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Avec Label Suisse et SUISA, la musique suisse s’exprime | avec vidéo

La 9ème édition du Festival Label Suisse aura bien lieu à Lausanne, du 18 au 20 septembre 2020. La programmation de ce festival bisannuel met l’accent sur le talent et la diversité du monde musical suisse. Le clou de l’événement: des artistes de différents genres musicaux ont composé des œuvres tout spécialement pour Label Suisse. Ces œuvres seront exécutées en direct pour la première fois lors du festival. SUISA est à nouveau l’un des partenaires principaux du festival. Texte d’Erika Weibel

Label Suisse est unique en son genre dans notre pays: tous les deux ans à Lausanne, ce festival permet au public de se faire une idée de la richesse de la création musicale suisse actuelle, en oubliant quelque peu les frontières géographiques et de genres; il présente un aperçu actuel du large éventail des musiciennes et musiciens à l’œuvre en Suisse dans des genres musicaux tels que pop, rock, jazz, musique classique et nouvelle musique populaire, adoptant différentes formes d’expression. Dans le cadre d’un programme diversifié, plus de 60 artistes, bien établis ou émergents, se produiront durant trois jours dans différents lieux en ville de Lausanne.

De passionnants projets de compositions viendront compléter une offre de concerts éclectique. Des compositrices et compositeurs de différents genres musicaux ont créé des œuvres pour le festival; elles y seront présentées en création mondiale.

Le festival ne s’adresse pas seulement à un public amateur de musique, il constitue également un lieu de rendez-vous incontournable pour les agents et organisateurs de concerts de Suisse et de l’étranger. SUISA, coopérative des compositeurs, paroliers et éditeurs de musique, est à nouveau présente, et figure parmi les partenaires principaux du festival. Avec Label Suisse, elle permet ainsi à la musique suisse de s’exprimer et de s’épanouir.

Projets de composition

Les compositions suivantes ont été créées tout spécialement pour l’édition 2020 du Label Suisse:

Jazz
Nik Bärtsch, composition et clavier.
Projet en partenariat avec la Haute école des arts de Zurich et le Jazzcampus de Bâle, avec la participation de jeunes musiciens.
Création: samedi 19 septembre 2020, Salle Paderewski
Autres concerts dans les villes partenaires: Festival Klangbasel (Bâle) et Moods (Zurich)

Musique classique
Antoine Chessex, commande de composition pour grand orgue, orgue positif et orgue Hammond
Interprètes: Simone Keller et Dominik Blum
Projet d’une durée de 35 minutes intitulé «Technosphère & Fragmentation».
Création: dimanche 20 septembre 2020, Eglise St-François

Isabel Mundry, composition
Collegium Novum Zürich (CNZ) ; Brian Archinal, percussion solo
Titre de l’œuvre: Noli me tangere (2020)
Création: samedi 19 septembre 2020, Salle Paderewski

Cod.act – André et Michel Décosterd
«Von Roll Twist 4» – Installation pour 6 haut-parleurs et un performer (Francesco Biamonte)
André et Michel Décosterd combinent leurs talents; le premier est musicien, compositeur et artiste du son, le second est architecte et artiste visuel. Ensemble, ils développent un travail artistique prenant la forme de performances et d’installations interactives. A l’origine de leur démarche, il y a une réflexion sur le son et le mouvement, et les interactions possibles entre ces réalités.
Création: samedi 19 septembre 2020, D! Club

Nouvelle musique populaire
Michel Godard
Plusieurs œuvres ont été créées tout spécialement pour cet événement par Michel Godard; elles seront dirigées par Pascal Emonet, avec comme exécutants des musicien-ne-s de fanfare du Valais et du Conservatoire (jazz) du même canton. L’approche sonore choisie, la banda italienne, est peu connue sous nos latitudes. Cet orchestre sera accompagné par Michel Godard, Pierre Favre, Isa Wiss et Matthieu Michel.

Venez et découvrez comment les sons d’œuvres entièrement neuves sont présentés au public pour la toute première fois.

www.labelsuisse.ch

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La 9ème édition du Festival Label Suisse aura bien lieu à Lausanne, du 18 au 20 septembre 2020. La programmation de ce festival bisannuel met l’accent sur le talent et la diversité du monde musical suisse. Le clou de l’événement: des artistes de différents genres musicaux ont composé des œuvres tout spécialement pour Label Suisse. Ces œuvres seront exécutées en direct pour la première fois lors du festival. SUISA est à nouveau l’un des partenaires principaux du festival. Texte d’Erika Weibel

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«Cette crise est un révélateur d’une société malade»

Dans le cadre du projet « Music for Tomorrow », nous présentons le musicien suisse de jazz et d’improvisation Cyril Bondi et son morceau « We Need To Change ». Dans une interview réalisée par écrit, Cyril explique pourquoi, à son avis, c’est la politique et non le virus qui est responsable de la crise actuelle. Texte de Nina Müller; vidéo de Cyril Bondi, adaptée par Nina Müller

Âgé de 40 ans, Cyril Bondi, se définit comme un expérimentateur qui aime les collaborations. Ce natif de Genève évolue musicalement dans les domaines du jazz et du free jazz. Il estime que l’improvisation est la colonne vertébrale de sa musique. « C’est cette dernière qui m’a permis de jouer dans des contextes différents et de me sentir autant à l’aise dans un trio de jazz (Plaistow), de musique expé/trad (La Tène), dans un duo de pop/rock (Cyril Cyril) ou encore en collaboration avec d’incise dans une multitude de projets », dit-il dans l’ interview écrite accordée à SUISA. Avec sa musique, Cyril franchit régulièrement certaines barrières que la société s’est fixées au fil des ans. « Jʼai depuis toujours cherché à développer des nouvelles choses, des nouveaux concepts, chercher à jouer différemment de mon instrument, le déconstruire, le réinventer, chercher de nouveaux sons, de nouvelles textures », dit Cyril à propos de son évolution musicale.

En exclusivité pour « Music for Tomorrow », Cyril Bondi a composé le morceau « We Need To Change ». Avant le confinement, Cyril était occupé à composer différents morceaux pour son album solo à venir. En raison de la pandémie de coronavirus, il a dû interrompre tous les projets. Lorsqu’il a reçu l’invitation pour « Music for Tomorrow », il a réalisé à quel point son besoin de changement est grand. Il a vécu de manière très intense l’élaboration du morceau. « Intense parce que j’y ai vu l’opportunité d’exprimer un sentiment lié à ce que nous vivons, ce curieux mélange entre le constat évident de l’effondrement de la société et le déni de celui-ci », explique Cyril Bondi. « Je ressens profondément cette tension, et l’espace de création dans lequel je me suis plongé m’a permis de l’exprimer à ma manière. » Il n’est pas non plus habitué à travailler seul, car il collabore généralement avec des groupes ou des orchestres.

Cyril Bondi, à quoi ressemble ton quotidien de compositeur pendant la pandémie de coronavirus?
Cyril Bondi : Mes journées de travail s’organisent avant tout avec ma vie de famille. Etant donné que j’ai mes trois enfants à la maison, je dois constamment m’occuper d’eux, les aider dans leurs devoirs, les occuper. Pour avancer dans mon travail, je dois parfois me lever tôt ou bien passer mes soirées pour avancer dans mes différents projets. Ne nous mentons pas, cette pandémie a touché le milieu culturel de plein fouet et encore plus les musicien-ne-s, révélant la précarité dans laquelle ils/elles vivent depuis plusieurs années. Je passe donc énormément de temps à régler les annulations et reports de concerts, à faire le tri dans les différentes aides octroyées. Je fais également partie de la Fédération genevoise des musiques de création qui rassemble les musicien-ne-s professionnel-le-s, du hip-hop à la musique contemporaine, avec laquelle nous essayons de mettre en place des revendications communes pour ce milieu dévasté par la pandémie. Il ne me reste du coup que peu de temps pour le travail artistique : jʼai eu besoin à un moment de retourner vers mon travail de composition ; je me suis plongé dans de nouvelles pièces sans savoir pour qui j’écrivais et dans quel but à part celui de me replonger dans la création. J’en profite aussi pour avancer dans l’enregistrement de l’album de Cyril Cyril (pop rock) ainsi que mon album solo (expérimentale).

Comment vis-tu cette crise sanitaire ?
Cette crise est un révélateur d’une société malade. Nous nous retrouvons dans cette situation non pas car un virus s’est propagé mais parce que des choix politiques ont mené nos sociétés dans cette situation. On démantèle les services publics, les hôpitaux, on déforeste, on exploite, on pille et on consomme. Personnellement, j’essaye de lire, me documenter, débattre avec les autres, écouter de la musique. C’est une période sombre et elle me fait comprendre à quel point nous avons besoin de la culture, des arts, des artistes, pour nous inspirer, nous faire rêver, nous évader et nous faire réfléchir. Jamais nous n’en avons eu autant besoin.

Comment le public peut-il te soutenir en ce moment ?
Le public doit prendre conscience de l’urgence qui touche les milieux culturels et ne pas penser que derrière leurs ordinateurs ou leur téléphone, ils apportent une quelconque aide. Il faut acheter des disques, soutenir les artistes vivants qu’on aime, écouter les musiciens qui vivent autour de vous et surtout ne pas laisser tomber les salles de concerts, les théâtres, les festivals lorsque ceux-ci pourront rouvrir, car ma grande crainte est à venir. Si les gens restent effrayés de se croiser, se toucher, se serrer dans les bras, s’embrasser, danser ensemble, comment pourrons-nous partager à nouveau un véritable moment de musique ?

Est-ce une bonne chose que les gens écoutent davantage ta musique sur Spotify et d’autres plateformes ?
Je pense que chacun dira la même chose. Spotify, youtube, facebook, ce sont des compagnies qui cherchent à se faire un maximum d’argent en exploitant les ressources des autres. Voilà, je suis les autres. Ils ne me donneront jamais rien de ce que vous consommez.

