Ghost Festival: le spectre du silence

Le week-end prochain, le plus grand concert de Suisse aura lieu dans le cadre du Ghost Festival. Près de 300 groupes et artistes ont répondu présents. La particularité de ces représentations : pas de scène, pas de musique, ou spectacle de lumières. Conçu comme une action de solidarité envers la scène musicale suisse, le Ghost Festival est emblématique de la situation désastreuse du secteur de la culture en crise depuis le début de la pandémie de Covid-19. SUISA sponsorise cet événement et a realisé une interview vidéo avec le co-organisateur de l’événement, Baldy Minder. Zoom sur les coulisses de ce non-festival. Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo de Nina Müller

La programmation du Ghost Festival laisse rêveurs tous les amoureux de la musique pop et rock suisse. Parmi les têtes d’affiche, on trouve Stephan Eicher, Patent Ochsner ou encore Dodo et des jeunes espoirs tels que Crème Solaire, Annie Taylor ou KT Gorique. Malheureusement, tout cela reste fictif. La musique manquera à cet événement tout comme l’absence de concerts en live ou tout simplement l’ambiance normale des festivals avec les espaces camping, les stands de restauration et et les files d’attente devant les toilettes mobiles.

Le Ghost Festival n’aura pas lieu, tel est le message fort porté par cette initiative. Une série de concerts qui n’aura donc pas lieu le week-end du 27 au 28 février 2021.

Un événement inspiré des matchs de football à huis clos

Créé par des amateurs de musique bernois appartenant au « Ghost Club », le Ghost Festival représente un acte de solidarité en faveur des acteurs de la scène musicale suisse. Baldy Minder, membre du « Ghost Club », est également booker et manager de groupes tels que le collectif bernois de hip-hop Chlyklass ou de la rapeuse 11Ä. Lors d’une interview vidéo dans les coulisses de la salle de concert Exil, à Zurich, Baldy Minder nous a expliqué le concept du Ghost Festival: «pour le football, on propose des matchs à huis clos. Aujourd’hui, les fans de foot solidaires renouvellent tout de même leur abonnement au stade en dépit de l’avenir incertain qui se profile. C’est ainsi qu’est née l’idée du Ghost Festival».

Ainsi, les fans de musique peuvent acheter leurs billets pour le Festival: un billet valable un jour coûte 20 francs, 50 francs pour deux jours et le pass VIP est proposé à 100 francs. Et puisque le Festival n’a pas réellement lieu, il y a toujours des billets à vendre ! De plus, une vaste sélection de merchandising est proposée: t-shirts, bonnets, sweatshirts, vestes, etc. Les recettes seront reversées aux artistes ainsi qu’aux bookers et intermittents du spectacle. Pour toutes ces personnes, cet argent représente bien plus qu’une aide. Aujourd’hui, la plupart des acteurs du monde de la musique au sens large ne bénéficient plus de leur principale source de revenus que représentent les concerts. Malgré quelques assouplissements en été 2020, cette situation dure exactement depuis un an. Pour l’instant, aucune amélioration n’est en vue.

Un manque de plus de 50’000 francs dans les caisses des auteurs et éditeurs de musique

Le manque à gagner en termes de droits d’exécution se reflète également auprès de SUISA puisque ceux-ci proviennent notamment des concerts et festivals. Le Ghost Festival est également symptomatique de cette situation : jusqu’à présent près de 15 000 billets ont été vendus. Pour un événement normal au cours duquel les chanteurs se produisent sur scène, les compositeurs, paroliers et éditeurs de ces morceaux percevraient normalement plus de 50 000 francs de droits d’auteur. Sans performance des artistes sur scène, ces recettes ne seront pas générées.

Habituellement, chaque année, en Suisse, près de 400 festivals sont organisés, classant ainsi la Suisse comme ayant la plus grosse concentration de festivals au monde. L’année dernière, en raison de la pandémie, la plupart de ces festivals ont dû être annulés. SUISA a constaté en 2020 que les recettes de droits d’auteur issues des concerts ont baissés de plus de 50% par rapport à l’année précédente. En termes de chiffres, en comparaison avec 2019, cela représente une perte de près de 12 millions de francs pour les créateurs de musique. Cette situation se poursuivra en 2021 et probablement en 2022.

Un geste de solidarité également envers les bookers, techniciens du son et autres techniciens itinérants

Et il ne s’agit que du manque à gagner sur les recettes de celles et ceux qui ont composé ou écrit des morceaux de musique ou encore des éditeurs. Pour les musiciens, s’ajoutent à cela les cachets qu’ils ne perçoivent pas et qui en règle générale sont un peu plus élevés que les redevances de droits d’auteur. Les annulations des concerts et festivals n’affectent pas seulement les musiciens. La crise qui dure depuis bientôt depuis un an est également un coup dur pour celles et ceux qui, en coulisses, rendent ces événements possibles sur le plan technique, à savoir les bookers, les techniciens du son et de la lumière, les managers de tournées, les vendeurs de merchandising, le personnel de sécurité et bien évidemment les organisateurs de concerts eux-mêmes.

«L’idée est que l’événement ne profite pas seulement aux groupes, mais qu’il représente un soutien global à tous les acteurs de la scène musicale», explique ainsi Baldy Minder. «Lorsque les groupes sont en tournée, ils ont un manager, des ingénieurs du son et de la lumière. Lorsqu’ils doivent transporter leurs instruments, ils peuvent compter sur les assistants de plateau pour les aider. Ce secteur fait tourner une vaste économie qui est aujourd’hui en sous-régime et génère bien moins d’argent».

100% des recettes des ventes de billets reversées aux acteurs de la scène musicale

Face à la réalité d’un très vaste réseau de personnes impliquées dans cette situation difficile, les artistes et les groupes ont pu désigner deux autres personnes de leur entourage professionnel afin que celles-ci puissent également profiter du Ghost Festival. Au total, cela représente près de 1300 personnes. «Les recettes réalisées seront reversées et réparties entre chaque personne et ne seront pas uniquement destinées aux groupes», se félicite ainsi Baldy Minder. Si les recettes des ventes de billets et merchandising sont entièrement reversées aux acteurs de la musique, une part des recettes du sponsoring servira à rémunérer le travail des organisateurs. «Les partenariats nous permettent de nous verser un salaire», commente Baldy Minder. Et il ajoute: «Ce qui restera du sponsoring sera ensuite réparti entre les artistes.»

Pour les organisateurs, la gestion du temps aura été l’un des principaux défis à relever. L’idée de ce festival est née fin novembre 2020. Il restait alors trois mois aux organisateurs pour créer le plus grand festival de Suisse. Et même si aucune représentation n’aura lieu, l’organisation d’un festival fantôme s’apparente d’une certaine manière à celle d’un véritable festival, comme l’explique Baldy Minder: «Une grande partie de l’organisation est semblable à celle d’un vrai festival. Il faut un booking et mettre en place une campagne de promotion sur les réseaux sociaux et dans la presse. Il y a beaucoup d’échanges avec les groupes. La seule chose qu’il n’est pas nécessaire de prévoir, c’est l’infrastructure. Il ne faut pas délimiter la zone par une clôture, pas besoin de scène, ni d’entreprise de sonorisation. Il n’est pas nécessaire d’engager un service de sécurité. Nous ne devons aucune redevance à SUISA, car il ne se passera rien du point de vue des droits d’auteur, il n’y aura finalement aucun son».

Un silence assourdissant

Pour cet événement, les organisateurs ont également renoncé à l’idée de diffuser des concerts en streaming, comme l’explique Baldy Minder: «Beaucoup de gens voudraient qu’il y ait des concerts en streaming, mais là non, il n’y aura absolument pas de musique. Il est temps de prendre du recul et de rendre un peu aux artistes le plaisir qu’ils nous donnent habituellement».

Les spectateurs du Ghost Festival frustrés par tant de silence et à qui la musique manque terriblement seront tout de même récompensés : «Nous allons sortir un album. Ce ne sera pas une compilation, mais un album pensé comme un «Ghost Orchestra», précise Baldy Minder. Il sortira le 26 février, un jour avant le festival». Il s’agira d’un album CD. Là aussi, tout a été bien pensé, comme nous l’explique Baldy Minder: «Le CD est totalement anticyclique, c’est donc une sorte de fantôme qui disparaît lentement». Ce mystérieux CD regroupera la plupart des groupes participant au festival. Ces artistes sont d’ailleurs originaires des quatre coins du pays, puisque la pandémie de Covid-19 touche toute la Suisse.

SUISA, partenaire du Ghost Festival
La crise sanitaire touche fortement les membres de SUISA. Voilà pourquoi SUISA, la Coopérative, mais également ses collaboratrices et collaborateurs, s’engagent comme partenaire du Ghost Festival. Chaque billet acheté par les employé-es-s de SUISA sera surclassé par l’entreprise. Ainsi, un billet valable un jour se transformera en un billet pour deux jours, un billet pour deux jours sera transformé en billet VIP et pour chaque billet VIP acheté, les collaborateurs de SUISA bénéficieront d’un deuxième billet VIP offert.Par ailleurs, lors du week-end du Festival, SUISA fera un reportage et échangera avec certains  artistes et organisateurs. De plus amples informations seront communiquées ces prochains jours sur www.instagram.com/suisamusicstories.

 

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La musique et la culture font partie de nos besoins quotidiens essentiels – n’ouvrez pas que les commerces alimentaires!

Il y a un an, le 28 février 2020, les premières restrictions concernant les événements culturels ont été promulguées. Au début, la limite à ne pas dépasser était de 1000 personnes. A la mi-mars, le premier confinement s’est abattu sur nos vies. En été, grâce aux mesures de protection, la situation a été quelque peu allégée – mais s’est ensuite progressivement durcie de nouveau en automne. Depuis la mi-janvier 2021, nous sommes enlisés dans un second confinement, sans événements musicaux et sans accès à la moindre expérience culturelle réelle, c’est-à-dire non virtuelle. Par Andreas Wegelin, CEO

La musique et la culture font partie de nos besoins quotidiens essentiels – n’ouvrez pas que les commerces alimentaires!

Pour Andreas Wegelin, CEO de SUISA, l’art et la culture sont des éléments vitaux pour la cohésion d’une société. (Photo: Beat Felber)

Pour arrêter ou au moins ralentir la propagation du virus, les autorités ont eu recours à des mesures drastiques. En principe, toutes les offres qui ne répondent pas à des besoins essentiels du quotidien ne sont que difficilement accessibles voire pas du tout autorisées.

