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La musique en entreprise: à quoi faut-il veiller?

La musique occupe une place importante dans bon nombre d’entreprises, créant une ambiance chaleureuse pour les clients, hôtes et collaborateurs. Elle souligne le message des spots publicitaires et fait partie intégrante des événements d’entreprise. Il est facile d’obtenir une licence auprès de SUISA pour l’utilisation de la musique. Les tarifs varient selon l’usage prévu. Texte de Liane Paasali, Martin Korrodi et Giorgio Tebaldi

La musique en entreprise: à quoi faut-il veiller?

Lorsqu’un magasin choisit la musique de fond appropriée, le client ne profite pas seulement d’une expérience d’achat agréable, mais cela peut même influencer son comportement. (Photo: Tana888 / Shutterstock.com)

Les entreprises connaissent les effets bénéfiques de la musique. Le commerce de détail recourt d’ailleurs à des entreprises de services musicaux pour offrir à leurs clients une expérience plus agréable, et en fin de compte les encourager à faire un achat. Dans les cabinets médicaux, une musique calmante détend l’atmosphère. La plupart d’entre eux n’auraient sans doute pas envie d’écouter du rock avant leur consultation ou avant de recevoir un diagnostic. Les spots publicitaires aussi requièrent souvent une musique adaptée, spécialement composée à cet effet. En bref, les exemples qui montrent que la musique contribue au succès d’une entreprise sont nombreux.

Rémunération des compositeurs, paroliers et éditeurs

Par conséquent, ceux qui écrivent la musique et les textes, à savoir les autrices et auteurs, doivent aussi être rémunérés pour leur travail. Pour cela, SUISA octroie des licences pour les différentes utilisations de la musique contre paiement. Le montant des coûts de la licence dépend en principe de l’importance que la musique revêt dans le cadre de cette utilisation. Pour un concert symphonique, par exemple, auquel les gens se rendent presque exclusivement pour la musique, les coûts sont plus élevés que pour une musique de fond dans un cabinet médical, où les patients ne viennent pas s’installer en salle d’attente pour écouter une jolie mélodie.

La licence de SUISA donne accès aux musiques du monde entier

Les tarifs pour les différentes utilisations de la musique sont négociés à intervalles réguliers entre les sociétés de gestion comme SUISA et les associations d’utilisateurs (p. ex. Gastrosuisse pour les restaurants), puis fixés ensemble et approuvés par la Commission arbitrale fédérale pour la gestion de droits d’auteur et de droits voisins (CAF).

Étant donné que SUISA représente le répertoire mondial des œuvres musicales en Suisse et au Liechtenstein, la licence de SUISA donne accès à presque toutes les musiques du monde. L’argent ainsi perçu est ensuite redistribué à l’échelle internationale aux auteurs et éditeurs de musique. Sur 100 francs encaissés, SUISA répartit 87 francs aux auteurs et éditeurs de musique.

SUISA octroie des licences à plus de 120’000 utilisateurs, tels que des chaînes de radio et de télévision, des organisateurs de concerts, des discothèques, des restaurateurs, des organisateurs de soirées, des propriétaires de magasins ou des services de musique en ligne. Cette année, une couverture ciblée du marché pour l’utilisation de la musique dans les entreprises est prévue; SUISA contactera directement des clients potentiels pour leur proposer ses offres.

Utilisation de la musique dans les entreprises

Nous énumérons ci-dessous les trois formes les plus fréquentes d’utilisation de la musique en entreprise:

1. Musique de fond dans les espaces de vente et les bureaux

En Suisse, plus de 100’000 entreprises utilisent déjà de la musique à l’aide de diverses technologies pour créer une atmosphère agréable, par exemple dans les espaces de vente, les bureaux ou les salles d’attente. Dans les véhicules d’entreprise, au téléphone (Music on Hold) ou dans les ascenseurs, la musique permet de divertir les clients ou collaborateurs. Plusieurs études montrent que la musique influence également les habitudes des consommateurs.

L’utilisation de musique en entreprise à ces fins est considérée comme un usage public qui doit être indemnisé. Les entreprises paient donc aux auteurs, éditeurs, interprètes ou producteurs une redevance selon le tarif commun 3a (TC 3a). Le terme «commun» signifie que le tarif n’englobe pas seulement les droits représentés par SUISA, mais aussi ceux d’autres sociétés de gestion, telles que Swissperform (interprètes et producteurs) ou Suissimage (auteurs d’œuvres audiovisuelles). Dans le cadre de ce tarif, SUISA se charge de l’encaissement pour le compte de toutes les sociétés de gestion suisses et répartit ensuite leur part aux auteurs et éditeurs de musique.

Exemples d’utilisation de musique de fond (TC 3a)
Où?
• Bureaux (p. ex. salles d’attente, espaces de travail, salles de réunion)
• Surfaces commerciales (p. ex. magasins de vente, restaurants et hôtels)
• Voitures d’entreprise
• Musique au téléphone (Music on Hold)
• Musées, expositions
• Cabinets médicaux (chambres de patient, salles de consultation, salles d’attente)
Comment?
• Diffusion d’émissions de radio ou d’enregistrements de musique
• Diffusion d’émissions de télévision ou de films (projections de films annoncées avec l’heure et le lieu; en revanche, le public viewing sur des écrans de projection de plus de trois mètres de diagonale doit être traité séparément)
• Utilisation de terminaux multimédias interactifs
Informations complémentaires sur l’utilisation de musique de fond (TC 3a)
Portail clients TC 3a
Site de SUISA à propos du TC 3a: www.suisa.ch/3a
Répartition des redevances du TC 3a:
www.suisablog.ch/fr/comment-suisa-repartit-elle-les-redevances-provenant-de-la-musique-de-fond/

2. Vidéos avec musique sur Internet

Sites web professionnels et modernes ou contenus sur les réseaux sociaux: de plus en plus d’entreprises misent sur les formats numériques pour atteindre leurs clients. Ce n’est pas seulement en cette période extraordinaire due à la pandémie de coronavirus que la communication numérique est importante pour entrer et rester en contact avec les clients et d’autres groupes intéressés. Dans ce contexte, les vidéos contenant de la musique jouent un rôle essentiel lorsqu’il s’agit de présenter un produit ou un service de manière attrayante aux clients.

Quiconque souhaite utiliser une chanson ou un titre précis pour la création d’une vidéo doit au préalable clarifier deux types de droits:

  • les droits voisins pour l’enregistrement audio à obtenir auprès du label détenteur;
  • les droits d’auteur pour l’œuvre, à savoir pour la composition et, le cas échéant, le texte, à obtenir auprès de la maison d’édition et/ou des auteurs.

Concernant les droits voisins de l’enregistrement audio, la maison de disques est compétente. Lors de la création d’une vidéo musicale, il faut obtenir auprès du label l’autorisation et les licences pour les droits de synchronisation et de reproduction.

Pour les droits d’auteur de l’œuvre, la maison d’édition et SUISA sont compétentes. SUISA octroie les licences pour le droit de reproduction de l’œuvre dans le cadre d’une production vidéo ainsi que pour la diffusion de l’œuvre dans la vidéo sur le site Internet propre et/ou sur les réseaux sociaux. La maison d’édition accorde les droits de synchronisation pour une œuvre. Quiconque souhaite publier une vidéo contenant de la musique doit d’abord demander à l’éditeur s’il a le droit d’utiliser la chanson en question.

En général, toutes les entreprises doivent suivre cette procédure en vue d’obtenir la licence. Pour les petites sociétés employant au maximum 49 collaborateurs et générant un chiffre d’affaires maximal de 9 millions de francs, SUISA et son partenaire Audion proposent une offre forfaitaire. Moyennant une rémunération annuelle de 344 francs, les entreprises peuvent acquérir les droits d’auteur pour la musique ainsi que ceux des producteurs et labels. Grâce à ce forfait, les petites entreprises peuvent diffuser autant de courtes vidéos promotionnelles avec musique qu’elles le souhaitent sur leurs sites Internet et/ou sur les plateformes de réseaux sociaux. Cette offre facilite l’obtention d’une licence pour l’utilisation de musique protégée par le droit d’auteur.

Informations complémentaires sur les vidéos avec musique sur Internet
Portail clients Musique sur Internet
Principales questions & réponses:
www.suisa.ch/fr/clients/online/musique-sur-internet-pour-petites-entreprises/questions-reponses.html
Article sur le blog SUISA à propos de l’offre forfaitaire:
www.suisablog.ch/fr/la-gestion-collective-est-un-service-destine-a-la-fois-aux-createurs-et-aux-utilisateurs-de-musique/

3. La musique lors des événements d’entreprise

Repas de Noël, assemblée générale, présentation de produits: la musique est souvent un élément indispensable lors de ces événements. Ces manifestations requièrent une licence conformément au tarif commun Hb (TC Hb: exécution musicale pour les manifestations dansantes et récréatives), en dehors de l’hôtellerie-restauration. Il s’agit ici de représentations telles qu’un groupe en live lors d’un repas de Noël ou la performance d’un DJ lors d’une manifestation pour les collaborateurs, ainsi que d’événements avec animation musicale comme une assemblée générale ou une manifestation pour des clients.

En ce qui concerne le calcul de la redevance, une distinction est faite entre les grandes et les petites manifestations. Ces dernières ont lieu dans des locaux pouvant accueillir au maximum 400 personnes. Dans ces cas, une redevance forfaitaire par jour et par événement est facturée, échelonnée en fonction du nombre de convives. Dans le cas des grandes manifestations (en général, les événements d’entreprises n’exigent pas d’entrées payantes), les coûts liés à l’utilisation de la musique constituent habituellement la base du calcul de la redevance. Il s’agit typiquement des cachets et dépenses des artistes ainsi que la location des instruments et des locaux. Lorsque l’entrée à un événement est payante, d’autres bases de calcul peuvent s’appliquer.

De plus, le tarif prévoit différentes réductions, par exemple pour les entreprises qui passent un contrat selon le TC Hb avec SUISA pour toutes leurs manifestations ou qui organisent plus de 10 manifestations par an.

