Archive de tag: Pop suisse

Du plaisir sans fin d’expérimenter

Le duo Eclecta, composé d’Andrina Bollinger et Marena Whitcher, qui vivent à Zurich et à Winterthour, réalise des expérimentations sonores ne répondant à aucune définition usuelle, et recherche l’échange interdisciplinaire avec d’autres formes d’art. La FONDATION SUISA soutient financièrement ce projet par une contribution Get Going!. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Eclecta: Du plaisir sans fin d’expérimenter

Le duo Eclecta. (Photo: Andrea Ebener)

Là où les définitions verbales des différents arts implosent, là où les catégorisations stylistiques font figure de reliques des temps passés, là où tout peut prendre son envol pour se muer en motifs toujours renouvelés: c’est là, précisément, que le duo Eclecta se sent chez lui. Eclecta, ce sont Andrina Bollinger et Marena Whitcher, deux solistes multi-instrumentistes et chanteuses, qui se décrivent à l’unisson comme «simplement curieuses». La description est bien modeste. Ce qui les pousse toutes deux à avancer est le plaisir pur d’expérimenter. À bientôt trente ans, si les deux artistes n’ont rien perdu de leur capacité d’émerveillement enfantine, elles savent y associer une réflexion mature et parviennent toujours à intégrer de nouveaux éléments à leur art tout en veillant à ce qu’il reste homogène.

Andrina Bollinger et Marena Whitcher ont fait connaissance à l’école de jazz; en réalité, il s’agissait de retrouvailles. «Nous nous étions rencontrées au Circolino Pipistrello lorsque nous étions enfants», raconte la première. Et la seconde d’ajouter en riant: «Mais nous ne nous en sommes rendu compte que plus tard.» On n’échappe pas à son destin, et ce qui devait arriver arriva: «Un jour, Marena a été appelée pour donner un concert en solo, mais elle avait trop peu de matière pour se produire seule sur scène. Elle m’a donc invitée à la rejoindre. Nous avons mis nos chansons en commun, c’est ainsi que tout a commencé», relate Andrina Bollinger.

En 2016, leur premier album se nomme «A Symmetry», et le jeu de mots du titre n’est pas que programmatique, les deux femmes étant farouchement indépendantes de nature et dans leur art, et suivant chacune leur propre voie à travers de multiples collaborations et représentations en solo. «Dès le début, nous avons joué avec la juxtaposition de deux personnalités complètement dissemblables. Eclecta se nourrit de cette dualité, de cette asymétrie, mais en même temps, nous avons la faculté de nous fondre l’une dans l’autre», expliquent Marena Whitcher et Andrina Bollinger. «Nous pouvons nous accorder vocalement de manière à ce qu’il soit presque impossible de nous distinguer. Le titre de l’album reflète ce jeu permanent entre symétrie et asymétrie.»

Ces quinze chansons, qui, comme dit plus haut, échappent à toute catégorisation et cartographient consciemment les interstices stylistiques propices à l’expérimentation, forment à l’arrivée un kaléidoscope chatoyant d’euphorie et de mélancolie, de plaisir et de réflexion. «A Symmetry» a beau impressionner toujours autant à l’écoute, trois ans après sa parution, et révéler sans cesse des détails neufs, pour ses créatrices, ce disque ne représente aujourd’hui plus qu’un instantané de leur processus artistique. «Sur notre prochain album, qui paraîtra probablement début 2020, nous voulons aller plus loin encore dans ce jeu, de manière à ce que tout s’engrène et s’imbrique encore davantage.»

«La contribution Get Going! nous offre quelque chose de précieux: du temps. Car d’ordinaire nous ne sommes pas payées pour le nombre incroyable d’heures que nous investissons pour explorer des thèmes, effectuer des recherches et écrire des chansons.»

À quel genre de sons nos oreilles doivent-elles s’attendre? «C’est encore un secret pour l’instant», répondent les deux jeunes femmes, taquines. Pour ce qui est de leurs influences, elles vont des sujets sociétaux à la philosophie en passant par la peinture, le théâtre, la performance artistique et la littérature. Marena Whitcher, qui a des origines américaines de par son père, adore les surréalistes, et pose dans ses concerts des questions comme «Qu’est-ce qu’un monstre aujourd’hui, et pourquoi en avons-nous besoin?» ou «Avoir des problèmes de luxe et faire de l’art: est-ce compatible?». Andrina Bollinger aussi a à cœur d’intégrer l’actualité politique et sociétale dans son travail. Elle aborde des thèmes comme le changement climatique, la liberté d’opinion ou encore la numérisation, et recherche des lieux où nous échappons au contrôle des chiffres et des codes. Elle vit entre Zurich, Berlin et l’Engadine où elle a ses racines, et tente de capturer les sons de ces différents lieux avec un enregistreur à zoom parce que, dit-elle, «l’endroit où l’on se trouve est décisif lorsqu’on crée».

La scène est aussi l’un de leurs terrains de jeu créatif. Avec des instruments et des costumes qu’elles fabriquent elles-mêmes, les deux artistes font d’une représentation une sorte d’œuvre d’art totale. Elles souhaitent également utiliser davantage à l’avenir la vidéo pour rendre leur musique visible. Mais ce n’est là qu’une des mille et une idées qui agitent les deux artistes. En fin de compte, Eclecta entend aussi lutter contre une certaine tendance actuelle: «Dans notre société individualiste, chacun ne se préoccupe plus que de lui-même, sans jamais tourner son regard vers l’extérieur. Pourtant l’interaction sociale est un besoin ancestral de l’être humain», souligne Marena Whitcher, et Andrina Bollinger ajoute: «Je considère que l’une de nos missions est de proposer à travers notre art une réflexion sur le monde, une autre manière de penser.»

La contribution Get Going! de la FONDATION SUISA représente à leurs yeux une libération extrême. «Elle nous offre quelque chose de précieux: du temps», explique Andrina Bollinger. «Exactement, confirme Marena Whitcher, car d’ordinaire nous ne sommes pas payées pour le nombre incroyable d’heures que nous investissons pour explorer des thèmes, effectuer des recherches et écrire des chansons.» Vu comme cela, le duo Eclecta constitue pour ainsi dire le bénéficiaire idéal de ce type d’encouragement, car les deux jeunes femmes défrichent des terres encore vierges. Désormais, elles ne courent plus le risque de se retrouver seules dans le désert avec leur soif d’expérimentation.

www.eclecta.ch

C’est en 2018 que la FONDATION SUISA a commencé à allouer ses nouvelles contributions à la création. Dans le cadre de «Get Going!», elle finance des processus créatifs et artistiques qui se situent hors des catégories usuelles. Nous consacrons une série de portraits aux bénéficiaires de ces contributions Get Going!.


