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Assemblée générale SUISA 2017: participez et décidez!

L’Assemblée générale ordinaire de SUISA aura lieu le vendredi 23 juin 2017 au Kaufleuten de Zurich. Quel a été le résultat de l’exercice 2016? Qui va être élu à la Commission de Répartition et des œuvres? Quel avenir pour le service public dans le cas de la SSR? Quels sont les objectifs poursuivis avec la société Mint Digital Services fondée récemment? Texte de Dora Zeller

Assemblée générale SUISA 2017: participez et décidez!

Les membres de SUISA ayant le droit de vote peuvent s’inscrire jusqu’au 20 juin 2017 pour participer à l’Assemblée générale. (Photo: Juerg Isler, isler-fotografie.ch)

L’exercice 2016 est clos. L’Assemblée générale devra se prononcer sur le rapport de gestion, le bilan, le compte de résultat, le tableau des flux de trésorerie ainsi que l’annexe et le rapport de l’Organe de révision. En outre, la Direction présentera un rapport sur l’évolution des chiffres pour l’année en cours ainsi que les perspectives pour les mois à venir.

En ce qui concerne l’avenir, l’accent sera mis sur Mint Digital Services. La joint-venture créée avec la société américaine de gestion de droits musicaux SESAC se charge désormais des décomptes et de l’administration pour l’octroi de licences dans le domaine online de SESAC et SUISA. Cette société fondée récemment propose également ses services à d’autres acteurs du marché comme, par exemple, les éditeurs (majors) ou les sociétés de gestion étrangères.

Election complémentaire, politique et encouragement

Alex Kirschner a démissionné de la Commission de Répartition et des œuvres de SUISA. Le Conseil propose Jonas Zellweger pour le remplacer. Jonas Zellweger compose et orchestre de la musique de films et de publicité et se produit également sur scène en tant que musicien pour le théâtre. Il est membre de SUISA depuis 2009.

Géraldine Savary, conseillère aux Etats et membre du Conseil de SUISA commentera les discussions politiques en cours portant, d’une part, sur le financement de la SSR par la redevance et, d’autre part, sur la question du service public. Il sera notamment question de l’initiative «No-Billag» et des projets de suppression des chaînes thématiques de la SSR. Ces deux dossiers sont particulièrement importants pour les créateurs de musique en Suisse. Ils pourraient en effet avoir un impact sur les recettes de SUISA et, par là même, sur les redevances revenant aux ayants droit.

Cette année, le Président du Conseil national, Jürg Stahl, est l’invité d’honneur de l’Assemblée générale de SUISA. L’actuel premier citoyen du pays se caractérise par une grande polyvalence: actif dans le monde sportif, connecté politiquement, expérimenté en ce qui concerne l’économie. Le message qu’il nous délivrera sera l’occasion pour lui de nous parler des liens qu’il entretient avec le monde de la culture et de la musique en Suisse.

En outre, la FONDATION SUISA, Fondation pour l’encouragement de la musique de SUISA, présentera un compte rendu de ses activités de l’année écoulée et remettra le Prix de la Fondation (25 000 francs).

ZS-Big-Band Winterthour

L’AG 2017 de SUISA sera ouverte par le ZS-Big-Band Winterthour, renforcé par Marie Louise Werth (chant), Rainer Bischof (euphonium) et Urs Schnell (flûte traversière), sous la direction de Reto Parolari. (Photo: archives ZS)

Y aller et s’y restaurer

Il est conseillé aux participants de se rendre à l’Assemblée générale par les transports publics. Il n’y a pas de places de parking réservées. Les parkings Talgarten et Gessnerallee sont à 3 et 15 minutes à pied du Kaufleuten. Du café et des croissants seront proposés avant l’Assemblée générale. Une collation sera servie à l’issue de l’Assemblée.

Informations complémentaires:
www.suisa.ch/assembleegenerale

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Le New Jersey au sud de Berne

Polo Hofer remporte le prix de la FONDATION SUISA 2017 dans la catégorie «Paroliers/ères». Le chanteur/compositeur bernois Christoph Trummer, contributeur invité, nous explique ce qui distingue les créations du lauréat.

Le New Jersey au sud de Berne - Polo Hofer Prix de la FONDATION SUISA 2017

Polo Hofer, vainqueur du prix de la FONDATION SUISA 2017, a su se frayer un chemin dans la culture populaire grâce à ses textes, tout en traduisant le style de vie rock’n’roll pour la Suisse alémanique. (Photo: Patric Spahni)

On pourrait résumer les choses ainsi: le prix de la FONDATION SUISA est un prix de reconnaissance pour les créations jugées exceptionnelles. En 2017, il est attribué pour la première fois à un parolier ou une parolière. Polo Hofer faisait partie des nominés. Le jury aurait-il vraiment pu prendre une autre décision?

Mais attardons-nous plutôt sur ce digne lauréat et son œuvre.

Pour les personnes qui ont grandi en Suisse alémanique dans les années 1970, Polo Hofer, ses chansons et ses textes sont indissociables de leur scolarité, de leur jeunesse et même de leur vie en Suisse. Certaines chansons, comme «Bin i gopfriedstutz e Kiosk» ou «Bim Sytesprung im Minimum e Gummi drum», ont donné naissance à des bons mots aujourd’hui fermement ancrés dans le langage quotidien. Quant à «Alperose», elle peut être entonnée par des gens dont les parents n’avaient même pas un CD de Polo Hofer à la maison.

Des textes de chansons entrés dans la culture populaire

Ces textes font désormais partie de la culture populaire, tout au moins dans la partie germanophone du pays. La discographie de Polo, dès ses débuts avec le groupe Rumpelstilz, suit l’histoire d’une Suisse agitée: l’été 68 («Summer 68») où l’on partait (évidemment) à Kaboul pour aller fumer des joints; les folles années 1970, signes de renouveau, partant avec Rosmarie pour l’Espagne et vivant l’amour libre à côté de l’ours en peluche («Teddybär»); la face sombre du rêve, sous forme d’une aiguille argentée enfoncée dans le creux du bras («Silbernaadle töif im Arm»); et, déjà à l’époque, la dissolution dans la société de consommation, en plein blues de l’entrepôt («Waarehuus Blues»).

Les textes de Polo sont parfois explicitement politiques: «Da isch nüt vo Grächtigkeit / So wie’s i dr Verfassig schteit» («Rien de cette soi-disant justice / Celle qui figure dans la Constitution»), ou encore «Um WAS geits?». Mais il raconte aussi l’histoire du monde de manière personnelle, lorsqu’un vieil amour voit enfin sa chance arriver avec la chute du mur («Wenn in Berlin bisch»). Il s’exerce également à la critique sociale par le biais du discours indirect, développant sa poésie au comptoir d’un café, par exemple lorsque le fils du paysan du Lochmatt résume les promesses vides d’une vie dans les lumières de la ville: «Lah mi vergässe bim rote Wy» («Laisse-moi oublier avec un verre de rouge»), un texte populaire avec effets secondaires.

Parfois, Polo abandonne pour un temps son côté rebelle national et, sans pour autant se perdre en réflexion hautement intellectuelle, laisse la place à un parolier différent: par exemple lorsqu’il médite sur sa finitude dans «Im letschte Tram» ou qu’il juge littéralement Dieu et le monde dans «I dr Gartebeiz vom Hotel Eden».

Le rock’n’roll traduit pour la Suisse

Certaines des plus grandes chansons de Polo Hofer sont des traductions de génie, à l’instar de «Jersey Girl» de Tom Waits qui devient «Meitschi vom Wyssebüehl», d’«Alright Guy» de Todd Sniders devenue «Liebe Siech», de «Leopard-Skin Pill- Box Hat» de Bob Dylan transformée en «Schlangelädergurt». On décèle alors un autre rôle, l’un de ceux qui le rend si important pour la musique en dialecte suisse: Polo est traducteur. Pas seulement traducteur de paroles de chansons, mais l’un des principaux traducteurs du rock’n’roll et de la culture pop dans notre culture, nos coutumes.

Polo Hofer a fait résonner les aspirations – mais aussi la débauche – de la jeunesse et la rébellion contre un système bloqué. En bref, il a donné corps au style de vie rock’n’roll en Suisse alémanique. «D’Stüehl ewäg, mir sy giggerig u wei schwoofe» (Enlevez les chaises, nous voulons absolument danser): Il s’est laissé inspirer et a trouvé quelques-uns de ses sujets dans le catalogue de mythes de la culture rock’n’roll pour les transposés en Suisse. S’il y a peu de chances que nous fassions du stop sur l’autoroute avec Bobby McGee, il est possible que nous le fassions avec Rosmarie, de Paris à Gibraltar. Wyssebüehl est plus proche que le New Jersey.

