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Là où il nʼy a pas dʼamour, tout est vain

Le compositeur et journaliste musical zurichois Rolf Urs Ringger est décédé le 26 juin 2019 à l’âge de 84 ans. Hommage par Thomas Meyer, contributeur invité

Rolf Urs Ringger: Là où il nʼy a pas dʼamour, tout est vain

Rolf Urs Ringger était membre de SUISA depuis 1960. (Photo: Keystone / Gaëtan Bally)

Dans ses jeunes années, il avait le projet d’écrire un roman intitulé «Le Dandy»: le personnage principal y aurait pris un taxi pour se rendre à l’opéra. Ce livre aurait dû traiter de ce court et pourtant interminable voyage – et probablement aussi un peu de lui-même. Peu importe qu’il s’agisse d’une invention ou s’il se trouvera effectivement dans la succession l’ébauche d’un roman : Rolf Urs Ringger savait bien entendu qu’une telle anecdote donnerait du grain à moudre au journaliste. Malicieusement, il imaginait comment le profil du dandy Ringger prenait forme et s’en réjouissait car c’est aussi ce qu’il était: le dandy des compositeurs suisses, coquet invétéré, mais jouant de cette coquetterie. Lorsqu’Adrian Marthaler a adapté pour la télévision son œuvre orchestrale «Breaks and Takes», Ringger y joua le rôle d’un compositeur mélancolique à la Frederick Delius, se prélassant au bord d’une piscine.

«J’adore minauder. C’est aussi cela qui donne à mes productions leur aspect léger et ludique. Le public apprécie et en plus j’ai du plaisir à le faire!», avait-il dit lors d’une conversation. «Cet aspect du narcissisme est, sans jugement de valeur, très perceptible chez moi.» J’aimais chez lui cette autodérision très naturelle. Il apportait une couleur très personnelle et bien visible à la scène musicale zurichoise qui tend davantage à la modestie; il était sophistiqué, polyvalent, urbain, même s’il passait tous ses étés à Capri, où il créa de nombreux univers sonores sensuels. Le compositeur a lui-même largement contribué à entretenir cette image.

Un artiste des sons et des mots

Mais Ringger était également un Zurichois. C’est dans cette ville qu’il est né le 6 avril 1935; c’est ici qu’il a grandi, vécu et travaillé en tant qu’artiste des sons et des mots. Il a fréquenté le gymnase de Küsnacht. Au séminaire de musicologie de Kurt von Fischer à Zurich, son travail de fin d’études porta sur les Lieder pour piano de Webern. Il a également travaillé durant des décennies pour la «Neue Zürcher Zeitung» en tant que critique musical, en livrant des textes élégants et percutants, parfois délibérément lacunaires. Il a aussi dressé très tôt le portrait de certains compositeurs qui ne furent vraiment reconnus que plus tard, comme par exemple Edgard Varèse, Charles Ives, Erik Satie et Othmar Schoeck. A côté des grands personnages, il y a les originaux, et il a volontiers pensé aux nostalgiques, parmi lesquels il se comptait probablement lui-même. Il a regroupé ces portraits dans des publications telles que le recueil d’essais «Von Debussy bis Henze».

Ringger a suivi très tôt des cours de composition privés auprès de Hermann Haller. Dans le cadre des cours de vacances de Darmstadt, il a étudié auprès de Theodor W. Adorno et Ernst Krenek; peu après encore un semestre auprès de Hans Werner Henze à Rome. C’étaient des antipodes esthétiques, car Henze s’était déjà retiré de la scène avant-gardiste à cette époque. Bien que Ringger ait dit plus tard, avec un sourire suffisant et plein d’espoir, qu’il s’était mieux entendu avec Adorno qu’avec Henze, comme ce dernier, il s’est néanmoins écarté des techniques strictement sérielles et s’est tourné vers un langage sonore plus sensuel. On peut d’ailleurs l’entendre dans ses titres: «… vagheggi il mar e l’arenoso lido …» pour orchestre (1978), «Souvenirs de Capri» pour soprano, cor et sextette à cordes (1976–77), «Ode ans Südlicht» pour chœur et orchestre (1981) ou encore «Addio!» pour cordes et cloches tubulaires. Avec «Der Narziss» (1980), «Ikarus» (1991), et «Ippòlito» (1995), il a créé trois œuvres pour ballet. Il n’a apparemment jamais essayé d’aborder les grandes formes musicales dramatiques.

Langage sonore sensuel

Succédant à Henze, Ringger fut l’un des premiers à utiliser à nouveau des éléments de musique néotonale dans les années 70, mais très tôt par rapport à la tendance générale. A l’époque, j’avais publié une critique plutôt virulente dans ce sens. Il a naturellement fait part de sa vexation avec l’autodérision qui le caractérisait. Et pourtant, quelques années plus tard, il y est revenu avec plaisir et a fièrement mis en évidence que je l’avais désigné comme le premier compositeur de musique néotonale du pays. Le virage postmoderne lui avait donné raison.

Sa musique aimait jouer avec les citations (Debussy par exemple), recourait à des couleurs impressionnistes ou à des gestes très romantiques, tout en restant limpide et légère. Je l’apprécie surtout en tant que flâneur urbain. Pas lorsqu’il réunit des coupures de journaux en un collage («Chari-Vari-Etudes», «Vermischtes») pour chœur de chambre, de manière un peu enfantine, mais plutôt dans ses promenades musicales. Dans «Manhattan Song Book» (2002) pour soprano, trois voix et cinq instruments, il est en balade à New York, il observe, note et commente en onze chansons, de manière insolente et insouciante, là aussi avec la coquetterie de celui qui se contemple dans un miroir. Quand une dame peu sympathique, décrite comme une «crazy witch», lui demande s’il est le «famous composer», il répond laconiquement: «No, it’s my cousin.»
Maintenant, il n’est plus là. «Lumière!», peut-on lire tout en haut de l’avis mortuaire; puis deux phrases: «Il aimait le soleil méditerranéen, la musique et la jeunesse. Il remercie toutes celles et tous ceux qui lui ont fait du bien dans la vie et qui ont soutenu sa musique.» Il manquera à Capri. Son «Notizario caprese» (2004) se terminait par les mots suivants «(très calme, presque sans pathos): Se non c’è Amore, tutto è sprecato. (très sobre) Là où il n’y a pas d’amour, tout est vain. Epitaphe à Capri; vers 2020.»

