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Comment est né l’hymne de la Fête fédérale de la musique populaire 2015 à Aarau?

La Fête fédérale de la musique populaire 2015 à Aarau a son propre hymne: il s’agit de la danse écossaise «Z’Aarau esch de Adler los» («L’aigle d’Aarau vibre au son de la musique populaire»). Le Comité d’organisation de la fête a confié la composition de la nouvelle œuvre à Hanspeter Zehnder. Ce dernier nous a donné rendez-vous à son domicile de Sins (AG) pour nous parler de la création de l’hymne festif et de son activité musicale. Texte/Interview: Manu Leuenberger

Hanspeter Zehnder am Piano im Musikzimmer

Hanspeter Zehnder a installé une salle de musique au sous-sol de sa maison. Père de deux enfants, il peut ainsi composer et jouer de la musique dès que ses enfants sont au lit. (Photo: Manu Leuenberger)

Hanspeter, quelle a été ta réaction lorsque tu as appris, mi-mai, qu’on te confiait le travail de composition?
J’étais très content et honoré de voir que le Comité d’organisation m’avait choisi. Je me sens chez moi en Argovie … et je suis d’autant plus fier de pouvoir composer l’hymne de la grande fête organisée dans la capitale du canton.

Quelles étaient les exigences pour ce morceau?
Le Comité d’organisation a juste posé deux conditions. Cependant, elles n’étaient pas faciles à appliquer: l’hymne festif devait si possible pouvoir être interprété par tous, que ce soit au piano, à la trompette, à la clarinette ou par un ensemble d’accordéons schwyzois. Deuxièmement, la composition devait être simple et intuitive, avec la possibilité de la siffler ou la fredonner en même temps, afin que chacun s’y reconnaisse.

La tâche consistait donc à créer une mélodie à la portée de tous. Comment y es-tu parvenu?
Il m’a fallu un certain temps avant de trouver une idée pour cette composition particulière. Longtemps, j’ai fredonné des mélodies pendant mes trajets pour me rendre au travail, j’ai enregistré les plus satisfaisantes et, le soir, en les écoutant, je me disais: «C’est nul, on ne peut rien en tirer!» Difficile d’obtenir de superbes mélodies, elles ne viennent malheureusement pas simplement en claquant des doigts! De toute façon, c’est mon cas. La plupart du temps, les meilleures idées me viennent à l’esprit lorsque je joue de la clarinette dans ma salle de musique, une fois que les enfants sont couchés. Alors, j’écris la mélodie et je la laisse de côté un certain temps. Si quelques jours plus tard, elle me plaît encore, j’approfondis l’idée en développant la mélodie, en y apportant des variations ou en ajoutant d’autres éléments. Après la mélodie vient l’arrangement des voix des autres instruments. Pour les accords, l’harmonie et les arrangements, j’aime bien utiliser le piano lorsque je compose.

L’hymne festif devrait pouvoir être joué par le plus grand nombre d’interprètes possible dans des compositions d’orchestre les plus variées. Dans ce cas, comment fait-on pour concevoir la partition?
Pour un morceau de musique populaire, il y a d’emblée un point très important: il doit pouvoir être joué sur l’accordéon schwyzois. Cet instrument présente un spectre harmonique limité, également du point de vue de la tonalité. A partir du moment où on peut jouer une composition à l’accordéon schwyzois, elle est compatible avec la plupart des autres instruments. Les notes d’un morceau de musique traditionnelle suivent en règle générale le schéma suivant: on écrit la première voix, le son de la mélodie. On ajoute ensuite l’harmonie pour l’accompagnement, basse incluse. Parfois, on ajoute une deuxième voix dans les notes. Souvent, ce sont les musiciens interprètes qui ajoutent une deuxième voix. En principe, les partitions tiennent sur une page ou deux, ce qui vaut aussi pour l’hymne.

