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Le New Jersey au sud de Berne

Polo Hofer remporte le prix de la FONDATION SUISA 2017 dans la catégorie «Paroliers/ères». Le chanteur/compositeur bernois Christoph Trummer, contributeur invité, nous explique ce qui distingue les créations du lauréat.

Le New Jersey au sud de Berne - Polo Hofer Prix de la FONDATION SUISA 2017

Polo Hofer, vainqueur du prix de la FONDATION SUISA 2017, a su se frayer un chemin dans la culture populaire grâce à ses textes, tout en traduisant le style de vie rock’n’roll pour la Suisse alémanique. (Photo: Patric Spahni)

On pourrait résumer les choses ainsi: le prix de la FONDATION SUISA est un prix de reconnaissance pour les créations jugées exceptionnelles. En 2017, il est attribué pour la première fois à un parolier ou une parolière. Polo Hofer faisait partie des nominés. Le jury aurait-il vraiment pu prendre une autre décision?

Mais attardons-nous plutôt sur ce digne lauréat et son œuvre.

Pour les personnes qui ont grandi en Suisse alémanique dans les années 1970, Polo Hofer, ses chansons et ses textes sont indissociables de leur scolarité, de leur jeunesse et même de leur vie en Suisse. Certaines chansons, comme «Bin i gopfriedstutz e Kiosk» ou «Bim Sytesprung im Minimum e Gummi drum», ont donné naissance à des bons mots aujourd’hui fermement ancrés dans le langage quotidien. Quant à «Alperose», elle peut être entonnée par des gens dont les parents n’avaient même pas un CD de Polo Hofer à la maison.

Des textes de chansons entrés dans la culture populaire

Ces textes font désormais partie de la culture populaire, tout au moins dans la partie germanophone du pays. La discographie de Polo, dès ses débuts avec le groupe Rumpelstilz, suit l’histoire d’une Suisse agitée: l’été 68 («Summer 68») où l’on partait (évidemment) à Kaboul pour aller fumer des joints; les folles années 1970, signes de renouveau, partant avec Rosmarie pour l’Espagne et vivant l’amour libre à côté de l’ours en peluche («Teddybär»); la face sombre du rêve, sous forme d’une aiguille argentée enfoncée dans le creux du bras («Silbernaadle töif im Arm»); et, déjà à l’époque, la dissolution dans la société de consommation, en plein blues de l’entrepôt («Waarehuus Blues»).

Les textes de Polo sont parfois explicitement politiques: «Da isch nüt vo Grächtigkeit / So wie’s i dr Verfassig schteit» («Rien de cette soi-disant justice / Celle qui figure dans la Constitution»), ou encore «Um WAS geits?». Mais il raconte aussi l’histoire du monde de manière personnelle, lorsqu’un vieil amour voit enfin sa chance arriver avec la chute du mur («Wenn in Berlin bisch»). Il s’exerce également à la critique sociale par le biais du discours indirect, développant sa poésie au comptoir d’un café, par exemple lorsque le fils du paysan du Lochmatt résume les promesses vides d’une vie dans les lumières de la ville: «Lah mi vergässe bim rote Wy» («Laisse-moi oublier avec un verre de rouge»), un texte populaire avec effets secondaires.

Parfois, Polo abandonne pour un temps son côté rebelle national et, sans pour autant se perdre en réflexion hautement intellectuelle, laisse la place à un parolier différent: par exemple lorsqu’il médite sur sa finitude dans «Im letschte Tram» ou qu’il juge littéralement Dieu et le monde dans «I dr Gartebeiz vom Hotel Eden».

Le rock’n’roll traduit pour la Suisse

Certaines des plus grandes chansons de Polo Hofer sont des traductions de génie, à l’instar de «Jersey Girl» de Tom Waits qui devient «Meitschi vom Wyssebüehl», d’«Alright Guy» de Todd Sniders devenue «Liebe Siech», de «Leopard-Skin Pill- Box Hat» de Bob Dylan transformée en «Schlangelädergurt». On décèle alors un autre rôle, l’un de ceux qui le rend si important pour la musique en dialecte suisse: Polo est traducteur. Pas seulement traducteur de paroles de chansons, mais l’un des principaux traducteurs du rock’n’roll et de la culture pop dans notre culture, nos coutumes.

Polo Hofer a fait résonner les aspirations – mais aussi la débauche – de la jeunesse et la rébellion contre un système bloqué. En bref, il a donné corps au style de vie rock’n’roll en Suisse alémanique. «D’Stüehl ewäg, mir sy giggerig u wei schwoofe» (Enlevez les chaises, nous voulons absolument danser): Il s’est laissé inspirer et a trouvé quelques-uns de ses sujets dans le catalogue de mythes de la culture rock’n’roll pour les transposés en Suisse. S’il y a peu de chances que nous fassions du stop sur l’autoroute avec Bobby McGee, il est possible que nous le fassions avec Rosmarie, de Paris à Gibraltar. Wyssebüehl est plus proche que le New Jersey.

Polo Hofer, en tant que personnage central de notre histoire, a ouvert des portes par lesquelles bon nombre d’autres musiciens se sont engouffrés, sans avoir forcément besoin de bien connaître sa musique. Il est désormais récompensé pour ce travail. En ce sens, le prix de la FONDATION SUISA 2017 récompense l’ensemble d’une carrière. Nous félicitons Polo de tout cœur!

www.polohofer.ch

Le prix de la FONDATION SUISA est un prix de reconnaissance pour les créations jugées exceptionnelles. La FONDATION SUISA donne ce prix aux auteurs et aux éditeurs de musique dont les créations ont particulièrement contribué à l’enrichissement de l’héritage culturel de notre pays. D’un montant de 25 000 francs, celui-ci est remis dans une catégorie différente chaque année.

Christoph Trummer a remporté le prix FONDATION SUISA 2011 dans la catégorie «Chanteur/compositeur». Il est né en 1978 et a grandi à Frutigen (BE). Outre ses activités liées à la musique, il est président de l’Association des musiciens suisses.

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Polo Hofer remporte le prix de la FONDATION SUISA 2017 dans la catégorie «Paroliers/ères». Le chanteur/compositeur bernois Christoph Trummer, contributeur invité, nous explique ce qui distingue les créations du lauréat.

Le New Jersey au sud de Berne - Polo Hofer Prix de la FONDATION SUISA 2017

Polo Hofer, vainqueur du prix de la FONDATION SUISA 2017, a su se frayer un chemin dans la culture populaire grâce à ses textes, tout en traduisant le style de vie rock’n’roll pour la Suisse alémanique. (Photo: Patric Spahni)

On pourrait résumer les choses ainsi: le prix de la FONDATION SUISA est un prix de reconnaissance pour les créations jugées exceptionnelles. En 2017, il est attribué pour la première fois à un parolier ou une parolière. Polo Hofer faisait partie des nominés. Le jury aurait-il vraiment pu prendre une autre décision?

Mais attardons-nous plutôt sur ce digne lauréat et son œuvre.

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Textes de chansons: «ça fonctionne donc c’est permis»

La FONDATION SUISA réserve cette année son prix de reconnaissance (25 000 francs) aux parolières et paroliers. Mais quelles sont les caractéristiques de paroles réussies ? Markus Ganz, contributeur invité, s’entretient avec Jean-Martin Büttner

Textes de chansons: «ça fonctionne donc c’est permis»

«Les paroles ne fonctionnent généralement pas sur le papier», affirme le journaliste Jean-Martin Büttner. (Photo: Dominic Büttner)

Jean-Martin, que penses-tu des paroles suivantes: «A Wop bop a loo bop a lop bam boom» ?
Jean-Martin Büttner: c’est un bon exemple de paroles codées. En effet, «Tutti Frutti» de Little Richard parle secrètement de drag queens et de pratiques sexuelles, en tout cas dans la version originale de 1955. A ce sujet, il faut savoir que le chanteur était triplement défavorisé: Richard était noir, homosexuel et originaire du Sud des Etats-Unis. Dans une interview, le politologue américain Greil Marcus a bien expliqué l’étonnant effet de ces paroles. Même sans comprendre le texte, on ressent par la joie qui se dégage du chant de Little Richard qu’il y a là-derrière quelque chose de probablement indécent. Cela peut paraître étonnant, mais ce texte est l’une des œuvres centrales de l’histoire du rock ‒ non parce qu’il dit quelque chose, mais parce qu’il exprime quelque chose.

Nik Cohn a écrit en 1971 dans son ouvrage «AWopBopaLooBopALopBamBoom», devenu entretemps un classique de la littérature rock, que ces paroles sont magistrales dans le sens qu’elles sont un «résumé de la substance réelle du rock’n’roll de l’époque». Il a également écrit que les paroles des chansons rock constituent une sorte de «langage codé pour les teenagers». La culture des jeunes est cependant en constante évolution. Est-ce que cela signifie que ce texte est figé dans son époque ?
Je pense que de telles considérations peuvent valoir pour tout texte de chanson et pour de nombreux poèmes également. Seuls les plus grands comme Shakespeare, Rilke ou Dylan peuvent écrire des textes qui portent au-delà de leur temps. Ce texte de Little Richard est indubitablement figé dans son époque, notamment parce qu’il a dû être codé jusqu’à devenir incompréhensible pour passer sous le radar de la censure des stations de radio blanches d’alors. On peut constater avec ironie que la même chose vaut pour les paroles explicites, vulgaires et crues du hip-hop. Il devient assez rapidement lassant d’entendre des textes où les femmes sont réduites à des catins buveuses de champagne et où on n’hésite pas à entonner un hymne à ses chaussures de sport.

