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Débat SUISA au M4music: quelle influence le streaming a-t-il sur l’écriture des chansons? │ avec vidéo

Aujourd’hui, la musique est souvent consommée via les plateformes de streaming. Avec des millions de titres disponibles, il n’est pas étonnant que certains morceaux passent à la trappe. Le plus souvent, un titre doit nous emballer dès les premières secondes, car le suivant est à portée de clic. Le canal de distribution qu’est le streaming influence-t-il l’écriture des chansons? Cette question fera l’objet d’un débat SUISA au festival M4music 2022. Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo de Lisa Burth

L’époque où l’on écoutait un album du premier au dernier titre est révolue. En 2021, selon l’association professionnelle IPFI, les CD et les vinyles représentaient un peu plus de 10% des ventes de musique en Suisse, les 90% restants concernant le commerce en ligne, dont plus de 80% pour le streaming.

Passer du support sonore au streaming est pertinent pour les artistes à plus d’un titre. Pour les CD et les LP, la rémunération se fait pour la reproduction et la vente d’unités physiques dans leur intégralité. A l’inverse, les auteur-e-s, interprètes et producteurs/trices reçoivent une rémunération pour chaque stream; mais ceux-ci sont pris en compte uniquement si un morceau est écouté pendant au moins 30 secondes. Le problème est que, lorsque l’on consomme de la musique, le morceau suivant est à portée de clic: les compositeurs/trices et les interprètes doivent donc réussir à convaincre le public dès les premières secondes d’un titre de continuer à l’écouter.

La musicienne zurichoise Evelinn Trouble explique dans un entretien vidéo comment les compositrices et compositeurs s’adaptent au comportement observé sur le marché actuel.

Débat SUISA au M4music: «How Streaming is Changing Songwriting»

Le débat SUISA prévu cette année au festival M4music sera consacré à l’influence pour les compositeurs/trices, ainsi que pour les labels, de ce changement de comportement en matière de consommation de musique. Sous l’intitulé «How Streaming is Changing Songwriting», compositeurs/trices, producteurs/trices et responsables de labels discuteront de l’influence du streaming sur l’écriture, la production et la publication des chansons.

Participerons à ce débat :

  • Evelinn Trouble, compositrice, chanteuse, productrice et artiste visuelle zurichoise
  • Julie Born, Managing Director de Sony Music Suisse
  • Henrik Amschler alias HSA, compositeur et producteur zurichois
  • Loris Cimino, producteur et compositeur allemand/zurichois

Modératrice: Nina Havel.

Le débat SUISA aura lieu le vendredi 25 mars 2022 à 16h00 à la Matchbox du Schiffbau à Zurich. Le débat est gratuit et en libre accès.

Le festival M4music 2022

Après avoir été annulé en 2020 en raison de la pandémie de coronavirus, puis organisé en format réduit en 2021, le festival de musique pop du Pour-cent culturel Migros aura lieu cette année sous sa forme habituelle les vendredi 25 et samedi 26 mars 2022 au Schiffbau à Zurich. Outre des tables rondes, des ateliers et des débats sur des thèmes d’actualité du business de la musique, de nombreux artistes de la scène suisse et internationale se produiront lors du festival.

www.m4music.ch/fr/

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Aujourd’hui, la musique est souvent consommée via les plateformes de streaming. Avec des millions de titres disponibles, il n’est pas étonnant que certains morceaux passent à la trappe. Le plus souvent, un titre doit nous emballer dès les premières secondes, car le suivant est à portée de clic. Le canal de distribution qu’est le streaming influence-t-il l’écriture des chansons? Cette question fera l’objet d’un débat SUISA au festival M4music 2022. Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo de Lisa Burth

L’époque où l’on écoutait un album du premier au dernier titre est révolue. En 2021, selon l’association professionnelle IPFI, les CD et les vinyles représentaient un peu plus de 10% des ventes de musique en Suisse, les 90% restants concernant le commerce en ligne, dont plus de 80% pour le streaming.

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Le Midem (1967-2021), ou la fin d’une époque

Pendant des décennies, le Midem de Cannes a été le fleuron d’une industrie musicale florissante. Hommage à l’un des plus grands et des plus glorieux rendez-vous internationaux de la scène musicale. Texte de Marcel Kaufmann, FONDATION SUISA, et Erika Weibel – La versione italiana del testo si trova sotto.

Le Midem (1967-2021), ou la fin d’une époque

Vue extérieure du Palais des Festivals et des Congrès de Cannes pendant le Midem 2009. (Photo: Sanuy / Midem)

«Due to the lasting pandemic and following a review of its activity, RX France has decided to no longer continue to organize the Midem event.» (En raison de la pandémie durable et suite à une refonte de son activité, RX France a décidé de ne plus organiser les événements du Midem.) (Midem.com, décembre 2021)
Le Midem, ou Marché international du disque et de l’édition musicale, a été la plate-forme commerciale la plus importante du monde pour les maisons de disques, florissantes jusqu’à la fin des années 1990. Le secteur de la musique perd avec sa disparition l’un de ses plus célèbres rendez-vous. Depuis 1967, le Midem se tenait chaque année au Palais des festivals et des congrès de Cannes, sur la Côte d’Azur. Un lieu prestigieux, qui accueille également le célèbre festival de cinéma de Cannes ou encore la cérémonie des NRJ Music Awards, mais aussi un symbole de ce qui a précipité la fin du Midem.

Le stand collectif suisse en 2015

Entretiens et réunions dʼaffaires sur le stand collectif suisse en 2015. (Photo: SUISA / FONDATION SUISA)

 

Depuis 1989, la SUISA et la FONDATION SUISA tenaient le stand commun de la Suisse au Midem, avec le soutien de la Fondation des producteurs de phonogrammes. Au nom de cet engagement ayant favorisé, pendant de longues années, les liens de la branche musicale suisse avec l’étranger, nous nous livrons aujourd’hui à une rétrospective.

Le Midem ouvre ses portes pour la première fois le 30 janvier 1967. Bernard Chevry, organisateur des premières éditions du salon, n’a pas choisi le prestigieux décor de la Côte d’Azur par hasard pour ce tout premier rendez-vous international de l’industrie musicale. Dans l’auditorium du Palais des festivals, les représentants des maisons de disques se pressent pour découvrir, pendant les cinq jours de l’événement, la grande variété des morceaux et des spectacles présentés. Les négociations sur les droits se tiennent ensuite, pour la plupart, dans un des bureaux provisoires installés au Grand Hôtel Martinez. Quatre chaînes de radio françaises retransmettent l’événement en direct, et plus de 200 journalistes du monde entier rapportent tous les jours l’actualité du Midem. Plus de 1000 professionnels de la musique, venus principalement d’Amérique du Nord et d’Europe, assistent à cette première édition. Leur nombre doublera l’année suivante, et la surface d’exposition deviendra trois fois plus grande.

Tandis que, du côté suisse, les grands labels surtout font preuve d’une certaine frilosité initiale, plusieurs maisons d’édition répondent très tôt à l’appel du Midem.*

Bernard Chevry a eu du flair, et il fait taire les mauvaises langues qui affirment que le Midem n’est qu’une tentative pour améliorer le remplissage des hôtels cannois pendant la morne saison d’hiver. L’idée d’un salon entièrement consacré aux producteurs et aux éditeurs de musique est venue à cet entrepreneur dynamique lors d’une discussion avec des représentants du secteur dans le cadre d’un salon spécialisé dans les émissions de télévision, également créé par lui. Sa nouveauté remporte un succès colossal : aujourd’hui encore, les anciens participants du Midem racontent, sourire aux lèvres et mélancolie en bandoulière, les fêtes somptueuses données dans les grands hôtels de la Croisette entre 1970 et 1990, où l’on assistait à un défilé incessant de patrons des majors, de stars et de starlettes.

Contrairement à ce que Bernard Chevry a prévu au départ, Cannes reste le lieu d’accueil permanent du Midem et devient petit à petit le rendez-vous annuel emblématique de la branche. Jusque vers la fin des années 2000, le Midem ne cesse de prendre de l’ampleur, accueillant à chaque début d’année jusqu’à 10 000 professionnels de plus de 90 pays.

Stand dʼexposition suisse au salon 2002

La couleur rouge a dominé le design du stand dʼexposition suisse au salon professionnel 2002. (Photo: SUISA / FONDATION SUISA)

Au tournant du millénaire, l’importance croissante d’Internet rebat cependant les cartes de l’industrie musicale. Les supports d’enregistrement physiques perdent du terrain. Les entreprises technologiques entrent en jeu à la place, et développent des possibilités inédites pour les consommateurs de musique. Mais cette clientèle ne se reconnaît plus vraiment dans le noble décor et le format traditionnel du salon du Palais. «Piraterie!», le cri de guerre de l’industrie musicale malmenée, est bientôt remplacé par «Culture gratuite!» et «Fossé des valeurs!». Les musiciens se tournent de plus en plus vers le secteur des concerts, où il y a encore de l’argent à gagner. La concurrence réagit en lançant une kyrielle de festivals showcase dans toute l’Europe. Quand au Midem, il reste le Midem.

En quelques années seulement, toute une branche s’est transformée. Et tout va trop vite pour beaucoup. Avec la baisse des recettes, on se met à réfléchir à deux fois avant de prendre une accréditation au Midem et de réserver une chambre d’hôtel onéreuse à Cannes. Le nombre des exposants ne cesse de décroître.

En 2015, les responsables tentent une fuite en avant: ils déplacent la manifestation de janvier au mois de juin, belle saison sur la Côte d’Azur, et parviennent ainsi effectivement à freiner le recul du nombre de participants observé au cours des années précédentes. Mais l’idée a aussi un effet collatéral moins heureux: de plus en plus de personnes renoncent à acquérir une accréditation professionnelle et se mettent à donner rendez-vous à leurs partenaires d’affaires dans les cafés et les bars de la Croisette, ou à organiser des fêtes dans des maisons et des logements loués. Le dépeuplement des halles du salon se poursuit.

Dès 2017, les responsables du Midem impliquent davantage le secteur du live. Sous la houlette de l’ancien manager d’Universal France, Alexandre Deniot, des scènes originales sont érigées sur les plages pour attirer le public. On courtise les fournisseurs de nouvelles technologies, on adapte les thématiques des conférences et l’on crée des formats attrayants pour les start-ups et les nouveaux venus. En 2020, première année de la pandémie de coronavirus, le Midem présente en outre la solution numérique la plus intéressante qui soit pour remplacer le rendez-vous annuel. Tout cela ne parvient néanmoins plus à retarder l’inéluctable fin du salon. Lors de la dernière édition «en présentiel», en 2019, le nombre d’inscrits atteint un peu plus de la moitié de ce qu’il était dix ans auparavant.

Les responsables doivent faire face au reproche d’avoir senti le vent tourner trop tard. Enfin, le Midem achoppe aussi sur son format désormais désuet et sur son cadre dispendieux au bord de la Méditerranée: la formule ne correspond plus aux attentes et aux moyens financiers de la clientèle d’aujourd’hui. Le Palais des festivals et les hôtels de luxe sont condamnés à devenir les références nostalgiques d’une époque définitivement révolue.

La présence suisse au Salon de la musique 1992

La présence suisse au Salon de la musique 1992: Avec le soutien de la Fondation des producteurs de phonogrammes, SUISA et FONDATION SUISA ont organisé le stand collectif suisse au Midem depuis 1989. (Photo: SUISA / FONDATION SUISA)

Ce qui reste, cependant, c’est la richesse des rencontres – notamment celles faites au stand commun de la Suisse à partir de 1989 – auxquelles le Midem a contribué et qui ont façonné durablement de nombreuses carrières musicales. Comme le disait déjà l’éditeur suisse de musique Albert Brunner (Helbling & Co.) en 1968: «Une seule rencontre personnelle vaut mieux que cent lettres.»

Le père du Midem, Bernard Chevry, n’a pas assisté à la disparition de l’événement, puisqu’il est décédé en 2019, peu avant la dernière édition «présentielle».

Cher Midem, bel ancien fleuron de l’industrie musicale, tu as su réaliser de nombreux rêves et rassembler avec talent le monde de la musique dans ton écrin glamour pendant des décennies. Nous t’en remercions. Tu vas nous manquer.

