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Retour sur l’Assemblée générale 2018 de SUISA

Le 22 juin 2018, le Bierhübeli de Berne a accueilli 208 membres votants de SUISA. Leur objectif: prendre part à l’avenir de la coopérative, entretenir leur réseau et s’informer. Aux côtés de membres du Conseil, de la direction, d’invités du monde de la culture et de la politique ainsi que de collaborateurs de SUISA, ils ont participé à l’Assemblée générale ordinaire 2018. Texte de Dora Zeller

Retour sur l’Assemblée générale 2018 de SUISA

Le Bierhübeli de Berne bien rempli lors d’un vote de l’Assemblée générale de SUISA le 22 juin 2018. (Photo: Manu Leuenberger)

L’Assemblée générale a été ouverte en musique par la formation ad hoc Swiss Ländlermix, composée de Bruno Brodt, Jost Ribary, Dani Häusler, René Wicky, Robin Mark, Jacqueline Wachter, Kurt Albert et Stefan Schwarz – une entrée en matière qui a présenté aux participants la musique populaire suisse traditionnelle et contemporaine.

Swiss Laendlermix

La formation ad hoc Swiss Ländlermix ouvre l’AG par un tour d’horizon de la musique populaire suisse. (Photo: Sibylle Roth)

Avant d’aborder les affaires statutaires, un film sur l’arrivée de SUISA sur les réseaux sociaux en début d’année a été projeté. En complément du SUISAblog, SUISA est désormais également présente sur Instagram, Facebook et YouTube avec ses stories musicales.

Le rapport annuel, le rapport de situation, le bilan, le compte de résultat, le tableau des flux de trésorerie, l’annexe des comptes 2017 et le rapport de l’Organe de contrôle ont ensuite été soumis aux membres pour approbation. Ces derniers ont également donné décharge au Conseil et à l’Organe de contrôle pour l’exercice précédent et confirmé le mandat de l’Organe de contrôle pour 2018.

Révision des statuts et élection des membres de la Commission de recours

Le point le plus important de l’ordre du jour était la révision des statuts. Andreas Wegelin a expliqué pourquoi les statuts devaient être adaptés à la loi sur les sociétés de gestion du Liechtenstein et à la directive de l’Union européenne sur la gestion collective du droit d’auteur (directive GDC). Il a présenté les principaux points concernés par la révision, à savoir l’interdiction de discrimination, les nouvelles compétences de l’Assemblée générale et le renforcement du rôle des membres. Après différentes suggestions des participants et une fois les précisions requises apportées, l’Assemblée générale a voté les amendements demandés à l’unanimité.

L’assemblée générale a également approuvé les candidats à la Commission de recours devant être créée. Les membres du Conseil Marco Neeser et Christian Fighera ainsi que la représentante externe Danièle Wüthrich-Meyer (vice-présidente de la Commission de la concurrence) ont été élus à la majorité des voix, tout comme les membres remplaçants Roman Camenzind et Zeno Gabaglio (membres du Conseil de SUISA) et les externes Daniel Alder et Gregor Wild (avocats et membres de la Commission arbitrale fédérale). Bernhard Wittweiler, responsable du service juridique SUISA, assume la présidence de la Commission. Il est membre d’office et n’a donc pas besoin d’être élu par l’Assemblée générale.

Natalie Riede

Une représentante de la scène électronique suisse, l’éditrice Natalie Riede (voir photo), a été élue à la Commission de Répartition et des Œuvres. (Photo: Manu Leuenberger)

Nathalie Riede a ensuite été élue membre de la Commission de Répartition et des Œuvres, en remplacement de Guido Röösli. Membre de SUISA depuis 2014 avec sa maison d’édition Black Music Management, elle gère principalement des œuvres du domaine de l’électronique et représente donc la scène électro suisse.

L’intervenante invitée Danièle Wüthrich-Meyer, présidente de Swissperform, a présenté le travail des cinq sociétés de gestion, notamment les aspects formels et juridiques ainsi que les différents domaines dans lesquels elles coopèrent.

Podium

La direction de SUISA présente l’exercice en cours. De gauche à droite sur le podium: Irène Philipp Ziebold, Vincent Salvadé, le président Xavier Dayer, le vice-président Marco Zanotta et Andreas Wegelin au pupitre. (Photo: Sibylle Roth)

Vincent Salvadé et Irène Philipp sont ensuite intervenus sur l’exercice en cours. Andreas Wegelin a parlé de la joint-venture Mint Digital Services et a évoqué les évolutions politiques actuelles qui influent sur les activités de la coopérative. Urs Schnell, directeur de FONDATION SUISA, s’est ensuite exprimé sur l’activité de la fondation pour la promotion de la musique de SUISA.

Cette Assemblée générale passionnante et riche en informations a été clôturée aux alentours de 14 heures par le président de SUISA, Xavier Dayer. Il a par ailleurs annoncé que la prochaine Assemblée générale aura lieu le vendredi 21 juin 2019 à Bienne.

A l’issue de l’assemblée, les participants ont échangé avec les membres de SUISA et leurs collègues autour d’un buffet organisé dans le jardin du Bierhübeli.

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«Mes morceaux, je les compose avec mes tripes»

Martin Nauer est l’un des trois nommés dans la catégorie Musique populaire du Prix Walo 2018. Ce musicien accordéoniste a joué pendant plus de 40 ans avec la Ländlerkapelle Carlo Brunner. SUISA remettra le prix de la catégorie Musique populaire lors du 44e Prix Walo. Nous avons posé quelques questions par écrit à Martin Nauer pour en savoir un peu plus au sujet de sa nomination. Texte/entretien de Sibylle Roth

Martin Nauer: «Mes morceaux, je les compose avec mes tripes»

Martin Nauer a commencé à jouer de l’accordéon à l’âge de 5 ans. (Photo: Monika Nussbaumer)

C’est en vélomoteur que Martin Nauer se rendait à Meierskappel où Walter Grob lui enseignait de nouvelles techniques de doigté sur son accordéon. Dès qu’il le pouvait, il écoutait les morceaux de ses modèles car c’est à l’oreille qu’il a appris tout ce qu’il sait aujourd’hui. En 1975, il fonde avec Carlo Brunner la Kapelle Carlo Brunner: c’est le tout début de sa carrière. Il s’est ensuite produit à de très nombreuses reprises en Suisse et à l’étranger et a participé à l’enregistrement de plusieurs disques ou CD.

Martin Nauer, vous avez écrit de nombreux morceaux pour la Kapelle Carlo Brunner: comment ont-ils vu le jour? Avez-vous reçu des consignes ou pouviez-vous composer librement?
Martin Nauer: J’ai composé une cinquantaine de mélodies au total. Elles sont toutes immortalisées sur l’un des nombreux CD que nous avons produits en tant que formation Kapelle Carlo Brunner. Je n’ai jamais reçu de consignes, de conseils ou de recommandations pour mes compositions.
Mes morceaux, je les compose avec mes tripes.