Polo Hofer, en tant que personnage central de notre histoire, a ouvert des portes par lesquelles bon nombre d’autres musiciens se sont engouffrés, sans avoir forcément besoin de bien connaître sa musique. Il est désormais récompensé pour ce travail. En ce sens, le prix de la FONDATION SUISA 2017 récompense l’ensemble d’une carrière. Nous félicitons Polo de tout cœur!

www.polohofer.ch

Le prix de la FONDATION SUISA est un prix de reconnaissance pour les créations jugées exceptionnelles. La FONDATION SUISA donne ce prix aux auteurs et aux éditeurs de musique dont les créations ont particulièrement contribué à l’enrichissement de l’héritage culturel de notre pays. D’un montant de 25 000 francs, celui-ci est remis dans une catégorie différente chaque année.

Christoph Trummer a remporté le prix FONDATION SUISA 2011 dans la catégorie «Chanteur/compositeur». Il est né en 1978 et a grandi à Frutigen (BE). Outre ses activités liées à la musique, il est président de l’Association des musiciens suisses.

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Polo Hofer remporte le prix de la FONDATION SUISA 2017 dans la catégorie «Paroliers/ères». Le chanteur/compositeur bernois Christoph Trummer, contributeur invité, nous explique ce qui distingue les créations du lauréat.

Le New Jersey au sud de Berne - Polo Hofer Prix de la FONDATION SUISA 2017

Polo Hofer, vainqueur du prix de la FONDATION SUISA 2017, a su se frayer un chemin dans la culture populaire grâce à ses textes, tout en traduisant le style de vie rock’n’roll pour la Suisse alémanique. (Photo: Patric Spahni)

On pourrait résumer les choses ainsi: le prix de la FONDATION SUISA est un prix de reconnaissance pour les créations jugées exceptionnelles. En 2017, il est attribué pour la première fois à un parolier ou une parolière. Polo Hofer faisait partie des nominés. Le jury aurait-il vraiment pu prendre une autre décision?

Mais attardons-nous plutôt sur ce digne lauréat et son œuvre.

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Textes de chansons: «ça fonctionne donc c’est permis»

La FONDATION SUISA réserve cette année son prix de reconnaissance (25 000 francs) aux parolières et paroliers. Mais quelles sont les caractéristiques de paroles réussies ? Markus Ganz, contributeur invité, s’entretient avec Jean-Martin Büttner

Textes de chansons: «ça fonctionne donc c’est permis»

«Les paroles ne fonctionnent généralement pas sur le papier», affirme le journaliste Jean-Martin Büttner. (Photo: Dominic Büttner)

Jean-Martin, que penses-tu des paroles suivantes: «A Wop bop a loo bop a lop bam boom» ?
Jean-Martin Büttner: c’est un bon exemple de paroles codées. En effet, «Tutti Frutti» de Little Richard parle secrètement de drag queens et de pratiques sexuelles, en tout cas dans la version originale de 1955. A ce sujet, il faut savoir que le chanteur était triplement défavorisé: Richard était noir, homosexuel et originaire du Sud des Etats-Unis. Dans une interview, le politologue américain Greil Marcus a bien expliqué l’étonnant effet de ces paroles. Même sans comprendre le texte, on ressent par la joie qui se dégage du chant de Little Richard qu’il y a là-derrière quelque chose de probablement indécent. Cela peut paraître étonnant, mais ce texte est l’une des œuvres centrales de l’histoire du rock ‒ non parce qu’il dit quelque chose, mais parce qu’il exprime quelque chose.

Nik Cohn a écrit en 1971 dans son ouvrage «AWopBopaLooBopALopBamBoom», devenu entretemps un classique de la littérature rock, que ces paroles sont magistrales dans le sens qu’elles sont un «résumé de la substance réelle du rock’n’roll de l’époque». Il a également écrit que les paroles des chansons rock constituent une sorte de «langage codé pour les teenagers». La culture des jeunes est cependant en constante évolution. Est-ce que cela signifie que ce texte est figé dans son époque ?
Je pense que de telles considérations peuvent valoir pour tout texte de chanson et pour de nombreux poèmes également. Seuls les plus grands comme Shakespeare, Rilke ou Dylan peuvent écrire des textes qui portent au-delà de leur temps. Ce texte de Little Richard est indubitablement figé dans son époque, notamment parce qu’il a dû être codé jusqu’à devenir incompréhensible pour passer sous le radar de la censure des stations de radio blanches d’alors. On peut constater avec ironie que la même chose vaut pour les paroles explicites, vulgaires et crues du hip-hop. Il devient assez rapidement lassant d’entendre des textes où les femmes sont réduites à des catins buveuses de champagne et où on n’hésite pas à entonner un hymne à ses chaussures de sport.

En quoi ces paroles de Little Richard gardent-elles une pertinence ?
«Tutti Frutti» est un texte historique. Mais il convient de garder à l’esprit que Nik Cohn avait une position anti-intellectuelle par rapport à la signification du rock’n’roll. Et que son livre fut l’un des premiers sur la musique rock. Je l’aime aujourd’hui encore, car l’écriture est radicale. Nik Cohn, d’emblée une personne en marge en tant que juif irlandais, a écrit certaines phrases d’anthologie, comme par exemple qu’il n’existait quasiment aucun véritable texte dans le rock’n’roll. Je pense qu’il considérait cela comme une provocation, mais pas uniquement. C’était une attaque contre des artistes comme Dylan ou les Beatles, qui ont à son avis ruiné le rock avec leurs prétentions littéraires.

La mise sur un piédestal des textes de chansons dans le cadre de l’attribution du Prix Nobel de littérature à Bob Dylan constitue-t-elle une perte pour la tradition des textes un peu absurdes ?
Pas du tout, car il n’existe heureusement aucune instance chargée de décider si un texte de chanson est bon ou non. En outre, Dylan a lui aussi écrit des textes qu’on peut qualifier de surréels, avec certes des jeux de mots et une dimension humoristique, mais aucun sens bien compréhensible, comme par exemple «Subterranean Homesick Blues» en 1965. Avec cette chanson, Dylan fait référence (il ne l’a jamais nié) à «Too Much Monkey Business» de Chuck Berry, et n’est ainsi pas très éloigné de Little Richard. Dylan semble donc plus proche des héros de Nik Cohn que celui-ci peut le penser. Dylan a d’ailleurs indiqué un jour que son objectif professionnel était de devenir le pianiste de Little Richard!

«La poésie a toujours été un art oratoire. Durant l’Antiquité déjà, les poètes récitaient leurs textes.»

Mais, tout compte fait, les textes de chansons n’ont-ils pas de plus en plus perdu le caractère qu’ils avaient à l’origine ?
On touche ici à la question du sens. Je me suis toujours battu contre cette idée absurde que la musique rock devrait rester une musique de jeunes comme elle l’était à l’origine. Elle s’est plutôt affirmée comme une culture évoluant avec ses créateurs. Bob Dylan, Johnny Cash ou Leonard Cohen sont ou ont été pertinents même à l’âge ou d’autres sont à la retraite. De plus, la poésie a toujours été un art oratoire. Durant l’Antiquité déjà, les poètes récitaient leurs textes.

Little Richard cultivait la provocation ‒ et c’est devenu difficile aujourd’hui …
Cette attitude paraît dépassée depuis longtemps. Pensons à Lady Gaga, dont les provocations font clairement partie d’un plan marketing. Sa dernière provocation consistant à se montrer sans maquillage met en évidence son désarroi. On se souvient du scandale provoqué par David Bowie lorsqu’il avait affirmé être homosexuel ‒ ce qui était faux. De tels effets de choc, d’Alice Cooper à Marilyn Manson, ont perdu tout leur impact. Mais la bonne musique reste de la bonne musique.