Un infinito desiderio di sperimentare

Il duo Eclecta, formato da Andrina Bollinger di Zurigo e Marena Whitcher di Winterthur, sperimenta suoni che esorbitano dalle definizioni convenzionali, cercando lo scambio interdisciplinare con altre forme d’arte. La FONDATION SUISA sostiene quest’opera con il contributo finanziario «Get Going!». Contributo ospite di Rudolf Amstutz

Eclecta: Un infinito desiderio di sperimentare

Il duo Eclecta. (Foto: Andrea Ebener)

Laddove implodono le definizioni verbali delle diverse arti, dove le categorizzazioni stilistiche non sono altro che reliquie di un tempo passato, dove è possibile spiegare le ali in totale libertà, librandosi incessantemente all’interno di modelli sempre nuovi – quello è il luogo in cui il duo Eclecta si sente a casa. Il duo è formato da Andrina Bollinger e Marena Whitcher, entrambe soliste, polistrumentiste e cantanti. Due artiste – così si definiscono all’unisono – «semplicemente curiose». Ma una definizione di questo genere non rende loro giustizia: è il puro desiderio di sperimentare a costituire il loro motore trainante. Sebbene entrambe, ormai sulla soglia dei trent’anni, non abbiano ancora smarrito lo stupore tipico dell’età giovanile, sono in grado di affiancarlo a riflessioni mature, incorporando ogni volta elementi aggiuntivi nella loro arte e creando un risultato sempre omogeneo.

Andrina Bollinger e Marena Whitcher si sono conosciute alla scuola di jazz, ma in realtà non era la prima volta che si vedevano. «Ci eravamo già incontrate da bambine al Circolino Pipistrello», ricorda la Bollinger. La Whitcher aggiunge, ridendo: «Ma lo abbiamo scoperto solo in un secondo momento.» Non si può sfuggire al proprio destino, così gli eventi hanno seguito il loro corso: «Quando a Marena è stato chiesto di esibirsi in un concerto da solista, non aveva abbastanza materiale per entrare in scena da sola, così si è rivolta a me. Abbiamo quindi accorpato le nostre canzoni ed è così che tutto ha avuto inizio», racconta la Bollinger.

«A Symmetry» (2016) è stato il nome del loro primo album e il gioco di parole che si cela nel titolo è più di un semplice manifesto, dal momento che le due donne, nel loro stile e nella loro arte, sono individualiste convinte, ciascuna impegnata a seguire la propria strada in numerose collaborazioni ed esibizioni da soliste. «Fin dal principio abbiamo giocato con i due personaggi, completamente diversi tra loro. Eclecta trae la propria linfa vitale da questa dualità, da questa asimmetria, ma allo stesso tempo abbiamo anche la possibilità di fonderci l’una con l’altra», spiega la Whitcher, mentre la Bollinger aggiunge: «Dal punto di vista vocale, possiamo raggiungere un’armonia tale che il pubblico riesce a malapena a distinguerci. Il titolo dell’album descrive questo gioco continuo tra simmetria e asimmetria.»

Le 15 canzoni che, come già accennato, ignorano qualsiasi categorizzazione e scandagliano consapevolmente le faglie stilistiche da cui sgorga la voglia di sperimentare, rappresentano nel loro complesso un cangiante caleidoscopio di euforia e malinconia, di desiderio e riflessività. E così, anche dopo tre anni dalla sua uscita, «A Symmetry» suscita ancora un effetto sorprendente sull’ascoltatore, riuscendo a rivelare dettagli sempre nuovi. Per le due protagoniste, oggi il disco rappresenta però solo un’istantanea del loro processo artistico. «Nel nostro prossimo album, previsto in uscita all’inizio del 2020, vogliamo proseguire questo gioco, rendendo l’intera trama ancora più intrecciata e involuta».

«Il contributo ‹Get Going!› fa dono di una merce assai preziosa: il tempo. Non si viene mai retribuiti per il tempo infinito trascorso ad approfondire argomenti, a fare ricerche e a scrivere canzoni.»

Come tutto ciò si tradurrà in suono «rimane tuttora avvolto nel mistero», rivelano le due artiste, ammiccando. Le fonti da cui traggono ispirazione spaziano dai temi sociali alla pittura, dal teatro alla performance art, dalla letteratura alla filosofia. La Whitcher, di radici americane dal lato paterno, è un’appassionata del surrealismo e, durante le sue esibizioni, approfondisce questioni come «Chi sono i mostri odierni e perché ne abbiamo bisogno?» o «Avere problemi da ricchi e creare arte – i due aspetti sono compatibili?». Anche per la Bollinger è importante integrare nella sua opera argomenti di attualità politica e sociale, affrontando temi quali il cambiamento climatico, la libertà di opinione o la digitalizzazione, alla ricerca di luoghi che non siano dominati da numeri e codici. Si sposta continuamente tra Zurigo, Berlino e il suo paese d’origine in Engadina, cercando di catturare con un registratore digitale i suoni di queste diverse aree poiché, come lei stessa afferma, «il luogo in cui ci si trova è di importanza cruciale, quando si lavora in maniera creativa».

Anche il palcoscenico costituisce uno dei parchi giochi creativi delle due artiste: grazie a strumenti e a costumi di propria realizzazione, sanno trasformare un’esibizione in una sorta di opera d’arte totale. Per questa ragione, in futuro desiderano utilizzare in misura sempre maggiore i video per rappresentare visivamente la loro musica. Ma questo è solo uno delle migliaia di progetti in fase di sviluppo. In fondo, Eclecta dovrebbe rappresentare anche una dichiarazione contro lo spirito del tempo: «Nella nostra società individualistica, dove ognuno vede solo se stesso, lo sguardo verso l’esterno scompare completamente. Eppure la comunità rappresenta un bisogno fondamentale dell’uomo», chiarisce la Whitcher, mentre la Bollinger aggiunge: «Considero uno dei nostri compiti riflettere il mondo nella nostra arte, proponendo schemi di pensiero alternativi.»

In ogni caso, entrambe considerano il contributo «Get Going!» della FONDATION SUISA un’estrema liberazione. «Ci fa dono di una merce assai preziosa: il tempo», dichiara la Bollinger. «Esatto», sottolinea la Whitcher, «non si viene mai retribuiti per il tempo infinito trascorso ad approfondire argomenti, a fare ricerche e a scrivere canzoni». In quest’ottica, Eclecta rappresenta un modello ideale per questo tipo di sostegno, perché le due giovani donne, che si muovono su terreni tuttora inesplorati, pervase dal desiderio di sperimentare, ora non corrono più il rischio di restare incagliate in una terra di nessuno.

www.eclecta.ch

Nel 2018 la FONDATION SUISA ha iniziato ad assegnare nuovi contributi alla creazione. Con il progetto «Get Going!» vengono incentivati finanziariamente processi creativi e artistici che esulano dalle categorie convenzionali. In una serie di ritratti presentiamo i beneficiari dei contributi «Get Going!».

