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C’est sur les chaînes de radio thématiques de la SSR que vit la musique suisse

Six chaînes de radio thématiques de la SSR pourraient être supprimées. C’est en effet ce qu’exige une motion de la Commission des transports et des télécommunications du Conseil national. En cas d’approbation, les conséquences pour les artistes suisses seraient catastrophiques. Car ce sont justement ces chaînes de radio qui diffusent et soutiennent la musique locale. Signez maintenant la pétition en ligne «Touche pas à mes radios thématiques»! Texte de Giorgio Tebaldi et Manu Leuenberger

C’est sur les chaînes de radio thématiques de la SSR que vit la musique suisse

Des rues de Berne à la belle scène de la Kulturfabrik de Lyss: le groupe alémanique Troubas Kater s’est produit en novembre 2015 dans l’émission «8×15.». Lors de ces soirées de concerts de la chaîne SRF Virus, 8 groupes suisses peuvent se produire durant 15 minutes et ainsi se faire connaître du grand public. (Photo: SRF)

En février 2017, le duo zurichois Dabu Fantastic ainsi que leur co-compositeur Gianluca Giger ont reçu une distinction dans le cadre des Swiss Music Awards pour le meilleur tube et la meilleure composition. Actuellement, ce groupe zurichois fait partie des ensembles de musique pop les plus populaires de Suisse. Ils doivent leur popularité pour une très large part aux chaînes de radio suisses de la SSR, comme l’explique le chanteur Dabu Bucher dans son entretien avec la SSR (en allemand). Il y a plus de dix ans, SRF Virus diffusait pour la première fois les chansons du groupe, ce qui leur a véritablement permis de percer.

Mais la chaîne jeunesse de la SSR joue aussi un rôle important pour d’autres artistes suisses. Elle fait office de tremplin pour de jeunes musiciens (encore) peu connus. Avec sa série de concerts «8×15.» par exemple, la chaîne offre aux nouveaux venus une plate-forme de choix. Le programme musical de SRF Virus est composé à 50% de musique suisse. Presque aucune autre chaîne de musique ne propose une part plus importante de musique helvétique.

Mais cela ne devrait pas durer – du moins si l’on en croit la Commission des transports et des télécommunications du Conseil national (CTT-N). Dans sa motion 17.3010 «Réduire le nombre de chaînes thématiques dans le domaine des radios», la CTT-N exige la suppression de six chaînes de la SSR: SRF Virus, SRF Musikwelle, Radio Swiss Classic, Radio Swiss Jazz, Radio Swiss Pop ainsi que la chaîne romande Option Musique devraient stopper la diffusion de leur programme. Selon le texte de l’initiative, il s’agit de chaînes «qui n’assument pas un mandat de service public à proprement parler».

Le service public signifie également la promotion de la création artistique suisse

Dans son «rapport d’analyse de la définition et des prestations du service public de la SSR compte tenu de la position et de la fonction des médias électroniques privés», le Conseil fédéral a analysé ce qu’il entend par service public dans le domaine de la radio et de la télévision. Dans ce document, le Conseil fédéral affirme que la SSR «fournit quantité de prestations non rentables au service de la société». L’encouragement du cinéma, de la musique et de la littérature suisses, qui ne serait plus possible sans redevance, en fait partie.

Ce sont justement les chaînes thématiques qui contribuent pour une très large part à la promotion de la musique suisse – et ce non seulement dans le domaine de la musique pop ou rock avec SRF Virus, mais également dans celui du jazz, de la musique classique et surtout de la musique populaire, avec SRF Musikwelle. Comme on peut le lire sur le site Internet de SUISA, ces six chaînes radiophoniques thématiques représentent environ 22% de la musique suisse diffusée. Considéré dans sa globalité, ce taux est de 20% pour toutes les chaînes de la SSR. A titre de comparaison, les chaînes privées suisses atteignent une part de moins de 10% de musique suisse.

Les chaînes thématiques découvrent et encouragent la musique suisse

Les chaînes thématiques jouent dès lors un rôle clé dans la découverte et l’encouragement de la musique suisse. Avec leur couverture médiatique du paysage musical suisse actuel, elles sont absolument indispensables. Il est donc difficile d’imaginer que les chaînes de radio privées combleraient cette lacune si les chaînes thématiques venaient à disparaître. Les chaînes privées ont un intérêt commercial et elles sont principalement financées par des recettes publicitaires. Elles doivent par conséquent orienter leurs programmes vers un public qui veut avant tout écouter des tubes en vogue. Les musiciens suisses en savent quelque chose: «Nous ne faisons pas des tubes, nous les diffusons», déclare ainsi le chanteur/parolier et président de l’Association des musiciens suisses, Christoph Trummer, dans un entretien accordé à la revue musicale Musikmarkt (en allemand).