Dans la musique rock, le texte est fortement lié à d’autres aspects comme le son ou le phrasé, des aspects qui lui donnent parfois toute sa signification. Mais la fonction du texte n’a-t-elle pas changé avec le temps ?
Je suis souvent étonné de constater à quel point les auditeurs prêtent peu d’attention au texte. Il en a probablement toujours été ainsi. Les Beatles ont par exemple principalement écrit des textes d’une banalité confondante jusqu’en 1965, comme celui de «She Loves You», malgré leur ironie et leur talent lyrique et d’écriture. Il est intéressant de constater que les textes jouent un rôle prépondérant dans le hip-hop, alors que la musique y est souvent assez monotone et répétitive. En outre, on peut remarquer que, au cours de ces dernières décennies, les paroles sont passées de plus en plus souvent de l’anglais à l’allemand, l’italien ou le français, pour le chant et le rap. Dans ces conditions, il est logique que les textes reprennent une plus grande importance. Pensez à Peter Fox (Seeed): son album solo, «Stadtaffe», est un hymne à Berlin, la ville d’où il est originaire; grâce au texte en allemand, les Berlinois ont pu s’y identifier.

«Les textes de chansons, ce n’est pas une matière qu’on apprend à l’école. Chacun de nous a la liberté de choisir une approche.»

Cet exemple montre également que, parfois, il est nécessaire de connaître le contexte de création du texte pour en comprendre le sens. Mais l’auteur d’un texte peut-il attendre des personnes auxquelles il s’adresse qu’elles s’intéressent de près aux paroles ?
Les textes de chansons, ce n’est pas une matière qu’on apprend à l’école. Chacun de nous a la liberté de choisir une approche. L’une de mes amies a longtemps enseigné la danse hip-hop. La musique servant à la danse, elle n’a pas remarqué que les morceaux utilisés contenaient souvent des textes méprisant les femmes. A chacune et chacun de faire la part des choses!
Dans le cadre de concerts, je constate souvent que la méconnaissance des paroles peut conduire à des confusions. Un exemple classique, qui induit en erreur même certains Américains, c’est la chanson «Born in the U.S.A.» de Bruce Springsteen. Le morceau parle du destin des vétérans du Vietnam, mais est plein d’ambivalence, notamment parce qu’il commence par un air de fanfare et que, sur la couverture de l’album, Springsteen y apparaît devant un drapeau américain. Message de gauche, refrain de droite. Reagan n’entendit que le second et fut enthousiasmé; Springsteen se distança en grommelant. Le disque fit de lui un millionnaire.

Mais le message ne passe-t-il pas d’une manière ou d’une autre ?
Dans un essai, Greil Marcus, dont il a été question plus haut, a expliqué pourquoi tout ce que Springsteen chante reste sans conséquence. L’artiste peut chanter autant de fois qu’il le souhaite les familles détruites et la pauvreté régnant aux USA, le fait est que personne ne réagit. Ce silence prouve que tous ces appels restent sans effet. Comment pourrait-il en être autrement ? J’ai demandé un jour à l’humoriste Eddie Izzard si l’humour pouvait avoir un impact social. Sa réponse fut que seule la politique pouvait provoquer des changements, et que c’est pour cela qu’il était candidat au Parlement. Si l’on veut changer les choses, il faut changer les lois.

Les paroliers disent souvent que, avec leurs textes, ils souhaitent provoquer certaines associations d’idées pour que l’auditeur s’approprient la chanson …
Cela me fait penser au rôle important d’une chanson du jeune James Brown dans les années 60, «Say it loud – I’m black and I’m proud», que les jeunes noirs écoutèrent beaucoup. C’était une sorte de mode d’emploi pour l’identité noire ‒ avec l’affirmation que, même en tant que membre d’une minorité, il est possible d’exister, d’être important aux USA avec une possibilité de s’exprimer.

Il les a encouragés à s’affirmer …
Exactement, de nombreux textes de chansons ont joué un rôle important pour le mouvement de défense des droits civiques. Certaines chansons ont également joué un grand rôle dans le mouvement contre la guerre du Vietnam. Pourquoi «Sloop John B» des Beach Boys est-il devenu un hymne pour les GI au Vietnam, alors que cette reprise parle simplement d’un conflit sur un bateau? Parce que le refrain est le suivant: «Why don’t they let me go home, this is the worst trip I’ve ever been on». Pas étonnant que cela ait eu un écho au Vietnam. Ou encore: «Nowhere To Run» de Martha And The Vandellas, une chanson d’amour qui cachait un slogan de gauche contre l’Etat.

Un texte peut parfois changer complètement de sens selon le point de vue …
Le morceau «Another Brick In The Wall» de Pink Floyd est un bon exemple de cela. En Afrique du Sud, il a été transformé par les écoliers blancs et noirs en hymne contre l’apartheid. Le chercheur allemand Diedrich Diederichsen a dit un jour que la pop est un canal ouvert. L’avantage est que tout y est possible. Si le public décide qu’une chanson a telle ou telle signification, il en est ainsi.

«L’un des exemples les plus connus de chanson dont la première version des paroles ne devait pas être prise au sérieux, c’est ‹Yesterday› de Paul McCartney. Le texte initial était le suivant: ‹scrambled eggs, baby I love your hairy legs› !»

Ces derniers mois, de nombreux musiciens se sont prononcés contre Donald Trump, mais peu de chansons explicites sont nées de cette fronde …
La journaliste britannique Julie Burchill a écrit un jour que rien ne pouvait mieux castrer un message politique qu’un backbeat bien appuyé. Bob Dylan s’en est assez vite rendu compte et a arrêté d’écrire des chansons d’accusation directe; il s’est mis à penser de manière plus approfondie. Ses chansons explicitement politique comme «Now Ain’t The Time For Your Tears» ont bien moins vieilli que celles qui expriment une critique générale de la guerre comme «Masters of War». Je pense que les grands artistes ne réfléchissent pas en termes de semaines ou d’années, et que les grandes chansons politiques ne se rapportent pas spécifiquement à un cas donné. La chanson «The Revolution Will Not Be Televised» de Gil Scott-Heron est universelle; de plus, elle intègre une dimension d’humour et d’ironie, ce qui est malheureusement rarement le cas pour les musiciens protestataires.

De nombreux auteurs reconnaissent que leurs textes naissent lorsque la musique est déjà terminée. Comment expliques-tu cela ?
L’un des exemples les plus connus de chanson dont la première version des paroles ne devait pas être prise au sérieux, c’est «Yesterday» de Paul McCartney. Le texte initial était le suivant: «scrambled eggs, baby I love your hairy legs» ! Lors de sa conférence de presse l’an passé à Genève, Brian Eno a raconté que la plupart des chanteurs recouraient lors des répétitions dans un premier temps à une sorte de «yaourt» sans signification. Un refrain ou «hook» apparaît ensuite, sur la base duquel le texte peut se développer. De nombreux musiciens procèdent de la sorte, par exemple Bono ou Mick Jagger. La création de paroles est parfois difficile même pour des auteurs ayant fait leurs preuves. Randy Newman m’a par exemple avoué lors d’un entretien qu’il lui était plus facile de créer des mélodies que des textes, l’écriture de paroles se transformant parfois en cauchemar.

Mais est-ce qu’on ne peut pas dire que les paroles sont souvent secondaires, qu’elles doivent seulement être un support pour la mélodie ?
Ce n’est pas forcément le cas, comme le montre l’exemple d’Abba. On peut bien entendu affirmer sans trop prendre de risque que «I do, I do, I do, I do, I do» ne sont pas des paroles susceptibles d’entrer au Pantéon des paroles les plus marquantes. Mais «Knowing Me, Knowing You» est un morceau qui contient un message amer adouci par une mélodie ravissante. Le texte parle d’un divorce et est l’une des chansons préférées d’Elvis Costello. On peut penser également à «The Day Before You Came», le dernier single d’Abba, qui combine un excellent texte et une musique incroyablement triste.

On le sait, les paroles naissent souvent presque par hasard de manière un peu spontanée …
L’exemple probablement le plus connu de chanson née presque par accident, c’est «Smoke On The Water» de Deep Purple. Spectateurs de l’incendie du casino de Montreux, le groupe a écrit assez rapidement cette chanson prenante, qui est en fait très descriptive. Bob Dylan connaît lui aussi parfois des phases de créativité compulsive: l’ensemble des textes pour l’album «Time Out Of Mind» auraient ainsi été rédigés en deux semaines, un exploit si l’on considère leur longueur.

