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«Amen»: une nouvelle chanson qui a vu le jour au Camp de composition SUISA sera interprétée au Concours Eurovision de la Chanson 2021

A la suite de l’annulation de l’édition 2020, le Concours Eurovision de la Chanson se tiendra cette année à Rotterdam. On pourra y entendre une chanson qui a été créée lors du Camp de composition SUISA dans les studios Powerplay à Maur. Nous nous sommes entretenus avec l’artiste zurichois Tobias Carshey, membre de SUISA, qui a écrit «Amen» avec Jonas Thander et Ashley Hicklin. Le titre sera interprété pour l’Autriche par Vincent Bueno, originaire de Vienne. Interview réalisée par Markus Ganz, auteur invité

«Amen»: une nouvelle chanson qui a vu le jour au Camp de composition SUISA sera interprétée au Concours Eurovision de la Chanson 2021

Tobias Carshey chante le titre pour l’enregistrement de la démo de «Amen» lors du Camp de composition de chansons SUISA. (Photo: Tabea Hüberli)

Tobias Carshey, comment tes chansons voient-elles le jour habituellement?
Tobias Carshey: Pour écrire, je puise dans ma vie – avec un résultat qui, forcément, est à chaque fois différent. J’ai tendance à m’asseoir et à écrire; parfois la mélodie vient en premier, plus rarement le texte, et la plupart du temps je commence par la musique.

Es-tu l’auteur exclusif de la plupart de tes chansons?
Oui pour l’écriture, mais pas pour les arrangements.

Sur ton site Web, tu écris: «Écrire des chansons a toujours été un processus très personnel pour moi». Dans le cadre du Camp, a-t-il été difficile de travailler avec des auteurs-compositeurs que tu ne connaissais pas?
Au début, oui, beaucoup. Habituellement, j’aime bien me retirer dans un endroit calme où je peux travailler seul. Au Camp de composition, je me suis retrouvé face aux autres et j’ai dû travailler en équipe. J’ai déjà fait ça, mais …

… la pression était probablement plus forte cette fois parce que tu as travaillé pour la première fois avec le producteur suédois Jonas Thander et la star écossaise Ashley Hicklin?
Exactement, c’est juste tout nouveau pour moi: il y a de nouvelles dynamiques qu’il faut d’abord comprendre. Heureusement pour moi, Ashley Hicklin est arrivé avec une idée concrète dès le début.

Comment est-ce que tout cela s’est passé, as-tu suggéré des idées de chansons?
Je ferais les choses différemment aujourd’hui, mais je me suis tout simplement lancé. C’était la première fois que je participais à un Camp de composition de chansons et je voulais arriver sans idées préconçues. Avant de commencer à écrire, nous avons écouté quelques-uns de mes morceaux pour que Jonas Thander et Ashley Hicklin puissent avoir une idée d’où je viens musicalement.

Était-ce important que Jonas et Ashley connaissent tes points forts?
Exactement, et à cet égard, ma chanson «Almond Eyes» a été le vrai point de départ.

Dans un Camp de composition de chansons, il y a une certaine spécialisation avec les producteurs et les topliners. Quel était ton rôle, étais-tu plutôt chanteur au sens d’interprète ou davantage impliqué en tant qu’auteur-compositeur?
J’ai également été impliqué en tant qu’auteur-compositeur: mes deux partenaires m’ont pris totalement au sérieux.

Jonas Thander Ashley Hicklin

Le producteur suédois Jonas Thander (à gauche) et l’auteur-compositeur Ashley Hicklin, basé à Édimbourg, travaillent sur la composition au Studio A des Powerplay Studios à Maur. (Photo: Tabea Hüberli)

Cette répartition du travail a-t-elle eu un sens pour toi?
Tout à fait, parce que chacun arrive avec une expérience différente et que nous avons basé notre travail sur cette répartition des rôles. En effet, il peut rapidement y avoir des frictions quand trois auteurs-compositeurs qui ne se connaissent pas travaillent ensemble. Avec ce mode de fonctionnement, chacun peut se retrancher derrière son domaine de compétences s’il n’est pas d’accord avec les autres et continuer à faire progresser la chanson.

Jusqu’où la spécialisation est-elle allée?
Nous connaissions chacun notre rôle. Mais tout le monde était considéré comme suffisamment compétent pour avoir son mot à dire partout, que ce soit au niveau de la composition ou des paroles, et même pour la production.

Selon toi, comment s’est ressenti le fait que vous n’ayez jamais écrit une chanson ou fait de la musique ensemble auparavant et que vous n’étiez pas une équipe bien rodée?
Ash et Jonas se connaissaient déjà, mais cela n’avait aucune importance, car ce sont des musiciens expérimentés qui connaissent la dynamique d’une équipe de compositeurs. C’est pourquoi j’ai été accepté en tant que nouveau venu et, dans une certaine mesure, m’adapter à la situation. S’il n’y avait eu que des débutants, cela aurait été une sorte de loterie.

Avez-vous improvisé musicalement ou décidé d’un plan de travail dont chacun, de son côté, a assuré une partie?
A aucun moment, quelqu’un a travaillé de manière individuelle – c’était nouveau pour moi. Je suis plutôt du genre à me retirer dans ma bulle pour développer une idée dans mon coin, avant de la présenter au reste du groupe. Au Camp de composition, Ashley Hicklin a trouvé un refrain dès le début. Nous avons travaillé sur cette base, sans perdre de vue l’objectif d’écrire une chanson pour le CEC. Après, la marche à suivre était claire pour tout le monde.

Thander Carshey Hicklin SUISA Songwriting Camp

Les co-auteurs de «Amen» au travail (de g. à dr.): Jonas Thander, membre de SUISA, Tobias Carshey et Ashley Hicklin. (Photo: Tabea Hüberli)

Le refrain est venu en premier: à quel point l’objectif d’écrire une chanson pour le CEC – autrement dit un tube potentiel, qui reste en tête – a-t-il pesé sur votre travail?
Nous en étions conscients, mais cela n’a eu aucune influence sur le ressenti de la chanson. Nous avons également veillé à ce que la chanson fonctionne en trois minutes.

Le fait de devoir écrire une chanson qui soit à la fois un succès commercial et qui sorte de l’ordinaire a-t-il joué un rôle?
Pas spécialement. Mais notre chanson s’est démarquée des autres chansons du Camp de composition parce que nous lui avons donné une tournure très «simple» – juste le piano, la guitare et ma voix, nous n’avons pas non plus utilisé d’effets comme l’Auto-Tune. À mon avis, c’était aussi la force de la chanson : elle fonctionne aussi avec une simple guitare, ce qui semble atypique.

En quoi la version de «Amen» issue d’une journée du Camp de composition diffère-t-elle de celle que l’on va entendre maintenant au CEC?
Elle est devenue beaucoup plus riche. L’original est bien plus simple : une grosse caisse, ma voix, une guitare acoustique et un piano. Désormais, on y entend aussi des cordes et des chœurs.

Qu’est-ce que cela vous fait de voir quelqu’un d’autre interpréter cette chanson qui, pour un tiers, est la vôtre?
J’ai déjà écrit des chansons pour d’autres par le passé et une fois, une interprétation m’a fait vraiment mal parce que c’était une chanson personnelle à la base. Mais je trouve très captivant et aussi très beau que Vincent Bueno interprète la chanson «Amen» avec sa propre histoire, en lui donnant son propre sens. Pas de regrets!

Comment le Camp de composition a-t-il changé ton approche de l’écriture personnelle?
J’ai surtout été influencé par la façon de travailler, détendue et libre. Le reste du temps, je suis probablement trop sévère avec moi-même, trop obstiné pour simplement me mettre à écrire et essayer des choses.

Le rythme de travail vous a-t-il dérangé, à savoir devoir terminer la chanson en une journée dans le cadre de ce Camp de composition?
Oui, cela m’a causé des difficultés. Car, pour moi, les chansons vraiment géniales, bonnes et intemporelles ont besoin de plus de temps pour mûrir. Cela dit, je suis habitué à ce qu’on me fasse souvent changer d’avis sur ce genre de certitudes.

www.tobiascarshey.com

Concours Eurovision de la Chanson 2021: dans la deuxième demi-finale du CEC le 20 mai 2021, Vincent Bueno interprétera «Amen» pour l’Autriche et Gjon’s Tears avec «Tout l’univers» pour la Suisse. La finale suivra le 22 mai.

Camp de Composition de Chansons: le Camp de composition organisé par SUISA en collaboration avec Pele Loriano Productions a déjà produit plusieurs chansons pop qui sont devenues des succès internationaux. «Amen» est la cinquième chanson issue du Camp de composition SUISA à atteindre les demi-finales ou la finale du Concours Eurovision de la Chanson. Le morceau «She Got Me», co-écrit et interprété par Luca Hänni, a terminé à la quatrième place au CEC 2019. Sont également qualifiés «Répondez-moi» (Gjon’s Tears, pour l’événement qui a finalement été annulé en 2020), «Stones» (2018, Zibbz) et «Sister» (2019 pour l’Allemagne, Sisters).

