La gestion collective est un service destiné à la fois aux créateurs et aux utilisateurs de musique

Qu’il s’agisse de musique de fond au sein d’entreprises ou du nouveau forfait en faveur des petites entreprises pour les vidéos contenant de la musique sur Internet: dans les deux cas, de nombreuses entreprises utilisent de la musique provenant d’un grand nombre d’ayants droit (compositeurs, paroliers, éditeurs de musique). SUISA en tant qu’interlocutrice vis-à-vis de ces entreprises et des ayants droit simplifie l’obtention de l’autorisation pour l’utilisation de la musique et la perception des redevances de droit d’auteur. Par Irène Philipp Ziebold, COO

La gestion collective est un service destiné à la fois aux créateurs et aux utilisateurs de musique

Avec des offres telles que le forfait annuel (nouvellement introduit) pour l’utilisation online de musique contenue dans des vidéos destinées à Internet, SUISA simplifie à l’égard des clients et des bénéficiaires l’obtention de l’autorisation pour l’utilisation de la musique et la perception des redevances de droit d’auteur. (Photo : one photo / Shutterstock.com)

Jusqu’ici, pour chaque vidéocontenant de la musique et placée sur Internet, il fallait obtenir auprès de SUISA une licence selon le tarif VN concernant les droits d’auteur. La question des droits d’auteur était automatiquement réglée; en matière de droits voisins, il fallait en revanche effectuer une démarche supplémentaire Le processus d’obtention d’une licence était ainsi fastidieux et parfois également difficile à comprendre.

Licence unique pour droits d’auteur et droits voisins

SUISA, en collaboration avec la société Audion Sàrl, a développé un modèle simplifié et attrayant d’octroi de licence en faveur des petites entreprises (avec un maximum de 49 employés et réalisant jusqu’à CHF 9 mio. de chiffre d’affaires). En s’acquittant d’une redevance annuelle de CHF 344 (TVA non incluse), celles-ci ainsi que les particuliers peuvent publier des vidéos contenant de la musique sur leur propre site Internet ainsi que sur leurs canaux de médias sociaux. Grâce à la collaboration entre SUISA et la société Audion Sàrl, le forfait annuel permet d’acquérir en même temps les droits d’auteur et les droits voisins.

Ce «paquet» ne comprend pas les vidéos publicitaires, les vidéos strictement musicales, les vidéos avec un budget de production de plus de CHF 15’000.– et les vidéos ayant une durée totale de plus de 10 minutes. En outre, les droits de synchronisation doivent comme précédemment être obtenus directement auprès des maisons d’édition, respectivement auprès des auteurs.

L’agence Audion Sàrl

La société Audion Sàrl est une agence de droits indépendante créée en 2015 par la société IFPI Suisse (association de branche des labels musicaux de Suisse), qui octroie des licences pour des utilisations «marginales» d’enregistrements musicaux, en agissant comme intermédiaire entre utilisateurs et labels musicaux.

Concernant le champ d’activité de la société Audion, celui-ci se limite en particulier à des niches où de petits utilisateurs non commerciaux sont confrontés au défi administratif visant à obtenir les licences nécessaires auprès d’un grand nombre de labels de musique. Audion répond ainsi à un besoin des utilisateurs et offre le choix suivant: acquérir les droits nécessaires directement auprès des ayants droit ou acquérir un ensemble de droits auprès d’Audion.

L’univers des labels musicaux s’est fortement modifié du fait du développement des possibilités de diffusion et de commercialisation numériques. De plus en plus souvent, des agences de booking fonctionnent comme des labels. Dans ces conditions, on ne sait parfois pas clairement où les droits doivent être obtenus. La société Audion peut fournir une aide précieuse dans ce contexte en obtenant pour l’utilisateur les droits auprès des différents labels.

Encaissement commun: musique d’ambiance et vidéos sur sites Internet

Depuis le 1er janvier 2019, SUISA s’occupe à nouveau seule de tous les clients concernés par le tarif commun 3a (TC 3a, musique de fond ou d’ambiance). Avant cela, la facturation était effectuée par Billag SA. Ces clients sont concrètement des entreprises qui diffusent de la musique de fond ou d’ambiance dans leurs locaux, y diffusent des émissions de TV, utilisent de la musique dans leur file d’attente téléphonique (Music on Hold) et/ou … publient des vidéos contenant de la musique sur leur propre site Internet. Dans ces conditions, les clients utilisateurs de musique de fond et ceux qui placent des vidéos sur un site Internet peuvent être les mêmes. Dans les deux cas, beaucoup de musique provenant d’un grand nombre d’ayants droit est utilisée par un large cercle de clients.

Cela conduit inévitablement à ce que nous facilitions l’octroi de licences pour les deux types d’utilisation, et en particulier que nous proposions une solution de type «guichet unique». Pour parvenir à ce but, le portail Internet existant pour les licences TC 3a doit être adapté pour que le client puisse déclarer les deux types d’utilisation en même temps et ainsi obtenir de manière très simple une licence pour ses utilisations.

Perspectives: grandes entreprises

Le forfait annuel nouvellement introduit pour l’utilisation online de musique contenue dans des vidéos destinées à Internet vaut pour les petites entreprises. Une offre pour les grandes entreprises (entreprises qui emploient plus de 49 personnes ou réalisent plus de CHF 9 mio. de chiffre d’affaires par année) est en cours d’élaboration dans le but de proposer également à ces entreprises une solution simple et adéquate. Une fois que toutes les mesures et décisions nécessaires auront été prises sur cette question, nous vous donnerons des informations plus précises à ce sujet.

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  1. Liebe Frau Ziebold

    Ich bin einerseits Mitglied der SUISA und froh, dass diese meine Interessen als Urheber wahrnimmt. Andrerseits bin ich auch eine 1-Mann-Firma, allein in einem Büro. Alles, was ich über GT 3a lese, erscheint mir plausibel, trifft aber auf mein Unternehmen nicht zu. Ich hasse Hintergrundmusik, weil sie mich beim Arbeiten stört, und selbst wenn ich ein Radio während der Arbeit laufen liesse, wäre ich der einzige, der es hört. Von einer gewerblichen Nutzung, die ja wenigsten ein Ohrenpaar eines Mitarbeiters oder eines Kunden voraussetzt, bin ich also weit entfernt. Ich verfüge auch nicht über ein Geschäftsauto, das – wie ich mir von einer SUISA Mitarbeiterin habe sagen lassen – auch als Büroraum zählen würde. Sie meinte dann auch, dass ich wohl nicht zahlungspflichtig sei.

    Der zuständige Sachbearbeiter sieht das aber ganz anders und meint, ich müsse einfach zahlen. Er glaubt nicht, dass er das näher begründen müsste und weigert sich auch, mir die rechtlichen Grundlagen zuzustellen. Er bezeichnet aber die GT 3a-FAQs auf Ihrer Website als nicht verbindlich, die meiner Meinung nach deutlich machen, dass ich nicht unter die GT 3a Zahlungspflicht falle. Also, wenn ich einem Kunden eine Rechnung schicke, muss ich das immer begründen können. Ich habe nun eine Betreibungsandrohung ihres Inkasso-Büros im Haus, nachdem eine Rechnung und 1 Mahnung nicht beantwortet wurden, die gar nie bei mir eigetroffen sind. Aber das ist eine andere Geschichte.

    Meine Frage an Sie lautet nun: Hat ihr Mitarbeiter recht? Muss einfach jede Firma GT3a zahlen? Wenn ja, warum gibt man sich dann so Mühe mit der Spezifizierung der Fälle, wenn es gar keine Ausnahmen gibt? Gibt es für diese Null-Ausnahme-Regelung eine rechtliche Grundlage, die Sie mir anstelle Ihres Mitarbeiters zustellen können? Sind Ihre Mitarbeitenden angehalten, nach dem Versand 1 Rechnung und 1 (nicht eingeschriebenen) Mahnung Ihr Inkasso-Büro in Gang zu setzen mit entsprechenden Mehrgebühren? Warum erhalten nicht einfach alle Firmen eine Rechnung?

    Ihre Meinung dazu interessiert mich sehr.

    Mit freundlichen Grüssen

    M. Gabriel

    • Manu Leuenberger dit :

      Lieber Herr Gabriel
      Wir danken Ihnen für Ihre konstruktive Rückmeldung. Ihr Anliegen ist uns wichtig und wir werden die spezifische Sachlage hinsichtlich Ihrer 1-Mann-Firma und der erfolgten Kommunikation inklusive der vorhandenen Informationen dazu intern betrachten. Gerne setzen wir uns mit Ihnen in Kürze noch persönlich in Verbindung, um weitere konkrete Falldetails von Ihnen zu erfahren und mit Ihnen zu besprechen.
      Bis dahin wünschen wir Ihnen alles Gute.
      Freundliche Grüsse, Manu Leuenberger / SUISA Kommunikation

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Diffusion musicale numérique: un sou est un sou!

Les affaires dans le domaine online se caractérisent par des changements constants – et cela pas seulement pour les sociétés d’auteurs. Dans cette seconde partie d’interview, le CEO de SUISA, Andreas Wegelin, donne un aperçu de la situation actuelle et des scénarios envisagés. Interview par Silvano Cerutti, contributeur invité

Diffusion musicale numérique: un sou est un sou!