Vous être membre de SUISA depuis 1976. Bon nombre de vos compositions ont été commercialisées par différents éditeurs. Les droits de sociétariat SUISA vous permettent-ils de vivre confortablement?
Je suis membre depuis 1976? C’est fou comme le temps passe vite! Non, les redevances que je touche par le biais de SUISA ne suffisent pas pour vivre sans souci! Je n’ai pas non plus composé tant de morceaux que ça et ils ne sont pas joués assez souvent pour que je puisse m’enrichir avec la redevance de SUISA. Mais l’argent que je touche est un petit plus qui est toujours le bienvenu et qui me permet de m’offrir quelque chose qui me fait plaisir.

Vous vous êtes retiré de la formation Kapelle Carlo Brunner fin 2017. Cela vous laisse-t-il plus de temps pour composer vos propres morceaux?
Le temps supplémentaire dont je dispose maintenant n’est pas entièrement dédié à la composition. Mais je reste bien évidemment très attaché à la musique populaire et quand une mélodie me passe par la tête, ou simplement une séquence pour une nouvelle danse, j’enregistre les accords sur une cassette en espérant que cela donne quelque chose un jour! Etant donné que je ne sais ni lire ni écrire les notes, j’ai besoin d’aide afin qu’une nouvelle mélodie soit écrite sur le papier.

Quelle est la signification pour vous de la nomination au Prix Walo?
La nomination au Prix Walo me fait naturellement très plaisir, mais c’est aussi une immense surprise. En tant que membre de la formation et partenaire de Carlo Brunner depuis plus de 43 ans, j’ai toujours eu la chance de participer au succès de Carlo lorsqu’il remportait le Prix Walo. Et ça a été le cas à quatre reprises! Pour nous, membres de la formation, ces prix sont un superbe signe de reconnaissance. Mais je ne m’attendais vraiment pas à être moi-même nommé pour cette distinction. Comme je l’ai dit, le seul fait d’avoir été nommé, représente déjà pour moi une joie immense et une grande fierté.

www.prixwalo.ch, site Internet du Prix Walo

Le gala de la 44e cérémonie du Prix Walo aura lieu le 13 mai 2018 dans les studios TPC à Zurich et sera retransmis en direct sur Star TV à partir de 20 heures. Le Prix Walo récompense des artistes suisses dans différentes catégories. L’objectif du Prix Walo est l’encouragement de la branche du spectacle suisse en général, mais aussi la promotion des artistes émergeants dans le secteur du divertissement. SUISA soutient financièrement le Prix Walo et remettra cette année le prix de la catégorie Musique populaire.
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«Un morceau de musique ou une mélodie peuvent passer par la tête de chacun d’entre nous»

La formation Ils Fränzlis da Tschlin fait partie des trois nominés dans la catégorie Musique populaire du Prix Walo 2018. Ce groupe composé de Domenic et Curdin Janett ainsi que de leurs filles Anna Staschia, Cristina et Madlaina se produit ensemble depuis 2014 et joue essentiellement des morceaux inspirés de la «Ur-Fränzlismusig» (musique populaire du canton des Grisons) du XIXe siècle. SUISA remettra le prix de la catégorie Musique populaire lors du 44e Prix Walo. Nous avons posé des questions par écrit à Madlaina Janett, l’altiste de la formation, au sujet de leur musique, de leur travail de composition et de la nomination. Texte/entretien de Sibylle Roth

«Un morceau de musique ou une mélodie peuvent passer par la tête de chacun d’entre nous»

Ils Fränzlis da Tschlin: «Nous sommes les ambassadeurs de ces morceaux qui sont restés en Engadine au cours de leur périple au travers des salles de bal d’Europe.» (Photo: Flurin Bertschinger)

Les Ur-Fränzlis ont vu le jour au XIXe siècle avec Franz-Josef Waser, surnommé «Fränzli» (le petit Franz) en raison de sa petite taille. Ils jouaient des morceaux de musique de danse au rythme entraînant et les légendaires Fränzlis ont su garder leur notoriété jusqu’au XXe siècle. Les nouveaux Fränzlis ont été fondés en 1982 par Men Steiner et Domenic Janett. Depuis 2012, leur formation se compose d’une clarinette, d’un violon, d’un violoncelle, d’un alto et d’une contrebasse. Depuis les derniers changements survenus au sein du groupe – Cristina au violoncelle et Anna Staschia au violon ont rejoint la formation –, les femmes sont désormais majoritaires!

Madlaina Janett, la formation Ils Fränzlis da Tschlin se fait l’ambassadrice de la musique de danse de l’Engadine depuis de nombreuses décennies. Quelle est, chez vous, la proportion entre œuvres traditionnelles et compositions propres?
Madlaina Janett, Ils Fränzlis da Tschlin: Lorsque nous élaborons un programme pour un concert, nous veillons à ce qu’il y ait un bon équilibre entre les nouvelles compostions – les nôtres ou celles d’autres compositeurs – et les morceaux dansants traditionnels et connus. Nous ne voulons cependant en aucun cas rénover ou renouveler la tradition. Notre souhait est plutôt de créer une belle dramaturgie pour le concert, de proposer de la variété, tout en surprenant le public par quelques sonorités inattendues. Lorsque nous jouons pour des soirées de danse – ce qui arrive hélas de moins en moins souvent –, nous faisons la part belle aux morceaux traditionnels car ils sont généralement plus dansants que les nouvelles compositions qui sont elles écrites pour les concerts.
Nous souhaitons toutefois ajouter encore un mot sur le terme «ambassadeurs de la musique de danse de l’Engadine»: nous ne nous attribuons pas du tout ce rôle. D’une part parce que nous ne jouons que très rarement pour des événements dansants et, d’autre part, parce qu’il n’est quasiment pas possible de dire ce qu’est exactement la «musique de l’Engadine». Nos modèles, les Ur-Fränzlis du XIXe siècle, ne venaient pas de l’Engadine. Ils étaient originaires de Suisse centrale et ils jouaient toutes sortes de musiques différentes: des airs populaires, des mélodies d’opérettes et même des valses transmises de génération en génération. Et si l’on se penche d’un peu plus près sur ces morceaux «transmis», on constate souvent que ceux-ci ont connu une véritable odyssée au travers des salles de bal de la région des Alpes et qu’il n’est dès lors absolument pas possible de dire si un morceau vient de l’Engadine, du Burgenland, voire d’Italie. Nous sommes alors tout au plus les ambassadeurs des morceaux restés en Engadine tout au long de leur périple au travers des salles de bal d’Europe et qui ont simplement été développés dans le style des musiciens locaux.

