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Toute la diversité de la musique suisse réunie à Label Suisse

Le festival Label Suisse s’est tenu pour la huitième fois à Lausanne, du 14 au 16 septembre 2018. Organisé tous les deux ans, cet événement, dédié à la création musicale en Suisse, offre au public un large panorama de l’actuel paysage musical dans notre pays. Texte/interview d’Erika Weibel

Toute la diversité de la musique suisse réunie à Label Suisse

La scène principale du festival Label Suisse sur la place Centrale à Lausanne pendant le concert du collectif de hip-hop genevois Superwak Clique, le samedi 15 septembre 2018. (Photo: Anne Bichsel)

La huitième édition du festival Label Suisse a attiré quelque 90 000 festivaliers qui ont pu assister à de nombreuses représentations issues d’univers musicaux très variés. Au total, plus de 60 concerts étaient organisés à 10 endroits différents du centre-ville de Lausanne. Musique électronique, pop rock, musique contemporaine et classique, jazz, nouvelle musique folklorique: toute la diversité de la musique suisse était réunie dans ce festival!

Les responsables du programme ont toujours à cœur de proposer une scène aux artistes suisses expérimentés comme aux étoiles montantes. Grâce aux sponsors qui prennent en charge les frais du festival, les mélomanes peuvent assister gratuitement à tous les concerts. SUISA soutient financièrement Label Suisse depuis 2006 et figurait, cette année encore, parmi les principaux partenaires du festival.

Les différents programmateurs Label Suisse se consacrent chacun à un genre musical spécifique. Après le festival, nous leur avons demandé par écrit comment ils procédaient pour choisir les artistes, ce qui leur plaisait particulièrement dans ce festival et quelles tendances ils observaient dans les genres musicaux. Nous voulions également savoir ce qui avait particulièrement touché Julien Gross, le président du festival, dans cette édition 2018.

Label Suisse: Julien Gross

Julien Gross (Photo: Anne Bichsel)

Julien Gross, Président de l’association Label Suisse

Tu es le président de l’Association Label Suisse et tu travailles depuis plusieurs années au bon déroulement du festival. A ton avis, qu’est-ce qui rend Label Suisse particulièrement attrayant?
Julien Gross: Label Suisse est unique dans sa proposition artistique de par le spectre très large de styles musicaux représentés dans notre programmation. Notre festival réunit ainsi tous les publics, de toutes les générations pendant trois jours.
Des artistes des quatre régions linguistiques se produisent devant un public curieux, fidèle et très attentif. La radio joue un rôle très important dans la diffusion à travers toute la Suisse durant ces trois jours.

Ce fut la 8e édition de Label Suisse. Le festival a lieu tous les deux ans et la première édition a eu lieu en 2004. Quels changements Label Suisse a-t-il connu au cours de ces quatorze ans?
C’est principalement la musique suisse qui a beaucoup évolué. Créative, innovante et originale, Label Suisse tente de représenter une photographie instantanée de toutes les scènes musicales.
Nous faisons en sorte de déclencher l’envie de découverte, de partir dans une aventure musicale. Renforcer la présence de certains styles ou encore de proposer des créations inédites.

De nombreux groupes de toute la Suisse participent à Label Suisse, avec des genres musicaux très variés. De ton point de vue, quelles prestations ont été les plus enthousiasmantes?
J’ai un réel plaisir à déambuler à travers les lieux du festival. De pouvoir découvrir et me confronter à des styles musicaux qui ne font pas partie de ma vie de tous les jours. C’est cela qui m’enthousiasme le plus.

Label Suisse: Laurence Vinclair

Laurence Vinclair (Photo: Mehdi Benkler)

Laurence Vinclair, programmation musiques actuelles

Dans le cas d’un festival qui réunit tant de genres musicaux différents, quel intérêt particulier y a-t-il à être responsable de la programmation d’un genre musical donné?
Laurence Vinclair: L’intérêt est tout simplement d’avoir l’honneur de pouvoir mettre en valeur pendant 3 jours des artistes qui le méritent, artistes pour certains que je vois évoluer tout au long de l’année, voire depuis des années. Et surtout de pouvoir faire découvrir à un public varié des styles qu’il n’écouterait pas spécialement.

Quels ont été les critères appliqués pour le choix des différents artistes/groupes?
Les différents critères sont : la qualité, l’actualité, la motivation des artistes, et le potentiel à se développer.

Quelles sont les tendances actuelles dans le genre musical que vous programmez? Quels sont les effets de ces évolutions sur les acteurs de la scène musicale suisse?
La tendance la plus claire est le hip-hop ou musique urbaine, ce style a pris le lead sur le reste, on a pu le constater en regardant la programmation des clubs et des festivals depuis deux ans.

Label Suisse: Stefano Saccon

Stefano Saccon (Photo: Claude Berthelier)

Stefano Saccon, programmation jazz

Dans le cas d’un festival qui réunit tant de genres musicaux différents, quel intérêt particulier y a-t-il à être responsable de la programmation d’un genre musical donné?
Stefano Saccon: L’intelligence et la force du festival est de faire appel à des personnes compétentes dans chacun des domaines afin de cibler au mieux les musiciens représentatifs. Faire partie d’un comité de spécialistes est en enjeu stimulant pour proposer une programmation pertinente et complémentaire.