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KT Gorique, à la conquête de l’Est

KT Gorique, membre de SUISA, a été invitée à participer au panel «Hit the World» organisé par SUISA au M4music Festival 2019 en tant qu’experte en composition de chansons dans le domaine du rap. Peu de temps après, elle est lauréate du Prix suisse de la musique 2019. Rencontre avec la rappeuse vivant en Valais qui diffuse son rap dans toute la Suisse. Texte du contributeur invité José Tippenhauer, Swissmusic.ch

KT Gorique, à la conquête de l’Est

«Elle se produit entre autres au Sénégal, au Canada et dans l’Europe entière et tient une place considérable sur la scène du rap suisse», écrit l’Office fédéral de la culture à propos de la nouvelle lauréate du Prix suisse de la musique 2019, KT Gorique. (Photo: Jérémie Carron)

KT Gorique mérite son surnom de «Couteau suisse». Après sa victoire au concours international d’improvisation rap «End of the Weak» à New York en 2012, il y a eu le film «Brooklyn» de Pascal Tessaud, où elle interprétait la jeune rappeuse Coralie. En 2016, elle a sorti son premier album, «Tentative de Survie». Et l’an dernier, elle est entrée dans les charts avec son projet «Kunta Kita». Quelques semaines après sa nomination aux Swiss Music Awards, elle continue son ascension. Elle ouvrira le concert de Nicki Minaj au Hallenstadion à Zürich, et fait partie des rares francophones à l’affiche du festival Frauenfeld. 2019 promet pour la rappeuse valaisanne avec qui nous avons parlé de la Suisse, de ses inspirations et de ses processus créatifs.

«Kunta Kita» est sorti en juillet 2018. Quel bilan en tires-tu?
KT Gorique: Ce projet a produit un gros changement dans ma carrière. Je n’aurais pas espéré la moitié de ce qui m’est arrivé grâce à lui!
Depuis sa sortie, j’ai fait une quarantaine de dates, dont mes premières en tant que tête d’affiche, et plusieurs fois c’était complet (à Saint-Gall, Lucerne, etc.). Jusqu’ici, pendant 6 ans je faisais toujours le concert de la découverte, les gens ne me connaissaient pas spécialement. Là, avec «Kunta Kita», une fan base solide s’est établie. Le paradoxe, c’est que la majeure partie vient de Suisse alémanique – alors que je chante en français. C’est incroyable!
Ce qui a beaucoup joué là-dedans, c’est que le projet est distribué par un label zurichois, FarMore Records. Et surtout, en septembre, SRF3 m’a nommée «Best Talent» du mois. C’est une radio généraliste, donc beaucoup de gens pas forcément hip-hop y ont entendu mes sons. Ça m’a amené un public différent, je le remarque à mes concerts: il y a des personnes hip-hop, des punks, des rastas, des mecs rocks, des petits, des vieux. Pour moi, c’est le plus beau cadeau. Je fais de la musique pour tout le monde, pas que pour ceux qui ont déjà les codes rap.

Maintenant que tu tournes beaucoup en Suisse allemande, comment identifies-tu ce fameux Roestigraben (barrière symbolique entre les parties francophone et germanophone du pays)?
Une grosse différence, c’est le budget que le public est prêt à débloquer. Dernièrement, j’ai fait une date à Lausanne avec des artistes de Romandie (partie francophone de la Suisse), l’entrée était 25 CHF. J’ai tout de suite pensé que les gens trouveraient ça cher, et effectivement la salle n’était pas remplie. La semaine suivante, j’étais en Suisse allemande, il y avait moi et une première partie pour 30 CHF… C’était full!
J’ai l’impression que nous les Romands, on cherche notre identité du côté français. Alors que les Suisses alémaniques, dans leur tête, ils sont Suisses! Quand ils voient des artistes suisses qui assurent, ils se disent «c’est cool parce qu’ils sont forts et surtout parce qu’ils sont Suisses!», et ils vont les encourager. Nous les Romands, comme on s’identifie plus aux Français, on a tendance à valider nos artistes que s’ils sont validés en France, ou en tout cas à l’extérieur de nos frontières. Heureusement, ça commence à changer. Dans une date récente, j’étais avec Danitsa, Comme1Flocon, SWK, et Chien Bleu. Un line-up pareil, avec que des Romands, sans aucun étranger, c’était impossible il y a 3 ans!
Pour revenir au Roestigraben, c’est marrant car quand je dis à des Romands que je vais faire des concerts en Suisse allemande, ils me répondent: «mais ils ne sont pas pire fermés d’esprit?!» Alors qu’au contraire, je me rends compte qu’ils sont deux fois plus ouverts que nous! La preuve, c’est qu’eux nous accueillent, mais que les rappeurs alémaniques sont inconnus ici.

Dans ton titre «Outta Road», tu frappes des gens vêtus de gilets jaunes. C’était avant la formation du mouvement, mais dans ta «NAYUNO Session», tu parles des «vrais» Gilets jaunes, en disant: «le jaune a la cote cet hiver, ils le portent en gilet, moi je veux tout l’ensemble». Est-ce une pique?
Au contraire, c’est un message d’encouragement. Si j’étais Française, je serais sur la route tous les jours avec eux, avec des gilets jaunes partout, même sur mes jambes!
Tout ce que j’écris, c’est de l’instinct. Quand je vois des personnes pas forcément issues des mêmes milieux sociaux se rassembler pour faire valoir leurs droits en tant qu’humains – parce qu’elles sont dans une position injuste et invivable –, je trouve ça beau! Donc «je veux tout l’ensemble», c’est pour dire «je suis avec vous jusqu’au bout»!

Parlons de ton processus créatif justement. Qu’entends-tu par «écrire à l’instinct»?
Pour créer des textes, avant toute chose, j’ai besoin d’un beat. Si je n’en ai pas, ça m’arrive d’écrire un peu, mais ce ne sera jamais un morceau entier. Quand je veux me lancer dans une chanson, j’ai automatiquement besoin d’avoir de la musique, c’est elle qui dicte mes mots.
Niveau inspiration, ma source, c’est le quotidien. Il y a plein de choses dans la vie auxquelles je suis sensible. Ça peut venir de ce que je vois, ce que je vis, ce que j’entends, des expériences de gens autour de moi, de ma famille, ou de difficultés que je rencontre. Ça peut être très personnel, mais aussi plus global – comme dans l’exemple des Gilets jaunes.
De là, la musique et les émotions vont me guider. J’essaie de me connecter à ce que je ressens et le mettre en forme sur le rythme. J’écris assez souvent sur mon ordinateur, sinon, quand je veux garder ce truc de l’instinct justement, être incisive, j’écris mes textes directement dans la tête. Je fais une phrase après l’autre, et je les retiens au fur et à mesure, sans avoir besoin de retranscrire tout ça sur une feuille. Les mélodies de voix et le flow suivront alors naturellement, en fonction de ce que je veux raconter. Via cette méthode, j’ai l’impression d’être beaucoup plus instinctive, directe dans ce que je veux dire et dans ma manière de poser.