Comment travaillez-vous lorsque vous composez de nouveaux morceaux? Vos œuvres sont souvent composées par une seule personne; chacun a-t-il sa manière de faire?
Chaque membre de la famille compose de manière bien différente: Curdin et Domenic écrivent des compositions et des arrangements sur commande et pour différentes formations. La jeune génération travaille de manière plus spontanée: quand quelque chose nous passe par la tête, on le note. Lorsque nous créons les programmes des Fränzlis, nous n’avons généralement aucune pression pour ce qui est de composer de nouveaux morceaux. Un morceau de musique ou une mélodie peuvent passer par la tête de chacun d’entre nous. On présente alors le morceau ou un extrait lors de la prochaine répétition et on fait des essais tous ensemble pour voir si la mélodie convient au style de notre formation ou non. Nous procédons d’ailleurs de la même manière lorsque nous reprenons des œuvres de compositeurs qui ne font pas partie de notre formation.

Les deux musiciens les plus âgés et les deux plus jeunes de votre groupe sont membres de SUISA, alors que vous et Cristina ne l’êtes pas. Comment cela se fait-il? Ne participez-vous pas aux compositions?
La raison est plus simple que cela: Cristina et moi sommes un peu paresseuses et le sujet SUISA ne faisait pas partie de nos priorités.
De plus, avec deux compositions chacune, il ne nous semble pas encore urgent de devoir les déclarer à SUISA. Mais cela ne va pas tarder …

Quelle est la signification pour vous de la nomination au Prix Walo?
Je vais vous répondre très franchement: nous nous demandons encore comment on a pensé à nous.
Jusqu’à présent, nous avions associé le Prix Walo au monde de la télévision, du spectacle, des paillettes et des costumes folkloriques et sûrement pas à une formation comme la nôtre qui se produit essentiellement dans de petites salles, sans amplificateur et avec des tenues noires.
Mais cela nous fait naturellement très plaisir que l’on ait pensé à nous et que l’on nous perçoive de manière positive, et ce même si nous ne correspondons pas vraiment au monde du spectacle et du divertissement.

www.fraenzlis.ch, site Internet Ils Fränzlis da Tschlin
www.prixwalo.ch, site Internet du Prix Walo

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La formation Ils Fränzlis da Tschlin fait partie des trois nominés dans la catégorie Musique populaire du Prix Walo 2018. Ce groupe composé de Domenic et Curdin Janett ainsi que de leurs filles Anna Staschia, Cristina et Madlaina se produit ensemble depuis 2014 et joue essentiellement des morceaux inspirés de la «Ur-Fränzlismusig» (musique populaire du canton des Grisons) du XIXe siècle. SUISA remettra le prix de la catégorie Musique populaire lors du 44e Prix Walo. Nous avons posé des questions par écrit à Madlaina Janett, l’altiste de la formation, au sujet de leur musique, de leur travail de composition et de la nomination. Texte/entretien de Sibylle Roth

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Dani Häusler: «De nombreux éléments de notre musique populaire viennent du classique»

Le clarinettiste Dani Häusler est l’un des plus jeunes artistes récompensés par la «Clé de sol d’or». (Photo: Pit Bühler)

Dani Häusler a commencé à jouer de la clarinette et du saxophone à tout juste 11 ans. Très vite, il s’est produit avec son premier groupe: les Gupfbuebä. Il a étudié la musique classique et marqué de son empreinte la musique populaire moderne avec les formations Pareglish et Hujässler. C’est en 1987 que Dani Häusler rejoint SUISA. Il enseigne la clarinette, officie comme rédacteur pour la musique populaire auprès de la SRF, et enseigne également à la Haute école de Lucerne. L’année dernière, il a été distingué par la Clé de sol d’or.

Dani Häusler, vous avez étudié la musique classique et fait des arrangements de ce genre musical pour la musique populaire, les «Ländlerische Tänze» de Mozart par exemple. Comment mariez-vous ces deux genres musicaux?
Dani Häusler: De nombreux éléments de notre musique populaire viennent du classique. Pour ce qui est des notes, les danses de Mozart peuvent quasiment être reprises telles quelles. C’est dans l’interprétation que réside la différence: les musiciens classiques jouent de manière plus soignée, alors que l’interprétation des musiciens populaires est plus brute. C’est cela que je trouve si fascinant.

Vous vous consacrez aussi bien à la musique populaire moderne qu’à la musique traditionnelle. Comment différenciez-vous ces deux genres musicaux et que préférez-vous: composer de nouveaux morceaux ou interpréter de la musique traditionnelle?
De manière générale, la «nouvelle» musique populaire est plus exigeante. Beaucoup de choses sont orientées sur une situation de concert. La musique populaire traditionnelle rend plutôt hommage aux moments de convivialité comme lorsqu’on mange, boit ou danse ensemble. On peut composer de façon moderne ou traditionnelle, mais ce qui est «nouveau» implique généralement plus de travail. Depuis quelques années, je n’ai malheureusement plus suffisamment de temps pour cela.

Vous êtes rédacteur pour la musique populaire auprès de la station de radio Musikwelle. Qu’en est-il actuellement de la musique populaire en Suisse?
Elle se porte bien! Mais certains styles plus que d’autres: les formations d’accordéon schwyzois sont plébiscitées alors que les ensembles d’instruments à vent ont nettement moins de succès. Mais en fin de compte, c’est avant tout le public qui fait défaut. Les grands événements sont certes en plein boum, mais des soirées de musique populaire organisées dans des restaurants sont de plus en plus difficiles à réaliser.

Quelle est la signification pour vous de la nomination au Prix Walo?
Je me réjouis – mais cela ne va pas changer ma vie!

www.danihaeusler.ch, site Internet de Dani Häusler
www.prixwalo.ch, site Internet du Prix Walo

Le gala de la 44e cérémonie du Prix Walo aura lieu le 13 mai 2018 aux studios TPC à Zurich et sera retransmis en live sur Star TV à partir de 20 heures. Le Prix Walo récompense des artistes suisses dans différentes catégories. L’objectif du Prix Walo est l’encouragement de la branche du spectacle suisse en général, mais aussi la promotion des artistes de la relève dans le secteur du divertissement. SUISA soutient financièrement le Prix Walo et remettra cette année le prix de la catégorie Musique populaire.
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Fränggi Gehrig a commencé à jouer de l’accordéon à 8 ans. Il a étudié l’accordéon dans le répertoire jazz à la Haute Ecole de Lucerne, avec comme point fort la musique populaire, et suivit également des cours de composition. (Photo: Blatthirsch.ch)

Fränggi Gehrig, vous êtes lauréat du Prix de la FONDATION SUISA 2016 dans la catégorie «musiques populaires suisses actuelles». Qu’est-ce que cela représente pour vous?
Fränggi Gehrig: cette distinction a été totalement inattendue pour moi, car je n’avais vraiment aucune idée, au moment de présenter mon travail pour le Prix, quelles étaient mes chances. Je suis particulièrement heureux et c’est un grand honneur pour moi d’avoir reçu ce Prix!