Les crédits de «Amen»:
Paroles / Musique par: Tobias Carshey (CH), Ashley Hicklin (Royaume-Uni), Jonas Thander (SE). Produite par: Jonas Thander (SE), Mikolaj Trybulec (PL), Pele Loriano (CH). Enregistrée par: Pele Loriano, Jonas Thander, Mikolaj Trybulec, Mixée par: David Hofmann. Publiée par: Éditions Schneeblind, ORF Musikverlag. Label: Unified Songs.

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A la suite de l’annulation de l’édition 2020, le Concours Eurovision de la Chanson se tiendra cette année à Rotterdam. On pourra y entendre une chanson qui a été créée lors du Camp de composition SUISA dans les studios Powerplay à Maur. Nous nous sommes entretenus avec l’artiste zurichois Tobias Carshey, membre de SUISA, qui a écrit «Amen» avec Jonas Thander et Ashley Hicklin. Le titre sera interprété pour l’Autriche par Vincent Bueno, originaire de Vienne. Interview réalisée par Markus Ganz, auteur invité

«Amen»: une nouvelle chanson qui a vu le jour au Camp de composition SUISA sera interprétée au Concours Eurovision de la Chanson 2021

Tobias Carshey chante le titre pour l’enregistrement de la démo de «Amen» lors du Camp de composition de chansons SUISA. (Photo: Tabea Hüberli)

Tobias Carshey, comment tes chansons voient-elles le jour habituellement?
Tobias Carshey: Pour écrire, je puise dans ma vie – avec un résultat qui, forcément, est à chaque fois...Continuer

«Les compositeurs sont d’éternels débutants» | avec vidéo

Dans sa composition pour le projet «Réflexions suisses sur Beethoven», Christian Henking se réfère à la mélodie de la chanson populaire suisse utilisée par Beethoven. Dans chacune de ses six variations, il applique des principes différents. Texte de Markus Ganz, contributeur invité; vidéo de Manu Leuenberger

Christian Henking avoue un grand respect pour Ludwig van Beethoven, «ce monument, ce rocher granitique dans l’histoire de la musique». «Il représente dans tous les cas un maître pour moi, indépendamment de l’esthétique; ce qu’il a accompli formellement est tout simplement fantastique.» Les «Six variations d’un air suisse» l’irritent d’autant plus, comme il l’explique dans un entretien fin janvier 2020. «A vrai dire, je ne les comprends pas; je pensais qu’elles ne pouvaient pas être de Beethoven.»

Etant donné que le compositeur de Bienne et Berne n’a pas trouvé d’accès à ces Variations, il s’est intéressé de plus près à la chanson d’origine, «Es hätt e Bur es Töchterli». Là aussi, il avoue une certaine perplexité, il trouve la mélodie bizarre pour une chanson populaire; il lui manque l’élégance qu’on trouve par exemple dans le «Guggisberglied». «En même temps, il y a cette incroyable tension créée par la grande plage tonale. L’aspect rectiligne et la sensation de pulsation sont également intéressants; il n’y a pas véritablement de rythme, uniquement ces noires un peu ‹traînantes›. La chanson présente donc un certain vide et offre donc ainsi une ouverture possible.» C’est pourquoi, Christian Henking a choisi, pour sa composition, de se référer à la mélodie de la chanson populaire. Et, «à l’instar de Beethoven, mais plutôt par hasard», il a également écrit six variations.

Christian Henking explique qu’il a d’abord analysé cette mélodie et qu’il l’a ensuite subdivisée en plusieurs parties. «Dans mes quatre premières variations, je me réfère en quelque sorte à certaines parties de la chanson. Les deux dernières se réfèrent à la chanson dans son ensemble.» Il a donc utilisé le matériel existant ou s’en est délibérément détaché: «Dans la deuxième variation, pour rechercher le contraste, j’évite simplement toutes les notes qui apparaissent dans la pièce originale.»

A la base, j’avais décidé d’appliquer une méthode de travail différente, respectivement des principes différents pour chaque variation. Le concept s’est concrétisé et a évolué dans le processus de composition. «Je savais que je voulais composer des miniatures, de brèves séquences variées. J’ai commencé par écrire la 5e variation. Il m’est ensuite apparu clairement que je ne souhaitais pas commencer de manière aussi ‹machinale›, et j’ai donc placé d’abord quelque chose de très libre, pour créer un contraste. Il y a ainsi eu une influence mutuelle des différents éléments entre eux. Et, sur la base de ces conditionnalités, de nombreux liens se sont mis en place.»

Christian Henking travaille très souvent à son bureau, en composant «de tête». Cependant, pour stimuler l’imagination, il joue souvent du piano ou du violoncelle. «Des idées me viennent souvent en improvisant, de manière très naïve. C’est mon côté vieux jeu; lorsque je compose, je suis vraiment loin de l’ordinateur; j’écris à la main sur du papier à musique.» Il joue également toutes les voix de ses partitions, sur les instruments prévus. «J’aime avoir l’instrument sous les doigts. Non pas pour écouter le résultat – je suis pianiste et je ne maîtrise pas vraiment les instruments à cordes – mais pour réaliser les doigtés, écouter les sonorités et observer les positions de l’archet, en tant qu’amateur. Curieusement, cette dimension tactile m’aide à composer, même si ce ne serait pas nécessaire; cela me donne une sorte de base.»

Christian Henking a choisi la formule d’un trio à cordes avec flûte. D’une part parce qu’il voulait un groupe formé de peu de musicien-ne-s, afin qu’il n’y ait pas besoin d’un-e directeur-trice. Mais, d’autre part, il trouve cette instrumentation fascinante. «J’apprécie beaucoup la formule du trio à cordes. Et à celle-ci vient s’ajouter la flûte comme un élément un peu étranger, dont le son se fond dans celui du trio.»

Il ne faut pas s’attendre à une composition «typique de Henking». Il considère que «l’une des tâches des compositrices et compositeurs est de voir chaque morceau comme quelque chose d’entièrement neuf; en fait, nous sommes d’éternels débutants». Pour chacune de ses variations au cœur même de l’œuvre, Christian Henking est reparti de zéro et a travaillé délibérément avec des approches et des techniques différentes: «Cela contribue à la diversité de la composition.» Mais repartir de zéro signifie également se retrouver face à une montagne de possibilités. Ces libertés exigent de la réflexion. Il voit également le danger d’utiliser un moyen ou une méthode trop rapidement parce que cela a fonctionné ou fait ses preuves ailleurs. «La routine est un danger contre lequel je lutte à chaque note.»

Au moment de l’entretien, fin janvier 2020, le processus de composition était en grande partie terminé. «Tout est là», explique Christian Henking en montrant de nombreuses pages de partitions. «Je vais maintenant repenser à tout cela pour que des corrections et autres changements puissent encore être apportés.» La composition sera alors terminée dans tous ses détails. Contrairement à d’autres de ses œuvres, Christian Henking n’accorde ici aucune liberté aux interprètes.

Christian Henking est né en 1961 à Bâle. Il a étudié la théorie musicale au Conservatoire de Berne, auprès de Theo Hirsbrunner, et a suivi une formation de chef d’orchestre auprès d’Ewald Körner. Il a ensuite étudié la composition auprès de Cristobal Halffter et Edison Denisov et, dans le cadre de classes de maître, auprès de Wolfgang Rihm et Heinz Holliger. Il a reçu différentes distinctions, notamment le prix de la culture de la Fondation Bürgi-Willert (2000), le Prix de reconnaissance du Canton de Berne (2002) et le Prix de musique du Canton de Berne (2016). Il est Professeur de composition, de branches théoriques et de musique de chambre à la Haute école des arts de Berne. www.christianhenking.ch
Réflexions suisses sur Beethoven: un projet des Murten Classics et de SUISA à l’occasion du 250e anniversaire de Ludwig van Beethoven

Entre la Suisse et Ludwig van Beethoven, les liens semblent ténus. Mais le compositeur a tout de même écrit «Six variations faciles d’un air suisse», en se basant sur la chanson populaire alémanique «Es hätt e Bur es Töchterli». Ce fut le point de départ d’un projet du festival estival Murten Classics en collaboration avec SUISA, consistant en des commandes de composition à huit compositrices et compositeurs suisses de différentes générations, esthétiques et origines.

Oscar Bianchi, Xavier Dayer, Fortunat Frölich, Aglaja Graf, Christian Henking, Alfred Schweizer, Marina Sobyanina et Katharina Weber ont été invité-e-s à s’inspirer des variations ou de la chanson populaire utilisée par Beethoven, ou encore de Beethoven d’une manière plus générale. Les compositions ont été écrites pour l’Ensemble Paul Klee, permettant l’instrumentation suivante: flûte (également piccolo, flûte alto ou flûte basse), clarinette (soprano ou en la), violon, alto, violoncelle, contrebasse et piano.