*Entreprises suisses accréditées au Midem en 1968:
Editions Chappell S.A.
Editions COA
Goodman Music S.A.t
Edition Helbling
International Melodizs
Editions Melodie
Mondiamusic S.A.R.L.
Muzik Center Zurich
Musikvertrieb AG
Phonag Schallplatten AG
R.C.A. Overseas S.A.
Editions Sidem S.A.
Southern Music AG
Star Record
Swiss Record Editions Televox
(Source: Billboard, 20 janvier 1968)

Il Midem (1967-2021): la fine di un’era

Per decenni è stato il fiore all’occhiello di un fiorente business musicale: si tratta del Midem di Cannes. Il necrologio di una delle più sfavillanti e prestigiose fiere specialistiche internazionali della musica. Testo di Marcel Kaufmann, FONDATION SUISA, e Erika Weibel

Il Midem (1967-2021): la fine di un’era

Vista esterna del Palais des Festivals et des Congrès di Cannes durante Midem 2009. (Foto: Sanuy / Midem)

«Due to the lasting pandemic and following a review of its activity, RX France has decided to no longer continue to organize the Midem event». (Midem.com, dicembre 2021)
Il Midem, acronimo di Marché International du Disque et de l’Edition Musicale, è stata la piattaforma commerciale più importante al mondo per etichette ed editori musicali che hanno prosperato fino alla fine degli anni ’90. Con esso, l’industria musicale perde uno dei suoi eventi specialistici più ricchi di tradizione. Dal 1967, la fiera si è tenuta ogni anno al Palais des Festivals et des Congrès di Cannes, direttamente sulla Costa Azzurra. Un luogo prestigioso che ospita anche il rinomato Festival di Cannes o gli NRJ Music Awards, ma anche un simbolo di ciò che alla fine ha portato il Midem alla rovina.

Stand collettivo svizzero nel 2015

Colloqui e incontri dʼaffari allo stand collettivo svizzero nel 2015. (Foto: SUISA / FONDATION SUISA)

Dal 1989, la SUISA e la FONDATION SUISA hanno organizzato lo stand collettivo svizzero al Midem, con il sostegno della Stiftung Phonoproduzierende (Fondazione produttori di fonogrammi). Dopo questo impegno di lunga data a sostegno del collegamento in rete dell’industria musicale svizzera con l’estero, volgiamo oggi uno sguardo al passato:

il 30 gennaio 1967, il Midem ha aperto per la prima volta le sue porte. Bernard Chevry, organizzatore delle prime edizioni del Midem, aveva deliberatamente scelto la prestigiosa Costa Azzurra come scenario del primo incontro mondiale di business musicale. Nell’auditorium del Palais des Festivals, innumerevoli brani e spettacoli sono stati presentati ai rappresentanti di etichette e di editori durante i cinque giorni della fiera. In seguito, i diritti venivano solitamente negoziati in uno degli uffici pop-up del Grand Hotel Martinez. Quattro stazioni radio francesi hanno trasmesso l’evento in diretta e oltre 200 giornalisti internazionali hanno effettuato resoconti quotidiani sul Midem. Più di 1000 professionisti della musica, principalmente dal Nord America e dall’Europa, hanno partecipato all’edizione pilota. Entro un anno, il loro numero doveva raddoppiare e lo spazio espositivo triplicare.

Mentre sul fronte svizzero soprattutto le principali etichette erano all’inizio leggermente titubanti, varie case editrici sono state coinvolte fin dal principio.*

Chevry ha colpito nel segno, smentendo quelle malelingue che sostenevano che il Midem fosso solo un tentativo di aumentare le prenotazioni degli hotel di Cannes durante la fiacca stagione invernale. L’idea di una fiera separata per i produttori e gli editori musicali è venuta all’intraprendente uomo d’affari in occasione di una fiera specialistica per programmi TV da lui stesso creata, durante una conversazione con alcuni rappresentanti dell’industria musicale. La nuova offerta è risultata assai gradita: ancora oggi, le generazioni meno giovani tra gli ex partecipanti raccontano con un sorriso e una punta di malinconia delle sfarzose feste nei Grand Hotel sulla Croisette di Cannes dagli anni’70 agli anni ’90, alle quali partecipavano numerosi capi di spicco, star e starlette.

Contrariamente ai piani originali di Chevry, Cannes è rimasta la sede permanente del Midem ed è diventata sempre più il simbolo dell’incontro annuale dell’industria all’inizio dell’esercizio finanziario. Fino alla fine degli anni 2000, il Midem ha continuato a crescere fino a raggiungere i 10 000 partecipanti specializzati da oltre 90 Paesi.

Stand svizzero alla fiera del 2002

Il colore rosso ha dominato il design dello stand svizzero alla fiera del 2002. (Foto: SUISA / FONDATION SUISA)

Con il nuovo millennio, Internet è diventato una presenza sempre più dominante e ha fondamentalmente stravolto il business della musica. I supporti audio fisici hanno perso importanza. Sono invece entrate in scena le aziende tech, che hanno sviluppato modi inediti di utilizzare la musica. Ma questa clientela non voleva più adattarsi all’ambiente lussuoso e al formato fieristico convenzionale del Palais. Il grido di battaglia della stremata industria musicale «Pirateria!» è stato presto sostituito da «Cultura gratis!» e «Value gap!». I creatori di musica si sono rivolti sempre più all’industria del live, dove c’era ancora qualcosa da guadagnare. La concorrenza ha reagito a tutto ciò sotto forma di innumerevoli showcase festival sparsi in tutta Europa; il Midem, al contrario, è rimasto il Midem.

Nel giro di pochi anni, un’intera industria era cambiata. Per molti è accaduto troppo in fretta. Con il calo delle entrate, molti ci hanno pensato due volte se valesse ancora la pena ottenere un accreditamento Midem, visti i prezzi degli hotel locali. Il numero di espositori è diminuito continuamente.

Nel 2015, i responsabili hanno osato compiere il grande passo: grazie al rinvio da gennaio a giugno e alle temperature estive della Costa Azzurra, il calo del numero di partecipanti degli ultimi anni è stato effettivamente rallentato. Allo stesso tempo, però, ciò ha favorito il fenomeno del free riding: sempre più persone hanno deciso di non acquistare un accreditamento professionale e hanno allestito incontri via cellulare con i loro partner d’affari nei caffè e nei bar sul lungomare o hanno organizzato feste all’interno di case e appartamenti in affitto. L’esodo dai padiglioni espositivi è continuato.

È anche vero che dal 2017 i responsabili del Midem hanno coinvolto maggiormente il settore live. Sotto l’ex manager di Universal France Alexandre Deniot sono stati allestiti palchi sulla spiaggia originali e graditi al pubblico. Sono stati corteggiati vari fornitori di nuove tecnologie, sono stati adattati i temi delle conferenze e sono stati creati formati ricchi di attrattiva per le start-up e i nuovi arrivati al Midem. Nel 2020, primo anno del coronavirus, il Midem ha anche presentato la soluzione digitale più interessante del momento come alternativa per l’incontro annuale. Niente di tutto ciò, però, ha potuto fermare il tramonto definitivo della fiera. Per l’ultima edizione fisica del 2019, si è registrata poco più della metà delle presenze rispetto a dieci anni prima.

Così i responsabili hanno dovuto fare i conti con l’accusa di aver riconosciuto troppo tardi i segni del tempo. Alla fine, il Midem è inciampato nella sua sede e nel suo formato obsoleto. Una fiera convenzionale abbinata alla costosa location mediterranea: due aspetti non più in linea con le idee e le possibilità finanziarie della clientela odierna. Il Palazzo del Festival e i magnifici hotel sono diventati sempre più riferimenti nostalgici a un’epoca passata.

La presenza svizzera alla Fiera della musica del 1992

La presenza svizzera alla Fiera della musica del 1992: la SUISA e la FONDATION SUISA, con il sostegno della Fondazione produttori di fonogrammi, organizzano dal 1989 lo stand comune svizzero alla Midem. (Foto: SUISA / FONDATION SUISA)

Rimangono però gli innumerevoli incontri (dal 1989 anche presso lo stand collettivo svizzero) che hanno avuto luogo al Midem e grazie a esso e che hanno lasciato un segno duraturo in numerose carriere musicali. L’editore musicale svizzero Albert Brunner (Helbling & Co.) aveva già afferrato il nocciolo della questione nel 1968: «Un singolo contatto personale vale più di 100 lettere».

Il fondatore del Midem Bernard Chevry non ha vissuto abbastanza per vedere il tramonto della fiera. È scomparso nel 2019, poco prima dell’ultima edizione in presenza.

Midem, grande dama del business musicale, per decenni hai abilmente riunito le persone sul tuo sfondo glamour e hai trasformato numerosi sogni in realtà. Grazie. Ci mancherai.

*Aziende svizzere accreditate, Midem 1968:
Editions Chappell S.A.
Editions COA
Goodman Music S.A.t
Edition Helbling
International Melodizs
Editions Melodie
Mondiamusic S.A.R.L.
Muzik Center Zurich
Musikvertrieb AG
Phonag Schallplatten AG
R.C.A. Overseas S.A.
Editions Sidem S.A.
Southern Music AG
Star Record
Swiss Record Editions Televox
(Rif: Billboard 20 gennaio 1968)
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Pendant des décennies, le Midem de Cannes a été le fleuron d’une industrie musicale florissante. Hommage à l’un des plus grands et des plus glorieux rendez-vous internationaux de la scène musicale. Texte de Marcel Kaufmann, FONDATION SUISA, et Erika Weibel – La versione italiana del testo si trova sotto.

Le Midem (1967-2021), ou la fin d’une époque

Vue extérieure du Palais des Festivals et des Congrès de Cannes pendant le Midem 2009. (Photo: Sanuy / Midem)

«Due to the lasting pandemic and following a review of its activity, RX France has decided to no longer continue to organize the Midem event.» (En raison de la pandémie durable et suite à une refonte de son activité, RX France a décidé de ne plus organiser les événements du Midem.) (Midem.com, décembre 2021)
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Un partenariat renforcé par la crise

À l’occasion d’une table ronde, Christoph Bill et Alexander Bücheli, deux représentants des clients du secteur événementiel de SUISA, ont discuté des réponses apportées à la crise pendant la pandémie avec Irène Philipp Ziebold, COO de SUISA. La collaboration avec SUISA a également été abordée. Présentation et transcription: Markus Ganz, contributeur invité

Un partenariat renforcé par la crise

Table ronde avec Christoph Bill (Heitere Events AG et président de la SMPA), Irène Philipp Ziebold (COO SUISA) et Alexander Bücheli (directeur de la Bar & Club Kommission Zürich). (Photos: Manu Leuenberger)

Comment les établissements que vous représentez et vous-mêmes avez-vous vécu la crise du coronavirus ?

