Perspectives et bilan

Lors des séances des 10 et 11 décembre 2019, le Conseil s’est essentiellement penché sur le budget pour l’année 2020 et sur la stratégie de SUISA pour les cinq prochaines années. Nouvelles du Conseil par Andreas Wegelin

Nouvelles du Conseil: Perspectives et bilan

Les revenus publicitaires ont tendance à se déplacer du domaine TV au domaine online. Cette évolution a un impact négatif sur les revenus provenant de la gestion de droits d’auteur. (Photo: Olivier Le Moal / Shutterstock.com)

Le budget pour l’année 2020 avait déjà été discuté de manière préparatoire lors de la réunion de la Commission Finances et contrôle du 27 novembre 2019. La Commission et le Conseil ont dû constater que les besoins restent élevés aussi bien concernant les investissements que le personnel, car SUISA s’est chargée de différentes nouvelles tâches.

Parmi les nouveaux domaines d’activité qui impliquent un besoin accru de personnel, il y a notamment l’encaissement des redevances pour musique de fond et réception d’émissions dans les entreprises hors de la sphère privée. Cet encaissement était jusqu’à fin 2018 lié à l’encaissement effectué par la société BILLAG dans le cadre de la concession de réception. Depuis 2019, SUISA procède elle-même à cet encaissement. Des investissements supplémentaires en personnel doivent également être effectués dans le domaine de l’informatique, les services proposés aux clients et aux membres sur la plateforme Internet «Mon Compte» devant être fortement développés. Une augmentation des dépenses liées au personnel sera également inévitable en lien avec la poursuite du développement des activités relatives aux licences transfrontières pour la diffusion de musique online, par la société affiliée SUISA Digital Licensing SA et la joint-venture avec SESAC.

Budget approuvé, discussions quant à l’avenir

Concernant les recettes, le déplacement des revenus publicitaires du domaine TV vers le domaine online se fait sentir. Les recettes provenant des droits d’émission stagnent, alors que celles des utilisations online ne permettent pas de compenser cette évolution. Dans ces conditions, le Conseil a approuvé pour 2020 un budget avec un ratio coûts/revenus légèrement détérioré. Pour 2021, la Direction a été chargée de prévoir des mesures pouvant permettre d’améliorer à nouveau ce ratio.

L’orientation stratégique de l’entreprise a été examinée plus avant sur la base du nouveau rapport établi lors de la réunion d’octobre. Les priorités stratégiques pour les prochaines années peuvent être résumées par les termes suivants: services, rapport produits/coûts, concurrence et innovation. A ce sujet, une roadmap pour l’année 2020 a été définie par le Conseil dans le cadre de la réunion de décembre.

Le Conseil a en outre été informé d’un changement de personnel à la direction de la société affiliée SUISA Digital Licensing SA et Mint Digital Services, la joint-venture avec SESAC, et a discuté des prochaines phases de développement dans le domaine des licences pour la musique désormais sans limites territoriales dans le cadre des services online.

Règlement de répartition et élection complémentaire

La Commission Tarifs et répartition, et ensuite le Conseil dans son ensemble, ont approuvé deux modifications du règlement de répartition, à savoir une adaptation de la pondération de la musique dans le cas des émissions de vente dans les fenêtres publicitaires de chaînes étrangères et la suppression de la classe de répartition 4A. Ces décisions nécessitent une approbation par l’IPI, notre autorité de surveillance. Le Conseil a également fixé les déductions de frais sur les décomptes 2020; celles-ci vont rester inchangées par rapport à 2019.

Après l’élection de Grégoire Liechti au Conseil de SUISA par l’AG 2019, un siège est à repourvoir à la Commission de Répartition et des œuvres. Un éditeur de musique était recherché pour ce siège. Le Conseil souhaite présenter à l’Assemblée générale 2020 la candidature de Michael Hug, propriétaire de la maison d’édition Ruh Musik SA.

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Lors des séances des 10 et 11 décembre 2019, le Conseil s’est essentiellement penché sur le budget pour l’année 2020 et sur la stratégie de SUISA pour les cinq prochaines années. Nouvelles du Conseil par Andreas Wegelin

Nouvelles du Conseil: Perspectives et bilan

Les revenus publicitaires ont tendance à se déplacer du domaine TV au domaine online. Cette évolution a un impact négatif sur les revenus provenant de la gestion de droits d’auteur. (Photo: Olivier Le Moal / Shutterstock.com)

Le budget pour l’année 2020 avait déjà été discuté de manière préparatoire lors de la réunion de la Commission Finances et contrôle du 27 novembre 2019. La Commission et le Conseil ont dû constater que les besoins restent élevés aussi bien concernant les investissements que le personnel, car SUISA s’est chargée de différentes nouvelles tâches.

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Reto Parolari: Un ardent feu sacré vient de s’éteindre

Reto Parolari, le compositeur, chef d’orchestre, arrangeur et multi-instrumentiste de Winterthour, s’est éteint dimanche 15 décembre 2019 à l’âge de 67 ans. Depuis 2007, il était membre du conseil de SUISA. Il siégea auparavant (depuis 1990) à la commission de répartition et des œuvres qu’il présida à partir de 1997. Nécrologie rédigée par Xavier Dayer, président de SUISA, et Urs Schnell, directeur de la FONDATION SUISA

Photo de Reto Parolari prise en 2014 lors de l’Assemblée générale de SUISA à Berne. (Photo: Juerg Isler, isler-fotografie.ch)

Nous avons reçu il y a quelques jours la triste nouvelle du décès de Reto Parolari, c’est un choc pour le conseil d’administration de SUISA. Moins d’une semaine auparavant, Reto présidait encore la commission Tarifs et Répartition et participait avec l’immense générosité humaine qui le caractérisait à nos séances du Conseil. Personne n’aurait pu imaginer qu’il puisse nous quitter si subitement. Je garde le souvenir de nos intenses et cordiales discussions lors du repas commun du Conseil.

J’aimerais souligner par ces quelques lignes son apport si précieux pour le Conseil de SUISA : comme auteur et comme musicien il apportait un regard essentiel. Il a toujours été constructif et un partenaire indispensable.

Nous nous connaissions depuis 2007, date à laquelle il est entré dans notre conseil après avoir présidé durant 10 ans la commission de Répartition et des œuvres. Ainsi, c’est une figure importante de la vie du conseil qui nous a quitté dimanche, irremplaçable et que nous regretterons beaucoup.

Pour retracer sa musique et son parcours artistique il me semble que la meilleure des choses est de donner la parole au directeur de notre fondation, Urs Schnell, qui vient de faire une superbe Laudatio à l’occasion de la remise du prix culturel de Winterthour le 3 décembre. Les lignes d’Urs Schnell que nous reproduisons ci-dessous prennent une dimension particulièrement émouvante aujourd’hui.

Au nom du conseil de SUISA je témoigne de toute notre affection à ses proches en cette période douloureuse.

Xavier Dayer

Hommage rendu à l’occasion de la remise du prix de la culture à Reto Parolari au théâtre de Winterthour le 3 décembre 2019

Cher Reto,

Pour moi, aujourd’hui, la boucle est bouclée: c’est sur la scène de ce même théâtre que je t’ai rencontré pour la première fois, Reto – c’était en 1990 il me semble. Je passais alors mon diplôme d’enseignement à l’ancien conservatoire de musique, ici, à Winterthour et je devais chanter à l’occasion du concert annuel. On m’avait annoncé un concert avec ton orchestre. Au programme: de la «grande musique de divertissement»

Comme vous pouvez peut-être vous l’imaginer, mesdames et messieurs, l’entreprise ne fut pas une mince affaire. Les étudiants en musique, habitués au classique, trouvèrent tout d’abord assez aberrant de devoir travailler un tel répertoire. Le projet dut faire face à un fort scepticisme. De la «musique de divertissement»… et peut-être même des ternaires swingués… des extraits de «My Fair Lady» et autres passages de ce genre… un véritable défi, en somme, pour le chef de chœur et directeur du conservatoire de l’époque, le très estimé Fritz Näff.

Mais plus le concert approchait, plus la situation devenait claire: la musique de divertissement n’était pas de la musique «facile», que l’on pouvait prendre «à la légère». Nous étions ainsi confrontés à l’un des casse-tête musicaux les plus difficiles que j’ai connus.

En fin de compte, c’est toi, Reto, qui as donné corps à ce projet: grâce à ton enthousiasme, ton entrain, ton humour et, oui, ton autorité naturelle – des qualités que l’on ne connaît qu’aux grands hommes, à celles et ceux qui s’élèvent au-delà du monde matériel – une secousse a parcouru le cercle des étudiants. Tu as su vaincre les résistances et nous nous sommes mis à jouer tous ensemble.

La sagesse dont tu as su faire preuve ce soir-là m’a appris une chose: pour véritablement conquérir son public en tant que musicien, il faut entretenir une relation basée sur le respect avec ses pairs, il faut une connaissance profonde de ce que l’on fait, il faut avoir une grande admiration pour la musique, mais surtout, il faut faire preuve de beaucoup d’enthousiasme – bref il faut que brûle le feu sacré.

C’est par cette petite commémoration que j’ai décidé de vous accueillir à cette remise du prix de la culture à Reto Parolari.

C’est un véritable honneur, une grande joie pour moi d’avoir l’occasion de prononcer ces quelques mots. Je te remercie, Reto, d’avoir demandé à ce que ce soit moi qui m’en charge…

Vous, les Parolari, êtes depuis ce soir la famille de Winterthour arborant la plus grande collection de prix de la culture. Il y a exactement 30 ans, ton père, le hautboïste Egon Parolari, s’était déjà vu décerner ce prix – voilà de quoi entretenir la continuité de la politique culturelle de la ville.

Enfant, tu faisais déjà partie du paysage de Winterthour. Une fois, tu m’as dit: «J’ai moi-même grandi sur la scène de l’hôtel de ville. Mon père m’a si souvent amené avec lui à ses répétitions et à ses concerts.»

A 24 ans, tu as obtenu ton diplôme fédéral de percussionniste, ici, au conservatoire de la ville, avant de poursuivre tes études de musique à Hanovre, Stuttgart et Vienne.

Et maintenant, mesdames et messieurs, la tâche s’annonce difficile, car le plus grand défi lorsque l’on cherche à se rapprocher de l’œuvre et de l’homme reste l’incroyable diversité de ses créations.