Combien de temps faut-il entre l’ordre d’établir une composition et l’interprétation?
Oh, c’est une question difficile! De la naissance d’une idée à l’essai de la musique que j’ai créée, il se passe beaucoup de choses jusqu’à la réalisation de la composition. Plus concrètement, je dirais qu’il m’a fallu environ deux jours pour l’élaboration de l’arrangement, y compris la préparation de la partition. Mais il a fallu avant tout réaliser la mélodie principale et la définir clairement. Avant la première, chaque membre du Ländler-Wurlitzer fait des essais séparément, puis nous répétons les quatre ensemble. L’hymne est également enregistré sur un CD. Viennent ensuite la première et la représentation du 13 septembre lors de la cérémonie de la Fête fédérale de la musique populaire … Il est donc difficile d’estimer exactement le temps passé.

Tu exerces ton activité musicale en plus d’une profession principale, où tu travailles à 100%. En tant que musicien populaire, comment peut-on vivre de ce métier?
Gagner sa vie en Suisse uniquement avec le revenu de compositeur et d’interprète de musique traditionnelle? Je dois avouer que c’est impossible, aucune chance. Même des musiciens reconnus ne vivent pas uniquement de la musique traditionnelle. En plus, les cachets pour les représentations sont particulièrement modestes dans le monde de la musique populaire; il n’est pas rare de recevoir de la bière et un cordon bleu, en échange d’un petit morceau. Ajoutons que ces dernières années, certaines salles de concert de musique traditionnelle pouvant accueillir de grands orchestres ont sensiblement réduit leur programme, voire l’ont suspendu.

Au sujet de la rémunération dans le monde musical: tu es membre de SUISA depuis 1997. Pourquoi as-tu rejoint la coopérative des auteurs et éditeurs musicaux?
Si je me souviens bien, j’ai composé mes premiers morceaux en 1996 et 1997. Je crois que des collègues plus âgés m’ont ensuite dit que je devais m’inscrire auprès de SUISA, où je devais déposer mes morceaux. Je pense que SUISA est une organisation importante pour les auteurs. En tant que compositeur, je perçois une rémunération de SUISA si mes morceaux sont produits. Mon groupe actuel, «Ländler-Wurlitzer», donne environ 40 à 50 concerts par an, la plupart du temps un répertoire de base. J’annonce régulièrement ces représentations. Et qui sait, peut-être que cela suffira pour que SUISA me verse quelques francs de rente lorsque j’aurai atteint l’âge de la retraite.

Outre les nombreux concerts, les Ländler-Wurlitzer ont enregistré deux CD en 2008 et 2011. A quand la prochaine édition?
Nous avons déjà fait de nouveaux enregistrements. Au départ, la commercialisation des CD était prévue cet été. Mais nous avons changé le programme en raison de la demande de composition: nous voulions naturellement que l’hymne festif soit également enregistré sur le nouveau CD. Nous commencerons donc par enregistrer la composition festive pour pouvoir ensuite intégrer les titres supplémentaires dans la nouvelle édition. Le CD paraîtra aux environs de la Fête fédérale de la musique populaire en septembre, et il contiendra a priori sept morceaux.

Quels sont les espoirs et les attentes d’un compositeur à l’égard de son œuvre appelée à devenir l’hymne d’une importante fête musicale?
Idéalement, le morceau doit être bien perçu par les auditeurs et les musiciens, pour être entendu tant à la fête qu’à diverses reprises ultérieurement. Quant au pire des cas, je ne veux même pas y penser. Il est vrai qu’en raison des circonstances particulières, la composition subit une certaine pression. Toutefois, je connais mes aptitudes musicales et je sais que je peux écrire de bonnes mélodies. Avec cette conviction dans l’esprit et dans mon cœur, j’ai un bon pressentiment pour l’hymne du festif.