Quels ont été les critères appliqués pour le choix des différents artistes/groupes?
La diversité de l’offre dans le domaine du jazz impose un regard large avec des critères qui doivent s’adapter aux démarches artistiques. Il faut dans tous les cas que le projet soit original et qu’il soit une valeur ajoutée au reste de la programmation, que le projet soit en phase avec son temps, que l’ancrage dans la tradition soit lisible, qu’il démontre une certaine maturité et un développement possible.

Quelles sont les tendances actuelles dans le genre musical que vous programmez? Quels sont les effets de ces évolutions sur les acteurs de la scène musicale suisse?
Il y a 3 types de tendances à mon sens.
a) l’association de l’acoustique et de l’électronique, la curiosité autour du monde des DJ’s et l’éveil à de nouvelles textures sonores.
b) le minimalisme qui met en valeur le groupe au détriment du soliste dans une démarche plus traditionnelle.
c) la volonté de développer l’écriture sur des trames rythmiques complexes.
Aujourd’hui les musiciens étiquetés « Jazz » possèdent tous une très grande maîtrise instrumentale, une énorme curiosité qui stimule une créativité sans limite. Face à l’offre grandissante et, par conséquent, à la concurrence je trouve que les musiciens ont une humilité remarquable et un respect mutuel exemplaire.

Label Suisse: Johannes Rühl

Johannes Rühl (Photo: Roland Zemp)

Johannes Rühl, programmation pour la nouvelle musique folklorique

Dans le cas d’un festival qui réunit tant de genres musicaux différents, quel intérêt particulier y a-t-il à être responsable de la programmation d’un genre musical donné?
Johannes Rühl: Il existe peu de festivals qui réunissent un panel stylistique aussi large que Label Suisse. C’est déjà une belle performance en soi. Concernant le choix du programme, il faut se dire que chaque style musical doit pouvoir trouver sa place aux côtés des autres productions. De plus, il faut s’attendre à voir un public très hétéroclite assister aux concerts. Un festival comme celui-ci est vraiment unique pour les personnes curieuses. C’est le meilleur public que l’on puisse souhaiter.

Quels ont été les critères appliqués pour le choix des différents artistes/groupes?
La nouvelle musique folklorique est essentiellement présente en Suisse alémanique. Il faut parfois du temps à l’oreille pour s’y faire. Il s’agit donc de susciter l’intérêt du public issu des autres régions du pays. Par conséquent, les groupes qui viennent à Lausanne doivent faire preuve d’une certaine ouverture stylistique. Nous avons surtout tenu compte de ce point, en plus de la qualité, naturellement.

Quelles sont les tendances actuelles dans le genre musical que vous programmez? Quels sont les effets de ces évolutions sur les acteurs de la scène musicale suisse?
En fin de compte, la nouvelle musique folklorique suisse est un héritage du folk du siècle dernier. Autrefois, la musique était un acte de contestation. Aujourd’hui, les musiciens sont très attachés à la tradition. Ils appréhendent les supports sans œillères et créent ainsi quelque chose de neuf, encore jamais entendu. La haute école de musique de Lucerne est importante pour ce genre musical. Depuis quelques années, elle produit des artistes extrêmement talentueux. L’évolution est loin d’être finie et je crois qu’il y a encore de très belles et nombreuses choses à venir.

Label Suisse: Claire Brawand

Claire Brawand (Photo: Nathalie Langlois)

Claire Brawand, programmation musique classique et contemporaine

Dans le cas d’un festival qui réunit tant de genres musicaux différents, quel intérêt particulier y a-t-il à être responsable de la programmation d’un genre musical donné?
Claire Brawand: L’acte de programmer s’inscrit toujours dans un contexte spécifique dont il faut tenir compte. Dans le cas de Label Suisse (diversité des styles avec une prédominance des musiques actuelles, dimension nationale, diversité des lieux, entrée libre, public très large, dont beaucoup de jeunes), le contexte diffère fortement du cadre habituel de la musique classique (du baroque à nos jours) et de ses mélomanes avertis. J’y vois là un champ d’expérimentation très fertile qui rend ma mission de programmation d’autant plus stimulante ; un des objectifs principaux étant d’attirer les festivaliers à découvrir l’univers classique au travers d’une personnalité, d’une énergie ou encore d’un format de concert spécial. La grande liberté de circulation de Label Suisse renforcée par le mélange des styles dans un même lieu permet cela.

Quels ont été les critères appliqués pour le choix des différents artistes/groupes?
Pour la programmation classique, j’ai privilégié des artistes – interprètes et compositeurs – puissants et singuliers dont la démarche est en résonance forte avec l’identité du festival, à savoir : contemporaine, donc actuelle, et exploratoire. Une telle disposition de la part des artistes classiques est nécessaire pour le contexte particulier de Label Suisse. Ceci a eu pour résultat de nous concentrer sur les répertoires des 20e et 21e siècles (dont des créations), avec, pour le second, un fort accent sur les compositeurs suisses toutes générations confondues.