La suppression des chaînes de radio thématiques toucherait les musiciens suisses également d’un point de vue financier. En 2015, les six chaînes thématiques ont diffusé près de 550 000 minutes de musique d’auteurs suisses. Selon le Rapport annuel SUISA 2015, les redevances de droits d’auteur s’élèvent à CHF 2.70 par minute de musique diffusée sur les chaînes de la SSR. Les recettes de droits d’auteur pour la diffusion d’œuvres de compositeurs, de paroliers et d’éditeurs suisses sur les six chaînes radiophoniques thématiques s’élèvent ainsi à près de 1,5 million de francs. Cet argent va non seulement aux stars déjà bien établies, mais aussi à des artistes suisses peu connus.

Des conditions-cadres bénéfiques à la culture suisse

Si la motion de la CTT-N devait être approuvée, cela aurait de très lourdes conséquences sur le paysage de la musique suisse. On perdrait non seulement d’importantes plates-formes qui présentent une vaste palette de la création musicale suisse, mais la suppression des chaînes de radio thématiques toucherait également les artistes d’un point de vue financier.

Il convient en outre de se poser cette question essentielle: revient-il vraiment au Parlement de décider du contenu des programmes de radio? Le législateur ne devrait-il pas plutôt se restreindre à définir le cadre des chaînes de radio et de télévision? Cette motion déciderait du sort de toute une série de programmes de la SSR. Cela va bien plus loin que la définition de simples conditions-cadres, lesquelles devraient être favorables aux artistes suisses.

Depuis 2006, la SSR exploite la plate-forme musicale en ligne mx3, «The Swiss Music Portal». Sur www.mx3.ch, les musiciens peuvent non seulement présenter leur musique au grand public, mais cette plate-forme est également utilisée par des chaînes de la SSR pour la conception de leur programme. Ainsi, SRF 3, SRF Virus, Couleur 3, Rete Tre et Radio Rumantsch diffusent dans leur programme les morceaux que les artistes ont téléchargés sur mx3. En 2015, près de 22 900 groupes étaient représentés sur mx3. Ils ont tous téléchargé leur musique sur ce portail musical.

Pétition en ligne «Touche pas à mes radios thématiques»

Par cette pétition, les Commissions compétentes du Palais fédéral sont priées de renoncer à la suppression des chaînes thématiques de la SSR.

Signez maintenant la pétition en ligne «Touche pas à mes radios thématiques!» sur www.petitionen24.com

Sie können die Petition auch auf dem Unterschriftenbogen unterzeichnen (PDF).

La pétition est initiée et encouragée par une très large part de personnes intéressées issues de la scène musicale suisse. S’engagent, entre autres, pour le maintien des chaînes de radio thématiques: le Conseil Suisse de la Musique, l’Association des musiciens suisses, le Syndicat musical suisse, l’Association Suisse des Musiciens, l’Union Suisse des Artistes Musiciens USDAM, Helvetia Rockt, IndieSuisse, l’IFPI, la Coopérative suisse des artistes interprètes SIG, Orchester.ch, l’Association fédérale des yodleurs AFY, l’Association suisse des musiques ASM, Union Suisse des Chorales USC, l’Association suisse de la musique populaire ASMP.

Chaque signature compte et est importante pour que la musique suisse puisse continuer à être diffusée et découverte sur des chaînes comme Radio Swiss Pop, Radio Swiss Classic, Radio Swiss Jazz, Radio SRF Virus, Radio SRF Musikwelle et Radio RTS Option Musique. Vous trouverez plus d’informations sur le site Internet des initiateurs de la pétition en ligne: www.prospartenradio.ch

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La Tessinoise: vibrez aux sons du Tessin

A Pâques, le Tessin a bien plus à offrir que ses palmiers et sa météo au beau fixe: pendant trois jours, de nombreux concerts permettent de découvrir la scène indie pop/rock du canton. Texte d’Erika Weibel

La Tessinoise: vibrez aux sons du Tessin

Les musiciens Barbara Lehnhoff (à gauche) et Aris Bassetti (à droite) sont principalement connus pour leurs projets Peter Kernel et Camilla Sparksss. Mais ils gèrent aussi leur propre label, «On the Camper Records», et organisent le festival La Tessinoise. (Photo: Robert Huber)

L’an dernier, le label tessinois «On the Camper Records» a célébré son dixième anniversaire avec un festival. Pour l’occasion, les fondateurs du label – Aris Bassetti et Barbara Lehnhoff – ont invité des artistes des quatre coins de l’Europe, et organisé plusieurs concerts dans la région de Lugano. Ce festival a permis de réunir l’industrie musicale et de nombreux artistes; il a rencontré un tel succès qu’ils ont décidé de continuer à l’organiser sous le nom «La Tessinoise».

Ainsi, du 14 au 16 avril 2017, de nombreux groupes se produiront dans divers lieux près de Lugano lors d’un évènement qui mettra la musique tessinoise sur le devant de la scène. Des artistes venus de toute la Suisse et de l’étranger seront également de la partie. Ce festival est unique, car les groupes y jouent les nouvelles chansons de leur répertoire en les présentant chaque soir au public en exclusivité.

A Pâques, Lugano est donc la destination idéale pour profiter de la musique indie sous le soleil suisse et rencontrer en même temps de manière informelle des personnes du monde de la musique venant de toute l’Europe.

