Archive de tag: Hommage

Madame Erika Hug: une personne engagée et combative

SUISA et la FONDATION SUISA déplorent le décès de Madame Erika Hug. L’éditrice et entrepreneuse a contribué à la promotion de la musique suisse pendant plus de trois décennies au sein du Conseil de SUISA, en tant que cofondatrice de la FONDATION SUISA et pendant 10 ans comme Présidente du Conseil de fondation. Elle est décédée subitement le 14 juillet 2021 à l’âge de 76 ans. Hommage dʼAndreas Wegelin et Urs Schnell

Madame Erika Hug: une personne engagée et combative

Erika Hug (1945-2021). (Photo: FONDATION SUISA / Musik Hug)

La scène musicale suisse déplore le décès d’Erika Hug, éditrice et propriétaire de la traditionnelle Maison Hug Musique. Elle est décédée subitement le 14 juillet 2021.

Très jeune, Erika Hug est à la tête de la 6e génération de la prestigieuse Maison de Musique zurichoise. En plus des activités traditionnelles d’édition et de partitions, l’entreprise a connu une forte croissance dans les années 1980 et s’est lancée très tôt dans le commerce nouveau des CDs. Avec son conjoint, l’entrepreneur musical allemand Eckard Harke, la vente d’instruments de musique s’est considérablement développée, avec l’ouverture en particulier de deux galeries de pianos Steinway à Lausanne et à Zurich.

Au début du nouveau millénaire, les changements révolutionnaires survenus dans l’industrie musicale à la suite du développement d’internet ont entraîné une diminution toujours plus grande de la demande de partitions, d’enregistrements ou d’instruments. Le réseau national de filiales en Suisse a beaucoup été réduit au début des années 2000 et l’entreprise a finalement été vendue en 2017.

Collaboration avec SUISA et la FONDATION SUISA

Pendant de nombreuses années, Erika Hug a mis ses connaissances et son expérience d’entrepreneuse au service de la Coopérative SUISA et de la FONDATION SUISA en siégeant au Conseil de SUISA et au Conseil de fondation. De 1985 à 1995, Erika Hug était membre du Conseil de SUISA et Présidente de la Commission des relations extérieures du Conseil.

Erika Hug est l’une des membres fondatrice de la Fondation SUISA pour la musique (aujourd’hui FONDATION SUISA), créée en 1989. Elle a été membre du Conseil de fondation pendant 27 ans, jusqu’à fin 2015. A partir de 1990, Erika Hug a d’abord présidé la Commission des finances de la Fondation, puis a été Vice-présidente à partir de 1996. Dès 2005, elle a dirigé la Fondation en tant que Présidente du Conseil de fondation pendant 10 ans.

Pendant ces 30 dernières années, Erika Hug a joué un rôle majeur dans l’évolution de la coopérative et de la fondation en tant qu’éditrice et experte dans le domaine du commerce de la musique. Elle s’est engagée à fournir un accès à la musique et à la pratique musicale, en particulier pour les jeunes générations et les classes sociales moins favorisées. Le projet « Orchestre en classe » de la FONDATION SUISA en est un témoignage. Erika Hug a également fait campagne pour que les femmes soient plus nombreuses dans le monde de la musique et des affaires.

Nous déplorons la perte d’une importante personnalité suisse qui a œuvré à la promotion de la musique. Nous lui sommes reconnaissants de son engagement au sein des organes dirigeants de notre coopérative et de notre fondation et nous adressons nos plus sincères condoléances à sa famille.

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SUISA et la FONDATION SUISA déplorent le décès de Madame Erika Hug. L’éditrice et entrepreneuse a contribué à la promotion de la musique suisse pendant plus de trois décennies au sein du Conseil de SUISA, en tant que cofondatrice de la FONDATION SUISA et pendant 10 ans comme Présidente du Conseil de fondation. Elle est décédée subitement le 14 juillet 2021 à l’âge de 76 ans. Hommage dʼAndreas Wegelin et Urs Schnell

Madame Erika Hug: une personne engagée et combative

Erika Hug (1945-2021). (Photo: FONDATION SUISA / Musik Hug)

La scène musicale suisse déplore le décès d’Erika Hug, éditrice et propriétaire de la traditionnelle Maison Hug Musique. Elle est décédée subitement le 14 juillet 2021.