Kaspar Zehnder, qui a été directeur artistique des Murten Classics durant 22 ans, est l’initiateur de ce projet qui a débuté en 2019. En raison de la crise du coronavirus et des mesures prises par les autorités, la 32e édition, prévue pour août 2020, n’a pu avoir lieu, ni d’ailleurs le festival de remplacement planifié durant les mois d’hiver. Les huit compositions de ce projet ont néanmoins été jouées et enregistrées le 21 janvier 2021 lors de la «Journée SUISA» au KIB à Morat. Les enregistrements seront diffusés sur SRF 2 Kultur dans l’émission «Neue Musik im Konzert» (le 5 mai à 21h). Ils seront également publiés sur la plateforme Neo.mx3. Le projet seradocumenté en ligne avec diverses contributions multimédias sur le SUISAblog et les médias sociaux de SUISA.

www.murtenclassics.ch

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Julien-François Zbinden: quelle force de personnalité hors du commun

Le 8 mars 2021, le compositeur suisse et pianiste de jazz Julien-François Zbinden est décédé à l’âge de 103 ans. Julien-François Zbinden a été Président de SUISA de 1987 à 1991. Hommage de Xavier Dayer, Président de SUISA

Hommage Julien-François Zbinden: quelle force de personnalité hors du commun

Julien-François Zbinden sur une photo prise en 2000. (Photo : Jean-Pierre Mathez)

Nous avons appris avec grande tristesse le décès de Julien-François Zbinden. A l’âge de 103 ans notre membre d’honneur et ancien président (de 1987 à 1991) nous quitte. Son regard pétillant restera dans toutes nos mémoires. Le souvenir encore frais de son centième anniversaire célébré avec quelques amis très proches sur les hauts de Lausanne est aussi ancré. Quelle énergie, quelle force de personnalité hors du commun. Les convives présents l’on vu se lever et tenir un discours encore si présidentiel et toujours plein d’esprit.

Oui, Julien-François Zbinden aura marqué la musique suisse avec charme et conviction durant de longues années. Nul besoin de répéter ici l’ouverture stylistique entre la musique classique et le jazz qu’il incarnait à merveille, ni l’exceptionnelle force de travail d’un homme qui vivait pour la musique. Un homme qui aura côtoyé les plus grands. Notons qu’il a connu entre autres Francis Poulenc, Igor Stravinsky, Clara Haskil, Django Reinhardt & Stéphane Grappelli, Fernandel et Juliette Gréco.

Mais il aura aussi marqué si positivement SUISA, par sa présidence et par sa constance. Il venait à nos assemblées générales dès qu’il le pouvait et, seulement si sa santé ne le permettait pas, il nous écrivait un mot empli de considération et d’attention. En effet, il venait d’une époque où les formes et la manière répondaient à des codes différents de ceux pratiqués aujourd’hui. Une époque bien loin du flux permanant d’informations et de sollicitations que nous connaissons.

Ainsi, de converser avec Julien-François Zbinden c’était ouvrir une brèche dans le temps et entrer dans une dimension perdue. Mais jamais aucune nostalgie ni aucune fermeture dans ses mots, bien au contraire, l’aviateur qu’il était (vers la mi-cinquantaine, il avait passé un brevet de pilote!) aimait le neuf, la découverte et les nouvelles expériences. Une curiosité exemplaire qui fascinait tous ses interlocuteurs. Ainsi, durant sa longue et brillante carrière à la RSR il a su ouvrir les auditeurs à tous les genres musicaux, il était l’inverse d’un homme de cloisonnement.

C’est certainement cette capacité d’ouverture, de dialogue et de bâtisseur de ponts qui lui a permis d’assurer avec brio ses différentes présidences (en plus de SUISA, il a été président de l’Association des Musiciens suisses de 1973 à 1979). Les hommages pleuvent aujourd’hui et cela est hautement justifié car il manquera une certaine présence, une attention particulière, une vivacité si stimulante au paysage musical suisse.

Ainsi, notre membre d’honneur restera parmi nous longtemps, de par le souvenir vivant de la haute qualité des échanges qu’il savait permettre.

Xavier Dayer

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  1. greg dit :

    henry hubert accordeoniste et moi meme greg lewis pianiste rendont hommage a monsieur Zbinden en faisant aujourd hui notre adhesion a la suisa sincere amitiés a sa famille

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« Ce serait bien que cette crise sensibilise à l’art »

Pendant la crise du corona, le projet « Music for Tomorrow » de SUISA offre à certains membres une plateforme pour montrer leur travail et les défis qu’ils ont rencontrés pendant cette période. Cette fois, la musicienne et compositrice zurichoise Anna Känzig raconte ce qu’elle ressent lorsque les annulations de concerts se succèdent et pourquoi elle n’a pas perdu espoir malgré tous les efforts déployés. Pour « Music for Tomorrow », elle a interprété en exclusivité sa chanson « House of Cards », qui décrit magnifiquement les circonstances actuelles. Texte de Nina Müller; vidéo réalisée par Anna Känzig, arrangée par Nina Müller

Dans sa jeunesse, Anna Känzig (35) était déjà très musicale. A l’âge de cinq ans elle a appris à jouer de la guitare. Plus tard la basse et le piano ont suivi et sa formation scolaire s’est également déroulée dans le domaine musical. Elle a obtenu sa licence à la Haute école des arts de Zurich (ZHdK) dans le département de jazz et depuis 2009, Känzig fait partie intégrante de la scène musicale suisse. Avec sa voix claire, la Zurichoise a déjà fait vibrer le public au Montreux Jazz Festival, au Gurten Festival, à Energy Air et à la finale de l’Elite Model Look 2016.

Elle est sous contrat avec Sony Music Suisse depuis 2014 et a déjà produit trois albums, toujours sous le label Nation Music. Elle a produit l’album « Sound and Fury », qui figure également sur « House of Cards », avec le producteur de musique Georg Schlunegger de Hitmill, et Lars Norgren, qui travaille également avec le musicien pop suédois Tove Lo, et a assuré le mixage de l’album.

En 2016, sa chanson « Lion’s Heart » a été l’hymne de la campagne de collecte de fonds « chaque centime compte ». Anna Känzig est la première femme à avoir contribué à la chanson officielle de la campagne de collecte de fonds de la SRF et de la Chaîne du Bonheur.

«House of Cards»

Pour « Music for Tomorrow », Anna Känzig a interprété et enregistré la chanson « House of Cards ». Elle dit à propos du morceau : « La chanson décrit en fait très bien la situation actuelle. Il s’agit du fait que les situations peuvent changer d’un jour à l’autre et que, malgré une planification méticuleuse, tout peut soudainement être différent. La chanson a été écrite il y a quelques années et fait partie intégrante de mon programme de concert depuis lors.

Anna Känzig, à quoi ressemble votre journée de travail en tant que compositrice et parolière pendant la pandémie du corona?
J’essaie d’utiliser la pause obligatoire qui en résulte de manière aussi créative que possible. Au début de la crise du corona, c’était extrêmement difficile pour moi parce que toute la situation me paralysait. Des concerts sont annulés chaque jour, et la sortie prévue du single ne semble soudain plus avoir beaucoup de sens. À un moment donné, j’ai pu me libérer de cette léthargie et retrouver le flux créatif. J’ai déterré beaucoup d’idées de chansons qui étaient restées en suspens jusqu’alors et je me suis barricadée dans ma salle de musique. Entre-temps, de nombreuses nouvelles chansons ont été créées, ou au mieux du matériel pour un nouvel album !

Que signifie cette crise pour toi personnellement?
En raison de la crise, j’ai dû soudain me remettre à travailler de manière beaucoup plus intensive. L’isolement collectif a déclenché une poussée créative en moi. Comme il n’était plus permis de donner des concerts en direct, le contact personnel avec le public a été brusquement interrompu. De nombreux concerts ont été transférés sur internet, mais cela ne m’a pas vraiment attiré. Je comprends qu’il faut trouver des formes alternatives, mais surtout avec les concerts en streaming, une partie substantielle du plaisir culturel est perdue pour moi. En attendant, les petits concerts sont à nouveau autorisés, et je me rends compte plus que jamais que cet échange d’énergie entre les musiciens et le public est tout simplement irremplaçable.

Comment le public peut-il te soutenir en ce moment?
De manière classique : l’achat d’albums et de chansons aide toujours. Bien sûr, cela ne doit pas toujours se produire avec les grandes plateformes. Ce qui nous aide le plus est d’acheter de la musique directement chez nous, via notre boutique en ligne, ou sur demande personnelle. Le streaming est également possible, mais le revenu par stream est très faible. Les médias sociaux jouent certainement aussi un rôle dans le soutien à l’artiste. Un like n’est pas un paiement, mais l’attention et le partage sur les médias sociaux nous aident à accroître notre renommée et, dans le meilleur des cas, à gagner de nouveaux fans.

Cela t’aiderait-il si les gens streament plus ta musique sur spotify et co?
Le streaming aide dans une certaine mesure, c’est certain. Mais il serait bien mieux que les gens consomment la musique sur des plateformes où ils peuvent acheter les morceaux individuels. Il serait bien qu’il y ait une sorte de sensibilisation à travers cette crise et que les gens soient plus disposés à payer à nouveau pour la consommation culturelle.

Selon toi, quels sont les éléments positifs que la situation actuelle pourrait apporter?
J’espère que le manque d’aventures culturelles déclenché par la crise du corona créera une nouvelle soif de rencontres en direct et que d’aller par exemple à un concert sera beaucoup plus apprécié.