La consommation de musique est différente d’il y a 15 ans: en considérant les chiffres d’affaires des fournisseurs d’accès en ligne, on constate qu’environ 12 à 15% de ceux-ci reviennent aux auteurs, ce qui donne des redevances inférieures à un centime par titre écouté. (Photo: LikeBerry)

Andreas Wegelin, parlons de relations et d’ordre de grandeur. Les services de streaming tels que Spotify, par exemple, versent aux compositeurs et compositrices des montants en fractions de centime par écoute. A quel pourcentage du chiffre d’affaires cela correspond-il, si l’on extrapole?
Andreas Wegelin: en ne comptant que les droits d’auteur, cela correspond à environ 12 à 15% sur environ 70% de chiffre d’affaires total du fournisseur d’accès en ligne. Le reste revient à l’enregistrement, au producteur, à l’interprète. Cela correspond à peu près à la situation pour le domaine offline en Suisse. Dans ce dernier cas, les droits d’auteur pour les compositeurs sont réglés par le biais de tarifs approuvés par l’Etat. Ils sont même un peu inférieurs. Un monopole n’apporte donc pas nécessairement un meilleur résultat pour les auteurs.

Pourquoi reste-t-il si peu pour l’auteur? Sans lui, le morceau interprété par d’autres n’existerait tout simplement pas.
Vous avez raison. Si un compositeur sait également bien chanter, c’est-à-dire s’il est son propre interprète, il obtient davantage. C’est la même chose dans le domaine offline. Dans ce cas, un auteur qui est également chanteur reçoit également davantage de sa maison de disques que de notre part – parce que le producteur livre au fournisseur d’accès en ligne également l’enregistrement qui peut être diffusé. Cela n’est pas fait par SUISA, mais par des sociétés telles que Sony, Universal, etc., qui disposent ainsi d’un pouvoir sur le marché.
En outre, faisons une comparaison avec les émetteurs de radio: une radio s’adresse à un grand nombre d’auditeurs, les streams à un auditeur individuel. En divisant la rémunération reçue de la radio par le nombre d’auditeurs, le montant obtenu n’est pas beaucoup plus élevé que dans le cas du streaming. La raison pour laquelle les chiffres sont encore plus bas dans le cas du streaming, c’est que la radio diffuse en grande partie de la musique «mainstream». Le choix des morceaux est donc limité. Les services de streaming proposent également des répertoires de niche. Pour dire les choses autrement (ne restons pas trop accrochés aux chiffres): à la radio, il y a une «heavy rotation» de peut-être 50 titres par mois, alors qu’elle est de 1000 morceaux sur Spotify.

Est-ce que je peux m’attendre à ce qu’un service comme Youtube paie des montants comparables à ceux versés par Spotify?
Dans le cas de Youtube, il faut poser une question à laquelle il est difficile de répondre: à quoi se rapportent ces 12 à 15%? Spotify peut compter sur des recettes d’abonnements; dans le cas de Youtube, il y a seulement la publicité: faut-il donc considérer 12 à 15% des recettes publicitaires, obtenues dans un pays spécifique, avec une vidéo spécifique durant une période spécifique? Et si aucune publicité n’est associée à la vidéo, il n’y a donc pas de revenu, même si des milliers de clics sont constatés?

De surcroît, avec Youtube, le problème est que n’importe qui peut y placer plus ou moins n’importe quoi, même sans indication des droits. Comment savoir qu’est-ce qui appartient à qui?
Youtube essaie de le faire de manière automatisée. Cela fonctionne en partie, mais il y a parfois des erreurs flagrantes dans l’attribution. Mais avec une telle quantité de données, la solution automatisée est la seule possible. Pour un contrôle total, il faudrait pouvoir effectuer un «tracking» sur l’ensemble des fichiers sonores.

Cela signifie que, à l’avenir, il faudra recourir au filtre d’upload?
Cette question fait l’objet d’une grande discussion au niveau de l’UE. Jusqu’ici, l’UE a appliqué le principe du «safe harbour», qui est le suivant: un fournisseur de services numériques n’est pas responsable du contenu qui est téléchargé sur sa plateforme. Cette règle, qui date de 2002, visait à encourager le développement de l’échange de données en ligne. A l’époque, Youtube n’existait même pas! Youtube a pu profiter de cette réglementation, alors que de grandes quantités de contenus protégés sont diffusés via ce même Youtube. Entre-temps, la protection de l’auteur a regagné en importance. Mais Youtube menace maintenant de bloquer certains contenus, parce qu’il serait trop compliqué d’assurer une rémunération pour chaque cas individuel, si des droits existent. Cela signifierait que certains contenus ne seraient plus disponibles, ce qui pourrait être considéré comme une grave atteinte à la liberté d’expression.

Y a-t-il d’autres solutions possibles?
On pourrait introduire un droit à redevance en faveur des auteurs, de manière analogue à ce qui existe dans le cas de la redevance sur les supports vierges pour la copie privée. Cela signifierait que Youtube serait autorisé à diffuser des contenus, mais serait soumis, de par la loi, au paiement d’une compensation pour cela. A l’époque, l’argument pour la redevance sur les supports vierges avait été le suivant: il est impossible de contrôler ce que les individus enregistrent sur les cassettes et il faut donc recourir à une solution globale forfaitaire qui pourrait prendre la forme d’une redevance due pour chaque support vierge, par exemple de 5 centimes par heure, en faveur des auteurs. Un système similaire serait également possible pour les utilisations en ligne, mais il est très controversé.

Quelle serait la meilleure des solutions pour les auteurs?
Pour les auteurs membres d’une société de gestion comme la nôtre, le forfait serait préférable. Pour les ayants droit de grande importance, le droit en vigueur (interdiction) est préférable; ils ont suffisamment de pouvoir pour négocier directement avec Youtube ou Google. Google ne peut pas les ignorer. Dans d’autres cas, par contre (dont le nôtre), il faut prendre l’initiative si l’on veut discuter d’une licence avec Youtube. C’était d’ailleurs l’une des raisons qui nous a convaincus de la nécessité d’une joint-venture, en vue d’une extension du répertoire représenté.

Concrètement, combien de temps faut-il pour négocier un contrat avec une plate-forme de cette taille?
Depuis que nous bénéficions du système de la «joint license» et que le traitement se fait via Mint, la durée a diminué. Selon le prestataire, cela peut tout de même durer entre un et huit mois. Et en cas de renouvellement d’un contrat, cela dure quatre ou cinq mois.

Et quelle est la stratégie suivie par SUISA lorsque les négociations contractuelles échouent avec un prestataire?
Dans un tel cas – c’est assez rare, car une solution peut généralement être trouvée entre partenaires commerciaux raisonnables – nous devons nous battre devant les tribunaux pour la reconnaissance et la juste rémunération de l’utilisation des droits de nos membres.

Combien y a-t-il de fournisseurs d’accès en ligne en tout?
Il y en a trop (il rit). Ils se comptent par dizaines. On s’intéresse bien entendu d’abord aux plus importants, donc aux plus grands. Il y en a une quinzaine. Mais Mint veut se développer dans d’autres territoires. En Inde par exemple, les deux grandes sociétés de télécommunication sont également des prestataires fournissant de la musique; les constellations peuvent donc être variables.

En tant que sociétaire de SUISA, est-ce que je peux connaître le contenu de ces contrats?
Non. Un prestataire veut empêcher qu’un concurrent ait accès à son contrat. Dans de tels cas, il existe toujours une clause de confidentialité. Mais, en fin de compte, un sociétaire de SUISA constate ce qu’il obtient. S’il n’est pas satisfait, il peut en tout temps confier les droits à quelqu’un d’autre. Mais je doute que, ailleurs, il pourra accéder aux contrats. C’est une conséquence du marché concurrentiel.

En décembre 2019, on a appris que la Gema a acquis une participation majoritaire dans la société Zebralution, un diffuseur numérique. Quelles sont les implications de cette évolution pour SUISA?
De cette manière, la Gema s’efforce d’être plus active dans le commerce des données concernant les œuvres de ses membres. Grâce à la collaboration avec une telle société de diffusion numérique, la Gema peut espérer proposer à ses membres un service complet, à savoir non seulement la gestion des droits d’auteur, mais également celle des droits voisins. SUISA va également étudier quelles mesures pourraient être prises pour offrir un service aussi complet que possible aux membres dans le domaine de la diffusion numérique de la musique.

Züri West a obtenu une bonne rémunération avec la chanson «I schänke dir mis Härz»; «079» de Lo & Leduc a autant de succès, voire plus, mais obtient une rémunération nettement moins bonne.
C’est probablement le cas. Cependant, cette différence ne concerne pas seulement Lo & Leduc, mais pratiquement tous les compositeurs, dans le monde entier, car la consommation de musique a beaucoup changé en 15 ans. C’est pourquoi les concerts ont gagné en importance et cela explique également pourquoi le domaine des émissions est si important, car les conditions y sont encore plus ou moins stables …

Mais?
Le problème est qu’une quantité toujours plus grande de la publicité se déplace vers Internet. Les montants des licences pour droits d’émission dépendent du chiffre d’affaires de l’émetteur, qui provient en grande partie de la publicité. Les recettes sont en recul net, car la publicité a tendance à se relocaliser de plus en plus sur Internet.

Un scénario ressemblant à celui constaté pour les journaux.
Exactement. C’est difficilement maîtrisable. Les prochains contrats pour le domaine online devront mettre davantage l’accent sur cet aspect. C’est passionnant, en fait. Et bien sûr, cela ne réussit pas toujours du premier coup et cela nécessite des négociations difficiles et, si nécessaire, même un recours à la justice. Nous avons déjà connu une situation similaire dans les années 70 et 80, quand il s’était agi d’obtenir des redevances pour la retransmission par câble. Il y a donc toujours de nouveaux développements et de nouvelles formes de diffusion de la musique. Nous devons garder cela à l’esprit; notre tâche passionnante et gratifiante consiste à négocier l’obtention de rémunérations en faveur de nos membres.