Cela correspond assez à la manière de procéder des chanteurs à texte, qui tendent à réduire une histoire à son essence. Chez ceux-ci, on trouve également parfois l’extrême inverse, où le texte est uniquement emballé musicalement …
On constate cela lorsque le texte est si dominant par rapport à la musique que celle-ci devient presque un prétexte. La situation est différente avec un bon songwriter comme Dylan. «It’s Alright, Ma (I’m Only Bleeding)» contient des mots en cascades et fonctionne tout de même bien parce que la langue se transforme en instrument produisant un rythme. Comme exemple contraire, pensons à une chanson des Beatles écrite par John Lennon: «I Want You (She’s So Heavy)»: Malgré sa durée de presque huit minutes, elle est constituée d’une seule phrase avec des variations. Cela montre que les libertés sont très grandes. On se souvient de la belle phrase de Max Frisch: «ça fonctionne donc c’est permis.».

«Il faut cesser de penser que les paroles de chansons peuvent être appréciées simplement en les lisant; sur le papier, elles ne fonctionnent généralement pas, et y sont sans vie.»

Ce principe pourrait également s’appliquer pour les paroles de chansons d’amour, l’amour restant le thème principal pour la musique pop. Une chanson d’amour peut paraître niaise si l’on considère ses paroles mais tout de même fonctionner à merveille. Qu’est-ce qui fait la différence ?
«I Will Always Love You» est un bon exemple d’impact très différent d’un même texte, selon l’instrumentation et l’interprétation. Cette chanson n’est pas de Whitney Houston à l’origine, mais de Dolly Parton. Et sa version originale de 1974 est grandiose, bien que le texte soit incroyablement banal: l’émotion naît de l’interprétation.

Les mêmes paroles peuvent également avoir des sens différents selon l’interprétation …
Oui, et la chanson «You Can Leave Your Hat On» de Randy Newman permet d’illustrer cela. Dans sa version originale, cette chanson d’amour comporte une dimension de menace, le protagoniste apparaît comme un harceleur qui nous fait peur. Dans la version de Joe Cocker, la chanson ne parle plus d’un prédateur sexuel et devient un hymne au sexe et à la liberté ‒ et c’est dans cette interprétation qu’elle a été utilisée dans le film «9 Semaines 1/2».

Les textes de deux chansons d’amour peuvent être similaires en ce qui concerne le choix du vocabulaire et avoir un effet très différent, insignifiant ou captivant. Pourquoi ?
Il faut cesser de penser que les paroles de chansons peuvent être appréciées simplement en les lisant; sur le papier, elles ne fonctionnent généralement pas, et y sont sans vie. L’une des raisons est que, pour les paroles, la technique de la répétition joue un rôle non négligeable; les textes de Nick Cave par exemple sont absurdes sur le papier.
Il y a cependant des exceptions, et les textes des chansons de Leonard Cohen en font partie. Cela s’explique probablement par le fait qu’il a avant d’enregistrer des chansons écrit trois livres et deux recueils de poèmes. Il a recouru à la guitare car il pensait qu’il pourrait ainsi atteindre un plus grand public. Mais la magie des paroles se révèle dans la plupart des cas au moment où elles sont chantées. Pensez par exemple à «Hitch Hike» de Marvin Gayes. Son chant donne au morceau une élégance lascive.

Avec le chant, on peut également briser les stéréotypes d’un texte ou ajouter une note d’ironie …
Lyle Lovett a fait exactement le contraire dans la chanson «She’s Leaving Me Because She Really Wants To». Le texte est à l’origine marqué par de l’ironie, mais il l’a chanté dans une version country d’une manière manquant complètement d’ironie. La rupture est dans ce cas qu’il s’est emparé d’un texte non conventionnel, que le genre persiffle habituellement, et l’a interprété de manière conventionnelle.

Le chanteur et producteur Roman Camenzind a affirmé un jour qu’un texte de chanson devait absolument être écrit par l’auteur dans sa langue maternelle pour qu’il ait un caractère authentique …
C’est une bonne thèse, même s’il y a des contre-exemples. Dans le cas de Rammstein, je suis fasciné de constater que les personnes qui viennent à leurs concerts chantent les paroles en allemand même dans des lieux comme Mexico City ou New York. Le chanteur Till Lindemann m’a confié qu’il pensait que la plupart chantaient ses paroles de manière phonétique uniquement. A cet égard, la langue anglaise est assez perfide. C’est un peu comme quand on commence à jouer de la guitare: il est assez facile de jouer trois accords, et cela sonne assez bien. Mais c’est plus compliqué pour la suite. Et cela se remarque assez souvent dans le cas d’auteurs qui ne sont pas de langue maternelle anglaise.

Et en Suisse ?
Il y a certes en Suisse d’excellents paroliers, notamment Kutti MC, Endo Anaconda (Stiller Has), Kuno Lauener (Züri West) et Carlos Leal (Sens Unik). En Suisse alémanique, la réalité est que le dialecte restreint beaucoup le public; la situation est très différente en Allemagne à ce sujet.

Un auteur suisse qui souhaite vivre de la musique doit donc essayer de trouver un public aussi large que possible en recourant à une langue internationale. Est-ce que cela se fait au détriment de l’authenticité ?
Yello est un bon exemple qui montre que l’utilisation de l’anglais peut bien fonctionner. Dieter Meier a créé de nombreux textes dadaïstes et son anglais est assez suisse, avec un accent et un côté humoristique. Les personnalités des deux artistes sont bien perceptibles, ce qui donne un aspect authentique. Les Young Gods connaissent également un grand succès, alors que Franz Treichler chante ses textes avec un accent français; mais dans ce cas, c’est surtout sa voix qui est importante et non les textes. Pour moi, ce sont les deux groupes suisses les plus importants; malgré leur rayonnement international, ils ont conservé leur identité. Les groupes qui chantent en français, comme Sens Unik, ont davantage de chance car leur langue maternelle est une langue internationale.

Jean-Martin Büttner (né en 1959) a grandi à Bâle et est bilingue (allemand et français). Il a étudié la psychologie, la psychopathologie et l’anglais à Zurich et son travail de fin d’études portait le titre suivant: «Sänger, Songs und triebhafte Rede. Rock als Erzählweise» (livre publié en 1997, aujourd’hui épuisé). Dans les années 80, il a écrit régulièrement pour le magazine musical Music Scene, qui était à l’époque dirigé par Markus Ganz, qui a réalisé la présente interview. Depuis 1987, il est engagé au quotidien Tages Anzeiger. Il a travaillé comme rédacteur dans la rubrique culturelle et dans la rubrique suisse et comme correspondant pour la Suisse romande et rédacteur au Palais fédéral. Depuis 2010, il écrit sur différents sujets et notamment régulièrement sur la musique.
Prix de reconnaissance pour paroliers-ières
La FONDATION SUISA met au concours son prix de reconnaissance 2017 (CHF 25 000.-) pour des parolières et paroliers. Les travaux sont pris en compte dans toutes les langues. L’ensemble de l’œuvre des candidates et des candidats sera évalué, et non les textes isolés. L’œuvre des participantes et des participants doit avoir un lien avec la création musicale suisse de notre temps. Les propositions de candidatures émanant de tiers sont également possibles. Un jury spécialisé évaluera les dossiers déposés sur la base du règlement du prix. Dernier délai d’envoi: 24 février 2017. Des informations complémentaires ainsi que le règlement et le formulaire d’inscription sont disponibles sur le site Internet de la FONDATION SUISA.
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«Rien ne vaudra jamais une chanson bien écrite» Pour Tobias Jundt, son succès international avec Bonaparte constitue aujourd’hui le point culminant de sa longue carrière d’auteur-compositeur. Il a composé plusieurs centaines de titres, créé dans une large variété stylistique, pour ou avec d’autres artistes. Ce Bernois qui vit à Berlin transmet ses connaissances et son expérience de compositeur en tant que professeur invité à la Haute école des arts de Zurich dans la matière «Songwriting». Voici une interview avec ce membre de SUISA nominé au Grand Prix de musique 2016 et qui se produira avec son nouveau groupe Mule & Man au Festival Label Suisse à Lausanne. Continuer
Apporter harmonie et rythme à la mélodie La FONDATION SUISA décerne le Prix du Jazz 2016 à Heiri Känzig. Moins connu pour ses talents de compositeur, ce musicien zurichois figure parmi les très grands contrebassistes d’Europe. Heiri Känzig est vraisemblablement plus connu sur la scène internationale du jazz qu’il ne l’est du grand public suisse. Il faut dire que ce contrebassiste n’a jamais cherché à attirer les foules, mais a toujours séduit par une musicalité épurée. Continuer
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La FONDATION SUISA réserve cette année son prix de reconnaissance (25 000 francs) aux parolières et paroliers. Mais quelles sont les caractéristiques de paroles réussies ? Markus Ganz, contributeur invité, s’entretient avec Jean-Martin Büttner