Christoph Bill: À titre de président d’une association professionnelle, la SMPA, je crois que cela a pris de court tous nos membres; nous n’étions pas préparés à un tel scénario. Mais notre secteur a réagi assez rapidement. Nous nous sommes unis, avons défini des mesures d’urgence (p. ex. concernant les billets en cas de report et d’annulation) et avons constamment discuté des prochaines étapes. Et cela s’est avéré plutôt positif.
Alexander Bücheli: Nous aussi, nous avons été pris de court; il y a eu des situations et des cas de figure qu’il était tout simplement impossible de prévoir et encore moins d’anticiper. Par la suite, les associations ont gagné en importance aux yeux de leurs membres. De manière plus concrète, ils ont pu profiter de notre compétence à interpréter pour eux le language de l’administration. De notre côté, il y avait aussi une composante morale: pendant la pandémie, nous avons remarqué que nous étions considérés comme une société de divertissement, que les partys ont une autre réputation que les festivals ou les concerts. Après les incidents d’Ischgl en mars 2020, on nous a donné le sentiment que sans nous, le Corona n’existerait pas; cela a été émotionnellement éprouvant pour nos membres. Et nous redoutons à nouveau cette question morale maintenant que les chiffres repartent à la hausse: va-t-on une fois de plus en appeler à la fermeture des clubs ?
Irène Philipp Ziebold: Pour SUISA aussi, cette période s’est accompagnée de nombreux défis. Des deux côtés que nous prenons en charge, soit celui des membres (les auteurs et les éditeurs) et celui des clients (les utilisateurs de musique), les revenus générés par certains marchés ont diminué très rapidement et fortement. Cela nous a touchés sur un segment des revenus pour lequel nous ne nous attendions pas à un recul d’une telle ampleur: les droits d’exécution. Ces revenus étaient en augmentation constante depuis des années, notamment dans le secteur des concerts, à l’inverse des recettes générées par les droits de reproduction. Nous n’y étions pas préparés et ne pouvions pas simplement les compenser par d’autres revenus.
La nouvelle situation a constitué un véritable défi pour nos services, notamment en matière de conseil. Mais cela a également eu des côtés positifs. Cela nous a montré que nous pouvions nous considérer comme un véritable partenaire pour nos membres et nos clients, puisque nous avons agi rapidement et pris des mesures efficaces. Et en interne aussi: en l’espace de deux semaines, 90% de nos collaboratrices et collaborateurs ont été en mesure de travailler depuis leur domicile. Nous avons ainsi pris conscience que nous étions technologiquement aptes à poursuivre notre activité avec nos quelque 250 employés à distance. Cette transition a été plus difficile au niveau humain. L’élément social, qui a un effet dynamique même dans les grandes entreprises, a disparu du jour au lendemain.

N’y avait-il pas de scénario d’urgence en cas de fermeture généralisée ?

Christoph Bill: Je me suis souvent demandé si nous n’aurions pas dû attirer l’attention de nos membres sur un tel risque. Mais un tel scénario semblait si peu probable, même si on le trouvait dans quelques rares plans d’urgence. C’est quelque chose que je me suis parfois reproché, mais qu’aurions-nous fait différemment dans ce cas ? Nous avons réagi immédiatement et nous sommes engagés sans difficulté en tant que secteur. Je ne parle pas uniquement de la SMPA; nous avons pu donner la parole à tout le secteur de la culture et de l’événementiel. C’est un énorme atout au niveau politique et médiatique, et nous aurions d’ailleurs dû le faire depuis longtemps, mais c’est justement la pandémie qui nous y a poussés. Et il s’avère que, malgré le vaste pan de la culture qui est représenté, nous avons beaucoup en commun.

Assurances et concerts en streaming

Monsieur Bücheli, pour ce qui est des clubs, il y a déjà eu des problèmes, comme des menaces de fermeture en raison de la circulation de drogues ou de plaintes contre le bruit – c’est aussi la raison pour laquelle la Bar & Club Kommission Zürich a été créée …

Alexander Bücheli: C’est exact, mais la pandémie est un tout autre problème puisque l’on ne peut rien faire contre elle, à l’inverse du bruit par exemple. C’est ce qui est si difficile: il y a tellement de choses que l’on doit tout simplement accepter. Nous avons par exemple essayé, par le biais de demandes adressées à la Task Force scientifique, d’en apprendre davantage (sur la transmission du virus dans les bars et les clubs), mais sans succès. Aucun établissement n’avait de plan d’urgence, mais 80 à 90% d’entre eux disposaient d’une assurance épidémie/pandémie. Toujours est-il que beaucoup d’assureurs ont refusé de payer. À Zurich, nous avons eu de la chance: de nombreux membres ont pris part à une solution commune qui a couvert la période de pandémie, et même deux fois puisque le deuxième confinement a été considéré comme un second sinistre. Cette assurance a été annulée fin 2021 par les compagnies d’assurance et n’existe plus.
Nous n’avions pas d’alternative à la fermeture, comme ça a été le cas pour les restaurants: nous ne pouvions pas proposer des soirées à l’emporter. Nous avons certes organisé en mars 2021 le festival virtuel «Limmatstream» où les participants ont pu danser dans les clubs sous la forme d’avatars. Nous avons compté plus de 3000 participants. Il était également possible de discuter avec les autres par chat vidéo. C’était sympa, mais ça ne remplace en rien une véritable expérience de club. Nous nous sommes aussi demandé si les participants seraient prêts, pour une telle expérience virtuelle, à débourser les 10 à 15 francs nécessaires aux organisateurs; nous avons proposé cela gratuitement.
Christoph Bill: En ce qui concerne les assurances: pour nos membres, ça a été l’inverse. Ils n’étaient pas plus de 20% à disposer d’une assurance, et les compagnies ont dans l’ensemble accepté de payer. Mais rétrospectivement, le début de la pandémie s’est avéré plus facile, puisque les grands événements étaient clairement interdits. Dès la fin du mois d’avril 2020, nous savions que le festival «Heitere» du mois d’août n’aurait pas lieu, un délai confortable pour les organisateurs. Tous les collègues savaient à l’époque qu’ils allaient devoir reporter leurs événements d’un certain temps. Cela constitue certes une charge importante, mais il y a eu beaucoup de compréhension de toutes parts. C’est après que cela s’est compliqué, lorsque les directives pour la période suivante se faisaient attendre et qu’il n’y avait aucune contrainte claire ou différente selon le canton et aucune information. Aussi, nous avons dû nous préparer à court terme et à des scénarios différents.

Manque d’expérience et de prévisibilité

Alexander Bücheli: C’est un point important: il a manqué une annonce claire de la Confédération. Lorsque l’on sait si l’on peut ouvrir ou si l’on doit fermer, on peut s’y préparer. Nous avons aussi eu une phase de transition pendant laquelle le gouvernement cantonal de Zurich disait que l’on ne pouvait plus danser, que les clubs devaient fermer, mais ne nous donnait pas ordre de fermer. La pression morale était plus importante que jamais; il y a même eu des insultes et des menaces anonymes.
Christoph Bill: À l’époque, force a été de constater que les autorités manquaient d’expérience face à un tel cas de figure. Pendant un long moment, elles ne se sont pas montrées prêtes à dialoguer. Nous nous sommes également adressés à de nombreux services, mais ils se sont sans cesse renvoyé la balle et ne nous ont rien proposé alors qu’ils auraient pu nous impliquer pour prendre des mesures compréhensibles, conformes à la réalité avec un délai raisonnable. Il a fallu du temps avant de pouvoir parler pour la première fois à des collaborateurs de l’Office fédéral de la santé publique. Nous sommes bien les derniers à vouloir maintenir un événement à tout prix. Mais il nous faut un appui administratif afin de pouvoir annoncer à temps l’annulation ou le report d’une manifestation. Une planification roulante sur trois mois aurait été idéale pour nous. S’il est peut-être possible de rouvrir un club d’une semaine à l’autre, il faut beaucoup plus de temps pour un gros concert ou un festival.

Avec l’interdiction des événements, on pouvait donc plus ou moins s’adapter à la situation. Est-ce qu’il y a eu des recours au chômage partiel, des licenciements voire des faillites ?

Christoph Bill: Parmi nos membres, aucun n’a fait faillite jusqu’à aujourd’hui. Les plans de sauvetage ont été efficaces et rapides; nous sommes d’ailleurs reconnaissants. Mais les problèmes sont encore loin d’être derrière nous: la demande est toujours modérée, les subventions sont supprimées et on manque d’employés qualifiés par exemple. C’est pourquoi je ne fais pas preuve de plus d’assurance à court terme; l’heure de vérité est encore devant nous.

Une aide rapide et peu de licenciements

Alexander Bücheli: La rapidité des crédits Covid et le soutien au chômage partiel ont été des éléments très importants pour nous, au même titre que la manière non bureaucratique dont cela a été abordé. Pour ce qui est des contributions à fonds perdu nécessaires à la survie, il convient toutefois de noter qu’il a fallu attendre six à huit mois avant les premiers versements, et il ne s’agissait là que des dédommagements pour les entreprises culturelles. Nous avons dû redoubler d’efforts pour que les clubs soient reconnus comme des entreprises culturelles et puissent être dédommagés – et nous n’y sommes parvenus que dans certains cantons. Les établissements qui ont obtenu les fonds pour les cas de rigueur ont dû attendre leurs versements pendant un an.
Christoph Bill: Les interprétations différentes selon le canton ont également posé problème à nos membres, et c’est toujours le cas aujourd’hui. Certains instruments en soi accessibles, comme actuellement le parapluie de protection pour les manifestations publiques, ne sont pas du tout mis en place dans certains cantons et sont utilisés de manière totalement différente dans d’autres. Les réserves mises de côté pendant 20 ans, 30 ans si les marges de la société sont faibles, sont assez vite épuisées. Néanmoins, avec le chômage partiel, la réaction a été très rapide et non bureaucratique.
Alexander Bücheli: Il n’y a eu que très peu de licenciements dans notre secteur. C’était plutôt les employés qui en faisaient la demande puisque certains souhaitent se réorienter. Il y a eu des faillites. Celles-ci ont notamment touché les sociétés qui étaient déjà en mauvaise posture ou qui venaient d’être créées. Grâce aux réserves privées et à celles des entreprises, il n’y en a pas eu beaucoup.

Au cours des 20 derniers mois, il y a eu beaucoup moins de concerts, on pourrait ainsi penser que la SUISA a eu beaucoup moins de travail …

Irène Philipp Ziebold: Il n’y a eu aucun licenciement lié au coronavirus chez nous. Si nous n’avons plus remplacé les personnes qui sont parties, c’est pour des raisons d’ordre général, notamment parce que nous avons automatisé beaucoup de processus simples qui sont désormais gérés par ordinateurs. Mais nous avons discuté du chômage partiel, précisément en raison de l’annulation des concerts. Nous avons ensuite soigneusement analysé la situation. Les départements qui s’occupent des membres et de la documentation, mais aussi le service clientèle destiné au secteur Internet et médias n’ont que très peu été touchés par la crise. Nous avons eu plus de travail dans ces domaines puisqu’il y a eu une forte demande en matière de conseil et parce que nous avons en outre créé un fonds d’urgence.
Seul le service clientèle spécifique aux droits d’exécution, c’est-à-dire aux événements, a eu moins de travail. Cela nous a donné l’opportunité de rattraper notre retard. Nos collaboratrices et collaborateurs ont été affectés à d’autres départements, afin de couvrir notamment le secteur online, où il y avait plus de travail en raison de la pandémie. Aussi, la crise du coronavirus n’a donné lieu à aucun licenciement et nous n’avons pas eu besoin de recourir au chômage partiel. Et si l’on regarde les résultats opérationnels de 2020, nous nous en sommes plutôt bien sortis malgré la crise.

Budget d’urgence et charge supplémentaire

Est-ce que cela est aussi dû au fait que SUISA a travaillé avec un budget d’urgence qui a été ajusté en continu ?

Irène Philipp Ziebold: Tout à fait. Le Conseil voulait savoir où nous allions et si nous pouvions réduire les coûts au même niveau que les revenus. Cela n’aurait pu être possible qu’avec une réduction massive du personnel. Nous savions toutefois que si nous licenciions des gens, ils finiraient par nous manquer au moment où l’entreprise refonctionnerait normalement. Une vaste expertise nécessaire à certaines tâches précises nous ferait défaut; les nouvelles recrues ont toujours besoin d’une certaine période d’adaptation. Licencier de nombreuses personnes dans une telle situation aurait donc relevé de la négligence.

Quelle est l’ampleur de la charge de travail supplémentaire que représente pour les organisateurs le fait d’avoir à modifier sans cesse la réglementation Corona ?

Christoph Bill: Les membres de la SMPA doivent faire face à un surcroît de travail incroyable, comme je peux le dire en me basant sur mon expérience personnelle du festival « Heitere ».La mise au point et l’ajustement de bon nombre de scénarios, la demande, les négociations et la mise en place relatives à l’autorisation de la police sanitaire, l’élaboration et la mise en œuvre du plan de protection, la couverture des risques, la gestion des incertitudes et faire en sorte que tous les acteurs impliqués tiennent le coup a donné et donne toujours aux organisateurs beaucoup à faire, et c’est sans compter les charges supplémentaires sur place pour les infrastructures et le personnel. En 2021, pour le festival «Heitere», nous avons lancé outre l’édition physique un festival virtuel. Ce fut certes une expérience enrichissante, mais qui s’accompagnait en parallèle d’une charge énorme.