En quoi ces paroles de Little Richard gardent-elles une pertinence ?
«Tutti Frutti» est un texte historique. Mais il convient de garder à l’esprit que Nik Cohn avait une position anti-intellectuelle par rapport à la signification du rock’n’roll. Et que son livre fut l’un des premiers sur la musique rock. Je l’aime aujourd’hui encore, car l’écriture est radicale. Nik Cohn, d’emblée une personne en marge en tant que juif irlandais, a écrit certaines phrases d’anthologie, comme par exemple qu’il n’existait quasiment aucun véritable texte dans le rock’n’roll. Je pense qu’il considérait cela comme une provocation, mais pas uniquement. C’était une attaque contre des artistes comme Dylan ou les Beatles, qui ont à son avis ruiné le rock avec leurs prétentions littéraires.

La mise sur un piédestal des textes de chansons dans le cadre de l’attribution du Prix Nobel de littérature à Bob Dylan constitue-t-elle une perte pour la tradition des textes un peu absurdes ?
Pas du tout, car il n’existe heureusement aucune instance chargée de décider si un texte de chanson est bon ou non. En outre, Dylan a lui aussi écrit des textes qu’on peut qualifier de surréels, avec certes des jeux de mots et une dimension humoristique, mais aucun sens bien compréhensible, comme par exemple «Subterranean Homesick Blues» en 1965. Avec cette chanson, Dylan fait référence (il ne l’a jamais nié) à «Too Much Monkey Business» de Chuck Berry, et n’est ainsi pas très éloigné de Little Richard. Dylan semble donc plus proche des héros de Nik Cohn que celui-ci peut le penser. Dylan a d’ailleurs indiqué un jour que son objectif professionnel était de devenir le pianiste de Little Richard!

«La poésie a toujours été un art oratoire. Durant l’Antiquité déjà, les poètes récitaient leurs textes.»

Mais, tout compte fait, les textes de chansons n’ont-ils pas de plus en plus perdu le caractère qu’ils avaient à l’origine ?
On touche ici à la question du sens. Je me suis toujours battu contre cette idée absurde que la musique rock devrait rester une musique de jeunes comme elle l’était à l’origine. Elle s’est plutôt affirmée comme une culture évoluant avec ses créateurs. Bob Dylan, Johnny Cash ou Leonard Cohen sont ou ont été pertinents même à l’âge ou d’autres sont à la retraite. De plus, la poésie a toujours été un art oratoire. Durant l’Antiquité déjà, les poètes récitaient leurs textes.

Little Richard cultivait la provocation ‒ et c’est devenu difficile aujourd’hui …
Cette attitude paraît dépassée depuis longtemps. Pensons à Lady Gaga, dont les provocations font clairement partie d’un plan marketing. Sa dernière provocation consistant à se montrer sans maquillage met en évidence son désarroi. On se souvient du scandale provoqué par David Bowie lorsqu’il avait affirmé être homosexuel ‒ ce qui était faux. De tels effets de choc, d’Alice Cooper à Marilyn Manson, ont perdu tout leur impact. Mais la bonne musique reste de la bonne musique.

Dans la musique rock, le texte est fortement lié à d’autres aspects comme le son ou le phrasé, des aspects qui lui donnent parfois toute sa signification. Mais la fonction du texte n’a-t-elle pas changé avec le temps ?
Je suis souvent étonné de constater à quel point les auditeurs prêtent peu d’attention au texte. Il en a probablement toujours été ainsi. Les Beatles ont par exemple principalement écrit des textes d’une banalité confondante jusqu’en 1965, comme celui de «She Loves You», malgré leur ironie et leur talent lyrique et d’écriture. Il est intéressant de constater que les textes jouent un rôle prépondérant dans le hip-hop, alors que la musique y est souvent assez monotone et répétitive. En outre, on peut remarquer que, au cours de ces dernières décennies, les paroles sont passées de plus en plus souvent de l’anglais à l’allemand, l’italien ou le français, pour le chant et le rap. Dans ces conditions, il est logique que les textes reprennent une plus grande importance. Pensez à Peter Fox (Seeed): son album solo, «Stadtaffe», est un hymne à Berlin, la ville d’où il est originaire; grâce au texte en allemand, les Berlinois ont pu s’y identifier.

«Les textes de chansons, ce n’est pas une matière qu’on apprend à l’école. Chacun de nous a la liberté de choisir une approche.»

Cet exemple montre également que, parfois, il est nécessaire de connaître le contexte de création du texte pour en comprendre le sens. Mais l’auteur d’un texte peut-il attendre des personnes auxquelles il s’adresse qu’elles s’intéressent de près aux paroles ?
Les textes de chansons, ce n’est pas une matière qu’on apprend à l’école. Chacun de nous a la liberté de choisir une approche. L’une de mes amies a longtemps enseigné la danse hip-hop. La musique servant à la danse, elle n’a pas remarqué que les morceaux utilisés contenaient souvent des textes méprisant les femmes. A chacune et chacun de faire la part des choses!
Dans le cadre de concerts, je constate souvent que la méconnaissance des paroles peut conduire à des confusions. Un exemple classique, qui induit en erreur même certains Américains, c’est la chanson «Born in the U.S.A.» de Bruce Springsteen. Le morceau parle du destin des vétérans du Vietnam, mais est plein d’ambivalence, notamment parce qu’il commence par un air de fanfare et que, sur la couverture de l’album, Springsteen y apparaît devant un drapeau américain. Message de gauche, refrain de droite. Reagan n’entendit que le second et fut enthousiasmé; Springsteen se distança en grommelant. Le disque fit de lui un millionnaire.

Mais le message ne passe-t-il pas d’une manière ou d’une autre ?
Dans un essai, Greil Marcus, dont il a été question plus haut, a expliqué pourquoi tout ce que Springsteen chante reste sans conséquence. L’artiste peut chanter autant de fois qu’il le souhaite les familles détruites et la pauvreté régnant aux USA, le fait est que personne ne réagit. Ce silence prouve que tous ces appels restent sans effet. Comment pourrait-il en être autrement ? J’ai demandé un jour à l’humoriste Eddie Izzard si l’humour pouvait avoir un impact social. Sa réponse fut que seule la politique pouvait provoquer des changements, et que c’est pour cela qu’il était candidat au Parlement. Si l’on veut changer les choses, il faut changer les lois.

Les paroliers disent souvent que, avec leurs textes, ils souhaitent provoquer certaines associations d’idées pour que l’auditeur s’approprient la chanson …
Cela me fait penser au rôle important d’une chanson du jeune James Brown dans les années 60, «Say it loud – I’m black and I’m proud», que les jeunes noirs écoutèrent beaucoup. C’était une sorte de mode d’emploi pour l’identité noire ‒ avec l’affirmation que, même en tant que membre d’une minorité, il est possible d’exister, d’être important aux USA avec une possibilité de s’exprimer.

Il les a encouragés à s’affirmer …
Exactement, de nombreux textes de chansons ont joué un rôle important pour le mouvement de défense des droits civiques. Certaines chansons ont également joué un grand rôle dans le mouvement contre la guerre du Vietnam. Pourquoi «Sloop John B» des Beach Boys est-il devenu un hymne pour les GI au Vietnam, alors que cette reprise parle simplement d’un conflit sur un bateau? Parce que le refrain est le suivant: «Why don’t they let me go home, this is the worst trip I’ve ever been on». Pas étonnant que cela ait eu un écho au Vietnam. Ou encore: «Nowhere To Run» de Martha And The Vandellas, une chanson d’amour qui cachait un slogan de gauche contre l’Etat.

Un texte peut parfois changer complètement de sens selon le point de vue …
Le morceau «Another Brick In The Wall» de Pink Floyd est un bon exemple de cela. En Afrique du Sud, il a été transformé par les écoliers blancs et noirs en hymne contre l’apartheid. Le chercheur allemand Diedrich Diederichsen a dit un jour que la pop est un canal ouvert. L’avantage est que tout y est possible. Si le public décide qu’une chanson a telle ou telle signification, il en est ainsi.

«L’un des exemples les plus connus de chanson dont la première version des paroles ne devait pas être prise au sérieux, c’est ‹Yesterday› de Paul McCartney. Le texte initial était le suivant: ‹scrambled eggs, baby I love your hairy legs› !»

Ces derniers mois, de nombreux musiciens se sont prononcés contre Donald Trump, mais peu de chansons explicites sont nées de cette fronde …
La journaliste britannique Julie Burchill a écrit un jour que rien ne pouvait mieux castrer un message politique qu’un backbeat bien appuyé. Bob Dylan s’en est assez vite rendu compte et a arrêté d’écrire des chansons d’accusation directe; il s’est mis à penser de manière plus approfondie. Ses chansons explicitement politique comme «Now Ain’t The Time For Your Tears» ont bien moins vieilli que celles qui expriment une critique générale de la guerre comme «Masters of War». Je pense que les grands artistes ne réfléchissent pas en termes de semaines ou d’années, et que les grandes chansons politiques ne se rapportent pas spécifiquement à un cas donné. La chanson «The Revolution Will Not Be Televised» de Gil Scott-Heron est universelle; de plus, elle intègre une dimension d’humour et d’ironie, ce qui est malheureusement rarement le cas pour les musiciens protestataires.