Établissements de l’hôtellerie-restauration
Secteur de la restauration:
pour les manifestations dansantes et récréatives dans l’industrie hôtelière, ce n’est pas le TC Hb qui s’applique, mais le TC H. Ce tarif concerne les mêmes types de manifestations que celles figurant dans le TC Hb, mais présente une autre base de calcul qui inclut non seulement le nombre de convives et le prix d’entrée, mais aussi le prix de la boisson alcoolisée la moins chère.
Secteur de l’hôtellerie:
puisqu’il existe parfois des incertitudes concernant les surfaces dans les établissements hôteliers qui constituent la base de calcul pour la redevance, voici quelques clarifications: le tarif commun 3a s’applique aussi aux surfaces des chambres d’hôtel. SUISA reçoit régulièrement des demandes de la part des établissements hôteliers qui ne tiennent pas compte de la superficie des chambres pour le calcul de la surface d’utilisation. Selon la surface globale concernée (chambres et parties communes), une redevance complémentaire est due en plus de la redevance de base pour la surface excédentaire (cf. TC 3a, ch. 6).
Informations complémentaires sur les manifestations dansantes et récréatives
Hors de l’industrie hôtelière, TC Hb:
www.suisa.ch/fr/clients/organisateur-devenements/evenements-et-partys/partys-et-autres-manifestations-dansantes.html
Dans l’industrie hôtelière, TC H:
www.suisa.ch/fr/clients/hotellerie-restauration/clubs-bars-et-restaurants/dj-ou-musiciens.html
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Ghost Festival: le spectre du silence

Le week-end prochain, le plus grand concert de Suisse aura lieu dans le cadre du Ghost Festival. Près de 300 groupes et artistes ont répondu présents. La particularité de ces représentations : pas de scène, pas de musique, ou spectacle de lumières. Conçu comme une action de solidarité envers la scène musicale suisse, le Ghost Festival est emblématique de la situation désastreuse du secteur de la culture en crise depuis le début de la pandémie de Covid-19. SUISA sponsorise cet événement et a realisé une interview vidéo avec le co-organisateur de l’événement, Baldy Minder. Zoom sur les coulisses de ce non-festival. Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo de Nina Müller

La programmation du Ghost Festival laisse rêveurs tous les amoureux de la musique pop et rock suisse. Parmi les têtes d’affiche, on trouve Stephan Eicher, Patent Ochsner ou encore Dodo et des jeunes espoirs tels que Crème Solaire, Annie Taylor ou KT Gorique. Malheureusement, tout cela reste fictif. La musique manquera à cet événement tout comme l’absence de concerts en live ou tout simplement l’ambiance normale des festivals avec les espaces camping, les stands de restauration et et les files d’attente devant les toilettes mobiles.

Le Ghost Festival n’aura pas lieu, tel est le message fort porté par cette initiative. Une série de concerts qui n’aura donc pas lieu le week-end du 27 au 28 février 2021.

Un événement inspiré des matchs de football à huis clos

Créé par des amateurs de musique bernois appartenant au « Ghost Club », le Ghost Festival représente un acte de solidarité en faveur des acteurs de la scène musicale suisse. Baldy Minder, membre du « Ghost Club », est également booker et manager de groupes tels que le collectif bernois de hip-hop Chlyklass ou de la rapeuse 11Ä. Lors d’une interview vidéo dans les coulisses de la salle de concert Exil, à Zurich, Baldy Minder nous a expliqué le concept du Ghost Festival: «pour le football, on propose des matchs à huis clos. Aujourd’hui, les fans de foot solidaires renouvellent tout de même leur abonnement au stade en dépit de l’avenir incertain qui se profile. C’est ainsi qu’est née l’idée du Ghost Festival».

Ainsi, les fans de musique peuvent acheter leurs billets pour le Festival: un billet valable un jour coûte 20 francs, 50 francs pour deux jours et le pass VIP est proposé à 100 francs. Et puisque le Festival n’a pas réellement lieu, il y a toujours des billets à vendre ! De plus, une vaste sélection de merchandising est proposée: t-shirts, bonnets, sweatshirts, vestes, etc. Les recettes seront reversées aux artistes ainsi qu’aux bookers et intermittents du spectacle. Pour toutes ces personnes, cet argent représente bien plus qu’une aide. Aujourd’hui, la plupart des acteurs du monde de la musique au sens large ne bénéficient plus de leur principale source de revenus que représentent les concerts. Malgré quelques assouplissements en été 2020, cette situation dure exactement depuis un an. Pour l’instant, aucune amélioration n’est en vue.

Un manque de plus de 50’000 francs dans les caisses des auteurs et éditeurs de musique

Le manque à gagner en termes de droits d’exécution se reflète également auprès de SUISA puisque ceux-ci proviennent notamment des concerts et festivals. Le Ghost Festival est également symptomatique de cette situation : jusqu’à présent près de 15 000 billets ont été vendus. Pour un événement normal au cours duquel les chanteurs se produisent sur scène, les compositeurs, paroliers et éditeurs de ces morceaux percevraient normalement plus de 50 000 francs de droits d’auteur. Sans performance des artistes sur scène, ces recettes ne seront pas générées.

Habituellement, chaque année, en Suisse, près de 400 festivals sont organisés, classant ainsi la Suisse comme ayant la plus grosse concentration de festivals au monde. L’année dernière, en raison de la pandémie, la plupart de ces festivals ont dû être annulés. SUISA a constaté en 2020 que les recettes de droits d’auteur issues des concerts ont baissés de plus de 50% par rapport à l’année précédente. En termes de chiffres, en comparaison avec 2019, cela représente une perte de près de 12 millions de francs pour les créateurs de musique. Cette situation se poursuivra en 2021 et probablement en 2022.

Un geste de solidarité également envers les bookers, techniciens du son et autres techniciens itinérants

Et il ne s’agit que du manque à gagner sur les recettes de celles et ceux qui ont composé ou écrit des morceaux de musique ou encore des éditeurs. Pour les musiciens, s’ajoutent à cela les cachets qu’ils ne perçoivent pas et qui en règle générale sont un peu plus élevés que les redevances de droits d’auteur. Les annulations des concerts et festivals n’affectent pas seulement les musiciens. La crise qui dure depuis bientôt depuis un an est également un coup dur pour celles et ceux qui, en coulisses, rendent ces événements possibles sur le plan technique, à savoir les bookers, les techniciens du son et de la lumière, les managers de tournées, les vendeurs de merchandising, le personnel de sécurité et bien évidemment les organisateurs de concerts eux-mêmes.

«L’idée est que l’événement ne profite pas seulement aux groupes, mais qu’il représente un soutien global à tous les acteurs de la scène musicale», explique ainsi Baldy Minder. «Lorsque les groupes sont en tournée, ils ont un manager, des ingénieurs du son et de la lumière. Lorsqu’ils doivent transporter leurs instruments, ils peuvent compter sur les assistants de plateau pour les aider. Ce secteur fait tourner une vaste économie qui est aujourd’hui en sous-régime et génère bien moins d’argent».

100% des recettes des ventes de billets reversées aux acteurs de la scène musicale

Face à la réalité d’un très vaste réseau de personnes impliquées dans cette situation difficile, les artistes et les groupes ont pu désigner deux autres personnes de leur entourage professionnel afin que celles-ci puissent également profiter du Ghost Festival. Au total, cela représente près de 1300 personnes. «Les recettes réalisées seront reversées et réparties entre chaque personne et ne seront pas uniquement destinées aux groupes», se félicite ainsi Baldy Minder. Si les recettes des ventes de billets et merchandising sont entièrement reversées aux acteurs de la musique, une part des recettes du sponsoring servira à rémunérer le travail des organisateurs. «Les partenariats nous permettent de nous verser un salaire», commente Baldy Minder. Et il ajoute: «Ce qui restera du sponsoring sera ensuite réparti entre les artistes.»

Pour les organisateurs, la gestion du temps aura été l’un des principaux défis à relever. L’idée de ce festival est née fin novembre 2020. Il restait alors trois mois aux organisateurs pour créer le plus grand festival de Suisse. Et même si aucune représentation n’aura lieu, l’organisation d’un festival fantôme s’apparente d’une certaine manière à celle d’un véritable festival, comme l’explique Baldy Minder: «Une grande partie de l’organisation est semblable à celle d’un vrai festival. Il faut un booking et mettre en place une campagne de promotion sur les réseaux sociaux et dans la presse. Il y a beaucoup d’échanges avec les groupes. La seule chose qu’il n’est pas nécessaire de prévoir, c’est l’infrastructure. Il ne faut pas délimiter la zone par une clôture, pas besoin de scène, ni d’entreprise de sonorisation. Il n’est pas nécessaire d’engager un service de sécurité. Nous ne devons aucune redevance à SUISA, car il ne se passera rien du point de vue des droits d’auteur, il n’y aura finalement aucun son».

Un silence assourdissant

Pour cet événement, les organisateurs ont également renoncé à l’idée de diffuser des concerts en streaming, comme l’explique Baldy Minder: «Beaucoup de gens voudraient qu’il y ait des concerts en streaming, mais là non, il n’y aura absolument pas de musique. Il est temps de prendre du recul et de rendre un peu aux artistes le plaisir qu’ils nous donnent habituellement».

Les spectateurs du Ghost Festival frustrés par tant de silence et à qui la musique manque terriblement seront tout de même récompensés : «Nous allons sortir un album. Ce ne sera pas une compilation, mais un album pensé comme un «Ghost Orchestra», précise Baldy Minder. Il sortira le 26 février, un jour avant le festival». Il s’agira d’un album CD. Là aussi, tout a été bien pensé, comme nous l’explique Baldy Minder: «Le CD est totalement anticyclique, c’est donc une sorte de fantôme qui disparaît lentement». Ce mystérieux CD regroupera la plupart des groupes participant au festival. Ces artistes sont d’ailleurs originaires des quatre coins du pays, puisque la pandémie de Covid-19 touche toute la Suisse.

SUISA, partenaire du Ghost Festival
La crise sanitaire touche fortement les membres de SUISA. Voilà pourquoi SUISA, la Coopérative, mais également ses collaboratrices et collaborateurs, s’engagent comme partenaire du Ghost Festival. Chaque billet acheté par les employé-es-s de SUISA sera surclassé par l’entreprise. Ainsi, un billet valable un jour se transformera en un billet pour deux jours, un billet pour deux jours sera transformé en billet VIP et pour chaque billet VIP acheté, les collaborateurs de SUISA bénéficieront d’un deuxième billet VIP offert.Par ailleurs, lors du week-end du Festival, SUISA fera un reportage et échangera avec certains  artistes et organisateurs. De plus amples informations seront communiquées ces prochains jours sur www.instagram.com/suisamusicstories.

 

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La musique et la culture font partie de nos besoins quotidiens essentiels – n’ouvrez pas que les commerces alimentaires!