Selon toi, quel pourrait-être le côté positif de cette situation inédite ?
Mon espoir réside dans l’expérience collective que nous vivons. Sommes-nous assez intelligents pour nous rendre compte qu’un monde avec moins d’avions, de voitures, une nature plus présente, un rythme moins effréné, plus de temps passé en famille, une solidarité plus forte est un monde où l’espoir peut à nouveau naître. Cette société capitaliste nous mène à notre perte, saisissons cette opportunité pour inventer, créer, imaginer un monde nouveau. C’est naïf mais j’ai le sentiment que chacun est à même de comprendre cela aujourd’hui !

Quel message souhaites-tu faire passer à tes fans ?
Ecoutez, chantez, dansez, sortez !

www.cyrilbondi.net

«Music for Tomorrow»
La crise du Covid-19 est particulièrement rude pour les membres de SUISA. En effet, jusqu’à nouvel ordre, les représentations de toute sorte sont interdites. De nombreux compositeurs, compositrices, éditeurs et éditrices ont ainsi perdu leur principale source de revenus. Au cours des prochaines semaines, nous aurons le plaisir de partager le portrait de certains d’entre eux sur le SUISAblog. L’occasion pour ces professionnels de nous confier ce qui les touche et de raconter leurs défis et leur quotidien. Les musiciens et musiciennes ont également filmé leur performance pour notre blog, depuis chez eux ou depuis leur studio. SUISA verse une rémunération aux artistes pour leur participation à ce projet.
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Dans le cadre du projet « Music for Tomorrow », nous présentons le musicien suisse de jazz et d’improvisation Cyril Bondi et son morceau « We Need To Change ». Dans une interview réalisée par écrit, Cyril explique pourquoi, à son avis, c’est la politique et non le virus qui est responsable de la crise actuelle. Texte de Nina Müller; vidéo de Cyril Bondi, adaptée par Nina Müller

Âgé de 40 ans, Cyril Bondi, se définit comme un expérimentateur qui aime les collaborations. Ce natif de Genève évolue musicalement dans les domaines du jazz et du free jazz. Il estime que l’improvisation est la colonne vertébrale de sa musique. « C’est cette dernière qui m’a permis de jouer dans des contextes différents et de me sentir autant à l’aise dans un trio...Continuer

Hommage à un homme exceptionnel et d’un musicien doué

Le pianiste Willy Bischof était une figure marquante du monde suisse du jazz et a notamment exercé une grande influence sur les programmes de la radio DRS en tant que rédacteur musical et directeur des programmes. Membre SUISA de longue date, il est décédé en décembre 2019 à l’âge de 74 ans. Hommage par Pietro Schaller, contributeur invité

Willy Bischof: Hommage à un homme exceptionnel et d’un musicien doué

Willy Bischof au Studio Mulinetti de Gênes lors de la production du CD «A Pianist In Paris» en septembre 2004. (Photo: Pietro Schaller)

Caro Willy,

C’est en 1968 que je t’ai vu et entendu pour la première fois; tu étais le pianiste d’un quintette jouant dans un local de danse. En tant que guitariste et tromboniste, je jouais moi aussi dans un dancingband. La décision de «démissionner», je l’ai prise à la mi-mai 1978. Le déclencheur fut un contact avec Radio Bern, qui avait produit en juillet 1974 un enregistrement live de notre groupe au Kursaal de Berne, à l’initiative de Georges Pilloud.

Ala fin du mois de mai 1978, je t’avais contacté au studio de la radio à Berne: «Avez-vous par hasard besoin d’un collaborateur aux archives? – Non! Par contre, nous recherchons d’urgence un producteur; viens à Berne, on parlera des détails plus tard.» La première rencontre eut lieu dans le studio audio. Tu étais assis au grand Steinway. «Connais-tu Cantaloupe Island?», t’avais-je demandé, et tu le jouas immédiatement. Ce fut apparemment le déclic à notre longue relation.

Le lundi 3 juillet 1978 fut mon premier jour de travail au studio de la radio à Berne. Je fus livré à moi-même, car ton lieu de travail était déplacé à Montreux pour le festival de jazz, où tu étais accompagné de Ruedi Kaspar. Pendant plusieurs années, vous formiez la «dreamteam radiophonique» à Montreux, sans oublier vos interviews en différentes langues avec des musiciens de renommée mondiale. A l’époque, je ne savais pas que tu avais réussi un coup brillant bien des années plus tôt en acquérant les droits pour la retransmission en direct de tous les concerts du festival sur la chaîne DRS2.

Les deux mois suivants ont été consacrés à un cours accéléré «Comment fonctionne Radio DRS»: structures des départements, lecture et interprétation de procès-verbaux, langage et états d’âme des journalistes. Lorsque les heures de travail «usuelles» étaient dépassées, des cours supplémentaires avaient lieu dans le jardin d’un café voisin.

Ton objectif était de diriger le domaine «musique de divertissement» de DRS1. Avec Ruedi Kaspar, tu inventas «5 nach 4», la première émission de radio dédiée à la musique pop et rock. Polo Hofer fut l’une de vos découvertes; la présence de l’artiste dans cette émission jeta les bases de la carrière de Polo et plus largement du rock en dialecte alémanique.

Tes consignes pour un programme musical équilibré sur DRS1 furent faciles à respecter. Comme toi, j’étais ouvert à tous les genres de musique; selon notre conception, elle devait être de bonne qualité et devait bien sonner. Il y avait de nombreux disques de presque tous les genres et chaque rédacteur-trice musical-e disposait de leurs propres archives. Je ne savais pas à l’époque que tu avais mis en place, cinq ans plus tôt, un système de remise «dʼéchantillons gratuits» grâce à tes excellentes relations avec l’industrie du disque – une véritable situation gagnant-gagnant. Sans un tel exploit, tes idées d’un programme musical à succès pour la radio DRS1 auraient échoué – tout simplement parce que le répertoire musical souhaité n’était pas disponible.

En 1978 tu as été nommé «chef de la musique de divertissement à DRS1» et dès l’année suivante, ton nouveau lieu de travail fut le studio de Zurich; Ruedi Kaspar partit au studio de Bâle. Je ne pris pas tout de suite conscience que c’était les débuts de DRS3. A l’interne, on chuchotait certes qu’un 3e programme était en projet. A l’automne 1982, j’ai suivi ton appel au studio de Zurich, pour renforcer la rédaction musicale zurichoise. En lien avec le succès de Radio 24 (émission dès le 28.11.1979), la radio DRS augmenta le tempo de réalisation.

Le 1er novembre 1983, Leo Schürmann, Directeur général de la SSR, appuya symboliquement sur le bouton de mise en marche: DRS3 était née.

Les cinq années qui suivirent furent les plus fructueuses de DRS3, malgré quelques divergences d’opinion majeures entre les trois rédactions de Bâle, Berne et Zurich. En tant que «chef du secteur musique», tu parvins à maîtriser ces difficultés grâce à ton expertise, ton attention et une pression tout en douceur.

En 1988, tu quittas DRS3 pour rejoindre DRS2. Il est possible que les discussions récurrentes sur le thème de la «musique» ainsi que les réunions excessives et la bureaucratie aient laissé quelques traces. Il se peut aussi que ton amour du jazz et de la pratique de la musique ait un peu souffert dans ta position de cadre au sein de DRS3. Lorsque tu as repris le secteur «Jazz», il y a eu le lancement du projet «CHJazzszene», avec des sessions en studio pour la relève, offrant une plateforme notamment pour des formations en devenir. Il s’agissait d’une étape importante pour la chaîne DRS2, qui s’est ainsi établie en tant qu’institution encourageant la culture.

1991 a été l’année de naissance de l’émission «Apéro», que tu as créée pour DRS2. Lors d’une des «studioparty» annuelles au studio 2 à Zurich, je me souviens que tu as joué un medley de Duke Ellington et que toutes les personnes présentes – notamment le directeur de la radio Andreas Blum – ont pu constater que, à l’évidence, tu étais un pianiste brillant.

J’ai toujours été un grand fan d’Hazy Osterwald. Mon idée était de reproduire le répertoire de jazz du Osterwald-Sextet avec une formation identique, composée de toi et d’anciens membres du DRS-Band. Ensemble, nous avons découvert dans les archives de la radio à Zurich plus de 70 enregistrements de la meilleure formation de Hazy dans les années 1951-1964. Du jazz de très haut niveau avec une excellente qualité d’enregistrement, produit par Radio Beromünster au studio de Bâle, avec Eddie Brunner comme ingénieur du son – membre puis directeur du fameux groupe Teddy Stauffer Band. Avec ton aide, il a été possible de proposer en 1994 un document important pour le jazz suisse des années 1951-1964, le CD-box «50 Years of Music with a Touch of Swing»; ce fut un grand succès.

Après mûre réflexion, notre projet de «reproduction» des «Hazy Osterwald Jazz Hits» ne s’est pas concrétisé: le son, le charme et le groove de cette époque étaient trop uniques et ne pouvaient pas être reconstitués … Avec le recul, ce fut une décision intelligente avec une mise en évidence des extraordinaires techniques d’enregistrement de Radio Beromünster à l’époque, et du talent de producteur d’Eddie.

En novembre de la même année, il y eut au Bierhübeli les «Berner Song-Tage». Ta formation fondée en 1993, le Willy Bischof Jazztet (avec Hazy Osterwald, Willy Schmid, Peter Schmidlin et Stefan Kurmann) y fut présente en tant qu’invitée d’honneur. La radio DRS1 enregistra le concert. Le CD «Swiss Air» qui s’en est ensuivi est encore disponible aujourd’hui.

En 1998, tu as reçu le «Prix Walo» pour l’émission de radio «Apéro».