Zehnder-Klarinette

Hanspeter Zehnder, âgé de 37 ans, joue de la clarinette comme instrument principal, mais également du saxophone, de la contrebasse, du piano et de la batterie. (Photo: Manu Leuenberger)

Hanspeter Zehnder, né le 27 mai 1978, a fait ses premiers pas musicaux dans la fanfare de Bennau. Plus tard, il a notamment joué dans le Swiss Army Concert Band dirigé par Christoph Walter. En tant que clarinettiste, on peut l’écouter sur des dizaines de CD de musique traditionnelle. Par ailleurs, il joue du saxophone, de la contrebasse, du piano et de la batterie. Ses premières compositions ont vu le jour avant son 20e anniversaire. Depuis 2005, il se produit avec son propre groupe Länder-Wurlitzer, dans lequel il joue avec Cornelia Zehnder, son épouse. Il vit à Sins (AG) avec sa famille.

La 12e Fête fédérale de la musique populaire aura lieu à Aarau du 10 au 13 septembre 2015. Environ 300 groupes prendront part aux quatre jours de festivités, soit 1500 musiciens au total, représentant la musique populaire de toute la Suisse. Des spectacles sont prévus dans sur 15 places de concert, avec 3 scènes et 5 salles. Le Comité d’organisation attend plus de 100 000 visiteurs à cette manifestation.

L’hymne festif «Z’Aarau esch de Adler los» composé par Hanspeter Zehnder a été joué en avant-première lors d’une conférence de presse, le 27 août 2015. Le morceau sera de nouveau joué par les Ländler-Wurlitzer le dimanche 13 septembre 2015, à l’occasion du banquet de la fête dans la Halle du marché d’Aarau. Le morceau sera également diffusé le vendredi 11 septembre 2015 dans l’émission «Zoogä-n-am Boogä» lors du programme Musikwelle de SRF et le samedi 12 septembre 2015 à la télévision sur SRF 1 dans l’émission «Potzmusig».

La demande de composition de l’hymne en prévision de la 12e Fête fédérale de la musique populaire à Aarau a été soutenue par la FONDATION SUISA, la fondation de promotion de la musique de la SUISA.

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La Fête fédérale de la musique populaire 2015 à Aarau a son propre hymne: il s’agit de la danse écossaise «Z’Aarau esch de Adler los» («L’aigle d’Aarau vibre au son de la musique populaire»). Le Comité d’organisation de la fête a confié la composition de la nouvelle œuvre à Hanspeter Zehnder. Ce dernier nous a donné rendez-vous à son domicile de Sins (AG) pour nous parler de la création de l’hymne festif et de son activité musicale. Texte/Interview: Manu Leuenberger

Hanspeter Zehnder am Piano im Musikzimmer

Hanspeter Zehnder a installé une salle de musique au sous-sol de sa maison. Père de deux enfants, il peut ainsi composer et jouer de la musique dès que ses enfants sont au lit. (Photo: Manu Leuenberger)

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Marcel Oetiker: «Les voyages m’inspirent» | avec vidéo

A la gare de Hardbrücke à Zurich, les trains grondent et crissent sans retenue, dans les courbes, au moment du départ, et au freinage. Mais si Marcel Oetiker a choisi ce lieu de rendez-vous, ce n’est pas pour ces bruits qui parfois stimulent la créativité des artistes. Texte de Markus Ganz, contributeur invité; vidéo de Manu Leuenberger

Né en 1979, Marcel Oetiker est un virtuose de l’accordéon schwyzois. «Pour mes déplacements professionnels, j’emprunte dans la plupart des cas les transports publics, en passant souvent par Zurich», explique le compositeur originaire du village d’Altendorf (SZ). «Et ces voyages peuvent être très inspirants. Dans la mesure du possible, je prends alors note de mes idées sur mon laptop ou sur papier».

Marcel Oetiker, qui s’inscrit dans le mouvement de la musique populaire suisse dite «nouvelle», ne pense pas que des éléments extérieurs comme les bruits d’une gare aient influencé ce genre de musique. Pour lui, le plus important est d’étudier la musique et d’appliquer ensuite cet apprentissage au travail de composition. ‒ «Cela peut également ouvrir de nouvelles perspectives pour ce genre de musique».