Voilà qui n’est pas une entreprise aisée pour le pauvre laudateur: ton parcours, Reto, est imprégné de simultanéités et d’oppositions, de parallèles et de complémentarités. Toutefois, et puisse cela soulager le laudateur qui n’est pas tant à plaindre que ça: il est plein d’une inextinguible passion pour la musique, de ce feu sacré – mais ce sont justement les aspérités de ton travail qui font la logique de ton parcours.

Tu es un artiste – mais aussi un entrepreneur habile. Tu es un compositeur, un arrangeur, tu es un auteur, un éditeur de littérature spécialisée, un chef d’orchestre et un instrumentiste.

Un multi-instrumentiste: au marimba, sur la machine à écrire Continental, à la batterie, au piano, tu es même un virtuose du klaxon. Mais ton instrument principal, c’est toi. Ton authenticité, la foi en ta mission, ta gentillesse et ton humour, ton obstination et ta nature absolue, et justement, ton feu sacré…

Il n’est pas possible de parler de toi sans évoquer la «grande musique de divertissement».

Mais, attends… c’est quoi? Qu’est-ce qui distingue Parolari des autres musiciens? En termes marketing, quelle est ta caractéristique?

Pour y répondre, je citerai Cédric Dumont, le fondateur de l’orchestre de variété de Radio Beromünster et directeur du studio de radio de Zurich: «La musique est tombée dans le péché dès lors que l’on a fait la distinction entre musique sérieuse et musique de divertissement. Pourtant, même cette dernière exige de la persévérance, du savoir-faire et de l’enthousiasme». Voilà ce qui te définit: le feu sacré.

Tu brûles pour un genre musical véritablement stigmatisé. Un genre qui, s’il lui arrive d’être pris au sérieux, est souvent accueilli par des sourires suffisants…

Mais d’où vient cette répulsion qui anime les représentants de la musique soi-disant «sérieuse»?

Une grande rigueur est pourtant de mise, bien plus que pour d’autres genres musicaux prétendument sérieux: pour que la musique de divertissement puisse atteindre son plein potentiel, il convient de jouer la partition avec précision, la musique DOIT être prise au sérieux – mais attention: contradiction – elle doit toujours être jouée avec une note d’humour.

D’ailleurs, a contrario, n’ai-je pas le droit d’être «diverti» par une symphonie de Beethoven? Par un concert de Bach? Et si jamais tel est le cas: est-ce réellement grave?

Je laisse la question ouverte…

Ton œuvre est étroitement liée à l’histoire de la radio suisse. Jusque dans les années 70, toutes les stations avaient leur propre orchestre sous contrat qui accompagnait en direct les émissions avec un répertoire spécialement composé. Si l’on voulait être sûr que la musique produise l’effet escompté chez les auditeurs, il fallait qu’elle soit composée de sorte à être colorée, picturale, et jouée d’une main de maître. Ce qui me conduit à la thèse suivante: la grande musique de divertissement est une bande originale – une bande originale qui doit créer ses propres images – et ça, c’est du storytelling de haut vol.

Avec les grands bouleversements qu’a connu le paysage audiovisuel au début des années 70, les orchestres de radio étaient sur le déclin – l’un après l’autre, tous furent dissous –plus personne ne demandait ces répertoires, des musiciens hautement qualifiés furent remerciés, toutes ces partitions risquaient d’être envoyées aux archives.

Mais Reto était au bon endroit au bon moment:

Tu as littéralement sauvé de la déchiqueteuse les partitions du studio radio de Bâle, puis de la radio bavaroise et, plus tard, celles de l’orchestre radio de Beromünster.

Et voilà que prenait forme pratiquement dans l’ombre ta plus grande réalisation matérielle, ici, quasiment sous nos pieds.

Tu es devenu le gardien d’une énorme collection de partitions comptant plus de 110 000 titres conservés dans un grand abri anti-aérien en plein centre-ville de Winterthour.

Cette archive musicale, la plus fournie d’Europe, n’était pas uniquement un mausolée rassemblant des instants de créativité, non, tu en permettais l’accès à de nombreux orchestres internationaux qui purent largement s’en servir.

Ton mérite pour la conservation tant musicale qu’archivistique de cet héritage historique unique, et pour avoir gardé en vie un tel patrimoine, ne saurait être suffisamment loué. Je remercie la ville de Winterthour de reconnaître ton engagement en te décernant ce prix et en rendant à ta musique l’hommage qu’elle mérite.

Et, bien entendu, on ne peut pas parler de toi sans évoquer ton orchestre.

Tu as créé le tout premier ici, au conservatoire de la ville, pendant tes études.

L’ORP, qui emploiera dès 1990 environ 40 musiciens professionnels, a vu le jour sous sa forme symphonique. Un tel orchestre – rappelons-le – est en fait une aberration entrepreneuriale. Ce n’est jamais rentable – mais quoi qu’il en soit: tu n’as jamais dû déclarer faillite.

Tu as dirigé plus de 40 orchestres du monde entier, dont certains assez exotiques, comme celui de l’Hermitage, Saint-Pétersbourg (Russie), de l’aéroport de Zurich (Suisse) ou du philharmonique de Pyongyang (Corée du Nord).

Et à chaque fois, tu n’as pas eu à déposer de candidature, on a fait appel à toi.

Il en va de même dans le domaine du cirque: tu avais à peine 28 ans lorsque l’on t’a proposé d’être le chef d’orchestre du cirque Nock, et peu après, du cirque Knie. Pour ton travail au théâtre Carré d’Amsterdam, la reine des Pays-Bas t’a même décerné le titre de «chef d’orchestre royal». Par la suite, en ta qualité de directeur musical du festival international du cirque de Monaco, voilà que tu côtoyais de nouveau des nobles et des têtes couronnées.

Il n’y avait qu’ici, dans ton pays, que le glamour était moins au rendez-vous: grâce à ton festival international de grande musique de divertissement, tu as certes créé un événement musical de dimension internationale, mais celui-ci a reçu du public suisse moins de considération.

Je devrais désormais parler de ton travail de compositeur et d’arrangeur comptant plus de 800 œuvres, mais celui d’auteur d’articles et de plusieurs livres spécialisés mérite aussi d’être dûment reconnu – et le temps commence à manquer.

Mais quelque chose me tient à cœur: Tout ce que tu as fait, tu ne l’as pas uniquement fait en ton propre nom, Reto: en tant que membre du conseil de la coopérative des droits d’auteur SUISA ou membre actif du Rotary Club Winterthur-Mörsburg, tu as su rendre service à tes pairs avec altruisme.

Comme je l’ai dit au début: un parcours avec des aspérités – eh oui, toutes ces facettes de ton travail, que ce soit en tant que musicien, chef d’orchestre, entrepreneur, organisateur, éditeur, archiviste, compositeur – toutes se complètent, sont interdépendantes, ont besoin les unes des autres et dressent le portrait d’un façonneur de culture. Je le répète, un parcours logique.

Il n’y a pas si longtemps, j’ai eu l’occasion de travailler sous ta direction: ce n’était certes que pour un morceau, mais cette fois en tant que flûtiste professionnel. Et en quelques secondes seulement, c’était de nouveau là: ce sentiment que tu savais si bien donner, ce «tout va bien se passer, fais-moi confiance», empreint de respect. Décontracté sur scène, sérieux dans les faits. Et tu avais raison: ton travail a porté ses fruits, le BigBand swinguait, mon engagement… Ton feu sacré brûlait avec ardeur pour un résultat sublime – et oui, tout se passa à merveille!

Merci, Reto, merci pour tout!

Urs Schnell

La cérémonie d’adieu aura lieu le lundi 30 décembre 2019, à 15h00 à la Stadtkirche de Winterthour.

 

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  1. Markus Niffenegger dit :

    Lieber Reto
    Die Nachricht von deinem unerwarteten Abschied vom irdischen Leben hat mich zu tiefst schockiert, denn du warst mir stets ein guter Freund und ein grosses Vorbild. Die Zeit, in welcher ich vor über 40 Jahren als junger Amateurtrompeter in deinem Orchester mitmusizieren durfte, ist mir bis heute als meine beste musikalische Erfahrung in guter Erinnerung geblieben. Mit dir haben wir einen grossen Musiker und überaus edlen Menschen verloren.
    Vielen Dank für alles, ruhe in Frieden!
    Markus

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Reto Parolari, le compositeur, chef d’orchestre, arrangeur et multi-instrumentiste de Winterthour, s’est éteint dimanche 15 décembre 2019 à l’âge de 67 ans. Depuis 2007, il était membre du conseil de SUISA. Il siégea auparavant (depuis 1990) à la commission de répartition et des œuvres qu’il présida à partir de 1997. Nécrologie rédigée par Xavier Dayer, président de SUISA, et Urs Schnell, directeur de la FONDATION SUISA

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10 ans d’Helvetiarockt: Renforcer la voix des femmes·x

L’association Helvetiarockt s’engage depuis dix ans pour que les femmes·x soient mieux représentées sur la scène musicale. Il est temps de faire un petit bilan. Texte de Markus Ganz, contributeur invité

10 ans d’Helvetiarockt: Renforcer la voix des femmes·x

Isabella Eder (à gauche) et Muriel Rhyner, du groupe zougois Delilahs, en pleine action lors du festival PFF FFS open air de Menzingen en 2015. (Photo: Tabea Hüberli)

Toute personne assistant à des concerts ou consultant des informations relatives à des productions musicales ne sera probablement pas surprise de constater que les femmes·x sont fortement sous-représentées dans le monde de la musique. L’association Helvetiarockt estime que, dans le domaine de la pop, du rock et du jazz, la proportion de femmes·x sur les scènes est de 15%, et dans la production musicale de 2% seulement.

Des chiffres précis sont fournis par SUISA, qui soutient Helvetiarockt, notamment en participant au financement de certains de ses projets: à fin 2018, la proportion de femmes·x parmi les auteurs·x était de 15,7% seulement. Dans une étude réalisée précédemment sur la proportion de femmes·x dans la scène pop bâloise, le résultat obtenu était encore moins bon: seules 10% des personnes actives musicalement entre 2008 et 2017 étaient des femmes·x. Ces chiffres sont encore plus décevants si l’on prend en compte le fait que, selon une estimation d’Helvetiarockt, la proportion de femmes·x dans les écoles de musique est d’environ 50% pour la même période.

Encouragement et sensibilisation

Helvetiarockt s’engage depuis 2009 pour «une augmentation significative de femmes·x dans l’industrie musicale suisse». Pour ce faire, l’association organise de plus en plus d’ateliers, de manifestations et d’événements, tels que des «songwriting camps» et des tables rondes.