Quelles sont les tendances actuelles dans le genre musical que vous programmez? Quels sont les effets de ces évolutions sur les acteurs de la scène musicale suisse?
La transdisciplinarité grandissante entre les arts (visuels, sonores, compositionnels) et les esthétiques. Un large renouvellement de la part des jeunes générations de musiciens de pointe dans l’approche de leur programmation de concerts. Aujourd’hui, ils envisagent en effet l’apport de la musique «classique» sans les barrières héritées souvent des générations précédentes.

www.labelsuisse.ch

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Le festival Label Suisse s’est tenu pour la huitième fois à Lausanne, du 14 au 16 septembre 2018. Organisé tous les deux ans, cet événement, dédié à la création musicale en Suisse, offre au public un large panorama de l’actuel paysage musical dans notre pays. Texte/interview d’Erika Weibel

Toute la diversité de la musique suisse réunie à Label Suisse

La scène principale du festival Label Suisse sur la place Centrale à Lausanne pendant le concert du collectif de hip-hop genevois Superwak Clique, le samedi 15 septembre 2018. (Photo: Anne Bichsel)

La huitième édition du festival Label Suisse a attiré quelque 90 000 festivaliers qui ont pu assister à de nombreuses représentations issues d’univers musicaux très variés. Au total, plus de 60 concerts étaient organisés à 10 endroits différents du centre-ville de Lausanne. Musique électronique, pop rock, musique contemporaine et classique, jazz, nouvelle musique folklorique:...Continuer

«Rien ne vaudra jamais une chanson bien écrite»

Pour Tobias Jundt, son succès international avec Bonaparte constitue aujourd’hui le point culminant de sa longue carrière d’auteur-compositeur. Il a composé plusieurs centaines de titres, créé dans une large variété stylistique, pour ou avec d’autres artistes. Ce Bernois qui vit à Berlin transmet ses connaissances et son expérience de compositeur en tant que professeur invité à la Haute école des arts de Zurich dans la matière «Songwriting». Voici une interview avec ce membre de SUISA nominé au Grand Prix de musique 2016 et qui se produira avec son nouveau groupe Mule & Man au Festival Label Suisse à Lausanne.

Tobias Jundt Bonaparte Interview

Avec son nouveau projet Mule & Man, Tobias Jundt (allongé) se produira en live avec Kid Simius (debout) le samedi 17 septembre 2016 aux Docks lors du Festival Label Suisse. (Photo: Melissa Jundt)

Que signifie pour vous la nomination au Grand Prix de musique de l’Office fédéral de la culture?
Tobias Jundt: Je suis bien sûr honoré que mon art soit reconnu et apprécié en tant que tel. Quand on crée quelque chose qui tombe normalement plutôt entre deux catégories et ne rentre pas dans un moule, il faut du temps pour être perçu comme un artiste avec son propre langage. Etant donné la diversité de l’offre, il est presque impossible de comparer les créations des uns et des autres ou de les pondérer. Mais après 30 ans de carrière comme auteur-compositeur, je suis vraiment flatté de pouvoir contribuer à représenter le langage culturel de mon pays en tant que voix musicale possible.

L’OFC remet en 2016 le Grand Prix de musique en amont du Festival Label Suisse. Pendant 3 jours, ce festival présente à Lausanne principalement de la musique suisse de divers genres. L’entrée aux concerts est gratuite. Pourquoi la musique suisse a-t-elle besoin d’un prix de musique de l’OFC et d’un festival comme Label Suisse?
Je pense que nous pouvons tout simplement nous estimer heureux d’appartenir à un Etat qui prend le temps de rendre hommage à l’art, et qui, par chance, a également les moyens de faciliter pendant un certain temps le travail aux artistes honorés grâce à ce prix. Même sans prix, toutes les personnes nominées feraient sans relâche ce qu’elles font et défieraient les aléas de la vie. Nous devons accepter avec reconnaissance le soutien de l’OFC qui nous permet d’avoir le vent en poupe pour avancer.
Quant aux festivals, ils sont des lieux de découverte. Les auditeurs découvrent des groupes de musique, les artistes découvrent d’autres artistes, des collaborations naissent et, accessoirement, le fan d’accordéon schwyzois tombe amoureux de l’amateur de Stockhausen. Les festivals ne remplaceront jamais l’expérience d’un concert d’un seul artiste pendant toute une soirée, mais ils sont très importants comme lieux d’échanges et de confrontations d’expressions. La défense d’une culture vaste et cosmopolite représente toujours la bonne voie.

«Il faut de l’endurance, une combativité implacable et de la ténacité lorsqu’on veut vivre pleinement la poussée artistique.»

Vous avez dit un jour au journal NZZ qu’en Suisse on ne peut survivre qu’avec de la musique pop grand public ou dans des genres fortement subventionnés comme le jazz ou la musique classique. Qu’est-ce qui doit changer pour que la diversité des créateurs de musique suisses se fasse entendre de plus en plus, tant en Suisse qu’à l’étranger?
L’un des problèmes est qu’une niche musicale se concentrant uniquement sur la Suisse est vraiment petite. Par conséquent, on ne peut pas l’exercer comme profession principale, mais plutôt comme activité secondaire. Il faut donc soit évoluer dans un genre qui se vend bien, soit dans un environnement subventionné, ou tout simplement s’attaquer à un plus grand territoire géographique. La dernière option demande de l’endurance, une combativité implacable et de la ténacité lorsqu’on veut vivre pleinement la poussée artistique. A moins que la motivation pour cette folie artistique ne soit ancrée très profondément, la plupart des Suisses n’ont malheureusement aucune raison urgente de mettre en danger la qualité de vie qui prévaut déjà. Il faut quand même être un peu fou pour être prêt à y renoncer, au moins temporairement, pour cultiver un champ musical difficile à l’extérieur. Lors de mes voyages, je rencontre régulièrement des Suisses qui sont très actifs à l’étranger. C’est certainement plus une question d’attitude que de manque de talent.