De la musique folklorique à l’étude du jazz

Marcel Oetiker constitue un bon exemple de ce processus. Autodidacte, il s’est très tôt intéressé à la musique traditionnelle et s’est rapidement fait connaître dans ce milieu. Puis rapidement, il est arrivé à un stade où l’intérêt pour la musique l’emporte sur la seule dimension de divertissement.

«Obtenir à partir d’un statu quo une expressivité maximale qui résiste aussi longtemps que possible aux nombreuses répétitions – telle est la dimension qui m’a toujours fasciné dans la musique folklorique.» Cette approche est d’ailleurs perceptible dans son travail actuel.

Ces études de jazz à la Haute école des arts de Berne -qu’il termine avec un master en composition et théorie musicale- lui ouvrent de nouvelles possibilités musicales. «Le jazz offre une harmonie beaucoup plus nuancée et en particulier un modèle théorique permettant de contrôler et de reproduire les différents effets harmoniques.» Une certaine proximité avec la musique «nouvelle» est parfois même perceptible dans son travail; il souhaite en effet pouvoir accéder à toute la palette des possibilités de composition.

De la notation à la partition acoustique

Marcel-Oetiker-Video_VorschauCette évolution a également modifié la manière de composer de Marcel Oetiker. Aujourd’hui, il utilise rarement un motif «classique» comme point de départ, car il ne souhaite pas se limiter à ce style spécifique de composition. Il tend de plus en plus à se détacher du système traditionnel de notation et essaie davantage de «rester entièrement au niveau acoustique». Aux musiciens exécutant sa musique, il livre par exemple une partition acoustique indicative qu’il crée aux moyens d’instruments ou même de bruits.

Marcel Oetiker conçoit également des œuvres pour plusieurs musiciens. «La démarche ne ressemble pas au travail typique d’un groupe, où l’on s’attache collectivement à créer un morceau. Mes compositions naissent de circonstances spécifiques et ne sont pas toujours entièrement notées, mais par exemple constituées d’instructions indicatives.» Néanmoins, Marcel Oetiker précise que les morceaux sont le plus souvent développés de manière détaillée, en laissant assez peu de liberté aux exécutants.

La musique d’abord, l’argent ensuite

Marcel Oetiker est musicien professionnel. A côté de son activité de composition, il dirige différents ensembles et enseigne dans plusieurs établissements. «Si je souhaitais m’enrichir rapidement, je ne devrais pas évoluer dans les domaines musicaux plutôt marginaux que j’ai choisis. Je n’ai jamais voulu vivre de la musique, mais pour la musique.»

Dans ces conditions, il apprécie énormément de pouvoir laisser à SUISA le soin de se charger de la gestion de ses droits d’auteur. «SUISA s’occupe de nombreuses tâches administratives à ma place. C’est ce dont j’ai besoin pour pouvoir me concentrer encore davantage sur la musique». Il est particulièrement impressionné par l’offre de conseils de SUISA. «J’ai toujours reçu une réponse utile après avoir adressé une question à SUISA. Et je n’ai jamais reçu de facture pour de tels services. Est-ce que cela existe ailleurs?»

www.marceloetiker.com

Wo-neue-Musik-entsteht_Cover«Dès les premières notes»

La valeur des idées des créateurs de musique est au coeur du travail de SUISA. Pour la brochure «Dès les premières notes», cinq personnalités et groupes de différents genres musicaux et régions linguistiques de Suisse ont donné un aperçu de leur processus de création et de leur activité musicale. Outre Marcel Oetiker, Camilla Sparksss, Oliver Waespi, Eriah et Carrousel sont présentés sur SUISAblog.ch et dans une brochure (PDF, 8.17 Mo) réalisée pour la première fois cette année.