La musique populaire est liée à de nombreuses traditions. Quelles sont les difficultés que l’on rencontre quand on souhaite donner une forme nouvelle et actuelle à la musique populaire?
Il me semble que le plus important est de ne pas oublier ses racines. Il convient de veiller à ne pas arbitrairement harmoniser des mélodies un peu différemment ou modifier les rythmes en affirmant ensuite qu’il s’agit de musique populaire nouvelle.
Je crois que l’établissement d’un lien entre «traditionnel» et «nouveau» ne réussit pas si la personne qui tente cela n’a pas vécu très longtemps de manière intense dans la tradition. L’apprentissage de la musique populaire traditionnelle est très difficile. Il nécessite d’y consacrer ses soirées libres durant des décennies, et de répéter également de nombreuses heures individuellement, afin de se l’approprier réellement. A mon avis, ce background est nécessaire si l’on souhaite donner de manière intéressante une forme nouvelle et actuelle à la musique populaire.

On peut d’une part vous entendre en tant qu’interprète, souvent à l’accordéon, d’œuvres populaires anciennes. D’autre part, vous composez pour des ensembles comme Rumpus, Stegreif GmbH ou le groupe Alpini Vernähmlassig, dans lequel vous jouez également. Quel est pour vous l’attrait d’interpréter des airs anciens tout en composant de la musique nouvelle?
Dans le fond, j’aime le changement et la diversité des projets dans mon activité. Comme je vous l’ai dit, la musique traditionnelle «ancienne» est ma base, c’est avec elle que j’ai grandi et je continue à la jouer avec grand plaisir. Je trouve qu’elle convient mieux dans un café avec une bonne ambiance où l’on danse que dans une salle de concert. En revanche, mes compositions un peu plus élaborées conviendront probablement mieux dans des concerts. Le public-cible est assez différent; ce sont pratiquement deux mondes séparés. Cette diversité me plaît et m’incite à continuer à faire les deux choses, en les combinant parfois.

Il y a 6 ans, vous avez adhéré à la Coopérative suisse des auteurs et éditeurs de musique. Quelle est l’utilité de cette affiliation à SUISA pour vous?
Je peux ainsi bénéficier d’une bonne protection de mes œuvres par le droit d’auteur et, surtout, j’en profite lorsque mes compositions sont jouées publiquement.

Savez-vous déjà comment vous allez utiliser le montant qui vous revient grâce à cette distinction de la FONDATION SUISA?
Je vais très certainement faire l’acquisition d’un bon instrument dont je rêvais depuis longtemps.

Parmi les formations auxquelles vous participez, laquelle vous tient particulièrement à cœur actuellement ou dans un proche avenir?
A l’avenir, mon objectif est de promouvoir un peu mon propre quintette. A part cela, j’espère que je pourrai continuer à vivre des moments inoubliables avec mes différents groupes et avec mes collègues musiciens.

Site Internet officiel: www.fraenggigehrig.com

Le Prix de la FONDATION SUISA est un prix de reconnaissance qui récompense des créations exceptionnelles, qui contribuent à enrichir l’héritage musical suisse. Le Prix (25 000 francs) est décerné annuellement par la Fondation d’encouragement musical de SUISA, à chaque fois dans une catégorie différente. Les derniers lauréats ont été les suivants: Aliose (catégorie «musique de variéte»), Gary Berger («composition instrumentale/vocale et électronique»), Ruh Musik AG («édition musicale»), Trummer («singer/songwriter») ainsi que Michel Steiner et Willi Valotti («musique populaire suisse»).

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Le compositeur et accordéoniste Franz «Fränggi» Gehrig reçoit le Prix de la FONDATION SUISA 2016. Le prix annuel de reconnaissance de la fondation de SUISA pour l’encouragement de la musique est décerné en 2016 dans la catégorie «musiques populaires suisses actuelles». Interview du Lauréat Uranais âgé de 30 ans à propos de cette distinction, de son activité de création musicale et de l’attrait de la musique populaire, qu’elle soit ancienne ou nouvelle. Texte/interview de Manu Leuenberger

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Fränggi Gehrig a commencé à jouer de l’accordéon à 8 ans. Il a étudié l’accordéon dans le répertoire jazz à la Haute Ecole de Lucerne, avec comme point fort la musique populaire, et suivit également des cours de composition. (Photo: Blatthirsch.ch)

Fränggi Gehrig, vous êtes lauréat du Prix de la FONDATION SUISA 2016 dans la catégorie «musiques...Continuer

«Le Petit Prix Walo est un grand succès pour Seerugge Feger»

Originaire du canton de Thurgovie, le groupe Seerugge Feger a remporté le Petit Prix Walo 2015 dans la catégorie musique folk. Philipp Manser, le compositeur du groupe, a récemment rejoint SUISA. Découvrons la «patte Feger» et ses particularités. Texte de Manu Leuenberger

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Philipp Manser dans la salle de répétition de Seerugge Feger: au sous-sol de la maison familiale, le groupe se retrouve chaque semaine pour peaufiner ses chansons. (Photo: Manu Leuenberger)

«Remporter le Petit Prix Walo est un autre grand succès pour Seerugge Feger», déclare Philipp Manser. Il est le chanteur principal du quartet et joue du schwyzerörgeli aux côtés de son frère Fabian Manser (chant, percussion) ainsi que son cousin Tobias Manser (chant, schwyzerörgeli) et Sandro Holenstein (chant, guitare basse). Les membres du groupe Seerugge Feger, tous âgés de 23 à 25 ans, ont remporté le Petit Prix Walo 2015 dans la catégorie musique folk.

Ce succès ne se limite pas au trophée en forme d’étoile, qu’ils ont reçu lors de la finale qui s’est tenue en décembre 2015 à Birr, dans le canton d’Argovie, et «qui leur permet de garder un souvenir de cette expérience». La participation au concours de jeunes talents leur a également permis de nouer des contacts avec des personnes de l’industrie de la musique. «De plus, ce concours nous a permis d’apparaître dans les médias», se réjouit Philipp Manser. «Nous allons également nous rendre au gala du ‹grand› Prix Walo où nous pourrons également nous produire.»

