Archive de tag: Musique suisse

«Répondez-moi»: troisième chanson suisse pour le CEC créée dans le cadre du Camp de Composition de chansons SUISA

Avec «Répondez-moi», pour la première fois depuis 2010, la Suisse envoie une contribution francophone au Concours Eurovision de la Chanson. Le titre a été écrit lors du Camp de Composition SUISA par Gjon Muharremaj (Gjon’s Tears) et les membres SUISA Alizé Oswald et Xavier Michel du duo Aliose, en collaboration avec le producteur belge Jeroen Swinnen. Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo de Manu Leuenberger

Le 4 mars 2020, la télévision suisse RTS a annoncé la contribution suisse au Concours Eurovision de la Chanson (CEC) de cette année. Cette fois-ci, la Suisse participera à la compétition avec «Répondez-moi», un morceau chanté par l’auteur-compositeur-interprète suisse romand Gjon’s Tears. Après «Stones» de ZiBBZ (2018) et «She Got Me» de Luca Hänni (2019), c’est la troisième fois de suite que la chanson suisse pour le CEC est issue du camp de composition de chansons organisé par Pele Loriano Productions et SUISA.

C’est en juin 2019 dans les Powerplay Studios de Maur / ZH, lors d’une session d’écriture d’une journée, que le titre «Répondez-moi» a été composé par l’interprète de la chanson, Gjon Muharremaj (Gjon’s Tears) et les membres de SUISA Alizé Oswald et Xavier Michel du duo genevois Aliose, en collaboration avec l’auteur et producteur belge Jeroen Swinnen. La chanson a remporté la procédure de sélection interne de la télévision suisse RTS.

«Trop d’idées et pas assez de temps»

«On garde le souvenir d’une bonne ambiance entre nous», dit Xavier Michel. Dans le même temps, les quatre compositeurs étaient sous pression, poursuit-il. «En un jour, il faut faire connaissance. Il faut ensuite commencer à travailler ensemble. Et puis, le soir, il faut avoir rendu quelque chose de terminé.» Et Jeroen Swinnen ajoute : «Il nous manquait du temps, tout le temps! Il y avait trop d’idées et pas assez de temps. C’est mieux que pas d’idée».

«Il y a eu assez vite une mélodie,», déclare Alizée Oswald dans l’interview vidéo. «On s’est dit mais quels mots vont bien sonner? Parce que c’est toujours ça avec le français. c’est une langue qui est très exigeante pour la faire sonner, par exemple, comme l’anglais.»

Un langage simple et naïf pour des thèmes universels

Pour transmettre le message universel du titre, trouver les bons mots était d’une importance capitale pour les quatre auteurs. «Le challenge c’était d’avoir une apparence comme ça, assez simple dans les paroles, presque naïve, comme si c’était le discours d’un enfant», explique Alizée Oswald. On peut entendre dans la chanson que recevoir des réponses à nos questions est un thème universel. Cette simplicité était particulièrement importante pour Gjon Muharremaj: «La première discussion qu’on avait eue, je m’en rappelle, j’avais dit que pour moi, la valeur la plus importante, en tout cas à mes yeux, c’est l’innocence», dit-il. «C’est retrouver en fait cet état. Quand on apprend quelque chose, quand on découvre la beauté d’un côté, on voit un enfant qui découvre que tout d’un coup, la planète est ronde ou qu’il y a plusieurs continents.». Et de poursuivre : «La chanson, elle veut juste dire, je pense, à l’auditeur: même si on a plein de questions auxquelles on n’a pas de réponses, on doit pouvoir continuer à se poser des questions toute notre vie.»

Pour la première fois depuis 2010, une chanson chantée en français est proposée par la Suisse pour le CEC

Avec «Répondez-moi», la Suisse envoie une chanson francophone au CEC pour la première fois après «Il pleut de l’or» de Michael von der Heide en 2010. «Je pense que pour nous, d’avoir une chanson en français à l’Eurovision, c’est un des aspects clés», déclare Xavier Michel dans l’interview vidéo. «Se battre pour une langue, qui est belle et qui est la nôtre.»

«Une chanson qui me prend, c’est vraiment l’alchimie entre un texte, une musique et une voix», confie Alizée Oswald. «Dans le cas de cette chanson, il y a un moment donné où quand Gjon chantait, par exemple, le refrain qui commençait à avoir les premiers mots, les premiers arrangements. Tout à coup je me suis dit, là ça pourrait être vraiment super.»

Gjon’s Tears s’est notamment fait connaître en Suisse et en France grâce à sa participation à la huitième saison de «The Voice France», où il a atteint la demi-finale. En 2018, l’auteur-compositeur-interprète a également participé à la Gustav Akademie, dirigée par Gustav – musicien fribourgeois et membre de SUISA – qui promeut les jeunes musiciens suisses tant sur le plan musical que linguistique.

Le Concours Eurovision de la Chanson est probablement le concours musical le plus célèbre au monde. En 2019, plus de 182 millions de téléspectateurs du monde entier ont regardé les deux demi-finales et la grande finale à la télévision. La Suisse a atteint la 4e place avec la chanson «She Got Me» de Luca Hänni. Cette année, le CEC se tiendra du mardi 12 mai au samedi 16 mai à Rotterdam, aux Pays-Bas. Pour atteindre la grande finale du CEC, la Suisse participera à la deuxième demi-finale, le 14 mai.

SUISA organisera à nouveau cette année un camp de composition de chansons en collaboration avec Pele Loriano Productions. Des informations relatives à la procédure de candidature seront bientôt publiées sur le SUISAblog.

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«Swiss Music Awards»: Les compositeurs reçoivent le prix du «Best Hit»

Cette année encore, les «Swiss Music Awards» récompenseront la meilleure chanson suisse de l’année écoulée. Grâce à SUISA, ce prix ne sera pas remis uniquement à l’interprète du titre gagnant, mais également à sa compositrice ou son compositeur, et ce, pour la cinquième année consécutive. Les interprètes et les compositeurs ont raconté en interview le processus d’écriture de leur chanson. Texte de Giorgio Tebaldi

«Swiss Music Awards»: Les compositeurs reçoivent le prix du «Best Hit»

Les nominés de la catégorie «Best Hit» aux Swiss Music Awards»: «Punto» de Loco Escrito, «She Got Me» de Luca Hänni et «Für immer uf Di» de Patent Ochsner. SUISA récompense également les compositeurs. (Photos: Nina Müller)

L’année dernière, les chansons «She Got Me» de Luca Hänni, «Punto» de Loco Escrito et «Für immer uf Di» de Patent Ochsner ont été les titres les plus plébiscités du hit-parade suisse et se voient donc nominés aux Swiss Music Awards 2020 dans la catégorie «Best Hit». On ne parle jamais des compositeurs, mais sans eux, ces hits n’existeraient pas. Au nom de SUISA, les compositeurs du «Best Hit» seront également mis à l’honneur lors de la remise des prix le 28 février 2020 au KKL de Lucerne.

Cette récompense a pour but de mettre en lumière et de faire reconnaître le travail des auteurs à l’origine de grands succès de la chanson. Pour Luca Hänni, qui s’exprime dans une interview vidéo, c’est une démarche importante: «Je trouve qu’il est essentiel d’intégrer les compositeurs. Ils sont l’alpha et l’oméga de nos œuvres. Ils sont notre âme en studio, écrivent les textes et nous aident à faire passer nos émotions sur papier.»

Trois chansons, neuf compositeurs

Pour le titre «She Got Me», outre Luca Hänni, cinq autres compositeurs sont également nominés dans la catégorie «Best Hit». Ce titre a été composé lors du Camp de Composition de chanson SUISA 2018 par Luca Hänni, Laurell Barker (CAN), Jon Hällgren (SWE) et Frazer Mac (CAN) en à peine une journée. La chanson a été peaufinée avec Lukas Hällgren (SWE) et Jenson Vaughn (CAN) jusqu’à sa version finale, qui a permis à la Suisse d’obtenir une excellente quatrième place au Concours de l’Eurovision l’année dernière.