Très jeune, Erika Hug est à la tête de la 6e génération de la prestigieuse Maison de Musique zurichoise. En plus des activités traditionnelles d’édition et de...Continuer

Julien-François Zbinden: quelle force de personnalité hors du commun

Le 8 mars 2021, le compositeur suisse et pianiste de jazz Julien-François Zbinden est décédé à l’âge de 103 ans. Julien-François Zbinden a été Président de SUISA de 1987 à 1991. Hommage de Xavier Dayer, Président de SUISA

Hommage Julien-François Zbinden: quelle force de personnalité hors du commun

Julien-François Zbinden sur une photo prise en 2000. (Photo : Jean-Pierre Mathez)

Nous avons appris avec grande tristesse le décès de Julien-François Zbinden. A l’âge de 103 ans notre membre d’honneur et ancien président (de 1987 à 1991) nous quitte. Son regard pétillant restera dans toutes nos mémoires. Le souvenir encore frais de son centième anniversaire célébré avec quelques amis très proches sur les hauts de Lausanne est aussi ancré. Quelle énergie, quelle force de personnalité hors du commun. Les convives présents l’on vu se lever et tenir un discours encore si présidentiel et toujours plein d’esprit.

Oui, Julien-François Zbinden aura marqué la musique suisse avec charme et conviction durant de longues années. Nul besoin de répéter ici l’ouverture stylistique entre la musique classique et le jazz qu’il incarnait à merveille, ni l’exceptionnelle force de travail d’un homme qui vivait pour la musique. Un homme qui aura côtoyé les plus grands. Notons qu’il a connu entre autres Francis Poulenc, Igor Stravinsky, Clara Haskil, Django Reinhardt & Stéphane Grappelli, Fernandel et Juliette Gréco.

Mais il aura aussi marqué si positivement SUISA, par sa présidence et par sa constance. Il venait à nos assemblées générales dès qu’il le pouvait et, seulement si sa santé ne le permettait pas, il nous écrivait un mot empli de considération et d’attention. En effet, il venait d’une époque où les formes et la manière répondaient à des codes différents de ceux pratiqués aujourd’hui. Une époque bien loin du flux permanant d’informations et de sollicitations que nous connaissons.

Ainsi, de converser avec Julien-François Zbinden c’était ouvrir une brèche dans le temps et entrer dans une dimension perdue. Mais jamais aucune nostalgie ni aucune fermeture dans ses mots, bien au contraire, l’aviateur qu’il était (vers la mi-cinquantaine, il avait passé un brevet de pilote!) aimait le neuf, la découverte et les nouvelles expériences. Une curiosité exemplaire qui fascinait tous ses interlocuteurs. Ainsi, durant sa longue et brillante carrière à la RSR il a su ouvrir les auditeurs à tous les genres musicaux, il était l’inverse d’un homme de cloisonnement.

C’est certainement cette capacité d’ouverture, de dialogue et de bâtisseur de ponts qui lui a permis d’assurer avec brio ses différentes présidences (en plus de SUISA, il a été président de l’Association des Musiciens suisses de 1973 à 1979). Les hommages pleuvent aujourd’hui et cela est hautement justifié car il manquera une certaine présence, une attention particulière, une vivacité si stimulante au paysage musical suisse.

Ainsi, notre membre d’honneur restera parmi nous longtemps, de par le souvenir vivant de la haute qualité des échanges qu’il savait permettre.

Xavier Dayer

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  1. greg dit :

    henry hubert accordeoniste et moi meme greg lewis pianiste rendont hommage a monsieur Zbinden en faisant aujourd hui notre adhesion a la suisa sincere amitiés a sa famille

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Le 8 mars 2021, le compositeur suisse et pianiste de jazz Julien-François Zbinden est décédé à l’âge de 103 ans. Julien-François Zbinden a été Président de SUISA de 1987 à 1991. Hommage de Xavier Dayer, Président de SUISA

Hommage Julien-François Zbinden: quelle force de personnalité hors du commun

Julien-François Zbinden sur une photo prise en 2000. (Photo : Jean-Pierre Mathez)

Nous avons appris avec grande tristesse le décès de Julien-François Zbinden. A l’âge de 103 ans notre membre d’honneur et ancien président (de 1987 à 1991) nous quitte. Son regard pétillant restera dans toutes nos mémoires. Le souvenir encore frais de son centième anniversaire célébré avec quelques amis très proches sur les hauts de Lausanne est aussi ancré. Quelle énergie, quelle force de personnalité hors du commun. Les convives présents l’on vu se lever et tenir un discours encore si présidentiel et toujours...Continuer