Cet hommage de Thomas Meyer a paru tout d’abord dans la «Revue musicale suisse», No 9/10 de septembre/octobre 2019.

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Le compositeur et journaliste musical zurichois Rolf Urs Ringger est décédé le 26 juin 2019 à l’âge de 84 ans. Hommage par Thomas Meyer, contributeur invité

Rolf Urs Ringger: Là où il nʼy a pas dʼamour, tout est vain

Rolf Urs Ringger était membre de SUISA depuis 1960. (Photo: Keystone / Gaëtan Bally)

Dans ses jeunes années, il avait le projet d’écrire un roman intitulé «Le Dandy»: le personnage principal y aurait pris un taxi pour se rendre à l’opéra. Ce livre aurait dû traiter de ce court et pourtant interminable voyage – et probablement aussi un peu de lui-même. Peu importe qu’il s’agisse d’une invention ou s’il se trouvera effectivement dans la succession l’ébauche d’un roman : Rolf Urs Ringger savait bien entendu qu’une telle anecdote donnerait du grain à moudre au journaliste. Malicieusement, il imaginait comment le profil du dandy Ringger prenait forme et...Continuer

Omaggio a Claudio Taddei

Lo scorso 9 agosto, all’età di 52 anni, è morto il cantautore e pittore Claudio Taddei. Omaggio di Rossana Taddei e Sara Ravarelli – Vous trouvez le texte en français en dessous.

Omaggio a Claudio Taddei

Rossana e Claudio Taddei. (Foto: Alejandro Persichetti)

Nato in Uruguay da famiglia ticinese, Claudio cresce tra il Ticino e il paese sudamericano, dove intraprende una fortunata carriera musicale che lo porta a raggiungere i vertici delle classifiche sudamericane. Nel 2002, quando in Uruguay Claudio è considerato una vera e propria star, viene colpito da un grave problema di salute che lo riporta in Svizzera. Qui alterna periodi di impegnative terapie mediche a periodi densi di concerti e performance artistiche, diventando anche in Ticino, in pochissimi anni, un personaggio popolare, un musicista conosciuto e un pittore molto apprezzato.

Claudio Taddei aveva iniziato a coltivare sin dall’infanzia la sua passione per la musica con la sorella Rossana. Anche Rossana Taddei vanta un’importante carriera musicale in Uruguay. Iscritta alla SUISA da diversi anni, Rossana ha voluto condividere con noi questo suo tenero e personale ricordo di Claudio, come fratello e come artista. (Sara Ravarelli)

Caro fratello, amico, compagno di un viaggio pieno di avventure e di sogni

Un sole, una stella gigante piena di luce.
Hai sempre amato percorrere i destini del sole e ora torni a lui.
L’ addio non esiste perché vivi in tutte le tue canzoni, in ogni pennellata, nei tuoi colori, nella nostra mente e nel nostro cuore.
Caro fratello, amico, compagno di un viaggio pieno di avventure e di sogni, complici eterni, come due gemelli.
I tuoi occhi vivaci, sorridenti e curiosi rispecchiano il sorriso aperto del tuo cuore-bussola. Hai raccontato e cantato la tua storia, la tua allegria, la tua tristezza, la tua bontà.
Che la tua mano sincera guidi ora il cammino di tutti noi che ti abbiamo amato e che vogliamo ricominciare a camminare, ad andare avanti cercando di accogliere il dolore e il vuoto della tua assenza.
Mi mancherai, ci mancherai. Riempirò lo spazio cantando e raccontando la nostra storia, il nostro essere fratello e sorella (o come dicevi tu il nostro essere «fratella e sorello»).
Creare ci salva sempre e sempre ci ha salvati.
Creare ci unisce sempre e sempre ci ha uniti.
È stato il filo conduttore più potente del nostro legame e quello che sempre ci unirà.
Ogni immagine che mi regalano i ricordi inizia e finisce con un sorriso del cuore.

Intensamente tranquillo
Inquietamente intenso
Silenziosamente rumoroso
Disordinatamente ordinato
Appassionatamente calmo
Quietamente appassionato
Testardamente timido
Timidamente esuberante
Ti conosco come la mia mano, fratello mio, e ti ignoro nella profondità e nell’infinito che sei stato e continui ad essere.

Grazie per essere stato un Maestro; la vita è un regalo: bisogna capire come affrontarla affinché il regalo si converta in luce.

«Te toca la pena, también la alegría y el amor. No dejes que nada espere, la vida hace siempre lo que quiere, más vale echarle picante y hacer que las cosas se vivan bien pa’delante.»

Rossana Taddei
(traduzione di Franca Taddei)


Hommage à Claudio Taddei

Le 9 août dernier, Claudio Taddei, auteur-compositeur-interprète et peintre, est décédé à l’âge de 52 ans. Hommage de Rossana Taddei et Sara Ravarelli

Hommage à Claudio Taddei

Rossana et Claudio Taddei. (Photo: Alejandro Persichetti)

Né en Uruguay dans une famille tessinoise, Claudio a grandi entre le Tessin et ce pays d’Amérique du Sud où il entreprit une carrière musicale réussie qui le porta en tête des classements sud-américains. En 2002, alors que Claudio est considéré comme une véritable star en Uruguay, il est touché par un grave problème de santé qui le contraint alors à rentrer en Suisse où il jongle entre des périodes de lourds traitements médicaux, des activités artistiques et des concerts. En quelques années seulement, il devient ainsi une personnalité populaire, un musicien célèbre et un peintre très apprécié, également au Tessin.