Vers la première partie de l’interview : «Le numérique, c’est fantastique»

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«Si je compare SUISA à d’autres sociétés qui en sont encore à leurs débuts en ce qui concerne le domaine online, je constate que nous sommes déjà très avancés»; Andreas Wegelin, CEO de SUISA, est convaincu de cela. (Photo: Günter Bolzern)

Andreas Wegelin, les décomptes concernant les droits d’auteur en ligne connaissent des retards, ce qui provoque de la déception pour certains membres. Pouvez-vous le comprendre?
Andreas Wegelin: Notre travail consiste à obtenir un maximum pour nos membres, non seulement en ligne mais pour toutes les utilisations. Lorsque des critiques sont formulées, nous les prenons au sérieux et nous y donnons suite. Mais il est également vrai que certains membres ont reçu plus que précédemment et ceux-là ne sont pas déçus.

Est-ce que la question est mal posée?
Peut-être que les attentes sont trop élevées. Aujourd’hui, la musique est consommée de manière plus fragmentée; on n’écoute plus un CD en entier, mais plutôt une ou deux chansons, et cela se reflète également au niveau des chiffres de vente.

Mais les membres devraient recevoir un décompte chaque trimestre. Cela n’a pas vraiment fonctionné en 2019. Pourquoi?
Vous avez raison. Cela s’explique en partie par le fait qu’un important client a payé avec du retard. Par conséquent, le décompte de juin aurait comporté des montants trop petits: d’une part, pour de nombreux membres, le décompte aurait été établi en dessous de ce qu’on appelle la «franchise de répartition»; ces membres n’auraient donc rien obtenu. D’autre part, les coûts administratifs auraient été trop élevés. Cela explique pourquoi nous avons décidé de reporter le décompte. Mais notre objectif reste bien de procéder systématiquement à des décomptes trimestriels.

Vous n’avez donc pas de problème avec la grande quantité de données dont vous avez besoin pour le calcul des redevances du domaine online?
Non, pas du tout. La quantité de données reçues est certes énorme et nécessite un traitement complexe, impliquant un grand nombre de pays et de devises, mais nos systèmes ont prouvé leur grande efficacité.

Aujourd’hui, sur des plateformes comme iMusician, je peux placer mon œuvre, qui est transmise à différents fournisseurs d’accès en ligne (Spotify, etc.), et je peux savoir ainsi où mon œuvre est utilisée et combien de fois. SUISA est-elle capable de faire cela?
Il s’agit de modèles d’affaires différents. iMusician observe où un certain enregistrement est diffusé. Evidemment, un seul enregistrement est plus facile à suivre que des dizaines, voire des centaines d’enregistrements d’une même œuvre en même temps. A cela s’ajoute le fait que les fournisseurs de musique savent clairement qui sont les artistes à l’origine de l’enregistrement, mais n’ont pas d’informations sur les compositeurs du morceau en question.

La tâche de SUISA est plus complexe?
Oui, clairement. A cela s’ajoute le fait que, lorsque je télécharge un morceau sur un tel service, je dois fournir des indications claires sur les droits applicables. Chez nous, les œuvres détectées peuvent être des œuvres téléchargées sans aucune indication, par exemple par un fan. Mais si je compare nos frais d’administration avec les frais facturés par un service tel qu’iMusician, je me dis que nous n’avons pas du tout à rougir. Néanmoins, de tels services de répartition nous montrent comment nous pourrions améliorer nos services à l’avenir et ce qui est demandé sur le marché.

À savoir?
Le mot-clé est «tracking». Je vous donne un exemple: si des publicités avec de la musique d’auteurs suisses sont diffusées à l’étranger, le meilleur moyen d’obtenir des informations sur le nombre de diffusions est d’utiliser un système de tracking. Aujourd’hui – notamment pour des raisons de coûts – nous avons un système dans lequel ce sont les émetteurs qui nous fournissent les indications. L’information reçue prend par exemple la forme suivante: «spot Nivea». Cela manque de précision. Si je dispose de la mélodie sous la forme d’un fichier sonore, je peux procéder à un tracking. C’est un projet d’avenir, mais ce n’est pas la mesure la plus urgente pour le domaine online.

La qualité de l’automatisation dépend donc de la qualité des données obtenues?
Exactement. Et les données sont souvent incomplètes.

Et qu’en est-il des prestataires de monitoring comme Utopia Music, qui peuvent rechercher des morceaux sur Internet?
Le monitoring est un enjeu majeur. Nous suivons ces évolutions de très près; un projet pilote est notamment prévu. Mais là aussi, la question de la rentabilité se pose. Pour un producteur de hits, cela peut en valoir la peine, mais avec un répertoire global comme le nôtre, de tels efforts sont susceptibles de faire grimper les coûts administratifs à des niveaux absurdes.

Aujourd’hui, vous êtes bien organisés pour le domaine offline, avec une répartition qui fonctionne relativement bien. En revanche, dans le domaine online, où tout pourrait pourtant être mesuré, les choses sont plus compliquées.
C’est rageant, c’est vrai. Le système offline est rôdé, depuis bientôt 100 ans. Mais cela ne concerne que la Suisse et le Liechtenstein. En ligne, nous devons prendre en considération le monde entier, et nous devons également faire face à la concurrence car, selon l’UE, chaque ayant droit peut choisir qui le représentera.

Quels sont les effets de cette situation?
Autrefois, par le biais de ce qu’on appelle les contrats de représentation réciproque, on concédait à SUISA les droits sur une œuvre pour une gestion en Suisse et au Liechtenstein. Les compositeurs, par exemple britanniques ou américains, touchaient la part qui correspondait à l’utilisation en Suisse et au Liechtenstein, et les auteurs suisses touchaient les parts correspondant aux utilisations à l’étranger.

Pour le domaine online par contre …
… l’encaissement n’est possible que pour les ayants droit que je représente, et cela pour le monde entier. Dans ces conditions, la documentation doit être beaucoup plus précise et, pour être correcte et utilisable, doit être mise à jour pour d’autres pays. Il est fréquent qu’une société annonce que sa part sur une œuvre est de 80%, et qu’une autre affirme qu’elle représente 40%; le total est donc de 120% et il faut clarifier la situation.

Quelles sont les conséquences?
Le provider dit: tant que vous ne savez pas qui décompte pour qui, je ne verse rien. Ou alors nous n’encaissons rien, mais recevons un message disant: «j’ai déjà payé à une autre société»!

Comment en arrive-t-on à de telles disputes entre représentants des droits?
J’ai par exemple une œuvre avec un compositeur, un parolier, une maison d’édition, laquelle a signé un contrat avec un sous-éditeur et a mandaté un troisième éditeur pour un autre territoire; et chacun de ces acteurs peut choisir une société différente pour le domaine online. On en arrive à des situations où quatre ou cinq sociétés sont compétentes pour une partie de l’œuvre. Il s’agit alors de clarifier quelle part appartient à qui. C’est là qu’interviennent les «disputes», parce que les données sont peut-être différentes dans les autres sociétés.

Les sociétés d’auteurs n’ont-elles pas de réglementation sur la manière de procéder dans de telles situations?
Des efforts sont fournis au sein de groupes de travail techniques pour améliorer la coordination. Toutefois, en raison de la nouvelle situation de concurrence entre sociétés, une solution complète n’a pas encore pu être trouvée.

Consommation de musique morcelée, représentation de droits encore plus morcelée, concurrence internationale sans processus harmonieux – n’êtes-vous pas frustré face à de telles évolutions?
Non, et c’est précisément ces aspects qui sont passionnants! Des changements tels que ceux liés à Internet sont imposés de l’extérieur. Face à cela, vous pouvez faire l’autruche ou essayer d’en tirer le meilleur parti. Si je compare SUISA à d’autres sociétés qui en sont encore à leurs débuts en ce qui concerne le domaine online, je constate que nous sommes déjà très avancés.

Mais vous comprenez que cette situation soit stressante pour les auteurs?
Bien sûr, elle est stressante pour nous aussi (il rit). Nous construisons ici un nouveau service qui, nous l’espérons, sera rentable et très demandé et qui fera ressortir le meilleur pour nos membres. Cela n’est possible qu’à petits pas et avec des revers, mais il y a des progrès: les contrats ont pu être améliorés, l’infrastructure modernisée et le délai entre l’utilisation et la répartition a été divisé par deux depuis 2012. Je suis très confiant.

Vers la seconde partie de l’interview: «Diffusion musicale numérique: un sou est un sou!»

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Mint Digital Services: réponses aux principales questionsMint Digital Services: réponses aux principales questions SUISA et la société américaine SESAC ont fondé une joint-venture nommée Mint Digital Services. Celle-ci se chargera des licences transfrontalières octroyées aux prestataires de musique en ligne. Elle offrira également ses services aux éditeurs et aux sociétés de gestion. Voici les principales questions et réponses. Continuer
Adaptation du droit d’auteur à l’utilisation numérique des œuvresAdaptation du droit d’auteur à l’utilisation numérique des œuvres Après des mois de protestations dans la rue et au sein de la communauté des internautes, le Parlement européen a approuvé le 26 mars 2019 la proposition de nouvelle directive européenne sur le droit dʼauteur dans le marché unique numérique. Considérons les révisions du droit dʼauteur en Suisse et dans l’UE: quels points communs, quelles différences? Continuer
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Rares sont les innovations qui ont autant bouleversé l’industrie de la musique que l’apparition de plateformes telles que Youtube. Et, en considérant le développement d’Internet, force est de constater que peu d’évolutions se sont faites en négligeant autant les droits des auteurs. Dans une interview, le CEO de SUISA, Andreas Wegelin, souligne les opportunités et les difficultés de ce domaine d’affaires encore jeune. Interview par Silvano Cerutti, contributeur invité

Le numérique, c’est fantastique.