Informations complémentaires:
Programme des concerts, tickets et autres informations: www.latessinoise.com, site Web du festival
Site Web du label On the Camper Records: www.onthecamper.com

SUISA et la FONDATION SUISA, fondation pour la promotion de la musique de SUISA, soutiennent le festival La Tessinoise. Dans le cadre du festival, SUISA vous invite à un brunch le samedi 15 avril 2017 à 10h30 – entrée sur invitation.

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SUISA à la 20e édition du Festival m4music

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SUISA soutient le Festival m4music depuis de nombreuses années. Cette année encore, les musiciens pourront profiter de l’expertise des collaborateurs de SUISA à l’occasion de deux tables rondes et étoffer leur réseau lors de l’apéritif destiné aux professionnels. En outre, SUISA sponsorise la Showcase Stage, où les jeunes talents suisses peuvent présenter leur musique au public du Festival.

La FONDATION SUISA pour la promotion de la musique est le principal partenaire de la Demotape Clinic – un événement dont la réputation n’est plus à prouver – qui a lieu dans le cadre du Festival m4music. Dans les domaines Rock, Pop, Urban et Electronic, les meilleures chansons parmi les démos reçues seront récompensées par les «FONDATION SUISA Awards». Le premier Prix «Demo of the Year» sera également remis en partenariat avec le «Pour-cent culturel Migros». La cérémonie des Awards se tiendra le samedi 1er avril 2017 à 19h00, au Box de Schiffbau. En parallèle, la FONDATION SUISA remettra, en collaboration avec les Journées de Soleure et m4music, les Prix récompensant les «Best Swiss Video Clips 2017».

Toutes les réunions d’information et les représentations de la Showcase Stage sont gratuites.

Tables rondes m4music 2017 avec la participation de SUISA

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Discussion sur les questions de droits d’auteur: extrait, remix, mashup

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Blockchain: plus qu’une tendance?

La blockchain est la technologie du moment. Aucun autre sujet ne déchaîne autant les passions des fondateurs, investisseurs et experts en stratégie informatique que le concept de monnaie digitale Bitcoin. Dans le secteur financier, il se murmure que la blockchain aurait le potentiel pour révolutionner la branche économique. Elle permet en effet des transactions ultra-rapides et entièrement sécurisées, le tout sans intermédiaire. C’est également un débat dans l’industrie musicale: les recettes pourraient être réparties automatiquement et en toute sécurité entre les ayants droit, ce qui pourrait considérablement modifier les rapports de force qui existent au sein de l’industrie. Mais comment fonctionne exactement la blockchain? Cette discussion permettra de présenter le sujet et de débattre des opportunités et défis pour les musiciens et les sociétés de gestion. Andreas Wegelin, Directeur général de SUISA, sera l’un des participants au débat.

www.m4music.ch

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Camilla Sparksss: «Un beau cadeau de Noël» | avec vidéo

Les compositions de Camilla Sparksss naissent dans ce qui fut une cellule monacale. La vue sur le lac est idyllique. En y regardant de plus près, on constate qu’elle est un peu gâchée par l’autoroute et par la piste d’atterrissage de l’aéroport Lugano-Agno. Pour Camilla Sparksss non plus, il ne faut pas trop se fier aux premières impressions. Texte par Markus Ganz, contributeur invité; vidéo de Manu Leuenberger

La musicienne née en 1983 apparaît douce et cordiale en entretien, alors qu’elle est sauvage sur scène. A la ville, elle s’appelle Barbara Lehnhoff et a grandi au Canada. A 17 ans, elle arrive au Tessin, lieu d’origine de sa maman. Elle y fait la connaissance d’Aris Bassetti, guitariste rock tessinois qui est également compositeur; ensemble, ils commencent à faire de la musique, en créant le groupe Peter Kernel. Ce projet se développe de manière si réjouissante qu’elle décide en 2012 de quitter son emploi de réalisatrice auprès de la Télévision tessinoise pour se consacrer entièrement à la musique.

«Le Tessin est stratégiquement bien placé pour faire de la musique et pour partir en tournée, en tout cas en comparaison avec le Canada», explique Barbara Lehnhoff. «Il n’y a pas toujours besoin de prendre l’avion, comme c’est le cas en Amérique du nord.» Elle aime aussi la douceur du climat, et ce n’est pas seulement appréciable pour le bien-être. «Ici, on peut à n’importe quel moment dans l’année simplement aller à l’extérieur pour tourner une vidéo ou pour un photo shooting.» Mais son ancien pays continue tout de même à influencer sa vision artistique. «J’ai grandi dans une sorte de réserve d’indiens, avec un lien très fort à la nature et c’est très différent de ce que je vis ici en Europe.»

Une version électronique de Peter Kernel

Camilla Sparksss «est moins un projet solo qu’un projet annexe de Peter Kernel»; cela peut paraître un peu déroutant. Mais Barbara Lehnhoff précise que les morceaux de Camilla Sparksss naissent également en collaboration avec Aris Bassetti. «Nous faisons tout ensemble, 24 heures sur 24, et nous nous complétons bien également pour la composition des morceaux. Aris privilégie un style assez mélodique et un peu italien et s’occupe des arrangements. Je suis plus directe, dans un esprit punk.» Cet aspect brut s’exprime davantage avec Camilla Sparksss. Ce projet est né du besoin de créer une sorte de version électronique de Peter Kernel; notamment pour ne pas devoir nous déplacer avec trop de matériel lors de certains concerts. «Avec Camilla Sparksss, la musique est un peu plus badine et basée sur le fun. Et lorsqu’une idée nous vient, nous pouvons l’essayer directement à l’ordinateur.»