Büne Huber, chanteur du groupe Patent Ochsner, se réjouit lui aussi du fait que la composition soit récompensée par le prix du «Best Hit»: «Dans l’histoire de la musique, les personnes qui apportent une contribution importante aux chansons sont rarement citées», déplore Huber dans l’interview vidéo. «Für immer uf Di» est la seule chanson parmi les trois nominées à avoir été écrite par une seule personne, Büne Huber lui-même. La première ébauche de ce titre est née en 1994, mais ce n’est qu’après le décès de sa mère, 24 ans plus tard, qu’Huber termina la chanson.

Henrik Amschler, co-compositeur et producteur, espère autant que Loco Escrito remporter le trophée de béton pour le titre «Punto». Voilà des années qu’ils écrivent ensemble les chansons de Loco Escrito et ils ont déjà reçu le prix du «Best Hit» en 2019 pour la chanson «Adiòs». Henrik Amschler est ravi d’être à nouveau nominé cette année aux côtés de l’interprète: «Cette deuxième nomination constitue une véritable reconnaissance pour nous», déclare-t-il dans un entretien avec SUISA. La chanson, qui parle de rupture, a été écrite lors d’une session spontanée entre Amschler et Loco Escrito, une façon de faire plutôt habituelle pour ce duo bien rodé.

La chanson gagnante sera choisie par le public par vote téléphonique durant l’émission.

  • «She Got Me»: Luca Hänni
    Compositeurs: Laurell Barker, Luca Hänni, Jon Hällgren, Lukas Hällgren, Frazer Mac, Jenson Vaughn
  • «Punto»: Loco Escrito
    Compositeurs: Henrik Amschler, Loco Escrito
  • «Für immer uf Di»: Patent Ochsner
    Compositeur: Büne Huber

Interview vidéo avec les nominés

Loco Escrito, Henrik Amschler, Büne Huber et Luca Hänni nous ont raconté comment leurs chansons à succès sont nées et quelles histoires se cachent derrière ces hits. Les vidéos de ces interviews peuvent être visionnées sur la chaîne YouTube de SUISA Music Stories:

Büne Huber du groupe Patent Ochsner à propos de la chanson «Für immer uf Di»
Henrik Amschler et Loco Escrito parlent de «Punto»
Luca Hänni parle de «She Got Me»

www.swissmusicawards.ch

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10 ans d’Helvetiarockt: Renforcer la voix des femmes·x

L’association Helvetiarockt s’engage depuis dix ans pour que les femmes·x soient mieux représentées sur la scène musicale. Il est temps de faire un petit bilan. Texte de Markus Ganz, contributeur invité

10 ans d’Helvetiarockt: Renforcer la voix des femmes·x

Isabella Eder (à gauche) et Muriel Rhyner, du groupe zougois Delilahs, en pleine action lors du festival PFF FFS open air de Menzingen en 2015. (Photo: Tabea Hüberli)

Toute personne assistant à des concerts ou consultant des informations relatives à des productions musicales ne sera probablement pas surprise de constater que les femmes·x sont fortement sous-représentées dans le monde de la musique. L’association Helvetiarockt estime que, dans le domaine de la pop, du rock et du jazz, la proportion de femmes·x sur les scènes est de 15%, et dans la production musicale de 2% seulement.

Des chiffres précis sont fournis par SUISA, qui soutient Helvetiarockt, notamment en participant au financement de certains de ses projets: à fin 2018, la proportion de femmes·x parmi les auteurs·x était de 15,7% seulement. Dans une étude réalisée précédemment sur la proportion de femmes·x dans la scène pop bâloise, le résultat obtenu était encore moins bon: seules 10% des personnes actives musicalement entre 2008 et 2017 étaient des femmes·x. Ces chiffres sont encore plus décevants si l’on prend en compte le fait que, selon une estimation d’Helvetiarockt, la proportion de femmes·x dans les écoles de musique est d’environ 50% pour la même période.

Encouragement et sensibilisation

Helvetiarockt s’engage depuis 2009 pour «une augmentation significative de femmes·x dans l’industrie musicale suisse». Pour ce faire, l’association organise de plus en plus d’ateliers, de manifestations et d’événements, tels que des «songwriting camps» et des tables rondes.

Par ses démarches, Helvetiarockt veut motiver les jeunes femmes·x à devenir active sur la scène musicale. D’autre part, l’association souhaite promouvoir de manière ciblée les musiciennes·x professionnelles·x, les mettre en réseau et sensibiliser l’industrie à ce sujet. Il est important de noter que les nombreuses femmes·x membres de l’association sont également actives dans l’industrie de la musique.

Créer une conscience

Chantal Bolzern est avocate·x et a travaillé pour SUISA entre 2004 et 2017. Depuis 2015, elle est active pour Helvetiarockt, en donnant des conférences dans le domaine «musique et droit» et est coprésidente·x de l’association depuis début 2018. Selon elle, l’une des réalisations les plus importantes est qu’Helvetiarockt a été en mesure de sensibiliser le grand public à la principale préoccupation de l’association. «Il n’est aujourd’hui généralement plus nécessaire de se demander si l’égalité entre femmes et hommes est importante dans le monde de la musique. Nous disposons ainsi d’une bonne base pour en faire davantage »

Cadre protégé

Manuela Jutzi constate avec satisfaction que, désormais, elle n’entend plus la question de savoir si Helvetiarockt est nécessaire ou non. Elle est co-responsable·x de l’association et a repris la direction du «Female·x Bandworkshop» en 2014. «Lors de la mise en œuvre, l’importance pour les jeunes femmes·x de pouvoir faire leurs premiers pas en musique dans un cadre protégé devient de plus en plus évidente.» Beaucoup sont encore inhibées au début, que ce soit à cause de la socialisation ou de vieux modèles de rôle. «Mais je constate une amélioration au fil des ans, et à mon avis, cela est dû en grande partie au fait que les jeunes femmes·x peuvent de plus en plus côtoyer des modèles sur scène.»

Fonction de modèle

La réalité ne correspond plus à celle de la fin du dernier millénaire, où seules quelques musiciennes·x suisses sûres d’elles comme Vera Kaa, Betty Legler ou Sina faisaient sensation avec leurs chansons – en devenant ainsi des modèles à suivre. Aujourd’hui, les exemples de musiciennes·x suisses à succès sont nombreux: Nicole Bernegger, Heidi Happy, Stefanie Heinzmann, Sophie Hunger, Anna Rossinelli, Valeska Steiner (Boy), entre autres. Et cela même dans des genres plutôt atypiques par le passé pour les musiciennes·x suisses; pensons à Anna Aaron, Big Zis, KT Gorique, Anna Murphy (Eluveitie) et Steff la Cheffe.

Muriel Rhyner peut également être mentionnée comme exemple; elle s’est engagée auprès d’Helvetiarockt dès le début, en tant que membre de l’équipe et en dirigeant dès 2019 le «Female·x Songwriting Camp», soutenu par SUISA. Elle aussi constate un changement significatif: «Lorsque, en 2005, à l’âge de 17 ans, je débutai ma carrière musicale avec le groupe The Delilahs, un groupe de filles·x, je me suis sentie très isolée. Je ne pouvais pas avoir des échanges avec d’autres musiciennes·x, ce qui est très important d’un point de vue humain également, comme je peux l’expérimenter de manière répétée lors des événements Helvetiarockt.» Lors du «Female·x Songwriting Camp», je dois à chaque fois constater que les participantes·x sont très peu sûres d’elles au départ. «Mais, petit à petit, elles s’encouragent entre elles ‒ et c’est une telle dynamique propre que je souhaite pour les efforts entrepris par Helvetiarockt.»

Evolution et perspectives

Il est difficile de dire dans quelle mesure la proportion de femmes·x actives dans le monde de la musique s’est améliorée. Une évaluation de SUISA a montré que la proportion de femmes·x parmi les nouveaux membres a été supérieure à celle de tous les auteurs·x au cours des cinq dernières années (fin 2018: 15,7%): le nouveau chiffre se situe entre 19% et 21%. C’est un bon point de départ pour la suite des travaux d’Helvetiarockt.