De nombreux auteurs reconnaissent que leurs textes naissent lorsque la musique est déjà terminée. Comment expliques-tu cela ?
L’un des exemples les plus connus de chanson dont la première version des paroles ne devait pas être prise au sérieux, c’est «Yesterday» de Paul McCartney. Le texte initial était le suivant: «scrambled eggs, baby I love your hairy legs» ! Lors de sa conférence de presse l’an passé à Genève, Brian Eno a raconté que la plupart des chanteurs recouraient lors des répétitions dans un premier temps à une sorte de «yaourt» sans signification. Un refrain ou «hook» apparaît ensuite, sur la base duquel le texte peut se développer. De nombreux musiciens procèdent de la sorte, par exemple Bono ou Mick Jagger. La création de paroles est parfois difficile même pour des auteurs ayant fait leurs preuves. Randy Newman m’a par exemple avoué lors d’un entretien qu’il lui était plus facile de créer des mélodies que des textes, l’écriture de paroles se transformant parfois en cauchemar.

Mais est-ce qu’on ne peut pas dire que les paroles sont souvent secondaires, qu’elles doivent seulement être un support pour la mélodie ?
Ce n’est pas forcément le cas, comme le montre l’exemple d’Abba. On peut bien entendu affirmer sans trop prendre de risque que «I do, I do, I do, I do, I do» ne sont pas des paroles susceptibles d’entrer au Pantéon des paroles les plus marquantes. Mais «Knowing Me, Knowing You» est un morceau qui contient un message amer adouci par une mélodie ravissante. Le texte parle d’un divorce et est l’une des chansons préférées d’Elvis Costello. On peut penser également à «The Day Before You Came», le dernier single d’Abba, qui combine un excellent texte et une musique incroyablement triste.

On le sait, les paroles naissent souvent presque par hasard de manière un peu spontanée …
L’exemple probablement le plus connu de chanson née presque par accident, c’est «Smoke On The Water» de Deep Purple. Spectateurs de l’incendie du casino de Montreux, le groupe a écrit assez rapidement cette chanson prenante, qui est en fait très descriptive. Bob Dylan connaît lui aussi parfois des phases de créativité compulsive: l’ensemble des textes pour l’album «Time Out Of Mind» auraient ainsi été rédigés en deux semaines, un exploit si l’on considère leur longueur.

Cela correspond assez à la manière de procéder des chanteurs à texte, qui tendent à réduire une histoire à son essence. Chez ceux-ci, on trouve également parfois l’extrême inverse, où le texte est uniquement emballé musicalement …
On constate cela lorsque le texte est si dominant par rapport à la musique que celle-ci devient presque un prétexte. La situation est différente avec un bon songwriter comme Dylan. «It’s Alright, Ma (I’m Only Bleeding)» contient des mots en cascades et fonctionne tout de même bien parce que la langue se transforme en instrument produisant un rythme. Comme exemple contraire, pensons à une chanson des Beatles écrite par John Lennon: «I Want You (She’s So Heavy)»: Malgré sa durée de presque huit minutes, elle est constituée d’une seule phrase avec des variations. Cela montre que les libertés sont très grandes. On se souvient de la belle phrase de Max Frisch: «ça fonctionne donc c’est permis.».

«Il faut cesser de penser que les paroles de chansons peuvent être appréciées simplement en les lisant; sur le papier, elles ne fonctionnent généralement pas, et y sont sans vie.»

Ce principe pourrait également s’appliquer pour les paroles de chansons d’amour, l’amour restant le thème principal pour la musique pop. Une chanson d’amour peut paraître niaise si l’on considère ses paroles mais tout de même fonctionner à merveille. Qu’est-ce qui fait la différence ?
«I Will Always Love You» est un bon exemple d’impact très différent d’un même texte, selon l’instrumentation et l’interprétation. Cette chanson n’est pas de Whitney Houston à l’origine, mais de Dolly Parton. Et sa version originale de 1974 est grandiose, bien que le texte soit incroyablement banal: l’émotion naît de l’interprétation.

Les mêmes paroles peuvent également avoir des sens différents selon l’interprétation …
Oui, et la chanson «You Can Leave Your Hat On» de Randy Newman permet d’illustrer cela. Dans sa version originale, cette chanson d’amour comporte une dimension de menace, le protagoniste apparaît comme un harceleur qui nous fait peur. Dans la version de Joe Cocker, la chanson ne parle plus d’un prédateur sexuel et devient un hymne au sexe et à la liberté ‒ et c’est dans cette interprétation qu’elle a été utilisée dans le film «9 Semaines 1/2».

Les textes de deux chansons d’amour peuvent être similaires en ce qui concerne le choix du vocabulaire et avoir un effet très différent, insignifiant ou captivant. Pourquoi ?
Il faut cesser de penser que les paroles de chansons peuvent être appréciées simplement en les lisant; sur le papier, elles ne fonctionnent généralement pas, et y sont sans vie. L’une des raisons est que, pour les paroles, la technique de la répétition joue un rôle non négligeable; les textes de Nick Cave par exemple sont absurdes sur le papier.
Il y a cependant des exceptions, et les textes des chansons de Leonard Cohen en font partie. Cela s’explique probablement par le fait qu’il a avant d’enregistrer des chansons écrit trois livres et deux recueils de poèmes. Il a recouru à la guitare car il pensait qu’il pourrait ainsi atteindre un plus grand public. Mais la magie des paroles se révèle dans la plupart des cas au moment où elles sont chantées. Pensez par exemple à «Hitch Hike» de Marvin Gayes. Son chant donne au morceau une élégance lascive.

Avec le chant, on peut également briser les stéréotypes d’un texte ou ajouter une note d’ironie …
Lyle Lovett a fait exactement le contraire dans la chanson «She’s Leaving Me Because She Really Wants To». Le texte est à l’origine marqué par de l’ironie, mais il l’a chanté dans une version country d’une manière manquant complètement d’ironie. La rupture est dans ce cas qu’il s’est emparé d’un texte non conventionnel, que le genre persiffle habituellement, et l’a interprété de manière conventionnelle.

Le chanteur et producteur Roman Camenzind a affirmé un jour qu’un texte de chanson devait absolument être écrit par l’auteur dans sa langue maternelle pour qu’il ait un caractère authentique …
C’est une bonne thèse, même s’il y a des contre-exemples. Dans le cas de Rammstein, je suis fasciné de constater que les personnes qui viennent à leurs concerts chantent les paroles en allemand même dans des lieux comme Mexico City ou New York. Le chanteur Till Lindemann m’a confié qu’il pensait que la plupart chantaient ses paroles de manière phonétique uniquement. A cet égard, la langue anglaise est assez perfide. C’est un peu comme quand on commence à jouer de la guitare: il est assez facile de jouer trois accords, et cela sonne assez bien. Mais c’est plus compliqué pour la suite. Et cela se remarque assez souvent dans le cas d’auteurs qui ne sont pas de langue maternelle anglaise.

Et en Suisse ?
Il y a certes en Suisse d’excellents paroliers, notamment Kutti MC, Endo Anaconda (Stiller Has), Kuno Lauener (Züri West) et Carlos Leal (Sens Unik). En Suisse alémanique, la réalité est que le dialecte restreint beaucoup le public; la situation est très différente en Allemagne à ce sujet.

Un auteur suisse qui souhaite vivre de la musique doit donc essayer de trouver un public aussi large que possible en recourant à une langue internationale. Est-ce que cela se fait au détriment de l’authenticité ?
Yello est un bon exemple qui montre que l’utilisation de l’anglais peut bien fonctionner. Dieter Meier a créé de nombreux textes dadaïstes et son anglais est assez suisse, avec un accent et un côté humoristique. Les personnalités des deux artistes sont bien perceptibles, ce qui donne un aspect authentique. Les Young Gods connaissent également un grand succès, alors que Franz Treichler chante ses textes avec un accent français; mais dans ce cas, c’est surtout sa voix qui est importante et non les textes. Pour moi, ce sont les deux groupes suisses les plus importants; malgré leur rayonnement international, ils ont conservé leur identité. Les groupes qui chantent en français, comme Sens Unik, ont davantage de chance car leur langue maternelle est une langue internationale.

Jean-Martin Büttner (né en 1959) a grandi à Bâle et est bilingue (allemand et français). Il a étudié la psychologie, la psychopathologie et l’anglais à Zurich et son travail de fin d’études portait le titre suivant: «Sänger, Songs und triebhafte Rede. Rock als Erzählweise» (livre publié en 1997, aujourd’hui épuisé). Dans les années 80, il a écrit régulièrement pour le magazine musical Music Scene, qui était à l’époque dirigé par Markus Ganz, qui a réalisé la présente interview. Depuis 1987, il est engagé au quotidien Tages Anzeiger. Il a travaillé comme rédacteur dans la rubrique culturelle et dans la rubrique suisse et comme correspondant pour la Suisse romande et rédacteur au Palais fédéral. Depuis 2010, il écrit sur différents sujets et notamment régulièrement sur la musique.
Prix de reconnaissance pour paroliers-ières
La FONDATION SUISA met au concours son prix de reconnaissance 2017 (CHF 25 000.-) pour des parolières et paroliers. Les travaux sont pris en compte dans toutes les langues. L’ensemble de l’œuvre des candidates et des candidats sera évalué, et non les textes isolés. L’œuvre des participantes et des participants doit avoir un lien avec la création musicale suisse de notre temps. Les propositions de candidatures émanant de tiers sont également possibles. Un jury spécialisé évaluera les dossiers déposés sur la base du règlement du prix. Dernier délai d’envoi: 24 février 2017. Des informations complémentaires ainsi que le règlement et le formulaire d’inscription sont disponibles sur le site Internet de la FONDATION SUISA.
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«Rien ne vaudra jamais une chanson bien écrite» Pour Tobias Jundt, son succès international avec Bonaparte constitue aujourd’hui le point culminant de sa longue carrière d’auteur-compositeur. Il a composé plusieurs centaines de titres, créé dans une large variété stylistique, pour ou avec d’autres artistes. Ce Bernois qui vit à Berlin transmet ses connaissances et son expérience de compositeur en tant que professeur invité à la Haute école des arts de Zurich dans la matière «Songwriting». Voici une interview avec ce membre de SUISA nominé au Grand Prix de musique 2016 et qui se produira avec son nouveau groupe Mule & Man au Festival Label Suisse à Lausanne. Continuer
Apporter harmonie et rythme à la mélodie La FONDATION SUISA décerne le Prix du Jazz 2016 à Heiri Känzig. Moins connu pour ses talents de compositeur, ce musicien zurichois figure parmi les très grands contrebassistes d’Europe. Heiri Känzig est vraisemblablement plus connu sur la scène internationale du jazz qu’il ne l’est du grand public suisse. Il faut dire que ce contrebassiste n’a jamais cherché à attirer les foules, mais a toujours séduit par une musicalité épurée. Continuer
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Prix pour compositeurs lors des Swiss Music Awards | avec vidéo

Le jeune artiste Nickless et le producteur bien connu Thomas Fessler ont été les lauréats du tout premier prix pour compositeurs décerné en 2016 lors des Swiss Music Awards. «Waiting», la chanson qui leur a permis de gagner ce prix n’est pas tombée du ciel, mais a nécessité un grand travail de collaboration. Lors des Swiss Music Awards 2017, SUISA distinguera une nouvelle fois le travail des compositeurs et des paroliers au moyen d’un prix.