«Si je compare SUISA à d’autres sociétés qui en sont encore à leurs débuts en ce qui concerne le domaine online, je constate que nous sommes déjà très avancés»; Andreas Wegelin, CEO de SUISA, est convaincu de cela. (Photo: Günter Bolzern)

Andreas Wegelin, les décomptes concernant les droits d’auteur en ligne connaissent des retards, ce qui provoque de la déception pour certains membres. Pouvez-vous...Continuer

Helvetiarockt: SUISA soutient la voix des femmes musiciennes en Suisse |avec vidéo

De nos jours, les femmes sont encore sous-représentées dans l’industrie musicale, sur scène et dans le monde de la production. Par conséquent, l’association Helvetiarockt s’engage depuis dix ans pour les femmes dans les univers pop, jazz et rock en Suisse. Depuis 2019, SUISA soutient Helvetiarockt en tant que partenaire et a participé en août dernier au «Female* Songwriting Camp» au Fri-Son à Fribourg. Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo de Sibylle Roth

Actuellement, un peu plus de 15% des membres de SUISA sont des femmes. La tendance est certes en légère hausse – au cours des dernières années la proportion des femmes parmi les nouveaux membres se situait autour de 20-21% – mais il n’en demeure pas moins qu’avec plus de 50% de femmes au sein de la population, celles-ci sont toujours sous-représentées dans l’industrie de la musique en Suisse. Un constat d’autant plus étonnant que les métiers dans ce secteur ne sont pas spécialement considérés comme des métiers «d’homme».

En 2009, l’association Helvetiarockt a été fondée afin de contrecarrer ce déséquilibre et faire entendre les préoccupations des musiciennes. Depuis 10 ans, elle aide les musiciennes à s’intégrer dans l’industrie musicale et à rencontrer d’autres artistes. Une vaste palette d’ateliers est ainsi proposée pour des (futures) interprètes, productrices et compositrices. Helvetiarockt offre également des possibilités de réseautage pour les musiciennes et réalise un travail important de sensibilisation afin de promouvoir l’égalité des chances dans ce secteur. L’association sensibilise les organisateurs/trices d’événements et place aussi parfois des musiciennes, des femmes DJ et des groupes de musique dans des festivals, des clubs et des événements professionnels.

SUISA, partenaire de Helvetiarockt

Partenaire d’Helvetiarockt depuis 2019, SUISA apporte un soutien financier et de la visibilité à l’association par un engagement de sponsoring. En qualité de coopérative des compositrices, auteurs et éditrices de musique, la collaboration avec SUISA est principalement axée sur les «Female* Songwriting Camps». Cette année, Helvetiarockt et SUISA collaborent également au Cully Jazz Festival (du 27 mars au 4 avril 2020).

Depuis 2015, Helvetiarockt organise les «Female* Songwriting Camps»; ils ont désormais lieu deux fois par an en août dans deux villes différentes: au Kulturzentrum Galvanik à Zoug et au Fri-Son à Fribourg. Lors de ces camps sur cinq jours, des femmes auteurs-compositrices expérimentées apportent leur soutien aux participantes dans le cadre d’ateliers de groupe, de coaching individuel et d’auto-apprentissage autour de la composition, de l’écriture et de l’arrangement. L’objectif principal de cet événement ne consiste pas à ce que les participantes repartent avec des chansons terminées, mais plutôt qu’elles développent leurs compétences en matière de composition et élaborent un réseau avec d’autres musiciennes.

A ce jour, 42 musiciennes ont participé aux «Female* Songwriting Camps» et beaucoup d’entre elles à l’instar de Kimbo, Sasa ou encore Anna Mae sont très actives. «Nous avons déjà pu apporter de la force à plusieurs auteurs-compositrices, c’est génial», nous confie Muriel Rhyner, responsable notamment des «Female* Songwriting Camps» et des «Female* Producing Circles» au sein de l’association. C’est elle qui a créé également les «Songwriting Camps» il y a cinq ans et qui les dirige depuis lors – avec Elodie Romain, alias Billie Bird depuis 2019.

SUISA a participé au «Female* Songwriting Camp» au Fri-Son et a suivi les coachs de même que les huit participantes pendant deux jours. L’événement a plu aux musiciennes : «J’étais à un stade où il était vraiment important pour moi de rencontrer d’autres personnes qui font la même chose et de pouvoir bénéficier de conseils et d’avis de professionnels», explique par exemple l’une des participantes, Ines Martenet. Une autre participante, Emelyne Pannatier, est quant à elle venue au camp avec des questions concrètes sur l’enregistrement d’une chanson, car elle avait «des problèmes en particulier avec la structure de quelques chansons».

Deux nouveaux «Female* Songwriting Camps» sont prévus pour août 2020

En 2020, Helvetiarockt organise à nouveau deux «Female* Songwriting Camps»: du 3 au 7 août au Kulturzentrum Galvanik à Zoug et du 17 au 21 août au Fri-Son à Fribourg. Inscriptions en ligne sur: www.helvetiarockt.ch/songwritingcamp

Comme le dit Ines Martenet dans la vidéo: «Rejoins-nous!»

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Le contrat d’artiste comparé au contrat d’édition

Le producteur économique (par exemple un label), finance la réalisation d’enregistrements comprenant des prestations d’artistes exécutants en vue de promouvoir ensuite ces enregistrements et de les exploiter sur le marché. Les droits qui en résultent sont réglés entre les artistes exécutants et le producteur dans un contrat d’artiste. Le contrat d’artiste est souvent confondu avec le contrat d’édition: Un regard sur les différences entre ces deux contrats. Texte de Céline Troillet

Le contrat d’artiste comparé au contrat d’édition

Le contrat d’artiste règle les droits d’un interprète sur la prestation, en revanche le contrat d’édition règle les droits exclusifs des compositeurs et des paroliers sur l’œuvre (Photo: Tabea Hüberli)

Le contrat d’artiste entre un artiste (exécutant) et un producteur économique (comme par exemple un label) se définit comme la cession par l’artiste au producteur de ses droits d’interprète sur sa prestation en vue de la réalisation d’un enregistrement et de l’exploitation de celui-ci sur le marché.

Cession des droits par l’artiste

Les droits voisins cédés par l’artiste (droits d’interprète) au producteur sont les droits exclusifs qu’il détient sur sa prestation. Figurent parmi ces droits:

  • le droit de confectionner des phonogrammes ou des vidéogrammes de sa prestation ou de la fixation de celle-ci, de les enregistrer sur un autre support de données et de reproduire de tels enregistrements (droit de reproduction);
  • le droit de proposer au public, d’aliéner ou, de quelque autre manière, de mettre en circulation les copies du support sur lequel est enregistrée sa prestation (droit de mise en circulation ou droit de distribution);
  • le droit de faire voir ou entendre sa prestation, ou la fixation de celle-ci, en un lieu autre que celui où elle est exécutée ou présentée et de la mettre à disposition, directement ou par quelque moyen que ce soit, de manière que chacun puisse y avoir accès de l’endroit et au moment qu’il choisit individuellement (droit de récitation, représentation et d’exécution ainsi que droit de mise à disposition);
  • le droit de faire voir ou entendre sa prestation ou la fixation de celle-ci lorsqu’elle est diffusée, retransmise ou mise à disposition (droit de diffusion).

Obligations du producteur

Le producteur a pour fonction de réaliser, à ses frais, un enregistrement comprenant la prestation de l’artiste, d’exploiter cet enregistrement et de le promouvoir. Le producteur assure les actions de promotion de l’enregistrement conformément aux usages de la profession.

Redevances

En contrepartie de la cession des droits par l’artiste, le producteur est tenu de lui verser, par phonogramme vendu, une redevance. Celle-ci est calculée sur le prix de gros de chaque exemplaire de phonogramme vendu à des taux différents selon la vente effectuée. Pour les ventes de supports en magasin (distribution physique) la participation est généralement de 8% et peut aller jusqu’à 12%. Pour les ventes en ligne (internet et autres), c’est un taux compris entre 15 et 30% qui s’applique usuellement. En cas d’autres utilisations (par exemple pour une utilisation publicitaire, utilisation dans un film), la redevance due à l’artiste est généralement calculée à un taux de 50% des sommes perçues par le producteur du phonogramme.

Le contrat d’édition en comparaison

Le contrat d’édition entre un auteur et un éditeur de musique se définit comme la cession par l’auteur (compositeur, parolier, arrangeur) à l’éditeur de ses droits d’auteurs sur son œuvre en vue de son édition.

Cession des droits par l’auteur

Les droits d’auteur cédés par l’auteur à l’éditeur sont les droits exclusifs qu’il détient sur son œuvre (à savoir sur la composition et le texte). Figurent parmi ces droits:

  • le droit de confectionner des exemplaires de l’œuvre, notamment sous la forme d’imprimés, de phonogrammes, de vidéogrammes ou d’autres supports de données (droit de reproduction);
  • le droit de proposer au public, d’aliéner ou, de quelque autre manière, de mettre en circulation des exemplaires de l’œuvre (droit de mise en circulation ou droit de distribution);
  • le droit de réciter, de représenter et d’exécuter l’œuvre, de la faire voir ou entendre en un lieu autre que celui où elle est présentée et de la mettre à disposition (droit de récitation, représentation et d’exécution ainsi que droit de mise à disposition);
  • le droit de diffuser l’œuvre par la radio ou la télévision (droit de diffusion).

D’autres droits peuvent également être cédés par l’auteur tels que les droits à rémunération gérés par les sociétés de gestion (utilisation à des fins pédagogiques par exemple), le droit graphique (le droit d’éditer des partitions et/ou des textes et de distribuer de tels exemplaires d’œuvre), le droit d’arrangement (remixes, modification de l’œuvre), le droit de synchronisation (association de son œuvre avec des œuvres d’autres genres, en particulier avec un film ou un jeu vidéo) ou encore le droit d’utilisation publicitaire (utilisation de son œuvre à des fins publicitaires).

