux participants, qui auront bien entendu la possibilité de prendre part à la discussion.

Rendez-vous:

vendredi 23 mars 2018 à 17h
Matchbox au Schiffbau, Zurich

Le panel aura lieu en allemand, avec traduction en français.

La 21e édition de M4music aura lieu du 22 mars au 24 mars 2018. Le festival de musique pop du Pour-cent culturel Migros propose une fois de plus un programme très riche à Lausanne et Zurich: Des concerts de plus de 50 groupes suisses et internationaux, des tables rondes et des ateliers sur des sujets d’actualité de l’industrie de la musique.

www.m4music.ch/fr/conference

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Schedler Music Summit 2018 avec Romina Kalsi

La sixième édition du Schedler Music Summit, le camp de composition organisé par l’édition musicale Schedler Music, s’est tenu du 13 au 18 janvier 2018 dans le Lechtal autrichien. Durant 5 jours, un groupe de 42 musiciens d’origines diverses, tant géographiques que musicales, se sont réunis avec pour mission de composer au moins un titre par jour. Les instigateurs du camp, Fiona et Alexander Schedler ont invité 9 artistes suisses à y participer. Parmi eux, Romina Kalsi, membre de SUISA depuis 2014. Texte d’Erika Weibel – La versione italiana del testo si trova sotto.

Schedler Music Summit 2018 avec Romina Kalsi

Romina Kalsi, une jeune chanteuse et auteure tessinoise a participé au Schedler Music Summit 2018. De cette première expérience dans un camp de composition international, Romina rapporte de trois nouveaux titres et nombreux nouveaux contacts avec la scène musicale internationale. (Photo: Wolfgang Rudigier)

Romina Kalsi, une jeune chanteuse et auteure tessinoise, s’est fait connaître ces dernières années grâce au succès du groupe tessinois Rocky Wood. En tant que leader, chanteuse et co-compositrice des titres, elle a largement contribué à la création et au succès de leur premier album «Shimmer», sorti en 2014. Romina s’est ensuite lancée en solo avec son nouveau projet Animor et a réalisé un premier EP digital, dont est tiré le titre «Chasing Gold».

Création des œuvres de Romina Kalsi

Kalsi nous explique que la composition de l’une de ses chansons est souvent un long processus qui peut parfois l’occuper jusqu’à 3 ou 4 mois. Cela est dû au fait qu’elle n’a pas toujours la possibilité de se consacrer exclusivement à la composition et à l’écriture. Mais cela peut également venir du fait que l’idée de base d’une chanson a besoin de plus de temps pour mûrir. En matière de composition, elle ne se fixe aucune limite de temps.

Les sources d’inspiration et point de départ de ses œuvres sont souvent des expériences de vie qui l’ont marquée ou la synergie qui naît de la collaboration avec d’autres musiciens et déclenche un nouveau processus de création.

Camp de composition: Trois œuvres en trois jours

Pour Romina Kalsi, cette participation au Schedler Summit est sa première expérience dans un camp de composition international. Fiona Schedler nous a confié que, entre autres arguments, c’est surtout grâce à sa couleur vocale que Romina Kalsi s’est distinguée parmi plus de 50 candidats membres de SUISA et a été invitée à prendre part au camp. Grâce à la présence de Kalsi, le camp a gagné en diversité musicale.

Alexander Schedler, directeur artistique du camp, lui a confié en premier lieu la composition d’un morceau pour son actuel projet solo Animor. Avec le concours du Finlandais Tobias Grandbacka, du Suisse Riccardo Bettiol et de la Danoise Ida Björg Leisin, le titre «Crumble Plastic» a été créé en un jour. Il s’agit d’une chanson pop, caractérisée par des éléments reggae et dont le texte a été inspiré par un thème actuel. Pour Kalsi, il est important que sa musique véhicule un message. Elle est d’avis qu’un compositeur porte une grande responsabilité car, à travers sa musique, il peut atteindre directement le cœur du public.

Kalsi ajoute que «Crumble Plastic» est le résultat d’une étonnante harmonie et d’un incroyable feeling qui se sont immédiatement installés entre les différents musiciens réunis pour la création de ce titre. Il a été composé de façon presque organique, au cours d’une longue jam session qui a laissé à chaque compositeur la place d’intégrer ses idées au titre.