Tout commence avec le texte

Lors de la finale du Petit Prix Walo, Seerugge Feger a donné le meilleur de lui-même avec le morceau «Alles was i bruch», écrit et composé par Philipp Manser. «J’étais particulièrement ravi d’avoir convaincu le jury avec un morceau que j’ai moi-même écrit», déclare le jeune homme de 23 ans.

Lors de sa création cinq ans plus tôt, le groupe s’appelait Seerugge-Trio. C’est en devenant un quartet que le groupe a été rebaptisé Seerugge Feger. Sur leur site Internet, les fonctions des membres du groupe sont clairement définies. Fabian est responsable des réservations, Sandro s’occupe des finances, Tobias prend en charge tout ce qui a trait à la technique et Philipp compose les chansons.

«Mon cousin et mon frère apprécient mes morceaux en suisse allemand», affirme Philipp Manser. «La plupart de mes idées sont accueillies avec un bel enthousiasme.» C’est avec le texte que l’auteur de Seerugge Feger commence un nouveau morceau. Le texte apporte à la chanson une atmosphère, une ambiance. Vient ensuite la mélodie, qui sert alors de base à la réalisation de l’accompagnement et de l’arrangement.

Le schwyzerörgeli remplace la guitare

Chaque lundi, le groupe se retrouve pour répéter. Les cartons d’œufs soigneusement collés au plafond témoignent de l’enthousiasme du groupe pour le travail manuel lors de l’aménagement de la salle de répétition au sous-sol de la maison familiale, où Philipp Manser et son frère habitent encore avec leurs parents dans une zone rurale du canton de Thurgovie.

Pendant les répétitions, les membres du groupe écoutent les idées musicales liées aux textes. «Après quelques mesures, je vois sur leurs visages si l’idée est bonne ou pas», explique Philipp Manser. Les idées qui ont plu sont développées ou bien des modifications sont apportées par le groupe pour adapter le morceau.

«Nous souhaitons que nos chansons témoignent de l’emblématique ‹patte Feger›, déclare le compositeur. «Par principe, nous utilisons le schwyzerörgeli plutôt que la guitare, dans la mesure du possible. Associé à la batterie et à la basse, il crée ainsi un groove particulier.» Leur musique doit avoir un son moderne, voilà l’objectif revendiqué par les quatre musiciens, qui affichent sur leur site Internet leur préférence pour les groupes Coldplay, AC/DC et Status Quo.

Des apparitions à la télévision et au Vatican

La «patte Feger» est de plus en plus reconnue dans le monde de la musique folk. «Nous avons déjà pu vivre des choses extraordinaires grâce au groupe», raconte Philipp Manser. Il se souvient volontiers de leur prestation sur le plateau de «Samschtig-Jass» à la télévision suisse, au Vatican lors de la fête de la Garde Suisse le 1er août, et bien évidemment lors du concours de jeunes talents du «Musikantenstadl», grâce auquel ils ont pu se produire fin 2014 au Gala télévisé «Silvesterstadl» à Graz.

Dans le cadre de son apparition au «Silvesterstadl», Seerugge Feger a pu enregistrer son premier album. Cet album «Made in Switzerland» a été réalisé en collaboration avec le producteur Uwe Alternuied, l’ex-joueur de synthé de Klostertaler. Il est disponible depuis 2015. Un nouvel album est actuellement en préparation.

Une adhésion à SUISA par hasard

Philipp Manser a reçu son premier schwyzerörgeli de la part de son oncle, qui le lui a offert alors qu’il n’était qu’un petit garçon et lui a également donné ses premières leçons. Il a ensuite suivi des cours au conservatoire durant de nombreuses années. Il se souvient avoir composé ses premiers morceaux pour la Formation Die jungen Manser Buebe à l’âge de 16 ou 17 ans.

Philipp Manser a rejoint SUISA enautomne 2015. «C’était une erreur», explique-t-il. «Nous avons supposé que la maison de disques m’avait inscrit depuis longtemps». C’est lorsqu’il a pris contact avec SUISA qu’il a constaté qu’il n’était pas inscrit. Il a alors adhéré à SUISA.

Depuis, il a reçu le premier décompte de SUISA au printemps. Les montants versés ne lui permettent pas d’entreprendre grand chose. Contester les subventions des musiciens n’est pour l’instant pas sujet à débat selon lui.

Le Petit Prix Walo, une étape de plus pour Seerugge Feger

«Nous nous demandons parfois comment nous réagirions si le groupe avait la chance de percer véritablement», déclare Philipp Manser. Pour l’instant, les membres du groupe ont tous une profession et ne se consacrent à la musique que pendant leur temps libre.

Depuis la sortie de leur premier album l’année dernière, le groupe se produit sur scène en moyenne trois à quatre fois par mois. Les demandes de concert sont plus nombreuses, mais les musiciens ne peuvent malheureusement pas toutes les satisfaire, et ceci par manque de temps. «Nous sommes bien occupés et satisfaits de la situation actuelle», affirme Philipp Manser. Les membres du groupe Seerugge Feger avancent pas à pas dans leur carrière musicale. Le Petit Prix Walo 2015 constitue une étape supplémentaire de leur parcours.

Site officiel du groupe: www.seeruggefeger.ch

Le Prix Walo est décerné depuis 1974 par les membres de l’association Show Szene Schweiz. Ce prix distingue les artistes suisses à succès dans différents domaines: pop/rock, hip hop, jazz/blues, musique de fanfare, cabaret/comédie, productions cinématographiques, théâtrales et télévisuelles et leurs acteurs. La 42e édition de remise du Prix Walo aura lieu le dimanche 8 mai 2016 au Kongresshaus de Zurich et sera retransmis en direct sur Star TV. SUISA soutient l’association Show Szene Schweiz.

Le tremplin du Prix Walo et le Petit Prix Walo sont destinés à promouvoir les talents suisses de Show Szene. Retrouvez toutes les informations concernant les inscriptions aux événements du tremplin du Prix Walo 2016 sur le site Internet du Prix Walo.

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Fête fédérale de la musique populaire 2015: une cérémonie, un consellier fédéral et un hymne

Près de 100 000 visiteurs, plus de 1500 musiciens, un conseiller fédéral et de nombreuses célébrités (politiques): après trois jours placés sous le signe de la musique populaire, aujourd’hui la Fête fédérale de la musique populaire 2015 à Aarau touche à sa fin. La présentation de l’hymne «z Aarau esch de Adler los», composé spécialement pour cette occasion avec le soutien financier de la FONDATION SUISA, a constitué le grand moment musical de la journée. Texte: Giorgio Tebaldi

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A la ceremonie, l’hymne «z Aarau esch de Adler los», composé par Hanspeter Zehnder (2e de droite), a été présenté: Erika Weibel, Communication SUISA, Andreas Wegelin, Directeur général SUISA, Christine Egerszegi, présidente du CO de la Fête fédérale de la musique populaire 2015, Hanspeter Zehnder, Urs Schnell, Directeur FONDATION SUISA (Photo: Giorgio Tebaldi)

La Fête fédérale de la musique populaire 2015 s’achève aujourd’hui à Aarau. En plus du défilé dans les rues d’Aarau, il y avait aussi au programme une cérémonie avec un discours de notre ministre de la culture Alain Berset. Le grand moment musical a été formé par la présentation de l’hymne «z Aarau esch de Adler los» des «Ländler-Wurlitzer», qui a été écrit spécialement pour cette occasion par le compositeur Hanspeter Zehnder. La composition a été soutenue financièrement par la FONDATION SUISA, la fondation pour la promotion de la musique de SUISA.