Par ses démarches, Helvetiarockt veut motiver les jeunes femmes·x à devenir active sur la scène musicale. D’autre part, l’association souhaite promouvoir de manière ciblée les musiciennes·x professionnelles·x, les mettre en réseau et sensibiliser l’industrie à ce sujet. Il est important de noter que les nombreuses femmes·x membres de l’association sont également actives dans l’industrie de la musique.

Créer une conscience

Chantal Bolzern est avocate·x et a travaillé pour SUISA entre 2004 et 2017. Depuis 2015, elle est active pour Helvetiarockt, en donnant des conférences dans le domaine «musique et droit» et est coprésidente·x de l’association depuis début 2018. Selon elle, l’une des réalisations les plus importantes est qu’Helvetiarockt a été en mesure de sensibiliser le grand public à la principale préoccupation de l’association. «Il n’est aujourd’hui généralement plus nécessaire de se demander si l’égalité entre femmes et hommes est importante dans le monde de la musique. Nous disposons ainsi d’une bonne base pour en faire davantage »

Cadre protégé

Manuela Jutzi constate avec satisfaction que, désormais, elle n’entend plus la question de savoir si Helvetiarockt est nécessaire ou non. Elle est co-responsable·x de l’association et a repris la direction du «Female·x Bandworkshop» en 2014. «Lors de la mise en œuvre, l’importance pour les jeunes femmes·x de pouvoir faire leurs premiers pas en musique dans un cadre protégé devient de plus en plus évidente.» Beaucoup sont encore inhibées au début, que ce soit à cause de la socialisation ou de vieux modèles de rôle. «Mais je constate une amélioration au fil des ans, et à mon avis, cela est dû en grande partie au fait que les jeunes femmes·x peuvent de plus en plus côtoyer des modèles sur scène.»

Fonction de modèle

La réalité ne correspond plus à celle de la fin du dernier millénaire, où seules quelques musiciennes·x suisses sûres d’elles comme Vera Kaa, Betty Legler ou Sina faisaient sensation avec leurs chansons – en devenant ainsi des modèles à suivre. Aujourd’hui, les exemples de musiciennes·x suisses à succès sont nombreux: Nicole Bernegger, Heidi Happy, Stefanie Heinzmann, Sophie Hunger, Anna Rossinelli, Valeska Steiner (Boy), entre autres. Et cela même dans des genres plutôt atypiques par le passé pour les musiciennes·x suisses; pensons à Anna Aaron, Big Zis, KT Gorique, Anna Murphy (Eluveitie) et Steff la Cheffe.

Muriel Rhyner peut également être mentionnée comme exemple; elle s’est engagée auprès d’Helvetiarockt dès le début, en tant que membre de l’équipe et en dirigeant dès 2019 le «Female·x Songwriting Camp», soutenu par SUISA. Elle aussi constate un changement significatif: «Lorsque, en 2005, à l’âge de 17 ans, je débutai ma carrière musicale avec le groupe The Delilahs, un groupe de filles·x, je me suis sentie très isolée. Je ne pouvais pas avoir des échanges avec d’autres musiciennes·x, ce qui est très important d’un point de vue humain également, comme je peux l’expérimenter de manière répétée lors des événements Helvetiarockt.» Lors du «Female·x Songwriting Camp», je dois à chaque fois constater que les participantes·x sont très peu sûres d’elles au départ. «Mais, petit à petit, elles s’encouragent entre elles ‒ et c’est une telle dynamique propre que je souhaite pour les efforts entrepris par Helvetiarockt.»

Evolution et perspectives

Il est difficile de dire dans quelle mesure la proportion de femmes·x actives dans le monde de la musique s’est améliorée. Une évaluation de SUISA a montré que la proportion de femmes·x parmi les nouveaux membres a été supérieure à celle de tous les auteurs·x au cours des cinq dernières années (fin 2018: 15,7%): le nouveau chiffre se situe entre 19% et 21%. C’est un bon point de départ pour la suite des travaux d’Helvetiarockt.

Après des années de construction et d’explication, Helvetiarockt peut maintenant faire un plus grand effort pour atteindre les véritables objectifs de l’association, estime Chantal Bolzern. «Nous disposons également de bons nouveaux instruments à cet effet, tels que la «Diversity Roadmap», créée avec des institutions partenaires, qui indique aux organisateurs comment ils peuvent tenir compte de la diversité et de l’égalité dans les clubs et les festivals.» A cela s’ajouteront bientôt de nouvelles offres pour les musiciennes·x professionnelles·x ainsi qu’une extension du pool de contacts existant.

L’objectif principal de l’association

«Nous créons une nouvelle base de données qui ne se limitera pas aux musiciennes·x», révèle Manuela Jutzi. «Elle devrait également être accessible pour d’autres femmes·x travaillant dans le monde de la musique. Cela nous permettra d’accroître la visibilité des femmes·x dans le monde de la musique et en même temps de faciliter les échanges entre elles.» Pour Manuela Jutzi, l’objectif principal est pourtant le suivant: «qu’Helvetiarockt ne soit un jour plus nécessaire». Selon elle, ce serait le cas si, dans le monde de la musique, une personne sur trois était une femme.

Pour de plus amples informations: www.helvetiarockt.ch

·x Exceptionnellement, dans ce texte, la manière d’écrire adoptée par Helvetiarockt, avec le «·x» de prise en considération des genres, a été utilisée.

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    • Elia Meier dit :

      Guten Tag Jean-Pierre E. Reinle

      Es ist schön, dass Sie den Fakt anerkennen, dass es weniger Musikerinnen und Urheberinnen gibt. Wir denken aber nicht, dass ein Geschlecht etwas darüber aussagt, welche Themen sie oder ihn interessieren oder worin ein Mensch talentiert ist oder nicht. Natürlich kann es sein, dass aufgrund von gesellschaftlichen Normen Menschen gehemmt sein können, ein für sie unbekanntes/untypisches Terrain zu betreten. Dieses Verhalten hat jedoch nichts damit zu tun, dass diese Menschen nicht wollen. Es hat damit zu tun, dass Netzwerke ausschliessend wirken können. Es braucht uns alle um diese Normierungen und Stereotypen aufzubrechen und Menschen zu ermutigen zu machen was sie lieben. So haben wir in einer gleichgestellten Welt hoffentlich auch bald mehr Männer am Gesang und mehr Frauen am Schlagzeug. Ihrem Punkt bezüglich konventioneller Attraktivität, pflichten wir insofern bei, dass es durchaus so ist, dass leider Äusserlichkeiten zu Erfolg beitragen können. Wir sehen diesen Aspekt aber für alle Geschlechter. Nur wird es bei Männern nie herausgehoben. Frauen werden, so wie hier an Ihrem Beispiel, immer wieder systematisch auf ihr äusseres reduziert. Dabei wird ihnen jegliche Expertise abgesprochen. Wir wünschen uns genauso wie Sie, dass es ausschliesslich um Expertise geht. Und, dass diese Expertise unabhängig von äusserlichen Merkmalen und unabhängig von Geschlecht, allen Menschen zugetraut wird. Dafür müssen wir uns alle tagtäglich an der Nase nehmen, gelernte Strukturen zu durchbrechen. Es würde uns freuen Sie dabei an unserer Seite zu wissen.

      Freundliche Grüsse Elia Meier, Helvetiarockt

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Isabella Eder (à gauche) et Muriel Rhyner, du groupe zougois Delilahs, en pleine action lors du festival PFF FFS open air de Menzingen en 2015. (Photo: Tabea Hüberli)

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La mise en musique

Que ce soit pour une œuvre pour chœur ou pour une chanson, l’inspiration d’une compositrice ou d’un compositeur provient souvent d’un texte existant; il y a alors la volonté d’utiliser ce texte ou des extraits de celui-ci pour une composition ou une nouvelle chanson. De quoi faut-il tenir compte si l’on souhaite utiliser un texte d’autrui? Comment obtenir une autorisation de mise en musique et quels aspects celle-ci devrait-elle régler? Texte de Claudia Kempf et Michael Wohlgemuth

La mise en musique

Quiconque souhaite utiliser des textes d’autrui pour ses propres compositions doit impérativement, au préalable, considérer les questions de droits d’auteur et clarifier la situation. (Photo: Tabea Hüberli)

Comme déjà expliqué dans le texte «L’arrangement d’œuvres protégées», un auteur (compositeur ou parolier, cela ne joue pas de rôle) a le droit de décider si son œuvre peut être arrangée entraînant ainsi la création d’une «œuvre dérivée» ou d’un «arrangement», sur la base de l’œuvre originale. Les textes libres de droits peuvent sans autre être utilisés comme base pour une œuvre musicale, et être arrangés à volonté. Mais, lorsqu’un texte est encore protégé, c.-à-d. que son auteur n’est pas décédé depuis plus de 70 ans, l’utilisation ou l’arrangement nécessitent une autorisation de la part de l’ayant droit. L’expiration du délai de protection a lieu le 31 décembre de l’année du décès du dernier auteur.

Mise en musique d’un poème ou utilisation de parties d’un texte

Si quelqu’un souhaite mettre un poème en musique, il doit contacter l’auteur du texte, ses héritiers ou son éditeur et obtenir de sa part ou de leur part l’autorisation de le faire. En règle générale, pour ce qui concerne les œuvres littéraires, les droits d’arrangement appartiennent à l’éditeur du texte, ou ce dernier peut au moins agir en tant qu’intermédiaire. ProLitteris, la société de gestion suisse pour la littérature et les arts plastiques, ne peut pas octroyer ces droits.

La situation est un peu plus complexe dans un cas de reprise de parties d’un texte d’autrui. En principe, le droit d’auteur protège non seulement les œuvres complètes, mais aussi des parties de celles-ci, si ces parties remplissent les exigences d’une œuvre ou ont un impact sur l’individualité de l’œuvre complète et que le délai de protection n’est pas encore échu. Dans ce contexte, aussi bien les parties d’un texte (appelée: valeur externe) que l’action ou les protagoniste d’un roman (appelée: valeur interne) peuvent être protégés et ne peuvent pas être utilisés librement, si ces éléments remplissent les exigences d’une œuvre à caractère individuel ou ont un impact sur l’individualité de l’œuvre complète. Par exemple, la protection ne vaut pas seulement pour des passages de la tragi-comédie «La Visite de la vieille dame», mais également pour le personnage de Claire Zachanassian, néo-milliardaire vindicative.