Que veux-tu partager avec tes fans?
Je me réjouis d’accueillir à nouveau mes fans pour un concert en direct bientôt !

www.annakaenzig.com

«Music for Tomorrow»
La crise du Covid-19 est particulièrement rude pour les membres de SUISA. En effet, jusqu’à nouvel ordre, les représentations de toute sorte sont interdites. De nombreux compositeurs, compositrices, éditeurs et éditrices ont ainsi perdu leur principale source de revenus. Au cours des prochaines semaines, nous aurons le plaisir de partager le portrait de certains d’entre eux sur le SUISAblog. L’occasion pour ces professionnels de nous confier ce qui les touche et de raconter leurs défis et leur quotidien. Les musiciens et musiciennes ont également filmé leur performance pour notre blog, depuis chez eux ou depuis leur studio. SUISA verse une rémunération aux artistes pour leur participation à ce projet.
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Pourquoi les membres de SUISA devraient également envisager d’adhérer à SWISSPERFORMPourquoi les membres de SUISA devraient également envisager d’adhérer à SWISSPERFORM Les compositeurs et paroliers membres SUISA qui sont aussi actifs en tant qu’artistes interprètes et/ou producteurs et dont les prestations sont diffusées par des radios et télévisions suisses ou étrangères ont droit à des redevances de SWISSPERFORM. Pour tous ces auteurs-compositeurs-interprètes/producteurs, l’adhésion à SWISSPERFORM est donc complémentaire à celle de SUISA et nécessaire pour une protection et une rémunération intégrale de leurs droits. Continuer
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  1. Guten Tag Nina,
    danke für deinen Beitrag! Ein sehr wichtiges Thema was du da ansprichst. Es war und ist auch immer noch für uns alle eine schwere und ungewohnte Zeit.

    Liebe Grüße
    Christoph

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Pendant la crise du corona, le projet « Music for Tomorrow » de SUISA offre à certains membres une plateforme pour montrer leur travail et les défis qu’ils ont rencontrés pendant cette période. Cette fois, la musicienne et compositrice zurichoise Anna Känzig raconte ce qu’elle ressent lorsque les annulations de concerts se succèdent et pourquoi elle n’a pas perdu espoir malgré tous les efforts déployés. Pour « Music for Tomorrow », elle a interprété en exclusivité sa chanson « House of Cards », qui décrit magnifiquement les circonstances actuelles. Texte de Nina Müller; vidéo réalisée par Anna Känzig, arrangée par Nina Müller

Dans sa jeunesse, Anna Känzig (35) était déjà très musicale. A l’âge de cinq ans elle a appris à jouer de la guitare. Plus tard la basse et le piano ont suivi et sa formation scolaire...Continuer

Assemblée générale de SUISA: approbation du fonds d’aide pour les auteurs et les éditeurs

Lors de l’assemblée générale de SUISA, un fonds d’aide d’un montant d’un million et demi de francs pour les compositeurs, paroliers et éditeurs de musique a été approuvé. Par ailleurs, la yodleuse, chanteuse, compositrice et éditrice suisse Melanie Oesch a été élue au Conseil de SUISA. En raison de la pandémie de Covid-19, et pour la première fois dans l’histoire de SUISA, l’assemblée générale a eu lieu cette année par écrit. Texte de Giorgio Tebaldi, entretien avec Melanie Oesch réalisé par Erika Weibel, vidéo de Nina Müller

Cette année, l’assemblée générale de SUISA aurait dû se tenir à Berne au Bierhübeli le 26 juin. Cependant, en raison de la pandémie de Covid-19 et de l’interdiction des rassemblements décrétée en mars dernier, le Conseil de SUISA a décidé au mois d’avril de tenir son assemblée générale sous forme écrite. Ainsi, et pour la première fois dans l’histoire de la coopérative, les membres de SUISA ont pu voter par correspondance, et même par e-mail depuis l’étranger pour quelques-uns d’entre eux.

Covid-19: un fonds d’aide pour les auteurs et les éditeurs

Outre les affaires statutaires telles que l’approbation des comptes annuels ou la décharge au Conseil et à l’organe de révision BDO, le vote en faveur du fonds d’aide pour les auteurs et les éditeurs était l’un des sujets les plus importants à l’ordre du jour de cette assemblée générale. En raison de la situation précaire à laquelle les créateurs de musique sont actuellement confrontés, le Conseil de SUISA a décidé le 6 avril 2020 d’accorder des fonds supplémentaires. L’aide octroyée est destinée à compenser les pertes de revenus provenant des droits d’auteur que les membres de SUISA subissent suite à l’annulation d’événements et à la fermeture d’établissements ordonnées par les autorités. Ce fonds d’un million et demi de francs destiné aux compositeurs, paroliers et éditeurs de musique actuellement dans une situation d’urgence en raison de la crise du coronavirus doit pallier les pertes dues au manque de recettes SUISA. Ce fonds a été approuvé par une vaste majorité de l’assemblée générale.

Michael Hug élu à la Commission de Répartition et des Œuvres

Deux nouveaux membres ont été élus lors de l’assemblée générale. L’éditeur de musique Michael Hug a été élu à la Commission de Répartition et des Œuvres, pour le mandat en cours et jusqu’en 2023, afin de remplacer Grégoire Liechti, élu au Conseil de SUISA l’année dernière.

Michael Hug dirige la maison d’édition Ruh Musique SA, fondée en 1910. Cette maison, connue à l’échelle nationale et internationale dans le domaine de l’édition de partitions pour fanfares, édite également de nombreuses œuvres de musique classique et de musique chorale. Michael Hug a pris avec son épouse la succession de son père à la tête de l’entreprise en 2009. Attentif à l’évolution numérique, il a digitalisé tout son catalogue. En 2012, il a été récompensé par la FONDATION SUISA pour sa plateforme numérique de partitions; le jury a particulièrement salué son esprit d’innovation et son concept durable. Michael Hug a 55 ans et, à l’instar de tous ses prédécesseurs dans la maison d’édition, il est lui-même musicien.

Melanie Oesch rejoint le Conseil de SUISA

Suite à la disparition brutale, en décembre 2019, de Reto Parolari, chef d’orchestre, compositeur et membre du Conseil de longue date, le Conseil de SUISA a dû également élire un nouveau membre en son sein. Ainsi, la yodleuse, chanteuse, compositrice et éditrice Melanie Oesch (Oesch’s die Dritten) a été élue au Conseil de SUISA pour le mandat en cours et jusqu’en 2023.

Melanie Oesch et son groupe Oesch’s die Dritten figurent parmi les plus célèbres représentants de musique folklorique. Melanie Oesch a 33 ans et est membre de SUISA depuis 2006.

Dans un entretien par vidéo, elle nous a expliqué ce que SUISA représentait pour elle: «Pour moi, le travail de SUISA est essentiel. Je n’aurais jamais le temps de réclamer l’argent qui me revient et je n’ai pas les connaissances nécessaires pour cela.» Elle apprécie tout particulièrement l’expertise de SUISA: «Je me réjouis de savoir que SUISA peut compter sur tant de professionnels qui depuis des années s’engagent à son égard», confie-t-elle.

Melanie Oesch a été très heureuse et honorée que SUISA lui propose d’intégrer son Conseil et elle souhaite apporter son expérience de musicienne populaire: «Dans la musique populaire, de nombreux morceaux sont très anciens. Parfois, il est difficile de savoir si leurs compositeurs sont encore en vie et où [les morceaux] ont été édités.» Ces morceaux sont également le fruit d’une composition très particulière. «Un yodel n’a par exemple pas de paroles au sens propre, mais il existe sous une forme de texte», explique la jeune femme originaire de Berne.

En tant que membre du Conseil, Melanie Oesch espère aider à aplanir les divergences entre les organisateurs et les artistes. Selon elle, certains organisateurs se sentent défavorisés, car ils ont peu de moyens et doivent malgré tout payer de gros montants. Par conséquent, Melanie Oesch souhaiterait créer un dialogue plus ouvert entre SUISA et ces organisateurs.

Au total, 1’576 compositeurs, paroliers, éditeurs de musique et héritiers ont voté par correspondance. Le compte rendu de l’assemblée générale de SUISA 2020 est disponible sur: www.suisa.ch/assembleegenerale

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Retour sur l’Assemblée générale 2019 de SUISARetour sur l’Assemblée générale 2019 de SUISA Environ 150 membres de SUISA ayant un droit de vote ont assisté le 21 juin 2019 à l’assemblée générale ordinaire au centre des congrès de Bienne et ont déterminé le sort de leur coopérative. Ils ont notamment élu Sylvie Reinhard et Grégoire Liechti au Conseil. Dans le cadre de la révision du droit d’auteur, les membres de SUISA ont en outre adopté une résolution visant à faire bénéficier les créateurs de musique de conditions équitables. Continuer
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  1. Martin LUTHER-OWUSU dit :

    Bravo! Thanks for looking after authors and publishers during this period of Covid-19. The devastation of the pandemic is enormous and I pray that we would get rid of it sooner than later. And now a question:
    As a member living in Ghana, is there a chance to apply for a little bit from the fund to sustain me?
    Thank you very much.