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L’aigle vibre au son de la musique populaire: SUISA à la Fête fédérale de la musique populaire à Aarau

Depuis jeudi, Aarau est placée sous le signe des Ländler et des fanfares. La Fête fédérale de la musique populaire se déroule cette année dans la capitale du canton d’Argovie. SUISA s’engage aussi dans cet événement majeur de la musique populaire. (Texte: Giorgio Tebaldi)

SUISA

De la musique populaire à perte d’oreille. Avec le soutien de SUISA et de la FONDATION SUISA (Photo: Giorgio Tebaldi)

Une ambiance détendue: sous un temps superbe, les jeunes et les moins jeunes se retrouvent dans la vieille ville d’Aarau aux sons de la musique populaire. Les chants de plus de 1500 musiciens y sont présentés. SUISA est aussi de la partie: elle soutient financièrement cet événement à travers sa fondation pour la promotion de la musique, la FONDATION SUISA. Et nous attendons avec impatience de voir la cérémonie, le défilé et l’hymne de la fête de demain dimanche.

Nous sommes présents dès les premières notes pleines d’entrain…

Plus de 1500 musiciens se produisent à la Fête fédérale de la musique populaire. Voici quelques impressions (Photos: Giorgio Tebaldi):

Formation

Alphorn

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Depuis jeudi, Aarau est placée sous le signe des Ländler et des fanfares. La Fête fédérale de la musique populaire se déroule cette année dans la capitale du canton d’Argovie. SUISA s’engage aussi dans cet événement majeur de la musique populaire. (Texte: Giorgio Tebaldi)

SUISA

De la musique populaire à perte d’oreille. Avec le soutien de SUISA et de la FONDATION SUISA (Photo: Giorgio Tebaldi)

Une ambiance détendue: sous un temps superbe, les jeunes et les moins jeunes se retrouvent dans la vieille ville d’Aarau aux sons de la musique populaire. Les chants de plus de 1500 musiciens y sont présentés. SUISA est aussi de la partie: elle soutient financièrement cet événement à travers sa fondation pour la promotion de la musique, la FONDATION SUISA. Et nous attendons avec impatience de voir la cérémonie,...Continuer

Comment est né l’hymne de la Fête fédérale de la musique populaire 2015 à Aarau?

La Fête fédérale de la musique populaire 2015 à Aarau a son propre hymne: il s’agit de la danse écossaise «Z’Aarau esch de Adler los» («L’aigle d’Aarau vibre au son de la musique populaire»). Le Comité d’organisation de la fête a confié la composition de la nouvelle œuvre à Hanspeter Zehnder. Ce dernier nous a donné rendez-vous à son domicile de Sins (AG) pour nous parler de la création de l’hymne festif et de son activité musicale. Texte/Interview: Manu Leuenberger

Hanspeter Zehnder am Piano im Musikzimmer

Hanspeter Zehnder a installé une salle de musique au sous-sol de sa maison. Père de deux enfants, il peut ainsi composer et jouer de la musique dès que ses enfants sont au lit. (Photo: Manu Leuenberger)

Hanspeter, quelle a été ta réaction lorsque tu as appris, mi-mai, qu’on te confiait le travail de composition?
J’étais très content et honoré de voir que le Comité d’organisation m’avait choisi. Je me sens chez moi en Argovie … et je suis d’autant plus fier de pouvoir composer l’hymne de la grande fête organisée dans la capitale du canton.

Quelles étaient les exigences pour ce morceau?
Le Comité d’organisation a juste posé deux conditions. Cependant, elles n’étaient pas faciles à appliquer: l’hymne festif devait si possible pouvoir être interprété par tous, que ce soit au piano, à la trompette, à la clarinette ou par un ensemble d’accordéons schwyzois. Deuxièmement, la composition devait être simple et intuitive, avec la possibilité de la siffler ou la fredonner en même temps, afin que chacun s’y reconnaisse.

La tâche consistait donc à créer une mélodie à la portée de tous. Comment y es-tu parvenu?
Il m’a fallu un certain temps avant de trouver une idée pour cette composition particulière. Longtemps, j’ai fredonné des mélodies pendant mes trajets pour me rendre au travail, j’ai enregistré les plus satisfaisantes et, le soir, en les écoutant, je me disais: «C’est nul, on ne peut rien en tirer!» Difficile d’obtenir de superbes mélodies, elles ne viennent malheureusement pas simplement en claquant des doigts! De toute façon, c’est mon cas. La plupart du temps, les meilleures idées me viennent à l’esprit lorsque je joue de la clarinette dans ma salle de musique, une fois que les enfants sont couchés. Alors, j’écris la mélodie et je la laisse de côté un certain temps. Si quelques jours plus tard, elle me plaît encore, j’approfondis l’idée en développant la mélodie, en y apportant des variations ou en ajoutant d’autres éléments. Après la mélodie vient l’arrangement des voix des autres instruments. Pour les accords, l’harmonie et les arrangements, j’aime bien utiliser le piano lorsque je compose.

L’hymne festif devrait pouvoir être joué par le plus grand nombre d’interprètes possible dans des compositions d’orchestre les plus variées. Dans ce cas, comment fait-on pour concevoir la partition?
Pour un morceau de musique populaire, il y a d’emblée un point très important: il doit pouvoir être joué sur l’accordéon schwyzois. Cet instrument présente un spectre harmonique limité, également du point de vue de la tonalité. A partir du moment où on peut jouer une composition à l’accordéon schwyzois, elle est compatible avec la plupart des autres instruments. Les notes d’un morceau de musique traditionnelle suivent en règle générale le schéma suivant: on écrit la première voix, le son de la mélodie. On ajoute ensuite l’harmonie pour l’accompagnement, basse incluse. Parfois, on ajoute une deuxième voix dans les notes. Souvent, ce sont les musiciens interprètes qui ajoutent une deuxième voix. En principe, les partitions tiennent sur une page ou deux, ce qui vaut aussi pour l’hymne.