Les compositions trouvent souvent leur origine dans le jeu de guitare d’Aris Bassetti, à la recherche d’une mélodie. «Ce n’est qu’au cours du processus de composition que nous décidons pour quel projet nous allons utiliser le morceau. Si c’est pour Camilla Sparksss, nous le transformons en morceau électronique.» S’ils souhaitent essayer certains arrangements, ils quittent leur logement et se rendent dans un local de répétition situé non loin de là. «Nous pouvons y faire tout le bruit que nous voulons, car il se situe en sous-sol», dit Barbara Lehnhoff en riant. «Lorsque nous écrivons les parties chantées, nous devons également pouvoir crier parfois.» Elle définit le style de Camilla Sparksss comme étant du «hyper pop». En précisant: «en ce qui concerne les mélodies et les arrangements, ces morceaux peuvent être considérés comme de la pop. Mais comme nous allons un peu aux limites, avec une approche punk, le terme de hyper pop convient bien.»

Girl power sur scène

Camilla-Sparksss-VideostillLes compositions prennent toute leur ampleur lors des concerts. «La prestation en live est la raison de tout ce que nous faisons avec les deux projets. Ce n’est que sur scène que notre travail de création trouve son accomplissement.» Avec Camilla Sparksss, cela se concrétise par une véritable performance, dans lequel s’exprime un puissant «girl power». Barbara Lehnhoff chante sans retenue et joue du synthétiseur accompagnée de rythmes préprogrammés, pendant qu’une autre femme danse. «La danseuse représente d’une certaine manière la forme humaine de la boîte à rythmes et transpire par conséquent comme un batteur.»

Notamment grâce à leurs nombreux concerts, Barbara Lehnhoff et Aris Bassetti peuvent vivre de la musique depuis 2012. Pour certaines tournées, qui les ont même conduits au Canada et aux USA, ils ont bénéficié d’un soutien de la FONDATION SUISA. «Mais il est difficile de vivre de la musique», dit Barbara Lehnhoff sans trop d’émotions. «Et c’est possible uniquement parce que nous faisons tout nous-mêmes: les vidéos, le graphisme, le management, la gestion de notre label On The Camper Records.» Mais les deux musiciens ne font pas de la pop dans le sens commercial du terme. Ce qui explique que leurs morceaux ne passent que rarement à la radio, et que les droits d’auteur sont assez maigres. «Les décomptes de SUISA sont tout de même à chaque fois comme un beau cadeau de Noël», dit Barbara Lehnhoff en riant.

www.camillasparksss.com, site Internet officiel

Wo-neue-Musik-entsteht_Cover«Dès les premières notes»

La valeur des idées des créateurs de musique constitue le cœur du travail de SUISA. Pour la brochure «Dès les premières notes», cinq personnalités et groupes de différents genres musicaux et de différentes régions linguistiques de Suisse donnent un aperçu de leur processus de création et de leur activité musicale. Outre Barbara Lehnhoff alias Camilla Sparksss, les artistes suivants ont déjà été présentés en vidéo sur SUISAblog.ch et dans la version 2015 de la brochure imprimée (PDF, 8.17 MB): Carrousel et Marcel Oetiker. Barbara Lehnhoff et Aris Bassetti ont été nominés pour le Grand Prix suisse de musique 2016, en tant que Duo Peter Kernel.

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Marcel-Oetiker-Video_PosterMarcel Oetiker: «Les voyages m’inspirent» | avec vidéo A la gare de Hardbrücke à Zurich, les trains grondent et crissent sans retenue, dans les courbes, au moment du départ, et au freinage. Mais si Marcel Oetiker a choisi ce lieu de rendez-vous, ce n’est pas pour ces bruits qui parfois stimulent la créativité des artistes. Continuer
Wo-neue-Musik-entsteht-CoverSUISA est là, dès les premières notes Plus de 80 nouvelles œuvres sont en moyenne déclarées chaque jour par nos membres. Grâce à ses services, SUISA permet aux compositeurs et paroliers de créer de nouvelles musiques. En tant que lien entre les auteurs et les personnes qui utilisent de la musique hors du cadre privé, la coopérative fait en sorte que la musique soit publiquement exécutée, diffusée ou proposée en ligne, et qu’elle puisse ainsi être découverte par le public. SUISA souhaite mettre cette réalité davantage en évidence dans sa communication. Continuer
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«Rien ne vaudra jamais une chanson bien écrite»

Pour Tobias Jundt, son succès international avec Bonaparte constitue aujourd’hui le point culminant de sa longue carrière d’auteur-compositeur. Il a composé plusieurs centaines de titres, créé dans une large variété stylistique, pour ou avec d’autres artistes. Ce Bernois qui vit à Berlin transmet ses connaissances et son expérience de compositeur en tant que professeur invité à la Haute école des arts de Zurich dans la matière «Songwriting». Voici une interview avec ce membre de SUISA nominé au Grand Prix de musique 2016 et qui se produira avec son nouveau groupe Mule & Man au Festival Label Suisse à Lausanne.