Depuis 2006, vous vivez et travaillez à Berlin et vous y êtes bien établi. Comment peut-on exister en tant qu’auteur-compositeur suisse à l’étranger et comment la musique suisse est-elle perçue à l’étranger selon vous?
La plupart des gens de ce système solaire adorent la Suisse et ce qu’elle incarne. On a tendance à l’oublier lorsqu’on reste assis trop longtemps sur la montagne. Quand je compose de la musique pour d’autres artistes à Berlin ou à New York, personne ne me demande jamais où j’ai grandi. Il s’agit toujours d’une seule chose: écrire l’œuvre adaptée à la phase correspondante d’un artiste. A cet égard, il peut s’agir de succès commercial ou d’un renouvellement artistique. Et quand je chante mes chansons en tant qu’artiste solo «Bonaparte», de Pékin à Wellington, personne ne me demande quelles sont mes origines – bien que, très honnêtement, j’aime ajouter que je suis Suisse, parce que c’est ce qui me distingue de la plupart des autres artistes et que c’est une partie importante de mon être. Pour survivre, il faut avoir un esprit vigilant, absorber, puis utiliser les différents paramètres des cultures. Tout le monde peut faire cela, peu importe son origine.

«J’estime que la Suisse possède l’une des meilleures sociétés d’auteurs du monde. SUISA est l’endroit auquel j’appartiens en tant que compositeur.»

Vous vivez en Allemagne, mais vous êtes membre de SUISA qui est suisse. Pourquoi?
«J’estime – et je partage ce point de vue avec quelques auteurs étrangers – que la Suisse possède l’une des meilleures sociétés d’auteurs du monde. Je dis cela en toute bonne foi et par conviction personnelle. Par le passé, j’ai également été membre de BMI aux Etats-Unis et je fais partie d’une maison d’édition à la GEMA. Tout ça, c’est bien, mais SUISA est l’endroit auquel j’appartiens en tant que compositeur. J’ai bien aimé la période sous Poto Wegener et, grâce à son soutien, j’avais aussi commencé à cette époque à me confronter de manière plus approfondie au droit d’auteur. Les bonnes relations avec la maison SUISA sont restées, et j’apprécie énormément l’échange et le respect mutuel.

Vous enseignez à la Haute école des arts de Zurich dans la matière «Songwriting». Est-ce qu’on peut apprendre à écrire un tube? Quels conseils donnez-vous aux étudiants pour leur avenir dans la composition?
Le plus souvent, je leur conseille d’oublier tout ce qu’ils croient savoir. J’aime exprimer mon souhait qu’ils écrivent des chansons en tant que personnes et non en tant que musiciens. Bien sûr, les connaissances analytiques ou théoriques et les techniques pratiques nous aident à sortir plus rapidement des impasses musicales. Mais au fond, lorsqu’il s’agit de trouver des idées, pas grand-chose nous différencie de Monsieur et Madame Tout-le-Monde qui sifflent une mélodie sous la douche le matin. On peut, bien sûr, comme pour tout dans la vie – de la position pour tenir un club de golf au Kamasutra pour l’amant – s’approprier une technique grâce à laquelle on réussit à écrire de bonnes chansons n’importe quel jour gris de la semaine. Mais de bonnes chansons, il y en a beaucoup et assez – on doit donc plutôt essayer de composer des chansons avec une touche personnelle qui interpelle; des chansons qui, même une fois accomplie l’œuvre d’une vie comme celle de Lennon-McCartney, Udo Jürgens, Igor Stravinsky et Daft Punk, sont toujours en droit de venir aux oreilles de l’humanité. On n’y arrive pas toujours, mais l’auteur-compositeur doit se lever le matin pour tenter d’écrire une chanson qui enrichit encore ce monde à sa manière.

«La chose la plus importante qui existe, encore et toujours plus aujourd’hui, c’est l’idée musicale.»

Le musicien sur la scène de concert n’est pas forcément l’auteur-compositeur, souvent oublié à côté de la star sous les feux de la rampe. Comment les compositeurs peuvent-ils sortir de l’ombre des interprètes aux yeux du public?
La question est de savoir si c’est obligatoire. Je chante uniquement les chansons que je ne peux confier à aucun autre interprète. La pression psychologique qui s’exerce sur un chanteur et interprète peut aussi être très épuisante à long terme. Un auteur-compositeur, quant à lui, peut agir en arrière-plan, être assis inaperçu quelque part devant son piano, se concentrer uniquement sur le noyau de la musique. Et croyez-moi, la chose la plus importante qui existe, encore et toujours plus aujourd’hui, c’est l’idée musicale. Rien ne vaudra jamais une chanson vraiment bien écrite, qui allie habilement artisanat et originalité. Il y a donc de l’espoir pour tous ceux qui croient avoir vu les oiseaux de mauvaise augure. Je suis très heureux de servir une douzaine de pseudonymes chez SUISA – des rôles d’auteur-compositeur dans lesquels je peux me glisser en fonction du style recherché ou de mon humeur, et dont même mes amis les plus proches ignorent les noms. Cela me plaît que la composition professionnelle reste parfois simplement un secret entre moi-même et une feuille de papier. Lorsque le musicien fait quelque chose de bizarre sur scène, tout le monde en parle le lendemain. Lorsque le compositeur compose nu un petit quatuor à cordes tout en mangeant à la cuillère deux bocaux de beurre de cacahuète, cela n’intéresse personne. Je trouve que c’est bien comme ça. Ce qui importe, c’est que nous, compositeurs, échangions entre nous et que nos droits soient représentés à travers les âges.