Claudio Taddei découvre et cultive sa passion pour la musique déjà depuis son enfance, en compagnie de sa sœur Rossana. Rossana Taddei, elle aussi, entreprit une importante carrière musicale en Uruguay. Membre SUISA depuis plusieurs années, Rossana a souhaité partager avec nous son souvenir affectueux et personnel de Claudio, en tant que frère et artiste inoubliable. (Sara Ravarelli)

Très cher frère, ami, compagnon de ce voyage aventureux et extraordinaire

Comme le soleil, une immense étoile remplie de lumière.
Tu as toujours aimé parcourir les voies ensoleillées et aujourd’hui, tu te tournes vers cet astre lumineux.
Il n’est pas question de te dire adieu car tu vis dans chacune de tes chansons, dans chaque coup de pinceau, dans tes couleurs, dans notre esprit et notre cœur.
Très cher frère, ami, compagnon de ce voyage aventureux et extraordinaire, tel un frère jumeau, compagnon éternel.
Ton regard étincelant, souriant et curieux reflète la générosité de ton cœur et agit telle une boussole sur mon chemin. Dans tes chansons, tu racontes ta vie et chantes la joie, la tristesse et la bonté.
Que ta main sincère nous montre aujourd’hui le chemin, à nous tous qui t’avons aimé et qui voulons maintenant repartir pour surmonter la douleur et le vide que tu laisses derrière toi.
Tu vas me manquer, tu vas nous manquer. Je remplirai l’espace en chantant et en racontant notre histoire, notre passé de frère et sœur (ou comme tu disais, notre passé de «frœur et sère»).
La création nous sauve toujours et nous a toujours sauvés.
La création nous unit toujours et nous a toujours unis.
Ce fut le fil conducteur le plus puissant de notre relation et celui qui nous unira toujours.

Nos souvenirs illumineront à tout jamais mon coeur.

Intensément tranquille
Nerveusement intense
Silencieusement bruyant
Confusément ordonné
Passionnément calme
Paisiblement passionné
Obstinément timide
Timidement exubérant

Je te connais comme la paume de ma main, mon frère, et je t’ignore dans la profondeur et l’infini que tu as été et seras toujours.

Merci d’avoir été un Maestro; car la vie est un cadeau: il faut comprendre comment l’affronter pour que ce cadeau se transforme en lumière.

«Te toca la pena, también la alegría y el amor. No dejes que nada espere, la vida hace siempre lo que quiere, más vale echarle picante y hacer que las cosas se vivan bien pa’delante.»

Rossana Taddei

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Lo scorso 9 agosto, all’età di 52 anni, è morto il cantautore e pittore Claudio Taddei. Omaggio di Rossana Taddei e Sara Ravarelli – Vous trouvez le texte en français en dessous.

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Rossana e Claudio Taddei. (Foto: Alejandro Persichetti)

Nato in Uruguay da famiglia ticinese, Claudio cresce tra il Ticino e il paese sudamericano, dove intraprende una fortunata carriera musicale che lo porta a raggiungere i vertici delle classifiche sudamericane. Nel 2002, quando in Uruguay Claudio è considerato una vera e propria star, viene colpito da un grave problema di salute che lo riporta in Svizzera. Qui alterna periodi di impegnative terapie mediche a periodi densi di concerti e performance artistiche, diventando anche in Ticino, in pochissimi anni, un personaggio popolare, un musicista conosciuto e un pittore molto apprezzato.

Claudio Taddei aveva iniziato a coltivare...Continuer

KT Gorique, à la conquête de l’Est

KT Gorique, membre de SUISA, a été invitée à participer au panel «Hit the World» organisé par SUISA au M4music Festival 2019 en tant qu’experte en composition de chansons dans le domaine du rap. Peu de temps après, elle est lauréate du Prix suisse de la musique 2019. Rencontre avec la rappeuse vivant en Valais qui diffuse son rap dans toute la Suisse. Texte du contributeur invité José Tippenhauer, Swissmusic.ch

KT Gorique, à la conquête de l’Est

«Elle se produit entre autres au Sénégal, au Canada et dans l’Europe entière et tient une place considérable sur la scène du rap suisse», écrit l’Office fédéral de la culture à propos de la nouvelle lauréate du Prix suisse de la musique 2019, KT Gorique. (Photo: Jérémie Carron)

KT Gorique mérite son surnom de «Couteau suisse». Après sa victoire au concours international d’improvisation rap «End of the Weak» à New York en 2012, il y a eu le film «Brooklyn» de Pascal Tessaud, où elle interprétait la jeune rappeuse Coralie. En 2016, elle a sorti son premier album, «Tentative de Survie». Et l’an dernier, elle est entrée dans les charts avec son projet «Kunta Kita». Quelques semaines après sa nomination aux Swiss Music Awards, elle continue son ascension. Elle ouvrira le concert de Nicki Minaj au Hallenstadion à Zürich, et fait partie des rares francophones à l’affiche du festival Frauenfeld. 2019 promet pour la rappeuse valaisanne avec qui nous avons parlé de la Suisse, de ses inspirations et de ses processus créatifs.

