Archive de tag: Musique contemporaine

Là où il nʼy a pas dʼamour, tout est vain

Le compositeur et journaliste musical zurichois Rolf Urs Ringger est décédé le 26 juin 2019 à l’âge de 84 ans. Hommage par Thomas Meyer, contributeur invité

Rolf Urs Ringger: Là où il nʼy a pas dʼamour, tout est vain

Rolf Urs Ringger était membre de SUISA depuis 1960. (Photo: Keystone / Gaëtan Bally)

Dans ses jeunes années, il avait le projet d’écrire un roman intitulé «Le Dandy»: le personnage principal y aurait pris un taxi pour se rendre à l’opéra. Ce livre aurait dû traiter de ce court et pourtant interminable voyage – et probablement aussi un peu de lui-même. Peu importe qu’il s’agisse d’une invention ou s’il se trouvera effectivement dans la succession l’ébauche d’un roman : Rolf Urs Ringger savait bien entendu qu’une telle anecdote donnerait du grain à moudre au journaliste. Malicieusement, il imaginait comment le profil du dandy Ringger prenait forme et s’en réjouissait car c’est aussi ce qu’il était: le dandy des compositeurs suisses, coquet invétéré, mais jouant de cette coquetterie. Lorsqu’Adrian Marthaler a adapté pour la télévision son œuvre orchestrale «Breaks and Takes», Ringger y joua le rôle d’un compositeur mélancolique à la Frederick Delius, se prélassant au bord d’une piscine.

«J’adore minauder. C’est aussi cela qui donne à mes productions leur aspect léger et ludique. Le public apprécie et en plus j’ai du plaisir à le faire!», avait-il dit lors d’une conversation. «Cet aspect du narcissisme est, sans jugement de valeur, très perceptible chez moi.» J’aimais chez lui cette autodérision très naturelle. Il apportait une couleur très personnelle et bien visible à la scène musicale zurichoise qui tend davantage à la modestie; il était sophistiqué, polyvalent, urbain, même s’il passait tous ses étés à Capri, où il créa de nombreux univers sonores sensuels. Le compositeur a lui-même largement contribué à entretenir cette image.

Un artiste des sons et des mots

Mais Ringger était également un Zurichois. C’est dans cette ville qu’il est né le 6 avril 1935; c’est ici qu’il a grandi, vécu et travaillé en tant qu’artiste des sons et des mots. Il a fréquenté le gymnase de Küsnacht. Au séminaire de musicologie de Kurt von Fischer à Zurich, son travail de fin d’études porta sur les Lieder pour piano de Webern. Il a également travaillé durant des décennies pour la «Neue Zürcher Zeitung» en tant que critique musical, en livrant des textes élégants et percutants, parfois délibérément lacunaires. Il a aussi dressé très tôt le portrait de certains compositeurs qui ne furent vraiment reconnus que plus tard, comme par exemple Edgard Varèse, Charles Ives, Erik Satie et Othmar Schoeck. A côté des grands personnages, il y a les originaux, et il a volontiers pensé aux nostalgiques, parmi lesquels il se comptait probablement lui-même. Il a regroupé ces portraits dans des publications telles que le recueil d’essais «Von Debussy bis Henze».

Ringger a suivi très tôt des cours de composition privés auprès de Hermann Haller. Dans le cadre des cours de vacances de Darmstadt, il a étudié auprès de Theodor W. Adorno et Ernst Krenek; peu après encore un semestre auprès de Hans Werner Henze à Rome. C’étaient des antipodes esthétiques, car Henze s’était déjà retiré de la scène avant-gardiste à cette époque. Bien que Ringger ait dit plus tard, avec un sourire suffisant et plein d’espoir, qu’il s’était mieux entendu avec Adorno qu’avec Henze, comme ce dernier, il s’est néanmoins écarté des techniques strictement sérielles et s’est tourné vers un langage sonore plus sensuel. On peut d’ailleurs l’entendre dans ses titres: «… vagheggi il mar e l’arenoso lido …» pour orchestre (1978), «Souvenirs de Capri» pour soprano, cor et sextette à cordes (1976–77), «Ode ans Südlicht» pour chœur et orchestre (1981) ou encore «Addio!» pour cordes et cloches tubulaires. Avec «Der Narziss» (1980), «Ikarus» (1991), et «Ippòlito» (1995), il a créé trois œuvres pour ballet. Il n’a apparemment jamais essayé d’aborder les grandes formes musicales dramatiques.

Langage sonore sensuel

Succédant à Henze, Ringger fut l’un des premiers à utiliser à nouveau des éléments de musique néotonale dans les années 70, mais très tôt par rapport à la tendance générale. A l’époque, j’avais publié une critique plutôt virulente dans ce sens. Il a naturellement fait part de sa vexation avec l’autodérision qui le caractérisait. Et pourtant, quelques années plus tard, il y est revenu avec plaisir et a fièrement mis en évidence que je l’avais désigné comme le premier compositeur de musique néotonale du pays. Le virage postmoderne lui avait donné raison.

Sa musique aimait jouer avec les citations (Debussy par exemple), recourait à des couleurs impressionnistes ou à des gestes très romantiques, tout en restant limpide et légère. Je l’apprécie surtout en tant que flâneur urbain. Pas lorsqu’il réunit des coupures de journaux en un collage («Chari-Vari-Etudes», «Vermischtes») pour chœur de chambre, de manière un peu enfantine, mais plutôt dans ses promenades musicales. Dans «Manhattan Song Book» (2002) pour soprano, trois voix et cinq instruments, il est en balade à New York, il observe, note et commente en onze chansons, de manière insolente et insouciante, là aussi avec la coquetterie de celui qui se contemple dans un miroir. Quand une dame peu sympathique, décrite comme une «crazy witch», lui demande s’il est le «famous composer», il répond laconiquement: «No, it’s my cousin.»
Maintenant, il n’est plus là. «Lumière!», peut-on lire tout en haut de l’avis mortuaire; puis deux phrases: «Il aimait le soleil méditerranéen, la musique et la jeunesse. Il remercie toutes celles et tous ceux qui lui ont fait du bien dans la vie et qui ont soutenu sa musique.» Il manquera à Capri. Son «Notizario caprese» (2004) se terminait par les mots suivants «(très calme, presque sans pathos): Se non c’è Amore, tutto è sprecato. (très sobre) Là où il n’y a pas d’amour, tout est vain. Epitaphe à Capri; vers 2020.»

Cet hommage de Thomas Meyer a paru tout d’abord dans la «Revue musicale suisse», No 9/10 de septembre/octobre 2019.

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Le compositeur et journaliste musical zurichois Rolf Urs Ringger est décédé le 26 juin 2019 à l’âge de 84 ans. Hommage par Thomas Meyer, contributeur invité

Rolf Urs Ringger: Là où il nʼy a pas dʼamour, tout est vain

Rolf Urs Ringger était membre de SUISA depuis 1960. (Photo: Keystone / Gaëtan Bally)

Dans ses jeunes années, il avait le projet d’écrire un roman intitulé «Le Dandy»: le personnage principal y aurait pris un taxi pour se rendre à l’opéra. Ce livre aurait dû traiter de ce court et pourtant interminable voyage – et probablement aussi un peu de lui-même. Peu importe qu’il s’agisse d’une invention ou s’il se trouvera effectivement dans la succession l’ébauche d’un roman : Rolf Urs Ringger savait bien entendu qu’une telle anecdote donnerait du grain à moudre au journaliste. Malicieusement, il imaginait comment le profil du dandy Ringger prenait forme et...Continuer

Découvertes et concerts captivants au festival Zeiträume

Souhaitez-vous voir à l’œuvre des compositrices et compositeurs pendant qu’ils travaillent? Vous voulez leur demander ce qui les inspire et les pousse à nous dévoiler de nouveaux univers avec leurs œuvres? En collaboration avec SUISA, la biennale musique contemporaine et architecture de Bâle vous offre la possibilité de vous entretenir personnellement avec des auteurs d’œuvres jouées pendant le festival. Texte d’Erika Weibel

Découvertes et concerts captivants au festival Zeiträume

Le Zeiträume Basel Pavillon, lieu de rencontre du festival. C’est le festival Zeiträume de Bâle qui l’a construit avec le soutien de SUISA et de la Banque cantonale bâloise en coproduction avec la Haute école de musique FHNW/ Académie de musique de Bâle. (Photo: Johanna Köhler)

En coopération avec SUISA, le festival Zeiträume dévoile de manière attractive comment la musique prend vie. En 2019, le programme du festival met spécialement l’accent sur le processus créatif des compositions. Lors des tables rondes organisées par SUISA avec des compositrices et compositeurs dont les œuvres pourront être entendues lors du festival, les festivaliers auront l’occasion de s’imprégner de leur univers et de se faire une idée sur leur motivation, leur inspiration et sur leurs différentes méthodes de travail. Les spectateurs pourront également poser des questions aux compositrices et aux compositeurs dans une ambiance détendue.

La participation au concert qui suit ou précède ces tables rondes deviendra ainsi un peu plus captivante, et permettra d’attiser les joies ou d’approfondir l’expérience musicale. Les tables rondes seront gratuites pour le public, elles seront animées par des professionnels et auront lieu sur différents sites.