Composer de la musique pour des tiers ou vous produire sur scène avec Mule & Man – qu’est-ce qui vous attire dans les deux activités?
J’ai eu des phases assez élitistes dans ma vie, au cours desquelles j’estimais que seul tel genre de free jazz ou telle façon de jouer de la soul étaient dignes d’être écoutés. Mais en fin de compte, je suis malheureusement juste un poly-amoureux torturé musicalement qui aime de tout son cœur toutes sortes de musique, et qui se doit donc de participer à leur invention. Je trouve de la satisfaction aussi bien en composant des arrangements pour instruments à cordes ou à vent, des chansons de protestation, des chansons punk, de la musique de film, de la musique électronique, des bruitages expérimentaux que de la musique country pour les sourds. Cette richesse infinie de possibilités combinatoires qui existe entre le compositeur et l’auditeur me plait beaucoup.

Liens
Bonaparte, site Web officiel
Mule & Man, page Facebook officielle
Label Suisse, site Web du festival
Prix suisse de musique, site Web de l’Office fédéral de la culture

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L’Office fédéral de la culture (OFC) a décidé de décerner le Grand Prix de musique dans le cadre du Label Suisse. Quelques artistes nominés pour ce Prix se produiront sur scène lors du festival.

Venez vous aussi profiter de 3 jours de musique suisse dans un cadre magnifique à Lausanne !

Pour les professionnels, le planning est le suivant:
Flyer Label Suisse (PDF)

Le programme musical se trouve via le lien:
https://labelsuisse.ch/site/fr/programme

Le jeudi 15 septembre 2016, l’Office fédéral de la culture décernera pour la 3ème fois le Grand Prix suisse de musique. Sont nominés 15 musiciens de toute la Suisse, issus de divers domaines musicaux. Le Prix sera remis au lauréat(e) le 15 septembre 2016 à la salle Métropole à Lausanne, en présence du Conseiller fédéral Alain Berset.
http://www.schweizermusikpreis.ch/fr/
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Laissez-vous emporter par la musique suisse au Festival Label Suisse

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Label Suisse 2014: musique suisse sous les feux de la rampe. (Photo: Manu Leuenberger)

Dans le train pour Lausanne, je passe en revue mes envies pour cette nouvelle édition de Label Suisse. Je souhaite découvrir de nouveaux musiciens, entretenir mon affinité pour ceux qui me tiennent à cœur et écouter différents styles de musique. En bref, plonger pendant 3 jours dans la création musicale suisse. Voici ma stratégie pour relever ce défi: me laisser emporter par l’abondance du programme du festival et accepter de faire des choix.

Arrivé à mon hôtel, je m’habille pour le seul événement planifié de mon voyage découverte. Un minimum de délicatesse me commande d’opter pour l’élégance pour la remise du Prix suisse de musique par le conseiller fédéral Alain Berset. Habillé sur mon trente et un, j’entreprends pour la première et dernière fois du week-end, l’ascension de la pente qui mène du quartier «Sous-Gare» à l’Opéra.

Label-Suisse_We-Love-Machines

Le duo d’électro bernois We Love Machines, lauréat du «Best Composition Award» de la FONDATION SUISA à la Swiss Live Talents Final 2013, a joué pendant l’ouverture de l’édition 2014 du Label Suisse, au D! Club. (Photo: Manuela Haltiner)

Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’au Label Suisse, un billet du métro de Lausanne est tout aussi précieux qu’une feuille de route pour les concerts. Du reste, un plan de la ville pourrait également servir car, en tant que visiteur, on a vite fait de se perdre par monts et par vaux, dans le dédale des ruelles. Sans compter que les organisateurs auraient pu faire davantage d’efforts au niveau de la signalisation des sites des concerts.

A l’Opéra, après une série de sketchs divertissants et brillamment mis en scène, je partage la joie du lauréat du premier Grand Prix de Musique, Franz Treichler. D’après le journal «Der Bund», ce précurseur, chanteur et leader des Young Gods est le «bon gagnant au bon moment»: «[Avec le Prix suisse de musique,] il s’agit de récompenser l’innovation et de promouvoir des talents en Suisse et à l’étranger. Le Prix a été décerné à un homme qui anticipe l’avenir du rock.»

Label-Suisse_The-Young-Gods

Franz Treichler (au milieu de l’image) n’a pas été sous les feux des projecteurs qu’au concert The Young Gods: Le vendredi avant le week-end du festival, le musicien de Fribourg a reçu le Prix suisse de musique, décerné pour la première fois par l’Office fédéral pour la culture. (Photo: Giorgio Tebaldi)

Soit dit en passant, d’après moi, tous les musiciens nommés méritaient de recevoir le Prix suisse de musique, décerné pour la première fois par l’Office fédéral de la culture (OFC). Vu l’embarras du choix, je n’aurais pas voulu être l’un des sept membres du jury, rassemblés autour de la présidente et chef d’orchestre suisse Graziella Contratto.