Il y a un an, le 28 février 2020, les premières restrictions concernant les événements culturels ont été promulguées. Au début, la limite à ne pas dépasser était de 1000 personnes. A la mi-mars, le premier confinement s’est abattu sur nos vies. En été, grâce aux mesures de protection, la situation a été quelque peu allégée – mais s’est ensuite progressivement durcie de nouveau en automne. Depuis la mi-janvier 2021, nous sommes enlisés dans un second confinement, sans événements musicaux et sans accès à la moindre expérience culturelle réelle, c’est-à-dire non virtuelle. Par Andreas Wegelin, CEO

La musique et la culture font partie de nos besoins quotidiens essentiels – n’ouvrez pas que les commerces alimentaires!

Pour Andreas Wegelin, CEO de SUISA, l’art et la culture sont des éléments vitaux pour la cohésion d’une société. (Photo: Beat Felber)

Pour arrêter ou au moins ralentir la propagation du virus, les autorités ont eu recours à des mesures drastiques. En principe, toutes les offres qui ne répondent pas à des besoins essentiels du quotidien ne sont que difficilement accessibles voire pas du tout autorisées.

Mais qu’est-ce qu’un besoin essentiel? Qui les définit?

Les besoins fondamentaux des êtres humains incluent aussi des choses qui ne relèvent pas du matériel ou de l’alimentaire! Assister à un concert, aller voir un film au cinéma ou visiter une exposition … Pourquoi les musées ont-ils été fermés alors que, en dehors de quelques expositions à grand succès, ces établissements sont rarement confrontés à de gros afflux de visiteurs? Pourquoi les petites scènes doivent-ils rester fermés? Ils pourraient proposer leur scène à des artistes suisses et faire ainsi plaisir à des spectateurs certes peu nombreux mais certainement reconnaissants.

Un concertdiffusé en streaming sur Internet ne remplace pas une performance live. Ce qui manque c’est l’interaction, le partage lié à la performance artistique, les stimulations mutuelles existantes entre les deux parties, l’artiste et le public, qui font d’un concert un événement mémorable.

On en est arrivé au point où s’organisent désormais des concerts fantômes, comme le «Ghost Festival»: un festival avec environ 300 groupes, impliquant près de 1300 musiciens, des techniciens, des bookers, des managers et autres, qui n’a même pas lieu, tout simplement parce que personne ne peut y aller. SUISA soutient ce non-festival par du sponsoring, mais aussi par l’achat de billets par ses collaborateurs.

Les secteurs culturels et créatifs sont importants

Au cours des mois de l’été 2020, de nombreux organisateurs d’événements avaient élaboré des plans de protection fiables et les avaient même mis en œuvre sans répercuter ce coût supplémentaire sur les entrées. Aujourd’hui, ils se retrouvent malgré tout dans l’interdiction d’exercer leur métier. Depuis plus de six mois au total, plus rien n’est permis. Ces restrictions liées à la pandémie de Covid-19 entraînent d’importantes pertes financières. Bien que la Confédération et les cantons aient adopté des programmes de soutien, ceux-ci sont mal adaptés à la situation de nombreux artistes indépendants et organisateurs d’événements travaillant sous le statut d’entreprises individuelles.

Où se trouve la raison de ce mépris envers le secteur culturel?

Il semble y avoir un manque de sensibilisation à la culture parmi les décideurs politiques et les administrations. Pourtant, selon une récente étude d’Ernst & Young (EY), le secteur culturel occupe la quatrième place en Europe en termes de nombre de salariés: www.rebuilding-europe.eu

Un appel est donc lancé aux dirigeants et aux institutions politiques et officielles: la culture, c’est vital! C’est un élément de première nécessité pour la cohésion d’une société. Laissez-la s’épanouir aussi en période de confinement! Elle rend les gens heureux, leur donne une perspective au-delà de la pandémie et, surtout, elle permet aux artistes de gagner leur vie.

Instaurez plutôt des règles différenciées. Les petits événements et les manifestations pour un nombre réduit de visiteurs doivent être autorisés, ainsi que les musées ouverts, les lieux culturels, où les personnes intéressées et les artistes – bien sûr dans le respect des règles sanitaires – peuvent se rencontrer et partager une expérience commune. Ces lieux sont tout aussi importants pour la société et pour la vie quotidienne que les magasins où l’on achète des biens de consommation courante. Des études scientifiques ont montré que les manifestations culturelles dotées de bons plans de protection ne présentaient pas de risque accru concernant la propagation du coronavirus. A lire dans l’étude sur les aérosols de l’Institut Fraunhofer au Konzerthaus Dortmund ainsi que dans le rapport final de l’opération expérimentale du Bayerische Staatsoper (PDF) avec davantage de spectateurs.

Renforcer la conscience culturelle

La crise de la Covid dans le domaine de la culture a révélé encore quelque chose d’ autre: ce n’est qu’avec l’interdiction, et donc la disparition des événements culturels, que de nombreuses personnes prennent conscience de l’importance de la culture et du divertissement pour nous, les humains, et du caractère stimulant des échanges culturels entre les artistes et le public, pour chacune des deux parties.

Cette conscience culturelle devrait être davantage ancrée au sein de la population suisse. A commencer déjà par la formation. L’éducation et l’accès aux réalisations culturelles permettent d’initier les jeunes à l’art. Certes, des progrès ont été réalisés dans le cadre de l’initiative Jeunesse et Musique, mais il reste beaucoup à faire, notamment dans les disciplines artistiques autres que la musique.

L’intérêt social pour la musique, les beaux-arts, le cinéma, la littérature, la danse et les arts du spectacle s’élargit en encourageant les gens à créer leurs propres œuvres et en favorisant la diffusion des productions artistiques actuelles et du patrimoine artistique. Plus les gens sont en contact avec des formes d’expression artistique, plus le besoin d’art et de culture augmente. Par conséquent, la société exige que ce besoin soit satisfait de manière plus durable et que les conditions nécessaires à cet effet soient réunies.

Une voix commune forte pour la culture est nécessaire

Afin d’accroître et d’ancrer davantage la demande dans les domaines de l’art et de laculture, les institutions culturelles de ce pays doivent s’unir pour exiger et promouvoir ensemble la diffusion de la création culturelle de manière beaucoup plus persuasive

Avec la «Taskforce Culture», une voix commune forte a été formée pour la première fois pendant la pandémie. En tant qu’interlocutrice des politiciens et des administrateurs, cette task force a déjà très bien réussi ces derniers mois à combiner les forces des secteurs culturels les plus divers, des associations d’artistes aux organisateurs d’événements et aux médiateurs culturels, et à défendre les préoccupations spécifiques à la culture. Car il est encore loin d’être évident pour tout le monde que la création artistique a des conditions préalables différentes de celles du travail dans de nombreux secteurs de production et de services.

Une fédération d’institutions et d’associations culturellespeut, à l’instar des grandes associations d’entreprises et des organisations de travailleurs, jouer un rôle important en tant qu’interlocutrice pour les évolutions sociales et politiques en Suisse.Une voix collective aussi forte en faveur de la culture deviendra encore plus pertinente dans les mois et les années à venir. Le secteur public devra faire des économies drastiques, car d’immenses dommages économiques ont été et continuent d’être causés par la lutte contre la pandémie et toutes ces interdictions. Les futures recettes fiscales diminueront, tandis que la dette nationale augmentera en raison des diverses mesures de soutien.

Dans des situations financières difficiles, nous savons d’expérience que le levier de l’épargne est d’abord appliqué à la culture et à l’éducation. Unies dans un réseau, les associations et institutions culturelles peuvent faire entendre leur voix ensemble et veiller à moyen et à long terme à ce que l’importance sociale et politique de l’art et de la culture soit renforcée et respectée. Car les formes d’expression artistique et l’accès à celles-ci doivent bien sûr être reconnus comme un besoin humain fondamental. On ne peut et ne doit pas les faire disparaître.

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Soutien aux membres SUISA pendant la crise du coronaSoutien aux membres SUISA pendant la crise du corona Les ordonnances Covid-19 de la Confédération ont pour conséquence une importante diminution des utilisations de musique et de ce fait une baisse des redevances de droits d’auteur encaissées. SUISA offre à ses membres un soutien financier pour combler le manque à gagner en matière de droits d’auteur. Continuer
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  1. Markus Hefti dit :

    Unverhältnismässige und existenzbedrohende Beschlüsse „ unserer „
    Politiker schüren das Unverständnis in der Bevölkerung. Aber da sie nie für ihre Fehler
    zur Rechenschaft gezogen werden ist es ihnen scheinbar Egal ☹️

    • Danke für Ihren Kommentar. Dass es Massnahmen gegen die Covid-19-Pandemie braucht, stellen wir nicht in Frage. Es braucht allerdings differenziertere Massnahmen, die gewisse Wirtschaftszweige gegenüber anderen nicht benachteiligen.
      Andreas Wegelin, SUISA CEO

      • Ndiaye dit :

        Une contribution de haute facture . La culture inspire de belles ouvertures au monde .
        Alassane ndiaye membre Suisa Sénégal

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Il y a un an, le 28 février 2020, les premières restrictions concernant les événements culturels ont été promulguées. Au début, la limite à ne pas dépasser était de 1000 personnes. A la mi-mars, le premier confinement s’est abattu sur nos vies. En été, grâce aux mesures de protection, la situation a été quelque peu allégée – mais s’est ensuite progressivement durcie de nouveau en automne. Depuis la mi-janvier 2021, nous sommes enlisés dans un second confinement, sans événements musicaux et sans accès à la moindre expérience culturelle réelle, c’est-à-dire non virtuelle. Par Andreas Wegelin, CEO

La musique et la culture font partie de nos besoins quotidiens essentiels – n’ouvrez pas que les commerces alimentaires!

Pour Andreas Wegelin, CEO de SUISA, l’art et la culture sont des éléments vitaux pour la cohésion d’une société. (Photo: Beat Felber)

Pour arrêter ou au moins ralentir la propagation du virus, les autorités ont eu recours...Continuer

Annulation d’un concert suite au Covid-19: conséquences juridiques

Du fait du Coronavirus, des événements musicaux ont malheureusement dû être annulés. Quelles sont les conséquences de cette annulation pour les artistes et les organisateurs de concert? Le cachet prévu par contrat est-il maintenu en faveur de l’artiste? Texte de Céline Troillet

Annulation d’un concert suite au Covid-19: conséquences juridiques

Les scènes et les salles restent vides: quelle est la situation juridique concernant l’annulation d’événements musicaux en raison de Covid-19 ? (Photo: Disq)

La crise du Coronavirus nous place tous dans une zone d’inconfort et d’incertitude. Nous devons nous adapter, tant bien que mal, à une situation sans précédent sur laquelle nous n’avons pour l’heure que peu d’emprise. Les questions sanitaires et économiques que cette crise suscite ne peuvent recevoir de réponses claires, tout comme il existe des incertitudes juridiques à ce sujet. De nombreux aspects doivent être clarifiés.