Willy Bischof au «warm-up» en studio. (Photo: Pietro Schaller)

En 2004, j’ai eu l’idée de produire un enregistrement sur lequel tu jouerais en solo. Nous avions prévu le studio Mulinetti de Gênes. J’avais évoqué l’envie de proposer des versions de mélodies classiques italiennes comme par exemple Roma Nun Fa‘ Stupido Stasera ou Estaté. Aucun travail de persuasion n’a été nécessaire de ma part; tu as immédiatement été enthousiasmé par le projet. Ensemble, nous avons constitué un répertoire. Le projet était financé par Victor Eugster d’«Activ Records». La date de production était fixée à fin septembre 2004. Coup de théâtre! Juste avant la date d’enregistrement, tu changes d’avis: «Je préférerais enregistrer des chansons française dans des versions personnelles – un titre de CD est déjà trouvé: ‹A Pianist In Paris›» … L’évaluation de chansons qui pourraient convenir se fait rapidement. Je prends la route pour Camogli, mon deuxième chez-moi – à 30 km à l’ouest de Gênes – pour préparer la production.

La session fut un succès; tous les participants se sont très bien entendus et tu as joué magnifiquement, comme toujours. J’ai le souvenir d’un moment musical heureux, peut-être l’un des plus beaux moments pour toi.

Ton départ à la retraite en 2005 m’a encouragé à prendre ma retraite un an plus tard également. Dans les années qui suivirent, nos rencontres se sont espacées. J’ai appris un peu par hasard que ta santé était devenue instable. La dernière fois que je t’ai vu, c’était à l’occasion d’un concert que j’ai organisé avec ton trio le 21 janvier 2011 à l’Hôtel Palace de Lucerne.

Il me reste le souvenir d’une personne extraordinaire et dʼun musicien doué. Je ne t’ai jamais perçu comme mon chef, mais bien comme un ami.

Addio Willy

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Le pianiste Willy Bischof était une figure marquante du monde suisse du jazz et a notamment exercé une grande influence sur les programmes de la radio DRS en tant que rédacteur musical et directeur des programmes. Membre SUISA de longue date, il est décédé en décembre 2019 à l’âge de 74 ans. Hommage par Pietro Schaller, contributeur invité

Willy Bischof: Hommage à un homme exceptionnel et d’un musicien doué

Willy Bischof au Studio Mulinetti de Gênes lors de la production du CD «A Pianist In Paris» en septembre 2004. (Photo: Pietro Schaller)

Caro Willy,

C’est en 1968 que je t’ai vu et entendu pour la première fois; tu étais le pianiste d’un quintette jouant dans un local de danse. En tant que guitariste et tromboniste, je jouais moi aussi dans un dancingband. La décision de «démissionner», je l’ai prise à la mi-mai 1978. Le déclencheur...Continuer

«Le monde de la musique dans son ensemble vit une épreuve difficile»

Par le projet «Music for Tomorrow», SUISA souhaite apporter son soutien à ses membres en ces temps difficiles. Une plateforme a été mise en place en faveur des artistes afin que chacune et chacun puisse raconter son expérience en confinement et présenter l’une de ses œuvres. Cette semaine, nous vous présentons le pianiste, compositeur et producteur suisse Nik Bärtsch et son œuvre «Modul 5». Nik nous raconte son quotidien en famille pendant le confinement et nous relate l’histoire qui le lie à un médecin urgentiste australien. Texte de Nina Müller, vidéo réalisée par Nik Bärtsch, arrangée par Nina Müller

Nik Bärtsch, 48 ans, est un pianiste de jazz à succès vivant à Zurich avec sa famille. Outre la musique, l’artiste zurichois a également étudié la philosophie, la linguistique et la musicologie. Il n’est donc pas étonnant que la musique ait un sens plus profond à ses yeux. Sur son site Internet, Nik décrit la musique par ces mots : «On entre dans la musique et on la vit, tout comme on entre et on vit dans une pièce. A travers des mouvements obsessionnels, la superposition de différentes mesures et de micro-interactions, la musique se déplace et évolue. Notre attention est dirigée vers les variations minimalistes et les phrasés. Le groupe devient un véritable organisme vivant, comme un animal, un biotope ou un espace urbain. Nous devons penser en prêtant attention à ce que nous percevons par l’ouïe et le toucher.»

Avec son groupe Ronin, Nik Bärtsch fait vivre cette philosophie et a déjà fait des tournées en Europe, en Asie et aux Etats-Unis. Avec ses groupes Nik Bärtsch’s Ronin et Nik Bärtsch’s Mobil, mais également en solo, le musicien a sorti plus de 13 albums dont il a interprété les compositions lors de sa série de concerts hebdomadaires au club zurichois Exil. En 2006, Nik Bärtsch a créé son propre label nommé «Ronin Ryhtm Records».

Pour «Music for Tomorrow», Nik Bärtsch a joué «Modul 5». Il présente ainsi ce morceau: «Ce morceau est composé d’une petite structure complexe en 6/4 qui se développe en continu au piano. J’ai trouvé cette structure assez tôt dans mon évolution musicale et elle a toujours été une fidèle compagne au fil des années. Ce morceau, composé relativement tôt dans ma carrière, a donc été en perpétuelle évolution, comme moi. C’est comme si nous travaillions ensemble à rendre notre relation plus simple et plus directe mais aussi plus profonde et mystérieuse. C’est un peu à l’image que nous concevons, ma femme et à moi, de la vie à deux.»

Nik Bärtsch, à quoi ressemble ton quotidien de compositeur pendant la pandémie de coronavirus?
Nik Bärtsch: Bien évidemment, je travaille comme compositeur, pianiste, leader de mes groupes, producteur et éditeur. Le seul changement dans mon quotidien, c’est qu’en ce moment je voyage beaucoup moins. Tous les concerts internationaux, les productions et les workshops sont annulés. Mon quotidien est donc cantonné à ce que je faisais habituellement à la maison entre deux voyages: je compose, je répète, j’organise et j’échange avec mes pairs. Par ailleurs, avec ma femme qui a également une vie professionnelle très prenante, nous nous occupons de nos enfants.
Pour ce faire, il faut évidemment exprimer beaucoup de joie de vivre, faire preuve de discipline, se structurer, mais aussi laisser place à la créativité et à l’imprévu.
Tout cela correspond déjà à notre façon de vivre, ce qui ne nous a donc pas apporter de grands changements. En temps normal, nos enfants étaient déjà souvent à la maison. Nous pratiquons tous les arts martiaux. Nous pouvons donc également nous entraîner en pleine nature face à notre maison.
Pour l’instant, nous continuons en streaming notre série de concerts des lundis initialement prévus au club EXIL (www.yourstage.live). Ainsi, le lundi reste un jour de concert ritualisé et nous maintenons de cette manière le lien avec notre communauté de fans et nos différentes équipes.

Comment vis-tu cette crise sanitaire?
Cette crise sanitaire, comme toutes les grandes crises, me rappelle ma place en tant qu’artiste et en tant qu’homme. Elle met de nouveau à l’épreuve, et de manière inconditionnelle, ma créativité, mon intégrité et ma résilience.
Quoi qu’il en soit, en tant que musicien indépendant, tous ces questionnements faisaient déjà partie de ma vie. La véritable question est de savoir comment les groupes, les ensembles et les salles de concert vont pouvoir survivre à ce changement à moyen terme? Le monde de la musique dans son ensemble vit une épreuve difficile. Toutefois, les questions qui émergent ont leur utilité: que signifie la musique pour moi en tant que professionnel? Que signifie-t-elle pour nous tous? Comment pouvons-nous financer la musique et toutes les activités qui en dépendent? Comment pouvons-nous relier la chaîne de valorisation à la création de valeur?

Comment le public peut-il te soutenir en ce moment?
En valorisant mes prestations et celles de mon groupe, c’est-à-dire en regardant nos vidéos payantes en streaming, ainsi qu’en écoutant et en partageant notre musique sur tous les autres médias. Mon public peut également me soutenir en prenant conscience du processus de production et de promotion de la musique : combien de personnes et quelles performances ont été nécessaires pour produire une magnifique chanson qui nous aide à passer la journée?

Est-ce une bonne chose que les gens écoutent davantage ta musique sur Spotify et d’autres plateformes?
Afin que ce mode de rémunération soit suffisamment rentable, il faut que le nombre de streams soit très élevé. Mais c’est déjà ça. Tout est lié et plus les prestations des artistes indépendants sont écoutées et partagées, mieux c’est. L’art local, authentique et particulier, ainsi que l’initiative artistique, viennent alors nourrir le développement commercial à l’échelle mondiale. C’est ce que nous avons pu constater lors de nos tournées à travers le monde.

Selon toi, quel pourrait-être le côté positif de cette situation inédite?
J’essaie toujours de dégager le côté positif de chaque situation et d’en tirer des enseignements. La situation actuelle est une épreuve de réalité qui met en perspective notre bien-être, notre sécurité et notre technique de travail. Tout cela est précieux. Il nous faut comprendre à quel point la musique, son environnement et les merveilleuses possibilités qu’elle offre sont indispensables pour valoriser tout le travail des professionnels. SUISA et notamment, l’Association Suisse de Musique, communiquent très bien à ce sujet. Tous les musiciens devraient également le faire de manière professionnelle et avec passion.