En plus d’écrire tes textes, tu composes aussi tes propres beats. Là encore, comment procèdes-tu? Tu commences par quelles sonorités?
Je compose de temps à temps, oui. En principe, je vais avoir une base, une petite vibe, comme une énergie, soit mélancolique, soit un peu reggae, soit un peu cainfri (NDLR : «africaine») par exemple. Je pars toujours d’une sorte de couleur qu’il y a dans ma tête, c’est vraiment très abstrait en fait. J’essaie ensuite de retranscrire mélodieusement parlant ce que j’ai en tête, en utilisant plein de samples sur mon clavier MIDI. Je cherche, je cherche, je cherche … Jusqu’à trouver le son ou les notes qui me parlent. Je commence alors avec la mélodie de base, et de là je vais construire autour. Je vais continuer comme ça jusqu’à ce que mon instrumental soit composé.

KT Gorique sur Youtube

L’interview avec KT Gorique a été réalisée pour le dossier «A la découverte du rap romand» sur Swissmusic.ch et y a été publiée en mars 2019.

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La Suisse participe au Concours Eurovision de la chanson avec Luca Hänni et une chanson issue du camp de composition de chansons SUISA | avec vidéo

Pour la deuxième fois consécutive, la contribution suisse au Concours Eurovision de la chanson provient du camp de composition de chansons SUISA. La chanson «She Got Me» a été composée en juin dernier aux Powerplay Studios par le membre de SUISA Luca Hänni assisté des auteurs-compositeurs canadiens Laurell Barker et Frazer Mac ainsi que du producteur suédois Jon Hällgren. Texte et vidéo de Sibylle Roth

La chanson «She Got Me» qui s’intitulait temporairement «Dirty Dancing» durant le processus de création, a été écrite pendant le camp de composition de chansons SUISA en juin 2018 par une équipe composée de quatre personnes. Après l’Allemagne qui participera au Concours Eurovision de la chanson (CEC) à Tel Aviv avec une composition issue du camp de composition de chansons SUISA 2018 avec le titre «Sister», il s’agit là d’un nouveau grand succès pour le camp de composition de chansons organisé par SUISA en collaboration avec Pele Loriano Productions.

«C’est une joie immense», déclare Luca Hänni, membre de SUISA depuis 2015. Le Bernois s’est fait connaître auprès d’un large public lors de son apparition dans dans un télé-crochet de la télévision allemande en 2012. Depuis, il a sorti quatre albums et plusieurs singles et est récemment monté sur scène aux côtés d’Helene Fischer. Le CEC constitue la prochaine grande aventure de sa carrière: Hänni est impatient d’y participer et déclare «je voudrais tout simplement faire le meilleur spectacle possible».

Luca Hänni a participé pour la première fois au camp de composition de chansons SUISA l’année dernière. Les auteurs-compositeurs canadiens Laurell Barker et Frazer Mac y prenaient déjà part pour la deuxième fois. Pour Laurell Barker, le camp suisse est une success story: elle avait déjà participé à la réalisation de la contribution suisse au CEC 2018. Elle a écrit la chanson «Stones» en collaboration avec ZiBBZ, composé des membres de SUISA Corinne et Stefan Gfeller. Jon Hällgren, le producteur suédois, est le quatrième membre de l’équipe. En collaboration avec son fils Lukas Hällgren, il a produit la chanson «She Got Me» pour le CEC 2019 à l’issue du camp.

La SRF a demandé à 20 jurés internationaux spécialisés et à un groupe de 100 spectateurs de sélectionner la contribution pour le CEC à Tel Aviv dans le cadre d’une procédure en plusieurs étapes. Plus de 420 chansons ont été présentées.

La Suisse se mesurera à d’autres nations pour participer à la finale du Concours Eurovision de la chanson à Tel Aviv, le 16 mai 2019 (SRF 2 à 21 heures). Le spectacle de la finale du CEC aura lieu le 18 mai 2019 (SRF 1 à 20 heures).

Le camp de composition de chansons SUISA a eu lieu pour la deuxième fois en juin 2018. Un total de 36 musiciennes et musiciens provenant de 8 pays ont participé à cet événement de 3 jours dans les Powerplay Studios, à Maur. Résultat: 19 chansons pop aux inspirations et styles différents. Le camp a été organisé conjointement par Pele Loriano Productions et SUISA.

www.lucamusic.ch

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«Adiós»: tube de l’été de style caribéen avec clavecin | avec vidéo

Loco Escrito et les quatre co-compositeurs de la chanson «Adiós» ont des chances de remporter le trophée en béton tant convoité des «Swiss Music Awards» 2019 dans la catégorie «Best Hit». Hans Feigenwinter, musicien et professeur au conservatoire de musique, nous explique ce qui fait la force de cette chanson dans son analyse en vidéo. Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo de Sibylle Roth

Nicolas Herzig, le vrai nom de Loco Escrito, semble avoir trouvé la formule magique des tubes de l’été. Après avoir occupé les hit-parades suisses en 2017 avec «Sin Ti», il a remis ça l’année dernière: le single «Adiós» est resté 29 semaines dans les hit-parades suisses, grimpant jusqu’à la quatrième place, ce qui a fait de cette chanson un des trois plus grands succès en 2018 et lui a valu d’être nominée cette année pour le prix du «Best Hit» aux Swiss Music Awards.

Variation et émotion

Selon Hans Feigenwinter, c’est l’instrumentation des strophes qui rend cette chanson intéressante. Il est lui-même musicien et enseigne la musicologie aux conservatoires de musique de Bâle et de Lucerne. Il fait une analyse approfondie de cette chanson dans la vidéo.

Pour Nicolas Herzig et Henrik Amschler, co-compositeur et producteur, «Adiós» devait contenir des sons variés et une dimension dramatique prenante. Dans l’interview écrite, Henrik Amschler déclare: «Comme la chanson n’a pas de bridge classique avec changement d’accord après le deuxième chœur, mais qu’elle est en trois parties, nous tenions à ce que chaque partie ait ses spécificités.» Les différentes parties de la chanson ont donc différentes ambiances, comme Henrik Amschler le souligne: «Le premier volet de la deuxième partie est rythmé et donne envie de danser. Le premier volet de la troisième partie, par contre, est sphérique et très émotionnel.»