La première distinction pour compositeurs remise lors des Swiss Music Awards est allée à un nouvel arrivant et a un professionnel chevronné: l’artiste zurichois de 21 ans Nickless et le producteur Thomas Fessler ont obtenu ce prix pour la chanson «Waiting», composée ensemble.

La création de cette chanson a nécessité de l’inspiration, mais également un grand travail, qui s’est étalé sur une longue période. «Waiting» a atteint en avril 2015 la place 14 au hit-parade suisse des singles et a gagné en 2016 un Swiss Music Award dans la catégorie «Best Hit».

Pour la première fois en 2016, dans le cadre de cette même catégorie et en collaboration avec SUISA, compositeurs et paroliers sont mis en avant. Grâce au prix «Songwriter» des Swiss Music Awards, le public peut remarquer que les chansons ne tombent pas du ciel, mais qu’elles sont le fruit d’un grand travail et de beaucoup de passion , expliquait le producteur Thomas Fessler en interview. Nickless s’est quant à lui réjoui de la consécration qu’apporte cette distinction à l’œuvre.

«Derrière tout grand succès musical, il y a des compositeurs et des paroliers», souligne Andreas Wegelin, Directeur général de SUISA. «Pour SUISA, il est important que le travail de ces auteurs soit également récompensé lors des Swiss Music Awards.» C’est pourquoi en 2017, un prix sera à nouveau remis au compositeur du titre victorieux de la catégorie «Best Hit».

Les artistes et hits suivants sont nommés dans la catégorie «Best Hit» des Swiss Music Awards 2017, et par là même, pour le prix pour compositeurs:

«Angelina»
Compositeurs et paroliers: Andreas «DJ Arts» Christen, Dabu Bucher, Gianluca Giger
Interprète: Dabu Fantastic

«Thank You»
Compositeurs et paroliers: Arie Storm, DJ Antoine, Eric Lumière, Fabio «Mad Mark» Antoniali
Interprète: DJ Antoine

«Monbijou»
Compositeurs et paroliers: Joachim Piehl, Lucien Spielmann, Manillio
Interprète: Manillio

Le prix pour compositeurs sera remis au nom de SUISA, coopérative des auteurs et éditeurs de musique, lors de la cérémonie d’attribution des Swiss Music Awards, le 10 février 2017 au Hallenstadion à Zurich.

Nickless, site web
571 Recording Studios, site web
Swiss Music Awards, site web

SUISA est membre de l’association Press Play. Cette association fondée en 2012 est l’entité officielle chargée de l’attribution des prix lors des Swiss Music Awards.

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La création de cette chanson a nécessité de l’inspiration, mais également un grand travail, qui...Continuer

Apporter harmonie et rythme à la mélodie

La FONDATION SUISA décerne le Prix du Jazz 2016 à Heiri Känzig. Moins connu pour ses talents de compositeur, ce musicien zurichois figure parmi les très grands contrebassistes d’Europe. Texte de Markus Ganz, contributeur invité

Heiri Kaenzig Prix du Jazz FONDATION SUISA

«Son répertoire varié et sa dextérité en font un virtuose de la contrebasse», a déclaré la FONDATION SUISA dans son communiqué de presse lors de la remise du Prix du Jazz à Heiri Känzig, le vainqueur de cette année. (Photo: Pablo Faccinetto)

Heiri Känzig est vraisemblablement plus connu sur la scène internationale du jazz qu’il ne l’est du grand public suisse. Il faut dire que ce contrebassiste n’a jamais cherché à attirer les foules, mais a toujours séduit par une musicalité épurée. Né à Zurich en 1957, il est parti très jeune à l’étranger pour étudier la musique, et a longtemps vécu dans des villes telles que Vienne, Munich et Paris. Pendant notre entretien, Heiri Känzig a évoqué avec un sourire le moment où Mathias Rüegg l’a encouragé à quitter le lycée de Schiers pour étudier au conservatoire de Graz. Plus tard, il a suivi le co-fondateur du Vienna Art Orchestra à Vienne. Cet orchestre est devenu pour lui un véritable tremplin, lui permettant d’intégrer la scène internationale du jazz.

Vienne, le point de départ

En 1977, Heiri Känzig devient membre du Vienna Art Orchestra (il le sera pendant 15 ans) et joue, dès ses débuts, le single (!) «Jessas na» (1978) qu’il qualifie de «disque fou». Il fait ainsi partie d’une scène innovante et se fait rapidement un nom étant que contrebassiste. Dès 1978, il accompagne le trompettiste de be-bop Art Farmer. Depuis, Heiri Känzig a joué avec de grands noms du jazz tels qu’Art Lande, Kenny Wheeler, Lauren Newton, Billy Cobham et Ralph Towner. Il était également particulièrement proche de Charlie Mariano. Autre fait atypique: en 1991, il fut la première personne non-française à devenir membre de l’Orchestre National de Jazz.

Heiri Känzig souligne toutefois qu’il ne se considère pas uniquement comme un joueur de jazz: «J’aime jouer différents styles de musique.» Il le montre notamment avec «Tien Shan Schweiz Express» (un projet rassemblant des musiciens du Kirghizistan, de Khakassie, de Mongolie, de Suisse et d’Autriche) ou encore avec son projet en compagnie du joueur d’oud algérien Chaouk Smahi. Heiri Känzig a également joué en studio pour Nena et Andreas Vollenweider. Nous nous étonnons de voir dans sa biographie près de 130 albums, alors qu’il est surtout connu comme musicien live ; mais il nous le confirme et explique qu’il y en a nettement plus aujourd’hui, dont une trentaine avec le Vienna Art Orchestra.

Un compositeur sous-estimé

Véritable constante dans la carrière de Heiri Känzig, sa collaboration avec Thierry Lang a commencé bien avant son contrat avec le légendaire label Blue Note. Depuis près de 25 ans, il joue avec ce pianiste originaire de Suisse romande, la plupart du temps en trio, parfois aussi avec des musiciens invités, voire même avec un quatuor à cordes comme c’est le cas actuellement. Il participe également de plus en plus aux compositions. En tant que co-leader, Heiri Känzig travaille aujourd’hui avec l’immense jazzman Chico Freeman, en duo et en quatuor, ainsi qu’avec le Cholet Kaenzig Papaux Trio et le trio Depart créé en 1985 avec Harry Sokal, dont Martin Valihora est désormais le batteur.

Dans le dernier album de Depart, survolté et intitulé «Refire» (2014), la plupart des morceaux sont composés par Heiri Känzig. Malgré cela, on le décrit souvent simplement comme un «accompagnateur chevronné» – ou par des qualificatifs similaires. «En tant que contrebassiste, on n’est pas le leader, contrairement au trompettiste ou au pianiste», déclare-t-il sereinement. «La contrebasse est d’abord un instrument d’accompagnement qui, en outre, produit des sons graves, plus difficiles à distinguer au niveau purement acoustique comparés à ceux d’autres instruments.» Heiri Känzig confirme également que la contrebasse a pour fonction de lier les différents types d’instruments. Et d’ajouter en riant: «Nous, les bassistes, sommes en quelque sorte des diplomates parmi les musiciens, et apportons l’harmonie et le rythme à la mélodie. C’est pour cela que nous sommes des personnes aussi conciliantes …»

Virtuosité et son

Pour composer, en revanche, il nous confie ne pas se soucier du rôle de la contrebasse. Il se contente de jouer et s’installe d’ailleurs souvent au piano. «Au début d’une composition, soit je crée vraiment des lignes de contrebasse qui m’inspirent et, dans ce cas, ce sont plutôt des points de départ rythmiques ; ou alors je travaille au piano, et je sonde plutôt l’aspect harmonique.» Ces deux manières de procéder sont totalement différentes, mais la suite du développement des morceaux a pourtant un point commun. «Composer est un processus palpitant car on ne sait pas où cela nous mène. On ne sait pas ce que cela donnera et pourtant, il y a toujours quelque chose pour nous dire là où il faut creuser.»

Dans les médias, la virtuosité de Heiri Känzig est toujours mise en avant. «On peut évidemment se dire», précise-t-il en haussant les épaules, «que cela n’a aucun sens en contrebasse car, souvent, on n’entend pas bien les sons graves. Mais j’ajoute de la couleur à la musique. Parfois, on pourrait même presque parler d’un orage de sons.» Autant d’éléments qui contribuent fortement à rendre son style très individuel et exceptionnel, chose que Heiri Känzig ne peut pas vraiment expliquer: «Cela est peut-être lié au fait que j’ai très rarement copié.»