Mais qu’est-ce qu’un besoin essentiel? Qui les définit?

Les besoins fondamentaux des êtres humains incluent aussi des choses qui ne relèvent pas du matériel ou de l’alimentaire! Assister à un concert, aller voir un film au cinéma ou visiter une exposition … Pourquoi les musées ont-ils été fermés alors que, en dehors de quelques expositions à grand succès, ces établissements sont rarement confrontés à de gros afflux de visiteurs? Pourquoi les petites scènes doivent-ils rester fermés? Ils pourraient proposer leur scène à des artistes suisses et faire ainsi plaisir à des spectateurs certes peu nombreux mais certainement reconnaissants.

Un concertdiffusé en streaming sur Internet ne remplace pas une performance live. Ce qui manque c’est l’interaction, le partage lié à la performance artistique, les stimulations mutuelles existantes entre les deux parties, l’artiste et le public, qui font d’un concert un événement mémorable.

On en est arrivé au point où s’organisent désormais des concerts fantômes, comme le «Ghost Festival»: un festival avec environ 300 groupes, impliquant près de 1300 musiciens, des techniciens, des bookers, des managers et autres, qui n’a même pas lieu, tout simplement parce que personne ne peut y aller. SUISA soutient ce non-festival par du sponsoring, mais aussi par l’achat de billets par ses collaborateurs.

Les secteurs culturels et créatifs sont importants

Au cours des mois de l’été 2020, de nombreux organisateurs d’événements avaient élaboré des plans de protection fiables et les avaient même mis en œuvre sans répercuter ce coût supplémentaire sur les entrées. Aujourd’hui, ils se retrouvent malgré tout dans l’interdiction d’exercer leur métier. Depuis plus de six mois au total, plus rien n’est permis. Ces restrictions liées à la pandémie de Covid-19 entraînent d’importantes pertes financières. Bien que la Confédération et les cantons aient adopté des programmes de soutien, ceux-ci sont mal adaptés à la situation de nombreux artistes indépendants et organisateurs d’événements travaillant sous le statut d’entreprises individuelles.

Où se trouve la raison de ce mépris envers le secteur culturel?

Il semble y avoir un manque de sensibilisation à la culture parmi les décideurs politiques et les administrations. Pourtant, selon une récente étude d’Ernst & Young (EY), le secteur culturel occupe la quatrième place en Europe en termes de nombre de salariés: www.rebuilding-europe.eu

Un appel est donc lancé aux dirigeants et aux institutions politiques et officielles: la culture, c’est vital! C’est un élément de première nécessité pour la cohésion d’une société. Laissez-la s’épanouir aussi en période de confinement! Elle rend les gens heureux, leur donne une perspective au-delà de la pandémie et, surtout, elle permet aux artistes de gagner leur vie.

Instaurez plutôt des règles différenciées. Les petits événements et les manifestations pour un nombre réduit de visiteurs doivent être autorisés, ainsi que les musées ouverts, les lieux culturels, où les personnes intéressées et les artistes – bien sûr dans le respect des règles sanitaires – peuvent se rencontrer et partager une expérience commune. Ces lieux sont tout aussi importants pour la société et pour la vie quotidienne que les magasins où l’on achète des biens de consommation courante. Des études scientifiques ont montré que les manifestations culturelles dotées de bons plans de protection ne présentaient pas de risque accru concernant la propagation du coronavirus. A lire dans l’étude sur les aérosols de l’Institut Fraunhofer au Konzerthaus Dortmund ainsi que dans le rapport final de l’opération expérimentale du Bayerische Staatsoper (PDF) avec davantage de spectateurs.

Renforcer la conscience culturelle

La crise de la Covid dans le domaine de la culture a révélé encore quelque chose d’ autre: ce n’est qu’avec l’interdiction, et donc la disparition des événements culturels, que de nombreuses personnes prennent conscience de l’importance de la culture et du divertissement pour nous, les humains, et du caractère stimulant des échanges culturels entre les artistes et le public, pour chacune des deux parties.

Cette conscience culturelle devrait être davantage ancrée au sein de la population suisse. A commencer déjà par la formation. L’éducation et l’accès aux réalisations culturelles permettent d’initier les jeunes à l’art. Certes, des progrès ont été réalisés dans le cadre de l’initiative Jeunesse et Musique, mais il reste beaucoup à faire, notamment dans les disciplines artistiques autres que la musique.

L’intérêt social pour la musique, les beaux-arts, le cinéma, la littérature, la danse et les arts du spectacle s’élargit en encourageant les gens à créer leurs propres œuvres et en favorisant la diffusion des productions artistiques actuelles et du patrimoine artistique. Plus les gens sont en contact avec des formes d’expression artistique, plus le besoin d’art et de culture augmente. Par conséquent, la société exige que ce besoin soit satisfait de manière plus durable et que les conditions nécessaires à cet effet soient réunies.

Une voix commune forte pour la culture est nécessaire

Afin d’accroître et d’ancrer davantage la demande dans les domaines de l’art et de laculture, les institutions culturelles de ce pays doivent s’unir pour exiger et promouvoir ensemble la diffusion de la création culturelle de manière beaucoup plus persuasive

Avec la «Taskforce Culture», une voix commune forte a été formée pour la première fois pendant la pandémie. En tant qu’interlocutrice des politiciens et des administrateurs, cette task force a déjà très bien réussi ces derniers mois à combiner les forces des secteurs culturels les plus divers, des associations d’artistes aux organisateurs d’événements et aux médiateurs culturels, et à défendre les préoccupations spécifiques à la culture. Car il est encore loin d’être évident pour tout le monde que la création artistique a des conditions préalables différentes de celles du travail dans de nombreux secteurs de production et de services.

Une fédération d’institutions et d’associations culturellespeut, à l’instar des grandes associations d’entreprises et des organisations de travailleurs, jouer un rôle important en tant qu’interlocutrice pour les évolutions sociales et politiques en Suisse.Une voix collective aussi forte en faveur de la culture deviendra encore plus pertinente dans les mois et les années à venir. Le secteur public devra faire des économies drastiques, car d’immenses dommages économiques ont été et continuent d’être causés par la lutte contre la pandémie et toutes ces interdictions. Les futures recettes fiscales diminueront, tandis que la dette nationale augmentera en raison des diverses mesures de soutien.

Dans des situations financières difficiles, nous savons d’expérience que le levier de l’épargne est d’abord appliqué à la culture et à l’éducation. Unies dans un réseau, les associations et institutions culturelles peuvent faire entendre leur voix ensemble et veiller à moyen et à long terme à ce que l’importance sociale et politique de l’art et de la culture soit renforcée et respectée. Car les formes d’expression artistique et l’accès à celles-ci doivent bien sûr être reconnus comme un besoin humain fondamental. On ne peut et ne doit pas les faire disparaître.

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  1. Markus Hefti dit :

    Unverhältnismässige und existenzbedrohende Beschlüsse „ unserer „
    Politiker schüren das Unverständnis in der Bevölkerung. Aber da sie nie für ihre Fehler
    zur Rechenschaft gezogen werden ist es ihnen scheinbar Egal ☹️

    • Danke für Ihren Kommentar. Dass es Massnahmen gegen die Covid-19-Pandemie braucht, stellen wir nicht in Frage. Es braucht allerdings differenziertere Massnahmen, die gewisse Wirtschaftszweige gegenüber anderen nicht benachteiligen.
      Andreas Wegelin, SUISA CEO

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Il y a un an, le 28 février 2020, les premières restrictions concernant les événements culturels ont été promulguées. Au début, la limite à ne pas dépasser était de 1000 personnes. A la mi-mars, le premier confinement s’est abattu sur nos vies. En été, grâce aux mesures de protection, la situation a été quelque peu allégée – mais s’est ensuite progressivement durcie de nouveau en automne. Depuis la mi-janvier 2021, nous sommes enlisés dans un second confinement, sans événements musicaux et sans accès à la moindre expérience culturelle réelle, c’est-à-dire non virtuelle. Par Andreas Wegelin, CEO

La musique et la culture font partie de nos besoins quotidiens essentiels – n’ouvrez pas que les commerces alimentaires!

Pour Andreas Wegelin, CEO de SUISA, l’art et la culture sont des éléments vitaux pour la cohésion d’une société. (Photo: Beat Felber)

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Planification en situation de crise

En temps de crise, la planification prend une importance toute particulière. Durant les réunions de décembre 2020, outre le thème principal du budget, le Conseil de SUISA a traité différents sujets pertinents pour l’avenir. Nouvelles du Conseil par Andreas Wegelin

Nouvelles du Conseil: Planification en situation de crise

Malgré des perspectives budgétaires sombres, SUISA continuera à rendre la musique possible en 2021 aussi. La photo montre une scène de l’édition 2020 du Festival Label Suisse, festival sponsorisé par SUISA. (Photo: Tabea Hüberli & Dirk Hoogendoorn)

Lors de ses réunions de décembre, le Conseil de SUISA s’est penché principalement sur le budget 2021. Dans la situation de crise actuelle due à la pandémie, les prévisions sont difficiles, en comparaison de 2019. Il peut y avoir des écarts importants dans le degré de réalisation du budget. Il faut savoir également que le budget 2020 a dû être révisé en cours d’année, plus précisément à fin avril, et que la Direction a ainsi travaillé sur la base d’un budget «corona» avec de nouveaux objectifs pour les huit mois restants.

En décembre, le Conseil a approuvé les points clés suivants pour le budget 2021:

Les recettes 2021 sont budgétées 20,7% plus bas par rapport au résultat 2019, soit l’exercice avant le début de la crise. Elles sont cependant 6,7% plus hautes par rapport au budget corona 2020, qui lui était très prudent. En raison des interdictions d’événements prévues par les ordonnances COVID-19, les recettes provenant des droits d’exécution sont budgétées 37% au-dessous du résultat 2019.

Les coûts 2021 sont budgétés à environ 5% de moins que pour 2019. Ils sont cependant inférieurs de 20% à ce qui était prévu dans le budget révisé «corona 2020».

Différents facteurs jouent un rôle dans l’évolution des coûts: outre les économies réalisées dans les frais de personnel, il existe des blocs de coûts importants dans le domaine de l’informatique et dans celui des dépenses liées aux titres. Concernant les frais de personnels, les économies prévues résultent de départs à la retraite (qui impliqueront certaines restructurations) et du déplacement de 11 personnes vers la société affiliée Mint Digital Services SA.