Willy Viteka, grand éditeur et producteur de musique, nous a quittés

Avec le décès le 19 mai 2020 de Willy Viteka, nous perdons un entrepreneur ayant fortement contribué à faire de l’industrie musicale suisse ce qu’elle est aujourd’hui, grâce à son influence en tant que producteur et éditeur. Hommage par Stephan F. Peterer, contributeur invité

Willy Viteka, grand éditeur et producteur de musique, nous a quittés

Willy Viteka fut membre SUISA en tant qu’auteur et éditeur. (Photo: DR)

Né le 6 novembre 1949 à Madrid, il se découvrit très tôt une grande passion pour diverses formes d’art et décida d’étudier l’art plastique, la littérature et la musique. En exerçant là où la scène musicale occidentale battait son plein, il sut acquérir de vastes connaissances, se constituer un réseau et faire de nombreuses expériences. Dans les années 70, grande époque pour la musique, il fut particulièrement marqué par ses années d’apprentissage à Londres en vue de devenir musicien studio, producteur, auteur et rédacteur.

Producteur, éditeur et entrepreneur

Après des années de pérégrination, il décida en 1976 de s’installer en Suisse avec son épouse Olivia. Le couple créa alors Viteka Musik AG, entreprise auxquels sont rattachés ses propres labels ainsi qu’une maison d’édition musicale. Mais Willy resta également très attaché à son pays d’origine et exerça une bonne partie de son activité de producteur sur son lieu de prédilection, l’île de Majorque, où sa femme est lui se firent construire une résidence secondaire – le couple y passait la plupart de leur temps dans le studio de musique.

Dans le cadre de ses activités entrepreneuriales en Suisse, outre sa propre production musicale, Willy se spécialisa également dans une activité classique de sous-édition. On trouve dans son catalogue de nombreuses œuvres de premier plan, avec entre autres Kylie Minogue, Milva, Rick Astley, Bananarama, Donna Summer, Cliff Richard, Aitken & Watermann, et bien d’autres.

Très impliqué dans l’industrie musicale suisse

Willy Viteka réalisa rapidement que la création et l’entrepreneuriat n’étaient pas suffisants pour les éditeurs de musique et les producteurs. Il leur fallait aussi lutter pour un environnement exploitable économiquement. Bien qu’il exista déjà à l’époque de nombreuses associations dans l’industrie de la musique suisse, aucune ne lui semblait convenir à son statut d’«éditeur axé sur la production». Il se mit donc en quête d’autres entrepreneurs partageant sa vision afin de créer avec eux une nouvelle association. A ce titre, on peut le considérer comme le père fondateur de la SVMV, l’Association suisse des éditeurs, qu’il dirigea pendant 27 ans. En 2019, il fut nommé président d’honneur pour ses précieux services. Il participa également activement à la création de l’ASMP, l’«Association of Swiss Music Producers», qu’il présida en parallèle de la SVMV.

Mais pour Willy, il ne suffisait pas de fonder des associations spécifiques à la branche, celles-ci ayant besoin d’activités pour atteindre les objectifs escomptés. Il était nécessaire de gagner de l’influence sur les organes importants de l’industrie musicale suisse, sur de nombreuses commissions ad hoc, mais aussi et surtout, sur les autorités législatives. La formation mutuelle ainsi que l’échange entre les entrepreneurs, et tout particulièrement la formation de la génération suivante de l’industrie musicale, firent ainsi partie de ses activités principales. Il n’existait alors en Suisse aucune haute école ou école spécialisée pour ces métiers. Aussi, Willy et son épouse Olivia organisèrent pendant de nombreuses années des séminaires de formation avec d’autres membres du comité de l’association qu’ils avaient créée. Le point culminant en fut la création du Symposium de Musique de Fürigen, qui s’étalait sur deux jours et devint l’un des événements annuels les plus importants de l’industrie musicale.

Grâce à la révision du droit d’auteur et des droits voisins dans les années 80, on créa Swissperform, société au sein de laquelle Willy travailla dès le début en tant que délégué. Sans oublier qu’il fit aussi partie pendant quelques temps du groupe spécialisé des producteurs de phonogrammes. Il participa également durant de nombreuses années aux discussions de l’Institut de la propriété intellectuelle (IPI) autour du droit d’auteur, ainsi qu’à la création d’un contrat standard pour les éditeurs musicaux, les sous-éditeurs et les producteurs.