Quel message souhaites-tu faire passer à tes fans?
Soyez honnête dans vos rapports avec la musique : personne ne se sert gratuitement à la boulangerie.
Appréciez la musique que vous écoutez en ayant conscience du travail passionné et du dévouement inconditionnel que cela demande.
Récemment, j’ai reçu un e-mail d’un médecin urgentiste australien. Il m’a remercié pour ma musique. Il a traversé toutes les épreuves de ces dernières années, les inondations, les incendies dans le bush australien et maintenant le coronavirus, en écoutant tous les matins l’un de mes morceaux en prenant son café. Cela lui rappelle pourquoi il fait ce métier et l’aide à supporter la mort, la souffrance et le danger. La musique lui donne la force de sauver et d’aider les autres. Ce genre de témoignage me conforte dans l’idée que je suis plus utile aux autres lorsque je me consacre pleinement à ma musique. L’inspiration se partage, ainsi, chacun de nous se concentre sur l’essentiel. Son intégrité, son talent et son professionnalisme m’aident et vice versa. En fait, nous nous aidons mutuellement. La valorisation de nos métiers respectifs est un devoir collectif.

www.nikbaertsch.com

«Music for Tomorrow»
La crise du Covid-19 est particulièrement rude pour les membres de SUISA. En effet, jusqu’à nouvel ordre, les représentations de toute sorte sont interdites. De nombreux compositeurs, compositrices, éditeurs et éditrices ont ainsi perdu leur principale source de revenus. Au cours des prochaines semaines, nous aurons le plaisir de partager le portrait de certains d’entre eux sur le SUISAblog. L’occasion pour ces professionnels de nous confier ce qui les touche et de raconter leurs défis et leur quotidien. Les musiciens et musiciennes ont également filmé leur performance pour notre blog, depuis chez eux ou depuis leur studio. SUISA verse une rémunération aux artistes pour leur participation à ce projet.
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Bertrand Denzler: Arpenteur et explorateur d’espaces sonoresArpenteur et explorateur d’espaces sonores Le saxophoniste Bertrand Denzler, qui se meut à l’intersection de l’improvisation et de la composition, recherche constamment de nouvelles possibilités d’expression. Ce Genevois de 55 ans établi à Paris entend à présent repousser les frontières de son dialogue avec d’autres artistes dans le cadre d’une «résidence en mouvement». La FONDATION SUISA soutient financièrement ce projet par une contribution «Get Going!». Continuer
Diffusion musicale numérique: un sou est un sou!Diffusion musicale numérique: un sou est un sou! Les affaires dans le domaine online se caractérisent par des changements constants – et cela pas seulement pour les sociétés d’auteurs. Dans cette seconde partie d’interview, le CEO de SUISA, Andreas Wegelin, donne un aperçu de la situation actuelle et des scénarios envisagés. Continuer
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Par le projet «Music for Tomorrow», SUISA souhaite apporter son soutien à ses membres en ces temps difficiles. Une plateforme a été mise en place en faveur des artistes afin que chacune et chacun puisse raconter son expérience en confinement et présenter l’une de ses œuvres. Cette semaine, nous vous présentons le pianiste, compositeur et producteur suisse Nik Bärtsch et son œuvre «Modul 5». Nik nous raconte son quotidien en famille pendant le confinement et nous relate l’histoire qui le lie à un médecin urgentiste australien. Texte de Nina Müller, vidéo réalisée par Nik Bärtsch, arrangée par Nina Müller

Nik Bärtsch, 48 ans, est un pianiste de jazz à succès vivant à Zurich avec sa famille. Outre la musique, l’artiste zurichois a également étudié la philosophie, la linguistique et la musicologie. Il...Continuer

Faire de la musique à l’ère de la contamination

Une discussion sur le thème – simple seulement au premier abord – de la «contamination en musique» a engendré de nombreuses contributions, prouvant une nouvelle fois la volonté de parler de la musique et des idées pour essayer de mieux se comprendre et de manière plus approfondie. Texte de Zeno Gabaglio, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Jazz in Bess: Faire de la musique à l’ère de la contamination

Table ronde autour du thème Faire de la musique à l’ère de la contamination: Zeno Gabaglio, Nadir Vassena, Maurizio Chiaruttini (animateur), Gabriele Pezzoli et Carlo Piccardi (de gauche à droite). (Photo: Giorgio Tebaldi)

Rédiger un rapport sur une manifestation où la participation fut active présente un unique gros problème: le conflit d’intérêts – cet être partial qui exclut toute attente justifiée d’objectivité. Vous, lecteurs, êtes donc avertis du fait que, dorénavant, chaque aspect du compte rendu sera marqué par la subjectivité la plus totale.

Petit retour en arrière: le 7 juin dernier à Lugano, sur le site accueillant de Jazz in Bess (ce qui se rapproche le plus d’un club de jazz en Suisse italienne, mais il faudrait consacrer un article entier à ce lieu magique…), une table ronde a eu lieu sur le thème Faire de la musique à l’ère de la contamination. Quatre représentants différents de la vie musicale tessinoise ont pris la parole: Nadir Vassena (compositeur, professeur et animateur de la scène culturelle depuis maintenant des décennies, ayant fait ses preuves à l’échelle européenne), Gabriele Pezzoli (compositeur et pianiste de jazz, ayant suivi un parcours d’auteur personnel et varié), Carlo Piccardi (musicologue et directeur de Rete Due durant des années – un des plus fervents connaisseurs et défendeurs de la culture historico-musicale en Suisse italienne) et le rédacteur, Zeno Gabaglio.

Un groupe hétéroclite – dans un autre contexte, on pourrait dire comme les boîtes de chocolats: tous différents les uns des autres – qui, de par leur parcours respectifs différents, laissait imaginer des divergences dans les idées concernant la musique. Une richesse d’opinions apparaît rapidement grâce au travail de médiation – mais aussi d’incitation – assuré par Maurizio Chiaruttini, journaliste et ex-producteur chez RSI.

Chercher sa propre identité musicale

«Dans tous les domaines de l’expression artistique, la contamination semble presque être devenue impérative: contamination entre des genres différents, contamination entre les langues – cultivé et populaire, académique et commercial, acoustique et technologique –, contaminations entre idiomes culturels de provenance variée. Dans un contexte comme celui-ci, que signifie chercher sa propre identité musicale, son propre style, sa propre expression authentique?».

Ce fut le point de départ et – contrevenant à toutes les règles dramaturgiques – nous dévoilons déjà qu’il n’y eut pas de point d’arrivée, ou du moins il n’y en a pas eu qu’un seul. Déjà en ce qui concerne le sens du terme «contamination», les idées allaient dans de nombreuses directions: souligner sa connotation essentiellement négative (la même racine que «contagion», rappelle Vassena) ou établir son altérité par rapport à des concepts tels que «pureté» ou «identité». Le musicien «contaminé» ne peut inévitablement pas être pur et perd inévitablement un peu de son identité en faveur de quelque chose d’autre.

Toujours sur le plan terminologique, Gabriele Pezzoli a proposé un synonyme – «hybridation» – moins connoté négativement et plus ouvert à la variété de stimuli qu’offre le monde contemporain et dans lequel Pezzoli se reconnaît.

Les chefs-d’œuvre sont souvent le fruit de processus

Carlo Piccardi a ensuite commencé en rappelant que la contamination est un phénomène historique vaste qui va bien au-delà de la contemporanéité. Les grandes œuvres historiques – ces chefs-d’œuvre incontestés que tout le monde reconnaît comme unitaires – ont souvent été le fruit de processus. Mais les processus nécessaires pour obtenir une œuvre ne sont presque jamais rapportés, et sont encore plus souvent oubliés: et c’est justement dans ces processus – au cours des deux derniers millénaires de l’histoire de la musique européenne – que la contamination a toujours eu un rôle significatif.

Il a été dit que nous ne sommes pas parvenus à une seule conclusion. Mais la discussion autour d’un thème apparemment simple et restreint tel que «la contamination dans la musique» – à une époque où le contraire semblerait plus vrai – a déclenché des thèmes et des observations secondaires qui ont affirmé le désir de parler de musique, de discuter des idées aussi bien que des sons, d’essayer de mieux se comprendre et de manière plus approfondie.

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L’auteur invité – Zeno Gabaglio – est un musicien/compositeur et fait partie du Conseil de SUISA.


Creare musica nell’era della contaminazione

Una discussione attorno al tema – semplice solo all’apparenza – della “contaminazione in musica” ha innescato numerosi spunti, riaffermando la voglia di parlare di musica e di idee, per provare a capirsi meglio e più a fondo. Contributo ospite di Zeno Gabaglio

Creare musica nell’era della contaminazione

Tavola rotonda attorno al tema Creare musica nell’era della contaminazione: Zeno Gabaglio, Nadir Vassena, Maurizio Chiaruttini (moderazione), Gabriele Pezzoli e Carlo Piccardi (da sinistra a destra). (Foto: Giorgio Tebaldi)

Scrivere un rapporto su una manifestazione in cui si è avuto parte attiva presenta un unico grande problema: il conflitto d’interessi – quell’essere parziale che preclude ogni giusta aspettativa di oggettività. Sappia chi legge che, da qui in avanti, ogni aspetto del resoconto sarà marchiato dalla più totale soggettività.

Ma facciamo un passo indietro: lo scorso 7 giugno si è tenuta a Lugano, nell’ospitale sede di Jazz in Bess (la cosa più simile a un jazz club nella Svizzera italiana, ma su questo magico luogo bisognerebbe spendere un intero articolo …), una tavola rotonda attorno al tema Creare musica nell’era della contaminazione. Invitati a prender parola erano quattro diversi esponenti della vita musicale ticinese: Nadir Vassena (compositore, professore e animatore della scena culturale ormai da decenni, con significativi riscontri su scala europea), Gabriele Pezzoli (compositore e pianista jazz, protagonista di un percorso autoriale assai personale e pure variegato), Carlo Piccardi (musicologo e per anni direttore di Rete Due – uno dei più strenui conoscitori e difensori della cultura storico-musicale nella Svizzera italiana) e lo scrivente, Zeno Gabaglio.

Un gruppo assortito – si direbbe in contesti altri, come quello delle scatole di cioccolatini: tutti diversi tra loro – che già nella differenza dei rispettivi percorsi poteva lasciar immaginare una differenza nelle idee attorno alla musica. Una ricchezza di opinioni che è velocemente emersa grazie al lavoro di mediazione – ma anche di istigazione – garantito da Maurizio Chiaruttini, giornalista ed ex produttore RSI.

Cercare una propria identità musicale

«In tutti i campi dell’espressione artistica la contaminazione sembra essere diventata quasi un imperativo: contaminazione fra generi diversi, contaminazioni fra linguaggi – colto e popolare, accademico e commerciale, acustico e tecnologico –, contaminazioni fra idiomi culturali di provenienza disparata. In un contesto come questo, cosa significa cercare una propria identità musicale, un proprio stile, una propria autenticità espressiva?».