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  1. Julien Gilliand dit :

    Finde das Gespräch interessant und spannend, leider finde ich die Bilder nicht optimal, wie z.B. Bildausschnitte, Kameraführung und Farben sind zu wenig ausgearbeitet und ausgesucht… Zum Teil auch sehr sehr wackelige Bilder, dass mehr Verwirrung stiftet als was anderes…
    Bei der Mikrophonierung hätte ich Anstecker gewählt, die weniger Nebengeräusche aufnehmen. Wenn keine Vorhanden waren, dann hätte ich die Richt-Mikrophone nicht auf die Gleise gerichtet, da sobald ein Zug kommt, man ihn kaum mehr versteht, Zudem finde ich, gehören sie nicht ins Bild (es ist ja keine PK…) Vielleicht hätte es ein geeigneter Interview-Platz auch nicht schlecht getan…

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Les succès intemporels de Beny Rehmann lui survivront

Beny Rehmann, trompettiste, bandleader et compositeur suisse très apprécié, est décédé en décembre dernier à l’âge de 78 ans. Parmi ses compositions, plusieurs vont continuer à faire leur chemin et perpétuer son héritage musical: «Schiffsfeger-Polka», «Oh Katharina», «Morgenmuffel» ou encore «Jeden Tag geht die Sonne auf». Hommage par Hans «Housi» Bracher, rédacteur invité

Beny-Rehmann-Trompete

Beny Rehmann, décédé en décembre 2014, était membre de SUISA depuis 1967. (Photo: StudioArt.ch)

Beny Rehmann naquit le 11 septembre 1936 à Kaisten (AG); il était l’avant-dernier d’une fratrie de treize enfants. A 16 ans, il commença à jouer de la trompette, instrument offert par son frère. Il fit son école de recrue dans la fanfare, où Georges Hofer décela son talent de soliste, et rejoignit alors la Musikgesellschaft Strengelbach (MGS).

Avec son quatuor «Die lustigen Tiroler Musikanten», il donna son premier concert lors de la Saint-Silvestre 1962/63. Avec des morceaux tels que «Tanz beim Dorfwirt» ou «Die Dorfschöne» (signé Slavko Avsenik), le succès fut au rendez-vous. Beny avait entendu à la radio un concert donné par les «Original-Oberkrainern» et son enthousiasme fut si grand qu’il me demanda de jouer avec lui cette musique tellement épatante. A l’époque, rares étaient en Suisse les personnes connaissant cette musique si entraînante trouvant son origine dans le folklore slovène.

Le succès avec ses propres compositions

Encouragé par le succès rencontré lors de la Saint-Silvestre 1962/63, Beny Rehmann se mit à composer. Il veilla à mettre en évidence un style personnel, avec notamment des enchaînements d’accords n’apparaissant pas dans la musique folklorique slovène.

Beny-Rehmann-Tiroler-Musikanten

L’une des premières photos du quatuor «Die lustigen Tiroler Musikanten»: avec de gauche à droite, Beny Rehmann, Ueli Aebi et Albert König ; et devant, Housi Bracher (Photo: DR / archives privées Hans Bracher, 1963)

En 1965, il participa avec «Die lustigen Tiroler Musikanten» au «Blick-Festival», bien connu à cette époque. Lors de la finale au Kursaal de Berne, le groupe prit la troisième place derrière Paola del Medico et le Eugster-Quartett. De premiers enregistrements s’ensuivirent.

Beny rebaptisa son groupe «Beny Rehmann Quintett», agrandit la formation pour en faire un sextuor, élargit la palette de genres musicaux joués, et adopta finalement le nom de «Beny Rehmann Showorchester».

4000 concerts!

Avec près de 4000 apparitions en directe, à la radio et à la télévision (SRF, ORF, ZDF, ARD), et notamment huit présences au Musikantenstadel avec Karl Moik, il constitua l’un des piliers du monde du spectacle de cette époque.

Dans le monde du spectacle, Beny Rehmann fut un pionnier en son domaine. Au milieu des années 80, alors que plusieurs agents prédisaient un échec pour sa série de concerts, il se lança dans une tournée d’automne avec vingt dates dans les salles suisses les plus connues. Au final: des salles combles et un public enthousiaste!