Heiri Känzig est né en 1957. Il a grandi à Zurich et à Weiningen et a étudié la musique à Graz, Vienne et Zurich. Il vit à Meilen depuis 1990 et travaille comme professeur de contrebasse à la haute école de musique de Lucerne depuis 2002. La chanteuse et compositrice Anna Känzig est sa nièce; ils prévoient de se produire ensemble sur scène en mai 2017. ‒ Le Prix du Jazz 2016, d’une valeur de CHF 15 000.–, sera remis à Heiri Känzig dans le cadre d’un concert spécial organisé le dimanche 4 décembre 2016, à 11h00, au Moods à Zurich. Heiri Känzig se produira avec Chico Freeman et Thierry Lang, d’abord en duo avec chacun des deux, puis en trio.
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Heiri Kaenzig Prix du Jazz FONDATION SUISA

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«Rien ne vaudra jamais une chanson bien écrite»

Pour Tobias Jundt, son succès international avec Bonaparte constitue aujourd’hui le point culminant de sa longue carrière d’auteur-compositeur. Il a composé plusieurs centaines de titres, créé dans une large variété stylistique, pour ou avec d’autres artistes. Ce Bernois qui vit à Berlin transmet ses connaissances et son expérience de compositeur en tant que professeur invité à la Haute école des arts de Zurich dans la matière «Songwriting». Voici une interview avec ce membre de SUISA nominé au Grand Prix de musique 2016 et qui se produira avec son nouveau groupe Mule & Man au Festival Label Suisse à Lausanne.

Tobias Jundt Bonaparte Interview

Avec son nouveau projet Mule & Man, Tobias Jundt (allongé) se produira en live avec Kid Simius (debout) le samedi 17 septembre 2016 aux Docks lors du Festival Label Suisse. (Photo: Melissa Jundt)

Que signifie pour vous la nomination au Grand Prix de musique de l’Office fédéral de la culture?
Tobias Jundt: Je suis bien sûr honoré que mon art soit reconnu et apprécié en tant que tel. Quand on crée quelque chose qui tombe normalement plutôt entre deux catégories et ne rentre pas dans un moule, il faut du temps pour être perçu comme un artiste avec son propre langage. Etant donné la diversité de l’offre, il est presque impossible de comparer les créations des uns et des autres ou de les pondérer. Mais après 30 ans de carrière comme auteur-compositeur, je suis vraiment flatté de pouvoir contribuer à représenter le langage culturel de mon pays en tant que voix musicale possible.

L’OFC remet en 2016 le Grand Prix de musique en amont du Festival Label Suisse. Pendant 3 jours, ce festival présente à Lausanne principalement de la musique suisse de divers genres. L’entrée aux concerts est gratuite. Pourquoi la musique suisse a-t-elle besoin d’un prix de musique de l’OFC et d’un festival comme Label Suisse?
Je pense que nous pouvons tout simplement nous estimer heureux d’appartenir à un Etat qui prend le temps de rendre hommage à l’art, et qui, par chance, a également les moyens de faciliter pendant un certain temps le travail aux artistes honorés grâce à ce prix. Même sans prix, toutes les personnes nominées feraient sans relâche ce qu’elles font et défieraient les aléas de la vie. Nous devons accepter avec reconnaissance le soutien de l’OFC qui nous permet d’avoir le vent en poupe pour avancer.
Quant aux festivals, ils sont des lieux de découverte. Les auditeurs découvrent des groupes de musique, les artistes découvrent d’autres artistes, des collaborations naissent et, accessoirement, le fan d’accordéon schwyzois tombe amoureux de l’amateur de Stockhausen. Les festivals ne remplaceront jamais l’expérience d’un concert d’un seul artiste pendant toute une soirée, mais ils sont très importants comme lieux d’échanges et de confrontations d’expressions. La défense d’une culture vaste et cosmopolite représente toujours la bonne voie.

«Il faut de l’endurance, une combativité implacable et de la ténacité lorsqu’on veut vivre pleinement la poussée artistique.»

Vous avez dit un jour au journal NZZ qu’en Suisse on ne peut survivre qu’avec de la musique pop grand public ou dans des genres fortement subventionnés comme le jazz ou la musique classique. Qu’est-ce qui doit changer pour que la diversité des créateurs de musique suisses se fasse entendre de plus en plus, tant en Suisse qu’à l’étranger?
L’un des problèmes est qu’une niche musicale se concentrant uniquement sur la Suisse est vraiment petite. Par conséquent, on ne peut pas l’exercer comme profession principale, mais plutôt comme activité secondaire. Il faut donc soit évoluer dans un genre qui se vend bien, soit dans un environnement subventionné, ou tout simplement s’attaquer à un plus grand territoire géographique. La dernière option demande de l’endurance, une combativité implacable et de la ténacité lorsqu’on veut vivre pleinement la poussée artistique. A moins que la motivation pour cette folie artistique ne soit ancrée très profondément, la plupart des Suisses n’ont malheureusement aucune raison urgente de mettre en danger la qualité de vie qui prévaut déjà. Il faut quand même être un peu fou pour être prêt à y renoncer, au moins temporairement, pour cultiver un champ musical difficile à l’extérieur. Lors de mes voyages, je rencontre régulièrement des Suisses qui sont très actifs à l’étranger. C’est certainement plus une question d’attitude que de manque de talent.

Depuis 2006, vous vivez et travaillez à Berlin et vous y êtes bien établi. Comment peut-on exister en tant qu’auteur-compositeur suisse à l’étranger et comment la musique suisse est-elle perçue à l’étranger selon vous?
La plupart des gens de ce système solaire adorent la Suisse et ce qu’elle incarne. On a tendance à l’oublier lorsqu’on reste assis trop longtemps sur la montagne. Quand je compose de la musique pour d’autres artistes à Berlin ou à New York, personne ne me demande jamais où j’ai grandi. Il s’agit toujours d’une seule chose: écrire l’œuvre adaptée à la phase correspondante d’un artiste. A cet égard, il peut s’agir de succès commercial ou d’un renouvellement artistique. Et quand je chante mes chansons en tant qu’artiste solo «Bonaparte», de Pékin à Wellington, personne ne me demande quelles sont mes origines – bien que, très honnêtement, j’aime ajouter que je suis Suisse, parce que c’est ce qui me distingue de la plupart des autres artistes et que c’est une partie importante de mon être. Pour survivre, il faut avoir un esprit vigilant, absorber, puis utiliser les différents paramètres des cultures. Tout le monde peut faire cela, peu importe son origine.

«J’estime que la Suisse possède l’une des meilleures sociétés d’auteurs du monde. SUISA est l’endroit auquel j’appartiens en tant que compositeur.»

Vous vivez en Allemagne, mais vous êtes membre de SUISA qui est suisse. Pourquoi?
«J’estime – et je partage ce point de vue avec quelques auteurs étrangers – que la Suisse possède l’une des meilleures sociétés d’auteurs du monde. Je dis cela en toute bonne foi et par conviction personnelle. Par le passé, j’ai également été membre de BMI aux Etats-Unis et je fais partie d’une maison d’édition à la GEMA. Tout ça, c’est bien, mais SUISA est l’endroit auquel j’appartiens en tant que compositeur. J’ai bien aimé la période sous Poto Wegener et, grâce à son soutien, j’avais aussi commencé à cette époque à me confronter de manière plus approfondie au droit d’auteur. Les bonnes relations avec la maison SUISA sont restées, et j’apprécie énormément l’échange et le respect mutuel.

Vous enseignez à la Haute école des arts de Zurich dans la matière «Songwriting». Est-ce qu’on peut apprendre à écrire un tube? Quels conseils donnez-vous aux étudiants pour leur avenir dans la composition?
Le plus souvent, je leur conseille d’oublier tout ce qu’ils croient savoir. J’aime exprimer mon souhait qu’ils écrivent des chansons en tant que personnes et non en tant que musiciens. Bien sûr, les connaissances analytiques ou théoriques et les techniques pratiques nous aident à sortir plus rapidement des impasses musicales. Mais au fond, lorsqu’il s’agit de trouver des idées, pas grand-chose nous différencie de Monsieur et Madame Tout-le-Monde qui sifflent une mélodie sous la douche le matin. On peut, bien sûr, comme pour tout dans la vie – de la position pour tenir un club de golf au Kamasutra pour l’amant – s’approprier une technique grâce à laquelle on réussit à écrire de bonnes chansons n’importe quel jour gris de la semaine. Mais de bonnes chansons, il y en a beaucoup et assez – on doit donc plutôt essayer de composer des chansons avec une touche personnelle qui interpelle; des chansons qui, même une fois accomplie l’œuvre d’une vie comme celle de Lennon-McCartney, Udo Jürgens, Igor Stravinsky et Daft Punk, sont toujours en droit de venir aux oreilles de l’humanité. On n’y arrive pas toujours, mais l’auteur-compositeur doit se lever le matin pour tenter d’écrire une chanson qui enrichit encore ce monde à sa manière.

«La chose la plus importante qui existe, encore et toujours plus aujourd’hui, c’est l’idée musicale.»