Dans le domaine de l’informatique, la Direction estime qu’il est plus important de maintenir (et même dans certains cas de développer) la force d’innovation afin de garantir notre compétitivité plutôt que de mettre en œuvre des mesures de réduction des coûts. Des efforts de réduction des coûts trop stricts entraîneraient un ralentissement non souhaité du développement de nos services.

Enfin, les frais de titres sont un élément de budget très difficile à estimer. Après l’effondrement des marchés financiers en mars 2020, le Conseil a heureusement pu constater un rétablissement, de sorte que les placements financiers sont aujourd’hui revenus au niveau de l’année précédente. Le Conseil a prévu pour 2021 des dépenses financières bien inférieures à celles prévues dans le budget corona 2020.

Malgré des perspectives budgétaires sombres, le Conseil a décidé de maintenir inchangées les déductions de frais pour les décomptes 2021. La Direction et le Conseil s’attendent à ce que les montants en provenance des obligations libérées compensent la diminution des recettes, améliorant ainsi le rapport entre coûts et recettes.

Nouveau catalogue de prestations et montant minimal pour l’affiliation à SUISA

Lors de la réunion de décembre, le Conseil s’est également intéressé aux prestations mise à la disposition des sociétaires et mandants. SUISA compte aujourd’hui plus de 12 600 sociétaires avec droit de vote et 26 700 mandants. Malheureusement, sur ces quelque 40 000 ayants droit, seuls 60% génèrent des recettes notables. Plus d’un tiers des ayants droit ne reçoit jamais de décompte, car les œuvres concernées ne sont pas exécutées, enregistrées, diffusées ou utilisées online. Jusqu’ici, tous les ayants droit pouvaient avoir accès à l’ensemble des prestations de SUISA.

La numérisation a conduit au développement de services en ligne (portail «Mon compte»). Le système de self-service mis à la disposition des ayants droit via le portail va continuer à être développé.

Dans ce contexte, la Direction a élaboré des propositions pour parvenir à des économies de coûts en offrant les prestations uniquement en ligne. Cela permettrait d’économiser du temps de travail et des frais de personnel. Le Conseil a décidé de modifier les conditions d’adhésion. Désormais, la condition pour devenir sociétaire de SUISA sera d’avoir été mandant de SUISA durant une année au moins et d’avoir engendré au moins 3000 francs (précédemment 2000 francs) de revenus. Pour les mandants, les prestations seront dès 2022 accessibles exclusivement via le portail en ligne «Mon compte».

Modifications du règlement de répartition et du règlement sur les placements

Le Conseil a en outre approuvé de nouvelles règles de répartition, notamment en ce qui concerne les recettes provenant des redevances sur les supports vierges, ainsi qu’une modification du règlement sur les placements, en intégrant la prise en compte du critère de durabilité pour les investissements financiers.

Une gestion souple en temps de crise

Finalement, le Conseil a décidé de constituer une Conférence des Président-e-s, qui succédera à la taskforce corona. Elle aura pour tâche d’évaluer chaque mois, sur la base des rapports de la Direction, l’impact des prescriptions des autorités sur le déroulement des affaires, et de signaler au Conseil lorsque des mesures devraient être prises. Les membres de la Conférence des Président-e-s sont Géraldine Savary, Roman Camenzind, Rainer Bischof, Marco Neeser et Xavier Dayer.

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Nouvelles du Conseil: Recettes, dépenses et investissements, sans oublier le Jubilé à venir!Recettes, dépenses et investissements, sans oublier le Jubilé à venir! Un large éventail de sujets était à l’ordre du jour des réunions du Conseil de SUISA, les 28 et 29 septembre 2020. Pour la première fois depuis l’interruption due au coronavirus, les membres du Conseil se sont réunis à Lausanne, en respectant bien entendu les mesures de protection, alors que certains ont assisté aux séances depuis leur domicile par vidéoconférence. Continuer
Négocier au temps du corona … et avec luiNégocier au temps du corona … et avec lui L’une de tâches de SUISA est de négocier. Négocier des tarifs, des contrats … SUISA doit défendre les intérêts de ses membres, faire comprendre et accepter leurs revendications légitimes, et finalement obtenir les meilleures conditions possibles pour la création musicale. Cela se fait à coup de discussions, de compromis, en bref: l’exercice repose sur les relations humaines. Mais depuis ce printemps un acteur inattendu s’est invité à la table des négociations: le Covid-19. Continuer
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  1. hermann dit :

    Sehr geehrte Damen und Herren
    ich habe ihren Artikel mit Aufmerksamkeit gelesen und ich habe absolut Verständnis für die Aussagen und Denkweisen. Sie haben die Aufgabe ihre Mitglieder und Auftraggeber bestmöglich zu versorgen.
    Meine Sicht der Dinge ist etwas differenzierter. Die vielen Betriebe und Vereine die durch Covid 19 stark eingeschränkt wurden, von Bundesgeldern und auch von rückzahlbaren Krediten (Covid19-Krediten) belastet sind, sollen den Jahresbeitrag ohne Berücksichtigung der aktuellen Situation bezahlen.
    Das sehe ich auf keinen Fall so, denn der FC Ebikon ist einer der betroffenen Fussballvereine in der Schweiz, die ihren Betrieb einstellen musste. Das heisst, das der Trainingsbetrieb und aber auch der Betrieb unseres Clubhauses eingestellt werden musste, dies wurde so angeordnet. Somit hatten wir nicht die Möglichkeit das gesellschaftliche Leben, den Clubbetrieb mit Musik, Filmen, Videos etc zu nützen. Das heisst konkret, dass wir die Rechnung nicht in diesem Umfange bezahlen werden, sondern im Umfange der Nutzungsmöglichkeiten die staatlich verordnet sind.
    Falls der Trainingsbetrieb per 1.3. oder dann hoffentlich per 1.4.21 wieder gestartet werden kann, erwarte ich eine angepasste Rechnung von Ihnen. Weiter hätte ich erwartet, dass sie der aktuellen Corona Situation Rechnung tragen und sie eine partnerschaftliche und faire Rechnung versenden.
    Für eine Stellungnahme bitte ich sie und grüsse Sie freundlich
    Sebastian Hermann
    Finanzchef FC Ebikon

    • Sehr geehrter Herr Hermann

      Danke für Ihre Nachricht.

      Die SUISA ist sich bewusst, dass viele Betriebe und auch Sportvereine wie der FC Ebikon unter den Folgen der behördlichen Massnahmen zur Eindämmung der Corona-Pandemie leiden. Denn den Musikschaffenden, den Mitgliedern der SUISA, ergeht es in diesen schwierigen Zeiten gleich.

      Damit verbunden hält die SUISA ihre Dienstleistung aufrecht, öffentliche Musiknutzungen zu erlauben, aber hat schon im Frühling 2020 zugunsten der Lizenznehmerinnen und -nehmer einige ihrer Modalitäten den ausserordentlichen Umständen angepasst.

      Die Kundinnen und Kunden der SUISA sind in den verschiedensten Wirtschaftszweigen tätig. Teilweise sind und waren aufgrund der behördlichen Verordnungen die Musiknutzungen sogar regional unterschiedlich verunmöglicht. Für die nachweislich nicht erfolgten Nutzungen entfallen die Vergütungen für die Urheberrechte.

      Damit der Nachlass korrekt dem individuellen Einzelfall entsprechend in Abzug gebracht werden kann, kommen aus administrativ-technischen Gründen differenzierte Verfahren zur Anwendung. Speziell bei Lizenznehmerinnen und -nehmern des Gemeinsamen Tarifs 3a (GT 3a) für Hintergrundunterhaltung können die Termine der Betriebsschliessungen von Unternehmen zu Unternehmen sehr stark variieren.

      Die konkreten Daten der Betriebsschliessung können deshalb über ein elektronisches Kontaktformular gemeldet werden. Nach Prüfung der Angaben erfolgt eine Gutschrift gemäss dem Gemeinsamen Tarif 3a. Der Wert dieser Gutschrift kann je nach behördlich verordneten Schliessungen wegen Covid-19 variieren.Die Gutschrift wird in der folgenden Jahresrechnung abgezogen.

      Das Kontaktformular steht zur Verfügung unter: http://www.suisa.ch/3a. Dort sind auch weitere Informationen zu finden, wie die SUISA ihren Kundinnen und Kunden entgegenkommt: http://www.suisa.ch/de/suisa/massnahmen-der-suisa-bezueglich-der-corona-pandemie/informationen-fuer-kunden.html

      Für Fragen stehen wir Ihnen selbstverständlich gerne zur Verfügung.
      Freundliche Grüsse
      Kundendienst GT 3a

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En temps de crise, la planification prend une importance toute particulière. Durant les réunions de décembre 2020, outre le thème principal du budget, le Conseil de SUISA a traité différents sujets pertinents pour l’avenir. Nouvelles du Conseil par Andreas Wegelin

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Malgré des perspectives budgétaires sombres, SUISA continuera à rendre la musique possible en 2021 aussi. La photo montre une scène de l’édition 2020 du Festival Label Suisse, festival sponsorisé par SUISA. (Photo: Tabea Hüberli & Dirk Hoogendoorn)

Lors de ses réunions de décembre, le Conseil de SUISA s’est penché principalement sur le budget 2021. Dans la situation de crise actuelle due à la pandémie, les prévisions sont difficiles, en comparaison de 2019. Il peut y avoir des écarts importants dans le degré de réalisation du budget. Il faut savoir également que le budget...Continuer

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L’une de tâches de SUISA est de négocier. Négocier des tarifs, des contrats … SUISA doit défendre les intérêts de ses membres, faire comprendre et accepter leurs revendications légitimes, et finalement obtenir les meilleures conditions possibles pour la création musicale. Cela se fait à coup de discussions, de compromis, en bref: l’exercice repose sur les relations humaines. Mais depuis ce printemps un acteur inattendu s’est invité à la table des négociations: le Covid-19. Par Vincent Salvadé, Deputy CEO

Négocier au temps du corona … et avec lui

Les tarifs qui sont négociés actuellement, en pleine crise du corona, s’appliqueront plus tard, dans des temps meilleurs où la musique aura repris toute sa place, espérons-le. (Photo: Tabea Hüberli & Dirk Hoogendoorn)

Et la dynamique a changé. Désormais, les discussions se font le plus souvent par vidéoconférence. En d’autres termes, les relations humaines ont lieu par écran interposé. Dans ces conditions, il devient plus difficile d’observer les réactions non verbales qu’occasionne une proposition, plus difficile simplement de comprendre son partenaire. Il faut s’adapter … et regretter le temps où une poignée de main symbolisait un accord!