Les Tables rondes organisées par SUISA au festival Zeiträume 2019

DIM 15.09 Katharina Rosenberger, Baldur Brönnimann | Wir sind Meer | Mitteldeck
LUN 16.09 Membres de FIM Basel | Das grosse Rauschen| Entreprise Mitte
LUN 16.09 Marianne Schuppe | Die Summe | Pavillon Zeiträume
MER 18.09 Elisabeth Flunger et invités | Das grosse Rauschen | Unternehmen Mitte
MER 18.09 Team Rohrwerk. Fabrique sonore | Musée d’art
JEU 19.09 Team Rohrwerk. Fabrique sonore | Musée d’art
SAM 21.09 Team Rohrwerk. Fabrique sonore | Musée d’art
SAM 21.09 Hannes Seidel, Andreas Wenger | Überläufer* | Zollhalle St. Johann
SAM 21.09 Collectif Mycelium | Cyber String Species | Gare du Nord
SAM 21.09 Mike Svoboda | Freude | Eglise St-Antoine
DIM 22.09 Team Ivan Wyschnegradsky: La Coupole | Marché couvert de Bâle

Des tables rondes auront également lieu tous les jours de 16h30 à 19h00 au pavillon. Le festival Zeiträume publiera le programme exact sur son site Internet peu avant.

Animation: Bernhard Günther, Dorothea Lübbe, Johannes Joseph, Anja Wernicke

Le Pavillon du festival

L’architecte bâlois Marco Zünd (Buol & Zünd Architekten), a conçu, avec le soutien de SUISA, un lieu de rassemblement temporaire situé à un endroit bien en vue sur la rive du Rhin près du pont central. Un cube dépliable servira pendant deux semaines de centre d’information, de point de rencontre pour les diverses activités du festival et de lieu de prestations artistiques. Le public y rencontrera également des compositrices et des compositeurs en action pendant toute la durée du festival.

Horaires d’ouverture du pavillon
MAR 10.09 – DIM 22.09 | tous les jours de 11h00 à 19h00 | Wohlterasse, près du pont central

Tables rondes organisées au cube avec des artistes du festival: tous les jours de 16h30 à 19h00
(sauf pendant les représentations)
MAR 10.09 | SUISA Talk avec Marco Zünd
LUN 16.09 | SUISA Talk avec Marianne Schuppe

Représentations: MER 11.09, JEU 12.09, MAR 17.09, MER 18.09 | de 12h30 à 14h00 et de 17h00 à 18h30

www.zeitraeumebasel.com

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Faire de la musique à l’ère de la contamination

Une discussion sur le thème – simple seulement au premier abord – de la «contamination en musique» a engendré de nombreuses contributions, prouvant une nouvelle fois la volonté de parler de la musique et des idées pour essayer de mieux se comprendre et de manière plus approfondie. Texte de Zeno Gabaglio, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Jazz in Bess: Faire de la musique à l’ère de la contamination

Table ronde autour du thème Faire de la musique à l’ère de la contamination: Zeno Gabaglio, Nadir Vassena, Maurizio Chiaruttini (animateur), Gabriele Pezzoli et Carlo Piccardi (de gauche à droite). (Photo: Giorgio Tebaldi)

Rédiger un rapport sur une manifestation où la participation fut active présente un unique gros problème: le conflit d’intérêts – cet être partial qui exclut toute attente justifiée d’objectivité. Vous, lecteurs, êtes donc avertis du fait que, dorénavant, chaque aspect du compte rendu sera marqué par la subjectivité la plus totale.

Petit retour en arrière: le 7 juin dernier à Lugano, sur le site accueillant de Jazz in Bess (ce qui se rapproche le plus d’un club de jazz en Suisse italienne, mais il faudrait consacrer un article entier à ce lieu magique…), une table ronde a eu lieu sur le thème Faire de la musique à l’ère de la contamination. Quatre représentants différents de la vie musicale tessinoise ont pris la parole: Nadir Vassena (compositeur, professeur et animateur de la scène culturelle depuis maintenant des décennies, ayant fait ses preuves à l’échelle européenne), Gabriele Pezzoli (compositeur et pianiste de jazz, ayant suivi un parcours d’auteur personnel et varié), Carlo Piccardi (musicologue et directeur de Rete Due durant des années – un des plus fervents connaisseurs et défendeurs de la culture historico-musicale en Suisse italienne) et le rédacteur, Zeno Gabaglio.

Un groupe hétéroclite – dans un autre contexte, on pourrait dire comme les boîtes de chocolats: tous différents les uns des autres – qui, de par leur parcours respectifs différents, laissait imaginer des divergences dans les idées concernant la musique. Une richesse d’opinions apparaît rapidement grâce au travail de médiation – mais aussi d’incitation – assuré par Maurizio Chiaruttini, journaliste et ex-producteur chez RSI.

Chercher sa propre identité musicale

«Dans tous les domaines de l’expression artistique, la contamination semble presque être devenue impérative: contamination entre des genres différents, contamination entre les langues – cultivé et populaire, académique et commercial, acoustique et technologique –, contaminations entre idiomes culturels de provenance variée. Dans un contexte comme celui-ci, que signifie chercher sa propre identité musicale, son propre style, sa propre expression authentique?».

Ce fut le point de départ et – contrevenant à toutes les règles dramaturgiques – nous dévoilons déjà qu’il n’y eut pas de point d’arrivée, ou du moins il n’y en a pas eu qu’un seul. Déjà en ce qui concerne le sens du terme «contamination», les idées allaient dans de nombreuses directions: souligner sa connotation essentiellement négative (la même racine que «contagion», rappelle Vassena) ou établir son altérité par rapport à des concepts tels que «pureté» ou «identité». Le musicien «contaminé» ne peut inévitablement pas être pur et perd inévitablement un peu de son identité en faveur de quelque chose d’autre.

Toujours sur le plan terminologique, Gabriele Pezzoli a proposé un synonyme – «hybridation» – moins connoté négativement et plus ouvert à la variété de stimuli qu’offre le monde contemporain et dans lequel Pezzoli se reconnaît.

Les chefs-d’œuvre sont souvent le fruit de processus

Carlo Piccardi a ensuite commencé en rappelant que la contamination est un phénomène historique vaste qui va bien au-delà de la contemporanéité. Les grandes œuvres historiques – ces chefs-d’œuvre incontestés que tout le monde reconnaît comme unitaires – ont souvent été le fruit de processus. Mais les processus nécessaires pour obtenir une œuvre ne sont presque jamais rapportés, et sont encore plus souvent oubliés: et c’est justement dans ces processus – au cours des deux derniers millénaires de l’histoire de la musique européenne – que la contamination a toujours eu un rôle significatif.

Il a été dit que nous ne sommes pas parvenus à une seule conclusion. Mais la discussion autour d’un thème apparemment simple et restreint tel que «la contamination dans la musique» – à une époque où le contraire semblerait plus vrai – a déclenché des thèmes et des observations secondaires qui ont affirmé le désir de parler de musique, de discuter des idées aussi bien que des sons, d’essayer de mieux se comprendre et de manière plus approfondie.

www.jazzinbess.ch

L’auteur invité – Zeno Gabaglio – est un musicien/compositeur et fait partie du Conseil de SUISA.


Creare musica nell’era della contaminazione

Una discussione attorno al tema – semplice solo all’apparenza – della “contaminazione in musica” ha innescato numerosi spunti, riaffermando la voglia di parlare di musica e di idee, per provare a capirsi meglio e più a fondo. Contributo ospite di Zeno Gabaglio

Creare musica nell’era della contaminazione

Tavola rotonda attorno al tema Creare musica nell’era della contaminazione: Zeno Gabaglio, Nadir Vassena, Maurizio Chiaruttini (moderazione), Gabriele Pezzoli e Carlo Piccardi (da sinistra a destra). (Foto: Giorgio Tebaldi)

Scrivere un rapporto su una manifestazione in cui si è avuto parte attiva presenta un unico grande problema: il conflitto d’interessi – quell’essere parziale che preclude ogni giusta aspettativa di oggettività. Sappia chi legge che, da qui in avanti, ogni aspetto del resoconto sarà marchiato dalla più totale soggettività.

Ma facciamo un passo indietro: lo scorso 7 giugno si è tenuta a Lugano, nell’ospitale sede di Jazz in Bess (la cosa più simile a un jazz club nella Svizzera italiana, ma su questo magico luogo bisognerebbe spendere un intero articolo …), una tavola rotonda attorno al tema Creare musica nell’era della contaminazione. Invitati a prender parola erano quattro diversi esponenti della vita musicale ticinese: Nadir Vassena (compositore, professore e animatore della scena culturale ormai da decenni, con significativi riscontri su scala europea), Gabriele Pezzoli (compositore e pianista jazz, protagonista di un percorso autoriale assai personale e pure variegato), Carlo Piccardi (musicologo e per anni direttore di Rete Due – uno dei più strenui conoscitori e difensori della cultura storico-musicale nella Svizzera italiana) e lo scrivente, Zeno Gabaglio.