Songwriting en équipe (internationale)

En plus de Henrik Amschler et Nicolas Herzig, trois autres musiciens ont été impliqués dans la composition d’«Adiós». Le compositeur grison Sandro Dietrich et Lou Geniuz, alias Lou Zarra, rappeur latin, chanteur, percussionniste et producteur de musique, originaire lui aussi des Grisons, ont créé ensemble la base musicale qui était déjà très travaillée, comme l’indique Henrik Amschler. Pour les paroles, Nicolas Herzig a été assisté du musicien colombien Jonathan Ruiz Mejia. «Ensuite, ce fut à Loco et moi de continuer, d’adapter la chanson et de la terminer», écrit Henrik Amschler.

Les auteurs-compositeurs et le producteur ont choisi de renoncer à utiliser trop d’instruments. «En fait, nous avions prévu d’utiliser encore plus d’instruments, notamment dans le chœur», explique Henrik Amschler. «Mais nous nous sommes décidés à les limiter pour laisser plus de place à la voix et aux différentes harmonies.» «Adiós» surprend quand même avec des sons intéressants, comme par exemple une sonorité qui fait penser au clavecin, ce qui est plutôt inhabituel dans la musique pop, ajoute Hans Feigenweiter.

«Swiss Music Awards»: SUISA rend honneur aux auteurs-compositeurs du «Best Hit»

«Adiós» est l’une des trois chansons nominées dans la catégorie «Best Hit» aux prochains «Swiss Music Awards», qui seront décernés le samedi 16 février 2019 au Palais de la culture et des congrès de Lucerne (KKL). SUISA est le partenaire de soutien «Supporting Partner» de l’événement. Ce sera la quatrième fois que les compositeurs et paroliers de la chanson gagnante seront également récompensés au nom de SUISA dans la catégorie «Best Hit». Les nominés sont:

  • «079» de Lo & Leduc (auteurs-compositeurs: Lorenz Häberli, Maurice Könz, Luc Oggier)
  • «Adiós» de Loco Escrito (auteurs-compositeurs: Henrik Amschler, Sandro Dietrich, Nicolas Herzig, Jonathan Ruiz Mejia, Luigi Zarra)
  • «Us Mänsch» de Bligg feat. Marc Sway (auteurs-compositeurs: Marco Bliggensdorfer, Fred Herrmann, Marc Sway)

www.locoescrito.com
www.henrik-hsa-amschler.ch

Hans Feigenwinter est originaire de Bâle. Dans sa jeunesse, il a joué dans des groupes de pop et d’indie rock. Par la suite, il a étudié le piano à la «Swiss Jazz School» de Berne et est depuis actif en tant que pianiste et compositeur dans diverses formations. On peut actuellement l’entendre en concert solo, mais aussi et surtout dans les trios Hans Feigenwinter ZINC et Feigenwinter Oester Pfammatter. Il enseigne aux Hautes écoles de musique de Bâle et de Lucerne. www.hansfeigenwinter.ch
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Loco Escrito et les quatre co-compositeurs de la chanson «Adiós» ont des chances de remporter le trophée en béton tant convoité des «Swiss Music Awards» 2019 dans la catégorie «Best Hit». Hans Feigenwinter, musicien et professeur au conservatoire de musique, nous explique ce qui fait la force de cette chanson dans son analyse en vidéo. Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo de Sibylle Roth

Nicolas Herzig, le vrai nom de Loco Escrito, semble avoir trouvé la formule magique des tubes de l’été. Après avoir occupé les hit-parades suisses en 2017 avec «Sin Ti», il a remis ça l’année dernière: le single «Adiós» est resté 29 semaines dans les hit-parades suisses, grimpant jusqu’à la quatrième place, ce qui a fait de cette chanson un des trois plus grands succès en 2018 et lui a...Continuer

«Us Mänsch»: un tube «last minute» plein d’énergie | avec vidéo

«Us Mänsch» de Bligg et Marc Sway est l’une des chansons suisses ayant eu le plus de succès l’année dernière. Or, ce tube n’a été ajouté qu’à la dernière minute à l’album «KombiNation» de Bligg. La chanson est maintenant nominée dans la catégorie «Best Hit» aux «Swiss Music Awards» 2019. Hans Feigenwinter, musicien et professeur d’une haute école de musique, a analysé la composition de «Us Mänsch». Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo de Manu Leuenberger

Bligg et Marc Sway ont déjà écrit plusieurs chansons ensemble. Pour le single «Us Mänsch», ils étaient ensemble au micro pour la première fois. Et le succès est au rendez-vous: en 2018, le single a été récompensé par le disque de platine.

Pourquoi la chanson plaît-elle tellement aux auditeurs? Hans Feigenwinter, qui enseigne la musicologie aux hautes écoles de musique de Bâle et de Lucerne et qui est lui-même pianiste et compositeur, explique: «Il y a beaucoup d’énergie, c’est un chant parlé vraiment passionné.» Dans son analyse de la chanson, que l’on peut voir dans la vidéo, il perçoit même quelque chose de solennel dans cette chanson: «elle me fait penser à un sermon.»

Tube de dernière minute

Outre Bligg et Marc Sway, Fred Herrmann, producteur et co-compositeur de Bligg depuis de nombreuses années, a également participé à la composition de «Us Mänsch». Dans une interview écrite, Fred Herrmann raconte comment la chanson est née:

«‹Us Mänsch› est le tube typique de dernière minute! C’est la toute dernière chanson que nous avons écrite et produite pour l’album «KombiNation». Bligg a dit qu’il avait encore une idée de texte sympa avec le jeu de mots «Us Mänsch», qu’il voulait absolument mettre en œuvre dans une prochaine chanson. Comme nous étions déjà en retard sur les délais, nous avons travaillé en parallèle. Pendant que je travaillais sur la composition et la production, Bligg a travaillé sur les paroles et a enregistré sa voix chez lui à la maison. Il n’arrêtait pas de m’envoyer de nouvelles pistes vocales, que j’ai soit intégrées tout de suite, soit remises en question pour demander ensuite des ajustements. C’était une vraie partie de ping-pong! A un moment donné, la chanson semblait prête, mais nous nous sommes dit que le refrain devait être chanté par une voix d’homme puissante. Nous avons assez vite pensé à Marc Sway, que nous connaissons tous les deux très bien et depuis longtemps. Mister Sway est passé au studio deux fois pour deux heures et le refrain était terminé! Ce qu’il y a de bien avec la composition, c’est qu’il arrive très souvent qu’une chanson parfaite voie le jour de manière assez inattendue.»