Durant le Schedler Music Summit, la Tessinoise a également apporté sa contribution à «Big Shot», une chanson pop mélancolique et «At the End of the World» dont le style ressemble au titre de la chanson.

Le processus de composition de ces deux œuvres était totalement différent de celui de «Crumble Plastic». Dans les deux cas, c’est le résultat d’une communication intensive entre les musiciens. Toutefois, le point de départ dans le second exercice était le texte de la chanson, caractérisé par des images métaphoriques, nées des échanges entre les différents musiciens au sujet de leurs sentiments et expériences personnelles. Au final on a ces deux textes poétiques qui ont servi de base à une composition presque mathématique de la mélodie. Chaque passage de texte et de musique est ainsi l’aboutissement d’un travail méticuleux de communication et d’intégration des expériences de chacun des compositeurs associés à la création.

Nous apprendrons dans les mois à venir, où et quand «Big Shot» et «At the End of the World» seront dévoilés au public.

Défis et avantages d’un camp de composition

Des amitiés solides et durables peuvent naître entre les musiciens qui, durant un camp de composition, travaillent ensemble et, souvent, en arrivent à échanger des expériences très personnelles afin de composer ensemble de la musique. Bien sûr, il arrive aussi que le courant ne passe pas immédiatement entre les participants, ou que les sujets imposés par le directeur artistique ne correspondent pas à la réalité ou à la nature des musiciens.

La limite de temps, minimum un titre par jour, l’entente entre les musiciens et le stress généré par l’inévitable confrontation avec les autres chansons, sont autant d’aspects qui peuvent paralyser la créativité des compositeurs ou, au contraire, la déclencher et les entraîner vers une performance de haute qualité. C’est ainsi que durant un camp de composition, malgré le temps limité, des chansons remarquables, auxquelles non seulement les auteurs des œuvres mais aussi un plus large public peuvent s’identifier, voient le jour. Alexander Schedler, directeur artistique du camp, confirme que Kalsi a relevé ces défis avec un enthousiasme et une créativité immenses.

De cette première expérience dans un camp de composition international, Romina rapporte non seulement trois nouveaux titres, mais également de nombreux contacts avec la scène musicale internationale. De plus, grâce à sa collaboration avec des musiciens très divers, elle peut désormais s’appuyer sur de nouvelles bases et une autre approche en matière de composition. Elle repart de ce camp enrichie de nouvelles expériences musicales. Romina nous apprend qu’elle a déjà des projets en cours qu’elle va développer en collaboration avec des compositeurs rencontrés au camp de composition. Dans les mois à venir, elle va surtout se concentrer sur la réalisation de son projet Animor.

Titres composés par Romina Kalsi au camp de composition, avec la participation de:

«Big Shot»
Romina Kalsi
Dillon Dixon
Phil Sunday
Ida Björg Leisin

«Crumble Plastic»
Romina Kalsi
Riccardo Bettiol
Ida Björg Leisin
Tobias Grandbacka

«At The End Of The World»
Romina Kalsi
Pele Loriano
Tobias Grandbacka

Sponsoring SUISA au Schedler Summit:
SUISA était l’un des sponsors du Schedler Music Summit 2018. L’édition musicale Schedler Music est inscrite à SUISA depuis 2005 et étend ses activités dans pratiquement tous les pays occidentaux et anglophones par le truchement de différents contrats de sous-édition. Durant le Summit 2018, 61 chansons ont été composées par 42 musiciens provenant de 9 pays.

www.animormusic.com
schedlermusicsummit.com
schedlermusic.com


Schedler Music Summit 2018 con Romina Kalsi

La 6. edizione del Schedler Music Summit, l’annuale songwriting camp internazionale organizzato dalla casa editrice Schedler Music, si è tenuta dal 13 al 18 gennaio 2018 nella valle del Lech in Austria. Sull’arco di cinque giorni, un team di 42 musicisti provenienti dai più svariati contesti musicali e geografici, si è riunito con il compito di comporre almeno un brano al giorno. Romina Kalsi, iscritta alla SUISA dal 2014, è stata selezionata dagli organizzatori del songwriting camp, Fiona Schedler e Alexander Schedler, come uno dei 9 partecipanti svizzeri al Summit. Testo di Erika Weibel