Questo è stato il punto di partenza e – contravvenendo a ogni regola drammaturgica – già sveliamo che non c’è stato nessun punto di arrivo, o perlomeno non ce n’è stato uno solo. Già sul senso del termine “contaminazione” le idee si sono mosse in direzioni molteplici: dal sottolinearne la connotazione sostanzialmente negativa (la stessa radice di “contagio”, ha ricordato Vassena) allo stabilire una sua alterità rispetto a concetti come quello di “purezza” o di “identità”. Il musicista “contaminato” inevitabilmente non può essere puro, inevitabilmente perde un po’ della sua identità in favore di qualcos’altro.

Rimanendo sempre su un piano terminologico Gabriele Pezzoli ha suggerito un sinonimo – quello di “ibridazione” – meno connotato negativamente, e più aperto alla varietà degli stimoli che il contemporaneo offre e nei quali Pezzoli si riconosce.

Capolavori sono stati frutto di processi

Carlo Piccardi ha poi esordito ricordando come la contaminazione sia un fenomeno storico di ampio respiro, che va ben oltre la contemporaneità. Le grandi opere storiche – quei capolavori indiscussi che tutti riconoscono come unitari – sono spesso stati frutto di processi. Ma i processi necessari a un’opera non vengono quasi mai riportati, e ancora meno vengono ricordati: e proprio in quei processi – per gli ultimi due millenni di storia della musica europea – la contaminazione ha sempre avuto un ruolo determinante.

Non si è arrivati a un’unica conclusione, si diceva. Ma la discussione attorno a un tema apparentemente semplice e circoscritto come quello della “contaminazione in musica” ha innescato temi e osservazioni secondarie che – in un periodo in cui sembrerebbe vero il contrario – hanno affermato la voglia di parlare di musica, di confrontarsi sulle idee oltre che sui suoni, di provare a capirsi meglio e più a fondo.

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L’autore ospite – Zeno Gabaglio –è musicista/compositore e fa parte del Consiglio SUISA.

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Une discussion sur le thème – simple seulement au premier abord – de la «contamination en musique» a engendré de nombreuses contributions, prouvant une nouvelle fois la volonté de parler de la musique et des idées pour essayer de mieux se comprendre et de manière plus approfondie. Texte de Zeno Gabaglio, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Jazz in Bess: Faire de la musique à l’ère de la contamination

Table ronde autour du thème Faire de la musique à l’ère de la contamination: Zeno Gabaglio, Nadir Vassena, Maurizio Chiaruttini (animateur), Gabriele Pezzoli et Carlo Piccardi (de gauche à droite). (Photo: Giorgio Tebaldi)

Rédiger un rapport sur une manifestation où la participation fut active présente un unique gros problème: le conflit d’intérêts – cet être partial qui exclut toute attente justifiée d’objectivité. Vous, lecteurs, êtes donc avertis du fait que, dorénavant, chaque...Continuer

Arpenteur et explorateur d’espaces sonores

Le saxophoniste Bertrand Denzler, qui se meut à l’intersection de l’improvisation et de la composition, recherche constamment de nouvelles possibilités d’expression. Ce Genevois de 55 ans établi à Paris entend à présent repousser les frontières de son dialogue avec d’autres artistes dans le cadre d’une «résidence en mouvement». La FONDATION SUISA soutient financièrement ce projet par une contribution «Get Going!». Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Bertrand Denzler: Arpenteur et explorateur d’espaces sonores

Bertrand Denzler (Photo: Dmitry Shubin)

S’il fallait décrire le travail artistique de Bertrand Denzler en trois mots, ce serait infatigable, polymorphe et entreprenant. Jeter un coup d’œil à son site Internet, c’est tout d’abord être abasourdi par la foison de projets et de formations qui y sont répertoriés. Bertrand Denzler s’en amuse: «Entre-temps, j’ai mis un peu d’ordre là-dedans». Et, en effet, tout prend sens au second regard. S’immerger ensuite dans les sons écoutables en ligne, c’est prendre le risque d’être happé par la vision artistique de Bertrand Denzler. Les sculptures sonores finement équilibrées semblent annoncer au premier abord une simplicité accueillante. Mais au second plan se dissimule une complexité presque hypnotique au redoutable pouvoir d’attraction.

«Dans mes compositions, je ne m’intéresse pas principalement à la forme narrative, mais à la structure interne. C’est pourquoi les morceaux paraissent relativement simples, bien qu’ils ne soient pas faciles à jouer. Le musicien ne doit pas être distrait par trop d’idées, il doit pouvoir se concentrer pleinement sur le son et sa précision», précise l’artiste.

Bertrand Denzler utilise le terme «espace» pour décrire ses compositions, elles-mêmes comparées à des processus. La plupart de ses morceaux ne reposent pas sur une notation traditionnelle mais sont définis par leur structure. «Je veux que le musicien s’implique, qu’il doive réfléchir», souligne Bertrand Denzler. Et d’ajouter: «Souvent, je fixe seulement la structure temporelle, pas le rythme. Les règles que je prédéfinis laissent toujours ouvertes un grand nombre de possibilités».

Bertrand Denzler arpente et explore ces espaces sonores avec des formations très diverses, dont le Trio Sowari, Hubbub, Denzler-Gerbal-Dörner, The Seen, Onceim ou encore Denzler-Grip-Johansson. En parallèle, il s’adonne régulièrement à l’improvisation, se produisant en tant que musicien invité dans des groupes tels que le Šalter Ensemble international de Jonas Kocher, en duo avec Hans Koch ou tout simplement en solo.

Bertrand Denzler estime que son parcours est assez typique pour un musicien européen de sa génération. Il a commencé par la musique classique, tout en écoutant de la pop et du rock. Sa soif absolue de connaissance l’a cependant amené à s’intéresser très tôt aussi aux manières les plus diverses de faire de la musique en ce monde. «Et un jour», raconte-t-il, «le jazz est devenu mon activité principale. Car l’improvisation, autrement dit la concrétisation de la pensée en temps réel, me fascinait».

La musique libre a ensuite pris le relais, même si le saxophoniste est aujourd’hui encore impressionné et probablement toujours influencé par la philosophie et l’approche de l’improvisation de pointures comme Albert Ayler et John Coltrane. Contrairement à bon nombre d’improvisateurs qui, une fois qu’ils ont tourné le dos à la composition, n’y reviennent jamais, Bertrand Denzler a découvert un espace propre dont l’architecture, se nourrissant à la fois de l’improvisation et de la composition, peut se réinventer en permanence. «Au cours des dix dernières années, le sentiment que j’improvisais toujours dans le même système a commencé à s’immiscer en moi. J’ai soudain éprouvé le besoin de créer à nouveau des structures dans ma musique».

La vision artistique de Bertrand Denzler consiste en une sorte d’exploration, et pas seulement au sens figuré, car le saxophoniste souhaite emmener cet «espace» dans différents lieux géographiques, sous la forme d’une «résidence en mouvement», pour y rencontrer d’autres musiciennes et musiciens et créer avec eux des musiques nouvelles. L’idée n’avait pas abouti jusqu’ici, d’une part pour des raisons financières, d’autre part parce qu’un projet aussi ouvert ne correspond pas aux critères de la politique d’encouragement traditionnelle. Le coup de pouce financier versé par la FONDATION SUISA sous la forme d’un fonds « Get Going! » rend à présent sa réalisation possible: «Ce soutien me permet de suivre ma créativité, plutôt qu’une condition prédéfinie», souligne Bertrand Denzler. «C’est comme si cette contribution à la création avait été inventée pour moi», précise le musicien, ravi. Il est vrai qu’elle ressemble un peu, par sa définition, à une composition de Bertrand Denzler, dans laquelle les structures définies par l’auteur laissent ouvertes des possibilités insoupçonnées …

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C’est en 2018 que la FONDATION SUISA a commencé à allouer de nouvelles contributions à la création. Dans le cadre de «Get Going!», elle finance des processus créatifs et artistiques qui se situent hors des catégories usuelles. Nous consacrons une série de portraits aux bénéficiaires de ces contributions Get Going!


Misuratore di spazi sonori e ricercatore di suoni spaziali

Il sassofonista Bertrand Denzler oscilla continuamente tra improvvisazione e composizione per raggiungere modalità espressive sempre nuove. Adesso il cinquantacinquenne di Ginevra, che vive a Parigi, ha intenzione di ampliare ulteriormente i confini del suo dialogo artistico realizzando una «residenza itinerante». La FONDATION SUISA sostiene questo progetto con un contributo finanziario «Get Going!». Contributo ospite di Rudolf Amstutz

Bertrand Denzler: Misuratore di spazi sonori e ricercatore di suoni spaziali

Bertrand Denzler (Foto: Dmitry Shubin)

Instancabile, versatile e dinamica sono solo tre degli aggettivi con cui si potrebbe caratterizzare l’opera artistica di Bertrand Denzler. Navigando sul suo sito web, si viene subito travolti dall’enorme quantità di progetti e formazioni. Denzler scherza: «E pensare che ho ristrutturato il tutto in maniera più concisa e perspicua!». Tutto acquista però un senso a un secondo sguardo, cioè quando ci si immerge nei sound disponibili online. Solo allora si trova la visione artistica di Denzler assolutamente coerente. In un primo momento le sculture sonore finemente equilibrate sembrano richiamare un’invitante semplicità, dietro la quale però si nasconde una complessità quasi ipnotica dall’enorme forza magnetica.

«Le mie composizioni si focalizzano principalmente non tanto sulla forma narrativa, quanto sulla struttura interna. Per questo i brani sembrano relativamente semplici, sebbene non siano facili da suonare. Il musicista non deve essere distratto da troppe idee, ma deve potersi concentrare completamente sul suono e sulla precisione», chiarisce l’artista.