Malheureusement, il n’y a pas de limite claire quant à savoir à partir de quel moment une partie d’œuvre prend un caractère propre ou touche l’individualité de l’œuvre entière. Les questions suivantes peuvent constituer une aide à la décision: le passage ou l’action interne sont-ils si uniques qu’ils n’apparaissent quasiment nulle part ailleurs? Dans ce contexte, la longueur du passage en question ainsi que les éléments caractéristiques tels que les noms, les créations de mots spéciaux peuvent être décisifs. Autre question possible: le passage de texte occupe-t-il une place importante dans la nouvelle œuvre?

Nouvelle mise en musique ou nouveau texte

Il en va de même en cas d’utilisation des paroles d’une chanson existante et de composition d’une nouvelle mélodie pour cette chanson. Dans un tel cas, on parle de nouvelle mise en musique. Dans un tel cas, il n’est cependant pas possible d’obtenir les droits de manière isolée auprès du ou des auteur/s du texte; il convient d’adresser une demande d’obtention des droits sur l’œuvre musicale auprès des ayants droit originaux (à savoir paroliers et compositeurs), respectivement auprès de la maison d’édition musicale concernée. Dans le cas d’œuvres créées en commun, l’accord de tous les participants doit en effet être obtenu, et par seulement celui du parolier, car il y a modification d’une œuvre qui, lors de sa création, était destinée à une gestion en commun. Dans le cas d’une mise en musique par contre, on estime en règle générale qu’on n’a pas affaire à une œuvre créée en commun. Chacun peut donc disposer librement de sa contribution.

En cas de création de nouvelles paroles pour une chanson, avec maintien de la mélodie, la situation juridique est identique; il s’agit en fait d’un arrangement de l’œuvre musicale. Les traductions de paroles dans une autre langue, même si le sens reste le même, sont également des arrangements nécessitant une approbation, car l’œuvre originale est touchée dans son individualité.

Attention: en cas d’utilisation de traductions d’œuvres dont le délai de protection est échu, il faut s’assurer que la traduction elle-même n’est plus protégée, car la traduction en tant qu’œuvre dérivée peut bénéficier d’une protection.

L’obtention d’une autorisation de mise en musique ou d’une autorisation d’arrangement peut être un processus long, qui n’est pas toujours couronné de succès. Dans tous les cas, il est conseillé de prévoir suffisamment de temps pour clarifier la situation quant aux droits.

Important: impossibilité d’une «autorisation tacite»
Si de nombreuses demandes ont été envoyées aux ayants droit ou à la maison d’édition (musicale) et qu’elles sont restées sans réponse, on ne peut pas en déduire qu’un texte peut être utilisé ou arrangé, en présumant une «autorisation tacite», uniquement en raison des efforts fournis dans ce but. Le principe qui s’applique est le suivant: l’utilisation ou l’arrangement d’une œuvre sans obtention préalable d’une autorisation de mise en musique ou d’arrangement constitue une infraction au droit d’auteur qui peut avoir des conséquences tant sur le plan civil que pénal.

Même si une autorisation de mise en musique ou d’arrangement a été obtenue, cela ne signifie pas que le compositeur ou l’arrangeur peut disposer librement dans tous les cas et complètement de l’œuvre utilisant le langage. Une autorisation de mise en musique contient par exemple souvent une clause disant que l’œuvre doit être utilisée dans le respect strict de la version originale, c.-à-d. que les modifications de texte ne sont pas autorisées. Une autorisation d’arrangement peut être octroyée pour un seul type d’arrangement (par exemple uniquement la traduction de paroles de chanson dans une autre langue ou uniquement l’utilisation d’un passage défini, etc.). En outre, la loi prévoit qu’un auteur a dans tous les cas la possibilité de se défendre contre la «dénaturation» d’une œuvre, même s’il a octroyé une autorisation d’arrangement. Dans de tels cas (souvent difficiles à juger), il peut y avoir atteinte aux «droits de la personnalité de l’auteur».

Le cas particulier du «sous-parolier»
Par le contrat de sous-édition, l’éditeur original transfère parfois au sous-éditeur notamment le droit de faire réaliser des versions en différentes langues d’une chanson existante. Le sous-éditeur a dans un tel cas le droit d’autoriser ou de commander des traductions ou un nouveau texte dans une autre langue. Dans de tels cas, l’auteur des paroles est enregistré en tant que «sous-parolier». Le règlement de répartition de SUISA prévoit que la part revenant au sous-parolier ne peut pas dépasser la part réglementaire.

Liberté de citation

Est-ce que, pour la création d’une œuvre musicale, certains textes peuvent dans certains cas être «cités» même en l’absence d’autorisation de mise en musique? En Suisse, les œuvres littéraires peuvent certes être citées sans autorisation, dans la mesure où la citation sert de commentaire, de référence ou de démonstration et s’il y a mention de la source, à savoir de l’auteur original (cf. art. 25 LDA). Néanmoins, la jurisprudence prévoit que la citation ne doit pas être une fin en soi; il ne faut donc pas en premier lieu tirer profit du fait que la citation soit connue, mais utiliser la citation à des fins d’explication ou d’information. La question de savoir si ces conditions sont respectées dans le cas d’une mise en musique et de sa publication est comme souvent une question d’interprétation, à laquelle il faut répondre par l’affirmative avec une extrême prudence. En cas de doute, il est préférable de demander l’avis de l’ayant droit.

Eléments essentiels d’une autorisation de mise en musique

Si un auteur ou un éditeur donnent leur accord pour une mise en musique, cet accord (appelé autorisation de mise en musique ou approbation de mise en musique) devrait être consigné par écrit dans un bref contrat. Les points suivants doivent y être réglés:

  • Nom et adresse des partenaires contractuels (éventuellement nom d’artiste)
  • Octroi de l’autorisation de mise en musique: l’œuvre qui peut être mise en musique doit impérativement être mentionnée. En outre, il faudrait définir dans quelle mesure le texte de l’œuvre peut être modifié. L’étendue de l’utilisation possible doit également être définie, en particulier si le droit de reproduction est inclus et si et comment l’auteur du texte est mentionné en cas de publication de la mise en musique. En outre, il convient de régler la question de savoir si et le cas échéant comment l’œuvre nouvellement créée peut être déclarée à SUISA. Les conventions de mise en musique sont en règle générale non-exclusives. Cela ne donne au compositeur aucun droit sur le texte; ces droits restent intégralement auprès de l’auteur du texte.
  • Participation du parolier: le règlement de répartition de SUISA prévoit les mêmes parts pour le compositeur d’une mise en musique et pour le parolier: dans le cas d’œuvres non éditées, ces parts sont de deux fois 50%; dans le cas d’œuvres éditées, elles sont de trois fois 33,33%. Les parts peuvent cependant en principe être définies librement. Souvent, les éditeurs de textes ne participent pas aux droits de gestion relatifs à la mise en musique, à moins qu’ils soient affiliés à une société de gestion pour la musique et qu’ils définissent par conséquent une participation en conséquence dans l’autorisation de mise en musique.
    Les ayants droit originaux exigent souvent une redevance forfaitaire pour les mises en musique et, dans certains cas, l’éditeur exige aussi une participation en pourcentage des ventes de partitions, si le droit graphique a également été transféré.
  • Edition de la mise en musique: en cas de mise en musique, la part concernant les paroles ne va pas automatiquement à la maison d’édition musicale. La maison d’édition musicale doit conclure avec l’auteur des paroles (parolier) un contrat d’édition spécifique pour la part en question. Souvent, les droits d’édition de paroliers importants sont déjà en mains d’une maison d’édition et ne peuvent pas être transférés à la maison d’édition musicale.
  • Garantie des droits: l’ayant droit doit garantir qu’il dispose des droits correspondants pour pouvoir octroyer l’autorisation d’arrangement.
  • Lieu, date, signature de l’ayant droit
  • Droit applicable et for

Comment une mise en musique doit-elle être déclarée à SUISA?

Dans le cas de la déclaration de la mise en musique d’un texte encore protégé, il est impératif de joindre une autorisation de mise en musique. Si aucun pourcentage spécifique n’a été défini, le règlement de répartition de SUISA s’applique. Si l’auteur du texte n’est pas membre d’une société de gestion de musique et ne souhaite pas le devenir, SUISA peut accepter une cession au compositeur. Dans un tel cas, le compositeur et l’auteur du texte sont certes enregistrés en tant qu’auteurs dans la banque de données des œuvres, mais les deux parts sont comptabilisées en faveur du compositeur. A cet effet, il est nécessaire que l’auteur du texte donne son accord par écrit.

Résumé

La mise en musique de poèmes nécessite en principe toujours une autorisation de mise en musique de la part des ayants droit; selon la situation, cette autorisation doit être obtenue auprès de l’auteur, de ses héritiers ou de la maison d’édition compétente. L’existence d’une autorisation de mise en musique est la condition à remplir pour que la mise en musique d’un texte encore protégé puisse être déclarée auprès de SUISA; cette autorisation constitue la base pour la participation au produit de l’œuvre.

En règle générale, la maison d’édition du texte doit être contactée en cas de mise en musique. Dans le cas de textes non édités, ProLitteris peut fournir une aide pour la recherche de l’ayant droit. SUISA ne peut fournir une aide que si l’auteur en question est déjà membre de SUISA. Si tel est le cas, SUISA transmet les demandes de mise en musique à l’auteur ou à ses héritiers. Les demandes en ce domaine peuvent être envoyées à l’adresse suivante: authorsF (at) suisa (dot) ch

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    Guten Tag Frau Leuenberger
    ich habe vor einiger Zeit eine CD aufgenommen mit dem Name (Drei rote Rosen Nr. 577) worauf sich die Songs Immer nur du und Mondscheinnacht befinden. Jetzt habe ich festgestellt dass andere Musiker diese Stücke auf einer CD veröffentlicht haben. Wäre da nicht eine Gutschrift fällig.
    Danke für eine Antwort.
    mfg E. Rick Sommer

    • Manu Leuenberger dit :

      Sehr geehrter Herr Sommer
      Vielen Dank für Ihren Kommentar. Zur Beantwortung Ihrer konkreten Anfrage besteht weiterer Abklärungsbedarf. Bei spezifischen Einzelfällen wie diesem empfehlen wir deshalb, direkt den Rechtsdienst der SUISA zu kontaktieren: legalservices (at) suisa (dot) ch
      Freundliche Grüsse
      Manu Leuenberger / SUISA Kommunikation

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La Suisse dispose enfin d’un nouveau droit d’auteur!