Un gruppo assortito – si direbbe in contesti altri, come quello delle scatole di cioccolatini: tutti diversi tra loro – che già nella differenza dei rispettivi percorsi poteva lasciar immaginare una differenza nelle idee attorno alla musica. Una ricchezza di opinioni che è velocemente emersa grazie al lavoro di mediazione – ma anche di istigazione – garantito da Maurizio Chiaruttini, giornalista ed ex produttore RSI.

Cercare una propria identità musicale

«In tutti i campi dell’espressione artistica la contaminazione sembra essere diventata quasi un imperativo: contaminazione fra generi diversi, contaminazioni fra linguaggi – colto e popolare, accademico e commerciale, acustico e tecnologico –, contaminazioni fra idiomi culturali di provenienza disparata. In un contesto come questo, cosa significa cercare una propria identità musicale, un proprio stile, una propria autenticità espressiva?».

Questo è stato il punto di partenza e – contravvenendo a ogni regola drammaturgica – già sveliamo che non c’è stato nessun punto di arrivo, o perlomeno non ce n’è stato uno solo. Già sul senso del termine “contaminazione” le idee si sono mosse in direzioni molteplici: dal sottolinearne la connotazione sostanzialmente negativa (la stessa radice di “contagio”, ha ricordato Vassena) allo stabilire una sua alterità rispetto a concetti come quello di “purezza” o di “identità”. Il musicista “contaminato” inevitabilmente non può essere puro, inevitabilmente perde un po’ della sua identità in favore di qualcos’altro.

Rimanendo sempre su un piano terminologico Gabriele Pezzoli ha suggerito un sinonimo – quello di “ibridazione” – meno connotato negativamente, e più aperto alla varietà degli stimoli che il contemporaneo offre e nei quali Pezzoli si riconosce.

Capolavori sono stati frutto di processi

Carlo Piccardi ha poi esordito ricordando come la contaminazione sia un fenomeno storico di ampio respiro, che va ben oltre la contemporaneità. Le grandi opere storiche – quei capolavori indiscussi che tutti riconoscono come unitari – sono spesso stati frutto di processi. Ma i processi necessari a un’opera non vengono quasi mai riportati, e ancora meno vengono ricordati: e proprio in quei processi – per gli ultimi due millenni di storia della musica europea – la contaminazione ha sempre avuto un ruolo determinante.

Non si è arrivati a un’unica conclusione, si diceva. Ma la discussione attorno a un tema apparentemente semplice e circoscritto come quello della “contaminazione in musica” ha innescato temi e osservazioni secondarie che – in un periodo in cui sembrerebbe vero il contrario – hanno affermato la voglia di parlare di musica, di confrontarsi sulle idee oltre che sui suoni, di provare a capirsi meglio e più a fondo.

www.jazzinbess.ch

L’autore ospite – Zeno Gabaglio –è musicista/compositore e fa parte del Consiglio SUISA.

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Jouer avec l’espace et dans l’espace

Le lieu, le temps et l’espace jouent un rôle central dans le travail du compositeur Beat Gysin. Dans son œuvre en six parties intitulée «Leichtbautenreihe», il conçoit des lieux particuliers dans le but de confronter le public à des expériences sonores et spatiales changeantes. La deuxième partie de son ambitieux projet verra le jour dès 2021. La FONDATION SUISA le soutient financièrement par une contribution Get Going!. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Beat Gysin: Jouer avec l’espace et dans l’espace

Le compositeur bâlois Beat Gysin lors d’un enregistrement en 2010. (Photo: Anna Katharina Scheidegger)

La chimie et la musique ont-elles quelque chose en commun? Si l’on est tenté de répondre «non» de prime abord, le parcours de Beat Gysin dément pourtant cet a priori. Né au sein d’une famille de musiciens, Beat Gysin décide d’étudier la chimie en plus de la composition et de la théorie musicale. L’approche scientifique et l’évaluation empirique d’une approche expérimentale sont pour lui tout aussi importantes que l’élément musical. «Mon but en tant que musicien n’a jamais été de devenir célèbre mais de trouver des réponses avec et dans la musique», explique le Bâlois de 50 ans.

La liste de ses œuvres est impressionnante. Mais plus époustouflante encore est la manière dont il présente ses compositions au public. Beat Gysin se tient invariablement à distance de la reproduction et du son en boîte. Le lieu, le temps et surtout l’espace sont des éléments incontournables de ses performances. À cet égard, Beat Gysin n’est pas «que» compositeur et musicien, et l’on se doit de convoquer des termes comme «chercheur», «architecte», «passeur» et «philosophe» pour appréhender son univers.

«Mon approche est philosophique, en effet, acquiesce-t-il. Je m’intéresse à la perception, et je constate que la musique, dans toute sa réception, est privée de sa dimension spatiale.» Selon Beat Gysin, on sépare aujourd’hui totalement la musique de son exécution. L’artiste attire ainsi l’attention sur un point central de son travail: l’interaction systématique entre l’espace et le son. «Sortir mes morceaux de leur espace reviendrait à transformer une œuvre orchestrale en partition de piano. On reconnaîtrait les notes, certes, mais on n’entendrait pas l’orchestre.»

Avec une rigueur, une méticulosité et une soif d’expérimentation remarquables, Beat Gysin ne cesse à travers ses nombreux projets d’explorer l’interaction complexe entre l’espace, le son et la perception de la musique qui en découle. Le lieu du concert devient une partie intégrante de l’œuvre d’art. Celle-ci offre ainsi au public une expérience sensorielle totalement inédite par laquelle le musicien communique à chaque fois de nouvelles idées, qui donneront à leur tour naissance à de nouvelles approches et de nouveaux projets. «Je veux explorer. Et inventer», explique le compositeur, un tant soit peu laconique. Il n’est d’ailleurs pas obligatoirement au centre de l’attention. Il ne joue souvent qu’un rôle de directeur conceptuel. Pour favoriser les échanges, il a fondé le studio-klangraum ainsi que le festival ZeitRäume à Bâle.

«Sortir mes morceaux de leur espace reviendrait à transformer une œuvre orchestrale en partition de piano. On reconnaîtrait les notes, certes, mais on n’entendrait pas l’orchestre.»

Que ce soit dans des églises dotées chacune de propriétés acoustiques propres, dans des usines hydrauliques vides avec un écho pouvant durer jusqu’à 30 secondes ou encore dans des mines désaffectées où règne un silence presque parfait, Beat Gysin déniche toujours de nouveaux espaces à cartographier au moyen du son. Et lorsque l’espace naturel ne suffit pas, le musicien le construit. Son œuvre en six parties, la «Leichtbautenreihe», est l’une des œuvres centrales de Beat Gysin non seulement en raison du travail qu’elle représente, mais aussi parce qu’elle est une suite logique de celui-ci, le musicien y créant des espaces transportables. Il s’agit de six concepts spatiaux abstraits prenant la forme d’architectures pavillonnaires qui offrent des conditions d’écoute inhabituelles et permettent donc une perception inédite de la musique. «Chronos» était constituée d’une scène tournante ressemblant à un carrousel. Pour «Gitter», les musiciens étaient disposés de manière «sphérique» autour du public. Dans «Haus», les auditeurs se promenaient dans des maisons à la découverte d’espaces sonores. Et dans «Rohre», qui sera présentée prochainement (la première aura lieu en septembre 2019 dans le cadre du festival ZeitRäume, dans la cour intérieure du Kunstmuseum de Bâle), le public et les musiciens se rencontreront, au sens propre du terme, dans des tuyaux géants.

«Pour les deux dernières parties, prévues à compter de 2023, j’ai l’intention de me servir de dispositifs mobiles et d’explorer leur impact sur l’écoute. Dans l’un des deux projets, les musiciens et le public seront assis sur de petits chariots constamment en mouvement et redéfiniront ainsi l’espace en permanence. Et dans le dernier volet, il y aura un espace suspendu qui, comme un ballon, implosera régulièrement et se regonflera», précise Beat Gysin. Des projets aussi ambitieux ne sont pas faciles à financer pour un artiste. «Le besoin se fait sentir dès l’étape de la conception, car celle-ci est coûteuse», reconnaît Beat Gysin, qui ajoute: «La contribution Get Going! de la FONDATION SUISA constitue une réponse idéale à ce problème, car elle finance pour ainsi dire des pré-projets. Ce type d’aide n’existait pas jusqu’ici sous cette forme.»

À l’ère de la «festivalisation de la culture», où les experts en marketing accordent plus d’importance à la forme qu’au contenu, la «Leichtbautenreihe» incarne aussi une forme de résistance artistique. «L’avantage est qu’en tant qu’artiste, je conçois l’événement dans sa globalité», explique Beat Gysin, avant d’ajouter: «Dans ce monde de sollicitations tous azimuts, tout musicien se doit aujourd’hui de veiller à ancrer la musique dans l’espace, car elle ne peut plus être comprise hors de son contexte.»

www.beatgysin.ch

C’est en 2018 que la FONDATION SUISA a commencé à allouer de nouvelles contributions à la création. Dans le cadre de «Get Going!», elle finance des processus créatifs et artistiques qui se situent hors des catégories usuelles. Nous consacrons une série de portraits aux bénéficiaires de ces contributions Get Going!.


