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La Tessinoise: vibrez aux sons du Tessin

A Pâques, le Tessin a bien plus à offrir que ses palmiers et sa météo au beau fixe: pendant trois jours, de nombreux concerts permettent de découvrir la scène indie pop/rock du canton. Texte d’Erika Weibel

La Tessinoise: vibrez aux sons du Tessin

Les musiciens Barbara Lehnhoff (à gauche) et Aris Bassetti (à droite) sont principalement connus pour leurs projets Peter Kernel et Camilla Sparksss. Mais ils gèrent aussi leur propre label, «On the Camper Records», et organisent le festival La Tessinoise. (Photo: Robert Huber)

L’an dernier, le label tessinois «On the Camper Records» a célébré son dixième anniversaire avec un festival. Pour l’occasion, les fondateurs du label – Aris Bassetti et Barbara Lehnhoff – ont invité des artistes des quatre coins de l’Europe, et organisé plusieurs concerts dans la région de Lugano. Ce festival a permis de réunir l’industrie musicale et de nombreux artistes; il a rencontré un tel succès qu’ils ont décidé de continuer à l’organiser sous le nom «La Tessinoise».

Ainsi, du 14 au 16 avril 2017, de nombreux groupes se produiront dans divers lieux près de Lugano lors d’un évènement qui mettra la musique tessinoise sur le devant de la scène. Des artistes venus de toute la Suisse et de l’étranger seront également de la partie. Ce festival est unique, car les groupes y jouent les nouvelles chansons de leur répertoire en les présentant chaque soir au public en exclusivité.

A Pâques, Lugano est donc la destination idéale pour profiter de la musique indie sous le soleil suisse et rencontrer en même temps de manière informelle des personnes du monde de la musique venant de toute l’Europe.

Informations complémentaires:
Programme des concerts, tickets et autres informations: www.latessinoise.com, site Web du festival
Site Web du label On the Camper Records: www.onthecamper.com

SUISA et la FONDATION SUISA, fondation pour la promotion de la musique de SUISA, soutiennent le festival La Tessinoise. Dans le cadre du festival, SUISA vous invite à un brunch le samedi 15 avril 2017 à 10h30 – entrée sur invitation.

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A Pâques, le Tessin a bien plus à offrir que ses palmiers et sa météo au beau fixe: pendant trois jours, de nombreux concerts permettent de découvrir la scène indie pop/rock du canton. Texte d’Erika Weibel

La Tessinoise: vibrez aux sons du Tessin

Les musiciens Barbara Lehnhoff (à gauche) et Aris Bassetti (à droite) sont principalement connus pour leurs projets Peter Kernel et Camilla Sparksss. Mais ils gèrent aussi leur propre label, «On the Camper Records», et organisent le festival La Tessinoise. (Photo: Robert Huber)

L’an dernier, le label tessinois «On the Camper Records» a célébré son dixième anniversaire avec un festival. Pour l’occasion, les fondateurs du label – Aris Bassetti et Barbara Lehnhoff – ont invité des artistes des quatre coins de l’Europe, et organisé plusieurs concerts dans la région de Lugano. Ce festival a permis de réunir l’industrie...Continuer

Camilla Sparksss: «Un beau cadeau de Noël» | avec vidéo

Les compositions de Camilla Sparksss naissent dans ce qui fut une cellule monacale. La vue sur le lac est idyllique. En y regardant de plus près, on constate qu’elle est un peu gâchée par l’autoroute et par la piste d’atterrissage de l’aéroport Lugano-Agno. Pour Camilla Sparksss non plus, il ne faut pas trop se fier aux premières impressions. Texte par Markus Ganz, contributeur invité; vidéo de Manu Leuenberger

La musicienne née en 1983 apparaît douce et cordiale en entretien, alors qu’elle est sauvage sur scène. A la ville, elle s’appelle Barbara Lehnhoff et a grandi au Canada. A 17 ans, elle arrive au Tessin, lieu d’origine de sa maman. Elle y fait la connaissance d’Aris Bassetti, guitariste rock tessinois qui est également compositeur; ensemble, ils commencent à faire de la musique, en créant le groupe Peter Kernel. Ce projet se développe de manière si réjouissante qu’elle décide en 2012 de quitter son emploi de réalisatrice auprès de la Télévision tessinoise pour se consacrer entièrement à la musique.