Décédé à l’âge de 70 ans

Après une hospitalisation des suites d’un accident, Willy Viteka a contracté le Covid-19. Bien qu’il ait fini par guérir du virus, trop affaibli, il fut emporté à l’âge de 70 ans par une infection pulmonaire attrapée lors de sa convalescence.

Nous nous rappellerons de Willy comme d’un homme au grand cœur et extraordinairement bienveillant qui, par son ouverture aux autres et sa forte implication, sut nouer de nombreuses amitiés au sein de l’industrie musicale suisse et au-delà.

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Avec le décès le 19 mai 2020 de Willy Viteka, nous perdons un entrepreneur ayant fortement contribué à faire de l’industrie musicale suisse ce qu’elle est aujourd’hui, grâce à son influence en tant que producteur et éditeur. Hommage par Stephan F. Peterer, contributeur invité

Willy Viteka, grand éditeur et producteur de musique, nous a quittés

Willy Viteka fut membre SUISA en tant qu’auteur et éditeur. (Photo: DR)

Né le 6 novembre 1949 à Madrid, il se découvrit très tôt une grande passion pour diverses formes d’art et décida d’étudier l’art plastique, la littérature et la musique. En exerçant là où la scène musicale occidentale battait son plein, il sut acquérir de vastes connaissances, se constituer un réseau et faire de nombreuses expériences. Dans les années 70, grande époque pour la musique, il fut particulièrement marqué par ses années d’apprentissage à Londres en vue de...Continuer

Hommage à un homme exceptionnel et d’un musicien doué

Le pianiste Willy Bischof était une figure marquante du monde suisse du jazz et a notamment exercé une grande influence sur les programmes de la radio DRS en tant que rédacteur musical et directeur des programmes. Membre SUISA de longue date, il est décédé en décembre 2019 à l’âge de 74 ans. Hommage par Pietro Schaller, contributeur invité

Willy Bischof: Hommage à un homme exceptionnel et d’un musicien doué

Willy Bischof au Studio Mulinetti de Gênes lors de la production du CD «A Pianist In Paris» en septembre 2004. (Photo: Pietro Schaller)

Caro Willy,

C’est en 1968 que je t’ai vu et entendu pour la première fois; tu étais le pianiste d’un quintette jouant dans un local de danse. En tant que guitariste et tromboniste, je jouais moi aussi dans un dancingband. La décision de «démissionner», je l’ai prise à la mi-mai 1978. Le déclencheur fut un contact avec Radio Bern, qui avait produit en juillet 1974 un enregistrement live de notre groupe au Kursaal de Berne, à l’initiative de Georges Pilloud.

Ala fin du mois de mai 1978, je t’avais contacté au studio de la radio à Berne: «Avez-vous par hasard besoin d’un collaborateur aux archives? – Non! Par contre, nous recherchons d’urgence un producteur; viens à Berne, on parlera des détails plus tard.» La première rencontre eut lieu dans le studio audio. Tu étais assis au grand Steinway. «Connais-tu Cantaloupe Island?», t’avais-je demandé, et tu le jouas immédiatement. Ce fut apparemment le déclic à notre longue relation.

Le lundi 3 juillet 1978 fut mon premier jour de travail au studio de la radio à Berne. Je fus livré à moi-même, car ton lieu de travail était déplacé à Montreux pour le festival de jazz, où tu étais accompagné de Ruedi Kaspar. Pendant plusieurs années, vous formiez la «dreamteam radiophonique» à Montreux, sans oublier vos interviews en différentes langues avec des musiciens de renommée mondiale. A l’époque, je ne savais pas que tu avais réussi un coup brillant bien des années plus tôt en acquérant les droits pour la retransmission en direct de tous les concerts du festival sur la chaîne DRS2.

Les deux mois suivants ont été consacrés à un cours accéléré «Comment fonctionne Radio DRS»: structures des départements, lecture et interprétation de procès-verbaux, langage et états d’âme des journalistes. Lorsque les heures de travail «usuelles» étaient dépassées, des cours supplémentaires avaient lieu dans le jardin d’un café voisin.

Ton objectif était de diriger le domaine «musique de divertissement» de DRS1. Avec Ruedi Kaspar, tu inventas «5 nach 4», la première émission de radio dédiée à la musique pop et rock. Polo Hofer fut l’une de vos découvertes; la présence de l’artiste dans cette émission jeta les bases de la carrière de Polo et plus largement du rock en dialecte alémanique.