Le 27 septembre 2019, le Conseil national et le Conseil des Etats ont pu approuver en vote final la révision partielle de la loi suisse sur le droit d’auteur. Ainsi s’achève un processus qui avait commencé en 2010 par un postulat de Géraldine Savary. Sauf si un référendum aboutit, le Conseil fédéral devra maintenant fixer l’entrée en vigueur de ce droit d’auteur modernisé. Par Vincent Salvadé, Deputy CEO

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C’est seulement le 16 septembre 2019 que le Conseil national a accepté de retirer du projet l’exception contestée pour la réception d’émissions de radio et de TV dans des chambres d’hôtel. Il a ainsi laissé la voie libre à une acceptation de la révision par les Chambres fédérales le 27 septembre 2019. (Photo: Services du parlement 3003 Berne)

Ca y est! La révision du droit d’auteur est sous toit. Les dernières divergences entre le Conseil national et le Conseil des Etats ont pu être éliminées le 16 septembre 2019, si bien que le projet a été adopté en vote final à la fin de la session parlementaire d’automne. C’est ainsi un long processus qui s’achève, de manière satisfaisante pour les auteurs et éditeurs de musique.

Un compromis et d’intenses débats

Un bref retour en arrière: en 2012, la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga constituait l’AGUR12, un groupe de travail chargé de faire des propositions en vue de la révision de la loi sur le droit d’auteur. Représentatif de tous les milieux intéressés (auteurs, utilisateurs d’oeuvres, consommateurs, etc.), l’AGUR12 proposait différentes mesures à la fin 2013, comme solution de compromis. Malheureusement, le Conseil fédéral s’en écarta dans son avant-projet de 2015.

Vu les nombreuses critiques formulées lors de la procédure de consultation, il fit cependant marche arrière et présenta au parlement, à la fin 2017, un projet entièrement basé sur le compromis de l’AGUR12. A la suite de débats nourris, les Chambres fédérales ont finalement elles aussi choisi de s’en tenir à ce compromis, quitte à remettre à plus tard l’examen de certaines nouvelles questions (comme celle de la protection des éditeurs de presse et des journalistes).

SUISA activement impliquée dans la révision

SUISA a accompagné le processus législatif durant les sept ans qu’il aura duré. Tout d’abord en participant activement aux travaux de l’AGUR12, dans la délégation de Suisseculture. Ensuite, en informant les parlementaires, lors des auditions des commissions, par des lettres, des prises de position ou des argumentaires.

Pour quels résultats finalement? Globalement, le niveau de protection des droits a été élevé et la loi modernisée, notamment par de nouvelles mesures de lutte contre le piratage ou des améliorations concernant la gestion des droits. On aurait certes pu aller plus loin sur certains points. Mais un compromis reste un compromis …

Après la révision, c’est avant la suivante

Nous aurions cependant tort de baisser la garde. En effet, le Parti Pirate a lancé un référendum contre la loi révisée. De plus, la dernière question discutée au parlement était celle de savoir s’il fallait exonérer les hôtels de leurs obligations vis-à-vis des auteurs, lorsqu’ils offrent la possibilité de regarder la télévision dans les chambres, d’y écouter de la musique ou d’y visionner des films. Le Conseil national a fini par renoncer à cette idée, mais cela montre que les droits acquis des créateurs font régulièrement l’objet d’attaques. Nous devrons donc veiller à éviter … une révision de la loi révisée au détriment des auteurs et éditeurs! Tout n’est qu’un éternel recommencement …

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Comment SUISA répartit-elle les redevances provenant de la musique de fond?

En Suisse, plus de 100 000 entreprises utilisent de la musique de fond, diffusent des émissions de TV ou des films pour créer une ambiance au sein de leurs locaux. Pour ce type d’utilisation, les entreprises s’acquittent d’une redevance en faveur des auteurs, éditeurs, interprètes ou producteurs conformément au tarif commun 3a. Comment ces recettes sont-elles réparties et à qui? Texte de Giorgio Tebaldi

Comment SUISA répartit-elle les redevances provenant de la musique de fond?

Pour beaucoup, cela fait partie de l’ambiance d’un pub, au même titre que les meubles en bois massif et le jeu de fléchettes: les matchs de la «Premier League» à la TV. Pour une utilisation en dehors de la sphère privée, les producteurs de l’émission ont droit à une redevance. (Photo: Nomad_Soul / Shutterstock.com)

La musique de fond diffusée dans un magasin, un salon de coiffure ou un restaurant, comme l’éclairage ou la décoration, contribue grandement à ce que les clients et les invités se sentent à l’aise. Et dans un pub, la retransmission en direct d’un match de football ou d’une partie de cricket font partie de l’offre d’un tel établissement, comme les meubles foncés, les enseignes aux murs et le jeu de fléchettes.

A l’instar des fabricants de meubles, de décoration ou d’éclairage qui doivent être rémunérés, les compositeurs, paroliers, interprètes, réalisateurs ou producteurs ont, conformément à la loi, un droit à l’obtention d’une rémunération en cas d’utilisation de leurs œuvres ou de leurs prestations en dehors de la sphère privée. Cinq sociétés de gestion suisses sont compétentes pour cela: Pro Litteris, SSA, SUISA, Suissimage et Swissperform. Sur leur mandat, SUISA encaisse les redevances dues pour l’utilisation de musique, de films et d’émissions TV selon le tarif commun 3a (TC 3a).

Que fait SUISA suite à l’encaissement de ces recettes?

Dans un premier temps, les montants encaissés sont répartis entre les cinq société de gestion suisses d’après une clé de répartition fixe. La part revenant à SUISA pour les contenus musicaux représente un peu plus de la moitié des recettes. Dans un second temps, chaque société verse une part des recettes aux auteurs, artistes, éditeurs et producteurs qui y ont droit.

Dans le cas de SUISA, cette deuxième étape permet de répartir aux bénéficiaires environ 88% des 50% susmentionnés. Cela signifie que, sur 100 francs encaissés, 88 francs peuvent être reversés aux artistes et à leur maison d’édition.

Comment et à qui les recettes sont-elles réparties? SUISA connaît principalement trois différents types de répartition: la répartition directe, la répartition forfaitaire sur la base de programmes et la répartition forfaitaire sans programmes (voir encadré). Les programmes sont des listes relatives aux œuvres exécutées ou diffusées.

Dans le cas du TC 3a, les recettes sont presque exclusivement réparties forfaitairement sans programmes. Aussi bien pour les clients que pour SUISA, la transmission et le traitement des listes d’œuvres impliqueraient un travail énorme qui serait disproportionné par rapport aux avantages obtenus. Au lieu de cela, SUISA recourt à des programmes provenant de différentes sources pour répartir les recettes provenant du TC 3a. Dans ce contexte, SUISA s’assure que les listes ou utilisations auxquelles elle recourt pour cette répartition permettent une répartition aussi équitable que possible.

Répartition aussi équitable que possible même sans liste des œuvres exécutées

Sur la base de valeurs empiriques, on part par exemple du principe qu’une grande partie des entreprises, magasins, restaurants, etc. utilise des œuvres qui sont également diffusées à la radio ou à la télévision. Par conséquent, une grande partie des recettes provenant du TC 3a est répartie sur la base de programmes relatifs à l’utilisation de musique, d’ émissions TV et de films dans le cadre d’émissions de radio et de télévision. SUISA tient également compte du fait que la musique diffusée n’est pas seulement de la pop, du rock ou de l’urban, mais aussi de la musique d’autres genres comme la musique folklorique ou même la musique religieuse. Dans ces conditions, une partie des recettes est répartie sur la base de programmes relatifs à des exécutions dans les églises, par les fanfares ou encore par les clubs de yodel.

Afin de distribuer l’argent aux artistes, il est donc affecté à d’autres classes de répartition similaires concernant les droits d’exécution et les droits d’émission (voir règlement de répartition, chiffre 5.5.2). Par conséquent, si un membre reçoit un décompte dans l’une de ces classes de répartition évoquées, il recevra en même temps une part des recettes provenant de la musique de fond (TC 3a).

Dans quelques cas exceptionnels, une répartition directe s’applique pour la répartition des recettes provenant de la musique de fond. On peut par exemple penser à la musique utilisée dans le cadre d’un musée pour une exposition, ou à une musique utilisée sur une longue période par une entreprise pour faire patienter au téléphone les personnes qui la joignent. Dans de tels cas, on a généralement affaire à de la musique de commande.

La répartition de SUISA a lieu quatre fois par année. En 2018, plus de 132 mio. de francs ont été répartis aux compositeurs, paroliers et éditeurs de musique.

Types de répartition et classes de répartition

SUISA connaît trois types de répartition des recettes provenant de droits d’auteur:

  1. Dans le cas de la répartition directe, les redevances de droits d’auteur peuvent être réparties directement sur les œuvres mentionnées sur une liste d’œuvres effectivement exécutées ou diffusées. C’est par exemple possible dans le cas d’un concert: si, lors du concert en question, les morceaux de cinq co-auteurs sont joués, ces cinq ayants droit toucheront les recettes de droits d’auteur générées par ce concert.
  2. Dans le cas de la répartition forfaitaire avec programme, la redevance revenant au bénéficiaire est calculée au moyen d’un système de points. Pour les diffusions de la SSR par exemple, SUISA obtient d’une part une redevance forfaitaire et d’autre part des déclarations d’émissions détaillées. Sur la base de ces déclarations, on sait combien de secondes de musique ont été diffusées au total et pendant combien de temps exactement. Ces indications permettent de calculer une valeur en points par seconde, avec ainsi la possibilité de procéder à une répartition en faveur des auteurs et éditeurs des œuvres diffusées.
  3. Une répartition forfaitaire sans programme est effectuée dans le cas des recettes provenant de tarifs pour lesquels les informations sur les œuvres effectivement utilisées ne sont pas disponibles ou ne peuvent pas être déterminées. La répartition de ces recettes se fait sur la base de programmes existants provenant de plusieurs sources. L’affectation des montants est réglée de manière détaillée dans le règlement de répartition de SUISA.

La répartition des recettes se fait par classes de répartition. Les classes de répartition correspondent à différentes utilisations, par exemple musique lors de concerts, à la radio et à la TV (publiques ou privées), dans les églises, etc.

Des informations détaillées sont disponibles dans le règlement de répartition de SUISA.