«Kunta Kita» est sorti en juillet 2018. Quel bilan en tires-tu?
KT Gorique: Ce projet a produit un gros changement dans ma carrière. Je n’aurais pas espéré la moitié de ce qui m’est arrivé grâce à lui!
Depuis sa sortie, j’ai fait une quarantaine de dates, dont mes premières en tant que tête d’affiche, et plusieurs fois c’était complet (à Saint-Gall, Lucerne, etc.). Jusqu’ici, pendant 6 ans je faisais toujours le concert de la découverte, les gens ne me connaissaient pas spécialement. Là, avec «Kunta Kita», une fan base solide s’est établie. Le paradoxe, c’est que la majeure partie vient de Suisse alémanique – alors que je chante en français. C’est incroyable!
Ce qui a beaucoup joué là-dedans, c’est que le projet est distribué par un label zurichois, FarMore Records. Et surtout, en septembre, SRF3 m’a nommée «Best Talent» du mois. C’est une radio généraliste, donc beaucoup de gens pas forcément hip-hop y ont entendu mes sons. Ça m’a amené un public différent, je le remarque à mes concerts: il y a des personnes hip-hop, des punks, des rastas, des mecs rocks, des petits, des vieux. Pour moi, c’est le plus beau cadeau. Je fais de la musique pour tout le monde, pas que pour ceux qui ont déjà les codes rap.

Maintenant que tu tournes beaucoup en Suisse allemande, comment identifies-tu ce fameux Roestigraben (barrière symbolique entre les parties francophone et germanophone du pays)?
Une grosse différence, c’est le budget que le public est prêt à débloquer. Dernièrement, j’ai fait une date à Lausanne avec des artistes de Romandie (partie francophone de la Suisse), l’entrée était 25 CHF. J’ai tout de suite pensé que les gens trouveraient ça cher, et effectivement la salle n’était pas remplie. La semaine suivante, j’étais en Suisse allemande, il y avait moi et une première partie pour 30 CHF… C’était full!
J’ai l’impression que nous les Romands, on cherche notre identité du côté français. Alors que les Suisses alémaniques, dans leur tête, ils sont Suisses! Quand ils voient des artistes suisses qui assurent, ils se disent «c’est cool parce qu’ils sont forts et surtout parce qu’ils sont Suisses!», et ils vont les encourager. Nous les Romands, comme on s’identifie plus aux Français, on a tendance à valider nos artistes que s’ils sont validés en France, ou en tout cas à l’extérieur de nos frontières. Heureusement, ça commence à changer. Dans une date récente, j’étais avec Danitsa, Comme1Flocon, SWK, et Chien Bleu. Un line-up pareil, avec que des Romands, sans aucun étranger, c’était impossible il y a 3 ans!
Pour revenir au Roestigraben, c’est marrant car quand je dis à des Romands que je vais faire des concerts en Suisse allemande, ils me répondent: «mais ils ne sont pas pire fermés d’esprit?!» Alors qu’au contraire, je me rends compte qu’ils sont deux fois plus ouverts que nous! La preuve, c’est qu’eux nous accueillent, mais que les rappeurs alémaniques sont inconnus ici.

Dans ton titre «Outta Road», tu frappes des gens vêtus de gilets jaunes. C’était avant la formation du mouvement, mais dans ta «NAYUNO Session», tu parles des «vrais» Gilets jaunes, en disant: «le jaune a la cote cet hiver, ils le portent en gilet, moi je veux tout l’ensemble». Est-ce une pique?
Au contraire, c’est un message d’encouragement. Si j’étais Française, je serais sur la route tous les jours avec eux, avec des gilets jaunes partout, même sur mes jambes!
Tout ce que j’écris, c’est de l’instinct. Quand je vois des personnes pas forcément issues des mêmes milieux sociaux se rassembler pour faire valoir leurs droits en tant qu’humains – parce qu’elles sont dans une position injuste et invivable –, je trouve ça beau! Donc «je veux tout l’ensemble», c’est pour dire «je suis avec vous jusqu’au bout»!

Parlons de ton processus créatif justement. Qu’entends-tu par «écrire à l’instinct»?
Pour créer des textes, avant toute chose, j’ai besoin d’un beat. Si je n’en ai pas, ça m’arrive d’écrire un peu, mais ce ne sera jamais un morceau entier. Quand je veux me lancer dans une chanson, j’ai automatiquement besoin d’avoir de la musique, c’est elle qui dicte mes mots.
Niveau inspiration, ma source, c’est le quotidien. Il y a plein de choses dans la vie auxquelles je suis sensible. Ça peut venir de ce que je vois, ce que je vis, ce que j’entends, des expériences de gens autour de moi, de ma famille, ou de difficultés que je rencontre. Ça peut être très personnel, mais aussi plus global – comme dans l’exemple des Gilets jaunes.
De là, la musique et les émotions vont me guider. J’essaie de me connecter à ce que je ressens et le mettre en forme sur le rythme. J’écris assez souvent sur mon ordinateur, sinon, quand je veux garder ce truc de l’instinct justement, être incisive, j’écris mes textes directement dans la tête. Je fais une phrase après l’autre, et je les retiens au fur et à mesure, sans avoir besoin de retranscrire tout ça sur une feuille. Les mélodies de voix et le flow suivront alors naturellement, en fonction de ce que je veux raconter. Via cette méthode, j’ai l’impression d’être beaucoup plus instinctive, directe dans ce que je veux dire et dans ma manière de poser.

En plus d’écrire tes textes, tu composes aussi tes propres beats. Là encore, comment procèdes-tu? Tu commences par quelles sonorités?
Je compose de temps à temps, oui. En principe, je vais avoir une base, une petite vibe, comme une énergie, soit mélancolique, soit un peu reggae, soit un peu cainfri (NDLR : «africaine») par exemple. Je pars toujours d’une sorte de couleur qu’il y a dans ma tête, c’est vraiment très abstrait en fait. J’essaie ensuite de retranscrire mélodieusement parlant ce que j’ai en tête, en utilisant plein de samples sur mon clavier MIDI. Je cherche, je cherche, je cherche … Jusqu’à trouver le son ou les notes qui me parlent. Je commence alors avec la mélodie de base, et de là je vais construire autour. Je vais continuer comme ça jusqu’à ce que mon instrumental soit composé.

KT Gorique sur Youtube

L’interview avec KT Gorique a été réalisée pour le dossier «A la découverte du rap romand» sur Swissmusic.ch et y a été publiée en mars 2019.