Pour information
Contrat d’édition: «Le contrat d’édition: les points auxquels il faut être attentif» (SUISAblog)
Plus d’infos sur musique et films: SUISAinfo 2.09 (PDF)
Plus d’infos sur arrangements: «L’arrangement d’œuvres protégées», «La mise en musique» et «Sampling et remixes» (SUISAblog)

Obligations de l’éditeur

L’éditeur a pour fonction d’éditer l’œuvre de l’auteur, de la reproduire, de la distribuer, de la placer dans les médias, de l’associer à d’autres œuvres (dans un arrangement, un film un spot publicitaire), de la présenter au public (interviews, galas, show cases), et de conclure des contrats avec des sous-éditeurs en vue du placement de l’œuvre à l’étranger.

Redevances

Les redevances pour les droits exclusifs et les droits à rémunération gérés par les sociétés de gestion sont réparties entre l’auteur et l’éditeur suivant la clé de répartition de la société de gestion compétente, à défaut d’accord entre eux. Selon le règlement de répartition de SUISA, l’éditeur n’est pas autorisé à obtenir plus de 33,33% sur les droits d’exécution et d’émission. Pour les droits de reproduction aucun maximum n’est en revanche imposé. Les redevances provenant de la gestion des autres droits sont partagées conformément aux clauses contractuelles prévues par les parties dans le contrat d’édition. En général le partage s’effectue par moitié. Pour les éditions de partitions, l’auteur reçoit 10 à 15% du prix de vente au détail.

Synthèse

Le contrat d’artiste diverge du contrat d’édition. Le premier s’adresse à un artiste (exécutant) et le second à un auteur (compositeur, parolier, arrangeur). Dans le contrat d’artiste, l’artiste cède des droits voisins (droits d’interprète) sur sa prestation alors que dans le contrat d’édition l’auteur cède des droits d’auteurs sur son œuvre. Enfin, le producteur et l’éditeur n’endossent pas les mêmes fonctions à l’égard de leurs cocontractants respectifs et les redevances issues des contrats d’artiste et d’édition sont propres à chacun d’eux. Par exemple, si un producteur de film souhaite utiliser un morceau de musique pour son nouveau film, il est tenu d’obtenir les droits sur l’enregistrement auprès du label (lequel a acquis les droits auprès des interprètes dans le cadre du contrat d’artiste) et les droits d’auteurs sur l’œuvre (composition et texte) auprès de l’éditeur (lequel a obtenu ces droits auprès de l’auteur dans le cadre du contrat d’édition).

Pour information
La SUISA met gratuitement à disposition sur son site internet des exemples de contrat d’édition et de sous-édition. Les points essentiels de ces contrats sont présentés dans une version commenté. www.suisa.ch/fr/membres/editeurs/contrat-dedition.html
La SUISA gère les droits d’auteurs pour les auteurs et les éditeurs. Swissperform gère les droits des artistes et des producteurs sur leurs enregistrements.
«Pourquoi les membres de SUISA devraient également envisager d’adhérer à SWISSPERFORM» (SUISAblog)
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Les membres de SUISA en chiffresLes membres de SUISA en chiffres Plus de 38 000 auteurs et éditeurs ont confié à SUISA la gestion de leurs droits. D’où viennent-ils, quel est leur âge et quel est le pourcentage de compositions entre femmes et hommes? Les chiffres et graphiques ci-dessous donnent des renseignements sur la structure des membres de SUISA. Continuer
Les redevances de SUISA sont soumises à l’AVSLes redevances de SUISA sont soumises à l’AVS Les redevances de droits d’auteur versées par SUISA sont considérées comme un revenu professionnel provenant d’une activité indépendante et doivent être déclarées à la caisse de compensation. De cette manière, on évite des recouvrements ultérieurs et des réductions de rentes au moment de la retraite. Continuer
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«Répondez-moi»: troisième chanson suisse pour le CEC créée dans le cadre du Camp de Composition de chansons SUISA

Avec «Répondez-moi», pour la première fois depuis 2010, la Suisse envoie une contribution francophone au Concours Eurovision de la Chanson. Le titre a été écrit lors du Camp de Composition SUISA par Gjon Muharremaj (Gjon’s Tears) et les membres SUISA Alizé Oswald et Xavier Michel du duo Aliose, en collaboration avec le producteur belge Jeroen Swinnen. Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo de Manu Leuenberger

Le 4 mars 2020, la télévision suisse RTS a annoncé la contribution suisse au Concours Eurovision de la Chanson (CEC) de cette année. Cette fois-ci, la Suisse participera à la compétition avec «Répondez-moi», un morceau chanté par l’auteur-compositeur-interprète suisse romand Gjon’s Tears. Après «Stones» de ZiBBZ (2018) et «She Got Me» de Luca Hänni (2019), c’est la troisième fois de suite que la chanson suisse pour le CEC est issue du camp de composition de chansons organisé par Pele Loriano Productions et SUISA.

C’est en juin 2019 dans les Powerplay Studios de Maur / ZH, lors d’une session d’écriture d’une journée, que le titre «Répondez-moi» a été composé par l’interprète de la chanson, Gjon Muharremaj (Gjon’s Tears) et les membres de SUISA Alizé Oswald et Xavier Michel du duo genevois Aliose, en collaboration avec l’auteur et producteur belge Jeroen Swinnen. La chanson a remporté la procédure de sélection interne de la télévision suisse RTS.

«Trop d’idées et pas assez de temps»

«On garde le souvenir d’une bonne ambiance entre nous», dit Xavier Michel. Dans le même temps, les quatre compositeurs étaient sous pression, poursuit-il. «En un jour, il faut faire connaissance. Il faut ensuite commencer à travailler ensemble. Et puis, le soir, il faut avoir rendu quelque chose de terminé.» Et Jeroen Swinnen ajoute : «Il nous manquait du temps, tout le temps! Il y avait trop d’idées et pas assez de temps. C’est mieux que pas d’idée».

«Il y a eu assez vite une mélodie,», déclare Alizée Oswald dans l’interview vidéo. «On s’est dit mais quels mots vont bien sonner? Parce que c’est toujours ça avec le français. c’est une langue qui est très exigeante pour la faire sonner, par exemple, comme l’anglais.»

Un langage simple et naïf pour des thèmes universels

Pour transmettre le message universel du titre, trouver les bons mots était d’une importance capitale pour les quatre auteurs. «Le challenge c’était d’avoir une apparence comme ça, assez simple dans les paroles, presque naïve, comme si c’était le discours d’un enfant», explique Alizée Oswald. On peut entendre dans la chanson que recevoir des réponses à nos questions est un thème universel. Cette simplicité était particulièrement importante pour Gjon Muharremaj: «La première discussion qu’on avait eue, je m’en rappelle, j’avais dit que pour moi, la valeur la plus importante, en tout cas à mes yeux, c’est l’innocence», dit-il. «C’est retrouver en fait cet état. Quand on apprend quelque chose, quand on découvre la beauté d’un côté, on voit un enfant qui découvre que tout d’un coup, la planète est ronde ou qu’il y a plusieurs continents.». Et de poursuivre : «La chanson, elle veut juste dire, je pense, à l’auditeur: même si on a plein de questions auxquelles on n’a pas de réponses, on doit pouvoir continuer à se poser des questions toute notre vie.»

Pour la première fois depuis 2010, une chanson chantée en français est proposée par la Suisse pour le CEC

Avec «Répondez-moi», la Suisse envoie une chanson francophone au CEC pour la première fois après «Il pleut de l’or» de Michael von der Heide en 2010. «Je pense que pour nous, d’avoir une chanson en français à l’Eurovision, c’est un des aspects clés», déclare Xavier Michel dans l’interview vidéo. «Se battre pour une langue, qui est belle et qui est la nôtre.»

«Une chanson qui me prend, c’est vraiment l’alchimie entre un texte, une musique et une voix», confie Alizée Oswald. «Dans le cas de cette chanson, il y a un moment donné où quand Gjon chantait, par exemple, le refrain qui commençait à avoir les premiers mots, les premiers arrangements. Tout à coup je me suis dit, là ça pourrait être vraiment super.»

Gjon’s Tears s’est notamment fait connaître en Suisse et en France grâce à sa participation à la huitième saison de «The Voice France», où il a atteint la demi-finale. En 2018, l’auteur-compositeur-interprète a également participé à la Gustav Akademie, dirigée par Gustav – musicien fribourgeois et membre de SUISA – qui promeut les jeunes musiciens suisses tant sur le plan musical que linguistique.

Le Concours Eurovision de la Chanson est probablement le concours musical le plus célèbre au monde. En 2019, plus de 182 millions de téléspectateurs du monde entier ont regardé les deux demi-finales et la grande finale à la télévision. La Suisse a atteint la 4e place avec la chanson «She Got Me» de Luca Hänni. Cette année, le CEC se tiendra du mardi 12 mai au samedi 16 mai à Rotterdam, aux Pays-Bas. Pour atteindre la grande finale du CEC, la Suisse participera à la deuxième demi-finale, le 14 mai.

SUISA organisera à nouveau cette année un camp de composition de chansons en collaboration avec Pele Loriano Productions. Des informations relatives à la procédure de candidature seront bientôt publiées sur le SUISAblog.

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«Swiss Music Awards»: Les compositeurs reçoivent le prix du «Best Hit»

Les nominés de la catégorie «Best Hit» aux Swiss Music Awards»: «Punto» de Loco Escrito, «She Got Me» de Luca Hänni et «Für immer uf Di» de Patent Ochsner. SUISA récompense également les compositeurs. (Photos: Nina Müller)

L’année dernière, les chansons «She Got Me» de Luca Hänni, «Punto» de Loco Escrito et «Für immer uf Di» de Patent Ochsner ont été les titres les plus plébiscités du hit-parade suisse et se voient donc nominés aux Swiss Music Awards 2020 dans la catégorie «Best Hit». On ne parle jamais des compositeurs, mais sans eux, ces hits n’existeraient pas. Au nom de SUISA, les compositeurs du «Best Hit» seront également mis à l’honneur lors de la remise des prix le 28 février 2020 au KKL de Lucerne.