In viaggio con e nello spazio

Luogo, tempo e spazio giocano un ruolo centrale nelle opere del compositore Beat Gysin. Nella sua «Leichtbautenreihe» («Serie di costruzioni leggere») in sei parti, l’artista concepisce appositi spazi che permettano al pubblico di confrontarsi con esperienze sonore e spaziali mutevoli. A partire dal 2021 verrà realizzata la seconda parte dell’ambizioso progetto. La FONDATION SUISA sostiene questa opera con il contributo finanziario «Get Going!». Contributo ospite di Rudolf Amstutz

In viaggio con e nello spazio

Il compositore basilese Beat Gysin in una foto scattata nel 2010. (Foto: Anna Katharina Scheidegger)

Chimica e musica: come possono coesistere? Quella che inizialmente pare una contraddizione, acquista un senso compiuto all’interno della biografia di Beat Gysin. Cresciuto in una famiglia di musicisti, Gysin ha deciso di studiare, oltre a composizione e teoria musicale, anche chimica. L’approccio scientifico e l’analisi empirica, tipici del metodo sperimentale, sono per lui tanto essenziali quanto l’elemento artistico. «Non ho mai desiderato diventare famoso con la mia musica, quanto piuttosto trovare risposte con e nella musica», chiarisce l’artista di Basilea, oggi cinquantenne.

L’elenco delle sue opere è impressionante. Ancora più straordinaria, tuttavia, è la modalità di esecuzione delle sue composizioni. Gysin si muove costantemente al di là delle riproduzioni e delle registrazioni audio. Il luogo, il tempo e soprattutto lo spazio costituiscono elementi imprescindibili della sua pratica esecutiva. In quest’ottica, Gysin è ben lontano dall’essere «solo» un compositore e un musicista. Sarebbe invece opportuno ricorrere a termini quali ricercatore, architetto, mediatore e filosofo per comprendere appieno il suo universo.

«La mia anima è effettivamente quella di un filosofo», dichiara l’artista a tal proposito. «È questione di percezione: mi rendo conto che la musica, in tutte le sue modalità di ricezione, ha preso le distanze dallo spazio». Oggi si considera la musica come scissa dalla sua esecuzione, aggiunge l’artista, rimandando così a un punto centrale del suo lavoro: l’interazione costante tra spazio e suono. «Isolare uno dei miei brani dallo spazio sarebbe come realizzare una partitura per pianoforte di un’opera orchestrale: si riconoscerebbero le note, ma non si sentirebbe l’orchestra».

Con incredibile costanza, meticolosità e voglia di sperimentare, nei suoi innumerevoli progetti Gysin continua a sondare senza tregua la complessa interazione tra lo spazio, il suono e la conseguente percezione della musica. Lo spazio di esecuzione diventa parte integrante di un’opera d’arte che non solo offre al pubblico un’esperienza sensoriale del tutto originale, ma fornisce continuamente spunti a Gysin per lo studio di nuovi approcci e la creazione di ulteriori progetti. «Voglio scoprire cose. E inventare», così Gysin enuclea piuttosto laconico la sua pulsione artistica. In questo contesto, nel suo ruolo di compositore egli non si pone necessariamente al centro dell’attenzione, ma spesso funge «solo» da guida concettuale. Per promuovere lo scambio di idee, ha fondato a Basilea lo studio-klangraum (Spazio del suono) e il festival ZeitRäume (Spazi nel tempo).

«Isolare uno dei miei brani dallo spazio sarebbe come realizzare una partitura per pianoforte di un’opera orchestrale: si riconoscerebbero le note, ma non si sentirebbe l’orchestra.»

Gysin scopre spazi sempre nuovi di cui è possibile tracciare una mappa sonora – che siano chiese, con le loro particolarità acustiche, o centrali idriche dismesse in cui l’eco si protrae fino a 30 secondi o, ancora, miniere abbandonate dove regna un silenzio quasi perfetto. E laddove non sia disponibile lo spazio naturale per proseguire l’esplorazione, esso viene concepito con soluzioni architettoniche nuove. La «Leichtbautenreihe» in sei parti costituisce una delle opere centrali nella creazione di Gysin, e non soltanto per le energie profuse nella sua realizzazione – essa rappresenta anche il passo logico successivo, ovvero creare spazi che possano essere trasportati. Si tratta di sei concetti spaziali astratti, realizzati come architetture a padiglione, in cui la singolarità delle situazioni sonore permette una nuova percezione della musica. «Chronos» (Tempo) consiste in un palcoscenico girevole simile a una giostra; in «Gitter» (Gabbia) i musicisti sono disposti «sfericamente» intorno al pubblico; in «Haus» (Casa) è possibile passeggiare nello spazio sonoro di vere e proprie abitazioni; e in «Rohre» (Tubi), di prossima realizzazione (anteprima a settembre 2019, presso il cortile interno del Museo d’arte di Basilea, nell’ambito del festival ZeitRäume), il pubblico e i musicisti si incontreranno all’interno di enormi tubazioni.

«Nelle ultime due parti, a partire dal 2023» confida Gysin «vorrei esplorare la questione degli allestimenti mobili e della loro influenza sull’ascolto. In uno dei progetti, musicisti e pubblico sono seduti su carrelli in continuo movimento. Tutto scorre incessantemente e lo spazio viene sempre ridefinito ex novo. L’ultima parte si concretizzerà in uno spazio sospeso che, come un palloncino, implode e si rigonfia di continuo». Progetti così ambiziosi non sono facilmente finanziabili per un artista. «È necessario un sostegno fin dal concepimento e i costi sono notevoli», dichiara Gysin, che aggiunge immediatamente: «Il contributo Get Going! della FONDATION SUISA è la risposta a questa sfida. Si tratta di una sorta di finanziamento per avamprogetti… e finora non è mai esistito nulla del genere».

Di questi tempi, caratterizzati da un’eventizzazione della cultura, in cui gli esperti di marketing prestano maggiore attenzione alla forma piuttosto che alla sostanza, la «Leichtbautenreihe» simboleggia anche una sorta di contromovimento artistico. «Il vantaggio è che io, nel mio ruolo di artista, concepisco l’evento nel suo complesso», rivela Gysin e aggiunge: «Al giorno d’oggi, in un mondo dominato da un sovraccarico sensoriale, è il musicista stesso a doversi impegnare per trovare la giusta collocazione per la sua musica, poiché questa non può più essere compresa al di fuori del suo contesto».

www.beatgysin.ch

Nel 2018 la FONDATION SUISA ha iniziato ad assegnare nuovi contributi alla creazione. Con il progetto «Get Going!» vengono incentivati finanziariamente processi creativi e artistici che esorbitano dalle categorie convenzionali. In una serie di ritratti presentiamo i beneficiari dei contributi «Get Going!».

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Le lieu, le temps et l’espace jouent un rôle central dans le travail du compositeur Beat Gysin. Dans son œuvre en six parties intitulée «Leichtbautenreihe», il conçoit des lieux particuliers dans le but de confronter le public à des expériences sonores et spatiales changeantes. La deuxième partie de son ambitieux projet verra le jour dès 2021. La FONDATION SUISA le soutient financièrement par une contribution Get Going!. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Beat Gysin: Jouer avec l’espace et dans l’espace

Le compositeur bâlois Beat Gysin lors d’un enregistrement en 2010. (Photo: Anna Katharina Scheidegger)

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«Orchestral Spaces», ou quand la musique devient perceptible spatialement

Dans son travail, le compositeur Michael Künstle s’intéresse à l’interaction entre la dramaturgie sonore et les sons dramaturgiques. À présent, le Bâlois de 27 ans entend franchir une étape supplémentaire dans sa recherche pour permettre aux auditrices et auditeurs de percevoir spatialement le son d’un orchestre. La FONDATION SUISA soutient financièrement ce projet par une contribution «Get Going!». Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Michael Kuenstle: «Orchestral Spaces», ou quand la musique devient perceptible spatialement

Le compositeur bâlois Michael Künstle (à gauche) en plein travail au studio d’enregistrement. (Photo: Oliver Hochstrasser)

Lorsque Michael Künstle a remporté la première Compétition Internationale de Musique de Film au Zurich Film Festival en 2012, ce fut une surprise totale pour le jeune homme alors âgé de seulement 21 ans. «Je venais de commencer mes études» raconte-t-il aujourd’hui, ajoutant: «Je ne comprends que maintenant l’importance de ce prix qui fut une sorte d’étincelle initiale, notamment parce qu’il récompense des compétences et ne peut être retiré à personne.»

Michael Künstle était en lice avec 144 autres compétitrices et compétiteurs de 27 pays, qui devaient tous réaliser le même exercice: mettre en musique le court-métrage d’animation «Evermore» de Philip Hofmänner. Quand on visionne le film aujourd’hui, on devine aisément ce qui a impressionné le jury: Michael Künstle a concocté des sons subtils, entièrement au service du récit.

Le musicien explique sa fascination pour le genre: «Ce qu’il y a de bien avec la musique de film, c’est qu’elle est le fruit d’un échange nourri avec d’autres personnes. Un film est le résultat de la collaboration de très nombreux individus, et il faut tenir compte de tous les aspects: le cadrage, la couleur, la mise en scène. Au cinéma, le plus gros challenge est de faire dire à la musique des choses qui n’ont encore été racontées ni en images, ni en paroles, mais qui sont essentielles pour mener le récit à son terme.»