Textes de chansons: «ça fonctionne donc c’est permis»

«Les paroles ne fonctionnent généralement pas sur le papier», affirme le journaliste Jean-Martin Büttner. (Photo: Dominic Büttner)

Jean-Martin, que penses-tu des paroles suivantes: «A Wop bop a loo bop a lop bam boom» ?
Jean-Martin Büttner: c’est un bon exemple de paroles codées. En effet, «Tutti Frutti» de Little Richard parle secrètement de drag queens et de pratiques sexuelles, en tout cas dans la version originale de 1955. A ce sujet, il faut savoir que le chanteur était triplement défavorisé: Richard était noir, homosexuel et originaire du Sud des Etats-Unis. Dans une interview, le politologue américain Greil Marcus a bien...Continuer

Assemblée générale 2016 de la coopérative SUISA au Centre Paul Klee

217 compositeurs, paroliers et éditeurs de musique ont participé à l’Assemblée générale de SUISA le 24 juin 2016 à Berne et ont ainsi exercé leur pouvoir de codécision dans le cadre de la coopérative. En plus de l’exposé de l’orateur invité, Roger de Weck, Directeur général de la SSR, de la remise du Prix de la FONDATION SUISA et de la bourse «Compositeur/-trice en résidence», le thème principal était la révision du règlement de prévoyance.

GV2016-Auditorium

Près de 280 membres et invités se sont réunis à l’auditorium du Centre Paul Klee à Berne pour l’Assemblée générale 2016 de SUISA. (photo: Manu Leuenberger)

Voici comment fonctionne le pouvoir de codécision: le décompte des bulletins de vote avait déjà été effectué à l’auditorium du Centre Paul Klee à Berne, lorsqu’un membre SUISA a demandé que le vote soit répété. Parmi les personnes présentes, un grand nombre n’avaient pas compris clairement si les voix comptées étaient des oui ou des non au règlement de prévoyance révisé. Le vote a donc simplement été répété.

Les membres décident du sort de leur coopérative

Le principe de la coopérative est simple: SUISA, la coopérative des auteurs et éditeurs de musique, appartient à ses membres. Et ce sont eux qui décident lors de l’Assemblée générale si le rapport annuel concernant l’exercice précédent peut être approuvé, quel est l’Organe de révision de SUISA, si la décharge peut être accordée au Conseil de SUISA – ou dans le cas évoqué: si la version adaptée du règlement de prévoyance devait être approuvée ou non.

Nouveau règlement de prévoyance dès 2017

Les membres ayant le droit de vote ont finalement approuvé la version révisée du règlement. Le nouveau règlement de prévoyance correspond mieux aux réalités actuelles et a été adapté à la législation en vigueur aujourd’hui. Le changement certainement le plus important concerne les modifications du règlement à l’avenir. La compétence pour cela appartient nouvellement au Conseil de fondation, soit le Conseil de SUISA.

Exposé de l’orateur invité et Prix de la FONDATION SUISA

Dans son exposé, Roger de Weck, Directeur général de la SSR, a notamment rappelé aux membres SUISA présents et aux invités l’importance d’une bonne collaboration entre la SSR, SUISA et les artistes pour l’encouragement de la création musicale en Suisse.

L’encouragement de la musique en Suisse, c’est précisément l’une des missions de la FONDATION SUISA, la fondation de SUISA pour la promotion de la musique. Dans son intervention, Urs Schnell, Directeur de la Fondation, a félicité le lauréat 2016 du Prix de la Fondation, Franz «Fränggi» Gehrig. Le Prix (25 000 francs) a cette année été décerné dans la catégorie «musiques populaires actuelles suisses». Etant donné que Fränggi Gehrig n’a pas pu participer à l’Assemblée générale, la remise officielle du Prix aura lieu en août lors de la «Stubete am See», le Festival zurichois pour la nouvelle musique folklorique suisse.

Un autre artiste a également été honoré par la FONDATION SUISA, le musicien pop Bâlois James Gruntz. Il a obtenu la bourse «Compositeur/-trice en résidence» de la Fondation. Le montant s’élève à 80 000 francs et permettra au jeune artiste de travailler sa musique en toute quiétude, en bénéficiant d’une indépendance financière pendant une année.

L’Assemblée générale 2017 de SUISA aura lieu le vendredi 23 juin 2017, à 11h au Kaufleuten de Zurich.

Dernier délai pour la transmission des propositions à l’attention de l’Assemblée générale: conformément au chiffre 9.2.4 des statuts, les membres SUISA peuvent déposer jusqu’au 20 janvier par écrit des points pour l’ordre du jour ou des propositions pour l’Assemblée générale ordinaire de l’année en cours. Une telle requête doit être soutenue par au moins 50 membres et être remise par écrit, avec indication d’un représentant habilité à retirer la demande ou à la modifier.

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Croissance durable pour les membres Les coopératives se distinguent par leur modèle économique solide. C’est également le cas de SUISA. Le chiffre d’affaires de la coopérative des compositeurs, paroliers et éditeurs de musique est en légère hausse en 2015 et 88% des revenus perçus sont reversés aux ayants droit, ce qui représente en tout 125 millions de francs. La coopérative apporte ainsi une contribution financière significative à ses membres. Vous trouverez ci-dessous une analyse des résultats annuels. Continuer
Nouveaux membres du Conseil de SUISA Lors de l’Assemblée générale de SUISA le 19 juin 2015 à Fribourg, Marie Louise Werth et Zeno Gabaglio ont été élus au Conseil de SUISA. Ils remplacent Monika Kaelin et Massimiliano Pani, qui ont quitté le Conseil et dont l’Assemblée générale a pris congé, en les remerciant vivement de leur travail au sein de l’instance dirigeante la plus importante de SUISA au niveau opérationnel. Qui sont les nouveaux membres du Conseil? Voici une présentation des nouveaux arrivants, avec interviews et brèves biographies. Continuer
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GV2016-Auditorium

Près de 280 membres et invités se sont réunis à l’auditorium du Centre Paul Klee à Berne pour l’Assemblée générale 2016 de SUISA. (photo: Manu Leuenberger)

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La musique populaire à la base de compositions plus élaborées

Le compositeur et accordéoniste Franz «Fränggi» Gehrig reçoit le Prix de la FONDATION SUISA 2016. Le prix annuel de reconnaissance de la fondation de SUISA pour l’encouragement de la musique est décerné en 2016 dans la catégorie «musiques populaires suisses actuelles». Interview du Lauréat Uranais âgé de 30 ans à propos de cette distinction, de son activité de création musicale et de l’attrait de la musique populaire, qu’elle soit ancienne ou nouvelle. Texte/interview de Manu Leuenberger

Fraenggi-Gehrig-Preis-der-FONDATION-2016

Fränggi Gehrig a commencé à jouer de l’accordéon à 8 ans. Il a étudié l’accordéon dans le répertoire jazz à la Haute Ecole de Lucerne, avec comme point fort la musique populaire, et suivit également des cours de composition. (Photo: Blatthirsch.ch)

Fränggi Gehrig, vous êtes lauréat du Prix de la FONDATION SUISA 2016 dans la catégorie «musiques populaires suisses actuelles». Qu’est-ce que cela représente pour vous?
Fränggi Gehrig: cette distinction a été totalement inattendue pour moi, car je n’avais vraiment aucune idée, au moment de présenter mon travail pour le Prix, quelles étaient mes chances. Je suis particulièrement heureux et c’est un grand honneur pour moi d’avoir reçu ce Prix!

La musique populaire est liée à de nombreuses traditions. Quelles sont les difficultés que l’on rencontre quand on souhaite donner une forme nouvelle et actuelle à la musique populaire?
Il me semble que le plus important est de ne pas oublier ses racines. Il convient de veiller à ne pas arbitrairement harmoniser des mélodies un peu différemment ou modifier les rythmes en affirmant ensuite qu’il s’agit de musique populaire nouvelle.
Je crois que l’établissement d’un lien entre «traditionnel» et «nouveau» ne réussit pas si la personne qui tente cela n’a pas vécu très longtemps de manière intense dans la tradition. L’apprentissage de la musique populaire traditionnelle est très difficile. Il nécessite d’y consacrer ses soirées libres durant des décennies, et de répéter également de nombreuses heures individuellement, afin de se l’approprier réellement. A mon avis, ce background est nécessaire si l’on souhaite donner de manière intéressante une forme nouvelle et actuelle à la musique populaire.