«Le Tessin est stratégiquement bien placé pour faire de la musique et pour partir en tournée, en tout cas en comparaison avec le Canada», explique Barbara Lehnhoff. «Il n’y a pas toujours besoin de prendre l’avion, comme c’est le cas en Amérique du nord.» Elle aime aussi la douceur du climat, et ce n’est pas seulement appréciable pour le bien-être. «Ici, on peut à n’importe quel moment dans l’année simplement aller à l’extérieur pour tourner une vidéo ou pour un photo shooting.» Mais son ancien pays continue tout de même à influencer sa vision artistique. «J’ai grandi dans une sorte de réserve d’indiens, avec un lien très fort à la nature et c’est très différent de ce que je vis ici en Europe.»

Une version électronique de Peter Kernel

Camilla Sparksss «est moins un projet solo qu’un projet annexe de Peter Kernel»; cela peut paraître un peu déroutant. Mais Barbara Lehnhoff précise que les morceaux de Camilla Sparksss naissent également en collaboration avec Aris Bassetti. «Nous faisons tout ensemble, 24 heures sur 24, et nous nous complétons bien également pour la composition des morceaux. Aris privilégie un style assez mélodique et un peu italien et s’occupe des arrangements. Je suis plus directe, dans un esprit punk.» Cet aspect brut s’exprime davantage avec Camilla Sparksss. Ce projet est né du besoin de créer une sorte de version électronique de Peter Kernel; notamment pour ne pas devoir nous déplacer avec trop de matériel lors de certains concerts. «Avec Camilla Sparksss, la musique est un peu plus badine et basée sur le fun. Et lorsqu’une idée nous vient, nous pouvons l’essayer directement à l’ordinateur.»

Les compositions trouvent souvent leur origine dans le jeu de guitare d’Aris Bassetti, à la recherche d’une mélodie. «Ce n’est qu’au cours du processus de composition que nous décidons pour quel projet nous allons utiliser le morceau. Si c’est pour Camilla Sparksss, nous le transformons en morceau électronique.» S’ils souhaitent essayer certains arrangements, ils quittent leur logement et se rendent dans un local de répétition situé non loin de là. «Nous pouvons y faire tout le bruit que nous voulons, car il se situe en sous-sol», dit Barbara Lehnhoff en riant. «Lorsque nous écrivons les parties chantées, nous devons également pouvoir crier parfois.» Elle définit le style de Camilla Sparksss comme étant du «hyper pop». En précisant: «en ce qui concerne les mélodies et les arrangements, ces morceaux peuvent être considérés comme de la pop. Mais comme nous allons un peu aux limites, avec une approche punk, le terme de hyper pop convient bien.»

Girl power sur scène

Camilla-Sparksss-VideostillLes compositions prennent toute leur ampleur lors des concerts. «La prestation en live est la raison de tout ce que nous faisons avec les deux projets. Ce n’est que sur scène que notre travail de création trouve son accomplissement.» Avec Camilla Sparksss, cela se concrétise par une véritable performance, dans lequel s’exprime un puissant «girl power». Barbara Lehnhoff chante sans retenue et joue du synthétiseur accompagnée de rythmes préprogrammés, pendant qu’une autre femme danse. «La danseuse représente d’une certaine manière la forme humaine de la boîte à rythmes et transpire par conséquent comme un batteur.»

Notamment grâce à leurs nombreux concerts, Barbara Lehnhoff et Aris Bassetti peuvent vivre de la musique depuis 2012. Pour certaines tournées, qui les ont même conduits au Canada et aux USA, ils ont bénéficié d’un soutien de la FONDATION SUISA. «Mais il est difficile de vivre de la musique», dit Barbara Lehnhoff sans trop d’émotions. «Et c’est possible uniquement parce que nous faisons tout nous-mêmes: les vidéos, le graphisme, le management, la gestion de notre label On The Camper Records.» Mais les deux musiciens ne font pas de la pop dans le sens commercial du terme. Ce qui explique que leurs morceaux ne passent que rarement à la radio, et que les droits d’auteur sont assez maigres. «Les décomptes de SUISA sont tout de même à chaque fois comme un beau cadeau de Noël», dit Barbara Lehnhoff en riant.

www.camillasparksss.com, site Internet officiel

Wo-neue-Musik-entsteht_Cover«Dès les premières notes»

La valeur des idées des créateurs de musique constitue le cœur du travail de SUISA. Pour la brochure «Dès les premières notes», cinq personnalités et groupes de différents genres musicaux et de différentes régions linguistiques de Suisse donnent un aperçu de leur processus de création et de leur activité musicale. Outre Barbara Lehnhoff alias Camilla Sparksss, les artistes suivants ont déjà été présentés en vidéo sur SUISAblog.ch et dans la version 2015 de la brochure imprimée (PDF, 8.17 MB): Carrousel et Marcel Oetiker. Barbara Lehnhoff et Aris Bassetti ont été nominés pour le Grand Prix suisse de musique 2016, en tant que Duo Peter Kernel.