Quelle est la situation dans les domaines affiliés, pour les techniciens et la sécurité par exemple ?

Christoph Bill: Le manque d’employés qualifiés est devenu un problème croissant, d’une part en raison des licenciements auxquels certaines sociétés ont dû malgré tout recourir, d’autre part, parce que de plus en plus de personnes travaillant dans ces domaines se réorientent au fur et à mesure de la crise, même si on aimerait les garder. Et ceux qui par exemple travaillent maintenant comme électriciens attendront un peu avant de revenir au métier de technicien du son; ils ont peut-être appris à apprécier les horaires de travail plus réguliers.
Le besoin est encore plus important qu’avant, car nos membres ont repoussé de nombreux événements à 2022; à certaines périodes, il va y avoir de fortes concentrations puisque les nouveaux événements et ceux qui ont été reportés vont avoir lieu en même temps. Il va falloir tout gérer. Et il faut aussi que les gens achètent ces billets.
Alexander Bücheli: Le début de l’année 2022 sera une période décisive pour nous , en fonction également de la manière dont se dérouleront les affaires de l’Avent avec les événements d’entreprise, qui peuvent représenter 30 à 50 pour cent du chiffre d’affaires annuel dans certaines entreprises.

Une voix commune et une réaction rapide

Différentes associations se sont rapidement unies, notamment pour faire entendre leur voix auprès de la Confédération. À quel point cela a-t-il été important ?

Christoph Bill: Cela a été un élément décisif. Même s’il a fallu du temps pour qu’il y ait un véritable dialogue, nous avons pu faire passer nos messages, et ce, plus vite que nous l’aurions pensé. Ce qui a été mis en œuvre allait dans le bon sens. Il était crucial que le domaine de la culture et celui de l’événementiel parlent d’une seule et même voix. C’est également très important pour les actrices et acteurs politiques de ne pas être assailli par les prises de position de chacun, mais de connaître le petit dénominateur commun. C’est ce que nous avons constamment cherché à leur fournir. En tant qu’association, nous avons soudainement eu un rôle plus important, plus visible. Au cours des six à dix dernières années, nous avions déjà créé un cadre propice à l’ouverture et favorisé un sens de la communauté. Nous avons pu nous appuyer sur ces bases.

Comment la position de SUISA a-t-elle évolué pendant la crise ?

Irène Philipp Ziebold: Du côté des membres et des éditeurs, cela nous a renforcés puisque nous étions là pour eux et nous n’avons pas disparu avec du chômage partiel. Le conseil a toujours été un service important pour nos membres. Nous avons continué à accomplir notre mission consistant à générer de l’argent, et les comptes annuels de 2020 montrent que cela s’est plutôt bien passé. Nous avons par ailleurs créé un fonds d’urgence qui nous permet d’attribuer des aides de manière très pragmatique, contrairement à certaines subventions de la Confédération. Nous ne sommes ni superficiels ni négligents, mais nous demandons moins d’informations et sommes donc en mesure de fournir certaines subventions plus rapidement. Nous avons également modifié notre réglementation sur les avances. Celle-ci est désormais plus généreuse, mais tient toujours compte des risques. Nous avons toujours une prévoyance en faveur des auteurs et éditeurs qui fournit aussi un soutien. Nous avons agi et cela nous a rendus plus forts aux yeux de nos membres.

Et vis-à-vis des clients ?

Irène Philipp Ziebold: Là aussi nous avons réagi rapidement et avons aussi pris des mesures que rien ne nous obligeait à prendre, comme prolonger les délais de paiement et suspendre les rappels. Nous avons ainsi montré que nous étions un partenaire agile, à la hauteur. Cela nous a apporté une grande d’estime de leur part.

Et concernant l’unification des voix ?

Irène Philipp Ziebold: Sur ce point, je peux parler du Conseil Suisse de la Musique. En tant que membre, nous jouissons d’une bonne représentation au sein de la Task Force Culture. Pour la première fois, les organisateurs et les membres sont arrivés autour de la table avec une seule et même voix, cela a eu des effets positifs en politique également. La Task Force Culture a pu exercer une certaine influence, a été incluse, et ce, même dans les discussions avec le conseiller fédéral Alain Berset. Cela a été et reste un succès que l’on devrait réitérer.

Des solutions simples et un lent retour à la normale

Que pensent les organisateurs de leur collaboration avec SUISA en temps de crise ?

Christoph Bill: Même si cela a moins concerné les membres de la SMPA, SUISA a trouvé des solutions rapides et simples dans quelques domaines. Merci à vous, tous mes compliments ! Le dialogue avec nous en tant qu’association était déjà bon, mais il s’est encore amélioré. On a senti que tout le monde était dans le même bateau. Et nous avons clairement compris que ce n’est qu’ensemble que nous pourrons relever les défis du futur, et que nous allons peut-être devoir sortir des sentiers battus.
Alexander Bücheli: C’était un peu comme avec la Task Force Culture. Nous avons commencé par écrire à SUISA parce que l’on avait un problème: les clubs payaient des factures trimestrielles, et non en fonction des événements qui ont lieu. SUISA a trouvé une solution simple pour laquelle nous sommes très reconnaissants. Indépendamment du Covid, nous devrions davantage essayer de nous comprendre mutuellement et de nous rencontrer. Et le fait qu’aucun de nos membres s’est plaint de SUISA depuis la pandémie est un signe que cela fonctionne bien.

S’attend-on à un retour imminent à la normale ? Le public manifeste-t-il l’envie de prendre part à des événements ?

Christoph Bill: Je pense que c’est toujours une grande inconnue. Je ne pense pas qu’il en manifeste une grande envie. Beaucoup de personnes mettront du temps avant d’assister à nouveau à des concerts ou à des festivals. On le voit bien, car la demande concernant les événements de nos membres – mises à part certaines exceptions – est en baisse de 20 à 30% par rapport à la normale. Qui plus est, une part assez importante des gens ayant acheté un billet ne vient pas. Il faut tenir compte de cela en plus du délai nécessaire à l’organisation: nous essayons de relancer l’engouement autour du spectacle en live. Mais ce n’est pas un simple levier à activer. Nous avons besoin d’une aide au démarrage et d’instruments comme un prolongement supplémentaire des délais de paiement par SUISA.

La table ronde a eu lieu le 12 novembre 2021. Les participants étaient: Christoph Bill, Heitere Events AG et président de la SMPA (Swiss Music Promoters Association); Alexander Bücheli, directeur de la Bar & Club Kommission Zürich; Irène Philipp Ziebold, COO de SUISA et vice-présidente du Conseil Suisse de la Musique.

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À l’occasion d’une table ronde, Christoph Bill et Alexander Bücheli, deux représentants des clients du secteur événementiel de SUISA, ont discuté des réponses apportées à la crise pendant la pandémie avec Irène Philipp Ziebold, COO de SUISA. La collaboration avec SUISA a également été abordée. Présentation et transcription: Markus Ganz, contributeur invité

Un partenariat renforcé par la crise

Table ronde avec Christoph Bill (Heitere Events AG et président de la SMPA), Irène Philipp Ziebold (COO SUISA) et Alexander Bücheli (directeur de la Bar & Club Kommission Zürich). (Photos: Manu Leuenberger)

Comment les établissements que vous représentez et vous-mêmes avez-vous vécu la crise du coronavirus ?

Christoph Bill: À titre de président d’une association professionnelle, la SMPA, je crois que cela a pris de court tous nos membres; nous n’étions pas préparés à un tel scénario. Mais notre secteur a réagi assez...Continuer

«Musicians in Conversation»: le podcast de Helvetiarockt

En décembre 2020, Helvetiarockt, le centre de coordination et la plateforme de mise en relation des musiciennes de jazz, pop et rock en Suisse, a lancé une série de podcasts sous le nom de «Musicians in Conversation». La deuxième saison débutera le vendredi 7 janvier 2022. L’objectif principal est de mettre en lumière des modèles et de créer des liens au sein de la scène musicale suisse. SUISA est partenaire de la nouvelle série de podcasts. Texte de Giorgio Tebaldi

«Musicians in Conversation»: le podcast de Helvetiarockt

Dans Ie premier épisode du podcast Helvetiarockt, la musicienne et technicienne du son Anna Murphy parle du processus créatif de I‘écriture de chansons et de son parcours de technicienne du son – et encourage d’autres femmes à s’engager dans la production musicale. (Photo: Valentina Mahler)

Anna Murphy, La Nefera, Jessiquoi ou encore Jasmin Albash: voici quelques noms d’artistes féminines, non-binaires, trans et intersexes – DJ et musicien·ne·s – qui s’expriment dans la deuxième saison du podcast «Musicians in Conversation» de Helvetiarockt. Ces entretiens sont l’occasion de parler de musique, du processus créatif et des différents aspects du métier d’artiste. Avec cette offre, Helvetiarockt veut mettre en lumière un grand nombre de modèles pour les musiciens et musiciennes.

En partageant leurs expériences, les personnes invitées à s’exprimer lors du podcast assument un rôle de modèle. Elles montrent qu’il existe différentes voies et possibilités pour faire carrière dans la musique et que personne n’est seul dans son parcours. Le podcast ne s’adresse pas seulement à des aspirant·e·s musicien·ne·s: il se veut une source d’inspiration et vise à permettre à toutes les personnes intéressées, musicien·ne·s ou non, de jeter un coup d’œil dans les coulisses de l’industrie musicale.

Les interviews sont menées par Natalia Anderson, musicienne, DJ et journaliste londonienne installée à Genève. «Nous nous efforçons de démystifier l’univers de l’industrie musicale et de montrer qu’il n’y a pas qu’une manière de s’investir dans ce milieu, bien au contraire», déclare Natalia Anderson dans le communiqué de presse d’Helvetiarockt. «Avec ce podcast, nous voulons mettre en lumière, sous toutes leurs facettes, des groupes sous-représentés sur la scène musicale suisse.»

Les femmes dans l’industrie de la musique

Les femmes sont largement sous-représentées sur la scène musicale suisse: selon Helvetiarockt, on ne compte en effet que 11% de femmes sur les scènes suisses. Dans la production musicale, le pourcentage de femmes atteint à peine 2%.

Cela se reflète également dans le pourcentage de femmes membres de SUISA: actuellement, il dépasse à peine les 19%. Même si la tendance est légèrement à la hausse – ces dernières années, la part des femmes parmi les nouveaux membres de SUISA était de 21% (2018, 2019), 23% (2020) et 26% en 2021 – les femmes restent sous-représentées dans l’industrie musicale suisse alors qu’elles constituent plus de 50% de la population.

C’est pourquoi le podcast d’Helvetiarockt veut rendre visible cette partie (encore) petite des créateurs de musique et accompagner les aspirant·e·s musicien·ne·s dans leur parcours, leur transmettre force et courage.

SUISA, partenaire de Helvetiarockt

SUISA est partenaire de la deuxième saison de «Musicians in Conversation». Depuis 2019, elle soutient Helvetiarockt financièrement et en termes de visibilité dans le cadre d’un engagement de sponsoring.

La deuxième saison du podcast débutera le vendredi 7 janvier 2022 et sera diffusé diffusée deux lois par semaine. Dans Ie premier épisode du podcast Helvetiarockt, la musicienne et technicienne du son Anna Murphy parle du processus créatif de I‘écriture de chansons et de son parcours de technicienne du son – et encourage d’autres femmes à s’engager dans la production musicale.