Tes consignes pour un programme musical équilibré sur DRS1 furent faciles à respecter. Comme toi, j’étais ouvert à tous les genres de musique; selon notre conception, elle devait être de bonne qualité et devait bien sonner. Il y avait de nombreux disques de presque tous les genres et chaque rédacteur-trice musical-e disposait de leurs propres archives. Je ne savais pas à l’époque que tu avais mis en place, cinq ans plus tôt, un système de remise «dʼéchantillons gratuits» grâce à tes excellentes relations avec l’industrie du disque – une véritable situation gagnant-gagnant. Sans un tel exploit, tes idées d’un programme musical à succès pour la radio DRS1 auraient échoué – tout simplement parce que le répertoire musical souhaité n’était pas disponible.

En 1978 tu as été nommé «chef de la musique de divertissement à DRS1» et dès l’année suivante, ton nouveau lieu de travail fut le studio de Zurich; Ruedi Kaspar partit au studio de Bâle. Je ne pris pas tout de suite conscience que c’était les débuts de DRS3. A l’interne, on chuchotait certes qu’un 3e programme était en projet. A l’automne 1982, j’ai suivi ton appel au studio de Zurich, pour renforcer la rédaction musicale zurichoise. En lien avec le succès de Radio 24 (émission dès le 28.11.1979), la radio DRS augmenta le tempo de réalisation.

Le 1er novembre 1983, Leo Schürmann, Directeur général de la SSR, appuya symboliquement sur le bouton de mise en marche: DRS3 était née.

Les cinq années qui suivirent furent les plus fructueuses de DRS3, malgré quelques divergences d’opinion majeures entre les trois rédactions de Bâle, Berne et Zurich. En tant que «chef du secteur musique», tu parvins à maîtriser ces difficultés grâce à ton expertise, ton attention et une pression tout en douceur.

En 1988, tu quittas DRS3 pour rejoindre DRS2. Il est possible que les discussions récurrentes sur le thème de la «musique» ainsi que les réunions excessives et la bureaucratie aient laissé quelques traces. Il se peut aussi que ton amour du jazz et de la pratique de la musique ait un peu souffert dans ta position de cadre au sein de DRS3. Lorsque tu as repris le secteur «Jazz», il y a eu le lancement du projet «CHJazzszene», avec des sessions en studio pour la relève, offrant une plateforme notamment pour des formations en devenir. Il s’agissait d’une étape importante pour la chaîne DRS2, qui s’est ainsi établie en tant qu’institution encourageant la culture.

1991 a été l’année de naissance de l’émission «Apéro», que tu as créée pour DRS2. Lors d’une des «studioparty» annuelles au studio 2 à Zurich, je me souviens que tu as joué un medley de Duke Ellington et que toutes les personnes présentes – notamment le directeur de la radio Andreas Blum – ont pu constater que, à l’évidence, tu étais un pianiste brillant.

J’ai toujours été un grand fan d’Hazy Osterwald. Mon idée était de reproduire le répertoire de jazz du Osterwald-Sextet avec une formation identique, composée de toi et d’anciens membres du DRS-Band. Ensemble, nous avons découvert dans les archives de la radio à Zurich plus de 70 enregistrements de la meilleure formation de Hazy dans les années 1951-1964. Du jazz de très haut niveau avec une excellente qualité d’enregistrement, produit par Radio Beromünster au studio de Bâle, avec Eddie Brunner comme ingénieur du son – membre puis directeur du fameux groupe Teddy Stauffer Band. Avec ton aide, il a été possible de proposer en 1994 un document important pour le jazz suisse des années 1951-1964, le CD-box «50 Years of Music with a Touch of Swing»; ce fut un grand succès.

Après mûre réflexion, notre projet de «reproduction» des «Hazy Osterwald Jazz Hits» ne s’est pas concrétisé: le son, le charme et le groove de cette époque étaient trop uniques et ne pouvaient pas être reconstitués … Avec le recul, ce fut une décision intelligente avec une mise en évidence des extraordinaires techniques d’enregistrement de Radio Beromünster à l’époque, et du talent de producteur d’Eddie.

En novembre de la même année, il y eut au Bierhübeli les «Berner Song-Tage». Ta formation fondée en 1993, le Willy Bischof Jazztet (avec Hazy Osterwald, Willy Schmid, Peter Schmidlin et Stefan Kurmann) y fut présente en tant qu’invitée d’honneur. La radio DRS1 enregistra le concert. Le CD «Swiss Air» qui s’en est ensuivi est encore disponible aujourd’hui.

En 1998, tu as reçu le «Prix Walo» pour l’émission de radio «Apéro».