La crise a par ailleurs tendance à figer les positions. D’un côté, l’économie est mise à mal, il n’y a plus de grandes manifestations, on confine, déconfine, reconfine … De l’autre, le revenu des artistes et des créateurs est en chute libre. Dans ces conditions, il est plus difficile de faire des concessions et de trouver des compromis. Chacun entend, en somme, défendre le peu qui lui reste.

Par conséquent, quelle doit être aujourd’hui la stratégie de SUISA?

En premier lieu, il faut constater que certains domaines sont moins touchés que d’autres par la crise. Le secteur des utilisations en ligne n’est pas à la traîne: on craint – ou l’on est empêché – de se rendre au cinéma, donc on regarde un film en VoD. La consommation de musique en streaming, elle-aussi, se porte bien. C’est donc en priorité vers ces secteurs que SUISA doit se tourner pour négocier de bonnes conditions en faveur de ses membres. Lesquels, quant à eux, souffrent particulièrement.

«Il nous appartient de préparer l’avenir et de soutenir dès aujourd’hui une juste application des principes légaux en faveur de nos membres.»

D’autre part, il faut éviter un piège. Dans beaucoup de domaines, une baisse des recettes des utilisateurs d’œuvres a automatiquement des conséquences négatives pour les auteurs: leurs droits sont en effet calculés en pourcentage du chiffre d’affaires des utilisateurs. Dès lors, la crise ne doit pas être l’occasion, pour ces derniers, d’obtenir de meilleures conditions de la part de SUISA. Sinon, les auteurs sont doublement perdants. A l’occasion, nous avons dû le rappeler à nos partenaires.

Mais c’est un fait: le secteur du «live» est à l’agonie. Ce printemps, nous avons suspendu certaines négociations, avec l’espoir de les reprendre lorsque le beau temps serait revenu. Toutefois, après une accalmie, le ciel se recouvre … Et la procédure tarifaire prend du temps. En cette fin d’année 2020, nous devons négocier des tarifs qui entreront en vigueur en 2022 seulement, soit lorsque la crise devrait être derrière nous (on ose du moins l’espérer …). Dès lors, il nous appartient aussi de préparer l’avenir et de soutenir dès aujourd’hui une juste application des principes légaux en faveur de nos membres. Cela n’est certes pas facile lorsque nos partenaires perdent de l’argent, mais c’est notre responsabilité pour un futur meilleur.

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L’une de tâches de SUISA est de négocier. Négocier des tarifs, des contrats … SUISA doit défendre les intérêts de ses membres, faire comprendre et accepter leurs revendications légitimes, et finalement obtenir les meilleures conditions possibles pour la création musicale. Cela se fait à coup de discussions, de compromis, en bref: l’exercice repose sur les relations humaines. Mais depuis ce printemps un acteur inattendu s’est invité à la table des négociations: le Covid-19. Par Vincent Salvadé, Deputy CEO

Négocier au temps du corona … et avec lui

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Annulation d’un concert suite au Covid-19: conséquences juridiques

Du fait du Coronavirus, des événements musicaux ont malheureusement dû être annulés. Quelles sont les conséquences de cette annulation pour les artistes et les organisateurs de concert? Le cachet prévu par contrat est-il maintenu en faveur de l’artiste? Texte de Céline Troillet

Annulation d’un concert suite au Covid-19: conséquences juridiques

Les scènes et les salles restent vides: quelle est la situation juridique concernant l’annulation d’événements musicaux en raison de Covid-19 ? (Photo: Disq)

La crise du Coronavirus nous place tous dans une zone d’inconfort et d’incertitude. Nous devons nous adapter, tant bien que mal, à une situation sans précédent sur laquelle nous n’avons pour l’heure que peu d’emprise. Les questions sanitaires et économiques que cette crise suscite ne peuvent recevoir de réponses claires, tout comme il existe des incertitudes juridiques à ce sujet. De nombreux aspects doivent être clarifiés.

Existence d’un contrat?

S’il existe un contrat (ou courrier électronique), vérifiez si celui-ci traite de l’annulation du concert suite à un cas de force majeure/pandémie et son effet sur la rémunération. C’est plutôt rare, mais pas impossible. Malheureusement, les parties conviennent habituellement, si c’est le cas, d’une annulation de cachet. C’est aussi plutôt rare qu’une diminution des frais ou le remboursement des frais déjà encourus soient prévus.

A. Absence de contrat

Si aucun accord écrit n’a été convenu, la question se pose de savoir quelles dispositions légales il faut appliquer? Pour le savoir, il vous faut procéder par étapes:

1. Examinez quel type de contrat du Code des obligations (CO) pourrait s’appliquer dans votre cas: En droit suisse malheureusement, la qualification juridique du contrat d’engagement d’artiste n’a pas été tranchée car il n’existe pas de pratique ou de jurisprudence avérée à ce sujet. Plusieurs interprétations sont donc envisageables. Il faut ainsi analyser chaque cas de manière individuelle et se faire conseiller juridiquement.

Les types de contrats habituellement possibles en matière d’engagement d’artiste sont : le contrat d’entreprise (art. 363 ss CO), le contrat de travail (art. 319 ss CO) ou le contrat de mandat (art. 394 ss CO). Les conditions prévues par les différents types de contrats et leurs distinctions sont décrites ci-après au point B.

2. Une fois que vous avez identifié le type de contrat auquel vous êtes lié, vérifiez selon les explications données sous le type du contrat concerné (voir point B), dans quelle mesure une indemnité pourrait être possible.

3. Si aucun des types de contrats mentionnés selon le CO n’est applicable, il existe encore une disposition générale du droit des contrats qui régit les effets de l’inexécution d’une obligation. Il s’agit de l’article 119 CO:

⇒ Notion et conditions de l’article 119 CO:

D’après cette disposition, lorsqu’un fait intervient après la conclusion d’un contrat et que ce fait ne permet plus à l’une des parties de s’exécuter (sans qu’elle en soit responsable), alors cette personne n’est plus liée par ses engagements. La loi parle «d’impossibilité subséquente» qui suppose la réalisation des trois conditions suivantes:

• La prestation du débiteur (celui qui doit exécuter une prestation) n’est plus exécutable (impossibilité objective);
• L’impossibilité doit provenir d’une cause postérieure à la conclusion du contrat. Le cas fortuit (fait indépendant de la volonté d’une partie) en est un exemple;
• Le débiteur ne répond pas de l’impossibilité (ce n’est pas de sa faute s’il est empêché d’exécuter son obligation).

⇒ Impossibilité objective non imputable au débiteur:

Déterminer si l’on se trouve en présence d’une prestation inexécutable, non imputable au débiteur, relève du pouvoir d’appréciation d’un juge.

Lorsque l’ordre public ou la sécurité intérieure est menacée, comme en temps de pandémie, le Conseil fédéral, pour la Suisse, est tenu, au regard de la Constitution fédérale, d’édicter des ordonnances et de prendre des décisions urgentes (art. 185 Cst). Dans le cadre de son pouvoir d’appréciation, le juge est alors tenu de prendre en compte les normes et décisions rendues par les autorités fédérales. Il s’ensuit qu’en cas d’annulation de concerts découlant d’une décision officielle, une impossibilité objective non imputable à une partie sera probablement reconnue.

⇒ Conséquences juridiques pour les parties:

Une impossibilité au sens de l’article 119 CO libère non seulement le débiteur de son obligation (celui qui doit exécuter une prestation), mais également le créancier (celui pour qui le débiteur devait s’exécuter) (art. 119 al. 2 CO).

En d’autres termes, cela signifie que lorsqu’un contrat est conclu (entre un artiste et un organisateur de concert), les parties (l’artiste et l’organisateur de concert) se retrouvent chacune libérées de leurs obligations (l’artiste n’est plus tenu de se produire sur scène; l’organisateur n’est plus tenu de verser un cachet à l’artiste) si, de manière non fautive (à cause du Covid-19 et non du fait d’une faute de l’artiste), la personne qui devait agir (l’artiste) est empêchée d’exécuter son obligation (se produire sur scène).

B. Les différents types de contrats selon le CO

Contrat d’entreprise (art. 363 ss CO):

Généralement, les prestations d’un artiste ou groupes d’artistes tombent sous le contrat d’entreprise (l’artiste réalise une performance unique, sur la base d’un programme défini, ce qui est assimilé à un ouvrage).

Dans ce domaine, le cas de force majeure est réglé à l’article 378 CO. Cette disposition prévoit que si l’exécution de l’ouvrage devient impossible par suite d’un cas fortuit survenu chez le maître, l’entrepreneur a droit au prix du travail fait et au remboursement des dépenses non comprises dans ce prix.

En cas d’annulation formelle d’un concert suite au Coronavirus, l’impossibilité d’exécuter le contrat devrait être reconnue pour le maître (l’organisateur du concert) dans la mesure où il se trouve, sans sa faute, empêché de mettre sur pied le concert de l’artiste. Cela signifie que l’article 378 CO serait applicable et que, par conséquent, l’artiste pourrait obtenir une rémunération pour le travail déjà effectué (par exemple, les répétitions) et ses dépenses.

Contrat de travail (art. 319 ss CO):

Dans certaines circonstances, le contrat d’engagement d’un artiste peut être considéré comme un contrat de travail (rapport de subordination entre l’artiste et l’organisateur, pour l’artiste jouer de la musique répond davantage au besoin de son employeur qu’à son besoin d’artiste en tant que tel).

L’article 324 CO traite du salaire de l’employé en cas d’empêchement de travailler. La question de savoir si cette disposition couvre le cas de force majeure, en l’occurrence l’annulation d’un concert à la suite de mesures prises en raison du Coronavirus, est contestée. Une majorité aurait tendance à répondre par l’affirmative ce qui signifierait que l’artiste aurait droit au maintien de son salaire.

Contrat de mandat (art. 394 ss CO):

Lorsque le contrat d’engagement d’artiste ne tombe ni sous le contrat d’entreprise ni sous le contrat de travail, il est généralement qualifié de contrat de mandat (l’artiste agit comme mandataire et exécute un service pour l’organisateur).