Vous trouverez les podcasts «Musicians in Conversation» de Helvetiarockt via le lien:
www.helvetiarockt.ch/podcasts

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Dans Ie premier épisode du podcast Helvetiarockt, la musicienne et technicienne du son Anna Murphy parle du processus créatif de I‘écriture de chansons et de son parcours de technicienne du son – et encourage d’autres femmes à s’engager dans la production musicale. (Photo: Valentina Mahler)

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Un média discret qui mériterait plus d’attention

La Revue Musicale Suisse est bien plus qu’un bulletin d’information des associations suisses de musiciens. Elle est devenue une plateforme stimulante offrant un espace d’échange sur des sujets musicaux, tous genres musicaux, toutes langues et toutes régions confondus. Texte de Markus Ganz, contributeur invité

Revue Musicale Suisse: Un média discret qui mériterait plus d’attention

La Revue Musicale Suisse est considérée comme la plateforme de la scène musicale suisse dans toute sa diversité. (Graphique: Hubert Neidhart / RMS)

La Revue Musicale Suisse (RMS) paraît depuis près de 24 ans. Une longue période au cours de laquelle le monde des médias a radicalement changé sous l’influence d’Internet. On peut donc se demander pourquoi on a encore besoin de cette revue imprimée neuf fois par an sur du papier journal malgré une présence en ligne. En d’autres termes, comment justifierait-on la nécessité de ce magazine spécialisé s’il n’existait pas encore et si l’on voulait lancer un tel projet?

Katrin Spelinova, qui dirige la RMS en tant que rédactrice en chef depuis 2007, répond sans la moindre hésitation: «La Suisse a besoin de cette voix de la musique perçue également en dehors du monde musical». Elle évoque ainsi le fait que les personnalités politiques aspirent à ce que les associations de musiciens soient à l’unisson.

Une base solide

De fait, la fondation de la RMS est rattachée à l’Office fédéral de la culture (OFC). «En 1998, l’OFC a changé de stratégie et réduit ses subventions aux associations de musiciens», explique Katrin Spelinova. «L’un des arguments invoqués était que les associations de musiciens devaient fusionner leurs magazines». Ce qui s’est effectivement produit. Aujourd’hui, la RMS est l’organe d’information officiel de 12 d’entre elles, et même d’une trentaine si l’on compte les organisations qui leur sont subordonnées. SUISA entretient un partenariat avec la RMS et utilise ce canal de publication pour diffuser également par ce biais ses communications en lien avec les droits d’auteur musicaux et avec la coopérative.

Katrin Spelinova souligne que la RMS ne reçoit pas de subventions de la part de l’OFC. «Nous avons été soutenus par Pro Helvetia quand nous avons renouvelé notre présence en ligne lors de notre nouveau lancement en 2013. Sinon, ce sont les associations qui nous portent, et aussi les rentrées provenant des annonces, qui sont essentielles pour nous». Le type de financement par les associations est resté le même depuis le nouveau lancement en 2013. «Il s’agit d’un modèle de financement en deux étapes. Les associations réservent chaque année un volume de pages correspondant à leurs besoins, en général cinq, neuf ou 18 pages par an. La somme à verser ne dépend néanmoins pas uniquement du nombre de pages, mais aussi du nombre d’abonnés enregistrés parmi les membres des associations». Ceci étant, il faut préciser que le prix maximum d’un tel abonnement annuel est de seulement cinq francs, ce qui couvre tout juste les frais d’envoi. «Ces rentrées d’argent constituent 25 à 30% de nos recettes totales, le reste provient des annonces et des abonnements normaux, qui coûtent Fr. 70.–». La majeure partie des quelque 18 500 abonnements (REMP 2021) est destinée aux associations.

Les 16 à 20 pages par numéro émanant des associations, qualifiées de «base» à juste titre, ne constituent pas un handicap pour la crédibilité de la RMS. D’une part, elles se distinguent nettement sur le plan graphique de la partie centrale issue de la rédaction. D’autre part, elles ne contiennent pas uniquement des communications des associations, par nature assez sèches, mais également des articles passionnants, par exemple sur la tradition et la signification de la critique musicale (No 5/2021) ou le très joliment décrit «Vertige de Don Juan: les pianistes russes – écriture inclusive inutile – et les paraphrases de Liszt sur les opéras de Mozart» (No 6/2021).

Revue Musicale Suisse: Katrin Spelinova

Katrin Spelinova, rédactrice en chef de la RMS depuis 2007. (Photo: RMS)

Katrin Spelinova souligne en outre ceci: «Dans la partie centrale produite par la rédaction, nous essayons d’être aussi indépendants que possible. Cette partie se compose de manière explicite des domaines «Focus», «Critiques», «Résonance», «Campus» et «Service». Le cœur de l’édition sur papier est le thème principal («Focus»), non publié en ligne. On peut y lire différents textes approfondis sur des thèmes comme «Musique en famille», «Porte-monnaie», «Voix», «Animaux», «Pause», «Corona» ou «Seconds rôles».

Un contenu sans frontières de styles

L’orientation sur le public ciblé est fondamentale pour le contenu. Katrin Spelinova: «Nous visons clairement les musiciens actifs, professionnels et amateurs, membres d’orchestres ou de groupes, y compris les enseignants et les parents d’élèves de conservatoire, et également les personnes fondamentalement intéressées par la musique». Le choix des thèmes est guidé par le fait que la Revue Musicale Suisse est conçue comme une plateforme de la scène musicale suisse. «Nous couvrons tout ce qui concerne la musique en Suisse, qu’il s’agisse de l’enseignement, des présentations, des supports sonores ou de la vie des musiciens, et non celle des stars, qui est déjà traitée dans d’autres médias. Nous souhaitons que les lecteurs puissent voir ce qui se passe en coulisses, qu’ils aient des éléments de réflexion sur la musique de manière générale».

Ces dernières années, l’éventail stylistique – et donc le groupe cible – s’est élargi de plus en plus au jazz et à la musique pop/rock. Katrin Spelinova veut conserver cette perspective. «Les écoles de musique font elles aussi cette expérience: on ne peut pas avancer en ayant un esprit cloisonné et en voulant séparer les genres musicaux – classique, jazz, pop/rock, musique du monde, etc. – notamment parce que les styles se mélangent, justement». En ligne, on continue encore de faire cette distinction afin de faciliter l’accès. «Mais j’espère que cette pensée compartimentée cessera d’exister, qu’on ne parlera un jour plus que de la musique et de ses corollaires».

Katrin Spelinova confirme néanmoins que la RMS est bien connue dans le domaine de la création musicale suisse classique, mais l’est beaucoup moins dans les domaines de la musique pop/rock et du jazz malgré les efforts entrepris par la rédaction, qui publie des reportages issus de ces domaines. Elle est néanmoins optimiste: «La fusion de l’Association Suisse des Musiciens, le Syndicat musical suisse, le «Musikschaffende Schweiz» pour donner SONART (Association Suisse de Musique) nous a apporté davantage de lectrices et de lecteurs issus de ses rangs, et cette progression va certainement encore continuer».

Le format journal et la mise en page un peu trop sage et assez brute sont néanmoins un handicap vis-à-vis des jeunes, qui sont surtout présents sur Internet et sont habitués à une présentation plus attractive et colorée. Katrin Spelinova en est consciente. «C’est sûrement un point auquel nous devons faire davantage attention, notamment afin d’attirer l’attention des étudiants des conservatoires sur la RMS. Nous essayons d’être présents sur les réseaux sociaux Instagram, Facebook et Twitter. Mais pour convaincre dans ce domaine, il faut fournir un investissement énorme».

Une revue imprimée malgré une présence en ligne

On peut en tout état de cause se demander pourquoi la RMS publie encore une revue imprimée malgré sa bonne présence en ligne – n’est-ce pas anachronique? Katrin Spelinova souligne qu’on peut aussi s’abonner à la version électronique de la RMS, mais que cette part du lectorat est extrêmement faible (moins de 1 %). «Il est absolument essentiel que cette revue arrive dans les boîtes aux lettres afin de rappeler – neuf fois par an – aux lectrices et aux lecteurs ce que leur association fait pour eux. En raison de notre couverture assez étendue, ils ont également la possibilité de lire quelque chose sur des aspects qu’ils n’auraient pas recherchés activement sur Internet, tout simplement parce qu’ils n’y pensent pas.» A cela s’ajoute une raison commerciale: «En ligne, nous ne pourrions pas nous financer; les rentrées provenant des annonces concernent encore principalement l’édition papier».

Revue Musicale Suisse: imprimerie

Outre sa bonne présence en ligne, la RMS continuera à être imprimée sur papier journal neuf fois par an. (Photo: Pia Schwab / RMS)

On est alors en droit de s’interroger: qu’est-ce qui distingue la version en ligne de la version imprimée? Katrin Spelinova: «Comme nous ne paraissons plus que neuf fois par an, nous pouvons publier en ligne pendant la pause estivale un reportage d’actualité qui arriverait trop tard pour l’édition papier suivante de septembre. Et, point essentiel, nous pouvons présenter des textes plus longs, qui ne peuvent être intégrés, faute de place, dans le magazine et les renvoyer au moyen d’un code QR à la version intégrale en ligne. Cela nous donne une certaine marge de manœuvre».

La page de « chat » de l’édition papier, qui permet à deux personnalités d’échanger sur un thème donné, est intéressante. Cela a surtout le potentiel de stimuler le débat en ligne, en développant le « chat » en tant que plateforme de discussion en ligne modérée, qui propose régulièrement un sujet controversé par des experts et qui peut ensuite être débattu par les lecteurs. Katrin Spelinova y voit une opportunité: «Nous avons relativement peu de retours directs, y compris via la fonction de commentaire. L’année dernière, nous avons présenté chaque semaine une œuvre de Beethoven à l’occasion du 250e anniversaire de sa naissance et demandé aux lecteurs de partager leurs expériences avec cette œuvre. Mais cela n’a pas bien fonctionné; nous n’avons pas obtenu de réaction de la part du public».

Un rôle de passerelle entre les langues et les régions

Grâce à la présence en ligne de la RMS, les actualités sont réellement des actualités. La qualité de la RMS est démontrée par une sélection rigoureuse, avec par exemple des indications sur les connaissances issues de la recherche musicale. Katrin Spelinova s’occupe notamment des associations et est parfaitement assistée par Wolfgang Böhler, que de nombreuses personnes connaissent grâce au magazine en ligne Codex flores. «Il a une très bonne vue d’ensemble de ce qui se passe en matière de politique culturelle dans les cantons et les communes». A cela s’ajoutent des actualités de Jean-Daniel Humair, qui s’occupe à Lausanne de la partie francophone de la RMS, ainsi que de Pia Schwab dans l’équipe de rédaction. «Mais c’est un problème de capacité que de s’occuper autant de la partie francophone que de la partie germanophone».

Les textes en italien constituent également la grande exception, bien que les échanges entre les régions et les langues soient maintenus. «Nous essayons de le faire, car le rôle de passerelle de la RMS est important. Mais il ne faut pas oublier que pour les musiciens tessinois, il peut être plus intéressant de bénéficier d’articles en allemand afin d’avoir une visibilité accrue en Suisse alémanique. Nous avons aussi écrit l’année dernière sur le Tessin comme région périphérique; cette année ce sera le Jura, et l’année prochaine les Grisons».

Il serait également souhaitable que la RMS publie davantage de critiques, celles-ci étant importantes pour les musiciens, d’après Katrin Spelinova. «Pour nous, l’essentiel est que les CD aient un lien avec la Suisse et ne proviennent pas de superstars déjà présentes partout. En outre, les critiques de concerts devraient autant que possible refléter un courant ou un phénomène en fournissant plusieurs exemples. Concrètement, dans l’un des derniers numéros, un article a été publié sur les nouveaux quatuors à cordes de compositeurs suisses joués à Brunnen et à Zurich en l’espace de deux semaines. Cela permet en outre de transmettre un contexte, ce qui va bien au-delà d’une simple critique de concert».

Les associations de musiciens impliquées:
La Société fédérale des orchestres (SFO), le Forum Musik Diversität (FMD), la Conférence des Hautes écoles de musique suisses (CHEMS), le Conservatoire Kalaidos, le Concours suisse de musique pour la jeunesse & Arosa Kultur (CSMJ), la Société Suisse de Musicologie (SSM), l’Association suisse de médecine de la musique (SMM), la Société suisse de pédagogie musicale (SSPM), le Conseil Suisse de la Musique & CHorama (CSM), l’Union Suisse des Artistes Musiciens (USDAM), SONART – Association Suisse de Musique, la Coopérative des auteurs et éditeurs de musique(SUISA) et l’Association suisse des écoles de musique (ASEM).