Après des années de construction et d’explication, Helvetiarockt peut maintenant faire un plus grand effort pour atteindre les véritables objectifs de l’association, estime Chantal Bolzern. «Nous disposons également de bons nouveaux instruments à cet effet, tels que la «Diversity Roadmap», créée avec des institutions partenaires, qui indique aux organisateurs comment ils peuvent tenir compte de la diversité et de l’égalité dans les clubs et les festivals.» A cela s’ajouteront bientôt de nouvelles offres pour les musiciennes·x professionnelles·x ainsi qu’une extension du pool de contacts existant.

L’objectif principal de l’association

«Nous créons une nouvelle base de données qui ne se limitera pas aux musiciennes·x», révèle Manuela Jutzi. «Elle devrait également être accessible pour d’autres femmes·x travaillant dans le monde de la musique. Cela nous permettra d’accroître la visibilité des femmes·x dans le monde de la musique et en même temps de faciliter les échanges entre elles.» Pour Manuela Jutzi, l’objectif principal est pourtant le suivant: «qu’Helvetiarockt ne soit un jour plus nécessaire». Selon elle, ce serait le cas si, dans le monde de la musique, une personne sur trois était une femme.

Pour de plus amples informations: www.helvetiarockt.ch

·x Exceptionnellement, dans ce texte, la manière d’écrire adoptée par Helvetiarockt, avec le «·x» de prise en considération des genres, a été utilisée.

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  1. Gut möglich, dass Musikerinnen als Urheberinnen noch stark untervertreten sind: Komponieren und Song-Texte schreiben, ist offensichtlich nicht jederfrau’s Interesse und Talent. Hingegen sind gerade Sängerinnen als Interpretinnen (oftmals in Kombination mit Gitarren oder Piano/Keyboards) im Grunde wesentlich zahlreicher, als ihre männlichen Pendants! Wenn sie zudem – wie meistens – auch noch attraktiver aussehen, als singende Männer, verdienen sie auch noch entsprechend besser, als letztere…

    • Elia Meier dit :

      Guten Tag Jean-Pierre E. Reinle

      Es ist schön, dass Sie den Fakt anerkennen, dass es weniger Musikerinnen und Urheberinnen gibt. Wir denken aber nicht, dass ein Geschlecht etwas darüber aussagt, welche Themen sie oder ihn interessieren oder worin ein Mensch talentiert ist oder nicht. Natürlich kann es sein, dass aufgrund von gesellschaftlichen Normen Menschen gehemmt sein können, ein für sie unbekanntes/untypisches Terrain zu betreten. Dieses Verhalten hat jedoch nichts damit zu tun, dass diese Menschen nicht wollen. Es hat damit zu tun, dass Netzwerke ausschliessend wirken können. Es braucht uns alle um diese Normierungen und Stereotypen aufzubrechen und Menschen zu ermutigen zu machen was sie lieben. So haben wir in einer gleichgestellten Welt hoffentlich auch bald mehr Männer am Gesang und mehr Frauen am Schlagzeug. Ihrem Punkt bezüglich konventioneller Attraktivität, pflichten wir insofern bei, dass es durchaus so ist, dass leider Äusserlichkeiten zu Erfolg beitragen können. Wir sehen diesen Aspekt aber für alle Geschlechter. Nur wird es bei Männern nie herausgehoben. Frauen werden, so wie hier an Ihrem Beispiel, immer wieder systematisch auf ihr äusseres reduziert. Dabei wird ihnen jegliche Expertise abgesprochen. Wir wünschen uns genauso wie Sie, dass es ausschliesslich um Expertise geht. Und, dass diese Expertise unabhängig von äusserlichen Merkmalen und unabhängig von Geschlecht, allen Menschen zugetraut wird. Dafür müssen wir uns alle tagtäglich an der Nase nehmen, gelernte Strukturen zu durchbrechen. Es würde uns freuen Sie dabei an unserer Seite zu wissen.

      Freundliche Grüsse Elia Meier, Helvetiarockt

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«The Director’s Blog» – «Nous voulons améliorer la visibilité de notre travail»

En tant que fondation d’utilité publique, la FONDATION SUISA encourage la création musicale suisse actuelle depuis 1989. Pour découvrir tous les détails, il est maintenant possible de lire le «Director’s Blog». Urs Schnell, directeur de la fondation, souhaite par ce biais améliorer «la visibilité de notre activité». Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité

FONDATION SUISA: «The Director’s Blog»

«The Director’s Blog» cherche à mieux faire comprendre au grand public l’activité de la FONDATION SUISA. (Photo: FONDATION SUISA)

Que fait donc précisément une fondation telle que la FONDATION SUISA? Son activité est certes décrite dans les grandes lignes sur son site Internet, mais à quoi ressemble concrètement son travail? Comment sont dépensés les quelque 2,7 millions de francs que la coopérative SUISA lui alloue chaque année, une contribution qui correspond à 2,5% des recettes de SUISA issues des droits d’exécution et d’émission en Suisse et dans la Principauté du Liechtenstein? Et quel est finalement l’impact de ces subventions?

«Nous sommes sans cesse confrontés à ces questions ces dernières années», affirme Urs Schnell. «Et nous nous rendons compte que notre activité n’est plus perçue dans toute sa diversité dans un monde dominé par les réseaux sociaux et souffrant de plus en plus d’absence de solidarité». Et M. Schnell d’ajouter: «Une fondation peut-elle communiquer de manière ouverte et transparente dans une société dont la perception a énormément évolué, surtout du fait de la numérisation?»

Le blog permet de jeter un coup d’œil dans l’activité de la fondation

Avec «The Director’s Blog», la fondation renforce désormais sa présence sur Internet. Elle personnalise dans le même temps son travail en faisant de son directeur son porte-parole via ce blog. «Nous retournons l’intérieur vers l’extérieur», déclare M. Schnell pour justifier cette décision, «et à une époque marquée par l’individualisation, nous le faisons de manière plus personnelle que d’habitude.»

Le blog se propose de faire connaître les activités courantes sous une forme plus rapide et plus actuelle, sans pour autant s’adapter à la superficialité frénétique des réseaux sociaux. Les coulisses sont projetées sur le devant de la scène: «Nous rendons visible notre travail, ainsi que les réflexions et stratégies qui y sont inhérentes afin que le grand public puisse mieux comprendre notre activité.»

Le directeur, chroniqueur interne

Cette approche s’articule autour d’articles réguliers concernant les événements actuels, la présence de la fondation aux niveaux national et international, mais aussi autour de pistes de réflexion sur des thématiques pertinentes pour la fondation. Le blog recourt également à des portraits de destinataires de contributions comme le ferait un magazine. «Dans ce dernier cas, je prévois également de publier de temps à autre un article particulier», indique M. Schnell. Avant de poursuivre: «Comme l’authenticité est un élément central du blog, nous perdrions en crédibilité si je renonçais à mon rôle de chroniqueur interne.»

Le directeur se réjouit de lire les avis concernant le nouveau format de publication. Et si «The Director’s Blog» devait donner lieu à des débats passionnés, «ce serait tant mieux» selon Urs Schnell.

blog.fondation-suisa.ch

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En tant que fondation d’utilité publique, la FONDATION SUISA encourage la création musicale suisse actuelle depuis 1989. Pour découvrir tous les détails, il est maintenant possible de lire le «Director’s Blog». Urs Schnell, directeur de la fondation, souhaite par ce biais améliorer «la visibilité de notre activité». Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité

FONDATION SUISA: «The Director’s Blog»

«The Director’s Blog» cherche à mieux faire comprendre au grand public l’activité de la FONDATION SUISA. (Photo: FONDATION SUISA)

Que fait donc précisément une fondation telle que la FONDATION SUISA? Son activité est certes décrite dans les grandes lignes sur son site Internet, mais à quoi ressemble concrètement son travail? Comment sont dépensés les quelque 2,7 millions de francs que la coopérative SUISA lui alloue chaque année, une contribution qui correspond à 2,5% des recettes de SUISA issues des droits...Continuer

Du plaisir sans fin d’expérimenter

Le duo Eclecta, composé d’Andrina Bollinger et Marena Whitcher, qui vivent à Zurich et à Winterthour, réalise des expérimentations sonores ne répondant à aucune définition usuelle, et recherche l’échange interdisciplinaire avec d’autres formes d’art. La FONDATION SUISA soutient financièrement ce projet par une contribution Get Going!. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Eclecta: Du plaisir sans fin d’expérimenter

Le duo Eclecta. (Photo: Andrea Ebener)

Là où les définitions verbales des différents arts implosent, là où les catégorisations stylistiques font figure de reliques des temps passés, là où tout peut prendre son envol pour se muer en motifs toujours renouvelés: c’est là, précisément, que le duo Eclecta se sent chez lui. Eclecta, ce sont Andrina Bollinger et Marena Whitcher, deux solistes multi-instrumentistes et chanteuses, qui se décrivent à l’unisson comme «simplement curieuses». La description est bien modeste. Ce qui les pousse toutes deux à avancer est le plaisir pur d’expérimenter. À bientôt trente ans, si les deux artistes n’ont rien perdu de leur capacité d’émerveillement enfantine, elles savent y associer une réflexion mature et parviennent toujours à intégrer de nouveaux éléments à leur art tout en veillant à ce qu’il reste homogène.