Denzler definisce come spazio le sue composizioni orientate al processo. Nella maggior parte dei casi non sono scritte in maniera tradizionale, ma possiedono una struttura predefinita. «Desidero che il musicista si senta coinvolto, che partecipi con la propria testa» sottolinea Denzler. Aggiunge inoltre: «Spesso è solo la struttura temporale a essere stabilita, ma non quella ritmica. Le regole predefinite lasciano sempre aperte moltissime possibilità».

Denzler pratica questa misurazione dello spazio insieme all’esplorazione del suono spaziale con diverse formazioni, tra cui il trio Sowari, Hubbub, Denzler-Gerbal-Dörner, The Seen, Onceim e Denzler-Grip-Johansson. Al tempo stesso continua anche a evadere, improvvisando come musicista ospite in complessi musicali come l’internazionale Šalter Ensemble di Jonas Kocher, in duo con Hans Koch o semplicemente da solista.

In realtà, afferma Denzler, il suo è un curriculum piuttosto tipico per un musicista europeo della sua generazione. Tutto è iniziato con la musica classica e allo stesso tempo con l’ascolto in privato di musica pop e rock. Ma è stata la pura sete di conoscenza che gli ha fatto conoscere in tempi relativamente rapidi i più svariati modi di fare musica in tutto il mondo. «A un certo punto» afferma Denzler «il jazz è diventato la mia occupazione principale perché ero affascinato dall’improvvisazione, cioè dalla concretizzazione del pensiero in tempo reale».

Al jazz è seguita la musica libera (free music), anche se oggi Denzler è ancora impressionato e, probabilmente, tuttora influenzato dalla filosofia e dall’approccio improvvisativo di grandi artisti come Albert Ayler e John Coltrane. A differenza di molti improvvisatori che, dopo aver voltato le spalle all’approccio compositivo, non tornano più indietro, Denzler ha trovato per sé uno spazio che, oscillando tra improvvisazione e composizione, può essere sempre ricreato ex novo sul piano architettonico. «Negli ultimi dieci anni ho avuto la sensazione di improvvisare sempre all’interno dello stesso sistema. All’improvviso ho sentito il bisogno di creare strutture all’interno della mia musica».

La visione artistica di Denzler è una sorta di viaggio di esplorazione, ma non soltanto in senso figurato: l’artista vorrebbe trasferire questo «spazio», inteso come «residenza itinerante», in diversi luoghi geografici per incontrare altri musicisti e creare nuova musica insieme a loro. Finora il progetto si è arenato non solo per questioni finanziarie ma anche perché un progetto aperto di questo tipo non rientra nelle condizioni quadro di una politica di promozione convenzionale. Il contributo di incentivazione «Get Going!» della FONDATION SUISA ne rende ora possibile la realizzazione perché, citando Denzler, «mi permette di seguire la creatività, anziché una condizione predefinita». Aggiunge inoltre, raggiante, che il contributo alla creazione sembra essere studiato su misura per lui. Tra l’altro la definizione che ne dà Denzler ricorda quasi una delle sue composizioni, in cui le strutture definite dall’autore lasciano ancora aperte possibilità inaspettate …

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Nel 2018 la FONDATION SUISA ha iniziato ad assegnare nuovi contributi alla creazione. Con il progetto «Get Going!» vengono incentivati finanziariamente processi creativi e artistici che esorbitano dalle categorie convenzionali. In una serie di ritratti presentiamo i beneficiari dei contributi «Get Going!».

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Jazz in Bess: 20 000 francs et un projet de composition imaginaire

Zeno Gabaglio (co-animation), Maria Bonzanigo, Pietro Viviani, Alessandro Zanoli (animation) et Damiano Merzari (sur la photo de g. à d.) ont discuté de leurs démarches créatives les plus privées en matière de composition. (Photo: Erika Weibel)

«Je vais m’ennuyer à mourir!»; voilà ce qu’on peut se dire avant une rencontre sur le thème de la création musicale. Cette impression naît probablement du fait que ce thème est une énigme en soi, à l’instar de toute question liée au mystère de la création. Une tentative d’explication de la création musicale conduit généralement à l’un des deux résultats frustrants suivants: errance vaine entre des points de vue philosophiques contradictoires ou rejet total de quelque chose qui, par nature, résiste à la logique et aux explications.

En étant bien conscients de ces conditions de départ difficiles, l’association Jazzy Jams et SUISA ont organisé le jeudi 25 janvier 2018 à la Phonothèque nationale suisse à Lugano une soirée consacrée à la création musicale. Les organisateurs se sont bien entendu demandé comment concevoir la soirée pour ne pas se retrouver dans l’impasse décrite plus haut.

Composer spontanément face au public

L’idée était de plonger les trois compositeurs invités directement dans le sujet; dans une situation si concrète qu’il n’y aurait de place ni pour des discussions philosophiques ni pour un silence embarrassant.

Mais comment faire concrètement? Une invitation d’un comité imaginaire fut envoyée à chacun d’entre eux. Ils furent invités à travailler à l’élaboration d’un nouveau projet. Le texte, qui n’a été révélé qu’au début de la rencontre, était le suivant:

«Jazzy Jams souhaite inaugurer sa nouvelle salle avec une série de concerts et invite les musiciens de Suisse italienne à concevoir spontanément une œuvre artistique. Il s’agit d’une performance dans une salle modulaire et techniquement bien équipée d’une capacité de 400 places. Le budget de composition est de Fr. 5000; pour la réalisation, un montant de Fr. 15 000 est disponible. La durée à disposition pour la conception/réalisation est de neuf mois. Il n’y a pas de style musical ou de durée imposés, et la personne à l’origine de la composition aura une soirée entière pour elle seule.»

La seule condition pour chaque artiste était de rendre visible pour le public présent son propre processus créatif – en révélant et en exprimant ce qu l’on peut appeler le «dialogue intérieur».

Maria Bonzanigo, Pietro Viviani et Damiano Merzari (du groupe The Pussywarmers) se sont mis généreusement à disposition pour ce projet, en révélant – lors d’une séance de remue-méninges publique inhabituelle – leurs approches créatives les plus privées.

Différents styles de musique, différentes approches

Le résultat a été passionnant: captivant, surprenant et parfois ironique. Entre autres, parce que les genres musicaux (musique de théâtre et de concert avec Bonzanigo; jazz, bandes sonores et musique live avec Viviani; rock indépendant avec Merzari) ont fait apparaître des approches très différentes d’un même phénomène, que nous – sans imagination mais avec fierté – appelons «musique», en utilisant un même terme pour des réalités très différentes.

Outre de solides certitudes techniques et poétiques, la discussion a également mis en lumière divers doutes et questions. Et ce furent peut-être les moments les plus intéressants de l’événement. Ils ont fait apparaître le processus créatif non seulement comme une équation à résoudre, mais ont révélé qu’il s’agissait également d’une plage de vie à parcourir, avec les inévitables surprises qui lui sont associées.

Dans la deuxième partie de la soirée, le thème du processus créatif a été mis quelque peu au second plan; il s’agissait de se demander si le travail créatif peut être enseigné. Et si oui, comment?

Tamara Basaric, du Conservatorio della Svizzera italiana, Giorgio Meuwly et Marco Conti, de la Scuola di Musica Moderna ainsi qu’Andrés Ortiz, de la Scuola di Musica e di Arti Creative, étaient les didacticiens (tout en étant des auteurs eux aussi) et ont répondu d’une manière aussi professionnelle qu’intéressante.

Liens
Jazz in Bess
Maria Bonzanigo
Pietro Viviani
The Pussywarmers

Le contributeur invité, Zeno Gabaglio, est membre du Conseil de SUISA, compositeur, et il a été co-animateur de l’événement organisé par Jazz in Bess.


20 000.- CHF e un’ipotesi di creazione

Discutere del lavoro creativo non è affatto semplice. Per questo motivo l’associazione Jazzy Jams e la SUISA hanno proposto, nel contesto del festival Jazz in Bess a Lugano, una serata un po’ particolare. La compositrice ticinese Maria Bonzanigo e i compositori Pietro Viviani e Damiano Merzari sono stati invitati a esporre – davanti a un pubblico davvero interessato e partecipe – i processi creativi, mentali e tecnici che si attuano in un’ipotetica dinamica di commissione esterna. Il risultato è stato avvincente, a tratti sorprendente, con l’inedita apertura delle privatissime porte dell’immaginario autoriale. Testo di Zeno Gabaglio

Jazz in Bess: 20’000.- CHF e un’ipotesi di creazione

Zeno Gabaglio, Maria Bonzanigo, Pietro Viviani, Alessandro Zanoli (moderazione) e Damiano Merzari (da sinistra a destra) hanno discusso dei loro privatissimi meccanismi della creazione. (Foto: Erika Weibel)

Può essere molto noioso un incontro sul tema della creazione musicale. Sostanzialmente perché l’argomento in sé è misterioso – di quello stesso mistero che circonda ogni genesi – e la sua esposizione generalmente porta a due spiacevoli risultati: vagare senza meta tra inconsistenti sfere filosofiche oppure semplicemente bloccarsi, davanti a qualcosa che per natura è refrattario a logica e spiegazioni.

Allarmati da questa consapevolezza l’associazione Jazzy Jams e SUISA lo scorso giovedì 25 gennaio hanno comunque voluto promuovere un incontro – presso la Fonoteca Nazionale di Lugano – dedicato proprio alla creazione musicale. Come fare, però, per non avviarsi nel fatidico vicolo cieco sopra esposto?

La spontaneità della creazione rivelata al pubblico

Il pensiero è stato quello di immergere tre creatori di musica in medias res, cioè in una situazione talmente pratica e talmente concreta da non lasciare spazio né alla filosofia né all’imbarazzo del vuoto.