Existence d’un contrat?

S’il existe un contrat (ou courrier électronique), vérifiez si celui-ci traite de l’annulation du concert suite à un cas de force majeure/pandémie et son effet sur la rémunération. C’est plutôt rare, mais pas impossible. Malheureusement, les parties conviennent habituellement, si c’est le cas, d’une annulation de cachet. C’est aussi plutôt rare qu’une diminution des frais ou le remboursement des frais déjà encourus soient prévus.

A. Absence de contrat

Si aucun accord écrit n’a été convenu, la question se pose de savoir quelles dispositions légales il faut appliquer? Pour le savoir, il vous faut procéder par étapes:

1. Examinez quel type de contrat du Code des obligations (CO) pourrait s’appliquer dans votre cas: En droit suisse malheureusement, la qualification juridique du contrat d’engagement d’artiste n’a pas été tranchée car il n’existe pas de pratique ou de jurisprudence avérée à ce sujet. Plusieurs interprétations sont donc envisageables. Il faut ainsi analyser chaque cas de manière individuelle et se faire conseiller juridiquement.

Les types de contrats habituellement possibles en matière d’engagement d’artiste sont : le contrat d’entreprise (art. 363 ss CO), le contrat de travail (art. 319 ss CO) ou le contrat de mandat (art. 394 ss CO). Les conditions prévues par les différents types de contrats et leurs distinctions sont décrites ci-après au point B.

2. Une fois que vous avez identifié le type de contrat auquel vous êtes lié, vérifiez selon les explications données sous le type du contrat concerné (voir point B), dans quelle mesure une indemnité pourrait être possible.

3. Si aucun des types de contrats mentionnés selon le CO n’est applicable, il existe encore une disposition générale du droit des contrats qui régit les effets de l’inexécution d’une obligation. Il s’agit de l’article 119 CO:

⇒ Notion et conditions de l’article 119 CO:

D’après cette disposition, lorsqu’un fait intervient après la conclusion d’un contrat et que ce fait ne permet plus à l’une des parties de s’exécuter (sans qu’elle en soit responsable), alors cette personne n’est plus liée par ses engagements. La loi parle «d’impossibilité subséquente» qui suppose la réalisation des trois conditions suivantes:

• La prestation du débiteur (celui qui doit exécuter une prestation) n’est plus exécutable (impossibilité objective);
• L’impossibilité doit provenir d’une cause postérieure à la conclusion du contrat. Le cas fortuit (fait indépendant de la volonté d’une partie) en est un exemple;
• Le débiteur ne répond pas de l’impossibilité (ce n’est pas de sa faute s’il est empêché d’exécuter son obligation).

⇒ Impossibilité objective non imputable au débiteur:

Déterminer si l’on se trouve en présence d’une prestation inexécutable, non imputable au débiteur, relève du pouvoir d’appréciation d’un juge.

Lorsque l’ordre public ou la sécurité intérieure est menacée, comme en temps de pandémie, le Conseil fédéral, pour la Suisse, est tenu, au regard de la Constitution fédérale, d’édicter des ordonnances et de prendre des décisions urgentes (art. 185 Cst). Dans le cadre de son pouvoir d’appréciation, le juge est alors tenu de prendre en compte les normes et décisions rendues par les autorités fédérales. Il s’ensuit qu’en cas d’annulation de concerts découlant d’une décision officielle, une impossibilité objective non imputable à une partie sera probablement reconnue.

⇒ Conséquences juridiques pour les parties:

Une impossibilité au sens de l’article 119 CO libère non seulement le débiteur de son obligation (celui qui doit exécuter une prestation), mais également le créancier (celui pour qui le débiteur devait s’exécuter) (art. 119 al. 2 CO).

En d’autres termes, cela signifie que lorsqu’un contrat est conclu (entre un artiste et un organisateur de concert), les parties (l’artiste et l’organisateur de concert) se retrouvent chacune libérées de leurs obligations (l’artiste n’est plus tenu de se produire sur scène; l’organisateur n’est plus tenu de verser un cachet à l’artiste) si, de manière non fautive (à cause du Covid-19 et non du fait d’une faute de l’artiste), la personne qui devait agir (l’artiste) est empêchée d’exécuter son obligation (se produire sur scène).

B. Les différents types de contrats selon le CO

Contrat d’entreprise (art. 363 ss CO):

Généralement, les prestations d’un artiste ou groupes d’artistes tombent sous le contrat d’entreprise (l’artiste réalise une performance unique, sur la base d’un programme défini, ce qui est assimilé à un ouvrage).

Dans ce domaine, le cas de force majeure est réglé à l’article 378 CO. Cette disposition prévoit que si l’exécution de l’ouvrage devient impossible par suite d’un cas fortuit survenu chez le maître, l’entrepreneur a droit au prix du travail fait et au remboursement des dépenses non comprises dans ce prix.

En cas d’annulation formelle d’un concert suite au Coronavirus, l’impossibilité d’exécuter le contrat devrait être reconnue pour le maître (l’organisateur du concert) dans la mesure où il se trouve, sans sa faute, empêché de mettre sur pied le concert de l’artiste. Cela signifie que l’article 378 CO serait applicable et que, par conséquent, l’artiste pourrait obtenir une rémunération pour le travail déjà effectué (par exemple, les répétitions) et ses dépenses.

Contrat de travail (art. 319 ss CO):

Dans certaines circonstances, le contrat d’engagement d’un artiste peut être considéré comme un contrat de travail (rapport de subordination entre l’artiste et l’organisateur, pour l’artiste jouer de la musique répond davantage au besoin de son employeur qu’à son besoin d’artiste en tant que tel).

L’article 324 CO traite du salaire de l’employé en cas d’empêchement de travailler. La question de savoir si cette disposition couvre le cas de force majeure, en l’occurrence l’annulation d’un concert à la suite de mesures prises en raison du Coronavirus, est contestée. Une majorité aurait tendance à répondre par l’affirmative ce qui signifierait que l’artiste aurait droit au maintien de son salaire.

Contrat de mandat (art. 394 ss CO):

Lorsque le contrat d’engagement d’artiste ne tombe ni sous le contrat d’entreprise ni sous le contrat de travail, il est généralement qualifié de contrat de mandat (l’artiste agit comme mandataire et exécute un service pour l’organisateur).

Le contrat de mandat ne traite pas du cas de force majeure. Partant, en cas d’annulation d’un concert à la suite de mesures prises en raison du Coronavirus, c’est probablement l’article 119 CO qui s’appliquerait et par conséquent aucune rémunération ne serait due. Une réserve doit être néanmoins émise dans le cas d’une résiliation qui interviendrait en temps inopportun (par exemple, juste avant la représentation). Dans pareille situation, une indemnité pour le dommage subi (pas le cachet) pourrait être allouée à l’artiste (404 CO).

C. Conclusion

Il est important de traiter dans le contrat d’engagement l’éventualité d’une annulation de concert et de ses effets sur votre rapport juridique. Lorsque ces points sont réglés et que la situation se présente, l’artiste et l’organisateur savent ce à quoi ils peuvent prétendre l’un envers l’autre et prévenir des dommages financiers et autres.

En l’absence de contrat écrit, ou si ce point n’a pas été traité, la situation sera plus délicate. Etant donné que la nature juridique d’un contrat d’engagement d’artiste n’est pas claire, le rapport qui vous lie devra être interprété pour savoir à quel contrat le soumettre (contrat d’entreprise, contrat de travail ou contrat de mandat). Dépendamment des règles applicables, les conséquences juridiques ne seront pas les mêmes. Le maintien d’un cachet se justifiera dans certains cas alors que dans d’autres il ne le sera pas.

Vous l’aurez compris, il est difficile d’apporter une réponse claire à la question de savoir quelles sont les conséquences juridiques d’une annulation de concert suite au Coronavirus. Chaque cas doit être analysé de manière individuelle. En l’absence de contrat, la solution idéale serait de convenir d’un compromis entre vous. Un report de la prestation ou le remboursement total ou partiel de vos frais pourraient être des solutions à envisager.

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Existence d’un contrat?

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Avec Label Suisse et SUISA, la musique suisse s’exprime | avec vidéo

La 9ème édition du Festival Label Suisse aura bien lieu à Lausanne, du 18 au 20 septembre 2020. La programmation de ce festival bisannuel met l’accent sur le talent et la diversité du monde musical suisse. Le clou de l’événement: des artistes de différents genres musicaux ont composé des œuvres tout spécialement pour Label Suisse. Ces œuvres seront exécutées en direct pour la première fois lors du festival. SUISA est à nouveau l’un des partenaires principaux du festival. Texte d’Erika Weibel

Label Suisse est unique en son genre dans notre pays: tous les deux ans à Lausanne, ce festival permet au public de se faire une idée de la richesse de la création musicale suisse actuelle, en oubliant quelque peu les frontières géographiques et de genres; il présente un aperçu actuel du large éventail des musiciennes et musiciens à l’œuvre en Suisse dans des genres musicaux tels que pop, rock, jazz, musique classique et nouvelle musique populaire, adoptant différentes formes d’expression. Dans le cadre d’un programme diversifié, plus de 60 artistes, bien établis ou émergents, se produiront durant trois jours dans différents lieux en ville de Lausanne.

De passionnants projets de compositions viendront compléter une offre de concerts éclectique. Des compositrices et compositeurs de différents genres musicaux ont créé des œuvres pour le festival; elles y seront présentées en création mondiale.

Le festival ne s’adresse pas seulement à un public amateur de musique, il constitue également un lieu de rendez-vous incontournable pour les agents et organisateurs de concerts de Suisse et de l’étranger. SUISA, coopérative des compositeurs, paroliers et éditeurs de musique, est à nouveau présente, et figure parmi les partenaires principaux du festival. Avec Label Suisse, elle permet ainsi à la musique suisse de s’exprimer et de s’épanouir.