Andrina Bollinger et Marena Whitcher ont fait connaissance à l’école de jazz; en réalité, il s’agissait de retrouvailles. «Nous nous étions rencontrées au Circolino Pipistrello lorsque nous étions enfants», raconte la première. Et la seconde d’ajouter en riant: «Mais nous ne nous en sommes rendu compte que plus tard.» On n’échappe pas à son destin, et ce qui devait arriver arriva: «Un jour, Marena a été appelée pour donner un concert en solo, mais elle avait trop peu de matière pour se produire seule sur scène. Elle m’a donc invitée à la rejoindre. Nous avons mis nos chansons en commun, c’est ainsi que tout a commencé», relate Andrina Bollinger.

En 2016, leur premier album se nomme «A Symmetry», et le jeu de mots du titre n’est pas que programmatique, les deux femmes étant farouchement indépendantes de nature et dans leur art, et suivant chacune leur propre voie à travers de multiples collaborations et représentations en solo. «Dès le début, nous avons joué avec la juxtaposition de deux personnalités complètement dissemblables. Eclecta se nourrit de cette dualité, de cette asymétrie, mais en même temps, nous avons la faculté de nous fondre l’une dans l’autre», expliquent Marena Whitcher et Andrina Bollinger. «Nous pouvons nous accorder vocalement de manière à ce qu’il soit presque impossible de nous distinguer. Le titre de l’album reflète ce jeu permanent entre symétrie et asymétrie.»

Ces quinze chansons, qui, comme dit plus haut, échappent à toute catégorisation et cartographient consciemment les interstices stylistiques propices à l’expérimentation, forment à l’arrivée un kaléidoscope chatoyant d’euphorie et de mélancolie, de plaisir et de réflexion. «A Symmetry» a beau impressionner toujours autant à l’écoute, trois ans après sa parution, et révéler sans cesse des détails neufs, pour ses créatrices, ce disque ne représente aujourd’hui plus qu’un instantané de leur processus artistique. «Sur notre prochain album, qui paraîtra probablement début 2020, nous voulons aller plus loin encore dans ce jeu, de manière à ce que tout s’engrène et s’imbrique encore davantage.»

«La contribution Get Going! nous offre quelque chose de précieux: du temps. Car d’ordinaire nous ne sommes pas payées pour le nombre incroyable d’heures que nous investissons pour explorer des thèmes, effectuer des recherches et écrire des chansons.»

À quel genre de sons nos oreilles doivent-elles s’attendre? «C’est encore un secret pour l’instant», répondent les deux jeunes femmes, taquines. Pour ce qui est de leurs influences, elles vont des sujets sociétaux à la philosophie en passant par la peinture, le théâtre, la performance artistique et la littérature. Marena Whitcher, qui a des origines américaines de par son père, adore les surréalistes, et pose dans ses concerts des questions comme «Qu’est-ce qu’un monstre aujourd’hui, et pourquoi en avons-nous besoin?» ou «Avoir des problèmes de luxe et faire de l’art: est-ce compatible?». Andrina Bollinger aussi a à cœur d’intégrer l’actualité politique et sociétale dans son travail. Elle aborde des thèmes comme le changement climatique, la liberté d’opinion ou encore la numérisation, et recherche des lieux où nous échappons au contrôle des chiffres et des codes. Elle vit entre Zurich, Berlin et l’Engadine où elle a ses racines, et tente de capturer les sons de ces différents lieux avec un enregistreur à zoom parce que, dit-elle, «l’endroit où l’on se trouve est décisif lorsqu’on crée».

La scène est aussi l’un de leurs terrains de jeu créatif. Avec des instruments et des costumes qu’elles fabriquent elles-mêmes, les deux artistes font d’une représentation une sorte d’œuvre d’art totale. Elles souhaitent également utiliser davantage à l’avenir la vidéo pour rendre leur musique visible. Mais ce n’est là qu’une des mille et une idées qui agitent les deux artistes. En fin de compte, Eclecta entend aussi lutter contre une certaine tendance actuelle: «Dans notre société individualiste, chacun ne se préoccupe plus que de lui-même, sans jamais tourner son regard vers l’extérieur. Pourtant l’interaction sociale est un besoin ancestral de l’être humain», souligne Marena Whitcher, et Andrina Bollinger ajoute: «Je considère que l’une de nos missions est de proposer à travers notre art une réflexion sur le monde, une autre manière de penser.»

La contribution Get Going! de la FONDATION SUISA représente à leurs yeux une libération extrême. «Elle nous offre quelque chose de précieux: du temps», explique Andrina Bollinger. «Exactement, confirme Marena Whitcher, car d’ordinaire nous ne sommes pas payées pour le nombre incroyable d’heures que nous investissons pour explorer des thèmes, effectuer des recherches et écrire des chansons.» Vu comme cela, le duo Eclecta constitue pour ainsi dire le bénéficiaire idéal de ce type d’encouragement, car les deux jeunes femmes défrichent des terres encore vierges. Désormais, elles ne courent plus le risque de se retrouver seules dans le désert avec leur soif d’expérimentation.

www.eclecta.ch

C’est en 2018 que la FONDATION SUISA a commencé à allouer ses nouvelles contributions à la création. Dans le cadre de «Get Going!», elle finance des processus créatifs et artistiques qui se situent hors des catégories usuelles. Nous consacrons une série de portraits aux bénéficiaires de ces contributions Get Going!.


Un infinito desiderio di sperimentare

Il duo Eclecta, formato da Andrina Bollinger di Zurigo e Marena Whitcher di Winterthur, sperimenta suoni che esorbitano dalle definizioni convenzionali, cercando lo scambio interdisciplinare con altre forme d’arte. La FONDATION SUISA sostiene quest’opera con il contributo finanziario «Get Going!». Contributo ospite di Rudolf Amstutz

Eclecta: Un infinito desiderio di sperimentare

Il duo Eclecta. (Foto: Andrea Ebener)

Laddove implodono le definizioni verbali delle diverse arti, dove le categorizzazioni stilistiche non sono altro che reliquie di un tempo passato, dove è possibile spiegare le ali in totale libertà, librandosi incessantemente all’interno di modelli sempre nuovi – quello è il luogo in cui il duo Eclecta si sente a casa. Il duo è formato da Andrina Bollinger e Marena Whitcher, entrambe soliste, polistrumentiste e cantanti. Due artiste – così si definiscono all’unisono – «semplicemente curiose». Ma una definizione di questo genere non rende loro giustizia: è il puro desiderio di sperimentare a costituire il loro motore trainante. Sebbene entrambe, ormai sulla soglia dei trent’anni, non abbiano ancora smarrito lo stupore tipico dell’età giovanile, sono in grado di affiancarlo a riflessioni mature, incorporando ogni volta elementi aggiuntivi nella loro arte e creando un risultato sempre omogeneo.