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Deux nouveaux visages à la séance du Conseil d’automne

Deux nouveaux membres ont été élus au Conseil de SUISA lors de l’Assemblée générale de juin 2019. Lors de la réunion d’automne qui a suivi les élections, le Conseil nouvellement constitué s’est notamment penché sur la comptabilité analytique et sur la stratégie de la coopérative. Nouvelles du Conseil par Andreas Wegelin

Deux nouveaux visages à la séance du Conseil d’automne

Les nouveaux membres élus du Conseil Sylvie Reinhard (à gauche) et Grégoire Liechti. (Photos: Simon Tanner; Sibylle Roth)

Les premières séances du Conseil nouvellement élu et des Commissions ont eu lieu début octobre à Lausanne. En juin 2019, Sylvie Reinhard et Grégoire Liechti ont été élus au Conseil pour remplacer les deux membres sortants Bertrand Liechti et Marco Zanotta qui arrivaient à la fin de leur mandat. Lors de sa première séance, le Conseil a été constitué une nouvelle fois à la suite des élections. A cette occasion, Marco Neeser a été élu Vice-président et les trois Commissions du Conseil ont été réformées.

Comptabilité analytique et stratégie de la coopérative

Comme chaque année lors de la séance d’automne, le Conseil s’est penché sur la comptabilité analytique de l’exercice 2018 et sur la stratégie de la coopérative. La comptabilité analytique présente de manière détaillée les charges de chaque domaine d’utilisation ou tarif au cours de l’exercice écoulé. Elle permet d’identifier les domaines particulièrement coûteux et d’y introduire des mesures d’amélioration correspondantes. C’est dans ce contexte que la Direction a présenté plus précisément les processus visant à octroyer les licences de concerts (tarif K) et de supports sonores (tarif PI).

Concernant la stratégie de la coopérative, le Conseil a réfléchi à la concurrence croissante des sociétés de gestion sur les grands répertoires représentés par les importantes maisons d’édition, mais aussi à la tendance en progression d’auteurs connus qui font valoir directement leurs droits d’auteur lors de leurs apparitions sans passer par les sociétés de gestion. La concurrence devrait s’accentuer davantage.

Contrairement aux sociétés de gestion allemandes ou françaises, SUISA ne peut pas compter sur un répertoire propre renommé dans le monde entier. SUISA doit donc parvenir à proposer ses principaux services avec une qualité optimale et à un prix attrayant pour se maintenir sur le marché.

Autres sujets des séances

Les négociations tarifaires en cours et les résultats des répartitions ont également été abordés pendant les séances. Les engagements de sponsoring de SUISA pour l’année 2020 ont eux aussi fait l’objet de discussions au cours de la séance pour que d’éventuelles contributions puissent être intégrées en temps opportun au budget pour 2020.

Enfin, le Conseil a déjà réfléchi au 100e Anniversaire de SUISA qui sera célébré en 2023 et a adopté le calendrier des séances pour 2020, une activité quelque peu plus urgente.

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Deux nouveaux membres ont été élus au Conseil de SUISA lors de l’Assemblée générale de juin 2019. Lors de la réunion d’automne qui a suivi les élections, le Conseil nouvellement constitué s’est notamment penché sur la comptabilité analytique et sur la stratégie de la coopérative. Nouvelles du Conseil par Andreas Wegelin

Deux nouveaux visages à la séance du Conseil d’automne

Les nouveaux membres élus du Conseil Sylvie Reinhard (à gauche) et Grégoire Liechti. (Photos: Simon Tanner; Sibylle Roth)

Les premières séances du Conseil nouvellement élu et des Commissions ont eu lieu début octobre à Lausanne. En juin 2019, Sylvie Reinhard et Grégoire Liechti ont été élus au Conseil pour remplacer les deux membres sortants Bertrand Liechti et Marco Zanotta qui arrivaient à la fin de leur mandat. Lors de sa première séance, le Conseil a été constitué une nouvelle fois à la suite...Continuer

Vidéos avec musique sur Internet: nouvelle offre pour les petites entreprises

Jusqu’à présent, les entreprises et les particuliers devaient obtenir auprès de SUISA une licence individuelle pour chaque vidéo avec musique placée sur un site Internet ou des plateformes de médias sociaux. Dès novembre 2019, SUISA propose aux petites entreprises, en collaboration avec son partenaire Audion Sàrl, une licence annuelle forfaitaire pour l’utilisation online de musique dans des vidéos sur Internet. Texte de Hansruedi Brütsch

Vidéos avec musique sur Internet: nouvelle offre pour les petites entreprises

Avec la nouvelle offre de SUISA, les petites entreprises n’ont plus besoin d’obtenir une licence pour chaque vidéo, mais bénéficient d’un forfait annuel. (Photo: Rawpixel.com / Shutterstock)

Toujours plus d’entreprises utilisent des vidéos sur leurs sites Internet ou sur des plateformes de médias sociaux pour communiquer d’une manière plus simple et plus divertissante et se présenter dans un style correspondant aux tendances actuelles. Lorsque de la musique est utilisée dans ces vidéos, les entreprises, tout comme les particuliers, ont besoin d’une licence pour les droits d’auteur (composition et texte) ainsi que d’une licence pour les droits voisins (droits des interprètes et des producteurs de supports sonores/labels). En règle générale, la licence pour les droits d’auteur s’obtient auprès de SUISA moyennant le paiement d’une redevance; celle pour les droits voisins est délivrée par le producteur de support sonore, respectivement par le label. Cela permet de rémunérer les auteurs, éditeurs, interprètes, producteurs, etc. de musique pour l’utilisation de leurs œuvres et prestations; la redevance payée leur est reversée après déduction d’une commission de 15%.

Il existe désormais une licence commune pour les droits d’auteur et les droits voisins

Jusqu’à présent, pour les droits d’auteur, il fallait obtenir auprès de SUISA une licence pour chaque vidéo, sur la base du tarif VN. SUISA a développé, en collaboration avec la société Audion Sàrl, un système d’octroi de licences simple et attrayant pour les petites entreprises d’au maximum 49 employés et réalisant jusqu’à 9 millions de chiffre d’affaires. En s’acquittant d’une redevance annuelle de Fr. 344.- (hors TVA), les petites entreprises et les particuliers peuvent publier des vidéos avec musique sur leur propre site Internet ainsi que sur leurs profils de médias sociaux. Grâce à la collaboration entre SUISA et Audion Sàrl, le paiement du forfait annuel permet d’acquérir en même temps les droits d’auteur et les droits voisins.

La licence est valable un an à compter de la date de facturation. Les petites entreprises et les particuliers peuvent ainsi publier en ligne un nombre illimité de vidéos avec musique, sans devoir les annoncer individuellement auprès de SUISA. La licence est soumise à la condition que l’offre client s’adresse principalement aux personnes intéressées en Suisse et au Liechtenstein.

Exceptions et autres droits

Les utilisations suivantes sont, entre autres, exclues de ce forfait:

  • Vidéos publicitaires
  • Vidéos musicales
  • Vidéos avec un budget de production de plus de CHF 15‘000
  • Vidéos dont la durée totale est supérieure à 10 minutes

De plus amples informations sont disponibles sur le site Internet de SUISA.

Il est important de mentionner que, avec cette licence, seuls les droits de production et la mise à disposition online sont réglés. Si l’on souhaite accompagner une vidéo avec de la musique protégée par le droit d’auteur, respectivement d’enregistrements tirés de supports sonores, il est nécessaire d’obtenir une autorisation supplémentaire pour ce qu’on appelle la synchronisation. Le droit de synchroniser musique et film, c’est-à-dire de les associer, est généralement géré par l’éditeur de l’œuvre et n’est, en l’occurrence, pas octroyé par SUISA. Les droits de synchronisation pour les titres souhaités doivent être demandés à l’éditeur de musique concerné.

Voici ce dont il faut tenir compte lors du choix de la musique

S’agissant des droits de synchronisation, il faut tenir compte de ce qui suit: si une entreprise souhaite utiliser pour sa vidéo une musique du groupe Carrousel, de Stress ou de stars internationales telles qu’Ed Sheeran ou Taylor Swift, l’autorisation de synchronisation pourra coûter plusieurs centaines de francs, voire plusieurs dizaines de milliers de francs dans certains cas. Avant de créer la vidéo, il est donc fortement conseillé de clarifier les coûts pour les droits de synchronisation avec l’éditeur. Une alternative simple et peu coûteuse est l’utilisation de la musique Mood. Il s’agit de musiques de catalogues que certains éditeurs proposent spécifiquement pour la sonorisation de productions audios ou audiovisuelles, notamment de films. L’avantage de la musique Mood est que le producteur de film (l’utilisateur) peut s’adresser directement à SUISA pour obtenir l’autorisation d’utilisation. De plus amples informations et une liste de fournisseurs de musique Mood sont disponibles ici.

Lors de la réalisation d’une vidéo avec musique, les droits moraux de l’auteur doivent toujours être respectés: sans l’accord de l’éditeur ou de l’auteur, il n’est, par exemple, pas possible d’utiliser une œuvre musicale pour une vidéo politique. Le consentement des éditeurs/auteurs est également requis si l’oeuvre musicale est arrangée et intégrée dans une vidéo («autorisation d’arrangement»).

A ce sujet également, de plus amples informations sont disponibles sur le site Internet de SUISA.

Surtout lors d’utilisation de musiques connues et à succès sur les médias sociaux, des prétentions supplémentaires, émanant directement des ayants droit, ne sont pas exclues (cas échéant, le blocage de la vidéo).

De plus amples informations, ainsi que les questions et réponses les plus fréquentes relatives au nouveau forfait de SUISA et d’Audion Sàrl sont disponibles sur le site Internet suivant: www.suisa.ch/344, ainsi que dans les conditions de licence pour l’utilisation de musique dans des vidéos sur les sites Web d’entreprise et les profils de médias sociaux d’entreprise.