In che modo? Offrendo a tutti un’ipotetica commissione che li invitasse a creare un nuovo progetto. Il testo – rivelato solo a inizio incontro – diceva così:

«Jazzy Jams vuole inaugurare la propria nuova sala con una serie di concerti, e invita musicisti della Svizzera italiana a concepire una creazione ad hoc. È una sala modulabile e tecnicamente attrezzata, dalla capacità di 400 posti. Il budget per la composizione è di 5000.- CHF, quello per la realizzazione è di 15 000.- CHF e il tempo concesso per la concezione/realizzazione è di 9 mesi. Non ci sono condizioni di genere, di durata e il compositore avrà a disposizione un’intera serata per sé.»

E la condizione per ogni creatore era quella di offrire al pubblico il proprio flusso di coscienza – in una sorta di ragionamento ad alta voce – conseguente a una simile proposta.

Maria Bonzanigo, Pietro Viviani e Damiano Merzari (del gruppo The Pussywarmers) si sono generosamente prestati al gioco aprendo – in un insolito «brainstorming» pubblico – quelli che normalmente sono i loro privatissimi meccanismi della creazione.

Generi musicali diversi conducono ad approcci diversi

Il risultato è stato molto partecipato: coinvolgente, sorprendente e a tratti pure ironico. Innanzitutto perché le differenze di genere (la musica per teatro e da concerto nel caso della Bonzanigo; il jazz, le colonne sonore e la musica da concerto per Viviani; il rock indipendente per Merzari) hanno messo in luce approcci molto diversi verso quel fenomeno che – ottusamente ma fieramente – ci ostiniamo a chiamare con il solo nome di «musica».

Dalla discussione – accanto a solide certezze tecniche e poetiche – sono anche emersi diversi dubbi e domande. E forse sono state proprio queste le parti più interessanti, perché hanno rivelato il processo creativo non già come un’equazione da risolvere con un unico risultato possibile, ma altresì come un pezzo di vita da percorrere, con le inevitabili sorprese che l’andare porta con sé.

Nella seconda parte dell’incontro il tema della creazione è invece stato declinato rispetto alla possibilità di un suo insegnamento: si può imparare a creare? E in che modo?

A rispondere – in una dinamica altrettanto virtuosa ed entusiasmante – sono stati i didatti (ma pure creatori) Tamara Basaric del Conservatorio della Svizzera italiana, Giorgio Meuwly e Marco Conti della Scuola di Musica Moderna e Andrés Ortiz della Scuola di Musica e di Arti Creative.

Links
Jazz in Bess
Maria Bonzanigo
Pietro Viviani
The Pussywarmers

L’autore ospite – Zeno Gabaglio – fa parte del Consiglio SUISA, è musicista/compositore e ha co-moderatola la discussione tra i compositori invitati da Jazz in Bess.

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Il n’est pas simple de discuter du travail de création. L’association Jazzy Jams et SUISA ont eu une idée originale, qui s’est concrétisée lors du festival Jazz in Bess à Lugano. La compositrice tessinoise Maria Bonzanigo et les compositeurs Pietro Viviani et Damiano Merzari ont développé un projet de composition imaginaire en public et en direct. Le résultat s’est avéré captivant et a permis d’emmener le public dans un voyage dans le monde de la pensée des auteurs. Texte de Zeno Gabaglio, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Jazz in Bess: 20 000 francs et un projet de composition imaginaire

Zeno Gabaglio (co-animation), Maria Bonzanigo, Pietro Viviani, Alessandro Zanoli (animation) et Damiano Merzari (sur la photo de g. à d.) ont discuté de leurs démarches créatives les plus privées en matière de composition. (Photo: Erika Weibel)

«Je vais m’ennuyer à mourir!»;...Continuer

Julien-François Zbinden: 100 ans!

Julien-François Zbinden est pianiste, compositeur, écrivain et … centenaire. Ce membre d’honneur de SUISA a fêté son 100e anniversaire le 11 novembre 2017. A l’occasion de cet anniversaire, Jean-Pierre Mathez, rédacteur invité, présente un résumé de la vie et de l’œuvre du jubilaire jusqu’ici.

Julien-François Zbinden: 100 ans!

Julien-François Zbinden, ancien Président et aujourd’hui membre d’honneur de SUISA, peut fêter ses 100 ans le 11 novembre 2017. (Photo: Yvan Ischer)

Ford Model T de 1913. (Photo: Ryan Fletcher / Shutterstock.com)

Né le 11 novembre 1917, neuf ans après le lancement de la Ford T en 1908, Julien-François Zbinden sera le témoin privilégié et attentif de l’extraordinaire évolution technologique, artistique, morale et spirituelle qui bouleverse la vie des humains sur cette terre.

Mais c’est avec son piano bien-aimé, que commence son aventure musicale, je le cite:

«Aujourd’hui encore, il partage ma ferveur pour la musique de jazz et notre belle complicité est sauvegardée dans l’album ‹The Last Call…?› enregistré en ma 93e année. Ce quelqu’un est mon instrument, un piano à queue plus que centenaire: Blüthner No. 89293 Modèle 190, construit en 1910 à Leipzig, auquel je dédie cet opus 111 (intitulé ‹Blüthner-Variationen›, publié aux Editions Bim PNO67, remarque de l’auteur) et qui met fin à la série de mes œuvres destinées au piano.»

Autoportrait, gravure sur linoléum, 1937.

Julien-François Zbinden commence par gagner sa vie comme pianiste de bar, s’initiant avec passion au jazz, puis à la composition.

A 30 ans débute sa carrière au département musical de la Radio Suisse Romande qu’il marquera de son empreinte administrative et de son ouverture d’esprit jusqu’à sa retraite en 1982. Des années glorieuses avec l’Orchestre de Chambre de Lausanne, avec la Fanfare Perce-Oreille, avec des chœurs classiques et populaires de la Romandie, des vedettes de la chanson française, des orchestres de jazz; il participe et anime des débats en ligne avec une bravoure respectueuse de l’opinion d’autrui. D’innombrables célébrités du monde de la musique sont invités à Lausanne où les archives regorgent d’interviews et d’enregistrements «en direct» d’artistes célèbres. Il a su ouvrir les portes de la RSR à tous les genres musicaux de qualité, irriguant ainsi une culture musicale plurielle en Romandie et en francophonie.

Vers la mi-cinquantaine, il passe un brevet d’aviateur et s’enivre des émotions que lui procurent ses arabesques et la vision rapetissée de la vie terre à terre.

Julien-François Zbinden devant un Piper L4, initiation atterrissage (Glacier des Diablerets, 11.12.1975). (Photo: DR)

Julien-François Zbinden au piano, janvier 2017. (Photo: DR)

Julien-François Zbinden, arrivé à l’âge de la retraite, quitte la RSR, et se consacre corps et âme à la composition (sa production atteindra plus d’une centaine d’œuvres), à ses amitiés, aux voyages, et à l’écriture (une impressionnante biographie et deux livres plus récents), sans oublier l’enregistrement au piano de deux disques de jazz récents (TCB Montreux) …

Il a été président de l’Association des Musiciens suisses (1973–1979) et, de 1987 à 1991 de SUISA.

Julien-François Zbinden est aussi une mémoire vivante précieuse, un puits de science, un homme de lettres qui a analysé, étudié son temps avec une grande perspicacité. Ses œuvres musicales ont été jouées dans le monde entier et publiées chez les grands éditeurs européens (depuis 1988 toutes ses nouvelles œuvres sont publiées en Suisse aux Editions Bim).

Espérons que le monde musical de Suisse et de Romandie n’oublie pas cet artiste exceptionnel et continue à transmettre ses œuvres aux futures générations de musiciens et mélomanes de notre pays.

Pour en savoir (beaucoup) plus sur Julien-François Zbinden: www.jfzbinden.ch

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Mais c’est avec son piano bien-aimé, que commence son aventure musicale, je le cite:

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Apporter harmonie et rythme à la mélodie

La FONDATION SUISA décerne le Prix du Jazz 2016 à Heiri Känzig. Moins connu pour ses talents de compositeur, ce musicien zurichois figure parmi les très grands contrebassistes d’Europe. Texte de Markus Ganz, contributeur invité

Heiri Kaenzig Prix du Jazz FONDATION SUISA

«Son répertoire varié et sa dextérité en font un virtuose de la contrebasse», a déclaré la FONDATION SUISA dans son communiqué de presse lors de la remise du Prix du Jazz à Heiri Känzig, le vainqueur de cette année. (Photo: Pablo Faccinetto)

Heiri Känzig est vraisemblablement plus connu sur la scène internationale du jazz qu’il ne l’est du grand public suisse. Il faut dire que ce contrebassiste n’a jamais cherché à attirer les foules, mais a toujours séduit par une musicalité épurée. Né à Zurich en 1957, il est parti très jeune à l’étranger pour étudier la musique, et a longtemps vécu dans des villes telles que Vienne, Munich et Paris. Pendant notre entretien, Heiri Känzig a évoqué avec un sourire le moment où Mathias Rüegg l’a encouragé à quitter le lycée de Schiers pour étudier au conservatoire de Graz. Plus tard, il a suivi le co-fondateur du Vienna Art Orchestra à Vienne. Cet orchestre est devenu pour lui un véritable tremplin, lui permettant d’intégrer la scène internationale du jazz.

Vienne, le point de départ

En 1977, Heiri Känzig devient membre du Vienna Art Orchestra (il le sera pendant 15 ans) et joue, dès ses débuts, le single (!) «Jessas na» (1978) qu’il qualifie de «disque fou». Il fait ainsi partie d’une scène innovante et se fait rapidement un nom étant que contrebassiste. Dès 1978, il accompagne le trompettiste de be-bop Art Farmer. Depuis, Heiri Känzig a joué avec de grands noms du jazz tels qu’Art Lande, Kenny Wheeler, Lauren Newton, Billy Cobham et Ralph Towner. Il était également particulièrement proche de Charlie Mariano. Autre fait atypique: en 1991, il fut la première personne non-française à devenir membre de l’Orchestre National de Jazz.