Cette récompense a pour but de mettre en lumière et de faire reconnaître le travail des auteurs à l’origine de grands succès de la chanson. Pour Luca Hänni, qui s’exprime dans une interview vidéo, c’est une démarche importante: «Je trouve qu’il est essentiel d’intégrer les compositeurs. Ils sont l’alpha et l’oméga de nos œuvres. Ils sont notre âme en studio, écrivent les textes et nous aident à faire passer nos émotions sur papier.»

Trois chansons, neuf compositeurs

Pour le titre «She Got Me», outre Luca Hänni, cinq autres compositeurs sont également nominés dans la catégorie «Best Hit». Ce titre a été composé lors du Camp de Composition de chanson SUISA 2018 par Luca Hänni, Laurell Barker (CAN), Jon Hällgren (SWE) et Frazer Mac (CAN) en à peine une journée. La chanson a été peaufinée avec Lukas Hällgren (SWE) et Jenson Vaughn (CAN) jusqu’à sa version finale, qui a permis à la Suisse d’obtenir une excellente quatrième place au Concours de l’Eurovision l’année dernière.

Büne Huber, chanteur du groupe Patent Ochsner, se réjouit lui aussi du fait que la composition soit récompensée par le prix du «Best Hit»: «Dans l’histoire de la musique, les personnes qui apportent une contribution importante aux chansons sont rarement citées», déplore Huber dans l’interview vidéo. «Für immer uf Di» est la seule chanson parmi les trois nominées à avoir été écrite par une seule personne, Büne Huber lui-même. La première ébauche de ce titre est née en 1994, mais ce n’est qu’après le décès de sa mère, 24 ans plus tard, qu’Huber termina la chanson.

Henrik Amschler, co-compositeur et producteur, espère autant que Loco Escrito remporter le trophée de béton pour le titre «Punto». Voilà des années qu’ils écrivent ensemble les chansons de Loco Escrito et ils ont déjà reçu le prix du «Best Hit» en 2019 pour la chanson «Adiòs». Henrik Amschler est ravi d’être à nouveau nominé cette année aux côtés de l’interprète: «Cette deuxième nomination constitue une véritable reconnaissance pour nous», déclare-t-il dans un entretien avec SUISA. La chanson, qui parle de rupture, a été écrite lors d’une session spontanée entre Amschler et Loco Escrito, une façon de faire plutôt habituelle pour ce duo bien rodé.

La chanson gagnante sera choisie par le public par vote téléphonique durant l’émission.

  • «She Got Me»: Luca Hänni
    Compositeurs: Laurell Barker, Luca Hänni, Jon Hällgren, Lukas Hällgren, Frazer Mac, Jenson Vaughn
  • «Punto»: Loco Escrito
    Compositeurs: Henrik Amschler, Loco Escrito
  • «Für immer uf Di»: Patent Ochsner
    Compositeur: Büne Huber

Interview vidéo avec les nominés

Loco Escrito, Henrik Amschler, Büne Huber et Luca Hänni nous ont raconté comment leurs chansons à succès sont nées et quelles histoires se cachent derrière ces hits. Les vidéos de ces interviews peuvent être visionnées sur la chaîne YouTube de SUISA Music Stories:

Büne Huber du groupe Patent Ochsner à propos de la chanson «Für immer uf Di»
Henrik Amschler et Loco Escrito parlent de «Punto»
Luca Hänni parle de «She Got Me»

www.swissmusicawards.ch

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Cette année encore, les «Swiss Music Awards» récompenseront la meilleure chanson suisse de l’année écoulée. Grâce à SUISA, ce prix ne sera pas remis uniquement à l’interprète du titre gagnant, mais également à sa compositrice ou son compositeur, et ce, pour la cinquième année consécutive. Les interprètes et les compositeurs ont raconté en interview le processus d’écriture de leur chanson. Texte de Giorgio Tebaldi

«Swiss Music Awards»: Les compositeurs reçoivent le prix du «Best Hit»

Les nominés de la catégorie «Best Hit» aux Swiss Music Awards»: «Punto» de Loco Escrito, «She Got Me» de Luca Hänni et «Für immer uf Di» de Patent Ochsner. SUISA récompense également les compositeurs. (Photos: Nina Müller)

L’année dernière, les chansons «She Got Me» de Luca Hänni, «Punto» de Loco Escrito et «Für immer uf Di» de Patent Ochsner ont été les titres les plus plébiscités du hit-parade suisse...Continuer

Comment parvient-on à réaliser un tube pour les plateformes de streaming?

Echange de conseils et de réflexions sur les structures modernes d’un morceau, en présence d’auteurs et compositeurs/trices à succès et de professionnels de l’industrie de la musique. Ce riche moment de partage sera tiendra lors du panel de SUISA «How Streaming is Changing Songwriting» dans le cadre du festival M4music, le samedi 21 mars 2020 au Moods. Texte d’Erika Weibel

M4music 2019 SUISA Panel Hit the World

Discussion entre KT Gorique, Laurell Barker et Shelly Peiken (de g. à dr.) sur la création de chansons lors du panel de SUISA «Hit the World – le travail des compositeurs/trices de hits internationaux» lors du festival M4music 2019. (Photo: Ennio Leanza / M4music)

Peu importe leur talent, même les auteurs et compositeurs/trices les plus créatifs restent dans l’ombre s’ils n’ont pas la possibilité de faire entendre leur musique. Dans un milieu saturé et très concurrentiel, il faut se faire entendre et se démarquer parmi d’innombrables professionnels. Dans le domaine de la musique pop/urbaine notamment, il faut également plaire à un public fortement influencé par la consommation de musique sur les plateformes de streaming musical.

A l’occasion du panel de SUISA qui se tiendra lors du festival M4music 2020, des auteurs et compositeurs/trices de renom ainsi que des professionnels de l’industrie de la musique discuteront des caractéristiques que doivent comporter une chanson aujourd’hui pour séduire, voire conquérir le public toujours plus friand du streaming.

Le panel de SUISA «How Streaming is Changing Songwriting» se tiendra le
samedi 21 mars 2020 de 13h45 à 15h00 au Moods, dans le Schiffbau, à Zurich.

Les grands défis d’une nouvelle ère

En avril 2019, le fondateur de Spotify, Daniel Ek, a annoncé que près de 40 000 titres étaient mis en ligne chaque jour sur la plateforme Spotify, soit 280 000 chansons par semaine, 1,2 million de titres par mois et, en une année, 14,6 millions. Par conséquent, sortir du lot n’est pas une mince affaire.

Un tremplin possible pour un auteur ou compositeur/trice, serait de voir sa chanson apparaître dans une playlist. Les chansons qui figurent parmi une playlist sont regroupées pour atteindre un public ciblé. Résultat: plus d’auditeurs/trices, plus de partages et plus d’entrées d’argent pour les ayants droit. Cela signifie également plus de chances à la chanson en question d’être choisie par un «music supervisor» qui recherche dans les playlists des chansons pour des productions télévisuelles et cinématographiques actuelles. Cependant, seule une petite partie des chansons publiées sur ces plateformes en font une playlist.

Un autre nouveau défi lié au streaming: une chanson doit être écoutée pendant au moins 30 secondes pour que les artistes perçoivent leurs droits d’auteur. Si les auditeurs/trices passent à une autre chanson trop vite, l’écoute ne génère pas d’argent. Pour la radio et la télévision, par exemple, plus une chanson est longue, plus les recettes sont importantes. En revanche, sur les plateformes de streaming, c’est différent: les ayants droit perçoivent un revenu par stream.

Dans quelle mesure ces nouvelles règles influencent-elles les compositeurs/trices? N’y aura-t-il plus désormais que des chansons courtes sans intro avec des accroches dès la première mesure? De nos jours, quel rôle le texte d’un morceau joue-t-il? Quelles doivent être les caractéristiques d’une chanson pour qu’elle intègre une playlist?

Rejoignez-nous au panel de SUISA pour participer à nos échanges!

Panel SUISA au festival M4music 2020
«How Streaming is Changing Songwriting»
Samedi 21 mars 2020, de 13h45 à 15h00
au Moods, dans le Schiffbau, à Zurich

Invités:

  • Janine Cathrein, Auteure-compositrice-interprète, Zurich
    L’auteure-compositrice-interprète Janine Cathrein fait partie du groupe Black Sea Dahu. Après un premier album à succès intitulé «White Creatures», le groupe est sans cesse en tournée et a donné 120 concerts rien qu’en 2019.
  • Julie Born, Directrice générale, Sony Music Entertainment Switzerland S.à.r.l., Zurich
    Julie Born travaille depuis plus de 30 ans dans l’industrie de la musique en Suisse. En tant que Directrice de Sony Music Suisse et entourée de son équipe, elle gère la carrière d’artistes dans les genres musicaux les plus variés.
  • Henrik Amschler, Producteur et Auteur-compositeur, Zurich
    Né en 1989 à Zurich, Henrik Amschler est plus connu sous le nom de HSA. Célèbre producteur et auteur-compositeur de musique pop/urbaine, il a contribué à de nombreux disques d’or et de platine et a remporté des distinctions de renom, telles que le Swiss Music Award du meilleur auteur-compositeur. Il est notamment le producteur de Loco Escrito et de Mimiks.
  • Loris Cimino, producteur et auteur-compositeur, Reinach (AG)
    Ce producteur de 22 ans a déjà comptabilisé plus de 2,5 millions de streams rien que pour l’année 2019. Il produit de grands artistes et connaît également un succès international en tant que DJ grâce à ses remix officiels pour des artistes comme David Guetta et Meghan Trainor. Par ailleurs, il est le coauteur de la chanson du trailer de l’émission «America’s got Talent» (équivalent aux Etats-Unis de l’émission «Incroyable Talent Suisse»).