Willy Bischof au «warm-up» en studio. (Photo: Pietro Schaller)

En 2004, j’ai eu l’idée de produire un enregistrement sur lequel tu jouerais en solo. Nous avions prévu le studio Mulinetti de Gênes. J’avais évoqué l’envie de proposer des versions de mélodies classiques italiennes comme par exemple Roma Nun Fa‘ Stupido Stasera ou Estaté. Aucun travail de persuasion n’a été nécessaire de ma part; tu as immédiatement été enthousiasmé par le projet. Ensemble, nous avons constitué un répertoire. Le projet était financé par Victor Eugster d’«Activ Records». La date de production était fixée à fin septembre 2004. Coup de théâtre! Juste avant la date d’enregistrement, tu changes d’avis: «Je préférerais enregistrer des chansons française dans des versions personnelles – un titre de CD est déjà trouvé: ‹A Pianist In Paris›» … L’évaluation de chansons qui pourraient convenir se fait rapidement. Je prends la route pour Camogli, mon deuxième chez-moi – à 30 km à l’ouest de Gênes – pour préparer la production.

La session fut un succès; tous les participants se sont très bien entendus et tu as joué magnifiquement, comme toujours. J’ai le souvenir d’un moment musical heureux, peut-être l’un des plus beaux moments pour toi.

Ton départ à la retraite en 2005 m’a encouragé à prendre ma retraite un an plus tard également. Dans les années qui suivirent, nos rencontres se sont espacées. J’ai appris un peu par hasard que ta santé était devenue instable. La dernière fois que je t’ai vu, c’était à l’occasion d’un concert que j’ai organisé avec ton trio le 21 janvier 2011 à l’Hôtel Palace de Lucerne.

Il me reste le souvenir d’une personne extraordinaire et dʼun musicien doué. Je ne t’ai jamais perçu comme mon chef, mais bien comme un ami.

Addio Willy

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Le pianiste Willy Bischof était une figure marquante du monde suisse du jazz et a notamment exercé une grande influence sur les programmes de la radio DRS en tant que rédacteur musical et directeur des programmes. Membre SUISA de longue date, il est décédé en décembre 2019 à l’âge de 74 ans. Hommage par Pietro Schaller, contributeur invité

Willy Bischof: Hommage à un homme exceptionnel et d’un musicien doué

Willy Bischof au Studio Mulinetti de Gênes lors de la production du CD «A Pianist In Paris» en septembre 2004. (Photo: Pietro Schaller)

Caro Willy,

C’est en 1968 que je t’ai vu et entendu pour la première fois; tu étais le pianiste d’un quintette jouant dans un local de danse. En tant que guitariste et tromboniste, je jouais moi aussi dans un dancingband. La décision de «démissionner», je l’ai prise à la mi-mai 1978. Le déclencheur...Continuer

Reto Parolari: Un ardent feu sacré vient de s’éteindre

Reto Parolari, le compositeur, chef d’orchestre, arrangeur et multi-instrumentiste de Winterthour, s’est éteint dimanche 15 décembre 2019 à l’âge de 67 ans. Depuis 2007, il était membre du conseil de SUISA. Il siégea auparavant (depuis 1990) à la commission de répartition et des œuvres qu’il présida à partir de 1997. Nécrologie rédigée par Xavier Dayer, président de SUISA, et Urs Schnell, directeur de la FONDATION SUISA

Photo de Reto Parolari prise en 2014 lors de l’Assemblée générale de SUISA à Berne. (Photo: Juerg Isler, isler-fotografie.ch)

Nous avons reçu il y a quelques jours la triste nouvelle du décès de Reto Parolari, c’est un choc pour le conseil d’administration de SUISA. Moins d’une semaine auparavant, Reto présidait encore la commission Tarifs et Répartition et participait avec l’immense générosité humaine qui le caractérisait à nos séances du Conseil. Personne n’aurait pu imaginer qu’il puisse nous quitter si subitement. Je garde le souvenir de nos intenses et cordiales discussions lors du repas commun du Conseil.

J’aimerais souligner par ces quelques lignes son apport si précieux pour le Conseil de SUISA : comme auteur et comme musicien il apportait un regard essentiel. Il a toujours été constructif et un partenaire indispensable.

Nous nous connaissions depuis 2007, date à laquelle il est entré dans notre conseil après avoir présidé durant 10 ans la commission de Répartition et des œuvres. Ainsi, c’est une figure importante de la vie du conseil qui nous a quitté dimanche, irremplaçable et que nous regretterons beaucoup.