Label-Suisse_Domi-Chansorn

«Domi Chansorn, du grand cinéma» a déclaré un jour Schweizer Fernsehen. Au Label Suisse, ce musicien originaire de l’Emmental a déployé son univers acoustique au club Le Romandie. (Photo: Manuela Haltiner)

En parlant d’embarras du choix, un coup d’œil au programme de Label Suisse me rappelle que le festival bat son plein. Les collègues ont déjà entendu We Love Machines et Domi Chansorn. Anna Aaron et Polar ont également joué. C’est maintenant au tour du légendaire Dieter Meier. On m’a également conseillé Wolfman et Camilla Sparksss. Et il semblerait que le jazzman Tobias Preisig soit un bon tuyau!

Label-Suisse_The-Chikitas

Du rock provocateur et désinvolte: pendant la soirée du premier jour du festival, le duo féminin de Genève The Chikitas a fait une apparition décoiffante. (Photo: Giorgio Tebaldi)

Je m’échappe de l’apéritif dînatoire, offert à l’issue de la remise des prix, et me rends à la Place de l’Europe, l’épicentre du festival, avec des stands de restauration et une scène en plein air. Il me reste encore le temps d’assister au concert de The Chikitas, un duo féminin de rock de Genève, au club Le Romandie, une performance qui décoiffe. Après cette longue journée, je retourne à mon hôtel, avec en tête un air de Stress, qui a reçu l’ovation du public sur le scène en plein air de la Place Centrale.

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Le groupe biennois Pegasus a déchaîné la foule lors de son concert du samedi après-midi sur la Place Centrale. (Photo: Manu Leuenberger)

33 événements sont au programme du samedi. La ronde musicale commence dès 11 heures avec le Kiosque à Musiques, avec entre autres la Landstreichmusik, la formation de jazz Klezmer Yanac et l’orchestre Les Délices de Suzy, avec la chansonnière Yvette Théraulaz.

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Des chansons pop et folkloriques entraînantes en romanche de la formation de Corin Curschellas, dans le foyer de l’EJMA. (Photo: Manu Leuenberger)

Sous le soleil de l’après-midi, le groupe de pop biennois Pegasus entraîne le public rassemblé sur la Place Centrale, toutes générations confondues, et l’invite à chanter et à battre la mesure. Au hasard des rencontres, des visiteurs me conseillent de me rendre à l’EJMA, l’«Ecole de Jazz et de Musique Actuelle». Je suis enthousiasmé par la découverte, des chansons pop et folkloriques entraînantes, de la formation de Corin Curschellas.

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Le Big Band de Suisse romande, rejoint par le soliste Erik Truffaz, a joué samedi sur la scène en plein air. (Photo: Manu Leuenberger)

Je me souviens alors d’une boutade, lancée lors d’une conversation: «Pour moi, la musique de fanfare me fait toujours penser à de la Guggenmusik.» Pourtant, en début de soirée, le Big Band de Suisse romande, rejoint par le soliste Erik Truffaz, apporte la preuve du contraire. Je poursuis ensuite mon pèlerinage dans l’église St-François où l’ensemble vocal La Sestina de Neuchâtel fait retentir des œuvres pour chorales de Francisco Guerrero, compositeur espagnol de la Renaissance, à travers les arcs gothiques de l’ancien monastère franciscain.

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L’ensemble La Sestina fait retentir dans l’église St-François des œuvres de la Renaissance. (Photo: Manu Leuenberger)

Après avoir mangé une bricole à un des stands situés autour du centre du festival, il est hors de question de manquer The Young Gods sur la scène en plein air. Puis des dizaines de personnes se ressemblent à l’entrée du D! Club pour assister au concert de The Animen. Est-ce que je prends la navette pour me rendre aux Docks pour écouter les Rootwords ou devrais-je plutôt aller à pied à l’ancien cinéma Le Bourg pour le concert d’Imperial Tiger Orchestra? Ou ne ferais-je pas mieux d’attendre l’arrivée de Kadebostany sur la scène en plein air? Il se met à pleuvoir légèrement. Je suis épuisé. Je décide alors de retourner à l’hôtel et de me reposer avant la suite du festival le lendemain.

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Le dimanche matin au Label Suisse: l’Orchestre de Chambre de Lausanne, Franz Treichler et Erik Truffaz jouent «Avant l’aube», un poème symphonique pour orchestre, trompette et musique électronique. (Photo: Manu Leuenberger)

Dimanche matin, en route vers le Contact Corner de SUISA dans le «Marché de la Musique» (Bourg-Plage), légèrement excentré, je suis bercé par la musique de «Avant l’aube», le projet classique-jazz-électro d’Erik Truffaz, en collaboration avec Franz Treichler et l’Orchestre de Chambre de Lausanne.

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Les collaborateurs de SUISA répondaient volontiers aux questions et demandes de renseignement au Contact Corner. (Photo: Manu Leuenberger)

Malheureusement, le «Marché de la Musique» n’est pas le théâtre d’une activité débordante, durant ce festival. On assiste toutefois à quelques entretiens intéressants au Contact Corner de SUISA, tandis qu’on reconnaît quelques personnalités de la scène musicale suisse engagées dans des discussions animées.