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La Suisse participe au Concours Eurovision de la chanson avec Luca Hänni et une chanson issue du camp de composition de chansons SUISA | avec vidéo

Pour la deuxième fois consécutive, la contribution suisse au Concours Eurovision de la chanson provient du camp de composition de chansons SUISA. La chanson «She Got Me» a été composée en juin dernier aux Powerplay Studios par le membre de SUISA Luca Hänni assisté des auteurs-compositeurs canadiens Laurell Barker et Frazer Mac ainsi que du producteur suédois Jon Hällgren. Texte et vidéo de Sibylle Roth

La chanson «She Got Me» qui s’intitulait temporairement «Dirty Dancing» durant le processus de création, a été écrite pendant le camp de composition de chansons SUISA en juin 2018 par une équipe composée de quatre personnes. Après l’Allemagne qui participera au Concours Eurovision de la chanson (CEC) à Tel Aviv avec une composition issue du camp de composition de chansons SUISA 2018 avec le titre «Sister», il s’agit là d’un nouveau grand succès pour le camp de composition de chansons organisé par SUISA en collaboration avec Pele Loriano Productions.

«C’est une joie immense», déclare Luca Hänni, membre de SUISA depuis 2015. Le Bernois s’est fait connaître auprès d’un large public lors de son apparition dans dans un télé-crochet de la télévision allemande en 2012. Depuis, il a sorti quatre albums et plusieurs singles et est récemment monté sur scène aux côtés d’Helene Fischer. Le CEC constitue la prochaine grande aventure de sa carrière: Hänni est impatient d’y participer et déclare «je voudrais tout simplement faire le meilleur spectacle possible».

Luca Hänni a participé pour la première fois au camp de composition de chansons SUISA l’année dernière. Les auteurs-compositeurs canadiens Laurell Barker et Frazer Mac y prenaient déjà part pour la deuxième fois. Pour Laurell Barker, le camp suisse est une success story: elle avait déjà participé à la réalisation de la contribution suisse au CEC 2018. Elle a écrit la chanson «Stones» en collaboration avec ZiBBZ, composé des membres de SUISA Corinne et Stefan Gfeller. Jon Hällgren, le producteur suédois, est le quatrième membre de l’équipe. En collaboration avec son fils Lukas Hällgren, il a produit la chanson «She Got Me» pour le CEC 2019 à l’issue du camp.

La SRF a demandé à 20 jurés internationaux spécialisés et à un groupe de 100 spectateurs de sélectionner la contribution pour le CEC à Tel Aviv dans le cadre d’une procédure en plusieurs étapes. Plus de 420 chansons ont été présentées.

La Suisse se mesurera à d’autres nations pour participer à la finale du Concours Eurovision de la chanson à Tel Aviv, le 16 mai 2019 (SRF 2 à 21 heures). Le spectacle de la finale du CEC aura lieu le 18 mai 2019 (SRF 1 à 20 heures).

Le camp de composition de chansons SUISA a eu lieu pour la deuxième fois en juin 2018. Un total de 36 musiciennes et musiciens provenant de 8 pays ont participé à cet événement de 3 jours dans les Powerplay Studios, à Maur. Résultat: 19 chansons pop aux inspirations et styles différents. Le camp a été organisé conjointement par Pele Loriano Productions et SUISA.

www.lucamusic.ch

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La chanson «She Got Me» qui s’intitulait temporairement «Dirty Dancing» durant le processus de création, a été écrite pendant le camp de composition de chansons SUISA en juin 2018 par une équipe composée de quatre personnes. Après l’Allemagne qui participera au Concours Eurovision de la chanson (CEC) à Tel Aviv avec une composition issue du camp de composition de chansons SUISA 2018 avec le titre «Sister», il...Continuer

Concours Eurovision de la Chanson: une chanson du camp de composition de chansons SUISA a été retenue pour le processus de sélection allemand | avec vidéo

Succès pour le camp de composition de chansons SUISA: la chanson «Sister» du camp organisé l’an dernier est aujourd’hui au programme de la pré-finale du CEC allemand. La chanson a été créée et produite par un groupe international de compositeurs: Marine Kaltenbacher, Laurell Barker, Tom Oehler et Thomas Stengaard. Le représentant allemand pour «Notre chanson pour l’Israël» («Unser Lied für Israel») sera sélectionné aujourd’hui, vendredi 22 février 2019. Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo de Manu Leuenberger

La décision tombe ce soir: quelle chanson représentera l’Allemagne au Concours Eurovision de la Chanson (CEC) en mai 2019 à Tel Aviv? «Sister» fait partie des sept chansons proposées en finale. Elle a vu le jour dans le cadre du camp de composition de chansons SUISA en juin 2018. La chanson a été écrite par les membres de SUISA Marine Kaltenbacher et Tom Oehler, en collaboration avec la Canadienne Laurell Barker. Par la suite, le producteur danois Thomas Steengard a été recruté pour y ajouter la touche finale.

La chanson «Sister» créée lors du camp de composition de chansons SUISA franchit une étape décisive en Suisse et à l’étranger. «Grâce au CEC et à la pré-finale allemande, le message positif que nous voulions exprimer avec ‹Sister› devient de plus en plus populaire», explique la compositrice et interprète lausannoise Marine Kaltenbacher, qui se produit sous le nom de Submaryne. Pour le compositeur et producteur bernois Tom Oehler, la participation de la chanson à la pré-finale allemande est également une étape décisive: «Il peut arriver qu’une chanson présentée au CEC constitue un véritable tremplin pour la carrière d’un auteur-compositeur ou d’un producteur.»