Schedler Music Summit 2018 con Romina Kalsi

La cantautrice ticinese Romina Kalsi ha partecipato al Schedler Music Summit 2018. Da questa esperienza porta a casa tre nuovi brani e numerosi nuovi contatti con la scena musicale internazionale. (Foto: Wolfgang Rudigier)

Romina Kalsi è una giovane cantautrice ticinese che si è fatta conoscere negli ultimi anni al pubblico grazie al successo riscosso dalla band Rocky Wood, in cui Kalsi era frontwoman, cantante e coautrice dei brani. Dopo il primo album «Shimmer», pubblicato dal gruppo ticinese nel 2014, Romina ha intrapreso un nuovo percorso da solista con il suo personalissimo progetto Animor, da cui è nato «Chasing Gold», EP pubblicato in digitale lo scorso giugno.

Approcci diversi alla composizione

Kalsi ci racconta che la creazione di un brano è un processo lungo che può tenerla impegnata anche per 3-4 mesi; questo perché non sempre ha la possibilità di dedicarsi con tutta se stessa alla composizione, ma può anche capitare che l’idea di base abbia semplicemente bisogno del giusto tempo di maturazione. In ogni caso, quando compone per se stessa, non si impone alcun limite di tempo.

Le sue creazioni musicali nascono generalmente con due diverse modalità: attraverso la collaborazione con altri musicisti, che può innescare un processo creativo stimolato dalle sinergie e dalle sensazioni, oppure attraverso l’ispirazione che nasce direttamente dalle esperienze di vita che l’hanno segnata.

La creazione delle tre opere di Romina Kalsi al Summit

Si tratta della prima esperienza per Romina Kalsi in un songwriting camp internazionale.
La sua partecipazione al Schedler Summit prevedeva la stesura di un brano al giorno, con la collaborazione di persone mai viste prima, con provenienze, età ed esperienze di vita molto diverse dalle sue. Fiona Schedler ci conferma che uno dei motivi per cui è stata scelta è stato la voce molto particolare di Romina Kalsi. Sostiene anche che la partecipazione di Kalsi ha reso il Schedler Music Summit più multisfaccetato.

Alexander Schedler, il direttore artisitico del camp, come primo incarico le ha assegnato la composizione di un brano destinato al suo attuale progetto solista Animor. È stato composto con la partecipazione del finlandese Tobias Grandbacka, dello svizzero Riccardo Bettiol e dalla danese Ida Björg e si intitola «Crumble Plastic». Si tratta di una canzone pop contraddistinta da elementi reggae, il cui testo si ispira ad un tema attuale e di grande rilevanza. Per Kalsi è fondamentale che la sua musica contenga un messaggio. Più in generale, Kalsi è dell’avviso che il compositore porti sulle spalle una grande responsabilità, visto che grazie alla musica può arrivare dritto al cuore del proprio pubblico.

Kalsi ci spiega che «Crumble Plastic» è il frutto della coesione e del perfetto feeling che si è immediatamente instaurato tra i musicisti. È stato scritto in modo quasi organico, in una lunga jam session che ha lasciato molto spazio ad ogni autore per integrare le proprie idee nel brano.

Le altre composizioni per le quali la rappresentante ticinese al Summit ha collaborato sono «Big Shot», una canzone melanconica pop e «At The End Of The World», il cui genere si avvicina a quello delle colonne sonore.

Il processo di composizione di questi due brani è stato molto diverso da quello in «Crumble Plastic». Nascono entrambi da un intenso lavoro di comunicazione tra gli autori coinvolti. In questo caso il punto di partenza è stato il testo, creato da immagini metaforiche nate dalla condivisione di sentimenti ed esperienze personali dei diversi musicisti. Ne sono scaturiti due testi poetici che sono poi serviti da base per un lavoro pressoché matematico di composizione della melodia. Ogni passaggio testuale e musicale è quindi frutto di un lavoro meticoloso di interazione e di integrazione di esperienze dei compositori coinvolti.

Nei prossimi mesi sapremo dove e quando usciranno «Big Shot» e «At The End Of The World».

Sfide e benefici di un songwriting camp

Tra i musicisti chiamati in un songwriting camp a collaborare per comporre brani che narrano di esperienze molto personali, possono nascere amicizie profonde e durature. A volte succede che tra i partecipanti non scatti immediatamente la scintilla e accade che i temi assegnati dal direttore artistico non corrispondano alla realtà attuale o alla natura del musicista.