Pour retracer sa musique et son parcours artistique il me semble que la meilleure des choses est de donner la parole au directeur de notre fondation, Urs Schnell, qui vient de faire une superbe Laudatio à l’occasion de la remise du prix culturel de Winterthour le 3 décembre. Les lignes d’Urs Schnell que nous reproduisons ci-dessous prennent une dimension particulièrement émouvante aujourd’hui.

Au nom du conseil de SUISA je témoigne de toute notre affection à ses proches en cette période douloureuse.

Xavier Dayer

Hommage rendu à l’occasion de la remise du prix de la culture à Reto Parolari au théâtre de Winterthour le 3 décembre 2019

Cher Reto,

Pour moi, aujourd’hui, la boucle est bouclée: c’est sur la scène de ce même théâtre que je t’ai rencontré pour la première fois, Reto – c’était en 1990 il me semble. Je passais alors mon diplôme d’enseignement à l’ancien conservatoire de musique, ici, à Winterthour et je devais chanter à l’occasion du concert annuel. On m’avait annoncé un concert avec ton orchestre. Au programme: de la «grande musique de divertissement»

Comme vous pouvez peut-être vous l’imaginer, mesdames et messieurs, l’entreprise ne fut pas une mince affaire. Les étudiants en musique, habitués au classique, trouvèrent tout d’abord assez aberrant de devoir travailler un tel répertoire. Le projet dut faire face à un fort scepticisme. De la «musique de divertissement»… et peut-être même des ternaires swingués… des extraits de «My Fair Lady» et autres passages de ce genre… un véritable défi, en somme, pour le chef de chœur et directeur du conservatoire de l’époque, le très estimé Fritz Näff.

Mais plus le concert approchait, plus la situation devenait claire: la musique de divertissement n’était pas de la musique «facile», que l’on pouvait prendre «à la légère». Nous étions ainsi confrontés à l’un des casse-tête musicaux les plus difficiles que j’ai connus.

En fin de compte, c’est toi, Reto, qui as donné corps à ce projet: grâce à ton enthousiasme, ton entrain, ton humour et, oui, ton autorité naturelle – des qualités que l’on ne connaît qu’aux grands hommes, à celles et ceux qui s’élèvent au-delà du monde matériel – une secousse a parcouru le cercle des étudiants. Tu as su vaincre les résistances et nous nous sommes mis à jouer tous ensemble.

La sagesse dont tu as su faire preuve ce soir-là m’a appris une chose: pour véritablement conquérir son public en tant que musicien, il faut entretenir une relation basée sur le respect avec ses pairs, il faut une connaissance profonde de ce que l’on fait, il faut avoir une grande admiration pour la musique, mais surtout, il faut faire preuve de beaucoup d’enthousiasme – bref il faut que brûle le feu sacré.

C’est par cette petite commémoration que j’ai décidé de vous accueillir à cette remise du prix de la culture à Reto Parolari.

C’est un véritable honneur, une grande joie pour moi d’avoir l’occasion de prononcer ces quelques mots. Je te remercie, Reto, d’avoir demandé à ce que ce soit moi qui m’en charge…

Vous, les Parolari, êtes depuis ce soir la famille de Winterthour arborant la plus grande collection de prix de la culture. Il y a exactement 30 ans, ton père, le hautboïste Egon Parolari, s’était déjà vu décerner ce prix – voilà de quoi entretenir la continuité de la politique culturelle de la ville.

Enfant, tu faisais déjà partie du paysage de Winterthour. Une fois, tu m’as dit: «J’ai moi-même grandi sur la scène de l’hôtel de ville. Mon père m’a si souvent amené avec lui à ses répétitions et à ses concerts.»

A 24 ans, tu as obtenu ton diplôme fédéral de percussionniste, ici, au conservatoire de la ville, avant de poursuivre tes études de musique à Hanovre, Stuttgart et Vienne.

Et maintenant, mesdames et messieurs, la tâche s’annonce difficile, car le plus grand défi lorsque l’on cherche à se rapprocher de l’œuvre et de l’homme reste l’incroyable diversité de ses créations.

Voilà qui n’est pas une entreprise aisée pour le pauvre laudateur: ton parcours, Reto, est imprégné de simultanéités et d’oppositions, de parallèles et de complémentarités. Toutefois, et puisse cela soulager le laudateur qui n’est pas tant à plaindre que ça: il est plein d’une inextinguible passion pour la musique, de ce feu sacré – mais ce sont justement les aspérités de ton travail qui font la logique de ton parcours.