Animation: Nina Havel

www.m4music.ch

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Discussion entre KT Gorique, Laurell Barker et Shelly Peiken (de g. à dr.) sur la création de chansons lors du panel de SUISA «Hit the World – le travail des compositeurs/trices de hits internationaux» lors du festival M4music 2019. (Photo: Ennio Leanza / M4music)

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Perspectives et bilan

Lors des séances des 10 et 11 décembre 2019, le Conseil s’est essentiellement penché sur le budget pour l’année 2020 et sur la stratégie de SUISA pour les cinq prochaines années. Nouvelles du Conseil par Andreas Wegelin

Nouvelles du Conseil: Perspectives et bilan

Les revenus publicitaires ont tendance à se déplacer du domaine TV au domaine online. Cette évolution a un impact négatif sur les revenus provenant de la gestion de droits d’auteur. (Photo: Olivier Le Moal / Shutterstock.com)

Le budget pour l’année 2020 avait déjà été discuté de manière préparatoire lors de la réunion de la Commission Finances et contrôle du 27 novembre 2019. La Commission et le Conseil ont dû constater que les besoins restent élevés aussi bien concernant les investissements que le personnel, car SUISA s’est chargée de différentes nouvelles tâches.

Parmi les nouveaux domaines d’activité qui impliquent un besoin accru de personnel, il y a notamment l’encaissement des redevances pour musique de fond et réception d’émissions dans les entreprises hors de la sphère privée. Cet encaissement était jusqu’à fin 2018 lié à l’encaissement effectué par la société BILLAG dans le cadre de la concession de réception. Depuis 2019, SUISA procède elle-même à cet encaissement. Des investissements supplémentaires en personnel doivent également être effectués dans le domaine de l’informatique, les services proposés aux clients et aux membres sur la plateforme Internet «Mon Compte» devant être fortement développés. Une augmentation des dépenses liées au personnel sera également inévitable en lien avec la poursuite du développement des activités relatives aux licences transfrontières pour la diffusion de musique online, par la société affiliée SUISA Digital Licensing SA et la joint-venture avec SESAC.

Budget approuvé, discussions quant à l’avenir

Concernant les recettes, le déplacement des revenus publicitaires du domaine TV vers le domaine online se fait sentir. Les recettes provenant des droits d’émission stagnent, alors que celles des utilisations online ne permettent pas de compenser cette évolution. Dans ces conditions, le Conseil a approuvé pour 2020 un budget avec un ratio coûts/revenus légèrement détérioré. Pour 2021, la Direction a été chargée de prévoir des mesures pouvant permettre d’améliorer à nouveau ce ratio.

L’orientation stratégique de l’entreprise a été examinée plus avant sur la base du nouveau rapport établi lors de la réunion d’octobre. Les priorités stratégiques pour les prochaines années peuvent être résumées par les termes suivants: services, rapport produits/coûts, concurrence et innovation. A ce sujet, une roadmap pour l’année 2020 a été définie par le Conseil dans le cadre de la réunion de décembre.

Le Conseil a en outre été informé d’un changement de personnel à la direction de la société affiliée SUISA Digital Licensing SA et Mint Digital Services, la joint-venture avec SESAC, et a discuté des prochaines phases de développement dans le domaine des licences pour la musique désormais sans limites territoriales dans le cadre des services online.

Règlement de répartition et élection complémentaire

La Commission Tarifs et répartition, et ensuite le Conseil dans son ensemble, ont approuvé deux modifications du règlement de répartition, à savoir une adaptation de la pondération de la musique dans le cas des émissions de vente dans les fenêtres publicitaires de chaînes étrangères et la suppression de la classe de répartition 4A. Ces décisions nécessitent une approbation par l’IPI, notre autorité de surveillance. Le Conseil a également fixé les déductions de frais sur les décomptes 2020; celles-ci vont rester inchangées par rapport à 2019.

Après l’élection de Grégoire Liechti au Conseil de SUISA par l’AG 2019, un siège est à repourvoir à la Commission de Répartition et des œuvres. Un éditeur de musique était recherché pour ce siège. Le Conseil souhaite présenter à l’Assemblée générale 2020 la candidature de Michael Hug, propriétaire de la maison d’édition Ruh Musik SA.

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Parmi les nouveaux domaines d’activité qui...Continuer

Reto Parolari: Un ardent feu sacré vient de s’éteindre

Reto Parolari, le compositeur, chef d’orchestre, arrangeur et multi-instrumentiste de Winterthour, s’est éteint dimanche 15 décembre 2019 à l’âge de 67 ans. Depuis 2007, il était membre du conseil de SUISA. Il siégea auparavant (depuis 1990) à la commission de répartition et des œuvres qu’il présida à partir de 1997. Nécrologie rédigée par Xavier Dayer, président de SUISA, et Urs Schnell, directeur de la FONDATION SUISA

Photo de Reto Parolari prise en 2014 lors de l’Assemblée générale de SUISA à Berne. (Photo: Juerg Isler, isler-fotografie.ch)

Nous avons reçu il y a quelques jours la triste nouvelle du décès de Reto Parolari, c’est un choc pour le conseil d’administration de SUISA. Moins d’une semaine auparavant, Reto présidait encore la commission Tarifs et Répartition et participait avec l’immense générosité humaine qui le caractérisait à nos séances du Conseil. Personne n’aurait pu imaginer qu’il puisse nous quitter si subitement. Je garde le souvenir de nos intenses et cordiales discussions lors du repas commun du Conseil.

J’aimerais souligner par ces quelques lignes son apport si précieux pour le Conseil de SUISA : comme auteur et comme musicien il apportait un regard essentiel. Il a toujours été constructif et un partenaire indispensable.

Nous nous connaissions depuis 2007, date à laquelle il est entré dans notre conseil après avoir présidé durant 10 ans la commission de Répartition et des œuvres. Ainsi, c’est une figure importante de la vie du conseil qui nous a quitté dimanche, irremplaçable et que nous regretterons beaucoup.

Pour retracer sa musique et son parcours artistique il me semble que la meilleure des choses est de donner la parole au directeur de notre fondation, Urs Schnell, qui vient de faire une superbe Laudatio à l’occasion de la remise du prix culturel de Winterthour le 3 décembre. Les lignes d’Urs Schnell que nous reproduisons ci-dessous prennent une dimension particulièrement émouvante aujourd’hui.

Au nom du conseil de SUISA je témoigne de toute notre affection à ses proches en cette période douloureuse.

Xavier Dayer

Hommage rendu à l’occasion de la remise du prix de la culture à Reto Parolari au théâtre de Winterthour le 3 décembre 2019

Cher Reto,

Pour moi, aujourd’hui, la boucle est bouclée: c’est sur la scène de ce même théâtre que je t’ai rencontré pour la première fois, Reto – c’était en 1990 il me semble. Je passais alors mon diplôme d’enseignement à l’ancien conservatoire de musique, ici, à Winterthour et je devais chanter à l’occasion du concert annuel. On m’avait annoncé un concert avec ton orchestre. Au programme: de la «grande musique de divertissement»

Comme vous pouvez peut-être vous l’imaginer, mesdames et messieurs, l’entreprise ne fut pas une mince affaire. Les étudiants en musique, habitués au classique, trouvèrent tout d’abord assez aberrant de devoir travailler un tel répertoire. Le projet dut faire face à un fort scepticisme. De la «musique de divertissement»… et peut-être même des ternaires swingués… des extraits de «My Fair Lady» et autres passages de ce genre… un véritable défi, en somme, pour le chef de chœur et directeur du conservatoire de l’époque, le très estimé Fritz Näff.

Mais plus le concert approchait, plus la situation devenait claire: la musique de divertissement n’était pas de la musique «facile», que l’on pouvait prendre «à la légère». Nous étions ainsi confrontés à l’un des casse-tête musicaux les plus difficiles que j’ai connus.

En fin de compte, c’est toi, Reto, qui as donné corps à ce projet: grâce à ton enthousiasme, ton entrain, ton humour et, oui, ton autorité naturelle – des qualités que l’on ne connaît qu’aux grands hommes, à celles et ceux qui s’élèvent au-delà du monde matériel – une secousse a parcouru le cercle des étudiants. Tu as su vaincre les résistances et nous nous sommes mis à jouer tous ensemble.

La sagesse dont tu as su faire preuve ce soir-là m’a appris une chose: pour véritablement conquérir son public en tant que musicien, il faut entretenir une relation basée sur le respect avec ses pairs, il faut une connaissance profonde de ce que l’on fait, il faut avoir une grande admiration pour la musique, mais surtout, il faut faire preuve de beaucoup d’enthousiasme – bref il faut que brûle le feu sacré.

C’est par cette petite commémoration que j’ai décidé de vous accueillir à cette remise du prix de la culture à Reto Parolari.

C’est un véritable honneur, une grande joie pour moi d’avoir l’occasion de prononcer ces quelques mots. Je te remercie, Reto, d’avoir demandé à ce que ce soit moi qui m’en charge…

Vous, les Parolari, êtes depuis ce soir la famille de Winterthour arborant la plus grande collection de prix de la culture. Il y a exactement 30 ans, ton père, le hautboïste Egon Parolari, s’était déjà vu décerner ce prix – voilà de quoi entretenir la continuité de la politique culturelle de la ville.

Enfant, tu faisais déjà partie du paysage de Winterthour. Une fois, tu m’as dit: «J’ai moi-même grandi sur la scène de l’hôtel de ville. Mon père m’a si souvent amené avec lui à ses répétitions et à ses concerts.»

A 24 ans, tu as obtenu ton diplôme fédéral de percussionniste, ici, au conservatoire de la ville, avant de poursuivre tes études de musique à Hanovre, Stuttgart et Vienne.

Et maintenant, mesdames et messieurs, la tâche s’annonce difficile, car le plus grand défi lorsque l’on cherche à se rapprocher de l’œuvre et de l’homme reste l’incroyable diversité de ses créations.