Il tempo limitato, il feeling tra i musicisti e l’inevitabile confronto con le altre canzoni che nascono nel camp, sono solo alcuni degli aspetti che spesso stimolano la creatività dei compositori. È così che in un camp, nonostante il tempo limitato, nascono brani significativi e profondi, in cui si possono identificare non solo gli autori delle opere, ma anche un pubblico molto più vasto. Alexander Schedler, direttore artistico del camp, ci conferma che Kalsi ha affrontato queste sfide con un grande entusiasmo e creatività.

Da questa prima esperienza in un songwriting camp, Romina non porta a casa soltanto tre nuovi brani, ma anche numerosi contatti con la scena musicale internazionale. Da subito potrà mettere a frutto quanto appreso attraverso l’interazione con i musicisti con cui ha lavorato al Summit, un’esperienza che l’ha fatta maturare in ambito musicale e le ha aperto nuovi orizzonti. Romina dice che già adesso prevede progetti in cui intraprenderà nuove collaborazioni con gli autori conosciuti al songwriting camp. Nei prossimi mesi si concentrerà sulla realizzazione del suo progetto Animor.

Brani composti da Romina Kalsi al summit, con partecipazioni di:

«Big Shot»
Romina Kalsi
Dillon Dixon
Phil Sunday
Ida Björg Leisin

«Crumble Plastic»
Romina Kalsi
Riccardo Bettiol
Ida Björg Leisin
Tobias Grandbacka

«At The End Of The World»
Romina Kalsi
Pele Loriano
Tobias Grandbacka

Sponsoring della SUISA al Schedler Summit:
La SUISA è sponsor dello Schedler Summit 2018. La casa editrice Schedler Music è iscritta alla SUISA dal 2005 ed è attiva con vari contratti di sub-editoria in quasi tutto il mondo occidentale e anglofono. Al Music Summit 2018 sono stati scritti in tutto 61 brani con la partecipazione di 42 musicisti da 9 nazioni.

www.animormusic.com
schedlermusicsummit.com
schedlermusic.com

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  1. Bill Kalsi dit :

    I feel proud of my daughter.

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La sixième édition du Schedler Music Summit, le camp de composition organisé par l’édition musicale Schedler Music, s’est tenu du 13 au 18 janvier 2018 dans le Lechtal autrichien. Durant 5 jours, un groupe de 42 musiciens d’origines diverses, tant géographiques que musicales, se sont réunis avec pour mission de composer au moins un titre par jour. Les instigateurs du camp, Fiona et Alexander Schedler ont invité 9 artistes suisses à y participer. Parmi eux, Romina Kalsi, membre de SUISA depuis 2014. Texte d’Erika Weibel – La versione italiana del testo si trova sotto.

Schedler Music Summit 2018 avec Romina Kalsi

Romina Kalsi, une jeune chanteuse et auteure tessinoise a participé au Schedler Music Summit 2018. De cette première expérience dans un camp de composition international, Romina rapporte de trois nouveaux titres et nombreux nouveaux contacts avec la scène musicale...Continuer

Profession et vocation | avec vidéo

Comment fonder et administrer un ensemble de musique contemporaine? Où puis-je obtenir un soutien financier pour mes projets musicaux? Quelle est l’utilité de SUISA et de Swissperform? Comment puis-je faire connaître mes œuvres via Internet? Quelques impressions de la première édition de la «Journée d’orientation professionnelle» au Festival Archipel 2017. Texte, photo et vidéo Manu Leuenberger

Le samedi 1er avril 2017, les personnes présentes au Festival Archipel de Genève ont pu constater que la musique est à la fois une profession et une vocation. Durant la journée, les jeunes créateurs ont bénéficié d’informations de première main. Lors de 12 exposés, des spécialistes ont livré de nombreux trucs et astuces utiles pour l’entrée dans la vie professionnelle de musicienne ou musicien.