Andrina Bollinger e Marena Whitcher si sono conosciute alla scuola di jazz, ma in realtà non era la prima volta che si vedevano. «Ci eravamo già incontrate da bambine al Circolino Pipistrello», ricorda la Bollinger. La Whitcher aggiunge, ridendo: «Ma lo abbiamo scoperto solo in un secondo momento.» Non si può sfuggire al proprio destino, così gli eventi hanno seguito il loro corso: «Quando a Marena è stato chiesto di esibirsi in un concerto da solista, non aveva abbastanza materiale per entrare in scena da sola, così si è rivolta a me. Abbiamo quindi accorpato le nostre canzoni ed è così che tutto ha avuto inizio», racconta la Bollinger.

«A Symmetry» (2016) è stato il nome del loro primo album e il gioco di parole che si cela nel titolo è più di un semplice manifesto, dal momento che le due donne, nel loro stile e nella loro arte, sono individualiste convinte, ciascuna impegnata a seguire la propria strada in numerose collaborazioni ed esibizioni da soliste. «Fin dal principio abbiamo giocato con i due personaggi, completamente diversi tra loro. Eclecta trae la propria linfa vitale da questa dualità, da questa asimmetria, ma allo stesso tempo abbiamo anche la possibilità di fonderci l’una con l’altra», spiega la Whitcher, mentre la Bollinger aggiunge: «Dal punto di vista vocale, possiamo raggiungere un’armonia tale che il pubblico riesce a malapena a distinguerci. Il titolo dell’album descrive questo gioco continuo tra simmetria e asimmetria.»

Le 15 canzoni che, come già accennato, ignorano qualsiasi categorizzazione e scandagliano consapevolmente le faglie stilistiche da cui sgorga la voglia di sperimentare, rappresentano nel loro complesso un cangiante caleidoscopio di euforia e malinconia, di desiderio e riflessività. E così, anche dopo tre anni dalla sua uscita, «A Symmetry» suscita ancora un effetto sorprendente sull’ascoltatore, riuscendo a rivelare dettagli sempre nuovi. Per le due protagoniste, oggi il disco rappresenta però solo un’istantanea del loro processo artistico. «Nel nostro prossimo album, previsto in uscita all’inizio del 2020, vogliamo proseguire questo gioco, rendendo l’intera trama ancora più intrecciata e involuta».

«Il contributo ‹Get Going!› fa dono di una merce assai preziosa: il tempo. Non si viene mai retribuiti per il tempo infinito trascorso ad approfondire argomenti, a fare ricerche e a scrivere canzoni.»

Come tutto ciò si tradurrà in suono «rimane tuttora avvolto nel mistero», rivelano le due artiste, ammiccando. Le fonti da cui traggono ispirazione spaziano dai temi sociali alla pittura, dal teatro alla performance art, dalla letteratura alla filosofia. La Whitcher, di radici americane dal lato paterno, è un’appassionata del surrealismo e, durante le sue esibizioni, approfondisce questioni come «Chi sono i mostri odierni e perché ne abbiamo bisogno?» o «Avere problemi da ricchi e creare arte – i due aspetti sono compatibili?». Anche per la Bollinger è importante integrare nella sua opera argomenti di attualità politica e sociale, affrontando temi quali il cambiamento climatico, la libertà di opinione o la digitalizzazione, alla ricerca di luoghi che non siano dominati da numeri e codici. Si sposta continuamente tra Zurigo, Berlino e il suo paese d’origine in Engadina, cercando di catturare con un registratore digitale i suoni di queste diverse aree poiché, come lei stessa afferma, «il luogo in cui ci si trova è di importanza cruciale, quando si lavora in maniera creativa».

Anche il palcoscenico costituisce uno dei parchi giochi creativi delle due artiste: grazie a strumenti e a costumi di propria realizzazione, sanno trasformare un’esibizione in una sorta di opera d’arte totale. Per questa ragione, in futuro desiderano utilizzare in misura sempre maggiore i video per rappresentare visivamente la loro musica. Ma questo è solo uno delle migliaia di progetti in fase di sviluppo. In fondo, Eclecta dovrebbe rappresentare anche una dichiarazione contro lo spirito del tempo: «Nella nostra società individualistica, dove ognuno vede solo se stesso, lo sguardo verso l’esterno scompare completamente. Eppure la comunità rappresenta un bisogno fondamentale dell’uomo», chiarisce la Whitcher, mentre la Bollinger aggiunge: «Considero uno dei nostri compiti riflettere il mondo nella nostra arte, proponendo schemi di pensiero alternativi.»

In ogni caso, entrambe considerano il contributo «Get Going!» della FONDATION SUISA un’estrema liberazione. «Ci fa dono di una merce assai preziosa: il tempo», dichiara la Bollinger. «Esatto», sottolinea la Whitcher, «non si viene mai retribuiti per il tempo infinito trascorso ad approfondire argomenti, a fare ricerche e a scrivere canzoni». In quest’ottica, Eclecta rappresenta un modello ideale per questo tipo di sostegno, perché le due giovani donne, che si muovono su terreni tuttora inesplorati, pervase dal desiderio di sperimentare, ora non corrono più il rischio di restare incagliate in una terra di nessuno.

www.eclecta.ch

Nel 2018 la FONDATION SUISA ha iniziato ad assegnare nuovi contributi alla creazione. Con il progetto «Get Going!» vengono incentivati finanziariamente processi creativi e artistici che esulano dalle categorie convenzionali. In una serie di ritratti presentiamo i beneficiari dei contributi «Get Going!».

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«Get Going!» lance sa deuxième édition: «Nous sommes complètement dans l’air du temps»

Sous le titre «Get Going!», la FONDATION SUISA a attribué l’année dernière pour la première fois quatre contributions afin de promouvoir des processus créatifs innovants qui se situent hors des catégories usuelles. Les réactions positives ont été impressionnantes. Un deuxième appel à candidatures sera mis au concours à fin juin 2019. Texte de FONDATION SUISA

FONDATION SUISA: «Get Going!» lance sa deuxième édition: «Nous sommes complètement dans l’air du temps»

Les lauréats des contributions «Get Going!» 2018 (de haut en bas et de gauche à droite): Beat Gysin, le duo Eclecta, Michael Künstle et Bertrand Denzler. (Photos: Anna Katharina Scheidegger; Andrea Ebener; Zak van Biljon; Rui Pinheiro)

«Au lieu de récompenser un artiste en lui décernant un Prix, nous investissons désormais l’argent mis à disposition davantage dans l’avenir», déclarait l’année dernière Urs Schnell, directeur de la FONDATION SUISA à propos de la nouvelle politique d’encouragement adoptée par le Conseil de fondation. L’objectif est de promouvoir plutôt que de juger et se concentrer ainsi davantage sur l’avenir».

Aussitôt dit, aussitôt fait! Le premier appel à candidatures de «Get Going!» a reçu plus de 90 candidatures. Ce grand intérêt pour quelque chose de complètement nouveau est tout simplement extraordinaire, déclare Urs Schnell. «Avec ce projet, nous sommes complètement dans l’air du temps. Nous ne pouvions pas nous attendre à un tel succès dans la mesure où un appel à candidatures aussi ouvert était un coup de théâtre novateur, malgré toutes les analyses».

Bertrand Denzler, Michael Künstle, Beat Gysin et le duo Eclecta (Andrina Bollinger et Marena Whitcher) ont été les premiers lauréats du projet «Get Going!». La somme de 25 000 francs chacun leur a été attribuée parce qu’ils ont su convaincre le jury d’experts par leurs visions créatives. Comme l’incitation financière n’est pas liée à un résultat, elle permet aux musiciens de travailler sans contraintes financières et de temps. «Je crois que dans un environnement de plus en plus mouvementé, le facteur temps est devenu un atout dont il ne faut pas sous-estimer la valeur», explique Urs Schnell à propos du projet.

Appel à candidatures «Get Going!» 2019, à partir de fin juin

A partir de fin juin, les auteurs, compositeurs et musiciens pouvant démontrer un lien évident avec la création musicale actuelle de Suisse ou du Liechtenstein pourront à nouveau déposer leur candidature au concours «Get Going!». Cette année encore, un jury d’experts octroiera à quatre lauréats un coup de pouce financier à hauteur de 25 000 francs.