Projets de composition

Les compositions suivantes ont été créées tout spécialement pour l’édition 2020 du Label Suisse:

Jazz
Nik Bärtsch, composition et clavier.
Projet en partenariat avec la Haute école des arts de Zurich et le Jazzcampus de Bâle, avec la participation de jeunes musiciens.
Création: samedi 19 septembre 2020, Salle Paderewski
Autres concerts dans les villes partenaires: Festival Klangbasel (Bâle) et Moods (Zurich)

Musique classique
Antoine Chessex, commande de composition pour grand orgue, orgue positif et orgue Hammond
Interprètes: Simone Keller et Dominik Blum
Projet d’une durée de 35 minutes intitulé «Technosphère & Fragmentation».
Création: dimanche 20 septembre 2020, Eglise St-François

Isabel Mundry, composition
Collegium Novum Zürich (CNZ) ; Brian Archinal, percussion solo
Titre de l’œuvre: Noli me tangere (2020)
Création: samedi 19 septembre 2020, Salle Paderewski

Cod.act – André et Michel Décosterd
«Von Roll Twist 4» – Installation pour 6 haut-parleurs et un performer (Francesco Biamonte)
André et Michel Décosterd combinent leurs talents; le premier est musicien, compositeur et artiste du son, le second est architecte et artiste visuel. Ensemble, ils développent un travail artistique prenant la forme de performances et d’installations interactives. A l’origine de leur démarche, il y a une réflexion sur le son et le mouvement, et les interactions possibles entre ces réalités.
Création: samedi 19 septembre 2020, D! Club

Nouvelle musique populaire
Michel Godard
Plusieurs œuvres ont été créées tout spécialement pour cet événement par Michel Godard; elles seront dirigées par Pascal Emonet, avec comme exécutants des musicien-ne-s de fanfare du Valais et du Conservatoire (jazz) du même canton. L’approche sonore choisie, la banda italienne, est peu connue sous nos latitudes. Cet orchestre sera accompagné par Michel Godard, Pierre Favre, Isa Wiss et Matthieu Michel.

Venez et découvrez comment les sons d’œuvres entièrement neuves sont présentés au public pour la toute première fois.

www.labelsuisse.ch

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«Night of Light»: SUISA s’engage pour les secteurs de l’événementiel et de la culture

Le 22 juin 2020, de 22 heures à minuit, de nombreux bâtiments à travers la Suisse ont été éclairés en rouge dans le cadre de l’action «Night of Light». Cette campagne visait à attirer l’attention sur la situation précaire de nombreux organisateurs et créateurs culturels en raison de la crise du coronavirus. SUISA s’est joint au mouvement en faisant briller en rouge son siège de Zurich. Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo de Nina Müller

Lundi soir, plus de 900 bâtiments à travers le pays se sont parés de rouge. Dans le cadre de l’action «Night of Light», plusieurs entreprises et organisations ont mis en lumière la situation très difficile traversée par les secteurs de l’événementiel et de la culture en raison de la crise du coronavirus.

En tant que coopérative des compositeurs, auteurs et éditeurs de musique, SUISA a également participé à cette action en éclairant de rouge son bâtiment à Wollishofen durant deux heures. Les photos sont à découvrir dans une vidéo. SUISA s’est ainsi engagée en faveur de ses membres en Suisse et au Liechtenstein, ainsi que de ses clients dans les secteurs de l’événementiel et de la culture.

L’objectif de cette campagne consistait à alerter le public et les politiques sur la situation précaire que traverse le secteur en raison de la crise du coronavirus. Les coordinateurs et associations de cette branche souhaitent ouvrir un dialogue avec les responsables politiques afin de sauver d’une vague d’insolvabilité ce vaste secteur générant habituellement des milliards de francs, et de maintenir des milliers d’emplois à travers l’ensemble du pays.

«Le secteur de l’événementiel a été le premier touché par la crise du coronavirus, et il est très probable que ses effets se fassent ressentir en profondeur pendant longtemps», déplorent ainsi les organisateurs de «Night of Light» en Suisse. Depuis le 16 mars 2020, l’ensemble de ce secteur a dû faire face à des conditions extrêmement difficiles, et jusqu’à récemment, les concerts, festivals, spectacles de théâtre et événements d’affaires étaient totalement interdits. Ils restent d’ailleurs difficiles à organiser encore aujourd’hui.

Le 19 juin 2020, le Conseil fédéral a annoncé de nouveaux assouplissements des mesures sanitaires de sécurité, autorisant les événements accueillant jusqu’à 1000 personnes dans le respect des conditions préconisées. Cependant, la situation demeure profondément difficile. L’organisation d’événements nécessite tout d’abord une phase de planification pouvant souvent prendre plusieurs mois, notamment l’organisation de tournées. Les représentations ne peuvent donc reprendre leur cours du jour au lendemain. Par ailleurs, malgré des consignes sanitaires plus souples, de nombreuses manifestations culturelles ne peuvent être maintenues de manière rentable, car les organisateurs doivent s’en tenir à des conditions encore strictes.

De plus, le droit au chômage partiel pour les personnes occupant un poste semblable à celui d’un employeur a été supprimé fin mai et les conditions pour bénéficier de versements d’aide ont été durcies. Cela touche tout particulièrement les PME et les indépendants exerçant dans l’événementiel et la culture, ce secteur étant essentiellement composé de travailleurs indépendants et de petites entreprises dirigées par leurs propriétaires. L’événementiel et la culture ont besoin d’un soutien d’urgence le temps que l’activité retrouve son cours normal.

SUISA soutient les demandes des associations culturelles en faveur d’un prolongement des mesures d’aide pour les organisateurs et les créateurs culturels. Sans quoi, nombre d’indépendants et petites et moyennes entreprises menacent de faire faillite et de disparaître de la scène culturelle suisse. Des milliers d’emplois sont en jeu dans un secteur réalisant chaque année 70 milliards de francs de chiffre d’affaires.

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De forte à pianissimo en quelques tempsDe forte à pianissimo en quelques temps En 2019, SUISA a réalisé le meilleur résultat en 96 ans d’histoire, avec 171 millions de francs. En outre, 2019 a été une bonne année pour les investissements financiers qui ont atteint un niveau record. Avec CHF 155,2 mio. de recettes provenant des droits d’auteur, nous pouvons répartir CHF 135 mio. aux bénéficiaires de droits en Suisse et à l’étranger, après une déduction de frais de 13% en moyenne. Trois mois plus tard, tout est soudainement devenu différent. Continuer
Lorsque groupe et organisateur collaborent pour l’organisation d’un concertLorsque groupe et organisateur collaborent pour l’organisation d’un concert Les redevances de droits d’auteur relatives à un concert doivent être payées par l’organisateur. Quelle est la situation juridique lorsque les musiciens et l’organisateur mettent sur pied le concert sous la forme d’une coopération? L’organisateur d’un concert est tenu de payer les redevances de droits d’auteur en lien avec le contrat d’engagement. Il peut arriver qu’un événement soit organisé par le groupe lui-même ou en collaboration avec un tiers. Dans de tels cas, la forme de la coopération entre le groupe et l’organisateur est déterminante pour savoir qui doit payer la redevance de droits d’auteur. Continuer
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En tant que coopérative des compositeurs, auteurs...Continuer

Informations sur les Livestreams à l’attention des membres SUISA

Les mesures de lutte prises à l’encontre du corona ont conduit les artistes à d’importantes pertes s’agissant des possibilités de se produire et de gagner leur vie; pour les consommateurs de musique, ils ont dû subir à contre cœur l’absence de musique live. Le Livestreaming jouit donc d’une grande popularité, surtout actuellement, et joue un rôle important dans l’industrie culturelle. Texte de Michael Wohlgemuth

Informations sur les Livestreams à l’attention des membres SUISA

Musique par vidéo comme alternative aux concerts annulés: le musicien de jazz et d’improvisation Cyril Bondi a interprété son œuvre «We Need To Change» pour la série «Music for Tomorrow»; à voir et à écouter sur le SUISAblog et SUISA Music Stories, sur les réseaux de médias sociaux. (Photo: copie dʼécran vidéo Cyril Bondi)

La diffusion de Livestreams peut se faire sous plusieurs formes; le choix s’étend du propre site Internet aux plateformes de médias sociaux telles que Youtube, Facebook, Instagram ou Dailymotion, en passant par des plateformes de Livestreaming comme Twitch. En outre, de plus petites plateformes internationales et nationales apparaissent actuellement, sur lesquelles les créateurs de musique peuvent s’inscrire en vue d’un Livestreaming; les revenus générés par la plateforme seront partagés.

Le guide suivant a pour but de fournir aux membres SUISA un éclairage pour entrer dans la jungle du Livestreaming:

Informations destinées aux musiciens qui proposent des Livestreams

Une licence de SUISA est-elle nécessaire?
Que ce soit en tant que groupe, auteur-compositeur-interprète, orchestre ou chœur: si l’on propose un Livestream sur son propre site Internet ou sur sa propre chaîne de médias sociaux et que la musique qui y est exécutée comprend exclusivement des compositions personnelles et/ou de la musique libre de droits (auteur décédé depuis plus de 70 ans), il n’est pas nécessaire de disposer d’une licence de SUISA.

Mais attention: cette forme d’«utilisation propre» de votre propre musique sur vos propres chaînes Internet n’est admise que si tous les morceaux ont été composés à 100% par les interprètes eux-mêmes. Il suffit que des tiers soient ayants droit sur une seule des œuvres exécutées pour qu’il ne s’agisse plus d’une utilisation propre. S’il existe des co-auteurs qui ne participent pas au Livestream, si une maison d’édition est concernée par le morceau, ou encore si de la musique d’autrui protégée est exécutée (par exemple des reprises de morceau), il est nécessaire d’acquérir une licence de SUISA conformément aux «Conditions de licence Livestreams».

Une exception existe s’agissant des Livestreams non commerciaux sur les plateformes de médias sociaux: ceux-ci sont déjà couverts (ou le seront) par les contrats conclus par SUISA, et aussi d’autres gestionnaires de droits, avec les plateformes de médias sociaux, raison pour laquelle ils ne doivent donc généralement pas faire l’objet d’une licence séparée. Jusqu’ici SUISA a conclu des contrats avec Youtube et Facebook (y compris Instagram). SUISA est en négociation avec Dailymotion, Vimeo et Twitch; les mêmes règles vaudront donc bientôt pour ces plateformes.

Dans ce contexte, «non commercial» signifie qu’aucun paiement n’est réclamé pour le Livestream, et que celui-ci n’est pas produit pour une entreprise. Les campagnes de collecte de fonds dont les revenus reviennent entièrement à des personnes dans le besoin sont également considérées comme non commerciales.