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Arrivée au «Marché de la Musique»: Le chanteur/compositeur et président de l’association Acteurs de la scène musicale suisse Christoph Trummer (gauche) lors d’un entretien avec le membre du Conseil de la SUISA et PDG d’Irascible-Music Christian Wicky (droite). (Photo: Manu Leuenberger)

Alors que je m’éloigne du charmant Bourg-Plage et des discussions d’affaires pour replonger dans l’univers de la musique, ma famille me donne une nouvelle inattendue. Pour des raisons personnelles, je dois reprendre le chemin de la maison.

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Il a rassemblé de nombreuses familles devant la scène en plein air sur la Place Centrale pour répandre la joie et la bonne humeur parmi les grands et les petits: Henri Dès, star de la chanson pour enfants. (Photo: Giorgio Tebaldi)

Le lendemain, mes collègues me racontent comment la star romande de la chanson pour enfants, Henri Dès, a su mobiliser les foules et répandre la joie et la bonne humeur parmi les grands et les petits. Sur le chemin du retour, les pensées se bousculent et je me demande où mon voyage découverte m’aurait encore emmené. Vers les rebelles du Jazz que sont Lukas Niggli et Andreas Schaerer? Vers le trio de métal Coroner qui retrouve une seconde jeunesse? Vers Julian Sartorius, l’apprenti-sorcier du son et du rythme? La pop celtique des Valaisans d’Anach Cuan? Le concert de Bastian Baker face au public de sa région? Le rock débordant d’énergie des Hathors de Winterthour? …

A la prochaine, Label Suisse!

Le festival Label Suisse 2014 a reçu le soutien financier de SUISA et de la FONDATION SUISA.

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86 spectacles, 7 salles de concert, une scène en plein air, le «Marché de la Musique» et la remise du premier Prix suisse de musique par l’Office fédéral de la culture (OFC). Face à l’offre abondante de Label Suisse 2014, il était nécessaire de dresser une feuille de route pour ce voyage découverte à travers le programme du festival. Tout voir et ne rien manquer était mission impossible. Mon plan pour les 3 jours à Lausanne: me laisser entraîner par la diversité de la création musicale suisse.

Label-Suisse_Intro

Label Suisse 2014: musique suisse sous les feux de la rampe. (Photo: Manu Leuenberger)

Dans le train pour Lausanne, je passe en revue mes envies pour cette nouvelle édition de Label Suisse. Je souhaite découvrir de nouveaux musiciens, entretenir mon affinité pour ceux qui me tiennent...Continuer

Profite du Festival Label Suisse pour rencontrer SUISA au Contact Corner

Le compte à rebours est lancé: Plus que 3 jours jusqu’au 19.9, date du début du 6e Label Suisse à Lausanne. La ville vivra alors durant trois jours sous le signe de la musique suisse. Lors de Label Suisse, tu auras l’occasion d’entrer en contact direct avec SUISA: samedi après-midi et dimanche après-midi, des collaborateurs SUISA seront présents au Contact Corner pour répondre à des questions et donner des renseignements. Tu trouveras le Contact Corner SUISA au «Marché de la Musique» sous une arche du Pont Bessières, à l’est.

(Photo: Manu Leuenberger)

(Photo: Manu Leuenberger)

Tu crées de la musique et aimerais savoir …

  • ce que SUISA peut faire pour toi qui composes?
  • comment obtenir une rémunération si tes chansons passent à la radio?
  • quel est le contenu de tes décomptes SUISA?
  • s’il vaut la peine d’adhérer en tant que DJ?

Tu utilises de la musique et te demandes …

  • ce que tu dois entreprendre pour pouvoir organiser un concert?
  • si tu dois annoncer à SUISA lorsqu’un groupe se produit à la fête de fin d’année de ton entreprise?
  • si tu as besoin d’une autorisation de SUISA pour produire un CD?
  • ce dont tu dois tenir compte si tu souhaites utiliser de la musique protégée pour une vidéo publicitaire?

Les 20 et 21 septembre, au Contact Corner SUISA de Label Suisse, nous répondrons volontiers à de telles questions et à toute autre demande concernant SUISA.

Nous nous réjouissons de vous rencontrer!

SUISA Contact Corner au festival Label Suisse à Lausanne
Samedi et dimanche, 20./21.9.2014
de 12 à 17 heures, Bourg-Plage

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Le compte à rebours est lancé: Plus que 3 jours jusqu’au 19.9, date du début du 6e Label Suisse à Lausanne. La ville vivra alors durant trois jours sous le signe de la musique suisse. Lors de Label Suisse, tu auras l’occasion d’entrer en contact direct avec SUISA: samedi après-midi et dimanche après-midi, des collaborateurs SUISA seront présents au Contact Corner pour répondre à des questions et donner des renseignements. Tu trouveras le Contact Corner SUISA au «Marché de la Musique» sous une arche du Pont Bessières, à l’est.