Le contrat de mandat ne traite pas du cas de force majeure. Partant, en cas d’annulation d’un concert à la suite de mesures prises en raison du Coronavirus, c’est probablement l’article 119 CO qui s’appliquerait et par conséquent aucune rémunération ne serait due. Une réserve doit être néanmoins émise dans le cas d’une résiliation qui interviendrait en temps inopportun (par exemple, juste avant la représentation). Dans pareille situation, une indemnité pour le dommage subi (pas le cachet) pourrait être allouée à l’artiste (404 CO).

C. Conclusion

Il est important de traiter dans le contrat d’engagement l’éventualité d’une annulation de concert et de ses effets sur votre rapport juridique. Lorsque ces points sont réglés et que la situation se présente, l’artiste et l’organisateur savent ce à quoi ils peuvent prétendre l’un envers l’autre et prévenir des dommages financiers et autres.

En l’absence de contrat écrit, ou si ce point n’a pas été traité, la situation sera plus délicate. Etant donné que la nature juridique d’un contrat d’engagement d’artiste n’est pas claire, le rapport qui vous lie devra être interprété pour savoir à quel contrat le soumettre (contrat d’entreprise, contrat de travail ou contrat de mandat). Dépendamment des règles applicables, les conséquences juridiques ne seront pas les mêmes. Le maintien d’un cachet se justifiera dans certains cas alors que dans d’autres il ne le sera pas.

Vous l’aurez compris, il est difficile d’apporter une réponse claire à la question de savoir quelles sont les conséquences juridiques d’une annulation de concert suite au Coronavirus. Chaque cas doit être analysé de manière individuelle. En l’absence de contrat, la solution idéale serait de convenir d’un compromis entre vous. Un report de la prestation ou le remboursement total ou partiel de vos frais pourraient être des solutions à envisager.

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La pratique relative aux licences en ligne exige une déclaration rapide des œuvres

La distribution de musique en ligne permet d’énormes possibilités d’un point de vue commercial. Assez aisément et en peu de temps, la musique peut être rendue accessible à un public mondial. En revanche, le décompte des redevances de droit d’auteur pour les utilisations online s’avère complexe, notamment parce que les processus ne sont pas les mêmes que ceux concernant les droits d’exécution ou les droits d’émission. Le conseil le plus important est le suivant: déclarez l’œuvre auprès de SUISA, avant de la publier en ligne. Texte d’Andreas Wegelin et Manu Leuenberger

La pratique relative aux licences en ligne exige une déclaration rapide des œuvres

Si vous distribuez votre musique par l’intermédiaire de fournisseurs de musique en ligne, observez la règle suivante: déclarez l’œuvre à SUISA avant de la publier en ligne. (Photo: Anutr Yossundara / Shutterstock.com)

Sur Internet, les affaires ne s’arrêtent pas aux frontières nationales. En particulier lorsque les biens ne sont pas des objets physiques mais numériques, et qu’ils peuvent être transportés du fournisseur au client, comme c’est le cas pour la musique. Un fournisseur de musique en ligne tel qu’Apple Music, Spotify ou Youtube propose ses produits directement au public, par streaming ou téléchargement; entre la plateforme sur Internet et les appareils de lecture des auditrices et auditeurs, le produit musical ne passe par aucune douane et il n’y a pas d’intermédiaire (à l’exception du fournisseur d’accès à Internet).

Il faut remarquer que, dans le domaine de la distribution de musique en ligne, les restrictions territoriales ont été largement supprimées non seulement pour les consommateurs, mais aussi pour l’octroi des licences de droits d’auteur. Le processus diffère fondamentalement de la pratique existante dans le domaine «Offline», à savoir pour les droits d’exécution et les droits d’émission ou pour les licences relatives aux supports sonores. Dans le domaine Offline, SUISA licencie uniquement le territoire suisse et de la Principauté du Liechtenstein, mais cela pour toutes les œuvres utilisées, et donc également celles de membres de ses sociétés-sœurs étrangères. Grâce à des contrats de représentation réciproque, il est possible de garantir que les membres des autres sociétés-sœurs recevront leurs parts en cas d’utilisation de leurs œuvres en Suisse. L’inverse est bien entendu vrai également : lorsque des œuvres de membres SUISA sont exécutées à l’étranger, la société-sœur compétente pour le territoire en question perçoit les redevances et les transmet à SUISA pour qu’elle les répartisse aux ayants droit.

Dans le domaine Online, cela fonctionne différemment. Cette autre pratique s’est établie depuis la recommandation de la Commission européenne de 2006, qui voulait accroître la concurrence pour la gestion des droits d’auteur dans le domaine en ligne. Une directive correspondante de l’UE, adoptée il y a cinq ans, prévoit que chaque ayant droit peut choisir pour ses licences online s’il veut les octroyer lui-même ou s’il veut mandater un partenaire, tel qu’une société de gestion collective de son choix, pour toute l’Europe (gestion dite paneuropéenne).

Licences directes dans le domaine Online par SUISA depuis 2012

Les importants éditeurs musicaux font gérer depuis 10 ans déjà leurs parts sur les œuvres de manière «transfrontière». Ce type de licences est appelé «licences directes». Concrètement, les titulaires de droits, c’est-à-dire les éditeurs ou aujourd’hui les sociétés de gestion collective, négocient la rémunération de leur répertoire directement avec les fournisseurs de services numériques (DSP) tels qu’Apple Music, Spotify ou YouTube. Dans le cas de SUISA, cela signifie que, lorsque des œuvres de ses membres sont écoutées sur les plateformes en ligne par des utilisateurs à l’étranger, SUISA perçoit les redevances relatives à ces utilisations directement auprès du fournisseur. Il n’y a donc plus d’intermédiaires entre le DSP et SUISA, à la différence de ce qui se passe dans le domaine offline ordinaire avec les sociétés-sœurs étrangères.

De nombreuses sociétés en Europe sont déjà passées à cette pratique des licences directes concernant les œuvres de leurs membres. SUISA licencie depuis 2012, auprès d’un nombre toujours plus grand de fournisseurs de musique en ligne, les droits de ses membres non seulement pour la Suisse, mais aussi de manière internationale pour d’autres territoires. Au début, il s’agissait des pays européens ; depuis 2018, de plus en plus de territoires sont venus s’ajouter, également des territoires situés en dehors de l’Europe. Aujourd’hui, SUISA octroie en règle générale des licences mondiales aux DSP, avec les exceptions suivantes : USA, Canada, Amérique du Sud, Corée du Nord, Corée du Sud, Japon, Syrie et Australasie. Une expansion pour inclure ces territoires est cependant prévue pour le futur.

L’octroi de licences directes a pour conséquence pratique que SUISA ne peut établir des factures que pour des œuvres dont elle possède la documentation, car les parts sont déterminantes et non plus seulement le fait que l’auteur soit membre de SUISA.

Il arrive fréquemment que les DSP reçoivent des factures de plusieurs sociétés pour différentes parts sur la même œuvre, ce qui peut finalement conduire à des «overclaims» ou à des «underclaims». De telles situations de revendications excessives ou trop faibles peuvent survenir si les sociétés à l’origine des factures ne savent pas exactement qui peut réclamer pour ses membres quelle rémunération (quelles parts pour quels territoires?). Il existe également des situations de «no claims» quand aucune société n’établit de facture.

Cela a conduit les fournisseurs à payer plus que la rémunération due aux titulaires de droits dans le cas d’«overclaims», et moins, voire rien du tout, en cas d’«underclaims» ou de «no claims». Il arrive également que certains DSP bloquent le paiement en cas d’«overclaims». Donc, lorsque les revendications de l’ensemble des sociétés correspondent à plus de 100 % pour une même œuvre, aucune redevance n’est versée tant que l’on n’a pas éclairci qui était réellement autorisé à facturer quelle part.

Processus de décompte avec les fournisseurs de musique en ligne

Un groupe de travail composé de sociétés de gestion, des éditeurs majors et des principaux fournisseurs de musique en ligne s’est penché sur le problème et a convenu d’une solution.

La facturation à l’attention d’un DSP comporte désormais plusieurs étapes. Le DSP fournit les données d’utilisation aux différentes sociétés de gestion. Sur la base de ces déclarations, qui concernent une période allant d’un à trois mois, une facture est établie à l’attention du fournisseur, pour toutes les parts où la société détient les droits d’un auteur ou d’un éditeur. Si les factures envoyées par les différentes sociétés de gestion pour un titre font apparaître un résultat non cohérent, cela occasionne ce qu’on appelle des «disputes».

Les sociétés disposent alors de 18 mois pour résoudre ces conflits. Durant ce délai, SUISA vérifie une nouvelle fois les données d’utilisation et les compare avec sa documentation la plus récente sur les œuvres. Si de nouveaux éléments sont constatés, une facturation complémentaire est effectuée. Ce qui n’a pas pu être clarifié après 18 mois fait l’objet de ce qu’on appelle les «Residuals»; il s’agit de revenus de licence pour les parts qui n’ont pas été ou pas entièrement facturées («underclaims» et «no claims»).

Ces «residuals», que personne n’a réclamés au DSP, sont répartis par SUISA comme supplément en faveur des œuvres qui ont été utilisées durant la même période de décompte. Une œuvre qui n’a pas été déclarée ne peut donc pas non plus bénéficier d’un tel supplément.

D’abord déclarer l’œuvre, puis publier en ligne

Le principal conseil qu’on puisse donner aux membres de SUISA qui mettent leurs compositions en ligne est le suivant: déclarez l’œuvre aussitôt que possible à SUISA, et procédez à la publication en ligne seulement après!

En agissant ainsi, on crée les conditions de base pour que les œuvres soient reconnues immédiatement dans les déclarations d’utilisation et qu’une facture puisse être envoyée sans retard au DSP. Le processus de décompte avec les fournisseurs de musique en ligne connaît certains délais et on sait que l’attention du public sur Internet est souvent assez volatile. En cas de déclaration d’œuvre effectuée tardivement, il existe un risque que certaines utilisations ne soient pas prises en compte et que les redevances ne puissent plus être attribuées.

Si la déclaration d’œuvre est faite avant la mise à disposition de la première version de l’œuvre dans les services de streaming ou de téléchargement, SUISA pourra dès le début faire valoir ses parts auprès des DSP. Pour faciliter l’identification automatique, les métadonnées de la déclaration d’œuvre devront correspondre aux données dont dispose le DSP sur l’œuvre.