Tobias Jundt Bonaparte Interview

Avec son nouveau projet Mule & Man, Tobias Jundt (allongé) se produira en live avec Kid Simius (debout) le samedi 17 septembre 2016 aux Docks lors du Festival Label Suisse. (Photo: Melissa Jundt)

Que signifie pour vous la nomination au Grand Prix de musique de l’Office fédéral de la culture?
Tobias Jundt: Je suis bien sûr honoré que mon art soit reconnu et apprécié en tant que tel. Quand on crée quelque chose qui tombe normalement plutôt entre deux catégories et ne rentre pas dans un moule, il faut du temps pour être perçu comme un artiste avec son propre langage. Etant donné la diversité de l’offre, il est presque impossible de comparer les créations des uns et des autres ou de les pondérer. Mais après 30 ans de carrière comme auteur-compositeur, je suis vraiment flatté de pouvoir contribuer à représenter le langage culturel de mon pays en tant que voix musicale possible.

L’OFC remet en 2016 le Grand Prix de musique en amont du Festival Label Suisse. Pendant 3 jours, ce festival présente à Lausanne principalement de la musique suisse de divers genres. L’entrée aux concerts est gratuite. Pourquoi la musique suisse a-t-elle besoin d’un prix de musique de l’OFC et d’un festival comme Label Suisse?
Je pense que nous pouvons tout simplement nous estimer heureux d’appartenir à un Etat qui prend le temps de rendre hommage à l’art, et qui, par chance, a également les moyens de faciliter pendant un certain temps le travail aux artistes honorés grâce à ce prix. Même sans prix, toutes les personnes nominées feraient sans relâche ce qu’elles font et défieraient les aléas de la vie. Nous devons accepter avec reconnaissance le soutien de l’OFC qui nous permet d’avoir le vent en poupe pour avancer.
Quant aux festivals, ils sont des lieux de découverte. Les auditeurs découvrent des groupes de musique, les artistes découvrent d’autres artistes, des collaborations naissent et, accessoirement, le fan d’accordéon schwyzois tombe amoureux de l’amateur de Stockhausen. Les festivals ne remplaceront jamais l’expérience d’un concert d’un seul artiste pendant toute une soirée, mais ils sont très importants comme lieux d’échanges et de confrontations d’expressions. La défense d’une culture vaste et cosmopolite représente toujours la bonne voie.

«Il faut de l’endurance, une combativité implacable et de la ténacité lorsqu’on veut vivre pleinement la poussée artistique.»

Vous avez dit un jour au journal NZZ qu’en Suisse on ne peut survivre qu’avec de la musique pop grand public ou dans des genres fortement subventionnés comme le jazz ou la musique classique. Qu’est-ce qui doit changer pour que la diversité des créateurs de musique suisses se fasse entendre de plus en plus, tant en Suisse qu’à l’étranger?
L’un des problèmes est qu’une niche musicale se concentrant uniquement sur la Suisse est vraiment petite. Par conséquent, on ne peut pas l’exercer comme profession principale, mais plutôt comme activité secondaire. Il faut donc soit évoluer dans un genre qui se vend bien, soit dans un environnement subventionné, ou tout simplement s’attaquer à un plus grand territoire géographique. La dernière option demande de l’endurance, une combativité implacable et de la ténacité lorsqu’on veut vivre pleinement la poussée artistique. A moins que la motivation pour cette folie artistique ne soit ancrée très profondément, la plupart des Suisses n’ont malheureusement aucune raison urgente de mettre en danger la qualité de vie qui prévaut déjà. Il faut quand même être un peu fou pour être prêt à y renoncer, au moins temporairement, pour cultiver un champ musical difficile à l’extérieur. Lors de mes voyages, je rencontre régulièrement des Suisses qui sont très actifs à l’étranger. C’est certainement plus une question d’attitude que de manque de talent.

Depuis 2006, vous vivez et travaillez à Berlin et vous y êtes bien établi. Comment peut-on exister en tant qu’auteur-compositeur suisse à l’étranger et comment la musique suisse est-elle perçue à l’étranger selon vous?
La plupart des gens de ce système solaire adorent la Suisse et ce qu’elle incarne. On a tendance à l’oublier lorsqu’on reste assis trop longtemps sur la montagne. Quand je compose de la musique pour d’autres artistes à Berlin ou à New York, personne ne me demande jamais où j’ai grandi. Il s’agit toujours d’une seule chose: écrire l’œuvre adaptée à la phase correspondante d’un artiste. A cet égard, il peut s’agir de succès commercial ou d’un renouvellement artistique. Et quand je chante mes chansons en tant qu’artiste solo «Bonaparte», de Pékin à Wellington, personne ne me demande quelles sont mes origines – bien que, très honnêtement, j’aime ajouter que je suis Suisse, parce que c’est ce qui me distingue de la plupart des autres artistes et que c’est une partie importante de mon être. Pour survivre, il faut avoir un esprit vigilant, absorber, puis utiliser les différents paramètres des cultures. Tout le monde peut faire cela, peu importe son origine.