Laurell Barker: plusieurs succès au CEC

Alors que Tom Oehler et Marine Kaltenbacher ont participé pour la première fois à un camp de composition de chansons SUISA, Laurell Barker a déjà une certaine expérience du CEC, puisqu’elle y prend part pour la deuxième fois. Et le succès est au rendez-vous: lors du premier camp de composition de chansons SUISA, elle a participé à la composition de la chanson «Stones» de ZiBBZ; qui a représenté la Suisse lors du CEC 2018 à Lisbonne. Laurell Barker fait d’ores et déjà partie des finalistes du CEC de cette année: elle est l’une des compositrices de la contribution britannique «Bigger Than Us», interprétée par Michael Rice. La chanson s’est directement qualifiée pour la finale du CEC, car le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne font partie des pays du «Big-Five». «Je serais très heureuse si je représentais plus d’un pays à Tel Aviv – ce serait absolument incroyable», déclare Laurell Barker dans la vidéo.

«Unser Lied für Israel» aujourd’hui à 20h15 sur ARD

La chanson est inteprétée par Sisters, un duo composé des deux chanteuses Carlotta Truman et Laurita Spinelli. Le show final «Notre chanson pour l’Israël» («Unser Lied für Israel») sera diffusé en direct sur ARD, ce soir à 20h15. Le 18 mai 2019, le spectacle final du CEC aura lieu à Tel Aviv. En tant que pays faisant partie du «Big Five», l’Allemagne est directement qualifiée pour la finale. Les autres pays – dont la Suisse – donneront le meilleur d’eux-mêmes les 14 et 16 mai pour se qualifier pour la finale.

Le camp de composition de chansons SUISA a eu lieu pour la deuxième fois en juin 2018. Un total de 36 musiciennes et musiciens de 8 pays ont participé à cet événement de 3 jours dans les Powerplay Studios, à Maur. Il en est résulté 19 chansons pop aux inspirations et styles différents. Le camp a été organisé conjointement par Pele Loriano Productions et SUISA.

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  1. Erika Keller dit :

    Es wundert mich, dass nicht mehr Leute für Sisters angerufen haben zumindesten aus dem « Lager » wo daran gearbeitet wurde in der Schweiz. Ich habe auch für Deutschland angerufen. Trotzdem gab es beim puplic voting für Sisters null Punkte.
    Es wird wohl am System der Punktevergabe liegen, welches ich nicht kenne und ich wäre für eine Erklärung dankbar.

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Michel Legrand, toute sa vie pour la musique

Michel Legrand est décédé le 26 janvier 2019 à l’âge de 86 ans. Le compositeur laisse derrière lui 60 ans d’une carrière prestigieuse qui lui a valu une renommée mondiale. Le maître au tempérament de feu a mené son existence à la baguette. Hommage par Bertrand Liechti, membre du conseil de SUISA

Michel Legrand, toute sa vie pour la musique

Michel Legrand, photographié ici le 17 mai 2017 avant la cérémonie d’ouverture du Festival de Cannes, était membre de SUISA depuis 1998. (Photo: Regis Duvignau / Reuters))

Il est né à Paris dans le quartier de Menilmontant, en 1932, d’une famille de musiciens: son père, Raymond Legrand, était compositeur et chef d’orchestre, son oncle était le chef d’orchestre Jacques Hélian (Der Mikaëlian). Au conservatoire de Paris, il étudie le piano, la trompette et l’écriture dans la classe de Nadia Boulanger. Il se passionne pour le jazz et enregistre même un album à New York (1958), côtoyant des stars de la discipline comme Chet Baker, Miles Davis et John Coltrane. La Nouvelle Vague du cinéma français amorce alors son virage définitif vers le cinéma. Il travaille avec Jean Luc Godard, Claude Chabrol, Jean Paul Rappeneau …

Dans les années 60, Michel Legrand rencontre également Jacques Demy, avec lequel il collabore sur 9 films dont «Les Parapluies de Cherbourg» (1964), Palme d’or à Cannes, «Les Demoiselles de Rochefort» (1967) et «Peau d’Âne» en 1970. La petite histoire retiendra que «Les Parapluies de Cherbourg» et «Les Demoiselles de Rochefort» ont été conçus, scenario, paroles et musique, dans la station valaisanne de Verbier.

«Un géant de la musique et d’un compositeur, jazzman et chef d’orchestre de génie!»

Michel Legrand poursuit ensuite l’aventure à Hollywood où il décroche 3 Oscars pour la bande originale de «L’Affaire Thomas Crown» («The Thomas Crown Affair»,1969), de Norman Jewison, avec le tube «The Windmills of Your Mind» («Les moulins de mon coeur»). Il réitère cet exploit en 1972 pour «Un été 42» («Summer 42») de Robert Mulligan, et en 1984 pour «Yentl» de Barbra Streisand. En parallèle, il enregistra avec des vedettes internationales: Frank Sinatra, Charles Aznavour, Ella Fitzgerald, Claude Nougaro et plus récemment Nathalie Dessay.

J’ai eu personnellement le privilège de superviser, en mars 2018, sa composition pour le dernier film –inédit – d’Orson Wells, «The Other Side of the Wind», pour Netflix. Pour l’anecdote, les héritiers du grand cinéaste américain avaient découvert dans un carnet de notes accompagnant ce drame inachevé, une inscription intimant un ordre d’outre-tombe: «Appelez Michel Legrand!»

Après 20 ans de collaboration avec Michel Legrand, je garderai le souvenir d’un géant de la musique et d’un compositeur, jazzman et chef d’orchestre de génie!

www.michellegrandofficial.com

Michel Legrand est devenu membre SUISA en 1998. En 2002, le compositeur français a été récompensé pour ses œuvres à l’occasion du Festival International du Film de Locarno par la FONDATION SUISA, Fondation de musique de SUISA.
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Les membres de SUISA en chiffres

Plus de 38 000 auteurs et éditeurs ont confié à SUISA la gestion de leurs droits. D’où viennent-ils, quel est leur âge et quel est le pourcentage de compositions entre femmes et hommes? Les chiffres et graphiques ci-dessous donnent des renseignements sur la structure des membres de SUISA. Texte de Claudia Kempf

Les membres de SUISA en chiffres

(Graphiques: Crafft Communication)

Structure par âge

Une grande partie des membres a entre 31 et 60 ans. Cela s’explique par le fait que l’âge moyen des auteurs est de 33 ans lors de leur affiliation à SUISA; en outre, les nouvelles affiliations ont fortement augmenté au cours des 20 dernières années.