Certains hits de Beny Rehman sont devenus des classiques

Ses enregistrements eurent un succès retentissant: 16 disques d’or, 7 disques de platine et 1 double disque de platine. En 1984, il reçut le Prix Walo de la meilleure showstar suisse. Il fut à nouveau distingué en 2012, par le Prix Walo d’honneur.

Ses succès intemporels vont lui survivre: «Schiffsfeger-Polka», «Dreamland», «Morgenmuffel», «Jeden Tag geht die Sonne auf», ou encore «Oh Katharina», perpétueront un riche héritage musical.

Sa trompette dorée enchantait le public

Beny Rehmann était un musicien ouvert d’esprit, sincère, modeste, mais également ambitieux et parfois tatillon. Sa famille était tout pour lui et lui apporta un grand soutien tout au long de sa carrière. Il mettait toute son âme et tout son cœur dans ses compositions. Et surtout, le jeu de Beny, brillant et sensible, avec sa trompette dorée, était et reste reconnaissable entre mille.

Beny Rehmann nous a quittés le 19.12.2014.

Merci Beny de m’avoir donné l’occasion de t’accompagner musicalement durant des décennies, et merci d’avoir offert du bonheur à des dizaines de milliers de personnes avec ta musique.

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Beny-Rehmann-Trompete

Beny Rehmann, décédé en décembre 2014, était membre de SUISA depuis 1967. (Photo: StudioArt.ch)

Beny Rehmann naquit le 11 septembre 1936 à Kaisten (AG); il était l’avant-dernier d’une fratrie de treize enfants. A 16 ans, il commença à jouer de la trompette, instrument offert par son frère. Il fit son école de recrue dans la fanfare, où Georges Hofer décela son talent de soliste, et rejoignit alors la Musikgesellschaft Strengelbach (MGS).

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Hommage à Erwin Ernst Kunz

Musicien, chef d’orchestre, compositeur, arrangeur, théoricien de la musique – Erwin Ernst Kunz, souvent appelé simplement Ernst Kunz, faisait preuve de multiples talents et a marqué différents domaines de la création musicale suisse. Membre SUISA depuis de nombreuses années, cet artiste est décédé le 11 juillet 2014 à l’âge de 97 ans.

Erwin-Ernst-Kunz

Erwin Ernst Kunz à la contrebasse lors d’un enregistrement en octobre 1988. (Photo: Rolf W. Kunz)

Erwin Ernst Kunz, né le 24 mars 1917, a grandi avec ses frères Jakob et Willy à Uster (ZH), qui était alors encore à la campagne. À l’âge de 10 ans, il reçut en cadeau de sa maman son premier instrument: un vieil accordéon défectueux. Un professeur de musique d’Uster lui prêta un instrument de meilleure qualité et donna des cours au jeune garçon. Les moyens financiers de la famille Kunz étaient modestes et les conditions d’existence laissaient peu de place aux activités musicales. Un tuteur large d’esprit permit au jeune Erwin de s’inscrire à l’examen d’admission au Conservatoire de Zurich. Il passa cet examen avec succès à l’âge de 17 ans.

Musicien professionnel en un temps record

Ayant la chance d’avoir l’oreille absolue, Ernst Kunz acquit en un temps record le bagage nécessaire pour pouvoir rejoindre un orchestre symphonique. A l’âge de 20 ans, il fut admis dans l’Orchestre de la Tonhalle, auquel il resta fidèle de 1937 à sa retraite en 1982. Il y joua du tuba et de la contrebasse. Jeune musicien, il étudia avec un grand intérêt les techniques de composition des grands maîtres tels que Wagner, Brahms ou Bruckner et poursuivit sa formation dans le domaine de la théorie musicale. Différents orchestres symphoniques internationaux de Vienne, Milan, Berlin, Pékin ou Buenos Aires firent appel aux services d’Ernst Kunz pour des engagements temporaires. Ses collègues musiciens l’appelaient souvent simplement «Tuba-Kunz».