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Willy Viteka, grand éditeur et producteur de musique, nous a quittés

Avec le décès le 19 mai 2020 de Willy Viteka, nous perdons un entrepreneur ayant fortement contribué à faire de l’industrie musicale suisse ce qu’elle est aujourd’hui, grâce à son influence en tant que producteur et éditeur. Hommage par Stephan F. Peterer, contributeur invité

Willy Viteka, grand éditeur et producteur de musique, nous a quittés

Willy Viteka fut membre SUISA en tant qu’auteur et éditeur. (Photo: DR)

Né le 6 novembre 1949 à Madrid, il se découvrit très tôt une grande passion pour diverses formes d’art et décida d’étudier l’art plastique, la littérature et la musique. En exerçant là où la scène musicale occidentale battait son plein, il sut acquérir de vastes connaissances, se constituer un réseau et faire de nombreuses expériences. Dans les années 70, grande époque pour la musique, il fut particulièrement marqué par ses années d’apprentissage à Londres en vue de devenir musicien studio, producteur, auteur et rédacteur.

Producteur, éditeur et entrepreneur

Après des années de pérégrination, il décida en 1976 de s’installer en Suisse avec son épouse Olivia. Le couple créa alors Viteka Musik AG, entreprise auxquels sont rattachés ses propres labels ainsi qu’une maison d’édition musicale. Mais Willy resta également très attaché à son pays d’origine et exerça une bonne partie de son activité de producteur sur son lieu de prédilection, l’île de Majorque, où sa femme est lui se firent construire une résidence secondaire – le couple y passait la plupart de leur temps dans le studio de musique.

Dans le cadre de ses activités entrepreneuriales en Suisse, outre sa propre production musicale, Willy se spécialisa également dans une activité classique de sous-édition. On trouve dans son catalogue de nombreuses œuvres de premier plan, avec entre autres Kylie Minogue, Milva, Rick Astley, Bananarama, Donna Summer, Cliff Richard, Aitken & Watermann, et bien d’autres.

Très impliqué dans l’industrie musicale suisse

Willy Viteka réalisa rapidement que la création et l’entrepreneuriat n’étaient pas suffisants pour les éditeurs de musique et les producteurs. Il leur fallait aussi lutter pour un environnement exploitable économiquement. Bien qu’il exista déjà à l’époque de nombreuses associations dans l’industrie de la musique suisse, aucune ne lui semblait convenir à son statut d’«éditeur axé sur la production». Il se mit donc en quête d’autres entrepreneurs partageant sa vision afin de créer avec eux une nouvelle association. A ce titre, on peut le considérer comme le père fondateur de la SVMV, l’Association suisse des éditeurs, qu’il dirigea pendant 27 ans. En 2019, il fut nommé président d’honneur pour ses précieux services. Il participa également activement à la création de l’ASMP, l’«Association of Swiss Music Producers», qu’il présida en parallèle de la SVMV.

Mais pour Willy, il ne suffisait pas de fonder des associations spécifiques à la branche, celles-ci ayant besoin d’activités pour atteindre les objectifs escomptés. Il était nécessaire de gagner de l’influence sur les organes importants de l’industrie musicale suisse, sur de nombreuses commissions ad hoc, mais aussi et surtout, sur les autorités législatives. La formation mutuelle ainsi que l’échange entre les entrepreneurs, et tout particulièrement la formation de la génération suivante de l’industrie musicale, firent ainsi partie de ses activités principales. Il n’existait alors en Suisse aucune haute école ou école spécialisée pour ces métiers. Aussi, Willy et son épouse Olivia organisèrent pendant de nombreuses années des séminaires de formation avec d’autres membres du comité de l’association qu’ils avaient créée. Le point culminant en fut la création du Symposium de Musique de Fürigen, qui s’étalait sur deux jours et devint l’un des événements annuels les plus importants de l’industrie musicale.

Grâce à la révision du droit d’auteur et des droits voisins dans les années 80, on créa Swissperform, société au sein de laquelle Willy travailla dès le début en tant que délégué. Sans oublier qu’il fit aussi partie pendant quelques temps du groupe spécialisé des producteurs de phonogrammes. Il participa également durant de nombreuses années aux discussions de l’Institut de la propriété intellectuelle (IPI) autour du droit d’auteur, ainsi qu’à la création d’un contrat standard pour les éditeurs musicaux, les sous-éditeurs et les producteurs.

Décédé à l’âge de 70 ans

Après une hospitalisation des suites d’un accident, Willy Viteka a contracté le Covid-19. Bien qu’il ait fini par guérir du virus, trop affaibli, il fut emporté à l’âge de 70 ans par une infection pulmonaire attrapée lors de sa convalescence.

Nous nous rappellerons de Willy comme d’un homme au grand cœur et extraordinairement bienveillant qui, par son ouverture aux autres et sa forte implication, sut nouer de nombreuses amitiés au sein de l’industrie musicale suisse et au-delà.

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Willy Viteka fut membre SUISA en tant qu’auteur et éditeur. (Photo: DR)

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«Avec cette crise, j’ai un peu l’impression de faire un séjour en centre de désintoxication»

Pendant la crise du coronavirus, dans le cadre du projet «Music for Tomorrow», SUISA propose à quelques-uns de ses membres une plateforme sur laquelle ils peuvent présenter leurs créations et parler de leurs défis. C’est au tour de la musicienne et compositrice valaisanne Tanya Barany de nous expliquer en quoi elle espère que cette crise aura permis de déclencher une prise de conscience en matière d’entraide sociale, de reconnaissance, de solidarité ou de réflexion et elle nous présente en exclusivité sa chanson «Cotton Clouds». Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo réalisée par Tanya Barany, arrangée par Nina Müller

«Aussi sombre que mon humour britannique, mais avec une touche d’air frais des montagnes», c’est ainsi que Tanya Barany décrit sa «dark pop». Née dans le Haut-Valais où elle a grandi, Tanja Zimmerman, de son vrai nom, s’est mise à la musique dès son plus jeune âge: «Je chante, je danse et je donne des spectacles depuis toujours. Les scènes sont juste devenues plus grandes avec le temps», déclare-t-elle dans le cadre d’une interview réalisée par écrit. «Ce qui au début n’était rien d’autre que mon lit s’est transformé en une scène du Gampel Openair.» Sa carrière musicale commence à 11 ans, lors de sa première apparition en solo où elle s’accompagne à la guitare dans un hit-parade pour enfants. A 14 ans, elle a créé le trio féminin vitaminé Labyrinthzero, avec lequel elle a sorti son premier EP avec ses propres compositions et donné plus de 150 concerts en Suisse et à l’étranger.

A la recherche de son identité musicale

Sa rencontre avec Jonas Ruppen, claviériste et vidéaste de son groupe, a été un élément déclencheur dans sa carrière: «Il m’a fait découvrir le monde de Radiohead, James Blake, etc. – et soudain, c’est comme si j’avais trouvé mon son!» Voilà maintenant dix ans qu’ils font de la musique ensemble et travaillent tous les deux sur le concept «Tanya Barany» – Tanya comme compositrice et Jonas comme producteur vidéo.

Elle a débuté sa formation musicale en 2014 avec un cursus à la Haute école d’art de Zurich où elle a pu bénéficier de l’enseignement d’excellents professeurs. «En même temps, j’ai appris à utiliser le logiciel d’enregistrement LogicX, qui m’a permis de donner une nouvelle direction à mes compositions – ma ‹dark pop› commençait à voir le jour!»

«Lights Disappear» – son premier album

«Lights Disappear», le premier album de Tanya Barany, sort en 2019. Elle le défendra ensuite sur scène dans le cadre d’une tournée de concerts en Suisse et à l’étranger, comme par exemple au Gampel Openair, au Zermatt Unplugged, au Swiss Live Talents ou au Blue Balls Festival.

Outre son projet «Tanya Barany», elle travaille comme chanteuse et musicienne studio, compositrice, parolière et coach vocal.

«Cotton Clouds»

Pour «Music for Tomorrow» Tanya Barany a joué et enregistré sa chanson «Cotton Clouds». A ce propos, elle déclare: «‹Cotton Clouds› décrit la sensation de l’immersion dans l’eau, lorsque tout autour de nous devient soudainement silencieux et qu’un monde nouveau nous apparaît. D’un côté, l’eau qui nous submerge est oppressante (presque écrasante) et, d’un autre côté, elle n’est pas sans évoquer la sécurité d’une étreinte. Totalement inédit ‹Cotton Clouds› est mon titre caché. A l’instar des chansons issues de mon album ‹Lights Disappear›, c’est dans les ténèbres de mon âme que j’ai puisé ‹Cotton Clouds›, mais ce morceau n’a pas trouvé sa place sur l’album. Initialement, ‹Cotton Clouds› a été composée au piano; en fait, je préfère jouer du piano juste pour moi, sans que personne ne m’écoute. J’ai choisi ‹Cotton Clouds› pour ‹Music for Tomorrow› parce que j’aimerais inviter les auditeurs dans mon petit salon et les emmener dans un petit voyage personnel … :-)»

Tanya Barany, à quoi ressemble ton quotidien d’auteure-compositrice pendant la pandémie de coronavirus?
Tanya Barany: En ce moment, j’ai davantage de temps pour convertir mes idées de chansons en morceaux concrets et aboutis. C’est la raison pour laquelle j’essaye d’être aussi productive que possible – pas seulement pour moi en tant que Tanya Barany, mais aussi en tant que parolière anonyme pour d’autres artistes. Mon partenaire, David Friedli – lui aussi musicien et compositeur –, et moi-même écrivons souvent ensemble. Nous explorons tous les styles possibles et imaginables – folk, rock, schlager, électro, pop, soul, etc. – c’est vraiment amusant!