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La Revue Musicale Suisse est bien plus qu’un bulletin d’information des associations suisses de musiciens. Elle est devenue une plateforme stimulante offrant un espace d’échange sur des sujets musicaux, tous genres musicaux, toutes langues et toutes régions confondus. Texte de Markus Ganz, contributeur invité

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Madame Erika Hug: une personne engagée et combative

SUISA et la FONDATION SUISA déplorent le décès de Madame Erika Hug. L’éditrice et entrepreneuse a contribué à la promotion de la musique suisse pendant plus de trois décennies au sein du Conseil de SUISA, en tant que cofondatrice de la FONDATION SUISA et pendant 10 ans comme Présidente du Conseil de fondation. Elle est décédée subitement le 14 juillet 2021 à l’âge de 76 ans. Hommage dʼAndreas Wegelin et Urs Schnell

Madame Erika Hug: une personne engagée et combative

Erika Hug (1945-2021). (Photo: FONDATION SUISA / Musik Hug)

La scène musicale suisse déplore le décès d’Erika Hug, éditrice et propriétaire de la traditionnelle Maison Hug Musique. Elle est décédée subitement le 14 juillet 2021.

Très jeune, Erika Hug est à la tête de la 6e génération de la prestigieuse Maison de Musique zurichoise. En plus des activités traditionnelles d’édition et de partitions, l’entreprise a connu une forte croissance dans les années 1980 et s’est lancée très tôt dans le commerce nouveau des CDs. Avec son conjoint, l’entrepreneur musical allemand Eckard Harke, la vente d’instruments de musique s’est considérablement développée, avec l’ouverture en particulier de deux galeries de pianos Steinway à Lausanne et à Zurich.

Au début du nouveau millénaire, les changements révolutionnaires survenus dans l’industrie musicale à la suite du développement d’internet ont entraîné une diminution toujours plus grande de la demande de partitions, d’enregistrements ou d’instruments. Le réseau national de filiales en Suisse a beaucoup été réduit au début des années 2000 et l’entreprise a finalement été vendue en 2017.

Collaboration avec SUISA et la FONDATION SUISA

Pendant de nombreuses années, Erika Hug a mis ses connaissances et son expérience d’entrepreneuse au service de la Coopérative SUISA et de la FONDATION SUISA en siégeant au Conseil de SUISA et au Conseil de fondation. De 1985 à 1995, Erika Hug était membre du Conseil de SUISA et Présidente de la Commission des relations extérieures du Conseil.

Erika Hug est l’une des membres fondatrice de la Fondation SUISA pour la musique (aujourd’hui FONDATION SUISA), créée en 1989. Elle a été membre du Conseil de fondation pendant 27 ans, jusqu’à fin 2015. A partir de 1990, Erika Hug a d’abord présidé la Commission des finances de la Fondation, puis a été Vice-présidente à partir de 1996. Dès 2005, elle a dirigé la Fondation en tant que Présidente du Conseil de fondation pendant 10 ans.

Pendant ces 30 dernières années, Erika Hug a joué un rôle majeur dans l’évolution de la coopérative et de la fondation en tant qu’éditrice et experte dans le domaine du commerce de la musique. Elle s’est engagée à fournir un accès à la musique et à la pratique musicale, en particulier pour les jeunes générations et les classes sociales moins favorisées. Le projet « Orchestre en classe » de la FONDATION SUISA en est un témoignage. Erika Hug a également fait campagne pour que les femmes soient plus nombreuses dans le monde de la musique et des affaires.

Nous déplorons la perte d’une importante personnalité suisse qui a œuvré à la promotion de la musique. Nous lui sommes reconnaissants de son engagement au sein des organes dirigeants de notre coopérative et de notre fondation et nous adressons nos plus sincères condoléances à sa famille.

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  1. Ho avuto il piacere di lavorare con Erika Hug per 14 anni nel Consiglio di fondazione della Fondazione Suisa per la musica e, di questa donna, ho sempre apprezzato la chiarezza d’intenti nel promuovere la musica « Made in Switzerland », la tenacia e le brillanti idee.
    Un’altra sua qualità che ho sempre apprezzato in lei era la capacità di saper mettere a proprio agio le persone, di saperle ascoltare e, se le idee che venivano proposte le sembravano buone, di impegnarsi nella realizzazione senza mai risparmiarsi.
    Di lei serberò sicuramente un buon ricordo.
    R.I.P. Erika

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Quel avenir pour l’exportation de la musique?

Covid-19, transition numérique, crise climatique: comment la musique s’exporte dans une période qui ne ressemble à aucune autre. Responsable de la présence à l’étranger et de la promotion des exportations au sein de la FONDATION SUISA, Marcel Kaufmann nous fait part de ses expériences et réflexions sur le sujet.

Fondation Suisa: Quel avenir pour l’exportation de la musique?

Y aura-t-il un retour à la normale? Le stand commun de la Suisse à jazzahead! Brême 2019. (Photo: Marcel Kaufmann)

Depuis la révolution Internet des années quatre-vingt-dix, la création de valeur sur le marché de la musique s’est déplacée dans une large mesure vers le domaine du Live. Les concerts sont devenus la principale source de revenus pour bon nombre de musiciens et de musiciennes. L’une des conséquences a été l’émergence de nombreux événements de type «showcase». Les artistes avaient par ce biais la possibilité de se présenter à un public professionnel international dans le cadre de performances en direct de durée réduite. Ils espéraient ainsi être retenus par de plus grands clubs ou de plus grands festivals ou être pris sous contrat par des agences opérant à l’international. En association avec différents partenaires, la FONDATION SUISA soutient les efforts d’exportation des musiciens locaux. Depuis de nombreuses années, la fondation organise des plateformes de réseautage suisses à l’occasion de foires et événements internationaux.

Pourtant, ce système bien rodé de déplacements, de performances et de poignées de mains a été brutalement freiné par la pandémie. Les musiciens et musiciennes ont perdu une grande partie de leurs revenus du jour au lendemain, ainsi que leurs filières d’exportation.

Alors que faire? Comment surmonter cette période? Et si l’on ne revenait jamais à la vie d’avant?

L’an dernier, la FONDATION SUISA a participé à de nombreux projets pilotes, testé des outils de chat, encouragé la diffusion des vidéos de showcase par streaming et négocié de nouvelles approches possibles en matière de financement avec les organisateurs. «Une expérience intéressante», «une solution temporaire bienvenue», mais «certainement pas un substitut à un événement en direct»: tel était notre verdict à la fin 2020 – en accord avec une large majorité de musiciens et d’organisateurs.

«Réseauter par Internet n’est pas encore entré dans les habitudes.»

La pandémie a entraîné l’annulation de la quasi-totalité des salons de musique physiques en 2020. Quelques-uns comme le Midem ou le WOMEX ont tenté d’organiser une version virtuelle. Mais les incertitudes liées à la planification étaient encore trop grandes à l’époque. Il était inimaginable d’envisager que des concerts puissent avoir lieu dans un avenir proche. Par conséquent, les organisateurs ont engagé beaucoup moins d’artistes pour ces événements en ligne que pour les spectacles en présentiel. D’autre part, il est impossible de recréer l’ambiance d’un concert Live avec le numérique. Et puis le réseautage par Internet n’est pas encore entré dans les habitudes.

La dernière édition de jazzahead!, organisée tout récemment à Brême de façon virtuelle, l’a d’ailleurs confirmé. Il est vrai qu’il est plus facile d’établir des contacts entre personnes accréditées sur Internet que dans un salon d’expositions bondé. Mais sans l’énergie du collectif autour de soi, on se retrouve vite isolé. Il faudra attendre encore quelques semaines, après des enquêtes approfondies et des discussions avant de pouvoir jauger le succès réel de la présence suisse au plus grand salon mondial du jazz cette année. Autrefois, on pouvait dresser le bilan dès la clôture du salon.

Les deux groupes suisses figurant au programme officiel des showcases de jazzahead! ont choisi deux approches différentes: La formation The True Harry Nulz s’est produite sur une scène à Brême devant une poignée de journalistes qui se sont au moins donné la peine d’applaudir après chaque morceau, ce qu’on pouvait entendre en direct dans le flux. Le showcase du groupe Luzia von Wyl Ensemble, a lui été produit en amont à Zurich, sans public, puis diffusé en flux. Le silence entre les morceaux et l’absence de réactions ont créé le vide autour des artistes.

«Nous devons en permanence inventer de nouveaux scénarios, rester ouverts et remettre en question notre ressenti.»

À l’heure où les campagnes de vaccination redonnent des raisons d’espérer, il serait facile de se contenter d’attendre et de voir dans l’univers en ligne une simple solution temporaire. Mais à une époque où la totalité de notre travail est modifiée en profondeur par la numérisation, de nombreuses questions se posent: l’univers en ligne offre-t-il plus de potentiel que ce qu’on ne croyait en matière d’exportations? Pouvons-nous nous offrir le luxe d’un simple «retour à la normale» à l’heure où la crise climatique mondiale dépasse toutes les pandémies possibles? Une crise qui pourrait avoir un impact durable sur les générations de futurs musiciens et musiciennes et les priver de nombreuses possibilités?

Nous n’avons pas encore de réponses définitives à toutes ces questions. Les changements les plus profonds n’ont pas lieu en ligne, mais dans nos têtes. Et ceux-là mettent plus de temps à opérer que les changements technologiques. D’ici-là, nous devons constamment inventer de nouveaux scénarios, rester ouverts et remettre en question notre ressenti. La priorité absolue reste d’écouter les musiciens et les musiciennes. Car leurs créations doivent pouvoir outrepasser les frontières, aujourd’hui comme demain. C’est en leur nom que la FONDATION SUISA continuera de suivre et de façonner les changements en matière d’exportation musicale.

Nouvel appel à candidatures Get Going!
Pour la quatrième fois, la FONDATION SUISA lancera un appel à contributions Get Going! fin juin/début juillet. Pour tout savoir sur le coup de pouce financier donné à des projets exceptionnels, rendez-vous sur le site Internet de la fondation: www.fondation-suisa.ch
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Covid-19, transition numérique, crise climatique: comment la musique s’exporte dans une période qui ne ressemble à aucune autre. Responsable de la présence à l’étranger et de la promotion des exportations au sein de la FONDATION SUISA, Marcel Kaufmann nous fait part de ses expériences et réflexions sur le sujet.

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Y aura-t-il un retour à la normale? Le stand commun de la Suisse à jazzahead! Brême 2019. (Photo: Marcel Kaufmann)

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«Nous voulons éviter que des projets en cours ne calent»

Avec «Keep Going!», la FONDATION SUISA étoffe temporairement son portefeuille de subventions. Texte de FONDATION SUISA – La versione italiana del testo si trova sotto.

FONDATION SUISA Keep Going!

«Keep Going!» doit permettre à la scène musicale suisse de maintenir ses activités pendant cette période de crise. (Photo: FONDATION SUISA)

La FONDATION SUISA soutient les projets ayant un lien avec la création musicale actuelle et avec la diffusion du répertoire musical en Suisse ou dans la Principauté du Liechtenstein. «Tel est le but de notre fondation, un but qui nous engage», explique son directeur Urs Schnell en ajoutant: «Cependant, nous examinons régulièrement notre portefeuille et, le cas échéant, nous lui ajoutons de nouveaux programmes.»

Pour Urs Schnell, il est évident que le quotidien des professionnel(le)s suisses de la musique s’est dramatiquement détérioré ces derniers mois du fait de la pandémie et des confinements instaurés pour l’endiguer. «En tant que fondation, nous devions agir», affirme-t-il en se réjouissant visiblement que le Conseil de fondation ait approuvé rapidement et simplement une flexibilisation du programme de soutien dans le cadre du but de la fondation.