On peut d’une part vous entendre en tant qu’interprète, souvent à l’accordéon, d’œuvres populaires anciennes. D’autre part, vous composez pour des ensembles comme Rumpus, Stegreif GmbH ou le groupe Alpini Vernähmlassig, dans lequel vous jouez également. Quel est pour vous l’attrait d’interpréter des airs anciens tout en composant de la musique nouvelle?
Dans le fond, j’aime le changement et la diversité des projets dans mon activité. Comme je vous l’ai dit, la musique traditionnelle «ancienne» est ma base, c’est avec elle que j’ai grandi et je continue à la jouer avec grand plaisir. Je trouve qu’elle convient mieux dans un café avec une bonne ambiance où l’on danse que dans une salle de concert. En revanche, mes compositions un peu plus élaborées conviendront probablement mieux dans des concerts. Le public-cible est assez différent; ce sont pratiquement deux mondes séparés. Cette diversité me plaît et m’incite à continuer à faire les deux choses, en les combinant parfois.

Il y a 6 ans, vous avez adhéré à la Coopérative suisse des auteurs et éditeurs de musique. Quelle est l’utilité de cette affiliation à SUISA pour vous?
Je peux ainsi bénéficier d’une bonne protection de mes œuvres par le droit d’auteur et, surtout, j’en profite lorsque mes compositions sont jouées publiquement.

Savez-vous déjà comment vous allez utiliser le montant qui vous revient grâce à cette distinction de la FONDATION SUISA?
Je vais très certainement faire l’acquisition d’un bon instrument dont je rêvais depuis longtemps.

Parmi les formations auxquelles vous participez, laquelle vous tient particulièrement à cœur actuellement ou dans un proche avenir?
A l’avenir, mon objectif est de promouvoir un peu mon propre quintette. A part cela, j’espère que je pourrai continuer à vivre des moments inoubliables avec mes différents groupes et avec mes collègues musiciens.

Site Internet officiel: www.fraenggigehrig.com

Le Prix de la FONDATION SUISA est un prix de reconnaissance qui récompense des créations exceptionnelles, qui contribuent à enrichir l’héritage musical suisse. Le Prix (25 000 francs) est décerné annuellement par la Fondation d’encouragement musical de SUISA, à chaque fois dans une catégorie différente. Les derniers lauréats ont été les suivants: Aliose (catégorie «musique de variéte»), Gary Berger («composition instrumentale/vocale et électronique»), Ruh Musik AG («édition musicale»), Trummer («singer/songwriter») ainsi que Michel Steiner et Willi Valotti («musique populaire suisse»).

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Assemblée générale SUISA 2016: la musique rencontre la peinture

L’Assemblée générale 2016 de SUISA aura lieu le vendredi 24 juin 2016 en matinée au Centre Paul Klee à Berne. Avec près de 4000 œuvres, le Centre possède la plus importante collection d’œuvres de Paul Klee au monde: peintures, aquarelles et dessins. Les participants à l’Assemblée générale auront la possibilité de visiter le musée gratuitement après l’assemblée. Texte de Dora Zeller

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Stéphanie Joseph (violon), Anne Gillot (clarinette basse), Jocelyne Rudasigwa (contrebasse), Ignacio Lamas (guitare) et Jean-Samuel Racine (clarinette), soit Boulouris 5, veilleront à une belle ouverture musicale de l’Assemblée générale 2016 de SUISA. (Photo: Mercedes Riedi)

L’Assemblée générale 2016 sera ouverte par Boulouris 5. Le groupe réunit un violon, une guitare, une clarinette, une contrebasse et une clarinette basse, joués par cinq talentueux artistes de formation classique et jazz. Ils emmèneront les membres de SUISA dans leur monde musical magique, en leur permettant de vivre de belles émotions durant cet instant.

Affaires statutaires: coup d’œil rétrospectif sur 2015

L’Assemblée générale ne devra pas uniquement accepter le bilan, le compte de résultat, la rapport de révision et le rapport annuel. Elle également à se prononcer sur le compte rendu de la situation, le tableau des flux de trésorerie ainsi que l’annexe aux comptes annuels 2015. Cela s’explique par les nouvelles normes en matière de présentation des comptes, en vigueur dès cette année (Swiss GAAP FER).

Exercice en cours: un regard vers l’avenir

SUISA a une nouvelle fois enregistré un résultat financier réjouissant l’an dernier. Le jour de l’Assemblée générale, la première partie de l’exercice 2016 sera presque terminée. Un rapport intermédiaire présentera l’évolution des chiffres pour l’année en cours.

Fondation en faveur des auteurs et des éditeurs de SUISA

Le Conseil recommande l’approbation d’une adaptation du règlement de prévoyance. Le règlement actuel ne correspond plus entièrement à la pratique et certaines formulations doivent être précisées. Cependant, rien ne changera matériellement en ce qui concerne les prestations en faveur des auteurs et éditeurs assurés. La révision devrait permettre l’élaboration d’un règlement correspondant aux réalités d’aujourd’hui, et adapté à la législation actuelle.

Exposé de Roger de Weck

Roger de Weck est Directeur général de la SSR, soit le plus grand utilisateur en Suisse d’œuvres concernées par le droit d’auteur. La SSR acquiert les droits avant tout auprès des sociétés de gestion. D’un point de vue financier, il s’agit du plus important client de SUISA. Dans le cadre du service public, la SSR a le mandat de garantir un service universel à la population suisse par le truchement de programmes radio/TV, et de défendre la pluralité des opinions. Roger de Weck expliquera dans son exposé ce que cela signifie et quels sont les défis à relever.

FONDATION SUISA

La FONDATION SUISA est une entité d’utilité publique; elle obtient ses moyens financiers grâce à une attribution annuelle de SUISA correspondant à 2,5% des recettes provenant des droits d’exécution et d’émission en Suisse et au Liechtenstein. Une vue d’ensemble des activités de la fondation d’encouragement de la musique de SUISA sera présentée lors de l’Assemblée générale. A cette occasion, la fondation révélera le nom du lauréat 2016 du Prix de la FONDATION SUISA, doté de Fr. 25 000.-.

Les membres de SUISA ayant le droit de vote peuvent s’inscrire en ligne pour l’Assemblée générale 2016 sous www.suisa.ch/assembleegenerale

Nous nous réjouissons de vous accueillir à Berne!

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Vincent-Salvadé-PortraitMembres de SUISA, votre liberté est en péril Chers membres, en cet été 2015, saviez-vous que votre société de gestion avait passé du temps et dépensé de l’argent pour se soumettre à une analyse de ses coûts demandée par la Confédération? L’analyse des coûts a été exigée parce que l’Institut fédéral de la propriété intellectuelle, l’autorité de surveillance de SUISA, a lui-même été audité par le Contrôle fédéral des finances. Continuer
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Assemblée générale 2015: SUISA pour moi, pour toi, pour tous!

L’Assemblée générale 2015 de SUISA aura lieu le vendredi 19 juin 2015 en matinée à l’Hôtel «NH» de Fribourg. Il y aura tout d’abord une partie statutaire, puis l’élection de quelques membres du Conseil et de la Commission de Répartition et des œuvres pour la période 2015 – 2019. Texte: Dora Zeller

GV-2015-Gustav

Le barde polyglotte Gustav se produira dans son fief. Né à Fribourg, il compose ses premières chansons dès l’âge de 16 ans et donne son premier concert au club de rock fribourgeoois Fri-Son. Il ouvrira l’Assemblée générale 2015 de SUISA dans la ville Sarinoise. (Photo: Stéphane Schmutz, stemutz.com)

L’Assemblée sera ouverte par Gustav, multi-instrumentiste fribourgeois qui divertit son public avec son énergie contagieuse à chacun de ses shows. Le musicien qui a de nombreuses cordes à son arc chante en dialecte singinois, en français et en «bon» allemand.