Comment vis-tu cette crise sanitaire?
Avec cette crise, j’ai un peu l’impression de faire un séjour en centre de désintoxication. Je n’ai aucune envie d’y être – les concerts, la vie culturelle et même le simple fait de faire des projets me manquent (qui l’aurait cru) – et j’attends avec impatience le retour à la normalité. Mais cette crise nous apporte aussi quelque chose de positif: du temps! On dirait que le monde tourne un peu plus lentement. Soudain, je peux me consacrer à des trucs que j’avais envie de faire depuis longtemps, et non pas uniquement à ce que je dois faire – ça fait un bien fou! Cette période m’a permis de souffler pour mieux redémarrer, j’ai l’impression d’avoir plus d’énergie et d’être plus créative qu’avant.

Comment le public peut-il te soutenir en ce moment?
Si mes fans veulent me soutenir, ils peuvent parler de ma musique à leurs amis et à leur famille, leur dire qu’il faut ab-so-lu-ment qu’ils achètent «Lights Disappear» en CD! :-) Les chansons mélancoliques, ça aide dans les moments sombres … :-)

Est-ce une bonne chose que les gens écoutent ta musique sur Spotify et autres plateformes de streaming?
Pour les spectacles en live, les organisatrices et organisateurs tiennent compte, entre autres, du nombre d’écoutes sur Spotify, de vues sur YouTube, etc. C’est donc clairement un avantage si ma musique est régulièrement diffusée sur ce type de plateformes. C’est aussi agréable de voir que l’on écoute mes chansons à l’autre bout du monde! Mais pour me soutenir en tant qu’artiste directement, je suis toujours très reconnaissante pour la musique achetée sur iTunes, etc. ou directement lors des concerts.

Selon toi, qu’est-ce qui pourrait ressortir de positif de la situation actuelle?
J’espère sincèrement que cela aura déclenché une réelle prise de conscience chez chacun d’entre nous – à tous les niveaux! Un peu plus d’entraide sociale, de reconnaissance, de solidarité, de réflexion – ça nous ferait du bien à tous!

Quel message souhaites-tu adresser à tes fans?
Même si vous n’entendez pas beaucoup parler de Tanya Barany en ce moment, je travaille à fond sur un nouveau concept qui va tout déchirer – profitez bien du calme avant la tempête! :-) J’ai vraiment hâte de pouvoir vous proposer mes nouvelles chansons! Merci pour votre soutien! Take care <3

www.tanyabarany.ch

«Music for Tomorrow»
La crise du Covid-19 est particulièrement rude pour les membres de SUISA. En effet, jusqu’à nouvel ordre, les représentations de toute sorte sont interdites. De nombreux compositeurs, compositrices, éditeurs et éditrices ont ainsi perdu leur principale source de revenus. Au cours des prochaines semaines, nous aurons le plaisir de partager le portrait de certains d’entre eux sur le SUISAblog. L’occasion pour ces professionnels de nous confier ce qui les touche et de raconter leurs défis et leur quotidien. Les musiciens et musiciennes ont également filmé leur performance pour notre blog, depuis chez eux ou depuis leur studio. SUISA verse une rémunération aux artistes pour leur participation à ce projet.
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Pendant la crise du coronavirus, dans le cadre du projet «Music for Tomorrow», SUISA propose à quelques-uns de ses membres une plateforme sur laquelle ils peuvent présenter leurs créations et parler de leurs défis. C’est au tour de la musicienne et compositrice valaisanne Tanya Barany de nous expliquer en quoi elle espère que cette crise aura permis de déclencher une prise de conscience en matière d’entraide sociale, de reconnaissance, de solidarité ou de réflexion et elle nous présente en exclusivité sa chanson «Cotton Clouds». Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo réalisée par Tanya Barany, arrangée par Nina Müller

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Soutien aux membres SUISA pendant la crise du corona

Les ordonnances Covid-19 de la Confédération ont pour conséquence une importante diminution des utilisations de musique et de ce fait une baisse des redevances de droits d’auteur encaissées. SUISA offre à ses membres un soutien financier pour combler le manque à gagner en matière de droits d’auteur. Texte d’Irène Philipp Ziebold

Soutien aux membres SUISA pendant la crise du corona

Pas de concerts, pas de redevances de droit d’auteur pour les exécutions. Dans ce contexte, Kety Fusco a joué de la musique en direct depuis chez elle pour la série «Music for Tomorrow» sur le SUISAblog et pour SUISA Music Stories sur les médias sociaux. (Photo: copie d’écran vidéo Kety Fusco)

Annulation de concerts, fermeture de magasins et de cinémas, réduction de la publicité à la télévision et à la radio – toutes ces conséquences des mesures prises contre la propagation de la pandémie de corona ont un impact direct sur les revenus provenant de la gestion des droits d’auteur: sans utilisation de musique, il n’y a pas de redevances de droits d’auteur.

SUISA offre à ses membres un soutien financier pour combler la perte des droits d’auteur:

Obtention d’avances

Avant tout, les membres de SUISA, tant les auteurs que les éditeurs, ont toujours eu la possibilité d’obtenir une avance. Le montant de l’avance est calculé sur la base du revenu moyen au cours des dernières années et uniquement si le membre a reçu plus de CHF 500.– de rémunération au titre des droits d’auteur. La demande d’avance peut être envoyée par E-mail. Les demandes sont examinées dans un délai de sept jours etle membre est informé de la décision par E-mail. Pour autant que les conditions soient remplies, le paiement de l’avance sera versé rapidement, par virement bancaire.

Normalement, une avance obtenue est déduite du prochain décompte que le membre reçoit. Cela signifie donc des revenus en moins dans le cadre de la répartition. Comme mesure prise immédiatement contre la situation exceptionnelle créée par la pandémie du coronavirus, le Conseil de SUISA a décidé que cette compensation des avances sera suspendue au moins jusqu’en juin 2022. Le Conseil et la Direction vont suivre de près l’évolution de la situation de crise afin de reporter encore plus, si nécessaire, la date de la compensation, en fonction de l’évolution économique. Dans tous les cas, les avances reçues devront donc être remboursées au plus tôt à partir de juin 2022.

Octroi d’aides aux membres

Si le versement d’une avance ne suffit pas et qu’un membre de SUISA se retrouve dans une situation financière insurmontable en raison de la perte de revenus provenant habituellement des droits d’auteur, il peut adresser une demande d’aide d’urgence à SUISA. Pour de tels cas d’urgence, la fondation de prévoyance de SUISA met des fonds à la disposition de ses membres. Comme autre mesure immédiate, le Conseil a également décidé de créer un nouveau fonds d’aide, permettant des versements d’aides à la fois pour les auteurs et pour les éditeurs. Ce fonds devra encore être ratifié dans le cadre du vote par correspondance de l’Assemblée générale. (Ajout du 27.08.2020: Le fonds dʼaide a été approuvé par une large majorité de l’Assemblée générale. Pour plus dʼinformations, voir lʼarticle: «Assemblée générale de SUISA: approbation du fonds d’aide pour les auteurs et les éditeurs».)

En tant que société de gestion des droits d’auteur, SUISA apporte un soutien si des redevances de droits d’auteur viennent à manquer. Néanmoins, les fonds pour les paiements de soutien sont limités. Les membres SUISA qui ne bénéficent pas encore d’une aide financière par le biais du fonds d’urgence de Suisseculture Sociale ou par une autre mesure cantonale peuvent demander une aide à SUISA.

Les difficultés financières doivent être prouvées par le demandeur. Les demandes doivent être faites via le portail des membres «Mon compte». Les documents soumis seront examinés dans un délai de sept jours. La décision prise sera communiquée par courrier électronique. En cas d’acceptation de la demande, le paiement sera effectué immédiatement par virement bancaire. Les aides d’urgence ne devront pas être remboursées.

Mesures de la Confédération et autres possibilités d’obtenir des aides

Le soutien de SUISA vise à combler la perte momentanée de revenus provenant des redevances de droits d’auteur. Il doit donc être considéré comme un complément et non comme une alternative aux mesures de soutien de la Confédération. Des informations sur les «Mesures visant à atténuer l’impact économique», prévues par la Confédération pour le secteur de la culture, sont disponibles sur le site Internet de l’Office fédéral de la Culture (OFC): www.bak.admin.ch/bak/fr/home/themes/covid19.html

La Fondation suisse pour la culture Pro Helvetia propose également des informations actualisées en permanence sur: www.prohelvetia.ch/fr/dossier/point-information-covid-19/

Sur www.suisseculture.ch vous trouverez non seulement toutes les informations sur le fonds d’urgence pour les créateurs-trices, mais également un lien vers le portail permettant de soumettre des demandes d’aide d’urgence.