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Wo-neue-Musik-entsteht-CoverSUISA est là, dès les premières notes Plus de 80 nouvelles œuvres sont en moyenne déclarées chaque jour par nos membres. Grâce à ses services, SUISA permet aux compositeurs et paroliers de créer de nouvelles musiques. En tant que lien entre les auteurs et les personnes qui utilisent de la musique hors du cadre privé, la coopérative fait en sorte que la musique soit publiquement exécutée, diffusée ou proposée en ligne, et qu’elle puisse ainsi être découverte par le public. SUISA souhaite mettre cette réalité davantage en évidence dans sa communication. Continuer
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IndieSuisse: le bilan après une année, présenté par Andreas Ryser, président de l’association

Lors du festival m4music 2014, l’association IndieSuisse se présentait pour la première fois de manière publique. Une année plus tard, son président Andreas Ryser tire un premier bilan intermédiaire. Ce bilan est positif; les labels indépendants savent où ils peuvent et veulent faire évoluer les choses. Par Silvano Cerutti, contributeur invité

IndieSuissse Andreas Ryser portrait

«Nous pouvons être satisfaits du bilan.» Andreas Ryser, musicien, responsable de label et président d’IndieSuisse, parle de la première année de l’association des labels musicaux et producteurs indépendants. (Photo: Brigitte Lustenberger)

Le travail d’organisation est un peu ingrat. Souvent, de longues démarches sont nécessaires pour obtenir de petits succès; il faut frapper à de nombreuses portes avant qu’on daigne nous ouvrir, et faire certains investissements sans savoir s’ils vont être rentables à moyen terme. Mais pour quelqu’un qui a travaillé à ses débuts comme livreur à vélo en ne rechignant pas à avaler des kilomètres jour après jour, le succès mérite que l’on surmonte quelques obstacles. C’est en tout cas l’impression qui se dégage lorsqu’on rencontre Andreas Ryser, président d’IndieSuisse. Durant l’année écoulée, il a consacré plus de 450 heures de travail bénévole à l’association. Sa motivation reste pourtant intacte.

Son attitude pétillante peut s’expliquer par de bonnes raisons, sans recourir à une psychologie de café du commerce. Dès le début, le directeur de label (Mouthwatering Records) a reçu de nombreux compliments, avec également un intérêt constant de la part des médias pour IndieSuisse. La fondation d’IndieSuisse a été saluée par d’autres organisations telles qu’IFPI, SWISSPERFORM et Swiss Music Export. «Nous sommes désormais intégrés à des projets et à des discussions avec IFPI et Swiss Music Export. En outre, par l’intermédiaire de différents membres du comité, nous sommes indirectement représentés dans quelques commissions de SUISA.»

Intégration à un réseau international

Une autre dimension s’avère tout aussi importante: IndieSuisse a adhéré à Impala (Independent Music Publishers and Labels Association, siège principal à Bruxelles), avec ainsi une représentation internationale pour ses 45 membres. Dès cet automne, IndieSuisse sera même représentée au sein du comité de l’Association des labels indépendants européens. «Musikvertrieb mis à part, il n’y a jamais eu auparavant d’organisation suisse membre d’Impala», déclare Andreas Ryser avec étonnement; «c’est assez absurde!»

La force économique des labels indépendants est sous-estimée

Un travail de structure est également nécessaire au niveau d’Impala. IndieSuisse va fournir des éléments en vue d’une étude dans laquelle Impala souhaite évaluer à l’attention de l’UE la force économique de ses quelque 4000 membres. IndieSuisse va également pouvoir tirer profit des données provenant de Suisse; jusqu’ici, il n’existait ni documentation du travail des labels indépendants ni statistiques avec des chiffres pertinents.