L’activité musicale d’Ernst Kunz ne se limita pas à son travail de musicien d’orchestre; artiste polyvalent, il apporta sa contribution à de nombreux projets dans les domaines les plus variés. Il dirigea différents groupes de musiciens professionnels et amateurs de même que des chœurs et a travaillé comme répétiteur pour des chanteuses et chanteurs d’opéra. Il fut également actif en tant que producteur musical en studio. Il fut ainsi entre autre responsable de production d’une série de CD présentant des chansons et des marches suisses, réalisée à l’occasion du 700e anniversaire de la Confédération («Kantons-Märsche aus der ganzen Schweiz») Vol. 1 + Vol. 2, «Schweizer-Lieder aus allen Kantonen» Vol. 1 + Vol. 2, parus chez K-Tel, 1991).

Engagé à de nombreux niveaux: musique folklorique, chœur d’enfants, chorale de détenus, etc.

Durant de nombreuses années, Ernst Kunz fut organiste et directeur de chœur au pénitencier de Regensdorf. Sous sa direction, le chœur enregistra au début des années 70, avec la fanfare de l’Armée du salut et quelques solistes, une collection de chants de Noël qui eut un grand succès: «Der Gefangenenchor der Strafanstalt Regensdorf singt Weihnachstslieder» (Editions Ex-Libris).

Il se produisit régulièrement par plaisir avec des groupes de musique folklorique, et joua ainsi du tuba ou de la contrebasse avec notamment la Ländlerkapelle Edi Bär, la Freudenberger Dorfmusik d’Otto Würsch ou la Seldwyler Dorfmusik de Jakob Farner. Après sa retraite de l’Orchestre de la Tonhalle, il enseigna le tuba au Conservatoire de Lucerne.

A une certaine période de sa vie, Ernst Kunz fut actif en tant que compositeur, arrangeur et parolier. Il adhéra à SUISA en 1964. Il composa des marches, des pièces pour orchestre et pour chœur ainsi que des «singspiele». Il écrivit également de nombreuses orchestrations et un grand nombre d’arrangements. Il appréciait beaucoup d’écrire des chansons pour enfants: les nombreuses chansons qu’il avait créées et mises en musique ont été réunies dans un ouvrage: «Kinderlieder: wenn die Kinder singen, lacht der Himmel froh, alle Engel singen laut ein Jubilo» (paru en 2000).

Avec «Heavenly Club» et Les Sauterelles, il fait partie de l’histoire de la musique pop suisse

Cet artiste doué de nombreux talents a également marqué de sa patte l’histoire de la musique pop en Suisse. Pour l’album «View To Heaven» du groupe Les Sauterelles, il a créé les arrangements de cordes et a dirigé un orchestre à cordes de 16 musiciens lors de l’enregistrement au Studio Bauer de Ludwigsburg. Parmi les morceaux orchestrés par Ernst Kunz, il y a le single «Heavenly Club», qui fut no1 du hit parade suisse en 1968. Cette chanson est tout simplement la première production suisse à s’être hissée à la tête du hit parade officiel suisse. Grâce à ce morceau et à l’album, Les Sauterelles réussirent à percer au plan international.

Une vie bien remplie et placée sous le signe de la musique a pris fin au bel âge de 97 ans: Ernst Kunz est décédé le 11 juillet 2014.

Nous remercions Rolf W. Kunz, neveu du défunt, pour les nombreuses indications biographiques sur la vie et l’œuvre d’Erwin Ernst Kunz.

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Erwin-Ernst-Kunz

Erwin Ernst Kunz à la contrebasse lors d’un enregistrement en octobre 1988. (Photo: Rolf W. Kunz)

Erwin Ernst Kunz, né le 24 mars 1917, a grandi avec ses frères Jakob et Willy à Uster (ZH), qui était alors encore à la campagne. À l’âge de 10 ans, il reçut en cadeau de sa maman son premier instrument: un vieil accordéon défectueux. Un professeur de musique d’Uster lui prêta un instrument de meilleure qualité et donna des cours au jeune garçon. Les...Continuer