«Keep Going!» est le nom du nouveau modèle d’encouragement temporaire proposé pour compléter les offres existantes, et non les remplacer, comme le précise bien le directeur. «Keep Going!» doit permettre à la scène musicale suisse de maintenir ses activités pendant cette période de crise. «Nous sommes persuadés que même à l’heure où la culture est quasiment à l’arrêt, les professionnel(le)s de la musique doivent trouver de nouvelles voies pour pouvoir continuer d’atteindre les objectifs qu’ils et elles se sont fixés, indique Urs Schnell. Et cela concerne aussi bien l’élaboration de nouvelles œuvres musicales que leur diffusion.» Ce dernier élément est souligné par le fait que ce nouveau modèle d’encouragement n’est pas réservé aux individus ou aux groupes, mais inclut aussi les organisations.

D’après Urs Schnell, «Keep Going!» va chercher les professionnel(le)s et les organisations du secteur de la musique exactement là où ils et elles en sont aujourd’hui et leur permet, si nécessaire, de s’adapter à la nouvelle situation: «Par ce coup de pouce, nous voulons éviter que des projets en cours ne calent.»

Le critère de l’originalité des projets, qui joue un rôle essentiel dans le modèle d’encouragement «Get Going!» lancé il y a trois ans, n’a pas été explicitement exclu de «Keep Going!», mais il n’est pas décisif.

Avec «Keep Going!», la FONDATION SUISA souligne sa mission première, qui est de permettre à des idées créatrices de voir le jour et de se concrétiser même en des temps incertains et dans des conditions difficiles.

Lors de la première tranche, en avril, 10 enveloppes de CHF 5000.– seront distribuées. «Ensuite, nous verrons bien, relève Urs Schnell. Nous analyserons l’ensemble des requêtes que nous aurons reçues et en tirerons des conclusions.» Il est prévu de lancer un nouvel appel à candidature «Keep Going!» tous les deux mois.

Informations sur «Keep Going!» sur le site web de la FONDATION SUISA:
www.fondation-suisa.ch/fr/contributions-a-la-creation/keep-going-2021/


«Per restare in pista»

Con «Keep Going!», la FONDATION SUISA amplia temporaneamente il suo portafoglio di incentivi. Testo di FONDATION SUISA

FONDATION SUISA Keep Going!

«Keep Going!» permetterà alla scena musicale svizzera di proseguire la sua attività in tempi di crisi. (Foto: FONDATION SUISA)

La FONDATION SUISA promuove progetti legati alla creazione musicale odierna della Svizzera e del Liechtenstein, sostenendo esplicitamente la creazione e la diffusione di repertori. «Questo è lo scopo della nostra fondazione e noi siamo vincolati a esso», spiega il direttore della fondazione Urs Schnell, aggiungendo: «Tuttavia, rivediamo continuamente il nostro portafoglio e lo ampliamo con nuovi programmi a seconda dei casi».

Secondo Schnell, è evidente che la pandemia e i conseguenti lockdown hanno drammaticamente peggiorato la vita quotidiana dei musicisti svizzeri negli ultimi mesi. «In qualità di fondazione, avevamo il dovere di agire», dichiara, mostrandosi visibilmente soddisfatto, poiché il Consiglio di fondazione ha accettato rapidamente e senza problemi la proposta di rendere i programmi di incentivazione più flessibili nell’ambito dello scopo della fondazione.

«Keep Going!» è il nome del modello temporaneo di incentivazione supplementare che, come sottolinea espressamente Schnell, non sostituisce le offerte esistenti, ma le integra. «Keep Going!» permetterà alla scena musicale svizzera di proseguire la sua attività in tempi di crisi. «Anche in un periodo in cui la cultura si trova praticamente in una situazione di stallo, siamo convinti che i musicisti debbano escogitare nuovi metodi per continuare a perseguire gli obiettivi che si sono prefissati», afferma Schnell. «Questo vale sia per lo sviluppo di nuove opere musicali che per la loro distribuzione». Quest’ultimo aspetto è sottolineato dal fatto che il nuovo modello di incentivazione non è riservato solo a persone singole o a gruppi, ma include anche le organizzazioni.

Secondo Schnell, «Keep Going!» deve coinvolgere i musicisti e le organizzazioni musicali a partire dal punto esatto in cui si trovano attualmente e permettere loro di adattarsi alle nuove circostanze, se necessario: «Questo incentivo ha lo scopo di garantire che i progetti esistenti non subiscano una battuta di arresto».

Le caratteristiche di «straordinarietà» e «assenza di precedenti», determinanti per il modello di incentivazione «Get Going!» introdotto tre anni fa, non sono decisive per «Keep Going!», pur non essendo esplicitamente escluse.

Con «Keep Going!», la FONDATION SUISA sottolinea la sua massima priorità, che consiste nel promuovere lo sviluppo di idee creative, consentendone la realizzazione anche in tempi incerti e in circostanze più difficili.

Ad aprile verranno assegnati i primi 10 contributi da CHF 5 000. «In seguito, si vedrà», precisa Schnell. «Analizzeremo tutte le richieste ricevute e trarremo le nostre conclusioni». Si prevede di riproporre il bando di concorso per «Keep Going!» ogni due mesi.

Informazioni su «Keep Going» sul sito web della FONDATION SUISA:
www.fondation-suisa.ch/it/contributi-alla-creazione/keep-going-2021/

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Ghost Festival: le spectre du silence

Le week-end prochain, le plus grand concert de Suisse aura lieu dans le cadre du Ghost Festival. Près de 300 groupes et artistes ont répondu présents. La particularité de ces représentations : pas de scène, pas de musique, ou spectacle de lumières. Conçu comme une action de solidarité envers la scène musicale suisse, le Ghost Festival est emblématique de la situation désastreuse du secteur de la culture en crise depuis le début de la pandémie de Covid-19. SUISA sponsorise cet événement et a realisé une interview vidéo avec le co-organisateur de l’événement, Baldy Minder. Zoom sur les coulisses de ce non-festival. Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo de Nina Müller

La programmation du Ghost Festival laisse rêveurs tous les amoureux de la musique pop et rock suisse. Parmi les têtes d’affiche, on trouve Stephan Eicher, Patent Ochsner ou encore Dodo et des jeunes espoirs tels que Crème Solaire, Annie Taylor ou KT Gorique. Malheureusement, tout cela reste fictif. La musique manquera à cet événement tout comme l’absence de concerts en live ou tout simplement l’ambiance normale des festivals avec les espaces camping, les stands de restauration et et les files d’attente devant les toilettes mobiles.

Le Ghost Festival n’aura pas lieu, tel est le message fort porté par cette initiative. Une série de concerts qui n’aura donc pas lieu le week-end du 27 au 28 février 2021.

Un événement inspiré des matchs de football à huis clos

Créé par des amateurs de musique bernois appartenant au « Ghost Club », le Ghost Festival représente un acte de solidarité en faveur des acteurs de la scène musicale suisse. Baldy Minder, membre du « Ghost Club », est également booker et manager de groupes tels que le collectif bernois de hip-hop Chlyklass ou de la rapeuse 11Ä. Lors d’une interview vidéo dans les coulisses de la salle de concert Exil, à Zurich, Baldy Minder nous a expliqué le concept du Ghost Festival: «pour le football, on propose des matchs à huis clos. Aujourd’hui, les fans de foot solidaires renouvellent tout de même leur abonnement au stade en dépit de l’avenir incertain qui se profile. C’est ainsi qu’est née l’idée du Ghost Festival».

Ainsi, les fans de musique peuvent acheter leurs billets pour le Festival: un billet valable un jour coûte 20 francs, 50 francs pour deux jours et le pass VIP est proposé à 100 francs. Et puisque le Festival n’a pas réellement lieu, il y a toujours des billets à vendre ! De plus, une vaste sélection de merchandising est proposée: t-shirts, bonnets, sweatshirts, vestes, etc. Les recettes seront reversées aux artistes ainsi qu’aux bookers et intermittents du spectacle. Pour toutes ces personnes, cet argent représente bien plus qu’une aide. Aujourd’hui, la plupart des acteurs du monde de la musique au sens large ne bénéficient plus de leur principale source de revenus que représentent les concerts. Malgré quelques assouplissements en été 2020, cette situation dure exactement depuis un an. Pour l’instant, aucune amélioration n’est en vue.

Un manque de plus de 50’000 francs dans les caisses des auteurs et éditeurs de musique

Le manque à gagner en termes de droits d’exécution se reflète également auprès de SUISA puisque ceux-ci proviennent notamment des concerts et festivals. Le Ghost Festival est également symptomatique de cette situation : jusqu’à présent près de 15 000 billets ont été vendus. Pour un événement normal au cours duquel les chanteurs se produisent sur scène, les compositeurs, paroliers et éditeurs de ces morceaux percevraient normalement plus de 50 000 francs de droits d’auteur. Sans performance des artistes sur scène, ces recettes ne seront pas générées.

Habituellement, chaque année, en Suisse, près de 400 festivals sont organisés, classant ainsi la Suisse comme ayant la plus grosse concentration de festivals au monde. L’année dernière, en raison de la pandémie, la plupart de ces festivals ont dû être annulés. SUISA a constaté en 2020 que les recettes de droits d’auteur issues des concerts ont baissés de plus de 50% par rapport à l’année précédente. En termes de chiffres, en comparaison avec 2019, cela représente une perte de près de 12 millions de francs pour les créateurs de musique. Cette situation se poursuivra en 2021 et probablement en 2022.

Un geste de solidarité également envers les bookers, techniciens du son et autres techniciens itinérants

Et il ne s’agit que du manque à gagner sur les recettes de celles et ceux qui ont composé ou écrit des morceaux de musique ou encore des éditeurs. Pour les musiciens, s’ajoutent à cela les cachets qu’ils ne perçoivent pas et qui en règle générale sont un peu plus élevés que les redevances de droits d’auteur. Les annulations des concerts et festivals n’affectent pas seulement les musiciens. La crise qui dure depuis bientôt depuis un an est également un coup dur pour celles et ceux qui, en coulisses, rendent ces événements possibles sur le plan technique, à savoir les bookers, les techniciens du son et de la lumière, les managers de tournées, les vendeurs de merchandising, le personnel de sécurité et bien évidemment les organisateurs de concerts eux-mêmes.

«L’idée est que l’événement ne profite pas seulement aux groupes, mais qu’il représente un soutien global à tous les acteurs de la scène musicale», explique ainsi Baldy Minder. «Lorsque les groupes sont en tournée, ils ont un manager, des ingénieurs du son et de la lumière. Lorsqu’ils doivent transporter leurs instruments, ils peuvent compter sur les assistants de plateau pour les aider. Ce secteur fait tourner une vaste économie qui est aujourd’hui en sous-régime et génère bien moins d’argent».

100% des recettes des ventes de billets reversées aux acteurs de la scène musicale

Face à la réalité d’un très vaste réseau de personnes impliquées dans cette situation difficile, les artistes et les groupes ont pu désigner deux autres personnes de leur entourage professionnel afin que celles-ci puissent également profiter du Ghost Festival. Au total, cela représente près de 1300 personnes. «Les recettes réalisées seront reversées et réparties entre chaque personne et ne seront pas uniquement destinées aux groupes», se félicite ainsi Baldy Minder. Si les recettes des ventes de billets et merchandising sont entièrement reversées aux acteurs de la musique, une part des recettes du sponsoring servira à rémunérer le travail des organisateurs. «Les partenariats nous permettent de nous verser un salaire», commente Baldy Minder. Et il ajoute: «Ce qui restera du sponsoring sera ensuite réparti entre les artistes.»

Pour les organisateurs, la gestion du temps aura été l’un des principaux défis à relever. L’idée de ce festival est née fin novembre 2020. Il restait alors trois mois aux organisateurs pour créer le plus grand festival de Suisse. Et même si aucune représentation n’aura lieu, l’organisation d’un festival fantôme s’apparente d’une certaine manière à celle d’un véritable festival, comme l’explique Baldy Minder: «Une grande partie de l’organisation est semblable à celle d’un vrai festival. Il faut un booking et mettre en place une campagne de promotion sur les réseaux sociaux et dans la presse. Il y a beaucoup d’échanges avec les groupes. La seule chose qu’il n’est pas nécessaire de prévoir, c’est l’infrastructure. Il ne faut pas délimiter la zone par une clôture, pas besoin de scène, ni d’entreprise de sonorisation. Il n’est pas nécessaire d’engager un service de sécurité. Nous ne devons aucune redevance à SUISA, car il ne se passera rien du point de vue des droits d’auteur, il n’y aura finalement aucun son».