Il serait important de disposer de tels chiffres pour deux raisons. Les données IFPI se rapportent uniquement aux ventes de supports sonores et aux téléchargements. «Ces éléments ne sont pas très pertinents pour nous les indépendants», explique Andreas Ryser. Les labels indépendants travaillent dans la plupart des cas avec des contrats à 360°, en générant ainsi des ressources dans le cadre d’un accompagnement global des artistes: des RP au booking, en passant par la publication et le management. En prenant en considération uniquement le chiffre d’affaires des ventes, la valeur du travail des «indies» est sous-estimée. «Tout compte fait, nous constituons à mon avis un quart du marché suisse de la musique», affirme Ryser.

Travail de développement et de lobbying pour la création musicale suisse

De tels chiffres seraient également utiles dans le cadre de discussions avec l’Office fédéral de la culture ou avec le Département fédéral de l’économie en vue d’un encouragement structurel. Andreas Ryser avoue que l’un de ses objectifs est que des subventions soient accordées aux petits labels, qui effectuent le gros du travail de développement en faveur des nouveaux groupes. Il tient à affirmer clairement une vérité que son vice-président Christian Fighera (Two Gentlemen à Lausanne, avec notamment Sophie Hunger) ne démentirait pas: les labels indépendants font davantage que les majors pour le développement des artistes suisses en dehors du marché intérieur. Andreas Ryser estime que l’union des forces en ce domaine prouve déjà à elle seule que la fondation d’IndieSuisse était nécessaire.

Il est évident que les labels indépendants sont orientés vers l’exportation. De nombreux artistes de labels indépendants occupent des marchés de niche dont le potentiel ne peut être exploité pleinement que si l’on travaille avec plusieurs pays. Les artistes innovants de la création musicale helvétique (dont plusieurs se sont fait connaître ces derniers temps) peuvent en particulier espérer rencontrer une résonance internationale.  Ils constituent d’ailleurs une présence suisse à l’étranger. Nous sommes cependant encore loin de la situation qui existe en Scandinavie, avec par exemple un ambassadeur en place à Berne qui n’hésite pas à mettre le paquet pour vanter les mérites d’un groupe punk de passage en Suisse. «Nous devons faire davantage de lobbying», explique Andreas Ryser, «afin que les politiciens du Palais fédéral comprennent une fois pour toutes que la musique n’est pas uniquement un hobby, mais bel et bien une partie de l’économie de ce pays.»

Le fait qu’Andreas Ryser veuille confier cette tâche à sa propre association s’explique davantage par des raisons tactiques que par des raisons personnelles. «Il n’est pas cohérent d’agir en associant artistes et grosses voitures américaines (comme le font les majors) tout en jouant les modestes face aux instances de promotion de la culture», déclare-t-il alors avec un large sourire.

Les plans futurs d’IndieSuisse

Andreas Ryser est bien conscient que les labels indépendants ne vont pouvoir profiter de leur «atout cool» que si elles travaillent de manière professionnelle. Comme les petites maisons de disques indépendantes ne peuvent pas se payer les services de spécialistes de tous les domaines, elles doivent s’informer, avec une approche souvent «généraliste». Transmettre ce savoir-faire et coacher les nouveaux labels sur une brève période afin qu’ils atteignent un niveau professionnel, voici une autre tâche qu’Andreas Ryser souhaiterait développer avec IndieSuisse ! A titre personnel, il dit avoir passablement appris dans le cadre des échanges réguliers au sein du comité.

Les «indies» font donc preuve d’un grand dynamisme et il n’est pas étonnant que d’autres projets soient en préparation, sans pour autant être encore mûrs. Lorsqu’on lui demande quel soutien il pourrait encore souhaiter, la réponse d’Andreas Ryser est épatante: «Nous devons simplement bien faire notre travail. Si nous parvenons à convaincre avec ce travail, le soutien suivra presque naturellement.» Comme signalé précédemment, Andreas Ryser semble être l’homme de la situation pour de tels travaux de longue haleine.

Andreas Ryser est membre du groupe bernois Filewile; en tant qu’auteur, il est membre de SUISA depuis 15 ans. Mouthwatering Records se charge également de tâches éditoriales et est membre SUISA en tant qu’éditeur. Pour la gestion des droits voisins de maisons de disques, ce n’est pas SUISA qui est compétente, mais la société SWISSPERFORM.

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IndieSuissse Andreas Ryser portrait

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