«J’estime que la Suisse possède l’une des meilleures sociétés d’auteurs du monde. SUISA est l’endroit auquel j’appartiens en tant que compositeur.»

Vous vivez en Allemagne, mais vous êtes membre de SUISA qui est suisse. Pourquoi?
«J’estime – et je partage ce point de vue avec quelques auteurs étrangers – que la Suisse possède l’une des meilleures sociétés d’auteurs du monde. Je dis cela en toute bonne foi et par conviction personnelle. Par le passé, j’ai également été membre de BMI aux Etats-Unis et je fais partie d’une maison d’édition à la GEMA. Tout ça, c’est bien, mais SUISA est l’endroit auquel j’appartiens en tant que compositeur. J’ai bien aimé la période sous Poto Wegener et, grâce à son soutien, j’avais aussi commencé à cette époque à me confronter de manière plus approfondie au droit d’auteur. Les bonnes relations avec la maison SUISA sont restées, et j’apprécie énormément l’échange et le respect mutuel.

Vous enseignez à la Haute école des arts de Zurich dans la matière «Songwriting». Est-ce qu’on peut apprendre à écrire un tube? Quels conseils donnez-vous aux étudiants pour leur avenir dans la composition?
Le plus souvent, je leur conseille d’oublier tout ce qu’ils croient savoir. J’aime exprimer mon souhait qu’ils écrivent des chansons en tant que personnes et non en tant que musiciens. Bien sûr, les connaissances analytiques ou théoriques et les techniques pratiques nous aident à sortir plus rapidement des impasses musicales. Mais au fond, lorsqu’il s’agit de trouver des idées, pas grand-chose nous différencie de Monsieur et Madame Tout-le-Monde qui sifflent une mélodie sous la douche le matin. On peut, bien sûr, comme pour tout dans la vie – de la position pour tenir un club de golf au Kamasutra pour l’amant – s’approprier une technique grâce à laquelle on réussit à écrire de bonnes chansons n’importe quel jour gris de la semaine. Mais de bonnes chansons, il y en a beaucoup et assez – on doit donc plutôt essayer de composer des chansons avec une touche personnelle qui interpelle; des chansons qui, même une fois accomplie l’œuvre d’une vie comme celle de Lennon-McCartney, Udo Jürgens, Igor Stravinsky et Daft Punk, sont toujours en droit de venir aux oreilles de l’humanité. On n’y arrive pas toujours, mais l’auteur-compositeur doit se lever le matin pour tenter d’écrire une chanson qui enrichit encore ce monde à sa manière.

«La chose la plus importante qui existe, encore et toujours plus aujourd’hui, c’est l’idée musicale.»

Le musicien sur la scène de concert n’est pas forcément l’auteur-compositeur, souvent oublié à côté de la star sous les feux de la rampe. Comment les compositeurs peuvent-ils sortir de l’ombre des interprètes aux yeux du public?
La question est de savoir si c’est obligatoire. Je chante uniquement les chansons que je ne peux confier à aucun autre interprète. La pression psychologique qui s’exerce sur un chanteur et interprète peut aussi être très épuisante à long terme. Un auteur-compositeur, quant à lui, peut agir en arrière-plan, être assis inaperçu quelque part devant son piano, se concentrer uniquement sur le noyau de la musique. Et croyez-moi, la chose la plus importante qui existe, encore et toujours plus aujourd’hui, c’est l’idée musicale. Rien ne vaudra jamais une chanson vraiment bien écrite, qui allie habilement artisanat et originalité. Il y a donc de l’espoir pour tous ceux qui croient avoir vu les oiseaux de mauvaise augure. Je suis très heureux de servir une douzaine de pseudonymes chez SUISA – des rôles d’auteur-compositeur dans lesquels je peux me glisser en fonction du style recherché ou de mon humeur, et dont même mes amis les plus proches ignorent les noms. Cela me plaît que la composition professionnelle reste parfois simplement un secret entre moi-même et une feuille de papier. Lorsque le musicien fait quelque chose de bizarre sur scène, tout le monde en parle le lendemain. Lorsque le compositeur compose nu un petit quatuor à cordes tout en mangeant à la cuillère deux bocaux de beurre de cacahuète, cela n’intéresse personne. Je trouve que c’est bien comme ça. Ce qui importe, c’est que nous, compositeurs, échangions entre nous et que nos droits soient représentés à travers les âges.

Composer de la musique pour des tiers ou vous produire sur scène avec Mule & Man – qu’est-ce qui vous attire dans les deux activités?
J’ai eu des phases assez élitistes dans ma vie, au cours desquelles j’estimais que seul tel genre de free jazz ou telle façon de jouer de la soul étaient dignes d’être écoutés. Mais en fin de compte, je suis malheureusement juste un poly-amoureux torturé musicalement qui aime de tout son cœur toutes sortes de musique, et qui se doit donc de participer à leur invention. Je trouve de la satisfaction aussi bien en composant des arrangements pour instruments à cordes ou à vent, des chansons de protestation, des chansons punk, de la musique de film, de la musique électronique, des bruitages expérimentaux que de la musique country pour les sourds. Cette richesse infinie de possibilités combinatoires qui existe entre le compositeur et l’auditeur me plait beaucoup.