Le musicien sur la scène de concert n’est pas forcément l’auteur-compositeur, souvent oublié à côté de la star sous les feux de la rampe. Comment les compositeurs peuvent-ils sortir de l’ombre des interprètes aux yeux du public?
La question est de savoir si c’est obligatoire. Je chante uniquement les chansons que je ne peux confier à aucun autre interprète. La pression psychologique qui s’exerce sur un chanteur et interprète peut aussi être très épuisante à long terme. Un auteur-compositeur, quant à lui, peut agir en arrière-plan, être assis inaperçu quelque part devant son piano, se concentrer uniquement sur le noyau de la musique. Et croyez-moi, la chose la plus importante qui existe, encore et toujours plus aujourd’hui, c’est l’idée musicale. Rien ne vaudra jamais une chanson vraiment bien écrite, qui allie habilement artisanat et originalité. Il y a donc de l’espoir pour tous ceux qui croient avoir vu les oiseaux de mauvaise augure. Je suis très heureux de servir une douzaine de pseudonymes chez SUISA – des rôles d’auteur-compositeur dans lesquels je peux me glisser en fonction du style recherché ou de mon humeur, et dont même mes amis les plus proches ignorent les noms. Cela me plaît que la composition professionnelle reste parfois simplement un secret entre moi-même et une feuille de papier. Lorsque le musicien fait quelque chose de bizarre sur scène, tout le monde en parle le lendemain. Lorsque le compositeur compose nu un petit quatuor à cordes tout en mangeant à la cuillère deux bocaux de beurre de cacahuète, cela n’intéresse personne. Je trouve que c’est bien comme ça. Ce qui importe, c’est que nous, compositeurs, échangions entre nous et que nos droits soient représentés à travers les âges.

Composer de la musique pour des tiers ou vous produire sur scène avec Mule & Man – qu’est-ce qui vous attire dans les deux activités?
J’ai eu des phases assez élitistes dans ma vie, au cours desquelles j’estimais que seul tel genre de free jazz ou telle façon de jouer de la soul étaient dignes d’être écoutés. Mais en fin de compte, je suis malheureusement juste un poly-amoureux torturé musicalement qui aime de tout son cœur toutes sortes de musique, et qui se doit donc de participer à leur invention. Je trouve de la satisfaction aussi bien en composant des arrangements pour instruments à cordes ou à vent, des chansons de protestation, des chansons punk, de la musique de film, de la musique électronique, des bruitages expérimentaux que de la musique country pour les sourds. Cette richesse infinie de possibilités combinatoires qui existe entre le compositeur et l’auditeur me plait beaucoup.

Liens
Bonaparte, site Web officiel
Mule & Man, page Facebook officielle
Label Suisse, site Web du festival
Prix suisse de musique, site Web de l’Office fédéral de la culture

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Venez vous aussi profiter de 3 jours de musique suisse dans un cadre magnifique à Lausanne !

Pour les professionnels, le planning est le suivant:
Flyer Label Suisse (PDF)

Le programme musical se trouve via le lien:
https://labelsuisse.ch/site/fr/programme

Le jeudi 15 septembre 2016, l’Office fédéral de la culture décernera pour la 3ème fois le Grand Prix suisse de musique. Sont nominés 15 musiciens de toute la Suisse, issus de divers domaines musicaux. Le Prix sera remis au lauréat(e) le 15 septembre 2016 à la salle Métropole à Lausanne, en présence du Conseiller fédéral Alain Berset.
http://www.schweizermusikpreis.ch/fr/
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Le compositeur et accordéoniste Franz «Fränggi» Gehrig reçoit le Prix de la FONDATION SUISA 2016. Le prix annuel de reconnaissance de la fondation de SUISA pour l’encouragement de la musique est décerné en 2016 dans la catégorie «musiques populaires suisses actuelles». Interview du Lauréat Uranais âgé de 30 ans à propos de cette distinction, de son activité de création musicale et de l’attrait de la musique populaire, qu’elle soit ancienne ou nouvelle. Texte/interview de Manu Leuenberger

Fraenggi-Gehrig-Preis-der-FONDATION-2016

Fränggi Gehrig a commencé à jouer de l’accordéon à 8 ans. Il a étudié l’accordéon dans le répertoire jazz à la Haute Ecole de Lucerne, avec comme point fort la musique populaire, et suivit également des cours de composition. (Photo: Blatthirsch.ch)

Fränggi Gehrig, vous êtes lauréat du Prix de la FONDATION SUISA 2016 dans la catégorie «musiques populaires suisses actuelles». Qu’est-ce que cela représente pour vous?
Fränggi Gehrig: cette distinction a été totalement inattendue pour moi, car je n’avais vraiment aucune idée, au moment de présenter mon travail pour le Prix, quelles étaient mes chances. Je suis particulièrement heureux et c’est un grand honneur pour moi d’avoir reçu ce Prix!

La musique populaire est liée à de nombreuses traditions. Quelles sont les difficultés que l’on rencontre quand on souhaite donner une forme nouvelle et actuelle à la musique populaire?
Il me semble que le plus important est de ne pas oublier ses racines. Il convient de veiller à ne pas arbitrairement harmoniser des mélodies un peu différemment ou modifier les rythmes en affirmant ensuite qu’il s’agit de musique populaire nouvelle.
Je crois que l’établissement d’un lien entre «traditionnel» et «nouveau» ne réussit pas si la personne qui tente cela n’a pas vécu très longtemps de manière intense dans la tradition. L’apprentissage de la musique populaire traditionnelle est très difficile. Il nécessite d’y consacrer ses soirées libres durant des décennies, et de répéter également de nombreuses heures individuellement, afin de se l’approprier réellement. A mon avis, ce background est nécessaire si l’on souhaite donner de manière intéressante une forme nouvelle et actuelle à la musique populaire.

On peut d’une part vous entendre en tant qu’interprète, souvent à l’accordéon, d’œuvres populaires anciennes. D’autre part, vous composez pour des ensembles comme Rumpus, Stegreif GmbH ou le groupe Alpini Vernähmlassig, dans lequel vous jouez également. Quel est pour vous l’attrait d’interpréter des airs anciens tout en composant de la musique nouvelle?
Dans le fond, j’aime le changement et la diversité des projets dans mon activité. Comme je vous l’ai dit, la musique traditionnelle «ancienne» est ma base, c’est avec elle que j’ai grandi et je continue à la jouer avec grand plaisir. Je trouve qu’elle convient mieux dans un café avec une bonne ambiance où l’on danse que dans une salle de concert. En revanche, mes compositions un peu plus élaborées conviendront probablement mieux dans des concerts. Le public-cible est assez différent; ce sont pratiquement deux mondes séparés. Cette diversité me plaît et m’incite à continuer à faire les deux choses, en les combinant parfois.

Il y a 6 ans, vous avez adhéré à la Coopérative suisse des auteurs et éditeurs de musique. Quelle est l’utilité de cette affiliation à SUISA pour vous?
Je peux ainsi bénéficier d’une bonne protection de mes œuvres par le droit d’auteur et, surtout, j’en profite lorsque mes compositions sont jouées publiquement.

Savez-vous déjà comment vous allez utiliser le montant qui vous revient grâce à cette distinction de la FONDATION SUISA?
Je vais très certainement faire l’acquisition d’un bon instrument dont je rêvais depuis longtemps.

Parmi les formations auxquelles vous participez, laquelle vous tient particulièrement à cœur actuellement ou dans un proche avenir?
A l’avenir, mon objectif est de promouvoir un peu mon propre quintette. A part cela, j’espère que je pourrai continuer à vivre des moments inoubliables avec mes différents groupes et avec mes collègues musiciens.

Site Internet officiel: www.fraenggigehrig.com

Le Prix de la FONDATION SUISA est un prix de reconnaissance qui récompense des créations exceptionnelles, qui contribuent à enrichir l’héritage musical suisse. Le Prix (25 000 francs) est décerné annuellement par la Fondation d’encouragement musical de SUISA, à chaque fois dans une catégorie différente. Les derniers lauréats ont été les suivants: Aliose (catégorie «musique de variéte»), Gary Berger («composition instrumentale/vocale et électronique»), Ruh Musik AG («édition musicale»), Trummer («singer/songwriter») ainsi que Michel Steiner et Willi Valotti («musique populaire suisse»).

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Fraenggi-Gehrig-Preis-der-FONDATION-2016

Fränggi Gehrig a commencé à jouer de l’accordéon à 8 ans. Il a étudié l’accordéon dans le répertoire jazz à la Haute Ecole de Lucerne, avec comme point fort la musique populaire, et suivit également des cours de composition. (Photo: Blatthirsch.ch)

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Lionel Friedli, un esprit créatif polyvalent

Cette année, la FONDATION SUISA a décerné le Prix du Jazz à Lionel Friedli. Le batteur biennois associe dans un jeu dynamique la vigueur du rock à la liberté du jazz. Il influence ainsi la musique de nombreux groupes variés. Texte de Markus Ganz, contributeur invité

Lionel-Friedli

Un «accompagnateur» qui «apporte à chaque projet auquel il participe une valeur ajoutée», tels sont les propos tenus par le jury du Prix du Jazz pour décrire le lauréat de cette année, Lionel Friedli. (Photo: Fabrice Nobs)

Malgré d’innombrables concerts, Lionel Friedli reste peu connu du grand public. D’ailleurs, le Biennois de 40 ans n’a pas son propre groupe. Et dans les nombreux groupes dans lesquels il joue, le musicien prisé n’a rien d’un leader. Modeste, il se voit comme un «accompagnateur»… et s’affirme nettement plus avec sa musique virulente mais variée car il sait donner de l’élan aux musiciens qu’il accompagne. Difficile donc de situer Lionel Friedli car il ne s’agit pas d’un batteur purement jazz. Il fait partie d’une nouvelle génération de musiciens de jazz, qui disposent d’une large base de styles et l’intègrent à leur jeu.