Chiffres et élections

Rapport annuel, bilan, compte d’exploitation et rapport de révision concernant l’exercice 2014 seront présentés et soumis à l’approbation des membres ayant le droit de vote. Ensuite, on passera aux élections: Monika Kaelin et Massimiliano Pani quittent le Conseil. La Commission de Répartition et des œuvres (CRO) perd 15 de ses 22 membres. En clair: vous allez élire deux nouveaux membres du Conseil et 15 nouveaux membres de la CRO. Il s’agira ensuite de confirmer les deux organes, y compris la présidence du Conseil, pour la prochaine période administrative.

Exposé de Pierre Muckly, Président du DUN

Pierre Muckly est Président du DUN, la Fédération suisse des utilisateurs de droits d’auteurs et voisins. De par cette fonction, il se retrouve souvent aux mêmes tables de négociations que SUISA. Durant son exposé lors de l’AG de SUISA, il parlera des difficultés à élaborer des solutions viables lorsque les partenaires de négociation ont des visions différentes.

Rapport intermédiaire sur l’exercice en cours

Malgré une situation économique difficile, SUISA a obtenu un résultat réjouissant pour 2014. Le jour de l’Assemblée générale, les six premiers mois du nouvel exercice seront quasiment écoulés. Un rapport intermé-diaire sera présenté afin de donner les tendances constatées pour l’année en cours.

Cérémonie d’attribution du Prix de la FONDATION SUISA

Vous assisterez non seulement à la remise du Prix de la FONDATION SUISA (20’000 francs), qui est décerné cette année pour des prestations extraordinaires dans le domaine de la musique de variétés, mais vous aurez également la chance de pouvoir écouter un morceau du répertoire du lauréat.

Participez aux prises de décisions – participez à l’Assemblée générale!

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«Ce Prix de la FONDATION SUISA 2015 nous ‹booste› pour la suite!»

Le duo Aliose est lauréat du Prix de la FONDATION SUISA pour ses prestations extraordinaires dans le domaine de la musique de variétés. Depuis la sortie de son premier album en 2009, Aliose a donné plus de 250 concerts, dont un tiers hors de Suisse. Alizé Oswald et Xavier Michel se sont rencontrés il y a plus de 10 ans lors d’un atelier pour auteurs, compositeurs et interprètes. La lauréate et le lauréat ont répondu par écrit à nos questions sur la musique, la composition, le Prix et leur prochain album. Texte/interview: Marcel Kaufmann, FONDATION SUISA, et Manu Leuenberger

Aliose

«Depuis trois ans, notre principale source de revenus est la musique, principalement via Aliose, et les droits d’auteurs en constituent une part non négligeable.» Alizé Oswald et Xavier Michel, lauréats du Prix de la FONDATION SUISA 2015, sont membres de SUISA depuis 2005, respectivement 2006. (Photo: Amélie Blanc)

Alizé, Xavier, vous êtes aussi bien compositrice/compositeur qu’interprètes de votre propre musique. Par le Prix de la FONDATION SUISA, vous êtes récompensés pour votre travail de compositeur et d’auteur. Quelle valeur accordez-vous à la composition dans le cas d’Aliose?
Alizé & Xavier: Nous accordons une grande placeà la composition et à l’écriture. Même s’il nous arrive de collaborer à la création de certains titres (Fabien Bœuf, Patrice Genet, Stéphane Gonnu), nous écrivons la très grande majorité du répertoire d’Aliose. Le processus créateur est important pour nous. L’une des choses qui nous tient à cœur est d’écrire en français, notre langue maternelle et notre langue d’expression. C’est une langue si riche, si exigeante, surtout à mettre en musique. C’est la langue dans laquelle nous nous sentons parfaitement à l’aise pour transmettre des messages et des émotions à notre public, même si celui-ci ne comprend pas toujours le français. Pour cela, nos expériences à l’étranger, notamment en Asie ou en Amérique du Sud, ont été surprenantes et très enrichissantes: les gens ne comprennent pas forcément ce que nous chantons, mais sont touchés et ressentent les émotions que nous souhaitons faire passer grâce à la musique. C’est pourquoi, nous attachons aussi une très grande importance aux mélodies. Souvent, ce n’est pas ce qui prime dans certains courants de ce qu’on nomme la «chanson française», mais pour nous la musique est capitale, tout autant que le texte. Nous avons énormément de plaisir à écrire et composer ensemble. C’est un exercice difficile, mais passionnant.

Vous travaillez en duo. Comment fonctionne votre collaboration pour la composition?
Alizé & Xavier: Nous aimons tous les deux écrire à la fois des textes et des musiques. Contrairement à beaucoup de binômes qui ont une façon de travailler méthodique, avec une répartition des rôles bien définie, chez nous il n’y a pas de règles. Il y a même tous les cas de figures: tantôt c’est l’un qui fait le texte et l’autre la musique, tantôt l’inverse, parfois nous collaborons juste sur le texte, ou juste sur la musique; souvent nous écrivons tout ensemble, texte et musique. C’est d’ailleurs peut-être là où nous sommes les meilleurs, car nous ne laissons pas passer les faiblesses de l’autre, nous sommes certainement plus exigeants qu’en travaillant tout seul. Xavier a un peu plus la fibre littéraire, Alizé un peu plus la fibre mélodique. Nous sommes très complémentaires et c’est très enrichissant. Mais nous travaillons aussi beaucoup l’un sans l’autre, ou avec d’autres auteurs ou compositeurs.

Vous écrivez également régulièrement de la musique pour d’autres artistes. Comment est-ce que cela a commencé?
Xavier: A vrai dire, en ce qui me concerne, j’ai longtemps préféré écrire pour d’autres artistes. Je me considérais davantage auteur (et plus tard compositeur) qu’interprète. Puis, j’en suis venu à interpréter sur scène mes propres chansons. Mais une bonne moitié, voire plus, de ce que j’écris ou compose reste destiné à d’autres artistes (Maria Mettral (et Thierry Romanens), Au hasard des faubourgs, Terre des hommes Valais, Mélanie René, etc.), même si les projets ne voient pas toujours le jour. Même au sein d’Aliose, j’aime parfois écrire une chanson en me disant qu’Alizé la chantera seule.
Alizé: Pour ma part, je ne pensais pas du tout qu’un jour j’écrirais pour d’autres artistes. J’ai d’abord commencé à le faire très timidement pour quelques personnes, puis j’ai vraiment adoré écrire l’album de Maria Mettral, car je trouve fantastique d’avoir la possibilité de me glisser dans la peau de quelqu’un d’autre et d’essayer de mettre des mots en phase avec le parcours de vie de l’artiste qui nous confie ce travail. Mais pour être tout à fait honnête, ma collaboration préférée, en dehors d’Aliose, reste celle que j’ai en ce moment avec Arthur Le Forestier (fils de Maxime Le Forestier), car nous travaillons ensemble du début à la fin des chansons, sur les musiques et sur les paroles, et je trouve ce travail extrêmement enrichissant et complémentaire.

Qu’est-ce qui distingue la musique que vous jouez vous-mêmes de celle que vous composez pour d’autres musiciens?
Xavier: Mon registre en tant qu’interprète est assez limité. J’aime écrire des œuvres que je ne suis pas capable de chanter, dans des styles différents qui ne me conviendraient pas, comme par exemple la comédie musicale «Au hasard des faubourgs», qui est jouée depuis octobre 2014 et dans laquelle je serais incapable de me produire, je n’en ai pas les compétences. Ecrire pour des «grandes voix» me plaît aussi; j’ai une voix peut-être caractéristique, mais limitée; dans la composition, je n’ai pas de limites! L’important est de s’inspirer au maximum de la personnalité pour laquelle on écrit, faire autant que possible du «sur-mesure»; c’est difficile, mais fascinant. Et l’exercice est le même pour les textes: faire en sorte que chaque parole convienne à l’interprète. Et donc écrire parfois des paroles que nous, nous ne pourrions pas interpréter. C’est une grande liberté! Toutefois, il doit y avoir une «patte Aliose», car souvent les gens reconnaissent notre style derrière nos chansons, même lorsqu’on les écrit pour d’autres.
Alizé: Lorsque j’écris pour quelqu’un d’autre, je suis un peu comme un styliste à qui on confie un très joli mannequin que je dois «habiller». Je ne pense pas qu’un styliste porte les mêmes habits que ceux qu’il conçoit pour ses mannequins. Après, en effet, je pense avoir ma patte, surtout dans la façon de créer les mélodies, et j’imagine que c’est une façon de reconnaître ma «touche», comme on peut reconnaître celle de Coco Chanel ou de Jean-Paul Gaultier, toutes proportions gardées bien sûr!