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Jusqu’à présent, les entreprises et les particuliers devaient obtenir auprès de SUISA une licence individuelle pour chaque vidéo avec musique placée sur un site Internet ou des plateformes de médias sociaux. Dès novembre 2019, SUISA propose aux petites entreprises, en collaboration avec son partenaire Audion Sàrl, une licence annuelle forfaitaire pour l’utilisation online de musique dans des vidéos sur Internet. Texte de Hansruedi Brütsch

Vidéos avec musique sur Internet: nouvelle offre pour les petites entreprises

Avec la nouvelle offre de SUISA, les petites entreprises n’ont plus besoin d’obtenir une licence pour chaque vidéo, mais bénéficient d’un forfait annuel. (Photo: Rawpixel.com / Shutterstock)

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Avancer dans son propre univers

Cécile Marti fait partie des protagonistes les plus remarquables de la musique contemporaine en Suisse. Dans ses œuvres, la compositrice et sculptrice essaie de réunir différentes formes d’expression en un grand tout. Le ballet devrait prochainement se joindre au dialogue entre la musique et la sculpture. La FONDATION SUISA soutient la vision artistique de la Zurichoise en lui attribuant une Carte Blanche d’un montant de 80 000 francs. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto

Cécile Marti: Avancer dans son propre univers

Carte Blanche pour Cécile Marti. (Photo: Suzie Maeder)

On pense généralement que l’on devrait dissocier une œuvre artistique de son auteur. Cela n’est guère possible dans le cas de Cécile Marti. En effet, un seul jour de son existence l’a non seulement contrainte à faire une croix sur son plus grand rêve, mais également conduite, après une longue période de souffrance, sur la voie qui lui permet de célébrer aujourd’hui des succès artistiques.

Enfant déjà, la Zurichoise de 45 ans était empreinte de cette intransigeance avec laquelle elle poursuit aujourd’hui ses visions artistiques: «Dès mon plus jeune âge, je le savais: je serais violoniste. Violoniste, un point c’est tout.» Elle commence à jouer du violon à huit ans, et se met au piano peu après. Alors qu’elle assiste à un concert de la violoniste Bettina Boller, une chose est claire: elle veut prendre des leçons avec elle. La volonté déplace des montagnes et la jeune Cécile devient la seule élève à bénéficier de cours particuliers. «Cette période a été un tremblement de terre musical pour moi», s’exalte l’artiste. «Bettina Boller m’a sensibilisée à la nouvelle musique. À douze ans, j’écoutais déjà Alfred Schnittke. Il n’y avait plus aucun doute après cela: je devais aller au Conservatoire et faire du violon le pivot central de ma vie.»

Le rêve se brise

Cécile Marti baisse le regard une fraction de seconde, avant de poursuivre: «À 17 ans, je donnais déjà mes propres leçons, à 18 ans je fréquentais le Conservatoire et participais à des projets d’orchestre de Mahler à Bruckner. C’était merveilleux. Mais à 20 ans, le coup de massue!» Cécile est victime d’un accident vasculaire cérébral qui la paralyse d’un côté. Le rêve se brise du jour au lendemain. «Je refusais d’y croire et j’ai essayé toutes les thérapies imaginables pendant trois ans. Je me suis battue jusqu’à ce que je sois au bout de mes forces.»

Cécile Marti bannit son violon au grenier et n’écoute plus de musique pendant cinq ans. «La blessure était trop profonde.» Comme elle le dit elle-même, cette période est pour elle «une traversée du désert». Jusqu’au moment où son subconscient commence à se manifester. «Soudain, je me suis mise à entendre de la musique dans ma tête. Et j’ai commencé à l’écrire. Ça a été le début de mon activité de composition.»

Les études de composition commencent avec Dieter Ammann, et c’est là qu’elle découvre la temporalité. Sa rencontre avec le compositeur autrichien Georg Friedrich Haas au cours de ses études lui ouvre soudain une dimension supplémentaire pour l’élaboration de ses propres œuvres. Contrairement à Ammann, Haas entretient une relation avec la temporalité jusqu’ici inconnue pour elle. «Il prend un temps incroyable pour une idée, jusqu’à ce qu’il l’ait totalement exploitée. Cette idée se transforme ensuite lentement en une nouvelle idée. J’étais fascinée par ce lent processus de transformation. Il en résulte une écoute complètement différente et une toute autre notion du temps.»

Une écoute sculpturale

Avec le recul, ce n’est pas un hasard si Cécile Marti s’est sentie attirée par les possibilités des temporalités les plus diverses. Et c’est encore moins un hasard qu’elle se soit mise à composer et à sculpter au même moment. D’un côté le cours de sa vie brusquement interrompu par un accident vasculaire cérébral qui finalement débouche sur quelque chose de nouveau, et de l’autre la pierre brute qui nécessite force, endurance et volonté pour se transformer en une sculpture aboutie: la dialectique entre biographie et réflexion artistique est indéniable.

Elle explique également la voie qu’elle a empruntée et qui se distingue clairement de la carrière classique. «D’ordinaire, on compose sur mandat de quelqu’un. J’ai surtout suivi mes propres idées», explique-t-elle déterminée. Au début, son directeur de thèse à Londres (Cécile Marti a rédigé sa thèse de doctorat sur le thème de la temporalité musicale) a exprimé des doutes quant à ses plans de composition. «Il disait: tu écris tout simplement dans le vide», raconte-t-elle en souriant. «Tu ne trouveras jamais d’orchestre pour cela.» Il faisait référence ici au cycle pour orchestre «Seven Towers», une suite de sept morceaux pour 120 musiciens d’une durée de 80 minutes, dont la première représentation par l’OSBS s’est tenue à Bienne en 2016, et dont certains morceaux ont été rejoués par l’Orchestre Symphonique de Berne, le Geneva Camerata et le Basel Sinfonietta depuis sa création.

Dans cette œuvre, qui coupe littéralement le souffle, l’orchestre dans son ensemble rappelle également une sculpture que l’on découvre sous différents angles. «Les gens me disent que ma musique s’écoute et se ressent de manière sculpturale et je pense en effet qu’elle est très gestuelle et plastique. J’aime l’idée que l’on puisse envisager les choses sous les angles les plus divers, et il existe effectivement une interaction entre mes sculptures et mes compositions.»

«Le plus beau des cadeaux»

Cécile Marti souhaite pousser cette interaction encore plus loin avec un nouveau projet, à savoir un ballet. L’idée lui est venue il y a trois ans, alors qu’elle assistait à une chorégraphie de la Canadienne Crystal Pite dans un théâtre londonien. «Ça a été un coup de foudre pour moi», s’emballe-t-elle. «Je n’avais encore jamais assisté à un spectacle de danse lors duquel j’avais immédiatement ressenti l’envie de collaborer avec la chorégraphe.» Selon Cécile Marti, Crystal Pite fait en danse exactement ce qu’elle fait elle-même en musique. «Elle travaille aussi de manière sculpturale, avec l’aide de grands groupes. Elle façonne ensuite cette masse dans toutes les directions imaginables.»

Le fait que Crystal Pite ait été séduite par le projet mais que son emploi du temps d’étoile montante de la scène chorégraphique soit surchargé jusqu’en 2026 n’empêche pas Cécile Marti de poursuivre cette idée. Durant sa période sans musique, elle a écrit des dizaines de journaux intimes qui ne sont pas uniquement l’héritage d’une sombre période, mais qui décrivent aussi le début d’une nouvelle vie. Ces écrits devraient servir de base à un ballet d’action autobiographique sous une forme encore inédite.

Qu’il s’agisse du ballet dont la première partie a été d’abord présentée sous forme de concert à Varsovie en septembre 2019, ou du Quatuor à cordes n° 2 présenté au cours du même mois (son titre «In Stein gemeisselt» (Gravé dans la pierre) laisse déjà présager de la présence de 26 sculptures en pierre) : la démarche proposée pour rendre visible la temporalité est aussi bien au centre du travail créatif de Cécile Marti que de son travail de recherche. En toute logique, elle continue donc de travailler sur le concept «Seven Towers» afin d’en faire à l’avenir également une expérience physiquement sculpturale.

La «Carte Blanche» de la FONDATION SUISA lui permet désormais de se consacrer sans pression au développement de ce projet. «La Carte Blanche est simplement le plus beau des cadeaux que l’on puisse imaginer», s’enthousiasme-t-elle. «Je cherche à réaliser des choses qui me tiennent à cœur et qui peuvent sembler impopulaires sur le papier. Mais mon travail doit être précis en termes de contenu, et aussi authentique que possible. C’est pourquoi des contraintes temporelles ne devraient y jouer aucun rôle.»

L’artiste doit avoir ressenti le coup du destin qui l’a frappée à 20 ans comme un trou noir absorbant toute la matière. Le big-bang qui s’est produit après des années d’obscurité, et dont est né un univers totalement nouveau, unique et encore inexploré en de nombreux endroits, est d’autant plus impressionnant.

www.cecilemarti.ch

C’est en 2018 que la FONDATION SUISA a commencé à allouer ses nouvelles contributions à la création. La «Carte Blanche» de 80 000 francs, qui n’est pas mise au concours mais se voit directement attribuée tous les deux ans par un jury de professionnels, doit permettre au créateur/à la créatrice de musique qui en bénéficie de se concentrer sur ses projets artistiques sans pression financière.


Alla scoperta di un nuovo universo

Cécile Marti è una delle protagoniste di maggior spicco della musica svizzera contemporanea. Nelle sue opere la compositrice e scultrice cerca di avvicinare forme espressive diverse per ottenerne un tutt’uno coeso. In futuro, al dialogo tra musica e scultura si aggiungerà anche il balletto. FONDATION SUISA sostiene la visione artistica della talentuosa zurighese con una Carte Blanche da 80’000 franchi svizzeri. Contributo ospite di Rudolf Amstutz

Cécile Marti: Alla scoperta di un nuovo universo

Carte blanche a Cécile Marti. (Foto: Suzie Maeder)

È convinzione diffusa che l’opera non vada confusa con il suo autore. Un’impresa che ha dell’impossibile nel caso di Cécile Marti – perché in un solo giorno la vita non solo l’ha costretta a chiudere per sempre il suo sogno più grande nel cassetto dei ricordi ma l’ha anche condotta, al prezzo di tante sofferenze, ai suoi odierni successi artistici.

La 45enne di Zurigo ha sempre perseguito le sue mire artistiche senza sconti né compromessi e lo ha fatto sin da bambina: «Mi era chiaro sin da piccola: volevo diventare violinista. Violinista e nient’altro.» Così, a otto anni, ha imbracciato il violino e poco dopo ha iniziato anche con il pianoforte. A un concerto di Bettina Boller ha poi partorito un altro proposito: «Voglio prendere lezioni da quella violinista.» La forza di volontà, si sa, fa miracoli e difatti la Boller divenne l’insegnante privata della giovane Cécile. «Per me quel periodo è stato un terremoto sul piano musicale», ricorda entusiasta la Marti. «Bettina Boller mi ha avvicinata alla Neue Musik. A 12 anni ascoltavo già Alfred Schnittke. A quel punto ho capito che dovevo andare assolutamente al conservatorio e fare del violino l’unica priorità della mia vita.»