Il est également important de mentionner que «Get Going!» n’entre pas en concurrence avec les autres possibilités de financement de la FONDATION SUISA, en particulier le processus de candidatures actuel, les partenariats existants, les salons et événements à l’étranger et le programme «Orchestre en classe».

Au contraire, explique Urs Schnell, «en tant qu’aide importante au lancement d’un projet, ce nouveau modèle doit être considéré comme une offre complémentaire aux soutiens financiers actuellement en place. Nous voulons ouvrir de nouvelles voies créatives et éviter que certains projets ne passent à la trappe».

Urs Schnell sait que la formulation délibérément ouverte de l’appel à candidatures «Get Going!» peut sembler quelque peu déroutante au début: «Au cours des dernières décennies, les musiciens ont été conditionnés par les instruments de financement traditionnels. Avec cette nouvelle orientation, notre objectif est de nous adresser aux artistes en tant que mécènes dans le but de ramener la libre pensée créative au centre de leur activité». Afin de démontrer les possibilités offertes par «Get Going!», les portraits des lauréats de l’année dernière seront donc publiés au cours des prochaines semaines à la fois sur le site Internet de la FONDATION SUISA et sur le blog de SUISA.

www.fondation-suisa.ch

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KT Gorique, à la conquête de l’Est

KT Gorique, membre de SUISA, a été invitée à participer au panel «Hit the World» organisé par SUISA au M4music Festival 2019 en tant qu’experte en composition de chansons dans le domaine du rap. Peu de temps après, elle est lauréate du Prix suisse de la musique 2019. Rencontre avec la rappeuse vivant en Valais qui diffuse son rap dans toute la Suisse. Texte du contributeur invité José Tippenhauer, Swissmusic.ch

KT Gorique, à la conquête de l’Est

«Elle se produit entre autres au Sénégal, au Canada et dans l’Europe entière et tient une place considérable sur la scène du rap suisse», écrit l’Office fédéral de la culture à propos de la nouvelle lauréate du Prix suisse de la musique 2019, KT Gorique. (Photo: Jérémie Carron)

KT Gorique mérite son surnom de «Couteau suisse». Après sa victoire au concours international d’improvisation rap «End of the Weak» à New York en 2012, il y a eu le film «Brooklyn» de Pascal Tessaud, où elle interprétait la jeune rappeuse Coralie. En 2016, elle a sorti son premier album, «Tentative de Survie». Et l’an dernier, elle est entrée dans les charts avec son projet «Kunta Kita». Quelques semaines après sa nomination aux Swiss Music Awards, elle continue son ascension. Elle ouvrira le concert de Nicki Minaj au Hallenstadion à Zürich, et fait partie des rares francophones à l’affiche du festival Frauenfeld. 2019 promet pour la rappeuse valaisanne avec qui nous avons parlé de la Suisse, de ses inspirations et de ses processus créatifs.

«Kunta Kita» est sorti en juillet 2018. Quel bilan en tires-tu?
KT Gorique: Ce projet a produit un gros changement dans ma carrière. Je n’aurais pas espéré la moitié de ce qui m’est arrivé grâce à lui!
Depuis sa sortie, j’ai fait une quarantaine de dates, dont mes premières en tant que tête d’affiche, et plusieurs fois c’était complet (à Saint-Gall, Lucerne, etc.). Jusqu’ici, pendant 6 ans je faisais toujours le concert de la découverte, les gens ne me connaissaient pas spécialement. Là, avec «Kunta Kita», une fan base solide s’est établie. Le paradoxe, c’est que la majeure partie vient de Suisse alémanique – alors que je chante en français. C’est incroyable!
Ce qui a beaucoup joué là-dedans, c’est que le projet est distribué par un label zurichois, FarMore Records. Et surtout, en septembre, SRF3 m’a nommée «Best Talent» du mois. C’est une radio généraliste, donc beaucoup de gens pas forcément hip-hop y ont entendu mes sons. Ça m’a amené un public différent, je le remarque à mes concerts: il y a des personnes hip-hop, des punks, des rastas, des mecs rocks, des petits, des vieux. Pour moi, c’est le plus beau cadeau. Je fais de la musique pour tout le monde, pas que pour ceux qui ont déjà les codes rap.

Maintenant que tu tournes beaucoup en Suisse allemande, comment identifies-tu ce fameux Roestigraben (barrière symbolique entre les parties francophone et germanophone du pays)?
Une grosse différence, c’est le budget que le public est prêt à débloquer. Dernièrement, j’ai fait une date à Lausanne avec des artistes de Romandie (partie francophone de la Suisse), l’entrée était 25 CHF. J’ai tout de suite pensé que les gens trouveraient ça cher, et effectivement la salle n’était pas remplie. La semaine suivante, j’étais en Suisse allemande, il y avait moi et une première partie pour 30 CHF… C’était full!
J’ai l’impression que nous les Romands, on cherche notre identité du côté français. Alors que les Suisses alémaniques, dans leur tête, ils sont Suisses! Quand ils voient des artistes suisses qui assurent, ils se disent «c’est cool parce qu’ils sont forts et surtout parce qu’ils sont Suisses!», et ils vont les encourager. Nous les Romands, comme on s’identifie plus aux Français, on a tendance à valider nos artistes que s’ils sont validés en France, ou en tout cas à l’extérieur de nos frontières. Heureusement, ça commence à changer. Dans une date récente, j’étais avec Danitsa, Comme1Flocon, SWK, et Chien Bleu. Un line-up pareil, avec que des Romands, sans aucun étranger, c’était impossible il y a 3 ans!
Pour revenir au Roestigraben, c’est marrant car quand je dis à des Romands que je vais faire des concerts en Suisse allemande, ils me répondent: «mais ils ne sont pas pire fermés d’esprit?!» Alors qu’au contraire, je me rends compte qu’ils sont deux fois plus ouverts que nous! La preuve, c’est qu’eux nous accueillent, mais que les rappeurs alémaniques sont inconnus ici.

Dans ton titre «Outta Road», tu frappes des gens vêtus de gilets jaunes. C’était avant la formation du mouvement, mais dans ta «NAYUNO Session», tu parles des «vrais» Gilets jaunes, en disant: «le jaune a la cote cet hiver, ils le portent en gilet, moi je veux tout l’ensemble». Est-ce une pique?
Au contraire, c’est un message d’encouragement. Si j’étais Française, je serais sur la route tous les jours avec eux, avec des gilets jaunes partout, même sur mes jambes!
Tout ce que j’écris, c’est de l’instinct. Quand je vois des personnes pas forcément issues des mêmes milieux sociaux se rassembler pour faire valoir leurs droits en tant qu’humains – parce qu’elles sont dans une position injuste et invivable –, je trouve ça beau! Donc «je veux tout l’ensemble», c’est pour dire «je suis avec vous jusqu’au bout»!

Parlons de ton processus créatif justement. Qu’entends-tu par «écrire à l’instinct»?
Pour créer des textes, avant toute chose, j’ai besoin d’un beat. Si je n’en ai pas, ça m’arrive d’écrire un peu, mais ce ne sera jamais un morceau entier. Quand je veux me lancer dans une chanson, j’ai automatiquement besoin d’avoir de la musique, c’est elle qui dicte mes mots.
Niveau inspiration, ma source, c’est le quotidien. Il y a plein de choses dans la vie auxquelles je suis sensible. Ça peut venir de ce que je vois, ce que je vis, ce que j’entends, des expériences de gens autour de moi, de ma famille, ou de difficultés que je rencontre. Ça peut être très personnel, mais aussi plus global – comme dans l’exemple des Gilets jaunes.
De là, la musique et les émotions vont me guider. J’essaie de me connecter à ce que je ressens et le mettre en forme sur le rythme. J’écris assez souvent sur mon ordinateur, sinon, quand je veux garder ce truc de l’instinct justement, être incisive, j’écris mes textes directement dans la tête. Je fais une phrase après l’autre, et je les retiens au fur et à mesure, sans avoir besoin de retranscrire tout ça sur une feuille. Les mélodies de voix et le flow suivront alors naturellement, en fonction de ce que je veux raconter. Via cette méthode, j’ai l’impression d’être beaucoup plus instinctive, directe dans ce que je veux dire et dans ma manière de poser.