Livestreams de DJ sets
Les DJ sets comprennent non seulement des compositions, mais aussi des enregistrements dont les droits sont détenus par une maison de disques ou un «label». Comme très peu de DJs utilisent exclusivement de la musique composée et produite par eux-mêmes, plusieurs licences doivent généralement être obtenues pour les Livestreams de DJ sets: pour les droits d’auteur, une licence de SUISA est nécessaire (à l’exception des cas de Livestreams non commerciaux sur les médias sociaux, voir à ce sujet le paragraphe «Une licence de SUISA est-elle nécessaire?»), et pour les droits sur les enregistrements exécutés – ce qu’on appelle les droits voisins – des licences provenant de maisons de disques/labels sont requises. Dans le cas de DJ sets sur les médias sociaux, les plateformes assument elles-mêmes la responsabilité en ce domaine.
Mixcloud est actuellement la seule plateforme connue de SUISA ayant signé un contrat pour des Livestreams de DJs avec la plupart des grands labels.

Le Livestream de mon concert ou de mon DJ set sur les réseaux sociaux a été bloqué: pourquoi en est-il ainsi et comment puis-je éviter cela?
La raison d’un blocage est généralement l’exécution de musique appartenant à autrui rattachée à l’absence d’un accord de licence entre la plateforme de médias sociaux et un ayant droit (souvent un label ou une maison d’édition). En effet, les entreprises de médias sociaux sont en principe responsables du contenu de leurs plateformes et bloquent les contenus non licenciés, en utilisant des technologies de reconnaissance audio, pour se protéger.

Le moyen le plus simple d’éviter les blocages sur les plateformes de médias sociaux est d’exécuter principalement des compositions personnelles dans le cas d’un concert en live. Pour des raisons juridiques complexes, il est recommandé aux groupes de reprises de proposer les Livestreams non pas sur les médias sociaux, mais sur leur propre site Internet.

Le placement de DJ sets sur les plateformes de médias sociaux doit si possible être évité, sauf en cas d’utilisation de propres enregistrements. Cela s’explique par le fait que très peu de labels autorisent le Livestreaming de leurs enregistrements sur les plateformes de médias sociaux. Facebook et Youtube disposent de technologies de reconnaissance audio très performantes et peuvent ainsi déceler rapidement les enregistrements non licenciés. En fin de compte, le placement d’un enregistrement d’un Livestreaming avec de la musique non licenciée sur la plateforme sera automatiquement bloqué par un logiciel.

Puis-je obtenir une rémunération avec mes Livestreams?
Oui, c’est possible de différentes manières:
La forme la plus simple est de proposer le Livestream contre paiement. Vous pouvez par exemple indiquer sur votre propre site Internet que le lien vers le Livestream est payant. Ce modèle de paiement peut également être appliqué aux plateformes de médias sociaux, en proposant le Livestream uniquement à un groupe fermé, auquel le public n’a accès qu’après s’être acquitté d’un droit d’entrée.

À l’heure actuelle, il est encore fréquent de recourir à des systèmes de paiement classiques (indépendants de la plateforme de médias sociaux) tels que le versement sur compte bancaire. Toutefois, il faut s’attendre à ce que les plateformes de médias sociaux offrent de plus en plus de solutions de paiement intégrées permettant au public de payer directement via la plateforme. Par exemple, Facebook a annoncé qu’un système de paiements directs sera mis en place via la plateforme Facebook Live.

Comme autres sources potentielles de revenus, on peut mentionner les coupures publicitaires ou le sponsoring de Livestream. Des articles de merchandising pourraient également être proposés dans le cadre du Livestream ou des dons volontaires pourraient être sollicités.

Informations pour les artistes dont le Livestream est proposé par un organisateur

Qui peut être considéré comme organisateur?
Comme organisateur pouvant proposer des Livestreams, on peut penser avant tout aux organisateurs de concerts traditionnels et aux clubs, mais les acteurs suivants peuvent également entrer en ligne de compte : entreprises (médiatiques), fondations, associations ou autre société.

Où ces représentations en direct seront-elles retransmises?
D’une part sur les plateformes de médias sociaux, d’autre part également sur des plateformes, créées spécialement pour le Livestreaming d’événements. Comme exemple en Suisse, on peut mentionner Artonair. Stageit est un exemple d’organisateur international de Livestreams.

J’ai/nous avons été sollicité/s pour un Livestream: l’organisateur doit-il verser un cachet pour une telle prestation?
SUISA est d’avis que les engagements pour les Livestreams sont comparables aux engagements pour les concerts et qu’une rémunération est donc appropriée. Cette question financière devrait être réglée dans un contrat d’engagement, en plus des autres modalités.

Les organisateurs sont-ils également tenus de s’acquitter de droits d’auteur?
Oui, tout comme dans le domaine offline, les organisateurs doivent prendre en charge les droits d’auteur pour la musique exécutée. Les prestataires internationaux doivent obtenir une licence de chaque ayant droit concerné par la musique exécutée (sociétés de gestion, maisons d’édition, etc.). Pour les prestataires nationaux, une licence de SUISA suffit.

Dans ce contexte, il est particulièrement important d’étudier les conditions générales du prestataire concerné et de vous assurer que vous n’accordez pas à l’organisateur des droits dont vous ne pouvez ou ne voulez pas disposer. En tant que membre SUISA, par exemple, vous devez veiller tout particulièrement à ne pas accorder de droits d’exécution à l’organisateur, car SUISA s’en charge déjà.

Y a-t-il donc une rémunération de SUISA pour ma prestation dans le cadre d’un Livestream?
Si une licence a été accordée par SUISA à un organisateur pour un Livestream, les auteurs et les éditeurs concernés peuvent s’attendre à recevoir une rémunération appropriée de la part de SUISA (avec déduction du taux de frais actuel, soit 15%). Le montant de la rémunération dépend principalement de la question de savoir si l’organisateur génère des revenus et si oui quels sont ces revenus. La répartition du produit des redevances se fera sur la base du programme, de la «setlist» remise par l’organisateur à SUISA.

Informations complémentaires:
En tant que membre SUISA, avez-vous des questions ou des préoccupations d’ordre juridique en rapport avec les Livestreams? Le Service juridique vous conseillera volontiers: legalservices (at) suisa (dot) ch

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  1. Michael dit :

    Wie schaut es bei „nicht-kommerzielle Livestreams » in Bezug mit Gottesdienste aus? Wenn dort Musik gespielt wird und Gesungen als Teil des Gottesdienstes und das auch Live z.b. auf Youtube übertragen wird, inkl. Einbindung von Songtexten zum mitsingen.
    Ist das dann eine nicht-kommerzielle Veranstaltung? Und was ist, wenn in Rahmen dieses Gottesdienstes ein Aufruf zu Spenden, z.b. an Missionsstellen gemacht wird?

    • Guten Tag
      Grundsätzlich werden Livestreams von Kirchen in unserer Praxis mit solchen von Unternehmen gleichgesetzt: Sie benötigen eine Lizenz von der SUISA. Eine Ausnahme gilt momentan für Kirchen, welche bereits eine Vergütung der SUISA auf Basis des Gemeinsamen Tarifs C (GT C) bezahlen. In diesen Fällen erachten wir die Livestreams als bereits abgegolten, sofern diese auf von den Kirchen selbst bewirtschafteten und durch den Tarif GT C abgedeckten Online-Plattformen/-Kanälen übertragen werden. Wenn Kirchen, die keine Vergütung gemäss dem Tarif GT C entrichten, in live gestreamten religiösen Feiern – wozu auch kirchliche Hochzeiten gehören – am Rand der Zeremonie zu Spenden aufrufen, kann der Livestream unter Umständen als nicht-kommerziell behandelt werden. Was das Einblenden von Songtexten betrifft, so muss in jedem Fall eine zusätzliche Lizenz von den Rechteinhabern (in der Regel Verlage) eingeholt werden, da die SUISA diese Rechte nicht vergeben kann – weder direkt, noch über einen Vertrag mit einer Social-Media Plattform.
      Freundliche Grüsse, Michael Wohlgemuth, SUISA Rechtsdienst

  2. M. Badertscher dit :

    Was bedeutet « nicht-kommerzielle Livestreams » genau?
    Wenn der Stream für alle sichtbar ist (keine Zugangsbeschränkung), man Musik im Hintergrund laufen lässt und der Zuschauer freiwillig für den Stream etwas bezahlen kann aber nicht muss, dann ist das doch auch kommerziell? Der Streamer verdient ja auch damit. Einfach auf freiwilliger Basis.

    • Michael Wohlgemuth dit :

      Besten Dank für die berechtigte Frage. In der Tat würden wir solche Livestreams auch als kommerziell betrachten. Sobald in irgendeiner Form Geld fliesst, handelt es sich aus unserer Sicht um ein kommerzielles Angebot.
      Beste Grüsse, Michael Wohlgemuth, SUISA Rechtsdienst

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Les mesures de lutte prises à l’encontre du corona ont conduit les artistes à d’importantes pertes s’agissant des possibilités de se produire et de gagner leur vie; pour les consommateurs de musique, ils ont dû subir à contre cœur l’absence de musique live. Le Livestreaming jouit donc d’une grande popularité, surtout actuellement, et joue un rôle important dans l’industrie culturelle. Texte de Michael Wohlgemuth

Informations sur les Livestreams à l’attention des membres SUISA

Musique par vidéo comme alternative aux concerts annulés: le musicien de jazz et d’improvisation Cyril Bondi a interprété son œuvre «We Need To Change» pour la série «Music for Tomorrow»; à voir et à écouter sur le SUISAblog et SUISA Music Stories, sur les réseaux de médias sociaux. (Photo: copie dʼécran vidéo Cyril Bondi)

La diffusion de Livestreams peut se faire sous plusieurs formes; le choix s’étend du propre...Continuer

SUISA prolonge le délai de paiement pour ses clients

Dès avril 2020, et jusqu’à nouvel avis, SUISA accorde un délai de paiement prolongé pour les factures émises. Pour les utilisations de musique qui n’ont pas lieu suite mesures prises pour lutter contre la propagation du COVID-19, aucune redevance pour droits d’auteur ne sera demandée. Texte d’Irène Philipp Ziebold

SUISA prolonge le délai de paiement pour ses clients

Le coronavirus pose actuellement des défis majeurs dans de nombreux domaines en Suisse; de nombreux clients de SUISA sont concernés par les conséquences financières de la situation actuelle, tout comme les compositeurs/trices dont SUISA gèrent les droits. (Image: Office fédéral de la santé publique)

Les mesures drastiques prises pour contenir le virus Sars-CoV-2 ont en très peu de temps modifié radicalement l’environnement social et économique de la Suisse. La vie culturelle est presque au point mort dans le pays. De nombreux clients de SUISA souffrent des conséquences financières de la situation actuelle, en particulier les organisateurs d’événements et autres entreprises commerciales du secteur. Les membres de SUISA sont également gravement touchés par la perte soudaine d’un revenu de base: les redevances de droits d’auteur font partie des rares sources de revenu régulières des compositeurs/trices, paroliers/ères et maisons d’édition, dont les droits sont gérés par SUISA.