Structure par âge

Sexe

Les auteurs actifs sont en grande majorité des hommes. Une tendance au changement est cependant perceptible: 45% des auteurs femmes ont adhéré à SUISA ces dix dernières années.

Sexe

Langue

En ce qui concerne les langues, les pourcentages correspondent à peu près à la répartition linguistique en Suisse; les auteurs francophones sont tout de même un peu surreprésentés.

Langue

Domicile

Il arrive malheureusement assez fréquemment que les changements d’adresse ne soient pas communiqués à SUISA. Ainsi, SUISA ne connaît pas l’adresse d’environ 15% des membres. Si SUISA ne dispose durant cinq ans d’aucune adresse de notification valable d’un mandant ou d’un sociétaire, le contrat de gestion prend fin et le sociétariat se termine à la fin de l’année en cours. Les droits retournent à l’auteur et ne sont plus gérés par SUISA.

Domicile

Mandants, sociétaires

Dans un premier temps, les compositeurs et éditeurs sont affiliés en tant que mandants. Après au minimum une année d’affiliation et au moins CHF 2000 de recettes de droits d’auteur, le mandant devient sociétaire avec droit de vote et d’éligibilité. Les sous-éditions ne peuvent en aucun cas obtenir le statut de membre; cela explique la grande proportion d’éditeurs sans droit de vote.

Mandants, sociétaires

Années d’affiliation

Le graphique montre de manière très nette la forte augmentation du nombre de nouvelles adhésions au cours des dernières années, en particulier en ce qui concerne les auteurs. Les nouvelles adhésions sont par contre stables depuis plusieurs années en ce qui concerne les éditeurs.

Années d’affiliation

Toutes les indications selon l’état en avril 2018.

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Doubles affiliations: SUISA, et qui d’autre?Doubles affiliations: SUISA, et qui d’autre? SUISA gère les droits de ses membres dans le monde entier. Lorsque l’on souhaite adhérer à plusieurs sociétés d’auteurs, il est conseillé de bien réfléchir aux coûts et bénéfices d’une telle opération. Un artiste qui habite hors de Suisse ou du Liechtenstein peut également adhérer à SUISA. Il est également possible, lorsqu’on est membre SUISA, d’adhérer en plus à d’autres sociétés de gestion. De quoi faut-il tenir compte en cas de doubles affiliations? Les questions et réponses ci-après vous permettront d’en savoir plus. Continuer
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Sexe

Langue

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«On écrit bien plus de chansons qu’il n’en faut pour un album» | avec vidéo

Lors d’une visite dans son studio en janvier 2018, Marc Sway, membre de longue date de SUISA, nous a offert un aperçu de son travail et de son quotidien en tant que musicien professionnel. Le single «Beat Of My Heart» est sorti mi-octobre 2018, annonçant d’ores et déjà le prochain album dont le processus de création fut l’un des thèmes principaux de cet interview-vidéo. Texte et vidéo de Sibylle Roth

Marc Sway est membre de SUISA depuis 2003. Après s’être beaucoup produit récemment en live, il est désormais impatient de sortir son prochain opus. Son dernier album, «Black & White», date de 2014.

Les chansons de l’album à venir sont le fruit de trois années de collaboration avec ses partenaires de longue date, compositeurs et musiciens. «Quand on fait de la musique ensemble, on est si proche et on se côtoie si souvent que cela n’est possible qu’avec de très bons amis», déclare Marc Sway. «C’est pourquoi je travaille avec les mêmes compositeurs depuis des années.»

Lors de l’interview, l’artiste de 39 ans nous explique que la composition a une énorme influence sur le résultat final d’un album, car c’est avec elle qu’il pose les premières pierres. Marc Sway aime avoir un but et un concept en tête, et il est convaincu que «chaque album offre l’opportunité de se réinventer».

Le single «Beat Of My Heart» est sorti mi-octobre 2018; quant au nouvel album, «Way Back Home», il sera disponible au printemps 2019.

www.marcsway.ch, site Internet de Marc Sway

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Lars the music guy Christen: «Participer au camp de composition de chansons a été très enrichissant» | avec vidéo«Participer au camp de composition de chansons a été très enrichissant» | avec vidéo «Compass» est l’une des six chansons finalistes pour la contribution suisse au Concours Eurovision de la chanson (CEC) 2018. Le morceau est interprété par Alejandro Reyes, qui a composé la chanson en collaboration avec la compositrice canadienne Laurell Barker et le compositeur et producteur suisse Lars Christen. Dans cette interview de SUISA, Lars Christen explique le processus de composition d’une chanson et raconte en quoi le camp a été pour lui une expérience enrichissante. Continuer
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Les chansons de Charles Aznavour sont une partie de notre identité collective

Charles Aznavour était membre de SUISA depuis 1976 et comptait parmi nos membres les plus célèbres. Les innombrables hommages qui résonnent depuis le jour de son décès sur toutes les chaines de radio et de télévision du monde entier et dans la presse internationale nous rappellent, s’il le fallait, l’ampleur de sa renommée et nous donnent aussi plusieurs leçons. Hommage par Xavier Dayer, Président de SUISA

Les chansons de Charles Aznavour sont une partie de notre identité collective

Charles Aznavour, sur la photo lors d’une représentation au Théâtre royal de Parme le 30 octobre 2009, a écrit les paroles et composé la musique de nombreuses chansons tout au long de sa carrière. (Photo: Fabio Diena / Schutterstock)

Charles Aznavour était un génie du chant et de la scène mais aussi un auteur hors du commun. A de nombreuses reprises il avait souligné lui-même l’aspect essentiel de cette activité.