«Glow» de Gabriel Baur, «Impairs et fils» de Jeshua Dreyfus, «Cadavre Exquis» de Viola von Scarpatetti: la liste des films dont Michael Künstle a signé la bande-son ne cesse de s’allonger. L’enthousiasme avec lequel le musicien communique son savoir et sa soif de connaissance est contagieux, notamment quand il évoque les grands noms du métier: le savoir-faire en matière de composition d’un Bernard Herrmann, par exemple, ou le talent incomparable de John Williams, «dont les pièces, sans visuel, sonnent clairement comme des œuvres orchestrales alors qu’elles collent parfaitement à ce qui se passe à l’écran. C’est incroyablement difficile à fabriquer, car la musique symphonique autorise d’ordinaire des structures narratives plus denses qu’un film.»

«Dans la musique contemporaine, on sculpte fréquemment l’espace avec d’autres éléments de la composition, comme le motif ou le rythme, mais cet aspect essentiel se perd souvent à l’enregistrement.»

Et bien que Michael Künstle établisse une distinction claire, dans son travail, entre la musique de concert et la musique de film, il concède «qu’on ne peut totalement oublier l’une lorsqu’on œuvre à l’autre.» Le musicien a d’ailleurs repris des éléments créés avec la réalisatrice Gabriel Baur pour le film «Glow» dans sa pièce «Résonance», présentée en 2016 par le Trio Eclipse. Mais il précise que dans sa musique de concert, il est principalement question de formes de composition et d’idées structurelles qu’on ne peut pas utiliser au cinéma.

L’idée du projet actuellement cofinancé par la FONDATION SUISA dans le cadre de «Get Going!» est née d’un autre aspect majeur du travail de Michael Künstle. Le musicien souligne qu’il poursuit une philosophie du «vrai» et qu’il recherche notamment le rendu le plus exact possible d’un concert à l’aide de la technique d’enregistrement la plus moderne. Avec son partenaire de travail Daniel Dettwiler, propriétaire du studio «Idee und Klang» à Bâle, qui développe depuis des années de nouveaux procédés d’enregistrement, Michael Künstle a pour objectif de créer une composition spatiale qui donnerait lieu à une perception auditive complètement inédite.

Il décrit son point de départ ainsi: «Dans la musique contemporaine, on sculpte fréquemment l’espace avec d’autres éléments de la composition, comme le motif ou le rythme, mais cet aspect essentiel se perd souvent à l’enregistrement. Je souhaite que l’espace tridimensionnel créé par l’orchestre pendant la prise de son soit ensuite perceptible avec un casque sur les oreilles, comme si l’on pouvait littéralement toucher la musique.» Longtemps, cette recherche et, d’une certaine manière, la conquête de ces «Orchestral Spaces» sont restées à l’état de projet pour Michael Künstle parce que, dit-il, «on ne peut les mettre en œuvre que dans un studio qui possède le meilleur des sons et avec les micros les plus performants qui soient.»

Grâce à «Get Going!», cette nouvelle étape de sa révolution audiophile devient à présent réalité, et ce dans les vénérables studios Abbey Road à Londres, avec un orchestre de 80 musiciennes et musiciens. Michael Künstle compose pour ce faire une pièce dans laquelle l’espace physique de l’enregistrement joue un rôle primordial. «J’ai l’intention d’inverser le processus de composition, explique le musicien, comme dans la musique de film: là aussi, on part d’abord de ce qu’on entend.» Ainsi, la boucle sera bouclée.

www.michaelkuenstle.ch

C’est en 2018 que la FONDATION SUISA a commencé à allouer de nouvelles contributions à la création. Dans le cadre de «Get Going!», elle finance des processus créatifs et artistiques qui se situent hors des catégories usuelles. Nous consacrons une série de portraits aux bénéficiaires de ces contributions Get Going!.


«Orchestral Spaces», quando la musica si fa tangibile nello spazio durante l’ascolto

Il compositore Michael Künstle si occupa nella sua opera dell’interazione tra drammaturgia del suono e suoni drammaturgici. Adesso il ventisettenne di Basilea desidera compiere un ulteriore passo avanti nella sua ricerca, rendendo il suono di un’orchestra tangibile per l’ascoltatore sul piano spaziale. La FONDATION SUISA sostiene questo progetto con il contributo finanziario «Get Going!». Contributo ospite di Rudolf Amstutz

Michael Kuenstle: «Orchestral Spaces», quando la musica si fa tangibile nello spazio durante l’ascolto

Il compositore basilese Michael Künstle (a sinistra) al lavoro nel studio di registrazione. (Foto: Oliver Hochstrasser)

La vittoria di Michael Künstle al 1° concorso internazionale per la musica da film nell’ambito del Festival del cinema di Zurigo 2012 ha lasciato di stucco l’artista, all’epoca appena ventunenne. «A quel tempo ero solo all’inizio dei miei studi» dichiara oggi, aggiungendo immediatamente: «Sto afferrando soltanto ora il significato di quel premio. È stato una sorta di evento catalizzatore, anche perché costituisce tuttora un riconoscimento alla competenza, che rimarrà per sempre nel mio curriculum».

Künstle ha prevalso su 144 concorrenti provenienti da 27 paesi, cui era stato assegnato il medesimo compito: la sonorizzazione del cortometraggio d’animazione «Evermore» di Philip Hofmänner. Guardando il film oggi, si può facilmente intuire cosa possa aver colpito la giuria di allora: Künstle ha sorpreso tutti con suoni raffinati posti interamente al servizio della narrazione cinematografica.

«Il bello della musica da film è che rappresenta il risultato di un fitto interscambio. Un film è un gioco di squadra tra innumerevoli persone ed è importante tenere conto di tutti gli aspetti: le riprese, la gestione del colore, l’allestimento scenografico…» chiarisce Künstle, lasciando trapelare la sua attrazione per il genere. «La sfida più ardua in un film è trasmettere, mediante la musica, messaggi non ancora comunicati attraverso le immagini o il parlato, ma che sono di fondamentale importanza per raccontare correttamente la storia fino alla fine».

L’elenco dei film di cui Künstle ha diretto la colonna sonora diventa sempre più nutrito: «Glow» di Gabriel Baur, «Family Practice» di Jeshua Dreyfus e «Free from you» di Viola von Scarpatetti sono solo alcuni esempi. L’entusiasmo con cui Künstle descrive le sue conoscenze specialistiche e la sua sete di sapere diviene contagioso nel corso dell’intervista – come quando racconta di alcuni grandi del settore citando, ad esempio, la conoscenza compositiva di Bernard Herrmann o la straordinaria abilità di John Williams, «le cui opere sono in perfetta sintonia con il film ma risuonano chiare come brani orchestrali al di fuori di esso. Si tratta di un obiettivo incredibilmente arduo da realizzare, perché tradizionalmente la musica sinfonica consente di creare strutture narrative più dense rispetto a un film».

«Nella musica contemporanea lo spazio viene spesso equiparato ad altri elementi compositivi come il motivo o il ritmo, ma quasi sempre nella registrazione questo aspetto essenziale va perso.»

Pur effettuando nella sua opera una chiara distinzione tra musica da concerto e musica da film, Künstle ammette che «nel corso della creazione l’una non può mai prescindere completamente dall’altra». Alcuni elementi sviluppati dall’artista in collaborazione con la regista Gabriel Baur per il film «Glow» sono confluiti nel brano «Résonance», interpretato dal Trio Eclipse nel 2016. «Tuttavia la mia musica da concerto si basa principalmente su forme compositive e idee strutturali che non possono essere concretizzate in un film».

Anche l’idea del progetto attualmente cofinanziato dalla FONDATION SUISA nell’ambito del contributo «Get Going!» nasce da un altro importante aspetto dell’opera di Künstle. L’artista persegue, come egli stesso sottolinea, una filosofia dell’«autenticità», che comprende anche una rappresentazione più accurata possibile dell’esecuzione, utilizzando le più moderne modalità di registrazione. In collaborazione con il suo partner di lavoro Daniel Dettwiler, proprietario dello studio «Idee und Klang» (Idea e suono) di Basilea e da anni alla ricerca di nuove possibilità di registrazione, Künstle mira a creare una composizione spaziale tale da far vivere un’esperienza uditiva senza precedenti.

«Nella musica contemporanea lo spazio viene spesso equiparato ad altri elementi compositivi come il motivo o il ritmo, ma quasi sempre nella registrazione questo aspetto essenziale va perso», spiega l’artista. «Vorrei che lo spazio tridimensionale riempito dall’orchestra durante la registrazione fosse percepito attraverso le cuffie come se la musica si potesse letteralmente toccare». Per Künstle l’esplorazione e, in un certo senso, anche la conquista di questi «Orchestral Spaces» sono rimaste per molti anni solo un’idea perché, come egli stesso sottolinea, «sono realizzabili esclusivamente in uno studio che possa offrire il miglior suono possibile e i migliori microfoni esistenti».