SUISA représente un maillon dans la chaîne des entreprises touchées par la crise: c’est précisément maintenant qu’il est crucial pour nos membres que le paiement des redevances de droits d’auteur soit assuré. Dans ces circonstances, SUISA maintient ses prestations et continue à autoriser des utilisations publiques de musique, en adaptant cependant aux circonstances extraordinaires certaines modalités pour les preneurs de licences.

Délai de paiement prolongé

Pour les factures établies à partir d’avril 2020, le délai de paiement est prolongé pour les clients de SUISA. Ce délai figure sur les factures. Cette latitude dans les conditions de paiement est accordée automatiquement, et jusqu’à nouvel avis.

Adaptation pour les utilisations de musique n’ayant pas eu lieu

En raison des mesures prises par la Confédération, certaines utilisations de musique ont été rendues impossibles. Qu’il s’agisse d’événements interdits, de magasins, restaurants ou bars fermés: SUISA n’encaisse pas de droits d’auteurs pour des utilisations de musique qui n’ont pas eu lieu.

Pour des raisons administratives et techniques, diverses procédures s’appliquent en fonction des utilisations:

Manifestations dansantes et récréatives dans l’industrie hôtelière

Une réduction en proportion de la durée de fermeture des établissements pourra être partiellement automatiquement calculée pour les clientes et clients qui obtiennent une licence pour la danse et le divertissement dans le secteur de l’hôtellerie conformément au tarif commun H (TC H). Pour tous les cas où une réduction automatique n’est pas possible en raison de données indisponibles, nous enverrons la facture annuelle habituelle. Si le montant de la facture est trop élevé en raison d’événements annulés, les clients peuvent nous contacter et nous extournerons les factures et établirons de nouvelles factures avec le montant adapté.

Musique de fond et d’ambiance

Pour les clients (preneurs de licence) au bénéfice d’une licence pour de la musique de fond ou d’ambiance selon le tarif commun 3a (TC 3a), les dates de fermeture peuvent varier fortement d’une entreprise à l’autre.

Nous vous prions de nous annoncer les dates de fermeture de votre établissement/entreprise au moyen du formulaire électronique de contact:

  • Pour votre annonce, veuillez s.v.p. utiliser le formulaire de contact se trouvant sur www.suisa.ch/3a
  • Veuillez s.v.p. prendre note du fait que la déduction ne peut être accordée que s’il n’y avait pas d’employés dans l’entreprise et qu’il n’y a pas eu d’utilisation pour boucle d’attente au téléphone ou dans des véhicules d’entreprise.

Après vérification des indications, nous établirons une note de crédit pour les mois complets durant lesquels vous n’avez pas eu recours à de la musique de fond ou d’ambiance, conformément au tarif commun 3a. Dans le cas des entreprises qui ont rouvert le 27 avril (condition du mois entier pas remplie pour le mois d’avril), SUISA fait preuve de souplesse et accorde la réduction pour ce mois de calendrier.

Clients concernés par d’autres tarifs

Les clients concernés par d’autres tarifs, qui reçoivent périodiquement des factures dans le cadre de contrats à long terme, annonceront les utilisations de musique qui n’ont pas eu lieu au service compétent de SUISA dont les coordonnées figurent sur les factures. Dans le cadre du décompte final, la redevance sera adaptée en fonction des utilisations qui ont effectivement eu lieu.

Pour toutes questions complémentaires, SUISA reste à l’entière disposition de sa clientèle, par téléphone du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 13h30 à 17h.

Informations complémentaires:
www.suisa.ch/3a
www.suisa.ch

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Dès avril 2020, et jusqu’à nouvel avis, SUISA accorde un délai de paiement prolongé pour les factures émises. Pour les utilisations de musique qui n’ont pas lieu suite mesures prises pour lutter contre la propagation du COVID-19, aucune redevance pour droits d’auteur ne sera demandée. Texte d’Irène Philipp Ziebold

SUISA prolonge le délai de paiement pour ses clients

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Changements en ce qui concerne la répartition des recettes provenant des tarifs K et Z

La limite de 20 francs pour la répartition des recettes provenant des tarifs communs K (Concerts) et Z (Cirques) est supprimée. En lien avec cette suppression, les versements attribués à la classe de répartition 4C seront nouvellement réglés . Les adaptations décidées concernent les chiffres 4.1, 4.2, 5.4 et 5.5 du règlement de répartition de SUISA. Texte d’Irène Philipp Ziebold

Changements en ce qui concerne la répartition des recettes provenant des tarifs K et Z

SUISA a optimisé les règles de répartition pour les redevances provenant d’exécutions en live. (Photo: Tabea Hüberli)

Les recettes provenant du TC K et du TC Z étaient affectées à deux classes de répartition (CR) différentes. Les recettes de plus de Fr. 20.— par œuvre étaient versées à la CR 4B «Concerts et autres exécutions rapportant plus de 20 francs par œuvre». Dans cette classe de répartition, la répartition se faisait par programme. Par contre, les recettes d’une exécution rapportant jusqu’à Fr. 20.— par œuvre allaient à la CR 4C «Concerts avec des produits jusqu’à en moyenne 20 francs par œuvre» et une répartition forfaitaire était appliquée.

Cette manière de procéder n’a pas toujours donné des résultats satisfaisants, ce qui est dans la nature même d’une réglementation «forfaitaire», qui peut au mieux se rapprocher des circonstances réelles. Dans le cas de la classe de répartition 4C, une valeur de points forfaitaire était appliquée , calculée sur la base des recettes et des annonces de programmes de tous les événements affectés à cette classe de répartition.

La répartition d’après l’utilisation réelle des œuvres est préférable

La valeur de points calculée de manière forfaitaire pouvait être plus basse ou plus élevée que la valeur de points réelle pour une seule manifestation. Il pouvait arriver que, par exemple pour une manifestation pour laquelle la redevance minimale prévue par le tarif K était payée, les bénéficiaires aient reçu une rémunération plus élevée que ce qui avait été effectivement payé par l’organisateur. Bien sûr, l’inverse était possible. Les éventuels désavantages ou avantages pour les bénéficiaires de la CR 4C sont supprimés par les adaptations introduites dans le règlement de répartition.

Concrètement, la limite de 20 francs est supprimée dans le cadre de ces modifications et la classe de répartition 4C disparaît. Désormais, toutes les recettes provenant des tarifs TC K et TC Z seront réparties dans la classe de répartition 4B, quel que soit le montant par œuvre ou la valeur de points. Les règles de la CR 4B resteront inchangées; seul le titre de cette classe de répartition a été adapté. Le nouveau titre est le suivant: «Concerts et productions musicales à caractère de concert.»

Les recettes qui étaient précédemment réparties dans la CR 4C seront dorénavant attribuées à la classe de répartition 4B. Concrètement, ces affectations se composent des recettes «sans programme» provenant des tarifs Hb, L, Ma, 3a, 7, 8, K et Z ainsi que des recettes des orchestres symphoniques d’amateurs (avec programmes) provenant du tarif B.

Vue d’ensemble des adaptations du règlement de répartition

Voici un résumé des avantages de la modification des règles de répartition:

  • Même les petits montants sont désormais répartis de manière ciblée «par programme», si un programme a été déclaré. Cela correspond à une répartition en fonction de l’utilisation des œuvres, avec laquelle le montant encaissé pour une manifestation est réparti directement en faveur des bénéficiaires.
  • Jusqu’ici, seuls les bénéficiaires de la CR 4C profitaient des répartitions mentionnées plus haut. Etant donné que les deux classes de répartition (4B et 4C) ont un vaste répertoire, il n’y avait aucune raison valable de ne pas inclure les œuvres de la CR 4B dans cette répartition. Ce sera maintenant chose faite grâce à cet ajustement.
  • L’introduction d’une répartition par dossier pour toutes les exécutions des tarifs K et Z augmente la transparence du décompte. Pour le membre, le décompte indique plus clairement quelle est la rémunération des recettes d’exécutions live en provenance de ces tarifs.

Ces modifications du règlement de répartition s’appliqueront pour la première fois dans le cadre de la répartition de septembre 2019.

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Familiarisez-vous avec le nouveau tarif commun KFamiliarisez-vous avec le nouveau tarif commun K Le nouveau tarif commun K est valable pour tous les événements organisés depuis le 1er janvier 2017. Un tour d’horizon du nouveau tarif en vigueur applicable aux concerts et quelques réponses aux nombreuses questions qui se posent après les premiers mois d’application des nouvelles règles. Continuer
Envoi des décomptes via «Mon compte» depuis décembre 2017Envoi des décomptes via «Mon compte» depuis décembre 2017 Grâce à la section «Mon compte», protégée par mot de passe, nos membres peuvent consulter leurs décomptes et les montants de ces derniers quand bon leur semble. De nombreux membres nous ont demandé de mettre un terme aux envois postaux. Nous avons tenu compte de cette volonté et offrons désormais la possibilité de renoncer aux envois par courrier. Continuer
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Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

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La limite de 20 francs pour la répartition des recettes provenant des tarifs communs K (Concerts) et Z (Cirques) est supprimée. En lien avec cette suppression, les versements attribués à la classe de répartition 4C seront nouvellement réglés . Les adaptations décidées concernent les chiffres 4.1, 4.2, 5.4 et 5.5 du règlement de répartition de SUISA. Texte d’Irène Philipp Ziebold

Changements en ce qui concerne la répartition des recettes provenant des tarifs K et Z

SUISA a optimisé les règles de répartition pour les redevances provenant d’exécutions en live. (Photo: Tabea Hüberli)

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Toute la diversité de la musique suisse réunie à Label Suisse

Le festival Label Suisse s’est tenu pour la huitième fois à Lausanne, du 14 au 16 septembre 2018. Organisé tous les deux ans, cet événement, dédié à la création musicale en Suisse, offre au public un large panorama de l’actuel paysage musical dans notre pays. Texte/interview d’Erika Weibel

Toute la diversité de la musique suisse réunie à Label Suisse

La scène principale du festival Label Suisse sur la place Centrale à Lausanne pendant le concert du collectif de hip-hop genevois Superwak Clique, le samedi 15 septembre 2018. (Photo: Anne Bichsel)

La huitième édition du festival Label Suisse a attiré quelque 90 000 festivaliers qui ont pu assister à de nombreuses représentations issues d’univers musicaux très variés. Au total, plus de 60 concerts étaient organisés à 10 endroits différents du centre-ville de Lausanne. Musique électronique, pop rock, musique contemporaine et classique, jazz, nouvelle musique folklorique: toute la diversité de la musique suisse était réunie dans ce festival!