Dans les archives publiques de la SACEM, nous pouvons trouver son examen d’entrée en 1947 pour accéder à la position d’auteur dans la société française. Oui, à cette époque il en allait ainsi: tout nouveau membre devait passer un examen d’entrée! Il est particulièrement émouvant de lire un texte intitule «Si je voulais», corrigé en rouge par les services de la SACEM.

Cela nous rappelle avec force les étapes progressives franchies par Charles Aznavour, d’une position d’inconnu à la plus haute reconnaissance mondiale. Nous ne pouvons nous empêcher de penser que la trajectoire de ce fils d’immigré arménien est un hymne à l’ouverture de nos sociétés modernes vers l’accueil et la prise de conscience constante que les cultures s’enrichissent par les liens. Un «Charles Aznavour» de demain est peut-être à cet instant sur un bateau traversant la méditerranée.

Ainsi cette voix au «grain de sable» et ces chansons aux textes et mélodies si marquantes sont aujourd’hui une partie de nous et de notre identité collective. Notre «aujourd’hui» est habité par l’œuvre de Charles Aznavour et son parcours donne un message d’espoir à tous les créateurs.

Les mots sont toujours peu de chose face à la force de l’expression musicale. Ils ne peuvent parvenir à exprimer l’ampleur de la reconnaissance que SUISA lui doit d’avoir été sa société de gestion pour les droits d’auteur. C’est un immense honneur et nous adressons nos messages de condoléances à ses proches.

www.aznavourfoundation.org

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«Le violoncelle s’exprime telle une personne»

Beat Richner, pédiatre de profession, fut également musicien durant toute sa vie. Dès 1972, il se produisit sous le nom d’artiste «Beatocello». Il composa lui-même les musiques et textes de nombreuses œuvres de ses spectacles de cabaret poétique. Membre de SUISA depuis de nombreuses années, il est décédé dans la nuit du dimanche 9 septembre 2018 à l’âge de 71 ans. Texte de Manu Leuenberger

Beat Richner: «Le violoncelle s’exprime telle une personne»

Le pédiatre et musicien Beat Richner -ici dans une scène du film «L’Ombrello di Beatocello» de Georges Gachot- était membre de SUISA depuis 1978. (Photo: Gachot Films / www.lombrellodibeatocello.com)

Beat Richner naît le 13 mars 1947 et grandit à Zurich. Après la maturité, il se consacre à la musique pendant un an. A l’âge de 19 ans, il se produit en public dans le cadre du spectacle «Träumerei eines Nachtwächters» (Rêverie d’un veilleur de nuit). Il entame ensuite des études de médecine, durant lesquelles il invente le personnage du clown musicien «Beatocello». Sous ce pseudonyme, Beat Richner devient alors connu dans le monde du cabaret en Suisse. Son engagement humanitaire au Cambodge le rend également célèbre à l’étranger.

En 1978, Beat Richner devient membre de SUISA. Il compose la musique et écrit les textes des chansons qu’il crée principalement pour ses représentations en tant que «Beatocello». Ses compositions, comme «Chatz und Muus», «SʼTröpfli», «Zirkus», «Doctor PC», «De Sprinti und de Läbi» ou encore «Dong und Deng», sont immortalisées sur différents CD. Sur d’autres enregistrements, le violoncelliste interprète également des œuvres de Bach, Vivaldi et Bruch.

Le violoncelle accompagnera Beat Richner tout au long de sa vie. Lors d’une interview pour le «Schweizer Illustrierte», il expliquait en jouer 30 à 40 minutes par jour, afin de se préparer pour les représentations qu’il donnait tous les samedis à Siem Reap (Cambodge) devant des personnes du monde entier. Ces concerts lui permettaient d’informer sur les hôpitaux qu’il avait fondés lui-même et de récolter des fonds pour ces derniers. «Le violoncelle s’exprime telle une personne,», déclarait Beat Richner durant l’interview. «D’une voix simple, chaleureuse et familière, qui réconforte.»

www.beat-richner.ch

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  1. Dodo Leo dit :

    An Beatocello erinnere ich mich oft, immer wieder gerne und, als wenn es gestern gewesen wäre, dass ich seine Lieder gehört habe.
    Das trifft es aber eigentlich nicht ganz, viel mehr war Hr. Richners Figur eine ständige und haltgebende Begleitung meiner Kindheit. Der Umstand, warum ich seiner Musik und Geschichten als Kind begegnete, kommt daher, dass ein erheblicher Teil dieser Kindheit – vor allem in der früheren Phase – im Kinderspital stattfand. Ich hatte ein kleines, silbergraues Kassettengerät, mit dem man nur vorwärt spulen konnte, und das ein bisschen schepperte. Das machte mir nichts aus, denn was ich hörte, war viel mehr als Musik. Es waren Gefühle des Trostes, Linderung der Angst.
    Wenn Hr. Richner in dem Interview mit der »Schweizer Illustrierten« davon sprach, das Cello würde « sprechen wie ein Mensch », dann kann ich das nur bestätigen. Für mich war es ganz genau so, ich erinnere mich gut. Einmal, so meine ich mich jedenfalls ebenfalls erinnern zu können, war er sogar bei uns auf der Station. Aber, vielleicht ist das auch Wunschdenken eines Erwachsenen, der sich wünscht, es wäre damals so gewesen. Irgendwie war er sowieso immer da.
    Ich halte inne und senke mein Haupt, verbeuge mich in tiefer Annerkennung und Dankbarkeit an einen selbstlosen Mann, der mir und vielen anderen im Leben so viel gegeben hat und sage; Danke Hr. Richner.
    Dodo Leo

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