Les métadonnées sont des informations supplémentaires qui décrivent plus en détail d’autres données. Grâce à elles, certains éléments peuvent être mieux identifiés et donc trouvés lors des recherches dans de grandes quantités de données. Pour une œuvre musicale, les métadonnées devraient idéalement inclure, en plus des indications usuelles telles que compositeur-trice, parolier-ère, éditeur-trice, etc. également des informations sur l’interprète/les interprètes ainsi que sur les titres alternatifs éventuels (versions dans d’autres langues, de même que versions remix/edit – par exemple: «Titre – Radio Edit» ou «Titre – Extended Version»). Des métadonnées complètes et correctes constituent un grand avantage.

Ces conditions sont décisives pour qu’une œuvre puisse donner lieu à des décomptes corrects, d’une part pour l’ensemble des territoires couverts par des licences directes, et d’autre part pour tous les fournisseurs de musique en ligne avec qui SUISA pratique ce système de licences directes.

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Si vous distribuez votre musique par l’intermédiaire de fournisseurs de musique en ligne, observez la règle suivante: déclarez l’œuvre à SUISA avant de la publier en ligne. (Photo: Anutr Yossundara / Shutterstock.com)

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Recettes, dépenses et investissements, sans oublier le Jubilé à venir!

Un large éventail de sujets était à l’ordre du jour des réunions du Conseil de SUISA, les 28 et 29 septembre 2020. Pour la première fois depuis l’interruption due au coronavirus, les membres du Conseil se sont réunis à Lausanne, en respectant bien entendu les mesures de protection, alors que certains ont assisté aux séances depuis leur domicile par vidéoconférence. Nouvelles du Conseil par Andreas Wegelin

Nouvelles du Conseil: Recettes, dépenses et investissements, sans oublier le Jubilé à venir!

Un cliché pris lors du Festival Label Suisse 2020 à Lausanne (à voir sur la photo: Corin Curschellas et Ursina Giger du trio La Triada). Le monopole de gestion dont bénéficie SUISA a une grande importance pour le développement culturel et l’encouragement de la musique dans toute sa diversité en Suisse; le Conseil de SUISA en est convaincu. (Photo: Tabea Hüberli & Dirk Hoogendoorn)

Malgré cette année de crise, le Conseil a constaté que l’évolution des recettes est restée stable jusqu’à présent, par rapport aux hypothèses formulées en avril. Le budget «corona» établi lors du semi-confinement de ce printemps a même été légèrement dépassé pour ce qui concerne les recettes. Néanmoins, l’exercice financier 2020 de SUISA devrait se clore avec une baisse des recettes d’environ 25% par rapport à l’année précédente. Les dépenses constatées jusqu’ici correspondent également au budget prévoyant des économies; avec 12,7% de dépenses en moins, les chiffres sont même meilleurs que prévu.

Christoph Trummer, responsable des projets politiques auprès de l’Association professionnelle des musicien-ne-s indépendant-e-s de Suisse Sonart, a donné aux membres du Conseil des informations sur l’état actuel et l’évolution future des mesures d’aide en faveur des créateurs-trices de musique. Il apparaît que les associations culturelles ont réussi, dans le cadre de la crise du Covid-19, à agir de manière coordonnée et avec persévérance vis-à-vis du Parlement, mais aussi face aux différentes instances et autorités; elles ont parlé d’une seule voix afin d’obtenir un soutien d’urgence pour les artistes.

Dépenses par tarif, de l’encaissement à la répartition

Le résultat réjouissant de la comptabilité par postes de frais a été présenté. Ces calculs mettent en évidence les dépenses pour les différents tarifs, de l’encaissement à la répartition. On constate que les dépenses diffèrent selon les tarifs, avec des variations selon que nous devons effectuer des décomptes pour de nombreux clients ou pour quelques-uns seulement; le contrôle du marché, plus ou moins exigeant, influence également les dépenses.

Ainsi, par exemple, les coûts relatifs à l’encaissement et à la répartition de redevances de droits d’auteur sont plus bas dans le cas des concerts que dans celui des manifestations organisées par des associations. Dans le premier cas, nous avons souvent affaire à des organisateurs professionnels, qui sont généralement conscients de leurs obligations envers les auteurs. En revanche, lors de manifestations d’associations, de fêtes de gymnastique ou de fêtes d’entreprises, les organisateurs doivent d’abord être informés de leurs obligations.

Au total, les parts de coûts par tarif ont toutefois diminué en 2019 car, grâce à des recettes annexes plus élevées (produits de titres), la couverture des coûts a été meilleure. La Direction de SUISA continuera à prendre toutes les mesures nécessaires pour réduire les coûts d’encaissement et de répartition. Dans ce contexte, une automatisation encore plus poussée du processus d’octroi de licences constituera un élément important: les organisateurs doivent pouvoir annoncer leurs événements en ligne de manière simple. S’ils ne le font pas, le système devrait pouvoir détecter les événements sur la base de mots-clés, et lancer le processus d’encaissement.

Finances

Pour la filiale Mint Digital Services, le Conseil de SUISA a approuvé la mise en garantie (nantissement) d’un compte de titres pour pouvoir licencier d’importants catalogues d’édition; cette manière de procéder remplace le cautionnement qui était prévu initialement.

Conformément aux Statuts, le Conseil est compétent en ce qui concerne les placements de SUISA. En principe, les montants disponibles doivent être placés durant le laps de temps existant entre le paiement par les preneurs de licence et la fin des travaux de répartition, soit le paiement aux ayants droit. Les placements sont effectués sur la base d’un règlement. Comme suggéré par un membre du Conseil, ce règlement a été complété par l’ajout du critère «durabilité», en plus des critères «sécurité» et «rendement approprié».

Passé et avenir

En 2023, SUISA fêtera ses 100 ans. Les premiers travaux préparatoires et la planification de ce Jubilé ont commencé. Comme suggéré par la Division Communication, des réflexions ont été menées sur la manière de célébrer comme il se doit l’Anniversaire de la Coopérative. Les éventuels projets doivent maintenant être développés.

En outre, le Conseil a pris connaissance d’une expertise juridique sur la position de monopole de SUISA et sur son avenir dans un marché des licences qui s’ouvre en ce qui concerne les droits d’auteur. Le monopole de gestion a déjà disparu dans le domaine des droits online. Les développements récents montrent que SUISA est de plus en plus confrontée à la concurrence dans d’autres domaines de gestion; par exemple par des agences étrangères qui licencient de manière directe des concerts ayant lieu en Suisse. Parallèlement à cela, SUISA continue, sur la base des dispositions légales, à avoir l’obligation de gérer de manière aussi complète que possible les droits appartenant à son domaine d’activités, indique le rapport.

Le Conseil est d’avis que le monopole de gestion de SUISA doit être renforcé, car il a une importance centrale pour le développement culturel, la promotion de la musique dans toute sa diversité en Suisse, tant pour les auteurs que pour les organisateurs ainsi que les consommateurs-trices. La Direction a été chargée de prendre les mesures appropriées pour informer les autorités et le public à ce sujet.

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Soutien aux membres SUISA pendant la crise du coronaSoutien aux membres SUISA pendant la crise du corona Les ordonnances Covid-19 de la Confédération ont pour conséquence une importante diminution des utilisations de musique et de ce fait une baisse des redevances de droits d’auteur encaissées. SUISA offre à ses membres un soutien financier pour combler le manque à gagner en matière de droits d’auteur. Continuer
Assemblée générale de SUISA: approbation du fonds d’aide pour les auteurs et les éditeursAssemblée générale de SUISA: approbation du fonds d’aide pour les auteurs et les éditeurs Lors de l’assemblée générale de SUISA, un fonds d’aide d’un montant d’un million et demi de francs pour les compositeurs, paroliers et éditeurs de musique a été approuvé. Par ailleurs, la yodleuse, chanteuse, compositrice et éditrice suisse Melanie Oesch a été élue au Conseil de SUISA. En raison de la pandémie de Covid-19, et pour la première fois dans l’histoire de SUISA, l’assemblée générale a eu lieu cette année par écrit. Continuer
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Un large éventail de sujets était à l’ordre du jour des réunions du Conseil de SUISA, les 28 et 29 septembre 2020. Pour la première fois depuis l’interruption due au coronavirus, les membres du Conseil se sont réunis à Lausanne, en respectant bien entendu les mesures de protection, alors que certains ont assisté aux séances depuis leur domicile par vidéoconférence. Nouvelles du Conseil par Andreas Wegelin

Nouvelles du Conseil: Recettes, dépenses et investissements, sans oublier le Jubilé à venir!

Un cliché pris lors du Festival Label Suisse 2020 à Lausanne (à voir sur la photo: Corin Curschellas et Ursina Giger du trio La Triada). Le monopole de gestion dont bénéficie SUISA a une grande importance pour le développement culturel et l’encouragement de la musique dans toute sa diversité en Suisse; le Conseil de SUISA en est convaincu. (Photo: Tabea Hüberli & Dirk Hoogendoorn)

Malgré cette année...Continuer

Congrès suisse sur la musique de film et de médias

«SoundTrack_Zurich», Congrès suisse sur la musique de film et de médias, aura lieu du 29 septembre au 2 octobre 2020, durant le Zurich Film Festival. Les artistes suisses créateurs-trices de musique de film et de médias peuvent mettre à profit cet événement pour développer leur réseau, affiner leurs connaissances spécialisées et s’entretenir avec des acteurs du domaine, expérimentés et actifs au niveau international. Texte d’Erika Weibel

Sountrack Zurich: Congrès suisse sur la musique de film et de médias

SUISA soutient la première édition de «SoundTrack_Zurich», Congrès sur la musique de film et de médias, dont le programme est accessible ici: www.soundtrackzurich.com. (llustration: SoundTrack_Zurich)

Des compositrices et compositeurs de Suisse et de l’étranger partageront avec le public leur expérience et leurs connaissances, dans deux lieux proches l’un de l’autre. Les participant-e-s au Congrès pourront durant l’événement avoir des échanges avec des invités internationaux du Zurich Film Festival (ZFF), dans le cadre de workshops, panels, case studies et conférences, sur des sujets d’actualité de la scène suisse et européenne de la musique de film.

«SoundTrack_Zurich» est en contact étroit aussi bien avec le ZFF et ses invités qu’avec la ZHdK (Haute école zurichoise des arts) où, dans le cadre de l’«International Media Music Competition» et de l’Immsane («International Media Music & Sound Arts – Network in Education»), des échanges internationaux intenses ont lieu au sujet de la formation universitaire pour les créateurs-trices de musique de film et de médias.

Ray Parker Jr. en invité vedette

L’invité vedette de «SoundTrack_Zurich» est Ray Parker Jr., qui a composé la chanson-titre du film «Ghostbusters» et qui, à cette occasion, présentera en première mondiale le film documentaire «Who You Gonna Call», un film sur sa carrière.