Grazie al contributo «Get Going!», questo ulteriore passo verso una rivoluzione audiofila sta diventando realtà all’interno degli storici Abbey Road Studios di Londra, con un’orchestra composta da 80 strumentisti. A tale scopo Künstle scriverà una composizione in cui lo spazio di registrazione rivesta un ruolo centrale. «Vorrei invertire il processo di composizione» sottolinea, chiarendo l’obiettivo del suo progetto – proprio come nella musica da film, in cui si parte, prima che da ogni altra cosa, da ciò che si ascolta. E con questo il cerchio si chiude.

www.michaelkuenstle.ch

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FONDATION SUISA: «Get Going!» lance sa deuxième édition: «Nous sommes complètement dans l’air du temps»

Les lauréats des contributions «Get Going!» 2018 (de haut en bas et de gauche à droite): Beat Gysin, le duo Eclecta, Michael Künstle et Bertrand Denzler. (Photos: Anna Katharina Scheidegger; Andrea Ebener; Zak van Biljon; Rui Pinheiro)

«Au lieu de récompenser un artiste en lui décernant un Prix, nous investissons désormais l’argent mis à disposition davantage dans l’avenir», déclarait l’année dernière Urs Schnell, directeur de la FONDATION SUISA à propos de la nouvelle politique d’encouragement adoptée par le Conseil de fondation. L’objectif est de promouvoir plutôt que de juger et se concentrer ainsi davantage sur l’avenir».

Aussitôt dit, aussitôt fait! Le premier appel à candidatures de «Get Going!» a reçu plus de 90 candidatures. Ce grand intérêt pour quelque chose de complètement nouveau est tout simplement extraordinaire, déclare Urs Schnell. «Avec ce projet, nous sommes complètement dans l’air du temps. Nous ne pouvions pas nous attendre à un tel succès dans la mesure où un appel à candidatures aussi ouvert était un coup de théâtre novateur, malgré toutes les analyses».

Bertrand Denzler, Michael Künstle, Beat Gysin et le duo Eclecta (Andrina Bollinger et Marena Whitcher) ont été les premiers lauréats du projet «Get Going!». La somme de 25 000 francs chacun leur a été attribuée parce qu’ils ont su convaincre le jury d’experts par leurs visions créatives. Comme l’incitation financière n’est pas liée à un résultat, elle permet aux musiciens de travailler sans contraintes financières et de temps. «Je crois que dans un environnement de plus en plus mouvementé, le facteur temps est devenu un atout dont il ne faut pas sous-estimer la valeur», explique Urs Schnell à propos du projet.

Appel à candidatures «Get Going!» 2019, à partir de fin juin

A partir de fin juin, les auteurs, compositeurs et musiciens pouvant démontrer un lien évident avec la création musicale actuelle de Suisse ou du Liechtenstein pourront à nouveau déposer leur candidature au concours «Get Going!». Cette année encore, un jury d’experts octroiera à quatre lauréats un coup de pouce financier à hauteur de 25 000 francs.

Il est également important de mentionner que «Get Going!» n’entre pas en concurrence avec les autres possibilités de financement de la FONDATION SUISA, en particulier le processus de candidatures actuel, les partenariats existants, les salons et événements à l’étranger et le programme «Orchestre en classe».

Au contraire, explique Urs Schnell, «en tant qu’aide importante au lancement d’un projet, ce nouveau modèle doit être considéré comme une offre complémentaire aux soutiens financiers actuellement en place. Nous voulons ouvrir de nouvelles voies créatives et éviter que certains projets ne passent à la trappe».

Urs Schnell sait que la formulation délibérément ouverte de l’appel à candidatures «Get Going!» peut sembler quelque peu déroutante au début: «Au cours des dernières décennies, les musiciens ont été conditionnés par les instruments de financement traditionnels. Avec cette nouvelle orientation, notre objectif est de nous adresser aux artistes en tant que mécènes dans le but de ramener la libre pensée créative au centre de leur activité». Afin de démontrer les possibilités offertes par «Get Going!», les portraits des lauréats de l’année dernière seront donc publiés au cours des prochaines semaines à la fois sur le site Internet de la FONDATION SUISA et sur le blog de SUISA.

www.fondation-suisa.ch

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Festival Archip-elles – girl power

Le festival genevois pour la création musicale contemporaine a décidé de consacrer son édition 2019 à la musique écrite par les femmes. Archip-elles présente des œuvres de compositrices issues de toutes les générations, origines et courants artistiques. Les membres de SUISA sont invités au festival le vendredi 5 avril 2019. Texte d’Erika Weibel

Festival Archip-elles – girl power

Au festival Archip-elles 2019, la musique des compositrices contemporaines est sur le devant de la scène. (Image: Festival Archipel)

«Un article récent du ‹Guardian›, ‹Female composers largely ignored by concert line-ups›, publié le 13 juin 2018, constate que parmi 1445 concerts classiques programmés tout autour du monde pendant la saison 2018-2019, seuls 76 incluent l’œuvre d’une femme», écrit le directeur du festival, Marc Texier, dans l’éditorial du guide du festival. Le festival genevois pour la création musicale contemporaine a donc décidé de s’attaquer à cette inégalité entre les sexes dans les programmations et fait entendre la musique des compositrices pour son édition 2019.

Le programme des concerts du festival Archip-elles sera complété par des installations, des tables rondes et des ateliers. Le vendredi 5 avril 2019, le festival organisera, en collaboration avec SUISA, un atelier matinal sur le thème des droits d’auteur pour les étudiants de la Haute école de musique Genève, du Conservatoire populaire de musique et pour les participants des deux académies, Académie Archipel et «Composer’s Next Generation» (Ensemble Vortex).

Invitation pour les membres de SUISA

Le festival Archipel et SUISA invitent en outre chaleureusement les membres de SUISA à passer la soirée du 5 avril 2019 au festival. La participation est gratuite pour les membres de SUISA inscrits. Merci de nous envoyer les inscriptions avant le 31 mars 2019 au plus tard à l’adresse e-mail suivante: kommunikation (at) suisa (dot) ch

Le programme détaillé de la soirée à laquelle sont invités les membres de SUISA est présenté ci-dessous. La table ronde animée sur le thème «Etre compositrice en Suisse aujourd’hui» est un point notable de ce programme.

Table ronde: être compositrice en Suisse aujourd’hui

Comment les compositrices vivent-elles le fait de devoir s’imposer dans un monde dominé par les hommes? Pourquoi est-il plus difficile pour les compositrices de faire jouer leurs œuvres? Pourquoi n’y a-t-il pas plus de femmes qui optent pour une carrière de compositrice?

Marc Texier, directeur du festival, se penche précisément sur ces questions dans une discussion avec deux compositrices suisses, Katharina Rosenberger et Annette Schmucki, ainsi qu’avec la Dr. Irène Minder-Jeanneret, chercheuse spécialisée sur les questions de genre et de musique.

Une fois cet échange terminé, la scène laissera place au volet musical de la soirée: un concert avec l’Ensemble Vortex qui permettra, entre autres, d’entendre la première d’une œuvre de la compositrice suisse Barblina Meierhans. Pour finir, Ella Soto sera aux platines pour un DJ set de folie.

Programme détaillé auquel sont invités les membres de SUISA, le vendredi 5 avril 2019, au festival Archip-elles de Genève:

17h00, Maison communale de Plainpalais
Découverte des installations de Marianthi Papalexandri et Pe Lang

18h00, Maison communale de Plainpalais
Apéritif et table ronde: être compositrice en Suisse aujourd’hui
Dr. Irène Minder-Jeanneret, musicologue
Katharina Rosenberger, compositrice
Annette Schmucki, compositrice
Animation: Marc Texier

20h00, Théâtre Pitoëff
Concert
L’Ensemble Vortex joue des œuvres de Barblina Meierhans, Olga Kokcharova, Eva Reiter, Ann Cleare, Clara Iannotta et Jessie Marino.