Un silence assourdissant

Pour cet événement, les organisateurs ont également renoncé à l’idée de diffuser des concerts en streaming, comme l’explique Baldy Minder: «Beaucoup de gens voudraient qu’il y ait des concerts en streaming, mais là non, il n’y aura absolument pas de musique. Il est temps de prendre du recul et de rendre un peu aux artistes le plaisir qu’ils nous donnent habituellement».

Les spectateurs du Ghost Festival frustrés par tant de silence et à qui la musique manque terriblement seront tout de même récompensés : «Nous allons sortir un album. Ce ne sera pas une compilation, mais un album pensé comme un «Ghost Orchestra», précise Baldy Minder. Il sortira le 26 février, un jour avant le festival». Il s’agira d’un album CD. Là aussi, tout a été bien pensé, comme nous l’explique Baldy Minder: «Le CD est totalement anticyclique, c’est donc une sorte de fantôme qui disparaît lentement». Ce mystérieux CD regroupera la plupart des groupes participant au festival. Ces artistes sont d’ailleurs originaires des quatre coins du pays, puisque la pandémie de Covid-19 touche toute la Suisse.

SUISA, partenaire du Ghost Festival
La crise sanitaire touche fortement les membres de SUISA. Voilà pourquoi SUISA, la Coopérative, mais également ses collaboratrices et collaborateurs, s’engagent comme partenaire du Ghost Festival. Chaque billet acheté par les employé-es-s de SUISA sera surclassé par l’entreprise. Ainsi, un billet valable un jour se transformera en un billet pour deux jours, un billet pour deux jours sera transformé en billet VIP et pour chaque billet VIP acheté, les collaborateurs de SUISA bénéficieront d’un deuxième billet VIP offert.Par ailleurs, lors du week-end du Festival, SUISA fera un reportage et échangera avec certains  artistes et organisateurs. De plus amples informations seront communiquées ces prochains jours sur www.instagram.com/suisamusicstories.

 

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Le week-end prochain, le plus grand concert de Suisse aura lieu dans le cadre du Ghost Festival. Près de 300 groupes et artistes ont répondu présents. La particularité de ces représentations : pas de scène, pas de musique, ou spectacle de lumières. Conçu comme une action de solidarité envers la scène musicale suisse, le Ghost Festival est emblématique de la situation désastreuse du secteur de la culture en crise depuis le début de la pandémie de Covid-19. SUISA sponsorise cet événement et a realisé une interview vidéo avec le co-organisateur de l’événement, Baldy Minder. Zoom sur les coulisses de ce non-festival. Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo de Nina Müller

La programmation du Ghost Festival laisse rêveurs tous les amoureux de la musique pop et rock suisse. Parmi les têtes d’affiche, on trouve Stephan...Continuer

La musique et la culture font partie de nos besoins quotidiens essentiels – n’ouvrez pas que les commerces alimentaires!

Il y a un an, le 28 février 2020, les premières restrictions concernant les événements culturels ont été promulguées. Au début, la limite à ne pas dépasser était de 1000 personnes. A la mi-mars, le premier confinement s’est abattu sur nos vies. En été, grâce aux mesures de protection, la situation a été quelque peu allégée – mais s’est ensuite progressivement durcie de nouveau en automne. Depuis la mi-janvier 2021, nous sommes enlisés dans un second confinement, sans événements musicaux et sans accès à la moindre expérience culturelle réelle, c’est-à-dire non virtuelle. Par Andreas Wegelin, CEO

La musique et la culture font partie de nos besoins quotidiens essentiels – n’ouvrez pas que les commerces alimentaires!

Pour Andreas Wegelin, CEO de SUISA, l’art et la culture sont des éléments vitaux pour la cohésion d’une société. (Photo: Beat Felber)

Pour arrêter ou au moins ralentir la propagation du virus, les autorités ont eu recours à des mesures drastiques. En principe, toutes les offres qui ne répondent pas à des besoins essentiels du quotidien ne sont que difficilement accessibles voire pas du tout autorisées.

Mais qu’est-ce qu’un besoin essentiel? Qui les définit?

Les besoins fondamentaux des êtres humains incluent aussi des choses qui ne relèvent pas du matériel ou de l’alimentaire! Assister à un concert, aller voir un film au cinéma ou visiter une exposition … Pourquoi les musées ont-ils été fermés alors que, en dehors de quelques expositions à grand succès, ces établissements sont rarement confrontés à de gros afflux de visiteurs? Pourquoi les petites scènes doivent-ils rester fermés? Ils pourraient proposer leur scène à des artistes suisses et faire ainsi plaisir à des spectateurs certes peu nombreux mais certainement reconnaissants.

Un concertdiffusé en streaming sur Internet ne remplace pas une performance live. Ce qui manque c’est l’interaction, le partage lié à la performance artistique, les stimulations mutuelles existantes entre les deux parties, l’artiste et le public, qui font d’un concert un événement mémorable.

On en est arrivé au point où s’organisent désormais des concerts fantômes, comme le «Ghost Festival»: un festival avec environ 300 groupes, impliquant près de 1300 musiciens, des techniciens, des bookers, des managers et autres, qui n’a même pas lieu, tout simplement parce que personne ne peut y aller. SUISA soutient ce non-festival par du sponsoring, mais aussi par l’achat de billets par ses collaborateurs.

Les secteurs culturels et créatifs sont importants

Au cours des mois de l’été 2020, de nombreux organisateurs d’événements avaient élaboré des plans de protection fiables et les avaient même mis en œuvre sans répercuter ce coût supplémentaire sur les entrées. Aujourd’hui, ils se retrouvent malgré tout dans l’interdiction d’exercer leur métier. Depuis plus de six mois au total, plus rien n’est permis. Ces restrictions liées à la pandémie de Covid-19 entraînent d’importantes pertes financières. Bien que la Confédération et les cantons aient adopté des programmes de soutien, ceux-ci sont mal adaptés à la situation de nombreux artistes indépendants et organisateurs d’événements travaillant sous le statut d’entreprises individuelles.

Où se trouve la raison de ce mépris envers le secteur culturel?

Il semble y avoir un manque de sensibilisation à la culture parmi les décideurs politiques et les administrations. Pourtant, selon une récente étude d’Ernst & Young (EY), le secteur culturel occupe la quatrième place en Europe en termes de nombre de salariés: www.rebuilding-europe.eu

Un appel est donc lancé aux dirigeants et aux institutions politiques et officielles: la culture, c’est vital! C’est un élément de première nécessité pour la cohésion d’une société. Laissez-la s’épanouir aussi en période de confinement! Elle rend les gens heureux, leur donne une perspective au-delà de la pandémie et, surtout, elle permet aux artistes de gagner leur vie.

Instaurez plutôt des règles différenciées. Les petits événements et les manifestations pour un nombre réduit de visiteurs doivent être autorisés, ainsi que les musées ouverts, les lieux culturels, où les personnes intéressées et les artistes – bien sûr dans le respect des règles sanitaires – peuvent se rencontrer et partager une expérience commune. Ces lieux sont tout aussi importants pour la société et pour la vie quotidienne que les magasins où l’on achète des biens de consommation courante. Des études scientifiques ont montré que les manifestations culturelles dotées de bons plans de protection ne présentaient pas de risque accru concernant la propagation du coronavirus. A lire dans l’étude sur les aérosols de l’Institut Fraunhofer au Konzerthaus Dortmund ainsi que dans le rapport final de l’opération expérimentale du Bayerische Staatsoper (PDF) avec davantage de spectateurs.

Renforcer la conscience culturelle

La crise de la Covid dans le domaine de la culture a révélé encore quelque chose d’ autre: ce n’est qu’avec l’interdiction, et donc la disparition des événements culturels, que de nombreuses personnes prennent conscience de l’importance de la culture et du divertissement pour nous, les humains, et du caractère stimulant des échanges culturels entre les artistes et le public, pour chacune des deux parties.

Cette conscience culturelle devrait être davantage ancrée au sein de la population suisse. A commencer déjà par la formation. L’éducation et l’accès aux réalisations culturelles permettent d’initier les jeunes à l’art. Certes, des progrès ont été réalisés dans le cadre de l’initiative Jeunesse et Musique, mais il reste beaucoup à faire, notamment dans les disciplines artistiques autres que la musique.

L’intérêt social pour la musique, les beaux-arts, le cinéma, la littérature, la danse et les arts du spectacle s’élargit en encourageant les gens à créer leurs propres œuvres et en favorisant la diffusion des productions artistiques actuelles et du patrimoine artistique. Plus les gens sont en contact avec des formes d’expression artistique, plus le besoin d’art et de culture augmente. Par conséquent, la société exige que ce besoin soit satisfait de manière plus durable et que les conditions nécessaires à cet effet soient réunies.

Une voix commune forte pour la culture est nécessaire

Afin d’accroître et d’ancrer davantage la demande dans les domaines de l’art et de laculture, les institutions culturelles de ce pays doivent s’unir pour exiger et promouvoir ensemble la diffusion de la création culturelle de manière beaucoup plus persuasive

Avec la «Taskforce Culture», une voix commune forte a été formée pour la première fois pendant la pandémie. En tant qu’interlocutrice des politiciens et des administrateurs, cette task force a déjà très bien réussi ces derniers mois à combiner les forces des secteurs culturels les plus divers, des associations d’artistes aux organisateurs d’événements et aux médiateurs culturels, et à défendre les préoccupations spécifiques à la culture. Car il est encore loin d’être évident pour tout le monde que la création artistique a des conditions préalables différentes de celles du travail dans de nombreux secteurs de production et de services.

Une fédération d’institutions et d’associations culturellespeut, à l’instar des grandes associations d’entreprises et des organisations de travailleurs, jouer un rôle important en tant qu’interlocutrice pour les évolutions sociales et politiques en Suisse.Une voix collective aussi forte en faveur de la culture deviendra encore plus pertinente dans les mois et les années à venir. Le secteur public devra faire des économies drastiques, car d’immenses dommages économiques ont été et continuent d’être causés par la lutte contre la pandémie et toutes ces interdictions. Les futures recettes fiscales diminueront, tandis que la dette nationale augmentera en raison des diverses mesures de soutien.

Dans des situations financières difficiles, nous savons d’expérience que le levier de l’épargne est d’abord appliqué à la culture et à l’éducation. Unies dans un réseau, les associations et institutions culturelles peuvent faire entendre leur voix ensemble et veiller à moyen et à long terme à ce que l’importance sociale et politique de l’art et de la culture soit renforcée et respectée. Car les formes d’expression artistique et l’accès à celles-ci doivent bien sûr être reconnus comme un besoin humain fondamental. On ne peut et ne doit pas les faire disparaître.

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  1. Markus Hefti dit :

    Unverhältnismässige und existenzbedrohende Beschlüsse „ unserer „
    Politiker schüren das Unverständnis in der Bevölkerung. Aber da sie nie für ihre Fehler
    zur Rechenschaft gezogen werden ist es ihnen scheinbar Egal ☹️

    • Danke für Ihren Kommentar. Dass es Massnahmen gegen die Covid-19-Pandemie braucht, stellen wir nicht in Frage. Es braucht allerdings differenziertere Massnahmen, die gewisse Wirtschaftszweige gegenüber anderen nicht benachteiligen.
      Andreas Wegelin, SUISA CEO

      • Ndiaye dit :

        Une contribution de haute facture . La culture inspire de belles ouvertures au monde .
        Alassane ndiaye membre Suisa Sénégal

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Il y a un an, le 28 février 2020, les premières restrictions concernant les événements culturels ont été promulguées. Au début, la limite à ne pas dépasser était de 1000 personnes. A la mi-mars, le premier confinement s’est abattu sur nos vies. En été, grâce aux mesures de protection, la situation a été quelque peu allégée – mais s’est ensuite progressivement durcie de nouveau en automne. Depuis la mi-janvier 2021, nous sommes enlisés dans un second confinement, sans événements musicaux et sans accès à la moindre expérience culturelle réelle, c’est-à-dire non virtuelle. Par Andreas Wegelin, CEO

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