Ray Parker Jr. a participé à des centaines de hits «top-25», en tant que compositeur et musicien. Il a composé des chansons, est monté sur scène et a travaillé comme musicien de session avec les plus grandes icônes de l’industrie musicale: Barry White, Aretha Franklin, Diana Ross, Tina Turner, The Temptations, The Carpenters et The Supremes.

Questions de droits dʼauteur en lien avec la création de musique de film et de médias

Le 29 septembre en matinée, il y aura des exposés et des séances d’information sur des thèmes liés au droit d’auteur. Par exemple, des spécialistes de SUISA répondront à des questions sur la documentation et les cue sheets, et donneront des renseignements sur le travail d’établissement de décomptes par SUISA.

En outre, un panel aura lieu sur les «digital challenges» de l’ère actuelle, lors duquel des experts en informatique discuteront avec des acteurs du monde des affaires de ce à quoi pourrait ressembler la future création de valeur numérique dans le domaine de la création de musique de film.

Sponsoring de SUISA

«Soundtrack_Zurich» est organisé par la SMECA, dirigé par Michael P. Aust («SoundTrack_Cologne») et organisé en collaboration avec «SoundTrack_Cologne», le Forum Filmmusik, la ZHdK (Haute école zurichoise des arts) et IMMSANE. «Soundtrack_Zurich» est indépendante du Zurich Film Festival sur les plans organisationnel et financier.

Il est prévu que «SoundTrack_Zurich» devienne une nouvelle plateforme pour les acteurs importants de la création internationale de musique de film. La création de musique de film et de médias occupe également une place très importante dans le monde du business de la musique en Suisse. Dans ce contexte, SUISA est heureuse de contribuer à l’organisation de cet événement en tant que sponsor.

Liens Internet vers l’événement et les partenaires:

SoundTrack_Zurich
Zurich Film Festival
International Film Music Competition
Immsane.com
Smeca
Forum Filmmusik
ZHdK
SoundTrack_Cologne

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  1. Hallo Erika,
    vielen Dank für die ganzen Infos zum Event. Auf Ray Parker Jr. freue ich mich besonders.
    Werdet ihr im Anschluss wieder darüber berichten?
    Freue mich wieder davon zu lesen.
    Liebe Grüße,
    Christoph

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«SoundTrack_Zurich», Congrès suisse sur la musique de film et de médias, aura lieu du 29 septembre au 2 octobre 2020, durant le Zurich Film Festival. Les artistes suisses créateurs-trices de musique de film et de médias peuvent mettre à profit cet événement pour développer leur réseau, affiner leurs connaissances spécialisées et s’entretenir avec des acteurs du domaine, expérimentés et actifs au niveau international. Texte d’Erika Weibel

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SUISA soutient la première édition de «SoundTrack_Zurich», Congrès sur la musique de film et de médias, dont le programme est accessible ici: www.soundtrackzurich.com. (llustration: SoundTrack_Zurich)

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Avec Label Suisse et SUISA, la musique suisse s’exprime | avec vidéo

La 9ème édition du Festival Label Suisse aura bien lieu à Lausanne, du 18 au 20 septembre 2020. La programmation de ce festival bisannuel met l’accent sur le talent et la diversité du monde musical suisse. Le clou de l’événement: des artistes de différents genres musicaux ont composé des œuvres tout spécialement pour Label Suisse. Ces œuvres seront exécutées en direct pour la première fois lors du festival. SUISA est à nouveau l’un des partenaires principaux du festival. Texte d’Erika Weibel

Label Suisse est unique en son genre dans notre pays: tous les deux ans à Lausanne, ce festival permet au public de se faire une idée de la richesse de la création musicale suisse actuelle, en oubliant quelque peu les frontières géographiques et de genres; il présente un aperçu actuel du large éventail des musiciennes et musiciens à l’œuvre en Suisse dans des genres musicaux tels que pop, rock, jazz, musique classique et nouvelle musique populaire, adoptant différentes formes d’expression. Dans le cadre d’un programme diversifié, plus de 60 artistes, bien établis ou émergents, se produiront durant trois jours dans différents lieux en ville de Lausanne.

De passionnants projets de compositions viendront compléter une offre de concerts éclectique. Des compositrices et compositeurs de différents genres musicaux ont créé des œuvres pour le festival; elles y seront présentées en création mondiale.

Le festival ne s’adresse pas seulement à un public amateur de musique, il constitue également un lieu de rendez-vous incontournable pour les agents et organisateurs de concerts de Suisse et de l’étranger. SUISA, coopérative des compositeurs, paroliers et éditeurs de musique, est à nouveau présente, et figure parmi les partenaires principaux du festival. Avec Label Suisse, elle permet ainsi à la musique suisse de s’exprimer et de s’épanouir.

Projets de composition

Les compositions suivantes ont été créées tout spécialement pour l’édition 2020 du Label Suisse:

Jazz
Nik Bärtsch, composition et clavier.
Projet en partenariat avec la Haute école des arts de Zurich et le Jazzcampus de Bâle, avec la participation de jeunes musiciens.
Création: samedi 19 septembre 2020, Salle Paderewski
Autres concerts dans les villes partenaires: Festival Klangbasel (Bâle) et Moods (Zurich)

Musique classique
Antoine Chessex, commande de composition pour grand orgue, orgue positif et orgue Hammond
Interprètes: Simone Keller et Dominik Blum
Projet d’une durée de 35 minutes intitulé «Technosphère & Fragmentation».
Création: dimanche 20 septembre 2020, Eglise St-François

Isabel Mundry, composition
Collegium Novum Zürich (CNZ) ; Brian Archinal, percussion solo
Titre de l’œuvre: Noli me tangere (2020)
Création: samedi 19 septembre 2020, Salle Paderewski

Cod.act – André et Michel Décosterd
«Von Roll Twist 4» – Installation pour 6 haut-parleurs et un performer (Francesco Biamonte)
André et Michel Décosterd combinent leurs talents; le premier est musicien, compositeur et artiste du son, le second est architecte et artiste visuel. Ensemble, ils développent un travail artistique prenant la forme de performances et d’installations interactives. A l’origine de leur démarche, il y a une réflexion sur le son et le mouvement, et les interactions possibles entre ces réalités.
Création: samedi 19 septembre 2020, D! Club

Nouvelle musique populaire
Michel Godard
Plusieurs œuvres ont été créées tout spécialement pour cet événement par Michel Godard; elles seront dirigées par Pascal Emonet, avec comme exécutants des musicien-ne-s de fanfare du Valais et du Conservatoire (jazz) du même canton. L’approche sonore choisie, la banda italienne, est peu connue sous nos latitudes. Cet orchestre sera accompagné par Michel Godard, Pierre Favre, Isa Wiss et Matthieu Michel.

Venez et découvrez comment les sons d’œuvres entièrement neuves sont présentés au public pour la toute première fois.

www.labelsuisse.ch

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Zwahlen / Bergeron, le duo qui révèle ce qu’on n’a encore jamais entendu

D’un côté, la tradition séculaire de la musique chorale; de l’autre, les possibilités presque infinies de la musique électronique. Dans le champ de tension entre ces deux pôles, Jérémie Zwahlen et Félix Bergeron se livrent à des expériences pour donner naissance à quelque chose de totalement nouveau. La contribution Get Going! les soutient dans ce projet. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Zwahlen / Bergeron, le duo qui révèle ce qu’on n’a encore jamais entendu

Félix Bergeron et Jérémie Zwahlen (Photos: Stephane Winter & Laura Morier-Genoud; Alain Kissling)

C’est bien connu: les opposés s’attirent. Jérémie Zwahlen et Félix Bergeron, tous deux 33 ans, sont assis dans un café lausannois et discutent de leur projet: redéfinir la longue tradition de la musique chorale à l’aide de l’expérimentation électronique. Félix Bergeron profite de la conversation née autour de ce portrait pour se livrer à un brainstorming. Précis comme doit l’être un batteur, il énumère dans un rythme de plus en plus complexe les innombrables possibilités qu’il y aurait pour relier l’ancien et le nouveau, la tradition et l’avant-garde. Jérémie Zwahlen l’écoute stoïquement, et complète de temps à autre son propos par des phrases percutantes. Ce type de dialogue n’a rien de neuf pour eux, semble-t-il. «Félix est comme une cigarette ultra-forte, et je suis le super-filtre qu’on utilise pour la fumer», explique Jérémie Zwahlen. Les deux compères éclatent de rire.

En fait, ils fréquentaient déjà la même école près de Lausanne quand ils étaient enfants, puis leurs chemins se sont séparés. Félix Bergeron s’est mis à jouer de la batterie à l’âge de six ans, sans jamais y trouver pleine satisfaction, jusqu’à ce qu’il entende un solo de Lucas Niggli au festival de jazz de Willisau. «À côté de la percussion, il utilisait aussi l’électronique. J’étais totalement baba, et j’ai compris que c’était ce que je voulais faire!», raconte le batteur. Jérémie Zwahlen, lui, a grandi dans la tradition de la musique pour instruments à vent. Trompettiste, il faisait partie d’un orchestre de chambre, comme son père et son grand-père avant lui. Sa mère chantait dans un cœur. «Au gymnase», dit-il, «on m’a dit que je ferais un bon prof de musique, alors j’ai commencé ma formation.»

Le chœur et l’électronique

Les deux musiciens ont fréquenté la Haute École de Musique de Lausanne (HEMU). «J’ai étudié le jazz et Jérémie la musique classique, relate Félix Bergeron, nous étions dans deux bâtiments différents.» Ce qu’ils ignoraient, et l’un et l’autre, c’est que leurs compagnes étaient amies. Un jour, après plusieurs années, ils se sont recroisés à une fête. Quand Jérémie propose à Félix de soutenir électroniquement le travail du Chœur Auguste, qu’il dirige, l’idée naît d’une collaboration qui irait bien au-delà de tout ce qu’on a l’habitude d’entendre. «Bien sûr, d’autres que nous avaient déjà réuni le chœur et l’électronique, dit Félix Bergeron, mais ils se contentaient de remplacer l’orgue ou le piano par un synthétiseur. Cela ne nous intéressait pas.»