En plus d’écrire tes textes, tu composes aussi tes propres beats. Là encore, comment procèdes-tu? Tu commences par quelles sonorités?
Je compose de temps à temps, oui. En principe, je vais avoir une base, une petite vibe, comme une énergie, soit mélancolique, soit un peu reggae, soit un peu cainfri (NDLR : «africaine») par exemple. Je pars toujours d’une sorte de couleur qu’il y a dans ma tête, c’est vraiment très abstrait en fait. J’essaie ensuite de retranscrire mélodieusement parlant ce que j’ai en tête, en utilisant plein de samples sur mon clavier MIDI. Je cherche, je cherche, je cherche … Jusqu’à trouver le son ou les notes qui me parlent. Je commence alors avec la mélodie de base, et de là je vais construire autour. Je vais continuer comme ça jusqu’à ce que mon instrumental soit composé.

KT Gorique sur Youtube

L’interview avec KT Gorique a été réalisée pour le dossier «A la découverte du rap romand» sur Swissmusic.ch et y a été publiée en mars 2019.

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KT Gorique, membre de SUISA, a été invitée à participer au panel «Hit the World» organisé par SUISA au M4music Festival 2019 en tant qu’experte en composition de chansons dans le domaine du rap. Peu de temps après, elle est lauréate du Prix suisse de la musique 2019. Rencontre avec la rappeuse vivant en Valais qui diffuse son rap dans toute la Suisse. Texte du contributeur invité José Tippenhauer, Swissmusic.ch

KT Gorique, à la conquête de l’Est

«Elle se produit entre autres au Sénégal, au Canada et dans l’Europe entière et tient une place considérable sur la scène du rap suisse», écrit l’Office fédéral de la culture à propos de la nouvelle lauréate du Prix suisse de la musique 2019, KT Gorique. (Photo: Jérémie Carron)

KT Gorique mérite son surnom de «Couteau suisse». Après sa victoire au concours international d’improvisation...Continuer

«Adiós»: tube de l’été de style caribéen avec clavecin | avec vidéo

Loco Escrito et les quatre co-compositeurs de la chanson «Adiós» ont des chances de remporter le trophée en béton tant convoité des «Swiss Music Awards» 2019 dans la catégorie «Best Hit». Hans Feigenwinter, musicien et professeur au conservatoire de musique, nous explique ce qui fait la force de cette chanson dans son analyse en vidéo. Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo de Sibylle Roth

Nicolas Herzig, le vrai nom de Loco Escrito, semble avoir trouvé la formule magique des tubes de l’été. Après avoir occupé les hit-parades suisses en 2017 avec «Sin Ti», il a remis ça l’année dernière: le single «Adiós» est resté 29 semaines dans les hit-parades suisses, grimpant jusqu’à la quatrième place, ce qui a fait de cette chanson un des trois plus grands succès en 2018 et lui a valu d’être nominée cette année pour le prix du «Best Hit» aux Swiss Music Awards.

Variation et émotion

Selon Hans Feigenwinter, c’est l’instrumentation des strophes qui rend cette chanson intéressante. Il est lui-même musicien et enseigne la musicologie aux conservatoires de musique de Bâle et de Lucerne. Il fait une analyse approfondie de cette chanson dans la vidéo.

Pour Nicolas Herzig et Henrik Amschler, co-compositeur et producteur, «Adiós» devait contenir des sons variés et une dimension dramatique prenante. Dans l’interview écrite, Henrik Amschler déclare: «Comme la chanson n’a pas de bridge classique avec changement d’accord après le deuxième chœur, mais qu’elle est en trois parties, nous tenions à ce que chaque partie ait ses spécificités.» Les différentes parties de la chanson ont donc différentes ambiances, comme Henrik Amschler le souligne: «Le premier volet de la deuxième partie est rythmé et donne envie de danser. Le premier volet de la troisième partie, par contre, est sphérique et très émotionnel.»

Songwriting en équipe (internationale)

En plus de Henrik Amschler et Nicolas Herzig, trois autres musiciens ont été impliqués dans la composition d’«Adiós». Le compositeur grison Sandro Dietrich et Lou Geniuz, alias Lou Zarra, rappeur latin, chanteur, percussionniste et producteur de musique, originaire lui aussi des Grisons, ont créé ensemble la base musicale qui était déjà très travaillée, comme l’indique Henrik Amschler. Pour les paroles, Nicolas Herzig a été assisté du musicien colombien Jonathan Ruiz Mejia. «Ensuite, ce fut à Loco et moi de continuer, d’adapter la chanson et de la terminer», écrit Henrik Amschler.

Les auteurs-compositeurs et le producteur ont choisi de renoncer à utiliser trop d’instruments. «En fait, nous avions prévu d’utiliser encore plus d’instruments, notamment dans le chœur», explique Henrik Amschler. «Mais nous nous sommes décidés à les limiter pour laisser plus de place à la voix et aux différentes harmonies.» «Adiós» surprend quand même avec des sons intéressants, comme par exemple une sonorité qui fait penser au clavecin, ce qui est plutôt inhabituel dans la musique pop, ajoute Hans Feigenweiter.

«Swiss Music Awards»: SUISA rend honneur aux auteurs-compositeurs du «Best Hit»

«Adiós» est l’une des trois chansons nominées dans la catégorie «Best Hit» aux prochains «Swiss Music Awards», qui seront décernés le samedi 16 février 2019 au Palais de la culture et des congrès de Lucerne (KKL). SUISA est le partenaire de soutien «Supporting Partner» de l’événement. Ce sera la quatrième fois que les compositeurs et paroliers de la chanson gagnante seront également récompensés au nom de SUISA dans la catégorie «Best Hit». Les nominés sont:

  • «079» de Lo & Leduc (auteurs-compositeurs: Lorenz Häberli, Maurice Könz, Luc Oggier)
  • «Adiós» de Loco Escrito (auteurs-compositeurs: Henrik Amschler, Sandro Dietrich, Nicolas Herzig, Jonathan Ruiz Mejia, Luigi Zarra)
  • «Us Mänsch» de Bligg feat. Marc Sway (auteurs-compositeurs: Marco Bliggensdorfer, Fred Herrmann, Marc Sway)

www.locoescrito.com
www.henrik-hsa-amschler.ch

Hans Feigenwinter est originaire de Bâle. Dans sa jeunesse, il a joué dans des groupes de pop et d’indie rock. Par la suite, il a étudié le piano à la «Swiss Jazz School» de Berne et est depuis actif en tant que pianiste et compositeur dans diverses formations. On peut actuellement l’entendre en concert solo, mais aussi et surtout dans les trios Hans Feigenwinter ZINC et Feigenwinter Oester Pfammatter. Il enseigne aux Hautes écoles de musique de Bâle et de Lucerne. www.hansfeigenwinter.ch
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Loco Escrito et les quatre co-compositeurs de la chanson «Adiós» ont des chances de remporter le trophée en béton tant convoité des «Swiss Music Awards» 2019 dans la catégorie «Best Hit». Hans Feigenwinter, musicien et professeur au conservatoire de musique, nous explique ce qui fait la force de cette chanson dans son analyse en vidéo. Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo de Sibylle Roth

Nicolas Herzig, le vrai nom de Loco Escrito, semble avoir trouvé la formule magique des tubes de l’été. Après avoir occupé les hit-parades suisses en 2017 avec «Sin Ti», il a remis ça l’année dernière: le single «Adiós» est resté 29 semaines dans les hit-parades suisses, grimpant jusqu’à la quatrième place, ce qui a fait de cette chanson un des trois plus grands succès en 2018 et lui a...Continuer

«Us Mänsch»: un tube «last minute» plein d’énergie | avec vidéo

«Us Mänsch» de Bligg et Marc Sway est l’une des chansons suisses ayant eu le plus de succès l’année dernière. Or, ce tube n’a été ajouté qu’à la dernière minute à l’album «KombiNation» de Bligg. La chanson est maintenant nominée dans la catégorie «Best Hit» aux «Swiss Music Awards» 2019. Hans Feigenwinter, musicien et professeur d’une haute école de musique, a analysé la composition de «Us Mänsch». Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo de Manu Leuenberger

Bligg et Marc Sway ont déjà écrit plusieurs chansons ensemble. Pour le single «Us Mänsch», ils étaient ensemble au micro pour la première fois. Et le succès est au rendez-vous: en 2018, le single a été récompensé par le disque de platine.