La vidéo ne montre qu’un petit extrait du large éventail des thèmes abordés. Lors de cette première édition de la «Journée d’orientation professionnelle», qui a eu lieu avec le soutien de SUISA, d’autres exposés ont été donnés par les personnes suivantes: Johannes Knapp – Directeur de l’ASM, Damien Pousset – fondateur du label Aeon, François Passard (Directeur) et Alain Renaud (responsable du studio de production) de L’Abri, Lucas Fagin – compositeur et co-directeur de Babelscores, Bruno Serrou – critique musical et Marie-Christine Papillon – Directrice des Editions Papillon.

Profession et vocation | avec vidéo

Festival Archipel: lors de la table ronde du 1er avril 2017 avec des compositeurs, avant la soirée de concert à l’Alhambra, il a également été question d’inspiration et de profession. Tout à droite: Xavier Dayer, Président du Conseil de SUISA.

Le soir, avant le concert à l’Alhambra, une table ronde a été organisée avec des compositeurs. Xavier Dayer, Président du Conseil de SUISA, y a participé. Dans une salle bien remplie, le public a pu comprendre pourquoi les droits d’auteur ont une importance toute particulière pour les compositeurs, qui ne touchent pas de cachets pour leurs concerts. Grâce à cette rémunération, les compositeurs comme Hanspeter Kyburz, William Blank ou Tristan Murail peuvent créer des œuvres comme celles qui furent jouées après la table ronde par le Lemanic Modern Ensemble.

www.archipel.org, site Internet du festival

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Activité musicale internationale et communication à SUISAActivité musicale internationale et communication à SUISA – Comment obtenir les redevances de droits d’auteur pour mes concerts à l’étranger? De quoi dois-je tenir compte lors de la déclaration d’œuvre si le co-auteur d’un morceau est membre d’une société-sœur étrangère? Vous trouvez ci-après des réponses aux questions importantes souvent posées en lien avec l’activité musicale internationale. Continuer
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Festival Archipel: rendez-vous avec la musique d’aujourd’hui

Organisé pour la 26e fois déjà, du 24 mars au 2 avril 2017 à Genève, le Festival Archipel se présente comme une invitation à rencontrer la création musicale contemporaine. SUISA s’engage cette année pour la première fois dans le cadre du Festival Archipel. Une journée d’information à l’attention des jeunes créateurs de musique aura lieu avec le soutien de SUISA le 1er avril 2017, ainsi qu’une discussion publique avec des compositeurs. L’interview du Directeur du festival, Marc Texier, réalisée par écrit, vous en dira plus. Texte/interview de Manu Leuenberger

Festival Archipel: rendez-vous avec la musique d’aujourd’hui

«La mission du festival Archipel est double: repérer de jeunes artistes de talent et présenter la musique d’aujourd’hui dans toute sa diversité», écrit Marc Texier, Directeur du Festival genevois Archipel. (Photo: Festival Archipel / Isabelle Meister)

Marc Texier, la 26e édition du Festival Archipel qui se tiendra à Genève du 24 mars au 2 avril 2017 a pour thème «Ensemble». Que se cache derrière ce slogan?
Marc Texier: Sous cet intitulé «Ensemble», mot d’ordre et nécessité, Archipel 2017 célèbre un art de la concorde que l’on aimerait voir transposé à d’autres communautés, et qui est massivement pratiqué par la jeune génération des musiciens à laquelle nous ouvrons largement nos concerts.

Quelle est la plus grande motivation pour l’organisation du festival: le désir d’offrir une vitrine aux compositeurs et interprètes contemporains ou le fait de pouvoir enthousiasmer un public plus large amateur de nouvelle musique?
La mission d’un festival est double. Repérer de jeunes artistes de talent et les aider à passer de leurs études à la vie professionnelle. Présenter la musique d’aujourd’hui dans toute sa diversité et en donner des clefs de compréhension au plus large public. Enfin, un festival se construit selon une dramaturgie, il donne à entendre la matière vivante d’un art en train de se réinventer.

Les oeuvres de compositeurs contemporains vivent souvent dans l’ombre des programmes des salles de concerts traditionnelles. Pour quelle raison préfère-t-on interpréter Bach plutôt que de la nouvelle musique?
Et encore si c’était Bach, mais c’est plutôt Tchaïkovski. Il faudrait poser cette question aux responsables des orchestres et des salles. Pourquoi y a-t-il tant de frilosité vis-à-vis de la modernité musicale? Ce n’est pas le public qui la dicte, j’ai toujours constaté sa curiosité. Ce sont les structures, orchestres, opéras, radios, qui veulent perpétuer la musique qui prévalait à l’époque de leur création, XIXe, début du XXe, en oubliant qu’elles étaient à l’époque les principaux vecteurs de la modernité. Une approche muséale s’est substituée à la découverte. Il y a heureusement de nombreuses exceptions.