Influence précoce

«Le jazz était la bande son de mon enfance car mes parents, en véritables fans de jazz, écoutaient souvent ce genre de musique à la maison», explique Lionel Friedli. «Pourtant, cet environnement sonore m’a influencé sans que je m’en rende vraiment compte. Très tôt, j’étais fan de Madonna et de Michael Jackson. James Brown et des musiciens de rock ont ensuite rejoint les rangs.» Entre 15 et 18 ans, il trouvait le jazz plutôt vieux jeu. Il a redécouvert le jazz avec un album de John Pattitucci, en particulier le jazz fusion et son côté virtuose qui le fascinait. «J’ai alors eu envie de redécouvrir la collection de vinyles de mes parents. J’écoutais désormais la musique avec de nouvelles oreilles, sciemment.» Lionel Friedli n’a alors pas tardé à se passionner pour des musiciens de jazz alternatifs comme John Coltrane, Charlie Parker et Miles Davis. Cette période a été suivie d’une autre, marquée par le free jazz.

Le jazz a également joué un rôle important dans la formation musicale de Lionel Friedli. «Fasciné par les percussions dès l’école primaire, je tambourinais en permanence sur des cartons, ce qui a incité ma mère à chercher un professeur approprié au conservatoire de Bienne.» Elle est tombée sur Norbert Pfammater, qui commença alors à enseigner à son fils de onze ans et qui, quelques années plus tard, comptait également parmi ses professeurs de musique à la Haute école de musique de Lucerne. Dès le début, le musicien de jazz réputé ne lui a pas seulement enseigné les rythmes jazzy. «J’ai appris les bases, parmi lesquelles les rythmes afro-cubains, que j’utilisais moi-même rarement. Pourtant, ils étaient très importants pour les exercices de coordination des différents membres.»

Intensité et dynamique

La violence qui ressort souvent de la performance de Lionel Friedli reflète une nette prédominance du rock. «J’aime le côté binaire de ce genre», confirme le Biennois, «mais je veux pouvoir improviser». Il n’est donc pas surprenant de l’entendre parler avec enthousiasme de batteurs de même tendance comme Jim Black et Joey Baron. Comme pour ces musiciens, le but n’est pas la violence pure, mais la dynamique qu’il est capable d’insuffler à la musique. Du fait notamment qu’il varie l’intensité de son jeu «afin de modifier l’essence de la musique.» L’influence du hip-hop est moins flagrante. «Je l’ai découvert sur le tard», confie Lionel Friedli. «Pourtant, je me suis rendu compte qu’il a aussi des racines dans le jazz et qu’il offre aujourd’hui un esprit alternatif semblable, notamment une autre perspective de la politique.» Le rapport musical que Lionel Friedli entretient avec ce genre se manifeste dans une énumération enflammée… des Beastie Boys à D’Angelo avec Questlove («grandiose»), en passant par Dr. Dre («à l’origine de Beats!»). «Cela me plaît jusqu’à présent mais souvent, leur attitude m’énerve.»

Lionel Friedli joue dans de multiples groupes. Il explique en souriant: «Si un créneau horaire se présente et que je reçois une proposition intéressante, je suis partant. Ainsi, mis à part des interventions ponctuelles en cours de musique, je peux vivre de la musique.» Malgré les nombreux projets, il ne rencontre pas de difficultés au niveau de l’intégration humaine et musicale car il s’agit la plupart du temps d’une collaboration sur le long terme. «Je ne suis pas un batteur de session. J’essaie de recourir à différents aspects de mon jeu pour l’adapter à la musique du groupe concerné. Ce processus se passe surtout lors des répétitions.» Si des partitions sont utilisées, il essaie dès que possible d’apprendre sa propre partie par cœur. «Je me sens ensuite plus libre, ce qui me permet de me concentrer sur ce qui se passe autour de moi et d’y réagir.»

Soif d’aventure

Lionel Friedli n’a pas encore son propre projet mais il aimerait bien en avoir un. «Je ne veux pas forcer les choses. Cela doit découler spontanément de l’envie et de l’urgence.» Effectivement, en faisant un clin d’œil, il avoue que le duo Qoniak, qu’il forme avec Vincent Membrez, est sur le point de réaliser un projet solo. Quels sont ses souhaits par ailleurs? «Encore plus de projets avec encore plus de musiciens», répond-il sans hésiter, «car les échanges sont très importants pour moi.» L’excès de concerts ne lui fait pas peur. Actuellement, il en a 120 à 130 par an, il est même allé jusqu’à 150, mais des cracks comme Jim Black en comptaient jusqu’à 230. «Ce qui serait génial, c’est de pouvoir me produire encore plus à l’international. J’ai déjà joué en Amérique latine et en Chine, et j’ai trouvé cela inspirant.»

Lionel Friedli est né à Moutier en 1975 et vit à Bienne depuis les années 1980. Il a suivi son premier cours de batterie à l’âge de onze ans et en 2005, il terminait sa formation de jazz à la Haute école de musique de Lucerne. Dès 1998, il joue dans un trio avec son camarade de cours Lucien Dubuis, avec qui il a déjà participé à sept albums et donné de nombreux concerts, à l’international également. Lionel Friedli a déjà partagé la scène avec des musiciens comme Heiri Känzig, Vera Kappeler, Marc Ribot et Colin Vallon. Parmi les groupes auxquels il participe actuellement, citons notamment: Sarah Buechi Shadow Garden, Christy Doran’s New Bag, Elgar (avec Hans Koch et Flo Stoffner), Max Frankl Quartet, OZMO (avec Vincent Membrez et Pedro Lenz), Merz feat. Sartorius Drum Ensemble et Whisperings (avec Fred Frith). Le 25 novembre 2015, la FONDATION SUISA lui a décerné le Prix du Jazz, doté de 15 000 francs. Un moyen de rendre hommage à la production innovante et créative du jazz suisse.

Portrait vidéo de Lionel Friedli sur Art-tv.ch

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  1. JM Tschanz dit :

    Fait vraiment plaisir de voir ce super batteur récompensé !

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Cette année, la FONDATION SUISA a décerné le Prix du Jazz à Lionel Friedli. Le batteur biennois associe dans un jeu dynamique la vigueur du rock à la liberté du jazz. Il influence ainsi la musique de nombreux groupes variés. Texte de Markus Ganz, contributeur invité

Lionel-Friedli

Un «accompagnateur» qui «apporte à chaque projet auquel il participe une valeur ajoutée», tels sont les propos tenus par le jury du Prix du Jazz pour décrire le lauréat de cette année, Lionel Friedli. (Photo: Fabrice Nobs)

Malgré d’innombrables concerts, Lionel Friedli reste peu connu du grand public. D’ailleurs, le Biennois de 40 ans n’a pas son propre groupe. Et dans les nombreux groupes dans lesquels il joue, le musicien prisé n’a rien d’un leader. Modeste, il se voit comme un «accompagnateur»… et s’affirme nettement plus avec...Continuer

«Ce Prix de la FONDATION SUISA 2015 nous ‹booste› pour la suite!»

Le duo Aliose est lauréat du Prix de la FONDATION SUISA pour ses prestations extraordinaires dans le domaine de la musique de variétés. Depuis la sortie de son premier album en 2009, Aliose a donné plus de 250 concerts, dont un tiers hors de Suisse. Alizé Oswald et Xavier Michel se sont rencontrés il y a plus de 10 ans lors d’un atelier pour auteurs, compositeurs et interprètes. La lauréate et le lauréat ont répondu par écrit à nos questions sur la musique, la composition, le Prix et leur prochain album. Texte/interview: Marcel Kaufmann, FONDATION SUISA, et Manu Leuenberger

Aliose

«Depuis trois ans, notre principale source de revenus est la musique, principalement via Aliose, et les droits d’auteurs en constituent une part non négligeable.» Alizé Oswald et Xavier Michel, lauréats du Prix de la FONDATION SUISA 2015, sont membres de SUISA depuis 2005, respectivement 2006. (Photo: Amélie Blanc)

Alizé, Xavier, vous êtes aussi bien compositrice/compositeur qu’interprètes de votre propre musique. Par le Prix de la FONDATION SUISA, vous êtes récompensés pour votre travail de compositeur et d’auteur. Quelle valeur accordez-vous à la composition dans le cas d’Aliose?
Alizé & Xavier: Nous accordons une grande placeà la composition et à l’écriture. Même s’il nous arrive de collaborer à la création de certains titres (Fabien Bœuf, Patrice Genet, Stéphane Gonnu), nous écrivons la très grande majorité du répertoire d’Aliose. Le processus créateur est important pour nous. L’une des choses qui nous tient à cœur est d’écrire en français, notre langue maternelle et notre langue d’expression. C’est une langue si riche, si exigeante, surtout à mettre en musique. C’est la langue dans laquelle nous nous sentons parfaitement à l’aise pour transmettre des messages et des émotions à notre public, même si celui-ci ne comprend pas toujours le français. Pour cela, nos expériences à l’étranger, notamment en Asie ou en Amérique du Sud, ont été surprenantes et très enrichissantes: les gens ne comprennent pas forcément ce que nous chantons, mais sont touchés et ressentent les émotions que nous souhaitons faire passer grâce à la musique. C’est pourquoi, nous attachons aussi une très grande importance aux mélodies. Souvent, ce n’est pas ce qui prime dans certains courants de ce qu’on nomme la «chanson française», mais pour nous la musique est capitale, tout autant que le texte. Nous avons énormément de plaisir à écrire et composer ensemble. C’est un exercice difficile, mais passionnant.