Pourquoi la chanson plaît-elle tellement aux auditeurs? Hans Feigenwinter, qui enseigne la musicologie aux hautes écoles de musique de Bâle et de Lucerne et qui est lui-même pianiste et compositeur, explique: «Il y a beaucoup d’énergie, c’est un chant parlé vraiment passionné.» Dans son analyse de la chanson, que l’on peut voir dans la vidéo, il perçoit même quelque chose de solennel dans cette chanson: «elle me fait penser à un sermon.»

Tube de dernière minute

Outre Bligg et Marc Sway, Fred Herrmann, producteur et co-compositeur de Bligg depuis de nombreuses années, a également participé à la composition de «Us Mänsch». Dans une interview écrite, Fred Herrmann raconte comment la chanson est née:

«‹Us Mänsch› est le tube typique de dernière minute! C’est la toute dernière chanson que nous avons écrite et produite pour l’album «KombiNation». Bligg a dit qu’il avait encore une idée de texte sympa avec le jeu de mots «Us Mänsch», qu’il voulait absolument mettre en œuvre dans une prochaine chanson. Comme nous étions déjà en retard sur les délais, nous avons travaillé en parallèle. Pendant que je travaillais sur la composition et la production, Bligg a travaillé sur les paroles et a enregistré sa voix chez lui à la maison. Il n’arrêtait pas de m’envoyer de nouvelles pistes vocales, que j’ai soit intégrées tout de suite, soit remises en question pour demander ensuite des ajustements. C’était une vraie partie de ping-pong! A un moment donné, la chanson semblait prête, mais nous nous sommes dit que le refrain devait être chanté par une voix d’homme puissante. Nous avons assez vite pensé à Marc Sway, que nous connaissons tous les deux très bien et depuis longtemps. Mister Sway est passé au studio deux fois pour deux heures et le refrain était terminé! Ce qu’il y a de bien avec la composition, c’est qu’il arrive très souvent qu’une chanson parfaite voie le jour de manière assez inattendue.»

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  • «Adiós» de Loco Escrito (auteurs-compositeurs: Henrik Amschler, Sandro Dietrich, Nicolas Herzig, Jonathan Ruiz Mejia, Luigi Zarra)
  • «Us Mänsch» de Bligg feat. Marc Sway (auteurs-compositeurs: Marco Bliggensdorfer, Fred Herrmann, Marc Sway)

www.bligg.ch
www.marcsway.ch

Hans Feigenwinter est originaire de Bâle. Dans sa jeunesse, il a joué dans des groupes de pop et d’indie rock. Par la suite, il a étudié le piano à la «Swiss Jazz School» de Berne et est depuis actif en tant que pianiste et compositeur dans diverses formations. On peut actuellement l’entendre en concert solo, mais aussi et surtout dans les trios Hans Feigenwinter ZINC et Feigenwinter Oester Pfammatter. Il enseigne aux Hautes écoles de musique de Bâle et de Lucerne. www.hansfeigenwinter.ch
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«Us Mänsch» de Bligg et Marc Sway est l’une des chansons suisses ayant eu le plus de succès l’année dernière. Or, ce tube n’a été ajouté qu’à la dernière minute à l’album «KombiNation» de Bligg. La chanson est maintenant nominée dans la catégorie «Best Hit» aux «Swiss Music Awards» 2019. Hans Feigenwinter, musicien et professeur d’une haute école de musique, a analysé la composition de «Us Mänsch». Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo de Manu Leuenberger

Bligg et Marc Sway ont déjà écrit plusieurs chansons ensemble. Pour le single «Us Mänsch», ils étaient ensemble au micro pour la première fois. Et le succès est au rendez-vous: en 2018, le single a été récompensé par le disque de platine.

Pourquoi la chanson plaît-elle tellement aux auditeurs? Hans Feigenwinter, qui enseigne la musicologie aux hautes écoles...Continuer

«079»: une histoire tragi-comique à succès | avec vidéo

Avec «079», Lo & Leduc et leur co-compositeur Maurice «Dr. Mo» Könz ont écrit l’histoire: l’an dernier, le titre est resté en tête du hit-parade suisse pendant 21 semaines, établissant ainsi un nouveau record suisse. «079» est l’une des trois chansons nominées dans la catégorie «Best Hit» aux «Swiss Music Awards» 2019. Le musicien et professeur en musicologie Hans Feigenwinter a analysé la composition de ce tube. Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo de Sibylle Roth

La manière dont le titre «079» s’est hissé dans les charts suisses est déjà en soi une histoire remarquable. En février 2018, Lo & Leduc ont proposé ce titre ainsi que l’album dont il est issu, «Update 4.0», en streaming et téléchargement gratuits sur leur site Web – «pour le plaisir» ont-ils déclaré à l’époque dans une interview. Le morceau a tellement plu au public que les ventes et le nombre d’écoutes en streaming ont explosé. «079» est ainsi arrivé en première place du hit-parade suisse des singles et y est resté pendant 21 semaines.

La chanson a été écrite par Lorenz Häberli (Lo), Luc Oggier (Leduc) et par le compositeur, DJ et interprète bernois, Maurice Könz, plus connu sous le nom de Dr. Mo. Ce dernier a composé la mélodie sur laquelle Lo & Leduc ont apposé leur texte. «Les paroles et la musique ont été réalisées séparément», relate Dr. Mo à propos de la création du morceau dans un entretien écrit. Celles-ci étaient pratiquement terminées lorsqu’elles ont finalement été réunies. «Nous avions essayé d’associer le texte à une autre mélodie ou de mettre un autre texte sur la mélodie, écrit Dr. Mo, mais nous avons rapidement abandonné ces idées. Lorsque nous avons associé ce texte avec cette mélodie, nous avons tout de suite su qu’ils étaient faits l’un pour l’autre.»

Originale, touchante, un peu absurde

L’histoire que raconte la chanson n’est pas étrangère au succès rencontré. «C’est une histoire tragi-comique. Elle est originale, simple, touchante; le tout a quelque chose d’ absurde», évoque le pianiste et compositeur Hans Feigenwinter, qui enseigne la musicologie aux Hautes écoles de musique de Bâle et de Lucerne. Retrouvez son analyse du morceau dans la vidéo.

Dr. Mo explique concrètement comment la recherche des mots justes peut parfois prendre du temps: «C’est la recherche du pronom personnel approprié qui a pris le plus de temps. Nous n’étions pas sûrs que le public comprendrait l’histoire si deux chanteurs différents l’interprétaient à la première personne tout en représentant le même protagoniste. Nous avons alors aussi envisagé de parler de ‹lui›, ce qui permettait de dissiper toute confusion personnelle. Mais cela a causé d’autres problèmes de conjugaison, de rimes et de rapports émotionnels. Nous avons finalement décidé de proposer au public une narration à la première personne, et nous avons bien fait!»

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  • «Us Mänsch» de Bligg feat. Marc Sway (auteurs-compositeurs: Marco Bliggensdorfer, Fred Herrmann, Marc Sway)

www.lo-leduc.ch
www.drmo.ch

Hans Feigenwinter est originaire de Bâle. Dans sa jeunesse, il a joué dans des groupes de pop et d’indie rock. Par la suite, il a étudié le piano à la «Swiss Jazz School» de Berne et est depuis actif en tant que pianiste et compositeur dans diverses formations. On peut actuellement l’entendre en concert solo, mais aussi et surtout dans les trios Hans Feigenwinter ZINC et Feigenwinter Oester Pfammatter. Il enseigne aux Hautes écoles de musique de Bâle et de Lucerne. www.hansfeigenwinter.ch
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