Dans le cadre de la première «Académie Archipel Ose!», sous la direction de Kaija Saariaho et Daniel Kawka, six jeunes compositeurs peuvent bénéficier d’un cours d’une semaine dans le domaine de la composition symphonique. Pour quelle raison avons-nous encore besoin de formation, alors qu’il n’y a de toute façon plus de règles et que tout est désormais permis dans la musique?
Edgar Varèse, l’un des pères de la musique moderne, voulait abolir les règles (c’est de la grammaire) pour ne plus suivre que les lois (notamment celles de l’acoustique). Nous en sommes là aujourd’hui. Il n’y a effectivement plus vraiment de règles, sinon celles qu’on se crée comme des contraintes afin de canaliser son imagination. Mais il y a toujours les lois physiques du son, de son émission, de sa propagation. Il y a mille techniques d’écriture nécessaires à la construction d’une œuvre, maîtrise de sa forme, conduite du discours musical. Il y a enfin toute la technologie informatique qui s’est ajoutée à la nécessaire connaissance pragmatique de l’écriture instrumentale. Quand tout cela est acquis, reste l’essentiel: trouver sa voix, bâtir son originalité. C’est ce qu’offrent les académies en brassant les origines et les parcours, après avoir appris les «lois» au conservatoire, les jeunes musiciens découvrent leur «moi» par la confrontation aux autres créateurs de leur génération.

Quelles exigences doit avoir un jeune compositeur suisse pour que ses oeuvres soient entendues au niveau international?
Elle ne sont pas différentes de celles d’un Français ou Coréen. Depuis la chute du mur et l’accession de nombreux pays à une relative prospérité, la création musicale s’est totalement internationalisée. Pas moins de 30 pays différents, couvrant les cinq continents, étaient représentés parmi les candidats de l’Académie Archipel Ose! On attend d’eux de solides bases théoriques et pratiques, de l’inventivité, de l’originalité, puis qu’ils parcourent le monde, d’académie en académie, afin de parfaire leur formation tout en se faisant connaître à l’international.

Le samedi 1er avril 2017, une «Journée d’orientation professionnelle» destinée aux jeunes compositeurs et interprètes est organisée en coproduction avec SUISA. L’entrée à cette manifestation à «L’Abri» est gratuite. Qu’est-ce que cela peut apporter à un jeune créateur de musique?
Débutant un métier, nous avons tous éprouvé l’inquiétante distance entre l’idée que nous nous faisions de ce travail, et la réalité de son exercice. On ne peut pas totalement réduire cela, mais aider de jeunes musiciens, compositeurs et interprètes, à prendre conscience de l’environnement au sein duquel il vont faire carrière et des contraintes administratives, juridiques, technologiques, humaines qu’ils auront à gérer en plus de la pratique musicale à laquelle ils ont été spécifiquement formés. L’informatisation de la création, la dématérialisation des supports, l’abolition des frontières entre les arts, la substitution des réseaux sociaux aux anciens canaux de diffusion, télés, radios, journaux, modifient profondément l’exercice de tous les métiers de la musique, du critique musical à l’éditeur de partition, du musicien d’orchestre au créateur sonore. Les spécialistes invités à cette journée répondront à ces interrogations.

Quels événements du festival ne manquerez-vous en aucun cas cette année?
Comme je n’en manquerai bien sûr aucun, j’ai un peu de mal à répondre. Si je suis un connaisseur de la musique contemporaine, je ne manquerais sous aucun prétexte les créations de quatre compositeurs majeurs de notre temps: Murail, Kyburz, Gervasoni, Blank lors du concert du Lemanic Modern Ensemble le 1er avril. Si je souhaite m’initier à une musique contemporaine que je ne connais pas, et découvrir un peu en butinant, dans une ambiance conviviale, si je souhaite poser des questions aux artistes, alors je ne manquerais pas l’après-midi du 2 avril et ses «salons de musique» consacrés à la clarinette contrebasse et aux percussions.