La fine di un sogno

Prima di proseguire, la Marti abbassa lo sguardo per una frazione di secondo: «A 17 anni davo già lezioni, a 18 seguivo il conservatorio e vari progetti orchestrali che spaziavano da Mahler a Bruckner. È stato grandioso. A 20 anni, però, è arrivata la batosta.» Colta da un ictus, la Marti si è ritrovata emiplegica. Così il suo sogno è sfumato da un giorno all’altro. «Non volevo rendermene conto e per tre anni ho tentato ogni terapia possibile e immaginabile. Ho lottato fino allo stremo delle forze.»

Bandito il violino in soffitta, Cécile non ha ascoltato più musica per cinque anni. «La ferita era troppo grande.» In quel periodo – queste le parole dell’artista stessa – le sembrava di essere «in un deserto». Fino a quando il subconscio non ha cominciato a farsi sentire. «All’improvviso ho sentito la musica dentro me stessa. E ho cominciato a buttarla giù su carta. È così che è iniziata la mia attività di compositrice.»

Cécile ha quindi iniziato a studiare composizione da Dieter Ammann, confrontandosi per la prima volta con le progressioni temporali che si compiono da un momento all’altro. L’incontro con il compositore austriaco Georg Friedrich Haas, risalente al periodo degli studi, l’ha poi proiettata in una nuova dimensione della produzione componistica. A differenza di Ammann, Haas praticava infatti un approccio alle forme di progressione del tempo che la Marti ignorava. «Dedicava tantissimo tempo a un’idea e continuava fino a quando non l’aveva completamente sviscerata. E poi quella stessa idea, vorticando, si innestava lentamente in un’altra. Sono rimasta affascinata da questa lenta trasformazione. Questo approccio dà luogo a un ascolto e a una percezione del tempo assolutamente nuovi.»

L’ascolto scultoreo

In retrospettiva, non è un caso che la Marti sia stata ammaliata dalle tante forme possibili di progressione temporale. E non è nemmeno un caso che l’inizio della sua attività compositiva coincida proprio con la scoperta della scultura. La progressione di una vita che, interrotta repentinamente dall’ictus, sfocia in un qualcosa di nuovo; e la pietra viva, che la forza, la costanza e la forza di volontà trasformano in una scultura compiuta – c’è una dialettica innegabile tra biografia e opera artistica.

Questo dialogo spiega anche la strada battuta dalla Marti – una strada che si distingue nettamente dalla classica carriera di artista. «Generalmente le composizioni nascono su commissione di qualcuno. Io ho seguito quasi sempre le mie idee», spiega Cécile in tono deciso. Inizialmente il direttore della sua tesi di dottorato (incentrata sulle progressioni temporali nella musica) era scettico rispetto alle mire componistiche della Marti. «Mi diceva che scrivevo a vanvera», racconta sorridendo. «Non troverai mai un’orchestra per le tue opere.» Si riferiva a «Seven Towers», un ciclo in 7 parti della durata di 80 minuti concepito per 120 musicisti, la cui prima è stata eseguita dalla SOBS di Bienne nel 2016. Dalla sua genesi alcuni brani sono stati persino interpretai dalla Berner Symphonieorchester, dalla Geneva Camerata e dalla Sinfonietta Basel.

In questa opera che mozza (letteralmente) il fiato il complesso orchestrale ricorda una scultura da sentire e vivere in vari modi. «La gente mi dice che la mia musica si sente e si percepisce come una scultura. Penso che sia effettivamente molto gestuale e plastica. Mi piace l’idea di poter osservare le cose dai punti di vista più diversi e difatti c’è una vera e propria interazione tra il mio lavoro di scultrice e le mie composizioni.»

«Il dono più grande»

Ora Cécile Marti punta a estendere questa interazione con un nuovo progetto – e intende farlo con il balletto. L’idea le è venuta tre anni fa mentre assisteva a una rappresentazione coreografica della canadese Crystal Pite in un teatro londinese. «Sono stata folgorata», ricorda emozionata la Marti. «Era la prima volta che vedevo uno spettacolo di danza che facesse scattare in me il desiderio di collaborare con un coreografo.» Cécile vede nella Pite la sua omologa nel mondo del balletto. «Anche il suo lavoro è scultoreo e fa ricorso a grandi gruppi. Poi dà forma a questa massa muovendosi in tutte le direzioni possibili e immaginabili.»

La Pite era favorevole al progetto ma l’astro nascente della danza aveva ingaggi a non finire fino al 2026. Ciononostante la Marti non ha abbandonato l’idea. Durante il periodo in cui non ha ascoltato la musica ha scritto decine di diari che testimoniano non solo un periodo buio ma anche l’inizio di una nuova vita. Queste memorie costituiranno le basi di una rappresentazione coreografica dalla trama autobiografica che non ha precedenti.

L’opera creativa e sperimentale della Marti è incentrata sulla visualizzazione delle forme di progressione temporale. Prova ne sono il balletto, la cui prima parte è stata eseguita in anteprima, seppur solo a livello concertistico, a Varsavia nel settembre 2019, e la composizione per quartetto d’archi (altra prima risalente allo stesso periodo) il cui titolo «Scolpito nella pietra» (originale «In Stein gemeisselt») rimanda alla presenza di 26 opere in pietra. Per questo, Cécile continua a lavorare con coerenza anche al concetto di «Seven Towers», con l’intento di renderlo percettibile a livello fisico e scultoreo.

Ora la Carte Blanche di FONDATION SUISA le consente di perseguire questo obiettivo con la dovuta serenità. «La Carte Blanche è il dono più grande che ci si possa immaginare», afferma emozionata Cécile. «Perseguo ciò che mi sta a cuore e che, sulla carta, potrebbe non riscuotere consensi. Il mio lavoro, però, deve essere il più preciso e autentico possibile sul piano contenutistico. Per farlo occorre disinnescare il fattore tempo.»

La sventura che ha travolto la Marti a 20 anni deve esserle sembrata un buco nero che inghiotte tutto ciò che lo circonda. Il big bang scaturito da anni di oscurità, che ha dato vita a un universo assolutamente nuovo, unico e in parte ancora sconosciuto, lascia a maggior ragione esterrefatti.

www.cecilemarti.ch

Nel 2018 la FONDATION SUISA ha iniziato ad assegnare nuovi contributi alla creazione. La «Carte Blanche» da 80’000 franchi non viene bandita ma assegnata direttamente da una giuria di specialisti a cadenza biennale. Il suo scopo è permettere ai musicisti di maturare dal punto di vista artistico con la dovuta serenità finanziaria.

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«The Director’s Blog» – «Nous voulons améliorer la visibilité de notre travail»

En tant que fondation d’utilité publique, la FONDATION SUISA encourage la création musicale suisse actuelle depuis 1989. Pour découvrir tous les détails, il est maintenant possible de lire le «Director’s Blog». Urs Schnell, directeur de la fondation, souhaite par ce biais améliorer «la visibilité de notre activité». Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité

FONDATION SUISA: «The Director’s Blog»

«The Director’s Blog» cherche à mieux faire comprendre au grand public l’activité de la FONDATION SUISA. (Photo: FONDATION SUISA)

Que fait donc précisément une fondation telle que la FONDATION SUISA? Son activité est certes décrite dans les grandes lignes sur son site Internet, mais à quoi ressemble concrètement son travail? Comment sont dépensés les quelque 2,7 millions de francs que la coopérative SUISA lui alloue chaque année, une contribution qui correspond à 2,5% des recettes de SUISA issues des droits d’exécution et d’émission en Suisse et dans la Principauté du Liechtenstein? Et quel est finalement l’impact de ces subventions?

«Nous sommes sans cesse confrontés à ces questions ces dernières années», affirme Urs Schnell. «Et nous nous rendons compte que notre activité n’est plus perçue dans toute sa diversité dans un monde dominé par les réseaux sociaux et souffrant de plus en plus d’absence de solidarité». Et M. Schnell d’ajouter: «Une fondation peut-elle communiquer de manière ouverte et transparente dans une société dont la perception a énormément évolué, surtout du fait de la numérisation?»

Le blog permet de jeter un coup d’œil dans l’activité de la fondation

Avec «The Director’s Blog», la fondation renforce désormais sa présence sur Internet. Elle personnalise dans le même temps son travail en faisant de son directeur son porte-parole via ce blog. «Nous retournons l’intérieur vers l’extérieur», déclare M. Schnell pour justifier cette décision, «et à une époque marquée par l’individualisation, nous le faisons de manière plus personnelle que d’habitude.»

Le blog se propose de faire connaître les activités courantes sous une forme plus rapide et plus actuelle, sans pour autant s’adapter à la superficialité frénétique des réseaux sociaux. Les coulisses sont projetées sur le devant de la scène: «Nous rendons visible notre travail, ainsi que les réflexions et stratégies qui y sont inhérentes afin que le grand public puisse mieux comprendre notre activité.»

Le directeur, chroniqueur interne

Cette approche s’articule autour d’articles réguliers concernant les événements actuels, la présence de la fondation aux niveaux national et international, mais aussi autour de pistes de réflexion sur des thématiques pertinentes pour la fondation. Le blog recourt également à des portraits de destinataires de contributions comme le ferait un magazine. «Dans ce dernier cas, je prévois également de publier de temps à autre un article particulier», indique M. Schnell. Avant de poursuivre: «Comme l’authenticité est un élément central du blog, nous perdrions en crédibilité si je renonçais à mon rôle de chroniqueur interne.»

Le directeur se réjouit de lire les avis concernant le nouveau format de publication. Et si «The Director’s Blog» devait donner lieu à des débats passionnés, «ce serait tant mieux» selon Urs Schnell.

blog.fondation-suisa.ch

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En tant que fondation d’utilité publique, la FONDATION SUISA encourage la création musicale suisse actuelle depuis 1989. Pour découvrir tous les détails, il est maintenant possible de lire le «Director’s Blog». Urs Schnell, directeur de la fondation, souhaite par ce biais améliorer «la visibilité de notre activité». Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité

FONDATION SUISA: «The Director’s Blog»

«The Director’s Blog» cherche à mieux faire comprendre au grand public l’activité de la FONDATION SUISA. (Photo: FONDATION SUISA)

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