Les responsables du programme ont toujours à cœur de proposer une scène aux artistes suisses expérimentés comme aux étoiles montantes. Grâce aux sponsors qui prennent en charge les frais du festival, les mélomanes peuvent assister gratuitement à tous les concerts. SUISA soutient financièrement Label Suisse depuis 2006 et figurait, cette année encore, parmi les principaux partenaires du festival.

Les différents programmateurs Label Suisse se consacrent chacun à un genre musical spécifique. Après le festival, nous leur avons demandé par écrit comment ils procédaient pour choisir les artistes, ce qui leur plaisait particulièrement dans ce festival et quelles tendances ils observaient dans les genres musicaux. Nous voulions également savoir ce qui avait particulièrement touché Julien Gross, le président du festival, dans cette édition 2018.

Label Suisse: Julien Gross

Julien Gross (Photo: Anne Bichsel)

Julien Gross, Président de l’association Label Suisse

Tu es le président de l’Association Label Suisse et tu travailles depuis plusieurs années au bon déroulement du festival. A ton avis, qu’est-ce qui rend Label Suisse particulièrement attrayant?
Julien Gross: Label Suisse est unique dans sa proposition artistique de par le spectre très large de styles musicaux représentés dans notre programmation. Notre festival réunit ainsi tous les publics, de toutes les générations pendant trois jours.
Des artistes des quatre régions linguistiques se produisent devant un public curieux, fidèle et très attentif. La radio joue un rôle très important dans la diffusion à travers toute la Suisse durant ces trois jours.

Ce fut la 8e édition de Label Suisse. Le festival a lieu tous les deux ans et la première édition a eu lieu en 2004. Quels changements Label Suisse a-t-il connu au cours de ces quatorze ans?
C’est principalement la musique suisse qui a beaucoup évolué. Créative, innovante et originale, Label Suisse tente de représenter une photographie instantanée de toutes les scènes musicales.
Nous faisons en sorte de déclencher l’envie de découverte, de partir dans une aventure musicale. Renforcer la présence de certains styles ou encore de proposer des créations inédites.

De nombreux groupes de toute la Suisse participent à Label Suisse, avec des genres musicaux très variés. De ton point de vue, quelles prestations ont été les plus enthousiasmantes?
J’ai un réel plaisir à déambuler à travers les lieux du festival. De pouvoir découvrir et me confronter à des styles musicaux qui ne font pas partie de ma vie de tous les jours. C’est cela qui m’enthousiasme le plus.

Label Suisse: Laurence Vinclair

Laurence Vinclair (Photo: Mehdi Benkler)

Laurence Vinclair, programmation musiques actuelles

Dans le cas d’un festival qui réunit tant de genres musicaux différents, quel intérêt particulier y a-t-il à être responsable de la programmation d’un genre musical donné?
Laurence Vinclair: L’intérêt est tout simplement d’avoir l’honneur de pouvoir mettre en valeur pendant 3 jours des artistes qui le méritent, artistes pour certains que je vois évoluer tout au long de l’année, voire depuis des années. Et surtout de pouvoir faire découvrir à un public varié des styles qu’il n’écouterait pas spécialement.

Quels ont été les critères appliqués pour le choix des différents artistes/groupes?
Les différents critères sont : la qualité, l’actualité, la motivation des artistes, et le potentiel à se développer.

Quelles sont les tendances actuelles dans le genre musical que vous programmez? Quels sont les effets de ces évolutions sur les acteurs de la scène musicale suisse?
La tendance la plus claire est le hip-hop ou musique urbaine, ce style a pris le lead sur le reste, on a pu le constater en regardant la programmation des clubs et des festivals depuis deux ans.

Label Suisse: Stefano Saccon

Stefano Saccon (Photo: Claude Berthelier)

Stefano Saccon, programmation jazz

Dans le cas d’un festival qui réunit tant de genres musicaux différents, quel intérêt particulier y a-t-il à être responsable de la programmation d’un genre musical donné?
Stefano Saccon: L’intelligence et la force du festival est de faire appel à des personnes compétentes dans chacun des domaines afin de cibler au mieux les musiciens représentatifs. Faire partie d’un comité de spécialistes est en enjeu stimulant pour proposer une programmation pertinente et complémentaire.

Quels ont été les critères appliqués pour le choix des différents artistes/groupes?
La diversité de l’offre dans le domaine du jazz impose un regard large avec des critères qui doivent s’adapter aux démarches artistiques. Il faut dans tous les cas que le projet soit original et qu’il soit une valeur ajoutée au reste de la programmation, que le projet soit en phase avec son temps, que l’ancrage dans la tradition soit lisible, qu’il démontre une certaine maturité et un développement possible.

Quelles sont les tendances actuelles dans le genre musical que vous programmez? Quels sont les effets de ces évolutions sur les acteurs de la scène musicale suisse?
Il y a 3 types de tendances à mon sens.
a) l’association de l’acoustique et de l’électronique, la curiosité autour du monde des DJ’s et l’éveil à de nouvelles textures sonores.
b) le minimalisme qui met en valeur le groupe au détriment du soliste dans une démarche plus traditionnelle.
c) la volonté de développer l’écriture sur des trames rythmiques complexes.
Aujourd’hui les musiciens étiquetés « Jazz » possèdent tous une très grande maîtrise instrumentale, une énorme curiosité qui stimule une créativité sans limite. Face à l’offre grandissante et, par conséquent, à la concurrence je trouve que les musiciens ont une humilité remarquable et un respect mutuel exemplaire.

Label Suisse: Johannes Rühl

Johannes Rühl (Photo: Roland Zemp)

Johannes Rühl, programmation pour la nouvelle musique folklorique

Dans le cas d’un festival qui réunit tant de genres musicaux différents, quel intérêt particulier y a-t-il à être responsable de la programmation d’un genre musical donné?
Johannes Rühl: Il existe peu de festivals qui réunissent un panel stylistique aussi large que Label Suisse. C’est déjà une belle performance en soi. Concernant le choix du programme, il faut se dire que chaque style musical doit pouvoir trouver sa place aux côtés des autres productions. De plus, il faut s’attendre à voir un public très hétéroclite assister aux concerts. Un festival comme celui-ci est vraiment unique pour les personnes curieuses. C’est le meilleur public que l’on puisse souhaiter.

Quels ont été les critères appliqués pour le choix des différents artistes/groupes?
La nouvelle musique folklorique est essentiellement présente en Suisse alémanique. Il faut parfois du temps à l’oreille pour s’y faire. Il s’agit donc de susciter l’intérêt du public issu des autres régions du pays. Par conséquent, les groupes qui viennent à Lausanne doivent faire preuve d’une certaine ouverture stylistique. Nous avons surtout tenu compte de ce point, en plus de la qualité, naturellement.

Quelles sont les tendances actuelles dans le genre musical que vous programmez? Quels sont les effets de ces évolutions sur les acteurs de la scène musicale suisse?
En fin de compte, la nouvelle musique folklorique suisse est un héritage du folk du siècle dernier. Autrefois, la musique était un acte de contestation. Aujourd’hui, les musiciens sont très attachés à la tradition. Ils appréhendent les supports sans œillères et créent ainsi quelque chose de neuf, encore jamais entendu. La haute école de musique de Lucerne est importante pour ce genre musical. Depuis quelques années, elle produit des artistes extrêmement talentueux. L’évolution est loin d’être finie et je crois qu’il y a encore de très belles et nombreuses choses à venir.

Label Suisse: Claire Brawand

Claire Brawand (Photo: Nathalie Langlois)

Claire Brawand, programmation musique classique et contemporaine

Dans le cas d’un festival qui réunit tant de genres musicaux différents, quel intérêt particulier y a-t-il à être responsable de la programmation d’un genre musical donné?
Claire Brawand: L’acte de programmer s’inscrit toujours dans un contexte spécifique dont il faut tenir compte. Dans le cas de Label Suisse (diversité des styles avec une prédominance des musiques actuelles, dimension nationale, diversité des lieux, entrée libre, public très large, dont beaucoup de jeunes), le contexte diffère fortement du cadre habituel de la musique classique (du baroque à nos jours) et de ses mélomanes avertis. J’y vois là un champ d’expérimentation très fertile qui rend ma mission de programmation d’autant plus stimulante ; un des objectifs principaux étant d’attirer les festivaliers à découvrir l’univers classique au travers d’une personnalité, d’une énergie ou encore d’un format de concert spécial. La grande liberté de circulation de Label Suisse renforcée par le mélange des styles dans un même lieu permet cela.

Quels ont été les critères appliqués pour le choix des différents artistes/groupes?
Pour la programmation classique, j’ai privilégié des artistes – interprètes et compositeurs – puissants et singuliers dont la démarche est en résonance forte avec l’identité du festival, à savoir : contemporaine, donc actuelle, et exploratoire. Une telle disposition de la part des artistes classiques est nécessaire pour le contexte particulier de Label Suisse. Ceci a eu pour résultat de nous concentrer sur les répertoires des 20e et 21e siècles (dont des créations), avec, pour le second, un fort accent sur les compositeurs suisses toutes générations confondues.

Quelles sont les tendances actuelles dans le genre musical que vous programmez? Quels sont les effets de ces évolutions sur les acteurs de la scène musicale suisse?
La transdisciplinarité grandissante entre les arts (visuels, sonores, compositionnels) et les esthétiques. Un large renouvellement de la part des jeunes générations de musiciens de pointe dans l’approche de leur programmation de concerts. Aujourd’hui, ils envisagent en effet l’apport de la musique «classique» sans les barrières héritées souvent des générations précédentes.

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Marcel Oetiker: «Les voyages m’inspirent» | avec vidéoMarcel Oetiker: «Les voyages m’inspirent» | avec vidéo A la gare de Hardbrücke à Zurich, les trains grondent et crissent sans retenue, dans les courbes, au moment du départ, et au freinage. Mais si Marcel Oetiker a choisi ce lieu de rendez-vous, ce n’est pas pour ces bruits qui parfois stimulent la créativité des artistes. Continuer
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