www.archipel.org, site Internet du festival

Journée d’orientation professionnelle
Je suis un jeune compositeur, un interprète qui débute. Où puis-je compléter ma formation? Auprès de quelle académie? Comment m’y présenter? J’ai constitué un ensemble, comment le promouvoir, le développer, le gérer? Dois-je m’inscrire auprès d’une société de gestion? Préférer l’édition papier ou dématérialisée? Puis-je librement diffuser ma musique sur Internet ? Comment collaborer avec d’autres disciplines? Où diffuser mon travail? Ces questions, et beaucoup d’autres que se posent les jeunes artistes au début de leur vie professionnelle, nous tentons d’y répondre au cours d’une série de rencontres avec des spécialistes du droit, de l’édition, de l’enseignement, de la production musicale.Cette journée, sous l’égide de SUISA, est destinée à l’insertion professionnelle des jeunes musiciens. Elle est ouverte à tous. (Text: Festival Archipel)
Samedi 1er avril 2017, L’Abri – A2, Entrée libre
10h00 – 10h10 Welcome speech Bernard Meier – président de l’association Archipel, responsable des ateliers de la profession HEM
10h10 – 10h30 Nicolas Pont – chef du service juridique de SUISA
10h30 – 10h50 David Johnson – responsable de l’antenne romande de Swissperform
10h50 – 11h10 Johannes Knapp – directeur de l’ASM-STV
11h20 – 11h40 Damien Pousset – fondateur du label Aeon
11h40 – 12h00 Andri Hardmeier – responsable musique de Pro Helvetia
12h00 – 12h20 François Passard (directeur) et Alain Renaud (responsable du studio de production) de L’Abri
Pause
13h30 – 13h50 Marc Texier – directeur d’Archipel
13h50 – 14h10 Daniel Zea – compositeur et membre fondateur de l’ensemble Vortex
14h10 – 14h30 Tzairi Santos Garcia – responsable du développement digital chez Outhere Music
14h30 – 14h50 Lucas Fagin – compositeur et co-directeur de Babelscores
15h00 – 15h20 Bruno Serrou – critique musical
15h20 – 15h40 Marie-Christine Papillon – directrice des éditions Papillon
15h40 – 16h00 Synthèse/Débriefing
Discussion entre compositeurs
Avec Hanspeter Kyburz, Stefano Gervasoni, William Blank, Tristan Murail, Xavier Dayer. Animée par Marc Texier.

Samedi 1er avril 2017, 20h
Alhambra, entrée libre

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Les musiciens Barbara Lehnhoff (à gauche) et Aris Bassetti (à droite) sont principalement connus pour leurs projets Peter Kernel et Camilla Sparksss. Mais ils gèrent aussi leur propre label, «On the Camper Records», et organisent le festival La Tessinoise. (Photo: Robert Huber)

L’an dernier, le label tessinois «On the Camper Records» a célébré son dixième anniversaire avec un festival. Pour l’occasion, les fondateurs du label – Aris Bassetti et Barbara Lehnhoff – ont invité des artistes des quatre coins de l’Europe, et organisé plusieurs concerts dans la région de Lugano. Ce festival a permis de réunir l’industrie musicale et de nombreux artistes; il a rencontré un tel succès qu’ils ont décidé de continuer à l’organiser sous le nom «La Tessinoise».

Ainsi, du 14 au 16 avril 2017, de nombreux groupes se produiront dans divers lieux près de Lugano lors d’un évènement qui mettra la musique tessinoise sur le devant de la scène. Des artistes venus de toute la Suisse et de l’étranger seront également de la partie. Ce festival est unique, car les groupes y jouent les nouvelles chansons de leur répertoire en les présentant chaque soir au public en exclusivité.

A Pâques, Lugano est donc la destination idéale pour profiter de la musique indie sous le soleil suisse et rencontrer en même temps de manière informelle des personnes du monde de la musique venant de toute l’Europe.

Informations complémentaires:
Programme des concerts, tickets et autres informations: www.latessinoise.com, site Web du festival
Site Web du label On the Camper Records: www.onthecamper.com

SUISA et la FONDATION SUISA, fondation pour la promotion de la musique de SUISA, soutiennent le festival La Tessinoise. Dans le cadre du festival, SUISA vous invite à un brunch le samedi 15 avril 2017 à 10h30 – entrée sur invitation.

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