Les deux hommes, qui se sont toujours frottés aux frontières stylistiques et ont tenté de remodeler le paysage musical dans leurs projets individuels, étaient prédestinés à partir à la découverte de nouvelles terres. Avec ses arrangements percutants et aux concepts inhabituels de la musique d’Elvis Presley, de Johnny Cash, de Camille ou de Queen, Jérémie Zwahlen ne se contente pas de redéfinir les lois chorales, il envisage le chœur dans son ensemble comme un corps: «Le chœur est comme une sculpture qui respire et qu’on peut modeler. Félix aussi travaille avec des vibrations qu’on peut ressentir physiquement. À la fin, la musique doit devenir littéralement palpable.»

La musique comme une sculpture

Effectivement, Félix Bergeron est très influencé par le sculptural. À côté de ses nombreux projets entre improvisation abstraite, folk, punk et jazz, il travaille pour le théâtre et pour des compagnies de danse. Dans ses «brush paintings», pour lesquels il enduit ses balais de batterie de peinture et tend des toiles sur ses cymbales, c’est le hasard qui engendre l’œuvre d’art. «Lorsqu’on travaille de manière spontanée avec l’électronique, on doit faire avec l’arbitraire. C’est ça qui m’intéresse. J’y vois des possibilités infinies pour faire éclater les formes traditionnelles de la musique chorale.»

La musique comme une sculpture qui dévoilerait aussi au public les secrets de sa genèse. Jérémie Zwahlen précise leur intention première: «Nous voulons que le public voie ce qu’il se passe. Comment la composition, le hasard, les arrangements et l’improvisation s’influencent mutuellement. Notre projet doit devenir une expérience perceptible par tous les sens que le public possède.» Puis il souligne: «Mon obsession est de retravailler tous les types de musique de sorte qu’ils apportent de la joie à tout le monde, qu’il s’agisse de musique classique, folklorique, de jazz ou de musique expérimentale.»

Un tel projet comporte tellement de possibilités d’expérimentation sur le plan de la musique, du contenu et du visuel qu’il est essentiel d’avoir suffisamment de temps et d’argent pour s’y consacrer, soulignent les deux musiciens. «Grâce à la contribution de Get Going!, nous avons la possibilité, dans cette profusion, de partir à la recherche de nouveaux continents», se félicite Félix Bergeron.

Jérémie Zwahlen et Félix Bergeron sont des mordus de musique, qui transmettent aussi leur passion aux jeunes élèves de la HEMU et de l’École de jazz et musique actuelle (EJMA) de Lausanne ainsi que – pour Félix Bergeron – de l’école Jeunesse & Musique à Blonay. Ensemble, ils forment la seule cigarette au monde qui ne nuit pas à la santé. Bien au contraire.

www.felixbergeronmusic.ch
www.choeurauguste.ch

C’est en 2018 que la FONDATION SUISA a commencé à allouer ses nouvelles contributions à la création. Dans le cadre de «Get Going!», elle finance des processus créatifs et artistiques qui se situent hors des catégories usuelles. Nous consacrons chaque année une série de portraits aux bénéficiaires de ces contributions Get Going! L’appel à candidatures pour 2020 s’achèvera à la fin août.


Il duo Zwahlen/Bergeron vuole rendere udibile e visibile l’inaudito

Da un lato, la tradizione secolare della musica corale, dall’altro le infinite possibilità della musica elettronica. Jérémie Zwahlen e Félix Bergeron sperimentano tra questi due poli per creare qualcosa di completamente nuovo. Il contributo finanziario Get Going! li aiuta a realizzare il loro progetto. Contributo ospite di Rudolf Amstutz

Il duo Zwahlen/Bergeron vuole rendere udibile e visibile l’inaudito

Félix Bergeron e Jérémie Zwahlen (Fotos: Stephane Winter & Laura Morier-Genoud; Alain Kissling)

Come è noto, gli opposti si attraggono. Jérémie Zwahlen e Félix Bergeron, entrambi 33enni, siedono in un caffè di Losanna e discutono del loro progetto di ridefinire la lunga tradizione della musica corale con l’aiuto della sperimentazione elettronica. Bergeron coglie l’occasione della nostra conversazione su di loro per fare una sessione di brainstorming. Con la precisione degna di un batterista, con ritmi sempre più complessi enumera nuove possibilità per realizzare il connubio tra vecchio e nuovo, tra tradizione e avanguardia. Zwahlen ascolta con calma stoica e di tanto in tanto interviene con frasi argute. Sembra essere avvezzo a questo tipo di dialogo. «Félix è come una sigaretta fortissima e io sono il superfiltro che serve per fumarla», spiega Zwahlen e entrambi ridono.

In realtà, da ragazzi i due hanno frequentato la stessa scuola vicino a Losanna, ma poi hanno preso strade diverse. Bergeron suonava il tamburo già all’età di sei anni, ma senza trarvi la giusta soddisfazione, finché non ha assistito a un’esibizione solista di Lucas Niggli al Jazz Festival di Willisau. «Ai tamburi aveva abbinato l’elettronica. Sono rimasto del tutto sbalordito e ho capito subito che volevo farlo anch’io!», racconta Bergeron. Zwahlen, invece, è cresciuto nella tradizione della musica bandistica e ha suonato la tromba in un’orchestrina, seguendo le orme del padre e del nonno. La madre invece cantava nel coro. «Al liceo», racconta Zwahlen, «mi hanno detto che sarei diventato un buon insegnante di musica e così ho iniziato la mia formazione.»

Coro ed elettronica

Entrambi hanno frequentato la Haute Ecole de Musique Lausanne (HEMU), «ma io studiavo jazz e Jérémie musica classica», spiega Bergeron, «eravamo in due edifici diversi.» I due non sapevano che le loro compagne erano amiche ed è stato tramite loro che si sono ritrovati a una festa dopo tanti anni. Quando Zwahlen ha chiesto a Bergeron di inserire l’elettronica nel lavoro del Chœur Auguste da lui diretto, è nata l’idea di una collaborazione destinata ad andare ben oltre l’usuale. «Ovviamente la combinazione di coro ed elettronica non era una novità», spiega Bergeron, «ma di solito consisteva nel sostituire l’organo o il piano con un sintetizzatore. A noi questo non interessava.»

Entrambi sono predestinati a entrare in un territorio inesplorato: già nei loro progetti individuali si spingono costantemente ai confini stilistici e cercano di ridisegnare il paesaggio musicale. Con i suoi arrangiamenti incisivi e concettualmente inusuali della musica di Elvis Presley, Johnny Cash, Camille o Queen, Zwahlen ridefinisce i canoni corali e considera il coro nel suo complesso come un corpo: «Il coro è come una scultura che respira e può essere plasmata. Anche Félix lavora con vibrazioni fisicamente sperimentabili. Alla fine la musica deve poter essere toccata.»

La musica come scultura

In effetti Bergeron è fortemente influenzato dall’aspetto scultoreo. Oltre ai suoi numerosi progetti tra improvvisazione astratta, folk, punk e jazz, lavora anche per il teatro e le compagnie di danza. Per i suoi «Brushes Paintings» l’arte figurativa nasce a opera del caso, grazie alle spazzole della batteria intinte nella vernice e ai piatti rivestiti di tela. «La spontaneità nell’elettronica non esclude l’intenzionalità. È questo che mi interessa, perché vedo infinite possibilità per infrangere le forme tradizionali della musica corale.»

La musica come scultura che svela al pubblico anche i segreti che hanno portato alla sua creazione. «Vogliamo che il pubblico veda quello che succede. Come la composizione, il caso, gli arrangiamenti e l’improvvisazione si influenzano a vicenda. Il nostro progetto deve essere vissuto dal pubblico con tutti i sensi», così Zwahlen descrive la situazione iniziale e precisa: «La mia ossessione è riuscire a elaborare ogni tipo di musica in modo che piaccia a tutti. Indipendentemente che sia musica classica, popolare, jazz o sperimentale.»

Entrambi pensano che in un progetto di questo tipo ci siano tante possibilità per sperimentare a livello musicale, contenutistico e visivo e sottolineano quanto siano importanti i fattori tempo e denaro. «Grazie al contributo di Get Going! ci è finalmente possibile esplorare la vastità di questo territorio sconosciuto», afferma raggiante Bergeron.

Jérémie Zwahlen e Félix Bergeron: due artisti ossessionati dalla musica, che trasmettono il loro entusiasmo anche alle generazioni future come insegnanti all’HEMU e all’Ecole de jazz et musique actuelle (EJMA) di Losanna e – nel caso di Bergeron – anche all’Ecole Jeunesse & Musique di Blonay. Insieme formano l’unica sigaretta al mondo che non nuoce alla salute. Al contrario!

www.felixbergeronmusic.ch
www.choeurauguste.ch

Dal 2018 la FONDATION SUISA assegna nuovi contributi alla creazione. Con il progetto «Get Going!» vengono incentivati finanziariamente processi creativi e artistici che esorbitano dalle categorie convenzionali. In una serie di ritratti, ogni anno presentiamo i beneficiari dei contributi «Get Going!». Il concorso 2020 termina a fine agosto.

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Nik Bärtsch: «Le monde de la musique dans son ensemble vit une épreuve difficile»«Le monde de la musique dans son ensemble vit une épreuve difficile» Par le projet «Music for Tomorrow», SUISA souhaite apporter son soutien à ses membres en ces temps difficiles. Une plateforme a été mise en place en faveur des artistes afin que chacune et chacun puisse raconter son expérience en confinement et présenter l’une de ses œuvres. Cette semaine, nous vous présentons le pianiste, compositeur et producteur suisse Nik Bärtsch et son œuvre «Modul 5». Nik nous raconte son quotidien en famille pendant le confinement et nous relate l’histoire qui le lie à un médecin urgentiste australien. Continuer
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D’un côté, la tradition séculaire de la musique chorale; de l’autre, les possibilités presque infinies de la musique électronique. Dans le champ de tension entre ces deux pôles, Jérémie Zwahlen et Félix Bergeron se livrent à des expériences pour donner naissance à quelque chose de totalement nouveau. La contribution Get Going! les soutient dans ce projet. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Zwahlen / Bergeron, le duo qui révèle ce qu’on n’a encore jamais entendu

Félix Bergeron et Jérémie Zwahlen (Photos: Stephane Winter & Laura Morier-Genoud; Alain Kissling)

C’est bien connu: les opposés s’attirent. Jérémie Zwahlen et Félix Bergeron, tous deux 33 ans, sont assis dans un café lausannois et discutent de leur projet: redéfinir la longue tradition de la musique chorale à l’aide de l’expérimentation électronique. Félix Bergeron profite de la conversation née autour de ce portrait...Continuer