(Photo: Manu Leuenberger)

(Photo: Manu Leuenberger)

Tu crées de la musique et aimerais savoir …

  • ce que SUISA peut faire pour toi qui composes?
  • comment obtenir une rémunération si tes chansons passent à la radio?
  • quel est le contenu de tes décomptes SUISA?
  • s’il vaut la peine d’adhérer en tant que...Continuer

Festival Label Suisse: prendre le pouls de la musique suisse au cœur de Lausanne

Le festival Label Suisse aura lieu pour la sixième fois du 19 au 21 septembre 2014 à Lausanne. Une large palette de la musique suisse sera présentée durant trois jours sur 8 scènes et 7 lieux différents. Julien Gross, Président de l’association organisatrice, répond à nos questions.

Label-Suisse-2008-The-Invinczible-Show

La scène open air au centre de Lausanne, durant le concert de DJ Vincz Lee et invités («The Invinczible Show»), lors du festival Label Suisse 2008. (Photo: Jérôme Genet)

Julien Gross, quelle est pour toi et ton équipe la motivation qui vous poussent à organiser un festival entièrement consacré aux musiques suisses?
Il est vital pour l’essor de la musique suisse que le public s’approprie fortement cette scène nationale. Nous souhaitons souligner sa richesse et la créativité de nos artistes. La diversité de la programmation doit également permettre de passer au-dessus des frontières géographiques et des clivages linguistiques.
Depuis une dizaine d’années, la reconnaissance de la musique suisse progresse fortement. On le voit encore cette année, avec la remise du premier Prix suisse de Musique par l’Office fédéral de la culture (OFC), et les festivals programment de plus en plus d’artistes suisses. Nous espérons que Label Suisse contribue à sa manière à cette évolution.

Comment se fait-il que l’entrée soit libre pour tous les concerts?
Le concept de gratuité constitue depuis la première édition l’un des éléments fondamental du Festival. Nous croyons sincèrement qu’il favorise la découverte et le croisement des publics parmi le large spectre de styles que Label Suisse propose. Il doit également permettre aux familles de faire découvrir à leurs enfants des concerts pas forcément accessibles financièrement dans une programmation standard.

Tu travailles également pour le Paléo de Nyon. Qu’est-ce qui est différent lorsqu’on organise un festival avec uniquement des artistes suisses?
La principale différence est le nombre de styles différents que nous programmons. Nous avons dû trouver un modus operandi entre les différents programmateurs et les salles qui accueillent le Festival durant trois jours pour collaborer de manière efficiente. Il est important pour nous de travailler avec les gens qui oeuvrent toute l’année dans ce domaine.

A quel point est-il important pour vous que l’événement soit soutenu par SUISA et la FONDATION SUISA?
La reconnaissance de la scène suisse passe aussi par une meilleure compréhension du public du rôle fondamental que tient la SUISA dans la chaîne de la création et de la reconnaissance du travail des artistes. La collaboration entre Label Suisse et la SUISA permet une mise en avant de ce travail.

Pourquoi la RTS a-t-elle l’an passé confié l’organisation du festival à l’association «Label Suisse pour la mise en valeur des musiques suisses»?
La RTS souhaitait recentrer ses investissements sur son métier de base, soit la création de programmes. Organiser un festival est un autre métier. La collaboration reste néanmoins très forte avec la RTS tout comme avec la Ville de Lausanne qui soutient fortement Label Suisse. Grâce à l’appui précieux de la RTS et des chaînes de la SSR-SRG, nous allons diffuser pour la première fois cette année plusieurs dizaines d’heures de musiques suisses dans l’ensemble du pays, depuis Lausanne. La RSI, la SRF et la RTR diffuseront des programmes en parallèle à la RTS.

Quels sont les projets pour l’avenir de Label Suisse?
Label Suisse doit maintenant consolider sa structure et travailler sur sa notoriété en Suisse allemande. Si le Festival veut mener à bien sa mission de mise en avant de la scène suisse, une meilleure présence de l’autre côté de la Sarine est nécessaire.

Dans le programme de cette année, à quels concerts souhaiterais-tu absolument assister?
Je ne voudrais pas manquer Dieter Meier, le pionnier des musiques électroniques, Mondrian Ensemble, une formation bâloise qui depuis près de quinze ans tisse des ponts entre musique contemporaine et classique, et Plaistow, un trio genevois mêlant jazz, rock et électro.

Vers le programme du festival Label Suisse 2014

SUISA Contact Corner au Label Suisse 2014

SUISA et la FONDATION SUISA soutiennent le festival dédié entièrement à la musique suisse. Samedi et dimanche, des collaborateurs de SUISA seront à votre disposition – à l’espace «Marché de la musique» situé sous le viaduc à l’est du Pont Bessière (Bourg-Plage) – pour tout renseignement et pour répondre à vos questions en lien avec l’activité et les prestations de SUISA. Saisis cette occasion et viens nous rencontrer à Label Suisse!

SUISA Contact Corner au festival Label Suisse à Lausanne
Samedi et dimanche, 20./21.9.2014
de 12 à 17 heures, Bourg-Plage

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Label-Suisse-2008-The-Invinczible-Show

La scène open air au centre de Lausanne, durant le concert de DJ Vincz Lee et invités («The Invinczible Show»), lors du festival Label Suisse 2008. (Photo: Jérôme Genet)

Julien Gross, quelle est pour toi et ton équipe la motivation qui vous poussent à organiser un festival entièrement consacré aux musiques suisses?
Il est vital pour l’essor de la musique suisse que le public s’approprie fortement cette scène nationale. Nous souhaitons souligner sa richesse et la créativité de nos artistes. La diversité de la programmation doit également...Continuer