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  • «Us Mänsch» de Bligg feat. Marc Sway (auteurs-compositeurs: Marco Bliggensdorfer, Fred Herrmann, Marc Sway)

www.bligg.ch
www.marcsway.ch

Hans Feigenwinter est originaire de Bâle. Dans sa jeunesse, il a joué dans des groupes de pop et d’indie rock. Par la suite, il a étudié le piano à la «Swiss Jazz School» de Berne et est depuis actif en tant que pianiste et compositeur dans diverses formations. On peut actuellement l’entendre en concert solo, mais aussi et surtout dans les trios Hans Feigenwinter ZINC et Feigenwinter Oester Pfammatter. Il enseigne aux Hautes écoles de musique de Bâle et de Lucerne. www.hansfeigenwinter.ch
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«Us Mänsch» de Bligg et Marc Sway est l’une des chansons suisses ayant eu le plus de succès l’année dernière. Or, ce tube n’a été ajouté qu’à la dernière minute à l’album «KombiNation» de Bligg. La chanson est maintenant nominée dans la catégorie «Best Hit» aux «Swiss Music Awards» 2019. Hans Feigenwinter, musicien et professeur d’une haute école de musique, a analysé la composition de «Us Mänsch». Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo de Manu Leuenberger

Bligg et Marc Sway ont déjà écrit plusieurs chansons ensemble. Pour le single «Us Mänsch», ils étaient ensemble au micro pour la première fois. Et le succès est au rendez-vous: en 2018, le single a été récompensé par le disque de platine.

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«079»: une histoire tragi-comique à succès | avec vidéo

Avec «079», Lo & Leduc et leur co-compositeur Maurice «Dr. Mo» Könz ont écrit l’histoire: l’an dernier, le titre est resté en tête du hit-parade suisse pendant 21 semaines, établissant ainsi un nouveau record suisse. «079» est l’une des trois chansons nominées dans la catégorie «Best Hit» aux «Swiss Music Awards» 2019. Le musicien et professeur en musicologie Hans Feigenwinter a analysé la composition de ce tube. Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo de Sibylle Roth

La manière dont le titre «079» s’est hissé dans les charts suisses est déjà en soi une histoire remarquable. En février 2018, Lo & Leduc ont proposé ce titre ainsi que l’album dont il est issu, «Update 4.0», en streaming et téléchargement gratuits sur leur site Web – «pour le plaisir» ont-ils déclaré à l’époque dans une interview. Le morceau a tellement plu au public que les ventes et le nombre d’écoutes en streaming ont explosé. «079» est ainsi arrivé en première place du hit-parade suisse des singles et y est resté pendant 21 semaines.

La chanson a été écrite par Lorenz Häberli (Lo), Luc Oggier (Leduc) et par le compositeur, DJ et interprète bernois, Maurice Könz, plus connu sous le nom de Dr. Mo. Ce dernier a composé la mélodie sur laquelle Lo & Leduc ont apposé leur texte. «Les paroles et la musique ont été réalisées séparément», relate Dr. Mo à propos de la création du morceau dans un entretien écrit. Celles-ci étaient pratiquement terminées lorsqu’elles ont finalement été réunies. «Nous avions essayé d’associer le texte à une autre mélodie ou de mettre un autre texte sur la mélodie, écrit Dr. Mo, mais nous avons rapidement abandonné ces idées. Lorsque nous avons associé ce texte avec cette mélodie, nous avons tout de suite su qu’ils étaient faits l’un pour l’autre.»

Originale, touchante, un peu absurde

L’histoire que raconte la chanson n’est pas étrangère au succès rencontré. «C’est une histoire tragi-comique. Elle est originale, simple, touchante; le tout a quelque chose d’ absurde», évoque le pianiste et compositeur Hans Feigenwinter, qui enseigne la musicologie aux Hautes écoles de musique de Bâle et de Lucerne. Retrouvez son analyse du morceau dans la vidéo.

Dr. Mo explique concrètement comment la recherche des mots justes peut parfois prendre du temps: «C’est la recherche du pronom personnel approprié qui a pris le plus de temps. Nous n’étions pas sûrs que le public comprendrait l’histoire si deux chanteurs différents l’interprétaient à la première personne tout en représentant le même protagoniste. Nous avons alors aussi envisagé de parler de ‹lui›, ce qui permettait de dissiper toute confusion personnelle. Mais cela a causé d’autres problèmes de conjugaison, de rimes et de rapports émotionnels. Nous avons finalement décidé de proposer au public une narration à la première personne, et nous avons bien fait!»

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www.lo-leduc.ch
www.drmo.ch

Hans Feigenwinter est originaire de Bâle. Dans sa jeunesse, il a joué dans des groupes de pop et d’indie rock. Par la suite, il a étudié le piano à la «Swiss Jazz School» de Berne et est depuis actif en tant que pianiste et compositeur dans diverses formations. On peut actuellement l’entendre en concert solo, mais aussi et surtout dans les trios Hans Feigenwinter ZINC et Feigenwinter Oester Pfammatter. Il enseigne aux Hautes écoles de musique de Bâle et de Lucerne. www.hansfeigenwinter.ch
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«On écrit bien plus de chansons qu’il n’en faut pour un album» | avec vidéo

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Marc Sway est membre de SUISA depuis 2003. Après s’être beaucoup produit récemment en live, il est désormais impatient de sortir son prochain opus. Son dernier album, «Black & White», date de 2014.

Les chansons de l’album à venir sont le fruit de trois années de collaboration avec ses partenaires de longue date, compositeurs et musiciens. «Quand on fait de la musique ensemble, on est si proche et on se côtoie si souvent que cela n’est possible qu’avec de très bons amis», déclare Marc Sway. «C’est pourquoi je travaille avec les mêmes compositeurs depuis des années.»

Lors de l’interview, l’artiste de 39 ans nous explique que la composition a une énorme influence sur le résultat final d’un album, car c’est avec elle qu’il pose les premières pierres. Marc Sway aime avoir un but et un concept en tête, et il est convaincu que «chaque album offre l’opportunité de se réinventer».

Le single «Beat Of My Heart» est sorti mi-octobre 2018; quant au nouvel album, «Way Back Home», il sera disponible au printemps 2019.

www.marcsway.ch, site Internet de Marc Sway

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L’objectif du camp de composition SUISA 2018 était de créer des chansons pop radiophoniques ayant le potentiel de figurer au hit-parade et présentant toutes les facettes stylistiques de la pop contemporaine. Répartis en équipes de trois ou quatre personnes, les musiciennes et musiciens conviés ont composé une chanson par jour. Les équipes ont été renouvelées chaque jour afin que tous les participants aient l’opportunité de composer de nouvelles chansons avec d’autres partenaires.