En tant que compositeurs, vous êtes membres de SUISA. Quelle est l’utilité de cette affiliation pour vous?
Alizé & Xavier: Depuis trois ans notre principale source de revenus est la musique, principalement via Aliose, et les droits d’auteurs en constituent une part non négligeable. Beaucoup de nos œuvres sont utilisées régulièrement. Récolter toutes les redevances par nous-mêmes, suite aux passages radio, TV, aux concerts, aux reproductions, en Suisse comme à l’étranger, serait impensable. Dans une démarche de «professionnalisation», les aspects liés aux prestations sociales, à la prévoyance, etc. nous semblent aussi importants.

Que signifie pour vous le fait d’être récompensés par le Prix de la FONDATION SUISA?
Alizé & Xavier: C’est tout d’abord un immense honneur, un symbole qui nous touche énormément. C’est aussi un très bel encouragement. Nous faisons un métier passionnant, et nous avons conscience de la chance que nous avons de pouvoir vivre de notre musique, mais c’est énormément de travail, des revenus instables, une gestion compliquée, un statut pas toujours reconnu; c’est parfois un peu décourageant. Et ce Prix signifie pour nous: «Accrochez-vous, votre travail est reconnu, vous ne travaillez pas dans le vide, vous apportez votre pierre à l’édifice culturel suisse.» C’est très important pour nous. Nous sommes très actifs dans le paysage suisse romand depuis quelques années, et cela nous encourage à continuer à nous investir, mais aussi à redoubler d’efforts pour aller à la rencontre de la Suisse alémanique, et pourquoi pas du Tessin! Nous regrettons parfois les barrières culturelles qui s’érigent entre les régions linguistiques. Nous aimons rencontrer les gens, collaborer en tous genres, de Zedrus à Greis, en passant par Bastian Baker ou les Rambling Wheels, pour ne citer que des Suisses, et si nous pouvions à l’avenir apporter notre contribution pour débrider un peu tout cela, nous en serions ravis! En attendant, ce Prix de la FONDATION SUISA 2015 représente beaucoup pour nous et nous «booste» pour la suite!

En avril, vous avez travaillé sur votre nouvel album à Paris. Pouvez-vous déjà nous donner un ou deux scoops à ce sujet?
Alizé & Xavier: Il y aura un duo avec Paul McCartney! Non … Plus sérieusement, nous travaillons en effet depuis quelque temps activement sur le 3ème album studio d’Aliose, en grande partie à Paris. Il est toutefois malheureusement encore un peu tôt pour vous révéler des scoops, plusieurs éléments importants étant encore incertains. Tout ce que l’on peut dire, c’est que jusque-là nous avons toujours tout fait par nous-mêmes, et par le biais de notre société de production Biinôme; rien n’est sûr, mais il se pourrait que cela change, et que nous ayons des partenaires plus importants pour ce nouveau disque qui, nous l’espérons, pourra non seulement sortir en Suisse mais aussi au-delà des frontières …

www.fondation-suisa.ch/prix-de-la-fondation
www.aliose.ch

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  1. Musy Jean-François dit :

    Félicitations les jeunes !
    Nous allons sortir les massues pour fêter ça !!!
    Croc Magnon
    Nax City

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Réservez la date: Assemblée générale de SUISA le vendredi 19 juin 2015 à Fribourg

L’Assemblée générale 2015 de SUISA aura lieu à l’hôtel «NH Fribourg» le vendredi 19 juin 2015. Tous les membres SUISA ayant le droit de vote sont invités à prendre note de cette date.

Assemblée générale de SUISA Réservez la date

L’an dernier, 184 membres avec droit de vote ont participé à l’Assemblée générale de SUISA au Kursaal de Berne. L’Assemblée générale est la réunion la plus importante de la coopérative; environ 10 650 auteurs et éditeurs avec droit de vote y sont invités (état à fin décembre 2014). (Photo: Jürg Isler, traitement: Manu Leuenberger)

«Du chansonnier au musicien de rock : découvrez la richesse de la vie culturelle fribourgeoise», écrit l’association «Fribourgissima Image Fribourg» sur le site Internet faisant la promotion de la région. Il y est question de Gustav et du groupe The Young Gods, «deux exemples d’artistes fribourgeois très en vue», devenus célèbres après avoir effectué leurs premiers pas musicaux dans la ville qui a fêté ses 850 ans il y a quelques années.

A 20 minutes de train de Berne et à trois petits quarts d’heure de Lausanne, Fribourg, ville bilingue, propose de nombreux trésors culturels. Parmi ceux-ci, mentionnons le tout récent théâtre «Equilibre», le Festival de film «FIFF», le Festival international de musiques sacrées, le Festival «Belluard Bollwerk», le Centre d’art contemporain «Fri Art», l’«Espace Jean Tinguely – Niki de Saint Phalle» et, bien entendu, le fameux club de concerts «Fri-Son».

Elections, remise de prix, réseautage

Cet environnement marqué par la culture convient parfaitement à l’organisation de l’Assemblée générale de la Coopérative suisse des auteurs et éditeurs de musique. Les membres ayant le droit de vote se retrouveront ainsi le vendredi 19 juin 2015 à l’hôtel «NH Fribourg». L’AG de SUISA débutera à 11h. Avant et après l’assemblée proprement dite, du temps sera prévu pour le réseautage et les échanges entre participants. Des employés de SUISA seront présents pour répondre aux questions.

Au programme de l’Assemblée générale 2015, il y aura des élections au Conseil et à la Commission de Répartition et des œuvres de SUISA. On procédera également à la remise du Prix de la FONDATION SUISA, qui récompensera cette année un travail d’exception dans le domaine de la musique de variétés suisse (schlager). Des informations détaillées sur le déroulement de la journée seront communiquées ultérieurement. Le procès-verbal de l’Assemblée générale 2014 est disponible sur le site Internet de SUISA.

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  1. Fournier dit :

    Bonjour!
    Question:
    Pourquoi organisez-vous chaque année l’assemblée générale de Suisa
    lors du week-end de la fête de la musique?
    Souhaitez-vous qu’il y a ait le moins de musiciens possible qui y participent?
    C’est un des week-ends les plus occupés pour la plupart des musiciens que je connais…!
    C’est aussi mon cas, donc je ne pourrai pas venir..!
    Dommage.
    Salutations!
    sylvain

    • Manu Leuenberger dit :

      Cher Sylvain

      Merci beaucoup de votre commentaire. Par le passé, l’Assemblée générale de SUISA a eu lieu lors de différents week-ends de juin. Il est difficile d’éviter les dates où se déroulent des événements musicaux. Le mois de juin est très riche en événements culturels. Il n’est pas possible d’organiser l’Assemblée générale plus tôt dans l’année, car les comptes annuels doivent être disponibles et parce que nous avons besoin d’un certain temps de préparation. Après le mois de juin, nous tomberions sur la période des vacances d’été.

      Il est souhaitable qu’un maximum de membres ayant le droit de vote puissent s’exprimer lors de l’Assemblée générale. C’est précisément en raison des nombreuses manifestations musicales ayant lieu le week-end que quelques membres ont souhaité que l’AG ait lieu le vendredi et non le samedi. Dans ces conditions, l’Assemblée générale de cette année aura lieu un vendredi matin, le 19 juin 2015, à 11h.

      Le choix du vendredi doit permettre la participation à l’AG des membres qui se produisent le samedi ou le dimanche. Nous serions donc heureux si, malgré votre engagement dans le cadre de la Fête de la musique, vous parveniez à vous libérer le vendredi matin pour participer à l’AG.

      Avec nos sincères salutations, Manu Leuenberger / Communication SUISA

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L’an dernier, 184 membres avec droit de vote ont participé à l’Assemblée générale de SUISA au Kursaal de Berne. L’Assemblée générale est la réunion la plus importante de la coopérative; environ 10 650 auteurs et éditeurs avec droit de vote y sont invités (état à fin décembre 2014). (Photo: Jürg Isler, traitement: Manu Leuenberger)

«Du chansonnier au musicien de rock : découvrez la richesse de la vie culturelle fribourgeoise», écrit l’association «Fribourgissima Image Fribourg» sur le site Internet faisant la promotion de la région. Il y est question de Gustav et du groupe The Young Gods, «deux exemples d’artistes fribourgeois...Continuer