22h00 – 01h00, Maison communale de Plainpalais
Ella Soto – DJ set, Carte blanche à La VostokE
La Vostoke est la première station de radio 100% féminine de Suisse

www.archipel.org, site Internet du festival

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Bon à savoir: Arrangement d’œuvres libres de droitsArrangement d’œuvres libres de droits Dans le cas d’un projet d’arrangement musical, il vaut la peine de connaître les pièges existants en lien avec le droit d’auteur, car un faux pas peut parfois coûter cher. Trouver son inspiration auprès d’autres compositeurs, adapter des œuvres existantes pour d’autres instrumentations ou même utiliser dans une œuvre nouvelle des parties entières d’une composition existante: ce sont là des traditions déjà anciennes. Continuer
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Le festival genevois pour la création musicale contemporaine a décidé de consacrer son édition 2019 à la musique écrite par les femmes. Archip-elles présente des œuvres de compositrices issues de toutes les générations, origines et courants artistiques. Les membres de SUISA sont invités au festival le vendredi 5 avril 2019. Texte d’Erika Weibel

Festival Archip-elles – girl power

Au festival Archip-elles 2019, la musique des compositrices contemporaines est sur le devant de la scène. (Image: Festival Archipel)

«Un article récent du ‹Guardian›, ‹Female composers largely ignored by concert line-ups›, publié le 13 juin 2018, constate que parmi 1445 concerts classiques programmés tout autour du monde pendant la saison 2018-2019, seuls 76 incluent l’œuvre d’une femme», écrit le directeur du festival, Marc Texier, dans l’éditorial du guide du festival. Le festival genevois pour la création musicale contemporaine a donc...Continuer

Première attribution des fonds artistiques «Get Going!» et «Carte Blanche»

Dans le cadre de sa nouvelle politique de promotion, la FONDATION SUISA a attribué pour la première fois quatre fonds «Get Going!» et une «Carte Blanche». Beat Gysin, Bertrand Denzler, Michael Künstle et le duo Eclecta reçoivent ainsi chacun une contribution financière «Get Going!» de CHF 25 000.–. La «Carte Blanche», attribuée tous les deux ans et dont le montant s’élève à CHF 80 000.–, revient à Cécile Marti. Texte de FONDATION SUISA

FONDATION SUISA: Première attribution des fonds artistiques «Get Going!» et «Carte Blanche»

La compositrice Cécile Marti obtient la «Carte Blanche» de la FONDATION SUISA allouée tous les deux ans. (Photo: Ingo Höhn)

La nouvelle politique de promotion de la FONDATION SUISA entend apporter une réponse adéquate aux scènes musicales en constante évolution. L’initiative «Dazwischen» (entre-deux), qui s’éloigne des catégories conventionnelles de genre, d’âge ou de projet, permet à des processus créatifs et artistiques de voir le jour, lesquels seraient passés à la trappe dans le cadre de concours classiques.

C’est dans ce cadre que quatre contributions «Get Going!» de CHF 25 000.– chacune ont été attribuées pour la première fois en juin. «Par l’intermédiaire de cet appel à projets annuel, nous essayons d’identifier les espaces de création et visions artistiques qui méritent d’être encouragés», déclare Urs Schnell, directeur de FONDATION SUISA. «C’est la raison pour laquelle il est volontairement rendu public.»

Avec plus de 90 candidatures reçues, les contributions «Get Going!» ont eu un retentissement considérable auprès des créateurs de musique. «Pour le jury d’experts, il n’a pas été facile de désigner quatre lauréats face au grand nombre de projets extrêmement intéressants», avoue Urs Schnell. Dans la description des objectifs artistiques désormais primés, on comprend immédiatement de quoi il s’agit avec ce type de promotion financière. «En fin de compte, la musique consiste toujours à explorer de nouveaux univers, à rendre certaines choses audibles et visibles, et à chercher de nouvelles perspectives», explique Urs Schnell.

Contributions «Get Going!» de 2018

Dans le cadre de son projet «Leichtbautenreihe», le compositeur Beat Gysin crée par exemple des espaces architecturaux dans lesquels des situations d’écoute inhabituelles permettent une nouvelle perception de la musique. Beat Gysin explore ainsi les différentes dynamiques issues de la relation entre espace, musique et récepteur/auditeur.

Michael Künstle interroge également la notion «d’espace». Le compositeur de musique de film et de concert associe la tradition orchestrale aux techniques modernes de composition et d’enregistrement afin de créer une composition d’espace sous forme d’expérience auditive en trois dimensions.

Le saxophoniste et compositeur Bertrand Denzler identifie quant à lui de nouvelles possibilités compositionnelles en évitant volontairement d’ancrer son œuvre dans un lieu. Grâce à une «résidence itinérante», il tente d’instaurer un échange avec des cultures étrangères par le biais de l’improvisation et de la composition. Ce dialogue constant, aux influences changeantes, a pour but d’ouvrir la voie à de nouvelles créations musicales.

Enfin, Andrina Bollinger et Marena Whitcher, membres du duo Eclecta, se situent à la croisée de plusieurs disciplines. Chanteuses, performeuses, multi-instrumentistes, productrices et compositrices, elles n’ont de cesse de collaborer avec d’autres arts pour faire émerger de nouveaux univers auditifs, visuels et tangibles.

«Carte Blanche» à Cécile Marti

La «Carte Blanche» de CHF 80 000.–, qui ne fait pas partie d’un appel à projets mais qui est attribuée tous les deux ans directement par un jury d’experts, entend permettre aux compositeurs de se consacrer pleinement à leur développement artistique sans préoccupation financière.

Celles et ceux qui ont suivi le parcours créatif de Cécile Marti au cours des dernières années savent à quel point l’artiste originaire du canton de Zurich a mérité cette «Carte Blanche». Son cycle orchestral «Seven Towers», composé de 7 parties écrites pour 120 musiciens, présenté pour la première fois en 2016 par l’OSBS à Bienne, puis repris par l’Orchestre Symphonique de Berne, la Camerata de Genève et le Basel Sinfonietta, a rencontré un large écho.

Parallèlement, Cécile Marti écrivait un doctorat sur le thème des évolutions temporelles en musique. La «Carte Blanche» lui permet désormais de placer ce travail de recherche dans un contexte artistique. Les évolutions temporelles doivent être rendues visibles par l’intermédiaire d’un ballet et d’une création sculpturale (Cécile Marti est également sculptrice sur pierre).

www.fondation-suisa.ch

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Echo positif de la «Journée SUISA» au festival Murten Classics

Une journée complète a été consacrée à l’univers de la musique contemporaine lors de la série de concerts «Offen für Neues» du festival Murten Classics, le 25 août 2018. Cette journée de concerts soutenue par SUISA a été enregistrée par la Radio SRF 2 Kultur et a suscité des réactions positives de toutes parts. Texte de Manu Leuenberger

Belenus Quartett: Echo positif de la «Journée SUISA» au festival Murten Classics

Le Belenus Quartett a interprété des œuvres de Daniel Schnyder, Cécile Marti, Iris Szeghy et Marco Antonio Perez-Ramirez lors du troisième et dernier concert de la journée «Offen für Neues» du 25 août 2018 au festival Murten Classics. (Photo: Willi Piller)

Le programme de cette journée de concerts extraordinaire au festival Murten Classics a débuté tôt: les invités sont arrivés dans la salle de concert du Centre Culturel de Beaulieu (KiB) à Morat dès 10 heures du matin, juste à temps pour assister au discours d’ouverture de la musicologue Irène Minder-Jeanneret. Comportant des œuvres de 13 compositrices et compositeurs contemporains, la série de trois concerts a suscité un vif intérêt au-delà de la région, comme l’ont constaté les «Freiburger Nachrichten» lors d’une article sur le festival parue deux jours plus tard: «Il n’y avait quasiment plus aucune chaise de libre.»

Le guide du festival avait annoncé que la journée de concerts soutenue par SUISA dans la série «Offen für Neues» serait une «journée de rencontres». Cette promesse a été tenue à maints égards: parmi les nombreuses œuvres exécutées, le public a pu découvrir une grande diversité tonale dans les compositions contemporaines; beaucoup de compositrices et de compositeurs dont les morceaux ont été joués ont fait personnellement le déplacement jusqu’à Morat et ont présenté brièvement, en introduction, leur univers musical; les musiciens présents ont également vécu des échanges passionnés durant les pauses entre les trois concerts.

Bonne programmation, bonne interprétation et bonne intégration

Comme l’a expliqué Roman Brotbeck, l’animateur ayant présenté le programme, l’idée n’était pas «de bluffer avec des premières représentations, mais de proposer une grande diversité musicale». Andreas Zurbriggen s’est réjoui de cette intention lors de sa rétrospective publiée dans la «Revue musicale suisse» (édition septembre/octobre 2018) – «Il y a déjà eu à maintes occasions des premières représentations d’œuvres contemporaines, ce qui n’est pas le cas de secondes ou de troisièmes exécutions» – et il a trouvé que cela était réussi car le directeur artistique, Kaspar Zehnder, a brillé par sa programmation en «faisant s’entrechoquer des mondes différents». «De plus, les interprétations, comme celles du Belenus Quartett, du pianiste Gilles Grimaître et de ‹l’Ensemble mit vier›, ont atteint un niveau très élevé», poursuit le critique dans cette même revue.

«Il est réjouissant de voir que de telles expériences trouvent leur place également dans un programme de festival, en plus des concerts populaires», concluait-il dans le résumé de l’entretien sur cette journée de concerts publié dans les «Freiburger Nachrichten». L’ambitieux projet journalier «Offen für Neues» du festival Murten Classics et de SUISA a reçu des réactions positives de toutes parts, comme en témoignent les déclarations de participants ci-dessous.

La Radio SRF 2 Kultur jouera des extraits des trois concerts du 25 août 2018 dans l’émission «Neue Musik im Konzert» le mercredi 7 novembre 2018, à partir de 21h.