Les camps de composition, mode de production établi dans la musique pop

Les camps de composition constituent un mode de production bien établi dans l’industrie de la musique pop internationale. D’après Pele Loriano, directeur artistique de l’événement, l’atout majeur de ce type de format est de permettre la rencontre de musiciens qui n’auraient sinon jamais travaillé ensemble: «L’alchimie entre les membres d’une même équipe peut en effet favoriser l’inspiration. Travailler en équipe permet de développer des idées que l’on n’aurait jamais eues en travaillant seul.» (article de la «NZZ» du 19.10.2017, dans le cadre du camp SUISA 2017)

Les producteurs et compositeurs étrangers ont été conviés par Pele Loriano au bord du lac de Greifen; ils venaient cette année de France, de Grande-Bretagne, d’Allemagne, de Belgique, des États-Unis, de Suède et du Canada. Quant à la sélection des artistes suisses, le directeur artistique avait ici l’embarras du choix: 75 candidatures ont été reçues lors de la procédure de sélection, dépassant ainsi largement le nombre de places disponibles pour les membres SUISA.

Intérêt et participation de nombreux membres SUISA

Afin de répondre au grand intérêt suscité par cet événement, une sixième équipe de compositeurs a été ajoutée aux cinq prévues initialement. Cela a permis à un nombre encore plus important de membres SUISA de profiter de l’opportunité de collaborer avec des compositeurs nationaux et internationaux et de trouver l’inspiration dans cet échange artistique.

Répartis sur trois jours (du 18 au 20 juin 2018), ce sont en tout 36 musiciens qui ont pu participer à ce camp de composition. Parmi les 26 membres SUISA participants, six venaient de Suisse romande, trois du Tessin et dix-sept de Suisse alémanique. Près de 40% des participants étaient des femmes (14 musiciennes, 22 musiciens).

Dans le cadre de la session d’écoute finale du mercredi soir, artistes et invités (dont des représentants de maisons d’édition musicale) ont pu écouter les divers morceaux composés dans le cadre des sessions de travail. 19 chansons pop de différents styles ont été composées: de la ballade à la chanson populaire, en passant par la pop indie et la dance, avec des textes en français, en italien et en anglais. L’avenir nous dira si ces morceaux (provenant de la «forge à tubes made in Switzerland» qu’est ce camp de composition d’après l’«Aargauer Zeitung» du 01.02.2018) sauront trouver leur public.

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C’est de sa plume que sont nés les hits suisses rendus avant tout célèbres par Polo Hofer. Hanery Amman nous a quittés à l’âge de 65 ans. Hommage par Ane Hebeisen, contributeur invité

L’homme de l’ombre du rock en dialecte

Hanery Amman, membre de SUISA depuis 1976, photographié dans le cadre d’une réunion de SUISA à Berne le 10 novembre 2009. (Photo: Wolfgang Rudigier)

Lorsqu’on l’interrogeait sur ses rêves, Hanery Amman avait toujours la même réponse: l’espoir de faire de la musique jusqu’à son dernier souffle. Ce souhait a été exaucé, même si la vie n’a pas toujours été juste avec lui et qu’il a régulièrement été confronté à des situations difficiles ou décevantes. Il a cependant pu faire jusqu’au bout ce qu’il aimait le plus – de la musique.

Il serait exagéré de prétendre qu’il avait une productivité supérieure à la moyenne. Il avait bien trop d’adversaires à combattre pour ça. De toute sa production pendant toutes ces années, seule une petite partie a été publiée. On peut donc supposer qu’il reste encore de nombreux trésors d’archives, d’essais et d’études à découvrir chez Hanery Amman à Interlaken.

L’âme de Rumpelstilz

Sa carrière musicale démarre très tôt. A l’école, il joue du banjo et du ukulélé. Mais ce piano, l’instrument qui va décider du destin de Hanspeter «Hanery» Amman, trône déjà dans la salle de musique de l’établissement. Il commence à en jouer et sent très rapidement qu’il peut y exprimer de bien plus grandes émotions qu’avec un instrument aux cordes pincées et au son nasillard.

Après un apprentissage comme mécanicien de précision et un court passage par le théâtre (on lui connaît le rôle du Général dans la pièce «Treffpunkt Vietnam» au Zimmer-Theater de Zurich), il retrouve régulièrement son vieux voisin, un certain Urs «Polo» Hofer, pour faire de la musique. Ces deux amis et leurs familles vivent longtemps dans le même bâtiment à Interlaken. Les Hofer sont témoins de mariage des Amman et à sept ans, le jeune Polo promène le petit Hanery dans sa poussette.

A l’époque, personne ne se doutait qu’ils allaient rester unis jusqu’à la fin de leur vie, parfois très proches, parfois moins, et encore moins qu’un jour une place d’Interlaken porterait leurs noms.

Dès leur première rencontre musicale, les tâches sont clairement réparties. Hanery Amman compose, Polo Hofer écrit. Hofer vend, chante et joue le rôle de mascotte tandis qu’Amman est l’âme du projet et joue un rôle décisif dans le son du rock en dialecte 1.0. Le modèle musical est celui d’Udo Lindenberg, lui qui a réussi à allier la langue allemande à la musique de son temps. L’objectif est donc de faire la même chose en dialecte alémanique.

Le premier reggae suisse

Rumpelstilz est un groupe où s’expriment avec vigueur les tendances musicales les plus variées. Le jeu d’Hanery Amman est par exemple influencé par des modèles musicaux aussi divers qu’Elton John et Chick Corea, on admire les saxophonistes de jazz fusion Jim Pepper et Bob Dylan – et puisque le percussionniste intérimaire Res Hassenstein, plus tard l’un des papes de la musique du monde, connaît aussi la musique caribéenne, on décide d’inclure le reggae au répertoire.

C’est à cette époque que les premiers grands hits naissent sous la plume d’Hanery Amman: «Teddybär» (officiellement le premier reggae en dialecte alémanique) ou le morceau de six minutes et demie «D Rosmarie und i», précédé d’une longue intro perlée au piano par Amman pour glisser en un rien de temps du boogie au jazz en passant par le blues dans le solo au milieu du morceau. Il adore les fusions.

Hanery Amman décrira plus tard les années de Rumpelstilz comme les plus marquantes de sa carrière. Il aimera dire que c’était un groupe «multi-culturel» à une époque où le concept n’existait pas encore. Rumpelstilz lui aura permis de trouver son style non seulement comme musicien, mais aussi comme compositeur.

Dissolution de Rumpelstilz

Si Rumpelstilz a énormément de succès, le groupe n’est certainement pas un monument national. Hanery Amman, l’homme aux longs cheveux blonds, n’est pas encore perçu dans sa ville natale comme le bon berger de la chanson suisse, mais plutôt comme quelqu’un qui devrait exercer un vrai métier.