Combien de temps faut-il entre l’ordre d’établir une composition et l’interprétation?
Oh, c’est une question difficile! De la naissance d’une idée à l’essai de la musique que j’ai créée, il se passe beaucoup de choses jusqu’à la réalisation de la composition. Plus concrètement, je dirais qu’il m’a fallu environ deux jours pour l’élaboration de l’arrangement, y compris la préparation de la partition. Mais il a fallu avant tout réaliser la mélodie principale et la définir clairement. Avant la première, chaque membre du Ländler-Wurlitzer fait des essais séparément, puis nous répétons les quatre ensemble. L’hymne est également enregistré sur un CD. Viennent ensuite la première et la représentation du 13 septembre lors de la cérémonie de la Fête fédérale de la musique populaire … Il est donc difficile d’estimer exactement le temps passé.

Tu exerces ton activité musicale en plus d’une profession principale, où tu travailles à 100%. En tant que musicien populaire, comment peut-on vivre de ce métier?
Gagner sa vie en Suisse uniquement avec le revenu de compositeur et d’interprète de musique traditionnelle? Je dois avouer que c’est impossible, aucune chance. Même des musiciens reconnus ne vivent pas uniquement de la musique traditionnelle. En plus, les cachets pour les représentations sont particulièrement modestes dans le monde de la musique populaire; il n’est pas rare de recevoir de la bière et un cordon bleu, en échange d’un petit morceau. Ajoutons que ces dernières années, certaines salles de concert de musique traditionnelle pouvant accueillir de grands orchestres ont sensiblement réduit leur programme, voire l’ont suspendu.

Au sujet de la rémunération dans le monde musical: tu es membre de SUISA depuis 1997. Pourquoi as-tu rejoint la coopérative des auteurs et éditeurs musicaux?
Si je me souviens bien, j’ai composé mes premiers morceaux en 1996 et 1997. Je crois que des collègues plus âgés m’ont ensuite dit que je devais m’inscrire auprès de SUISA, où je devais déposer mes morceaux. Je pense que SUISA est une organisation importante pour les auteurs. En tant que compositeur, je perçois une rémunération de SUISA si mes morceaux sont produits. Mon groupe actuel, «Ländler-Wurlitzer», donne environ 40 à 50 concerts par an, la plupart du temps un répertoire de base. J’annonce régulièrement ces représentations. Et qui sait, peut-être que cela suffira pour que SUISA me verse quelques francs de rente lorsque j’aurai atteint l’âge de la retraite.

Outre les nombreux concerts, les Ländler-Wurlitzer ont enregistré deux CD en 2008 et 2011. A quand la prochaine édition?
Nous avons déjà fait de nouveaux enregistrements. Au départ, la commercialisation des CD était prévue cet été. Mais nous avons changé le programme en raison de la demande de composition: nous voulions naturellement que l’hymne festif soit également enregistré sur le nouveau CD. Nous commencerons donc par enregistrer la composition festive pour pouvoir ensuite intégrer les titres supplémentaires dans la nouvelle édition. Le CD paraîtra aux environs de la Fête fédérale de la musique populaire en septembre, et il contiendra a priori sept morceaux.

Quels sont les espoirs et les attentes d’un compositeur à l’égard de son œuvre appelée à devenir l’hymne d’une importante fête musicale?
Idéalement, le morceau doit être bien perçu par les auditeurs et les musiciens, pour être entendu tant à la fête qu’à diverses reprises ultérieurement. Quant au pire des cas, je ne veux même pas y penser. Il est vrai qu’en raison des circonstances particulières, la composition subit une certaine pression. Toutefois, je connais mes aptitudes musicales et je sais que je peux écrire de bonnes mélodies. Avec cette conviction dans l’esprit et dans mon cœur, j’ai un bon pressentiment pour l’hymne du festif.

Zehnder-Klarinette

Hanspeter Zehnder, âgé de 37 ans, joue de la clarinette comme instrument principal, mais également du saxophone, de la contrebasse, du piano et de la batterie. (Photo: Manu Leuenberger)

Hanspeter Zehnder, né le 27 mai 1978, a fait ses premiers pas musicaux dans la fanfare de Bennau. Plus tard, il a notamment joué dans le Swiss Army Concert Band dirigé par Christoph Walter. En tant que clarinettiste, on peut l’écouter sur des dizaines de CD de musique traditionnelle. Par ailleurs, il joue du saxophone, de la contrebasse, du piano et de la batterie. Ses premières compositions ont vu le jour avant son 20e anniversaire. Depuis 2005, il se produit avec son propre groupe Länder-Wurlitzer, dans lequel il joue avec Cornelia Zehnder, son épouse. Il vit à Sins (AG) avec sa famille.

La 12e Fête fédérale de la musique populaire aura lieu à Aarau du 10 au 13 septembre 2015. Environ 300 groupes prendront part aux quatre jours de festivités, soit 1500 musiciens au total, représentant la musique populaire de toute la Suisse. Des spectacles sont prévus dans sur 15 places de concert, avec 3 scènes et 5 salles. Le Comité d’organisation attend plus de 100 000 visiteurs à cette manifestation.

L’hymne festif «Z’Aarau esch de Adler los» composé par Hanspeter Zehnder a été joué en avant-première lors d’une conférence de presse, le 27 août 2015. Le morceau sera de nouveau joué par les Ländler-Wurlitzer le dimanche 13 septembre 2015, à l’occasion du banquet de la fête dans la Halle du marché d’Aarau. Le morceau sera également diffusé le vendredi 11 septembre 2015 dans l’émission «Zoogä-n-am Boogä» lors du programme Musikwelle de SRF et le samedi 12 septembre 2015 à la télévision sur SRF 1 dans l’émission «Potzmusig».

La demande de composition de l’hymne en prévision de la 12e Fête fédérale de la musique populaire à Aarau a été soutenue par la FONDATION SUISA, la fondation de promotion de la musique de la SUISA.