Des informations pouvant être précieuses pour les créateurs et créatrices de musique sont également disponibles sur le site de Sonart, Association Suisse de Musique.

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Les ordonnances Covid-19 de la Confédération ont pour conséquence une importante diminution des utilisations de musique et de ce fait une baisse des redevances de droits d’auteur encaissées. SUISA offre à ses membres un soutien financier pour combler le manque à gagner en matière de droits d’auteur. Texte d’Irène Philipp Ziebold

Soutien aux membres SUISA pendant la crise du corona

Pas de concerts, pas de redevances de droit d’auteur pour les exécutions. Dans ce contexte, Kety Fusco a joué de la musique en direct depuis chez elle pour la série «Music for Tomorrow» sur le SUISAblog et pour SUISA Music Stories sur les médias sociaux. (Photo: copie d’écran vidéo Kety Fusco)

Annulation de concerts, fermeture de magasins et de cinémas, réduction de la publicité à la télévision et à la radio – toutes ces conséquences des mesures prises contre la propagation de...Continuer

«Cette crise est un révélateur d’une société malade»

Dans le cadre du projet « Music for Tomorrow », nous présentons le musicien suisse de jazz et d’improvisation Cyril Bondi et son morceau « We Need To Change ». Dans une interview réalisée par écrit, Cyril explique pourquoi, à son avis, c’est la politique et non le virus qui est responsable de la crise actuelle. Texte de Nina Müller; vidéo de Cyril Bondi, adaptée par Nina Müller

Âgé de 40 ans, Cyril Bondi, se définit comme un expérimentateur qui aime les collaborations. Ce natif de Genève évolue musicalement dans les domaines du jazz et du free jazz. Il estime que l’improvisation est la colonne vertébrale de sa musique. « C’est cette dernière qui m’a permis de jouer dans des contextes différents et de me sentir autant à l’aise dans un trio de jazz (Plaistow), de musique expé/trad (La Tène), dans un duo de pop/rock (Cyril Cyril) ou encore en collaboration avec d’incise dans une multitude de projets », dit-il dans l’ interview écrite accordée à SUISA. Avec sa musique, Cyril franchit régulièrement certaines barrières que la société s’est fixées au fil des ans. « Jʼai depuis toujours cherché à développer des nouvelles choses, des nouveaux concepts, chercher à jouer différemment de mon instrument, le déconstruire, le réinventer, chercher de nouveaux sons, de nouvelles textures », dit Cyril à propos de son évolution musicale.

En exclusivité pour « Music for Tomorrow », Cyril Bondi a composé le morceau « We Need To Change ». Avant le confinement, Cyril était occupé à composer différents morceaux pour son album solo à venir. En raison de la pandémie de coronavirus, il a dû interrompre tous les projets. Lorsqu’il a reçu l’invitation pour « Music for Tomorrow », il a réalisé à quel point son besoin de changement est grand. Il a vécu de manière très intense l’élaboration du morceau. « Intense parce que j’y ai vu l’opportunité d’exprimer un sentiment lié à ce que nous vivons, ce curieux mélange entre le constat évident de l’effondrement de la société et le déni de celui-ci », explique Cyril Bondi. « Je ressens profondément cette tension, et l’espace de création dans lequel je me suis plongé m’a permis de l’exprimer à ma manière. » Il n’est pas non plus habitué à travailler seul, car il collabore généralement avec des groupes ou des orchestres.

Cyril Bondi, à quoi ressemble ton quotidien de compositeur pendant la pandémie de coronavirus?
Cyril Bondi : Mes journées de travail s’organisent avant tout avec ma vie de famille. Etant donné que j’ai mes trois enfants à la maison, je dois constamment m’occuper d’eux, les aider dans leurs devoirs, les occuper. Pour avancer dans mon travail, je dois parfois me lever tôt ou bien passer mes soirées pour avancer dans mes différents projets. Ne nous mentons pas, cette pandémie a touché le milieu culturel de plein fouet et encore plus les musicien-ne-s, révélant la précarité dans laquelle ils/elles vivent depuis plusieurs années. Je passe donc énormément de temps à régler les annulations et reports de concerts, à faire le tri dans les différentes aides octroyées. Je fais également partie de la Fédération genevoise des musiques de création qui rassemble les musicien-ne-s professionnel-le-s, du hip-hop à la musique contemporaine, avec laquelle nous essayons de mettre en place des revendications communes pour ce milieu dévasté par la pandémie. Il ne me reste du coup que peu de temps pour le travail artistique : jʼai eu besoin à un moment de retourner vers mon travail de composition ; je me suis plongé dans de nouvelles pièces sans savoir pour qui j’écrivais et dans quel but à part celui de me replonger dans la création. J’en profite aussi pour avancer dans l’enregistrement de l’album de Cyril Cyril (pop rock) ainsi que mon album solo (expérimentale).

Comment vis-tu cette crise sanitaire ?
Cette crise est un révélateur d’une société malade. Nous nous retrouvons dans cette situation non pas car un virus s’est propagé mais parce que des choix politiques ont mené nos sociétés dans cette situation. On démantèle les services publics, les hôpitaux, on déforeste, on exploite, on pille et on consomme. Personnellement, j’essaye de lire, me documenter, débattre avec les autres, écouter de la musique. C’est une période sombre et elle me fait comprendre à quel point nous avons besoin de la culture, des arts, des artistes, pour nous inspirer, nous faire rêver, nous évader et nous faire réfléchir. Jamais nous n’en avons eu autant besoin.

Comment le public peut-il te soutenir en ce moment ?
Le public doit prendre conscience de l’urgence qui touche les milieux culturels et ne pas penser que derrière leurs ordinateurs ou leur téléphone, ils apportent une quelconque aide. Il faut acheter des disques, soutenir les artistes vivants qu’on aime, écouter les musiciens qui vivent autour de vous et surtout ne pas laisser tomber les salles de concerts, les théâtres, les festivals lorsque ceux-ci pourront rouvrir, car ma grande crainte est à venir. Si les gens restent effrayés de se croiser, se toucher, se serrer dans les bras, s’embrasser, danser ensemble, comment pourrons-nous partager à nouveau un véritable moment de musique ?

Est-ce une bonne chose que les gens écoutent davantage ta musique sur Spotify et d’autres plateformes ?
Je pense que chacun dira la même chose. Spotify, youtube, facebook, ce sont des compagnies qui cherchent à se faire un maximum d’argent en exploitant les ressources des autres. Voilà, je suis les autres. Ils ne me donneront jamais rien de ce que vous consommez.

Selon toi, quel pourrait-être le côté positif de cette situation inédite ?
Mon espoir réside dans l’expérience collective que nous vivons. Sommes-nous assez intelligents pour nous rendre compte qu’un monde avec moins d’avions, de voitures, une nature plus présente, un rythme moins effréné, plus de temps passé en famille, une solidarité plus forte est un monde où l’espoir peut à nouveau naître. Cette société capitaliste nous mène à notre perte, saisissons cette opportunité pour inventer, créer, imaginer un monde nouveau. C’est naïf mais j’ai le sentiment que chacun est à même de comprendre cela aujourd’hui !

Quel message souhaites-tu faire passer à tes fans ?
Ecoutez, chantez, dansez, sortez !

www.cyrilbondi.net

«Music for Tomorrow»
La crise du Covid-19 est particulièrement rude pour les membres de SUISA. En effet, jusqu’à nouvel ordre, les représentations de toute sorte sont interdites. De nombreux compositeurs, compositrices, éditeurs et éditrices ont ainsi perdu leur principale source de revenus. Au cours des prochaines semaines, nous aurons le plaisir de partager le portrait de certains d’entre eux sur le SUISAblog. L’occasion pour ces professionnels de nous confier ce qui les touche et de raconter leurs défis et leur quotidien. Les musiciens et musiciennes ont également filmé leur performance pour notre blog, depuis chez eux ou depuis leur studio. SUISA verse une rémunération aux artistes pour leur participation à ce projet.
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Dans le cadre du projet « Music for Tomorrow », nous présentons le musicien suisse de jazz et d’improvisation Cyril Bondi et son morceau « We Need To Change ». Dans une interview réalisée par écrit, Cyril explique pourquoi, à son avis, c’est la politique et non le virus qui est responsable de la crise actuelle. Texte de Nina Müller; vidéo de Cyril Bondi, adaptée par Nina Müller

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Hommage à un homme exceptionnel et d’un musicien doué

Le pianiste Willy Bischof était une figure marquante du monde suisse du jazz et a notamment exercé une grande influence sur les programmes de la radio DRS en tant que rédacteur musical et directeur des programmes. Membre SUISA de longue date, il est décédé en décembre 2019 à l’âge de 74 ans. Hommage par Pietro Schaller, contributeur invité

Willy Bischof: Hommage à un homme exceptionnel et d’un musicien doué

Willy Bischof au Studio Mulinetti de Gênes lors de la production du CD «A Pianist In Paris» en septembre 2004. (Photo: Pietro Schaller)

Caro Willy,

C’est en 1968 que je t’ai vu et entendu pour la première fois; tu étais le pianiste d’un quintette jouant dans un local de danse. En tant que guitariste et tromboniste, je jouais moi aussi dans un dancingband. La décision de «démissionner», je l’ai prise à la mi-mai 1978. Le déclencheur fut un contact avec Radio Bern, qui avait produit en juillet 1974 un enregistrement live de notre groupe au Kursaal de Berne, à l’initiative de Georges Pilloud.