Des tensions entre Hanery et Polo conduisent en 1979 à la rupture puis à la dissolution du groupe, ce qui peut arriver lorsque deux fortes têtes de l’Oberland bernois se heurtent. Après la dissolution du groupe, Hanery décrit les disputes en ces termes dans une interview: «Nous étions deux béliers dans ce groupe. A un moment donné, le succès auprès du public est monté à la tête de Polo Hofer. Cela a détruit le groupe.»

Et il est aussi question d’argent: selon lui, malgré le succès, on est toujours à court d’argent sans que personne n’ait une bonne explication à cela. Avec un peu de distance, il décrit son rapport à Hofer de façon un peu plus mesurée: «Nous avions besoin l’un de l’autre et nous nous sommes complétés mutuellement». C’est ainsi qu’avec l’âge ils se qualifient d’amis.

Un hit pour l’éternité

Après la dissolution de Rumpelstilz, Polo Hofer fonde le groupe Polo’s SchmetterDing alors qu’Hanery Amman s’essaie à une carrière solo sous son propre nom. Son album solo en anglais «Burning Fire», produit en Allemagne, sort en 1980. Le style est celui d’un rock américain enjoué. Dans des interviews, il dit vouloir voyager avec sa musique et affirme que le dialecte bernois n’est pas vraiment une langue pour le rock.

Dans l’Oberland bernois, ces propos ne sont pas vraiment bien accueillis. C’est pourquoi il donne plusieurs concerts en Allemagne et en Autriche. En outre, il compose des musiques de film et écrit des chansons pour la star italienne Rita Pavone. Il dénonce bientôt sa collaboration avec la maison de production allemande, installe à Interlaken son propre studio, donne quelques concerts et fait ce qu’il aime par-dessus tout: composer des chansons.

L’une d’entre elles s’appelle «Kentucky Rose». Elle serait probablement restée enterrée quelque part dans les archives personnelles de Hanery si Polo Hofer, en tournée avec son groupe SchmetterBand, ne l’avait pas enregistrée en dialecte bernois sur une cassette de démonstration, faisant naître ainsi l’un des plus grands hits de la chanson suisse: «Alpenrose» rend Hofer et Amman immortels.

Sous ses airs de Bernois parfois têtu, Hanery Amman cache un grand cœur. Ses amis parlent d’une personnalité originale et très attachante. On lui attribue des qualificatifs comme direct, franc, buté et hypersensible. L’homme a de l’humour et même dans les pires moments, il continue à plaisanter et à être cordial.

Ce qui lui déplaît par-dessus tout en revanche, c’est le manque d’attention au niveau musical. En mai 1984, il se rend en studio avec son groupe, le Hanery Amman Band, pour enregistrer un album. Mais il trouve le rendu tellement mauvais qu’il ne veut pas le publier. La raison est vite trouvée: furieux, il dira dans une interview que cela relève de la façon dont ses musiciens ont travaillé. Le groupe n’avait pas assez de motivation. Résultat: on renonce! Et on reconsidère la composition du groupe!

«Le Chopin de l’Oberland bernois»

Il s’ensuit des années difficiles. Hanery Amman souffre d’un acouphène en raison d’une opération suite à une otite qui l’empêche pratiquement de faire de la musique pendant un long laps de temps. Néanmoins, il se produit en concert, organise une réunion de Rumpelstilz et enregistre trois concerts au Anker à Interlaken (il habite juste au-dessus de la salle). L’album «Live im Anker» qui en résulte se classe parmi les albums live les plus populaires de Suisse.

Il faudra attendre l’an 2000 pour la sortie du prochain album solo. «Solitaire» récolte des critiques euphoriques mais ne parvient pas à dépasser la 90e place du hit-parade suisse. A ce moment-là, le monde écoute Manu Chao, les Red Hot Chili Peppers ou encore Britney Spears. Les chansons en dialecte d’Amman, longuement mûries et soigneusement arrangées, semblent passées de mode. La médecine n’a pas non plus de bonnes nouvelles à lui annoncer. On lui diagnostique un cancer du poumon en 2007. Une maladie qui l’emporte dix ans plus tard, cinq mois après Polo Hofer.

Il ne s’est jamais plaint de ses échecs, même sa vie a été «un coup du destin après l’autre», comme il l’a dit récemment. Bien au contraire, il est très reconnaissant. Hanery Amman n’a jamais aimé être au premier plan. Ses chansons ont fait connaître Polo Hofer, lui est resté dans l’ombre. A son sens, le show-business est un monde d’imposteurs et de faux-semblants, et il ne s’y est jamais vraiment senti à l’aise.

C’est au piano, en laissant courir ses doigts sur le clavier, qu’il s’est toujours senti le mieux. Il s’y mettait le plus souvent la nuit (et volontiers nu, comme il l’a confié une fois), c’était sa façon à lui de méditer contre les humeurs du monde. «Si tout ‹foire›, il te reste la musique»: telle était sa devise.

Si l’on avait placé à ses côtés quelqu’un capable d’organiser un tant soit peu son travail et de l’aider à surmonter les doutes qui l’assaillaient fréquemment, l’homme que Polo Hofer qualifiait de «Chopin de l’Oberland bernois» aurait laissé une œuvre beaucoup plus importante. Mais le natif d’Interlaken n’avait que faire de conseillers.

Et pourtant: ce qu’il a publié est inscrit dans la mémoire à long terme de la musique en dialecte alémanique suisse. Jusqu’au bout, il a travaillé sur un album instrumental qu’il espérait terminer avant sa mort. Ce vœu n’aura pas été exaucé. Hanery Amman est décédé dans la nuit du Nouvel An à l’âge de 65 ans, entouré des siens.

Comme il le chantait si bien sur son album «Solitaire»: «U we de meinsch, die Wält göng under, de si d Stärne geng no da (Et si tu penses que le monde s’écroule, les étoiles sont quand même toujours là – NdT)». Une nouvelle étoile brille maintenant au firmament.

www.haneryamman.ch

Cette nécrologie par Ane Hebeisen a été publiée sous une forme similaire dans le Bund et le Tages Anzeiger en janvier 2018.

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Lors du camp de composition de chansons organisé en août 2017 dans les Powerplay Studios, la fratrie a écrit deux chansons en deux jours. Le 4 février 2018, le frère et la sœur prendront part au show de sélection de la SRF qui déterminera les participants à la finale du Concours Eurovision de la chanson à Lisbonne.

Les Gfeller ont écrit leur morceau avec Laurell Barker, compositrice canadienne. La collaboration en trio s’est avérée très fructueuse: il ne leur aura fallu qu’une trentaine de minutes pour réaliser la structure de base de la chanson, expliquent les ZiBBZ en interview. Le morceau est né ce jour-là comme par enchantement, ou presque.

www.zibbz.com

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