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La Fête fédérale de la musique populaire 2015 à Aarau a son propre hymne: il s’agit de la danse écossaise «Z’Aarau esch de Adler los» («L’aigle d’Aarau vibre au son de la musique populaire»). Le Comité d’organisation de la fête a confié la composition de la nouvelle œuvre à Hanspeter Zehnder. Ce dernier nous a donné rendez-vous à son domicile de Sins (AG) pour nous parler de la création de l’hymne festif et de son activité musicale. Texte/Interview: Manu Leuenberger

Hanspeter Zehnder am Piano im Musikzimmer

Hanspeter Zehnder a installé une salle de musique au sous-sol de sa maison. Père de deux enfants, il peut ainsi composer et jouer de la musique dès que ses enfants sont au lit. (Photo: Manu Leuenberger)

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Marcel Oetiker: «Les voyages m’inspirent» | avec vidéo

A la gare de Hardbrücke à Zurich, les trains grondent et crissent sans retenue, dans les courbes, au moment du départ, et au freinage. Mais si Marcel Oetiker a choisi ce lieu de rendez-vous, ce n’est pas pour ces bruits qui parfois stimulent la créativité des artistes. Texte de Markus Ganz, contributeur invité; vidéo de Manu Leuenberger

Né en 1979, Marcel Oetiker est un virtuose de l’accordéon schwyzois. «Pour mes déplacements professionnels, j’emprunte dans la plupart des cas les transports publics, en passant souvent par Zurich», explique le compositeur originaire du village d’Altendorf (SZ). «Et ces voyages peuvent être très inspirants. Dans la mesure du possible, je prends alors note de mes idées sur mon laptop ou sur papier».

Marcel Oetiker, qui s’inscrit dans le mouvement de la musique populaire suisse dite «nouvelle», ne pense pas que des éléments extérieurs comme les bruits d’une gare aient influencé ce genre de musique. Pour lui, le plus important est d’étudier la musique et d’appliquer ensuite cet apprentissage au travail de composition. ‒ «Cela peut également ouvrir de nouvelles perspectives pour ce genre de musique».

De la musique folklorique à l’étude du jazz

Marcel Oetiker constitue un bon exemple de ce processus. Autodidacte, il s’est très tôt intéressé à la musique traditionnelle et s’est rapidement fait connaître dans ce milieu. Puis rapidement, il est arrivé à un stade où l’intérêt pour la musique l’emporte sur la seule dimension de divertissement.

«Obtenir à partir d’un statu quo une expressivité maximale qui résiste aussi longtemps que possible aux nombreuses répétitions – telle est la dimension qui m’a toujours fasciné dans la musique folklorique.» Cette approche est d’ailleurs perceptible dans son travail actuel.

Ces études de jazz à la Haute école des arts de Berne -qu’il termine avec un master en composition et théorie musicale- lui ouvrent de nouvelles possibilités musicales. «Le jazz offre une harmonie beaucoup plus nuancée et en particulier un modèle théorique permettant de contrôler et de reproduire les différents effets harmoniques.» Une certaine proximité avec la musique «nouvelle» est parfois même perceptible dans son travail; il souhaite en effet pouvoir accéder à toute la palette des possibilités de composition.

De la notation à la partition acoustique

Marcel-Oetiker-Video_VorschauCette évolution a également modifié la manière de composer de Marcel Oetiker. Aujourd’hui, il utilise rarement un motif «classique» comme point de départ, car il ne souhaite pas se limiter à ce style spécifique de composition. Il tend de plus en plus à se détacher du système traditionnel de notation et essaie davantage de «rester entièrement au niveau acoustique». Aux musiciens exécutant sa musique, il livre par exemple une partition acoustique indicative qu’il crée aux moyens d’instruments ou même de bruits.

Marcel Oetiker conçoit également des œuvres pour plusieurs musiciens. «La démarche ne ressemble pas au travail typique d’un groupe, où l’on s’attache collectivement à créer un morceau. Mes compositions naissent de circonstances spécifiques et ne sont pas toujours entièrement notées, mais par exemple constituées d’instructions indicatives.» Néanmoins, Marcel Oetiker précise que les morceaux sont le plus souvent développés de manière détaillée, en laissant assez peu de liberté aux exécutants.

La musique d’abord, l’argent ensuite

Marcel Oetiker est musicien professionnel. A côté de son activité de composition, il dirige différents ensembles et enseigne dans plusieurs établissements. «Si je souhaitais m’enrichir rapidement, je ne devrais pas évoluer dans les domaines musicaux plutôt marginaux que j’ai choisis. Je n’ai jamais voulu vivre de la musique, mais pour la musique.»

Dans ces conditions, il apprécie énormément de pouvoir laisser à SUISA le soin de se charger de la gestion de ses droits d’auteur. «SUISA s’occupe de nombreuses tâches administratives à ma place. C’est ce dont j’ai besoin pour pouvoir me concentrer encore davantage sur la musique». Il est particulièrement impressionné par l’offre de conseils de SUISA. «J’ai toujours reçu une réponse utile après avoir adressé une question à SUISA. Et je n’ai jamais reçu de facture pour de tels services. Est-ce que cela existe ailleurs?»

www.marceloetiker.com

Wo-neue-Musik-entsteht_Cover«Dès les premières notes»

La valeur des idées des créateurs de musique est au coeur du travail de SUISA. Pour la brochure «Dès les premières notes», cinq personnalités et groupes de différents genres musicaux et régions linguistiques de Suisse ont donné un aperçu de leur processus de création et de leur activité musicale. Outre Marcel Oetiker, Camilla Sparksss, Oliver Waespi, Eriah et Carrousel sont présentés sur SUISAblog.ch et dans une brochure (PDF, 8.17 Mo) réalisée pour la première fois cette année.

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  1. Julien Gilliand dit :

    Finde das Gespräch interessant und spannend, leider finde ich die Bilder nicht optimal, wie z.B. Bildausschnitte, Kameraführung und Farben sind zu wenig ausgearbeitet und ausgesucht… Zum Teil auch sehr sehr wackelige Bilder, dass mehr Verwirrung stiftet als was anderes…
    Bei der Mikrophonierung hätte ich Anstecker gewählt, die weniger Nebengeräusche aufnehmen. Wenn keine Vorhanden waren, dann hätte ich die Richt-Mikrophone nicht auf die Gleise gerichtet, da sobald ein Zug kommt, man ihn kaum mehr versteht, Zudem finde ich, gehören sie nicht ins Bild (es ist ja keine PK…) Vielleicht hätte es ein geeigneter Interview-Platz auch nicht schlecht getan…

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A la gare de Hardbrücke à Zurich, les trains grondent et crissent sans retenue, dans les courbes, au moment du départ, et au freinage. Mais si Marcel Oetiker a choisi ce lieu de rendez-vous, ce n’est pas pour ces bruits qui parfois stimulent la créativité des artistes. Texte de Markus Ganz, contributeur invité; vidéo de Manu Leuenberger

Né en 1979, Marcel Oetiker est un virtuose de l’accordéon schwyzois. «Pour mes déplacements professionnels, j’emprunte dans la plupart des cas les transports publics, en passant souvent par Zurich», explique le compositeur originaire du village d’Altendorf (SZ). «Et ces voyages peuvent être très inspirants. Dans la mesure du possible, je prends alors note de mes idées sur mon laptop ou sur papier».

Marcel Oetiker, qui s’inscrit dans le mouvement de la musique populaire suisse dite «nouvelle»,...Continuer