Vous travaillez en duo. Comment fonctionne votre collaboration pour la composition?
Alizé & Xavier: Nous aimons tous les deux écrire à la fois des textes et des musiques. Contrairement à beaucoup de binômes qui ont une façon de travailler méthodique, avec une répartition des rôles bien définie, chez nous il n’y a pas de règles. Il y a même tous les cas de figures: tantôt c’est l’un qui fait le texte et l’autre la musique, tantôt l’inverse, parfois nous collaborons juste sur le texte, ou juste sur la musique; souvent nous écrivons tout ensemble, texte et musique. C’est d’ailleurs peut-être là où nous sommes les meilleurs, car nous ne laissons pas passer les faiblesses de l’autre, nous sommes certainement plus exigeants qu’en travaillant tout seul. Xavier a un peu plus la fibre littéraire, Alizé un peu plus la fibre mélodique. Nous sommes très complémentaires et c’est très enrichissant. Mais nous travaillons aussi beaucoup l’un sans l’autre, ou avec d’autres auteurs ou compositeurs.

Vous écrivez également régulièrement de la musique pour d’autres artistes. Comment est-ce que cela a commencé?
Xavier: A vrai dire, en ce qui me concerne, j’ai longtemps préféré écrire pour d’autres artistes. Je me considérais davantage auteur (et plus tard compositeur) qu’interprète. Puis, j’en suis venu à interpréter sur scène mes propres chansons. Mais une bonne moitié, voire plus, de ce que j’écris ou compose reste destiné à d’autres artistes (Maria Mettral (et Thierry Romanens), Au hasard des faubourgs, Terre des hommes Valais, Mélanie René, etc.), même si les projets ne voient pas toujours le jour. Même au sein d’Aliose, j’aime parfois écrire une chanson en me disant qu’Alizé la chantera seule.
Alizé: Pour ma part, je ne pensais pas du tout qu’un jour j’écrirais pour d’autres artistes. J’ai d’abord commencé à le faire très timidement pour quelques personnes, puis j’ai vraiment adoré écrire l’album de Maria Mettral, car je trouve fantastique d’avoir la possibilité de me glisser dans la peau de quelqu’un d’autre et d’essayer de mettre des mots en phase avec le parcours de vie de l’artiste qui nous confie ce travail. Mais pour être tout à fait honnête, ma collaboration préférée, en dehors d’Aliose, reste celle que j’ai en ce moment avec Arthur Le Forestier (fils de Maxime Le Forestier), car nous travaillons ensemble du début à la fin des chansons, sur les musiques et sur les paroles, et je trouve ce travail extrêmement enrichissant et complémentaire.

Qu’est-ce qui distingue la musique que vous jouez vous-mêmes de celle que vous composez pour d’autres musiciens?
Xavier: Mon registre en tant qu’interprète est assez limité. J’aime écrire des œuvres que je ne suis pas capable de chanter, dans des styles différents qui ne me conviendraient pas, comme par exemple la comédie musicale «Au hasard des faubourgs», qui est jouée depuis octobre 2014 et dans laquelle je serais incapable de me produire, je n’en ai pas les compétences. Ecrire pour des «grandes voix» me plaît aussi; j’ai une voix peut-être caractéristique, mais limitée; dans la composition, je n’ai pas de limites! L’important est de s’inspirer au maximum de la personnalité pour laquelle on écrit, faire autant que possible du «sur-mesure»; c’est difficile, mais fascinant. Et l’exercice est le même pour les textes: faire en sorte que chaque parole convienne à l’interprète. Et donc écrire parfois des paroles que nous, nous ne pourrions pas interpréter. C’est une grande liberté! Toutefois, il doit y avoir une «patte Aliose», car souvent les gens reconnaissent notre style derrière nos chansons, même lorsqu’on les écrit pour d’autres.
Alizé: Lorsque j’écris pour quelqu’un d’autre, je suis un peu comme un styliste à qui on confie un très joli mannequin que je dois «habiller». Je ne pense pas qu’un styliste porte les mêmes habits que ceux qu’il conçoit pour ses mannequins. Après, en effet, je pense avoir ma patte, surtout dans la façon de créer les mélodies, et j’imagine que c’est une façon de reconnaître ma «touche», comme on peut reconnaître celle de Coco Chanel ou de Jean-Paul Gaultier, toutes proportions gardées bien sûr!

En tant que compositeurs, vous êtes membres de SUISA. Quelle est l’utilité de cette affiliation pour vous?
Alizé & Xavier: Depuis trois ans notre principale source de revenus est la musique, principalement via Aliose, et les droits d’auteurs en constituent une part non négligeable. Beaucoup de nos œuvres sont utilisées régulièrement. Récolter toutes les redevances par nous-mêmes, suite aux passages radio, TV, aux concerts, aux reproductions, en Suisse comme à l’étranger, serait impensable. Dans une démarche de «professionnalisation», les aspects liés aux prestations sociales, à la prévoyance, etc. nous semblent aussi importants.

Que signifie pour vous le fait d’être récompensés par le Prix de la FONDATION SUISA?
Alizé & Xavier: C’est tout d’abord un immense honneur, un symbole qui nous touche énormément. C’est aussi un très bel encouragement. Nous faisons un métier passionnant, et nous avons conscience de la chance que nous avons de pouvoir vivre de notre musique, mais c’est énormément de travail, des revenus instables, une gestion compliquée, un statut pas toujours reconnu; c’est parfois un peu décourageant. Et ce Prix signifie pour nous: «Accrochez-vous, votre travail est reconnu, vous ne travaillez pas dans le vide, vous apportez votre pierre à l’édifice culturel suisse.» C’est très important pour nous. Nous sommes très actifs dans le paysage suisse romand depuis quelques années, et cela nous encourage à continuer à nous investir, mais aussi à redoubler d’efforts pour aller à la rencontre de la Suisse alémanique, et pourquoi pas du Tessin! Nous regrettons parfois les barrières culturelles qui s’érigent entre les régions linguistiques. Nous aimons rencontrer les gens, collaborer en tous genres, de Zedrus à Greis, en passant par Bastian Baker ou les Rambling Wheels, pour ne citer que des Suisses, et si nous pouvions à l’avenir apporter notre contribution pour débrider un peu tout cela, nous en serions ravis! En attendant, ce Prix de la FONDATION SUISA 2015 représente beaucoup pour nous et nous «booste» pour la suite!

En avril, vous avez travaillé sur votre nouvel album à Paris. Pouvez-vous déjà nous donner un ou deux scoops à ce sujet?
Alizé & Xavier: Il y aura un duo avec Paul McCartney! Non … Plus sérieusement, nous travaillons en effet depuis quelque temps activement sur le 3ème album studio d’Aliose, en grande partie à Paris. Il est toutefois malheureusement encore un peu tôt pour vous révéler des scoops, plusieurs éléments importants étant encore incertains. Tout ce que l’on peut dire, c’est que jusque-là nous avons toujours tout fait par nous-mêmes, et par le biais de notre société de production Biinôme; rien n’est sûr, mais il se pourrait que cela change, et que nous ayons des partenaires plus importants pour ce nouveau disque qui, nous l’espérons, pourra non seulement sortir en Suisse mais aussi au-delà des frontières …

www.fondation-suisa.ch/prix-de-la-fondation
www.aliose.ch

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  1. Musy Jean-François dit :

    Félicitations les jeunes !
    Nous allons sortir les massues pour fêter ça !!!
    Croc Magnon
    Nax City

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SUISA invite aux Swiss Music Awards! 3 x 2 billets VIP à gagner!

Envie de fouler le tapis rouge aux côtés de stars? De trinquer avec vos artistes suisses préférés lors d’une After-Party? Grâce à SUISA, ces rêves peuvent devenir réalité! Répondez correctement à trois questions simples et vous participerez ainsi au tirage au sort de 3 x 2 billets VIP pour les Swiss Music Awards du 27 février 2015 au Hallenstadion de Zurich.

SUISA invite aux Swiss Music Awards

Lors des Swiss Music Awards, les musiciens les plus talentueux sont récompensés. Par la même occasion, une plateforme est offerte à de nouveaux artistes dans le but de faire connaître leur musique à un large public. (Photo: Marcel Grubenmann)

Carlos Leal, Stefanie Heinzmann et les Fantastischen Vier sont les noms de quelques artistes qui se produiront lors des Swiss Music Awards le 27.2.2015 au Hallenstadion de Zurich. A cette occasion, de nombreuses personnalités du monde suisse du spectacle seront présentes. Après le show principal, une After-Party aura lieu au Kaufleuten de Zurich avec la présence des stars.

Concours: trois questions simples sur SUISA

Et voici comment participer aux Swiss Music Awards: rendez-vous sur la page www.suisa.ch/fr/suisa/concours-sma.html et répondez correctement aux trois questions. Avec un peu de chance, vous ferez partie des trois gagnants qui pourront, avec une personne de leur choix, participer à cet événement en tant que VIP! La participation au concours est réservée aux personnes d’au moins 18 ans.

SUISA est «supporting partner» des Swiss Music Awards

Les Swiss Music Awards font partie des Prix musicaux les plus célèbres de Suisse! SUISA est «supporting partner» et soutient l’événement par l’intermédiaire de sa fondation, la FONDATION SUISA.

Accès au concours: www.suisa.ch/fr/suisa/concours-sma.html

Informations sur les Swiss Music Awards: www.swissmusicawards.ch

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  1. Giorgio Tebaldi dit :

    Guten Tag Afrodita

    Danke für die Teilnahme am Wettbewerb. Die Gewinner wurden letzte Woche ausgelost und benachrichtigt. Leider haben Sie nicht gewonnen. Vielleicht klappt es beim nächsten Mal.

    Freundliche Grüsse

    Giorgio Tebaldi / Kommunikation SUISA

  2. Afrodita dit :

    Ich hoffe ich könnte den Preis gewinnen ich habe immer mit gemacht aber habet leider nie gewonnen

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