Liens
Bonaparte, site Web officiel
Mule & Man, page Facebook officielle
Label Suisse, site Web du festival
Prix suisse de musique, site Web de l’Office fédéral de la culture

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Pour Tobias Jundt, son succès international avec Bonaparte constitue aujourd’hui le point culminant de sa longue carrière d’auteur-compositeur. Il a composé plusieurs centaines de titres, créé dans une large variété stylistique, pour ou avec d’autres artistes. Ce Bernois qui vit à Berlin transmet ses connaissances et son expérience de compositeur en tant que professeur invité à la Haute école des arts de Zurich dans la matière «Songwriting». Voici une interview avec ce membre de SUISA nominé au Grand Prix de musique 2016 et qui se produira avec son nouveau groupe Mule & Man au Festival Label Suisse à Lausanne.

Tobias Jundt Bonaparte Interview

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Oh Yeah! Un petit temple en l’honneur de la musique pop en Suisse

L’exposition «Oh Yeah!» au Musée de la communication de Berne est consacrée à la musique pop en Suisse de 1950 à nos jours. Le voyage au cœur de l’aventure des rythmes et groupes suisses est visible depuis novembre et jusqu’au 19 juillet 2015.

Exposition Oh Yeah Videoscreen

L’exposition «Oh Yeah!» au Musée de la communication de Berne présente 60 ans de culture pop suisse dans une approche multimédia. (Photo: Hannes Saxer / Musée de la communication)

Qui ne les connaît pas, ces chansons qui se sont enracinées dans la mémoire de tout un chacun: la bande son du premier baiser, du premier chagrin d’amour, le premier concert.

60 ans de culture pop pour se régaler

Avec leur équipe, Kurt Stadelmann et Samuel Mumenthaler ont passé l’année dernière à réunir les dates-clés de l’histoire de la musique dans la culture pop suisse, en s’appuyant tant sur leurs expériences personnelles que sur la mémoire collective, pour en livrer une synthèse dans l’ensemble très accessible. Ils ont pris en considération les 60 dernières années, ainsi que de nombreux genres musicaux qui ont marqué la culture pop helvétique de leur empreinte: musique beat, rock, punk, new wave, chanson en dialecte, techno et rap.

La musique rencontre l’art de vivre

Ainsi est née une exposition qui s’adresse autant aux mordus de musique qu’à tous ceux qui sont curieux de découvrir ce qui a fait vibrer la Suisse au cours des 60 années écoulées. Car il ne s’agit pas exclusivement de musique, mais également de différents modes de vie qui se sont identifiés à la musique et s’en sont inspirés.

Comme le dit de manière pertinente Claudio Landolt, rédacteur musical à la SRF, dans sa présentation: «Cette exposition associe la pilule contraceptive au son des années 60, présente une setlist du groupe Züri West maculée du sang du jeune punk Kuno Lauener et explique, entre autres, pourquoi la musique hawaïenne est soudain devenue très à la mode dans les années 50 en Suisse.»

Exposition Oh Yeah Multimedia

400 minutes d’enregistrements audiovisuels invitent à un voyage dans l’histoire de la culture pop helvétique. (Photo: Erika Weibel)

Vidéos, affiches, photos, extraits de films, instruments, vêtements et beaucoup d’autres témoins de leur époque font revivre les jours passés et renvoient le visiteur à ses propres souvenirs.

Un installation multimédia géniale

400 minutes d’enregistrements audiovisuels sont à disposition. Equipé d’écouteurs, le visiteur peut, grâce aux enregistrements, se plonger dans le passé, se régaler de musiques actuelles et essayer de deviner à quoi ressembleront les musiques du futur. L’exposition ne se limite pas à montrer exclusivement la musique pop suisse sous toutes ces facettes, mais elle cherche également à évaluer l’impact qu’a eu la musique pop internationale en Suisse. A ne pas manquer!

Où et quand?

L’exposition «Oh Yeah! Musique pop en Suisse» est à voir au Musée de la communication de Berne, jusqu’au 19 juillet 2015.

L’exposition «Oh Yeah! Musique pop en Suisse» au Musée de la communication a reçu le soutien financier de SUISA et de la FONDATION SUISA.

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L’exposition «Oh Yeah!» au Musée de la communication de Berne présente 60 ans de culture pop suisse dans une approche multimédia. (Photo: Hannes Saxer / Musée de la communication)

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Hommage à Erwin Ernst Kunz

Musicien, chef d’orchestre, compositeur, arrangeur, théoricien de la musique – Erwin Ernst Kunz, souvent appelé simplement Ernst Kunz, faisait preuve de multiples talents et a marqué différents domaines de la création musicale suisse. Membre SUISA depuis de nombreuses années, cet artiste est décédé le 11 juillet 2014 à l’âge de 97 ans.