Katrin Frauchiger

Dans son discours d’introduction, la compositrice bernoise Katrin Frauchiger a expliqué son œuvre «Mare nostrum» pour flûte et trio à cordes, qui a ensuite été jouée durant le concert. (Photo: Willi Piller)

Katrin Frauchiger, compositrice et chanteuse, doctorante à la haute école spécialisée de Lucerne (HSLU):

«En tant que compositrice, j’apprécie tout particulièrement l’engagement du Festival Murten Classics et de SUISA dans l’organisation d’une journée entière consacrée à la musique contemporaine. Le courage de l’organisateur de mettre un tel accent lors du Festival Murten Classics a rencontré un échos favorable à tous les niveaux : le public est apparu en grand nombre, s’est montré très intéressé et ‹ouvert à des nouveautés›.
Trois concerts inédits, soigneusement organisés, avec conférences et introductions, ont été présentés, chacun d’entre eux comportant un slogan à l’attention des auditeurs : Waves from another world / Immigration-Emigration/Roots and great places. Lors d’une discussion spontanée avec Roman Brotbeck, j’ai eu l’opportunité – ainsi que les autres compositeurs présents – de présenter personnellement mon œuvre ‹Mare Nostrum› et d’ouvrir ainsi la porte à une belle interprétation de ma musique. Tout aussi précieux pendant la journée fut l’échange entre les compositeurs présents, en partie venus de loin, et le public.»

Irene Minder-Jeanneret

«Un architecte peut vivre de sa création, ce qui est rarement le cas pour une compositrice ou un compositeur», explique la musicienne Irène Minder-Jeanneret dans son discours d’ouverture, avant d’expliquer pourquoi, selon elle, les musiciens suisses mériteraient qu’on leur accorde une plus grande reconnaissance. (Photo: Willi Piller)

Irène Minder-Jeanneret, docteure en musicologie, membre du groupe de pilotage du Dictionnaire de la musique en Suisse:

«La journée SUISA a présenté un tour d’horizon, apprécié et rare, aussi bien de la création musicale que de l’importance culturelle et politique de la musique en Suisse. Elle a parfaitement illustré le fossé qui existe dans notre pays entre la réalité musicale vivante, de haut niveau et le manque de reconnaissance politique. Un tiers de la population pratique activement la musique; pourtant, la Suisse n’est pas perçue comme un pays musicien. La création, la production, l’enseignement, la distribution et la documentation de la musique sont autant de facettes d’un domaine culturel de poids, qui méritent d’être reconnues, encouragées et rendues visibles à tous les niveaux politiques. Comme dans le secteur du film, il existe dans le domaine de la musique des activités où le seul soutien des cantons est insuffisant.
Pour moi, en tant que membre du groupe de pilotage du Dictionnaire de la musique en Suisse, la journée SUISA fut une occasion unique d’entrer en contact avec des personnes qui œuvrent dans tous les domaines de la musique. Nul doute: cette journée a contribué à renforcer mutuellement les différents intérêts représentés.»

Kaspar Zehnder

Le directeur artistique du festival Murten Classics, Kaspar Zehnder, a également joué de la flûte lors de cette «Journée SUISA». (Photo: Willi Piller)

Kaspar Zehnder, directeur artistique du Murten Classics et organisateur de la journée SUISA du 25 août 2018:

«C’est dans l’hétérogénéité et la diversité que résidaient la qualité et la richesse de ce programme, qui a permis au public, aux compositeurs, aux présentateurs et aux artistes d’être plongés dans de vives discussions ou de savourer pleinement ensemble, le gâteau à la crème de Morat «Nidelkuchen» ou un verre de vin rouge de la région de Vully.
La journée SUISA doit absolument, au moins une fois tous les deux ans, devenir une tradition du Murten Classics.»

www.murtenclassics.ch

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Le festival Murten Classics s’ouvre à la musique contemporaine avec «Offen für Neues»

En collaboration avec SUISA, le festival Murten Classics vous invite à plonger dans l’univers de la musique contemporaine pendant la journée du samedi 25 août 2018. Durant cet événement, vous pourrez assister à 3 concerts avec au programme les œuvres de 13 compositeurs et compositrices issus de générations différentes et se distinguant par leur héritage et leur sens de l’esthétique variés. Le programme de la journée permettra au public d’en savoir plus sur la notion d’«unterwegs – en chemin» au sein de l’environnement musical actuel et d’échanger au sujet des nouvelles compositions. Texte d’Erika Weibel et Manu Leuenberger

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Durant ses études de musique, la compositrice Cécile Marti n’a cessé d’être en chemin entre Zurich, Lucerne et Bâle et a rédigé sa thèse à Londres. Son quatuor à cordes «Trapez» est l’une des 13 œuvres qui seront présentées lors de la série de concerts «Offen für Neues» du festival Murten Classics, le 25 août 2018. (Photo: Suzie Maeder)

Le festival Murten Classics célèbre cette année son 30e anniversaire, au cours d’une édition qui se tiendra du 12 août au 2 septembre 2018. Avec pour devise «unterwegs – en chemin», le programme de cette année traversera cinq siècles de musique lors d’un voyage musical qui juxtapose délibérément les notions de fuite, de migration et d’émigration – à connotation négative – avec les balades et voyages inspirants de compositeurs et d’artistes.

Depuis longtemps déjà, le festival Murten Classics ouvre son programme au répertoire de la musique contemporaine avec la série de concerts «Offen für Neues». «Ces concerts font appel à la curiosité du public, qui est rarement déçu», explique Kaspar Zehnder, le directeur artistique du festival, dans une interview aux «Freiburger Nachrichten».

En collaboration avec SUISA, le programme du festival propose cette année une journée entière de rencontres: dans le cadre de la série de concerts «Offen für Neues», trois concerts avec, au programme, des œuvres de 13 compositeurs et compositrices contemporains différents se tiendront au centre culturel du parc du Beaulieu à Morat, le samedi 25 août du matin à la fin de l’après-midi.

Le programme, disponible avec ou sans dîner, offre au public d’experts et d’artistes l’opportunité d’en savoir plus ou d’échanger sur la vie des créateurs de musique et sur la situation actuelle de la création musicale. Outre une introduction qui aura lieu dans la matinée, des tables rondes seront animées tout au long de la journée pour échanger au sujet des concerts avec certains des compositeurs présents, auxquels le public pourra poser des questions sur la création et l’évolution de leurs œuvres.

Mues par la devise de l’édition 2018 du festival, «unterwegs – en chemin», les œuvres interprétées durant cette journée sont celles de créateurs qui sont «en chemin» en Suisse. Ces compositrices et compositeurs ont émigré de Suisse, ont immigré en Suisse ou n’ont cessé de fuir d’un lieu à l’autre.

Lors de cette journée de rencontres musicales, les spectateurs pourront découvrir et explorer les univers musicaux qui se tissent à travers ces chemins et expériences de vie. Les billets pour la série de concerts «Offen für Neues» organisée le 25 août 2018 sont disponibles avec ou sans dîner sur le site Internet du festival.


Programme: «Offen für Neues», journée de rencontres au festival Murten Classics

Samedi 25 août 2018

Lieu
Petit théâtre à Morat (KiB, Kultur im Beaulieu)

Devise: unterwegs – en chemin.
Différentes lectures du thème du festival
Emigration de Suisse
Immigration en Suisse
Sans cesse en chemin
En fuite

10h – INTRODUCTION
Irène Minder-Jeanneret
Animation: Roman Brotbeck

Concert 1 (de 11h à 12h environ)
WAVES FROM ANOTHER WORLD

Giorgio Tedde (*1958): Atlas (2005) pour flûte et trio à cordes
Katrin Frauchiger (*1967): Mare nostrum (2015) pour flûte et trio à cordes
Aram Hovhannisyan (*1984): Litanies I-IV (2008/09) pour piano
Jean-Luc Darbellay (*1946): Waves (2011) pour flûte et flûte alto
Fritz Voegelin (*1943): Dual (2009/10) pour flûte alto et trio à cordes

Ana Ioana Oltean, flûte
Gilles Grimaître, piano
Ensemble de quatre instruments: Kaspar Zehnder, flûte/flûte alto; Charlotte Zehnder, violon; Dorothee Schmid, alto; Urs Fischer, violoncelle

Concert 2 (de 13h30 à 14h30 environ)
IMMIGRATION – ÉMIGRATION

Maria Niederberger (*1949): Mountain visions (2009/10) pour violon solo
Maria Niederberger (*1949): Hommage à Frédéric Chopin (2008/09) pour piano solo
Thomas Fortmann (*1951): Burlesque «Elena e Greta» pour deux flûtes et piano
Jan Beran (*1959): «Strange words the wind tossed» pour violon et piano
Jan Beran (*1959): «Leis wie eine Märchenweise» pour piano solo
Wael Sami Elkholy (*1976): «Skies’ Calls» (2011) pour voix et recorder

René Kubelik, violon
Patrizio Mazzola, piano
Ana Ioana Oltean, flûte
Kaspar Zehnder, flûte
Wael Sami Elkholy, voix

Concert 3 (de 16h à 17h environ)
ROOTS AND GREAT PLACES

Daniel Schnyder (*1961): Quatuor à cordes n° 4 «Great places» – Shanghai 1928, Havana 1952, Paris 1901, Casablanca 1933, New York City 1964
Cécile Marti (*1973): Trapez (2012)
Iris Szeghy (*1956): Aria (2007/16)
Marco Antonio Perez-Ramirez (*1964): Primitive Dream (2009)

Belenus Quartett: Seraina Pfenninger, violon; Anne Battegay, violon; Esther Fritzsche, alto; Jonas Vischi, violoncelle

www.murtenclassics.ch

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