Heiri Känzig souligne toutefois qu’il ne se considère pas uniquement comme un joueur de jazz: «J’aime jouer différents styles de musique.» Il le montre notamment avec «Tien Shan Schweiz Express» (un projet rassemblant des musiciens du Kirghizistan, de Khakassie, de Mongolie, de Suisse et d’Autriche) ou encore avec son projet en compagnie du joueur d’oud algérien Chaouk Smahi. Heiri Känzig a également joué en studio pour Nena et Andreas Vollenweider. Nous nous étonnons de voir dans sa biographie près de 130 albums, alors qu’il est surtout connu comme musicien live ; mais il nous le confirme et explique qu’il y en a nettement plus aujourd’hui, dont une trentaine avec le Vienna Art Orchestra.

Un compositeur sous-estimé

Véritable constante dans la carrière de Heiri Känzig, sa collaboration avec Thierry Lang a commencé bien avant son contrat avec le légendaire label Blue Note. Depuis près de 25 ans, il joue avec ce pianiste originaire de Suisse romande, la plupart du temps en trio, parfois aussi avec des musiciens invités, voire même avec un quatuor à cordes comme c’est le cas actuellement. Il participe également de plus en plus aux compositions. En tant que co-leader, Heiri Känzig travaille aujourd’hui avec l’immense jazzman Chico Freeman, en duo et en quatuor, ainsi qu’avec le Cholet Kaenzig Papaux Trio et le trio Depart créé en 1985 avec Harry Sokal, dont Martin Valihora est désormais le batteur.

Dans le dernier album de Depart, survolté et intitulé «Refire» (2014), la plupart des morceaux sont composés par Heiri Känzig. Malgré cela, on le décrit souvent simplement comme un «accompagnateur chevronné» – ou par des qualificatifs similaires. «En tant que contrebassiste, on n’est pas le leader, contrairement au trompettiste ou au pianiste», déclare-t-il sereinement. «La contrebasse est d’abord un instrument d’accompagnement qui, en outre, produit des sons graves, plus difficiles à distinguer au niveau purement acoustique comparés à ceux d’autres instruments.» Heiri Känzig confirme également que la contrebasse a pour fonction de lier les différents types d’instruments. Et d’ajouter en riant: «Nous, les bassistes, sommes en quelque sorte des diplomates parmi les musiciens, et apportons l’harmonie et le rythme à la mélodie. C’est pour cela que nous sommes des personnes aussi conciliantes …»

Virtuosité et son

Pour composer, en revanche, il nous confie ne pas se soucier du rôle de la contrebasse. Il se contente de jouer et s’installe d’ailleurs souvent au piano. «Au début d’une composition, soit je crée vraiment des lignes de contrebasse qui m’inspirent et, dans ce cas, ce sont plutôt des points de départ rythmiques ; ou alors je travaille au piano, et je sonde plutôt l’aspect harmonique.» Ces deux manières de procéder sont totalement différentes, mais la suite du développement des morceaux a pourtant un point commun. «Composer est un processus palpitant car on ne sait pas où cela nous mène. On ne sait pas ce que cela donnera et pourtant, il y a toujours quelque chose pour nous dire là où il faut creuser.»

Dans les médias, la virtuosité de Heiri Känzig est toujours mise en avant. «On peut évidemment se dire», précise-t-il en haussant les épaules, «que cela n’a aucun sens en contrebasse car, souvent, on n’entend pas bien les sons graves. Mais j’ajoute de la couleur à la musique. Parfois, on pourrait même presque parler d’un orage de sons.» Autant d’éléments qui contribuent fortement à rendre son style très individuel et exceptionnel, chose que Heiri Känzig ne peut pas vraiment expliquer: «Cela est peut-être lié au fait que j’ai très rarement copié.»

Heiri Känzig est né en 1957. Il a grandi à Zurich et à Weiningen et a étudié la musique à Graz, Vienne et Zurich. Il vit à Meilen depuis 1990 et travaille comme professeur de contrebasse à la haute école de musique de Lucerne depuis 2002. La chanteuse et compositrice Anna Känzig est sa nièce; ils prévoient de se produire ensemble sur scène en mai 2017. ‒ Le Prix du Jazz 2016, d’une valeur de CHF 15 000.–, sera remis à Heiri Känzig dans le cadre d’un concert spécial organisé le dimanche 4 décembre 2016, à 11h00, au Moods à Zurich. Heiri Känzig se produira avec Chico Freeman et Thierry Lang, d’abord en duo avec chacun des deux, puis en trio.
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L’édition 2016 de Jazzahead! a swingué sur des rythmes suisses

Invitée d’honneur au Jazzahead! 2016 à Brême, la Suisse a présenté un vaste répertoire stylistique aux 2750 participants et 15 000 visiteurs, à l’image de sa devise «Schweizsuissesvizzerasvizra». Celle-ci symbolisait les quatre «sortes» de Suisse qui peuvent parfois avoir le même son de cloche, tout en formant un ensemble original et hétéroclite. Texte d’Urs Schnell, FONDATION SUISA

Jazzahead-2016-Pilgrim-in-concert

Le saxophoniste zurichois Christoph Irniger s’est produit sur scène avec sa formation, Pilgrim, le 21 avril 2016 lors de la Swiss Night du festival Jazzahead! (Photo: Ingo Wagner)

Invitée d’honneur, la Suisse a présenté à Brême des artistes aux influences jazz très variées sous la devise «Schweizsuissesvizzerasvizra»: celle-ci symbolisait les quatre «sortes» de Suisse qui peuvent parfois avoir le même son de cloche, mais forment un ensemble original et hétéroclite.

Le mélange des cultures a également marqué le festival Jazzahead!, qui a eu lieu durant les deux semaines précédant le salon. La grande variété de représentations proposées allait du spectacle de marionnettes «Les physiciens» de Dürrenmatt à l’exposition «L’électorat – la voix du peuple» illustrant les campagnes électorales suisses. Une affiche présentant une lolette infestée de mouches bleues a même été ressortie des archives. L’objectif de cette affiche était de rappeler à la ménagère que, une fois sortie de l’isoloir, sa place était au foyer.

Du jazz suisse en live

Le jury du Jazzahead! a présenté sa sélection helvétique de showcase, le 21 avril dans le cadre de la Swiss Night, à l’issue du premier jour du salon qui en comptait quatre. Celle-ci a révélé un vaste répertoire stylistique allant du programme solo «Beat Diary» du dynamique explorateur de sons Julian Sartorius et membre du trio Colin Vallon, aux beats perforants des nappes sonores de la formation Plaistow.

Nous y avons aussi retrouvé des visages familiers, déjà présents lors d’éditions précédentes, notamment Weird Beard et le quartet Elina Duni, tandis que Nik Bärtsch’s Ronin et Hildegard lernt fliegen étaient gratifiés d’une standing ovation lors du concert de clôture à la Glocke.

«Pour nous, tout a vraiment commencé après le showcase du festival Jazzahead! 2012», raconte Matthias Wenger, le saxophoniste de Hildegard lernt fliegen. Et bien qu’une participation au salon ne soit pas toujours suivie d’une évolution de carrière à vitesse grand V, comme ce fut le cas pour le sextuor formé autour de l’acrobate vocal Andreas Schaerer, pour beaucoup d’artistes, l’agenda de tournée se remplit sensiblement à l’issue de cet événement.

Tisser et entretenir ces relations professionnelles

Les musiciens qui participent au salon sans présenter de showcase doivent toutefois se manifester par d’autres moyens. Avec son quartet Kaleidoscope String, le violoniste Simon Heggendorn avait déjà assuré un showcase lors du salon Classical:Next. «Nous avons déjà noué quelques contacts, mais nous sommes surtout là pour la partie conférences», explique-t-il. «De plus, nous sommes davantage un groupe qu’un quatuor à cordes classique et avons donc plutôt notre place ici. C’est pour cela que je me suis inscrit au matchmaking.»

Le «matchmaking» est une sorte de speed dating durant lequel on demande aux participants quels sont leurs besoins pour ensuite leur présenter les bons interlocuteurs. La gestionnaire culturelle Nicole Mayer a, quant à elle, choisi une autre voie : «Je me renseigne le plus tôt possible sur les personnes qui seront présentes au salon et j’essaie de prendre rendez-vous avec celles qui m’intéressent ou bien de les reconnaître lorsque je les croise par hasard. Je suis seulement présente sur le stand lorsque j’y ai fixé un rendez-vous.»

Le pays invité mise sur un effet à long terme

Organisé chaque année, l’Alpine Cocktail offre la possibilité de se rencontrer dans un cadre moins structuré. Cet apéritif a permis aux participants de faire connaissance de manière informelle autour d’un verre de vin autrichien en dégustant du fromage suisse. Pour les amateurs de crus suisses, accompagnés d’un carré de chocolat noir, le Swiss Lounge accueillait cette année des représentants de la scène musicale suisse. Du collaborateur de label discographique au représentant de fondation, il était possible de les rencontrer dans le cadre de la série d’entretiens «Un verre de vin avec …».

Cette année, Jazzahead! a permis à la Suisse de se présenter à 969 exposants (la tendance est à la hausse), 2750 participants professionnels et 15 000 visiteurs. Une présence visible de toutes parts qu’elle a notamment mis en avant avec son graphisme rouge vif et un portrait plus grand que nature de Nik Bärtsch dominant le hall du salon et attirant immédiatement l’œil du visiteur.

On ne peut pas encore tirer un bilan final de l’événement. Ce n’est que rarement pendant, ou immédiatement après, que le succès de la démarche découlant d’une présence à un salon musical peut se manifester. «Pour le pays invité, les répercussions sont surtout envisagées sur le long terme», déclare Marcel Kaufmann, responsable de projet à la FONDATION SUISA qui a orchestré la présence suisse sur le salon en collaboration avec Pro Helvetia et le syndicat musical suisse (SMS). «Le jazz suisse jouit d’une excellente réputation sur la scène internationale. Nous souhaitions, à travers ce festival, qu’il marque les esprits plus encore au niveau mondial.»

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