Ala fin du mois de mai 1978, je t’avais contacté au studio de la radio à Berne: «Avez-vous par hasard besoin d’un collaborateur aux archives? – Non! Par contre, nous recherchons d’urgence un producteur; viens à Berne, on parlera des détails plus tard.» La première rencontre eut lieu dans le studio audio. Tu étais assis au grand Steinway. «Connais-tu Cantaloupe Island?», t’avais-je demandé, et tu le jouas immédiatement. Ce fut apparemment le déclic à notre longue relation.

Le lundi 3 juillet 1978 fut mon premier jour de travail au studio de la radio à Berne. Je fus livré à moi-même, car ton lieu de travail était déplacé à Montreux pour le festival de jazz, où tu étais accompagné de Ruedi Kaspar. Pendant plusieurs années, vous formiez la «dreamteam radiophonique» à Montreux, sans oublier vos interviews en différentes langues avec des musiciens de renommée mondiale. A l’époque, je ne savais pas que tu avais réussi un coup brillant bien des années plus tôt en acquérant les droits pour la retransmission en direct de tous les concerts du festival sur la chaîne DRS2.

Les deux mois suivants ont été consacrés à un cours accéléré «Comment fonctionne Radio DRS»: structures des départements, lecture et interprétation de procès-verbaux, langage et états d’âme des journalistes. Lorsque les heures de travail «usuelles» étaient dépassées, des cours supplémentaires avaient lieu dans le jardin d’un café voisin.

Ton objectif était de diriger le domaine «musique de divertissement» de DRS1. Avec Ruedi Kaspar, tu inventas «5 nach 4», la première émission de radio dédiée à la musique pop et rock. Polo Hofer fut l’une de vos découvertes; la présence de l’artiste dans cette émission jeta les bases de la carrière de Polo et plus largement du rock en dialecte alémanique.

Tes consignes pour un programme musical équilibré sur DRS1 furent faciles à respecter. Comme toi, j’étais ouvert à tous les genres de musique; selon notre conception, elle devait être de bonne qualité et devait bien sonner. Il y avait de nombreux disques de presque tous les genres et chaque rédacteur-trice musical-e disposait de leurs propres archives. Je ne savais pas à l’époque que tu avais mis en place, cinq ans plus tôt, un système de remise «dʼéchantillons gratuits» grâce à tes excellentes relations avec l’industrie du disque – une véritable situation gagnant-gagnant. Sans un tel exploit, tes idées d’un programme musical à succès pour la radio DRS1 auraient échoué – tout simplement parce que le répertoire musical souhaité n’était pas disponible.

En 1978 tu as été nommé «chef de la musique de divertissement à DRS1» et dès l’année suivante, ton nouveau lieu de travail fut le studio de Zurich; Ruedi Kaspar partit au studio de Bâle. Je ne pris pas tout de suite conscience que c’était les débuts de DRS3. A l’interne, on chuchotait certes qu’un 3e programme était en projet. A l’automne 1982, j’ai suivi ton appel au studio de Zurich, pour renforcer la rédaction musicale zurichoise. En lien avec le succès de Radio 24 (émission dès le 28.11.1979), la radio DRS augmenta le tempo de réalisation.

Le 1er novembre 1983, Leo Schürmann, Directeur général de la SSR, appuya symboliquement sur le bouton de mise en marche: DRS3 était née.

Les cinq années qui suivirent furent les plus fructueuses de DRS3, malgré quelques divergences d’opinion majeures entre les trois rédactions de Bâle, Berne et Zurich. En tant que «chef du secteur musique», tu parvins à maîtriser ces difficultés grâce à ton expertise, ton attention et une pression tout en douceur.

En 1988, tu quittas DRS3 pour rejoindre DRS2. Il est possible que les discussions récurrentes sur le thème de la «musique» ainsi que les réunions excessives et la bureaucratie aient laissé quelques traces. Il se peut aussi que ton amour du jazz et de la pratique de la musique ait un peu souffert dans ta position de cadre au sein de DRS3. Lorsque tu as repris le secteur «Jazz», il y a eu le lancement du projet «CHJazzszene», avec des sessions en studio pour la relève, offrant une plateforme notamment pour des formations en devenir. Il s’agissait d’une étape importante pour la chaîne DRS2, qui s’est ainsi établie en tant qu’institution encourageant la culture.

1991 a été l’année de naissance de l’émission «Apéro», que tu as créée pour DRS2. Lors d’une des «studioparty» annuelles au studio 2 à Zurich, je me souviens que tu as joué un medley de Duke Ellington et que toutes les personnes présentes – notamment le directeur de la radio Andreas Blum – ont pu constater que, à l’évidence, tu étais un pianiste brillant.

J’ai toujours été un grand fan d’Hazy Osterwald. Mon idée était de reproduire le répertoire de jazz du Osterwald-Sextet avec une formation identique, composée de toi et d’anciens membres du DRS-Band. Ensemble, nous avons découvert dans les archives de la radio à Zurich plus de 70 enregistrements de la meilleure formation de Hazy dans les années 1951-1964. Du jazz de très haut niveau avec une excellente qualité d’enregistrement, produit par Radio Beromünster au studio de Bâle, avec Eddie Brunner comme ingénieur du son – membre puis directeur du fameux groupe Teddy Stauffer Band. Avec ton aide, il a été possible de proposer en 1994 un document important pour le jazz suisse des années 1951-1964, le CD-box «50 Years of Music with a Touch of Swing»; ce fut un grand succès.

Après mûre réflexion, notre projet de «reproduction» des «Hazy Osterwald Jazz Hits» ne s’est pas concrétisé: le son, le charme et le groove de cette époque étaient trop uniques et ne pouvaient pas être reconstitués … Avec le recul, ce fut une décision intelligente avec une mise en évidence des extraordinaires techniques d’enregistrement de Radio Beromünster à l’époque, et du talent de producteur d’Eddie.

En novembre de la même année, il y eut au Bierhübeli les «Berner Song-Tage». Ta formation fondée en 1993, le Willy Bischof Jazztet (avec Hazy Osterwald, Willy Schmid, Peter Schmidlin et Stefan Kurmann) y fut présente en tant qu’invitée d’honneur. La radio DRS1 enregistra le concert. Le CD «Swiss Air» qui s’en est ensuivi est encore disponible aujourd’hui.

En 1998, tu as reçu le «Prix Walo» pour l’émission de radio «Apéro».

Willy Bischof au «warm-up» en studio. (Photo: Pietro Schaller)

En 2004, j’ai eu l’idée de produire un enregistrement sur lequel tu jouerais en solo. Nous avions prévu le studio Mulinetti de Gênes. J’avais évoqué l’envie de proposer des versions de mélodies classiques italiennes comme par exemple Roma Nun Fa‘ Stupido Stasera ou Estaté. Aucun travail de persuasion n’a été nécessaire de ma part; tu as immédiatement été enthousiasmé par le projet. Ensemble, nous avons constitué un répertoire. Le projet était financé par Victor Eugster d’«Activ Records». La date de production était fixée à fin septembre 2004. Coup de théâtre! Juste avant la date d’enregistrement, tu changes d’avis: «Je préférerais enregistrer des chansons française dans des versions personnelles – un titre de CD est déjà trouvé: ‹A Pianist In Paris›» … L’évaluation de chansons qui pourraient convenir se fait rapidement. Je prends la route pour Camogli, mon deuxième chez-moi – à 30 km à l’ouest de Gênes – pour préparer la production.

La session fut un succès; tous les participants se sont très bien entendus et tu as joué magnifiquement, comme toujours. J’ai le souvenir d’un moment musical heureux, peut-être l’un des plus beaux moments pour toi.

Ton départ à la retraite en 2005 m’a encouragé à prendre ma retraite un an plus tard également. Dans les années qui suivirent, nos rencontres se sont espacées. J’ai appris un peu par hasard que ta santé était devenue instable. La dernière fois que je t’ai vu, c’était à l’occasion d’un concert que j’ai organisé avec ton trio le 21 janvier 2011 à l’Hôtel Palace de Lucerne.

Il me reste le souvenir d’une personne extraordinaire et dʼun musicien doué. Je ne t’ai jamais perçu comme mon chef, mais bien comme un ami.

Addio Willy

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Caro Willy,

C’est en 1968 que je t’ai vu et entendu pour la première fois; tu étais le pianiste d’un quintette jouant dans un local de danse. En tant que guitariste et tromboniste, je jouais moi aussi dans un dancingband. La décision de «démissionner», je l’ai prise à la mi-mai 1978. Le déclencheur...Continuer