Erwin-Ernst-Kunz

Erwin Ernst Kunz à la contrebasse lors d’un enregistrement en octobre 1988. (Photo: Rolf W. Kunz)

Erwin Ernst Kunz, né le 24 mars 1917, a grandi avec ses frères Jakob et Willy à Uster (ZH), qui était alors encore à la campagne. À l’âge de 10 ans, il reçut en cadeau de sa maman son premier instrument: un vieil accordéon défectueux. Un professeur de musique d’Uster lui prêta un instrument de meilleure qualité et donna des cours au jeune garçon. Les moyens financiers de la famille Kunz étaient modestes et les conditions d’existence laissaient peu de place aux activités musicales. Un tuteur large d’esprit permit au jeune Erwin de s’inscrire à l’examen d’admission au Conservatoire de Zurich. Il passa cet examen avec succès à l’âge de 17 ans.

Musicien professionnel en un temps record

Ayant la chance d’avoir l’oreille absolue, Ernst Kunz acquit en un temps record le bagage nécessaire pour pouvoir rejoindre un orchestre symphonique. A l’âge de 20 ans, il fut admis dans l’Orchestre de la Tonhalle, auquel il resta fidèle de 1937 à sa retraite en 1982. Il y joua du tuba et de la contrebasse. Jeune musicien, il étudia avec un grand intérêt les techniques de composition des grands maîtres tels que Wagner, Brahms ou Bruckner et poursuivit sa formation dans le domaine de la théorie musicale. Différents orchestres symphoniques internationaux de Vienne, Milan, Berlin, Pékin ou Buenos Aires firent appel aux services d’Ernst Kunz pour des engagements temporaires. Ses collègues musiciens l’appelaient souvent simplement «Tuba-Kunz».

L’activité musicale d’Ernst Kunz ne se limita pas à son travail de musicien d’orchestre; artiste polyvalent, il apporta sa contribution à de nombreux projets dans les domaines les plus variés. Il dirigea différents groupes de musiciens professionnels et amateurs de même que des chœurs et a travaillé comme répétiteur pour des chanteuses et chanteurs d’opéra. Il fut également actif en tant que producteur musical en studio. Il fut ainsi entre autre responsable de production d’une série de CD présentant des chansons et des marches suisses, réalisée à l’occasion du 700e anniversaire de la Confédération («Kantons-Märsche aus der ganzen Schweiz») Vol. 1 + Vol. 2, «Schweizer-Lieder aus allen Kantonen» Vol. 1 + Vol. 2, parus chez K-Tel, 1991).

Engagé à de nombreux niveaux: musique folklorique, chœur d’enfants, chorale de détenus, etc.

Durant de nombreuses années, Ernst Kunz fut organiste et directeur de chœur au pénitencier de Regensdorf. Sous sa direction, le chœur enregistra au début des années 70, avec la fanfare de l’Armée du salut et quelques solistes, une collection de chants de Noël qui eut un grand succès: «Der Gefangenenchor der Strafanstalt Regensdorf singt Weihnachstslieder» (Editions Ex-Libris).

Il se produisit régulièrement par plaisir avec des groupes de musique folklorique, et joua ainsi du tuba ou de la contrebasse avec notamment la Ländlerkapelle Edi Bär, la Freudenberger Dorfmusik d’Otto Würsch ou la Seldwyler Dorfmusik de Jakob Farner. Après sa retraite de l’Orchestre de la Tonhalle, il enseigna le tuba au Conservatoire de Lucerne.

A une certaine période de sa vie, Ernst Kunz fut actif en tant que compositeur, arrangeur et parolier. Il adhéra à SUISA en 1964. Il composa des marches, des pièces pour orchestre et pour chœur ainsi que des «singspiele». Il écrivit également de nombreuses orchestrations et un grand nombre d’arrangements. Il appréciait beaucoup d’écrire des chansons pour enfants: les nombreuses chansons qu’il avait créées et mises en musique ont été réunies dans un ouvrage: «Kinderlieder: wenn die Kinder singen, lacht der Himmel froh, alle Engel singen laut ein Jubilo» (paru en 2000).

Avec «Heavenly Club» et Les Sauterelles, il fait partie de l’histoire de la musique pop suisse

Cet artiste doué de nombreux talents a également marqué de sa patte l’histoire de la musique pop en Suisse. Pour l’album «View To Heaven» du groupe Les Sauterelles, il a créé les arrangements de cordes et a dirigé un orchestre à cordes de 16 musiciens lors de l’enregistrement au Studio Bauer de Ludwigsburg. Parmi les morceaux orchestrés par Ernst Kunz, il y a le single «Heavenly Club», qui fut no1 du hit parade suisse en 1968. Cette chanson est tout simplement la première production suisse à s’être hissée à la tête du hit parade officiel suisse. Grâce à ce morceau et à l’album, Les Sauterelles réussirent à percer au plan international.

Une vie bien remplie et placée sous le signe de la musique a pris fin au bel âge de 97 ans: Ernst Kunz est décédé le 11 juillet 2014.

Nous remercions Rolf W. Kunz, neveu du défunt, pour les nombreuses indications biographiques sur la vie et l’œuvre d’Erwin Ernst Kunz.

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