Voilà qui n’est pas une entreprise aisée pour le pauvre laudateur: ton parcours, Reto, est imprégné de simultanéités et d’oppositions, de parallèles et de complémentarités. Toutefois, et puisse cela soulager le laudateur qui n’est pas tant à plaindre que ça: il est plein d’une inextinguible passion pour la musique, de ce feu sacré – mais ce sont justement les aspérités de ton travail qui font la logique de ton parcours.

Tu es un artiste – mais aussi un entrepreneur habile. Tu es un compositeur, un arrangeur, tu es un auteur, un éditeur de littérature spécialisée, un chef d’orchestre et un instrumentiste.

Un multi-instrumentiste: au marimba, sur la machine à écrire Continental, à la batterie, au piano, tu es même un virtuose du klaxon. Mais ton instrument principal, c’est toi. Ton authenticité, la foi en ta mission, ta gentillesse et ton humour, ton obstination et ta nature absolue, et justement, ton feu sacré…

Il n’est pas possible de parler de toi sans évoquer la «grande musique de divertissement».

Mais, attends… c’est quoi? Qu’est-ce qui distingue Parolari des autres musiciens? En termes marketing, quelle est ta caractéristique?

Pour y répondre, je citerai Cédric Dumont, le fondateur de l’orchestre de variété de Radio Beromünster et directeur du studio de radio de Zurich: «La musique est tombée dans le péché dès lors que l’on a fait la distinction entre musique sérieuse et musique de divertissement. Pourtant, même cette dernière exige de la persévérance, du savoir-faire et de l’enthousiasme». Voilà ce qui te définit: le feu sacré.

Tu brûles pour un genre musical véritablement stigmatisé. Un genre qui, s’il lui arrive d’être pris au sérieux, est souvent accueilli par des sourires suffisants…

Mais d’où vient cette répulsion qui anime les représentants de la musique soi-disant «sérieuse»?

Une grande rigueur est pourtant de mise, bien plus que pour d’autres genres musicaux prétendument sérieux: pour que la musique de divertissement puisse atteindre son plein potentiel, il convient de jouer la partition avec précision, la musique DOIT être prise au sérieux – mais attention: contradiction – elle doit toujours être jouée avec une note d’humour.

D’ailleurs, a contrario, n’ai-je pas le droit d’être «diverti» par une symphonie de Beethoven? Par un concert de Bach? Et si jamais tel est le cas: est-ce réellement grave?

Je laisse la question ouverte…

Ton œuvre est étroitement liée à l’histoire de la radio suisse. Jusque dans les années 70, toutes les stations avaient leur propre orchestre sous contrat qui accompagnait en direct les émissions avec un répertoire spécialement composé. Si l’on voulait être sûr que la musique produise l’effet escompté chez les auditeurs, il fallait qu’elle soit composée de sorte à être colorée, picturale, et jouée d’une main de maître. Ce qui me conduit à la thèse suivante: la grande musique de divertissement est une bande originale – une bande originale qui doit créer ses propres images – et ça, c’est du storytelling de haut vol.

Avec les grands bouleversements qu’a connu le paysage audiovisuel au début des années 70, les orchestres de radio étaient sur le déclin – l’un après l’autre, tous furent dissous –plus personne ne demandait ces répertoires, des musiciens hautement qualifiés furent remerciés, toutes ces partitions risquaient d’être envoyées aux archives.

Mais Reto était au bon endroit au bon moment:

Tu as littéralement sauvé de la déchiqueteuse les partitions du studio radio de Bâle, puis de la radio bavaroise et, plus tard, celles de l’orchestre radio de Beromünster.

Et voilà que prenait forme pratiquement dans l’ombre ta plus grande réalisation matérielle, ici, quasiment sous nos pieds.

Tu es devenu le gardien d’une énorme collection de partitions comptant plus de 110 000 titres conservés dans un grand abri anti-aérien en plein centre-ville de Winterthour.

Cette archive musicale, la plus fournie d’Europe, n’était pas uniquement un mausolée rassemblant des instants de créativité, non, tu en permettais l’accès à de nombreux orchestres internationaux qui purent largement s’en servir.

Ton mérite pour la conservation tant musicale qu’archivistique de cet héritage historique unique, et pour avoir gardé en vie un tel patrimoine, ne saurait être suffisamment loué. Je remercie la ville de Winterthour de reconnaître ton engagement en te décernant ce prix et en rendant à ta musique l’hommage qu’elle mérite.

Et, bien entendu, on ne peut pas parler de toi sans évoquer ton orchestre.

Tu as créé le tout premier ici, au conservatoire de la ville, pendant tes études.

L’ORP, qui emploiera dès 1990 environ 40 musiciens professionnels, a vu le jour sous sa forme symphonique. Un tel orchestre – rappelons-le – est en fait une aberration entrepreneuriale. Ce n’est jamais rentable – mais quoi qu’il en soit: tu n’as jamais dû déclarer faillite.

Tu as dirigé plus de 40 orchestres du monde entier, dont certains assez exotiques, comme celui de l’Hermitage, Saint-Pétersbourg (Russie), de l’aéroport de Zurich (Suisse) ou du philharmonique de Pyongyang (Corée du Nord).

Et à chaque fois, tu n’as pas eu à déposer de candidature, on a fait appel à toi.

Il en va de même dans le domaine du cirque: tu avais à peine 28 ans lorsque l’on t’a proposé d’être le chef d’orchestre du cirque Nock, et peu après, du cirque Knie. Pour ton travail au théâtre Carré d’Amsterdam, la reine des Pays-Bas t’a même décerné le titre de «chef d’orchestre royal». Par la suite, en ta qualité de directeur musical du festival international du cirque de Monaco, voilà que tu côtoyais de nouveau des nobles et des têtes couronnées.

Il n’y avait qu’ici, dans ton pays, que le glamour était moins au rendez-vous: grâce à ton festival international de grande musique de divertissement, tu as certes créé un événement musical de dimension internationale, mais celui-ci a reçu du public suisse moins de considération.

Je devrais désormais parler de ton travail de compositeur et d’arrangeur comptant plus de 800 œuvres, mais celui d’auteur d’articles et de plusieurs livres spécialisés mérite aussi d’être dûment reconnu – et le temps commence à manquer.

Mais quelque chose me tient à cœur: Tout ce que tu as fait, tu ne l’as pas uniquement fait en ton propre nom, Reto: en tant que membre du conseil de la coopérative des droits d’auteur SUISA ou membre actif du Rotary Club Winterthur-Mörsburg, tu as su rendre service à tes pairs avec altruisme.

Comme je l’ai dit au début: un parcours avec des aspérités – eh oui, toutes ces facettes de ton travail, que ce soit en tant que musicien, chef d’orchestre, entrepreneur, organisateur, éditeur, archiviste, compositeur – toutes se complètent, sont interdépendantes, ont besoin les unes des autres et dressent le portrait d’un façonneur de culture. Je le répète, un parcours logique.

Il n’y a pas si longtemps, j’ai eu l’occasion de travailler sous ta direction: ce n’était certes que pour un morceau, mais cette fois en tant que flûtiste professionnel. Et en quelques secondes seulement, c’était de nouveau là: ce sentiment que tu savais si bien donner, ce «tout va bien se passer, fais-moi confiance», empreint de respect. Décontracté sur scène, sérieux dans les faits. Et tu avais raison: ton travail a porté ses fruits, le BigBand swinguait, mon engagement… Ton feu sacré brûlait avec ardeur pour un résultat sublime – et oui, tout se passa à merveille!

Merci, Reto, merci pour tout!

Urs Schnell

La cérémonie d’adieu aura lieu le lundi 30 décembre 2019, à 15h00 à la Stadtkirche de Winterthour.

 

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  1. Samuel Zünd dit :

    Bitte veranlassen Sie unbedingt die Sicherung Reto Parolaris einzigartiger Notenbibliothek als ein Ganzes der Nachwelt! Sie ist ein einzigartiger Schatz und gehört der Öffentlichkeit für alle Zeiten zugänglich gemacht. Auf dass die von Reto geretteten Werke nicht noch einmal vorm Schreddern bedroht werden!
    Herzlich Samuel Zünd

  2. Markus Niffenegger dit :

    Lieber Reto
    Die Nachricht von deinem unerwarteten Abschied vom irdischen Leben hat mich zu tiefst schockiert, denn du warst mir stets ein guter Freund und ein grosses Vorbild. Die Zeit, in welcher ich vor über 40 Jahren als junger Amateurtrompeter in deinem Orchester mitmusizieren durfte, ist mir bis heute als meine beste musikalische Erfahrung in guter Erinnerung geblieben. Mit dir haben wir einen grossen Musiker und überaus edlen Menschen verloren.
    Vielen Dank für alles, ruhe in Frieden!
    Markus

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Reto Parolari, le compositeur, chef d’orchestre, arrangeur et multi-instrumentiste de Winterthour, s’est éteint dimanche 15 décembre 2019 à l’âge de 67 ans. Depuis 2007, il était membre du conseil de SUISA. Il siégea auparavant (depuis 1990) à la commission de répartition et des œuvres qu’il présida à partir de 1997. Nécrologie rédigée par Xavier Dayer, président de SUISA, et Urs Schnell, directeur de la FONDATION SUISA

Photo de Reto Parolari prise en 2014 lors de l’Assemblée générale de SUISA à Berne. (Photo: Juerg Isler, isler-fotografie.ch)

Nous avons reçu il y a quelques jours la triste nouvelle du décès de Reto Parolari, c’est un choc pour le conseil d’administration de SUISA. Moins d’une semaine auparavant, Reto présidait encore la commission Tarifs et Répartition et participait avec l’immense générosité humaine qui le caractérisait à nos...Continuer