Tu es un artiste – mais aussi un entrepreneur habile. Tu es un compositeur, un arrangeur, tu es un auteur, un éditeur de littérature spécialisée, un chef d’orchestre et un instrumentiste.

Un multi-instrumentiste: au marimba, sur la machine à écrire Continental, à la batterie, au piano, tu es même un virtuose du klaxon. Mais ton instrument principal, c’est toi. Ton authenticité, la foi en ta mission, ta gentillesse et ton humour, ton obstination et ta nature absolue, et justement, ton feu sacré…

Il n’est pas possible de parler de toi sans évoquer la «grande musique de divertissement».

Mais, attends… c’est quoi? Qu’est-ce qui distingue Parolari des autres musiciens? En termes marketing, quelle est ta caractéristique?

Pour y répondre, je citerai Cédric Dumont, le fondateur de l’orchestre de variété de Radio Beromünster et directeur du studio de radio de Zurich: «La musique est tombée dans le péché dès lors que l’on a fait la distinction entre musique sérieuse et musique de divertissement. Pourtant, même cette dernière exige de la persévérance, du savoir-faire et de l’enthousiasme». Voilà ce qui te définit: le feu sacré.

Tu brûles pour un genre musical véritablement stigmatisé. Un genre qui, s’il lui arrive d’être pris au sérieux, est souvent accueilli par des sourires suffisants…

Mais d’où vient cette répulsion qui anime les représentants de la musique soi-disant «sérieuse»?

Une grande rigueur est pourtant de mise, bien plus que pour d’autres genres musicaux prétendument sérieux: pour que la musique de divertissement puisse atteindre son plein potentiel, il convient de jouer la partition avec précision, la musique DOIT être prise au sérieux – mais attention: contradiction – elle doit toujours être jouée avec une note d’humour.

D’ailleurs, a contrario, n’ai-je pas le droit d’être «diverti» par une symphonie de Beethoven? Par un concert de Bach? Et si jamais tel est le cas: est-ce réellement grave?

Je laisse la question ouverte…

Ton œuvre est étroitement liée à l’histoire de la radio suisse. Jusque dans les années 70, toutes les stations avaient leur propre orchestre sous contrat qui accompagnait en direct les émissions avec un répertoire spécialement composé. Si l’on voulait être sûr que la musique produise l’effet escompté chez les auditeurs, il fallait qu’elle soit composée de sorte à être colorée, picturale, et jouée d’une main de maître. Ce qui me conduit à la thèse suivante: la grande musique de divertissement est une bande originale – une bande originale qui doit créer ses propres images – et ça, c’est du storytelling de haut vol.

Avec les grands bouleversements qu’a connu le paysage audiovisuel au début des années 70, les orchestres de radio étaient sur le déclin – l’un après l’autre, tous furent dissous –plus personne ne demandait ces répertoires, des musiciens hautement qualifiés furent remerciés, toutes ces partitions risquaient d’être envoyées aux archives.

Mais Reto était au bon endroit au bon moment:

Tu as littéralement sauvé de la déchiqueteuse les partitions du studio radio de Bâle, puis de la radio bavaroise et, plus tard, celles de l’orchestre radio de Beromünster.

Et voilà que prenait forme pratiquement dans l’ombre ta plus grande réalisation matérielle, ici, quasiment sous nos pieds.

Tu es devenu le gardien d’une énorme collection de partitions comptant plus de 110 000 titres conservés dans un grand abri anti-aérien en plein centre-ville de Winterthour.

Cette archive musicale, la plus fournie d’Europe, n’était pas uniquement un mausolée rassemblant des instants de créativité, non, tu en permettais l’accès à de nombreux orchestres internationaux qui purent largement s’en servir.

Ton mérite pour la conservation tant musicale qu’archivistique de cet héritage historique unique, et pour avoir gardé en vie un tel patrimoine, ne saurait être suffisamment loué. Je remercie la ville de Winterthour de reconnaître ton engagement en te décernant ce prix et en rendant à ta musique l’hommage qu’elle mérite.

Et, bien entendu, on ne peut pas parler de toi sans évoquer ton orchestre.

Tu as créé le tout premier ici, au conservatoire de la ville, pendant tes études.

L’ORP, qui emploiera dès 1990 environ 40 musiciens professionnels, a vu le jour sous sa forme symphonique. Un tel orchestre – rappelons-le – est en fait une aberration entrepreneuriale. Ce n’est jamais rentable – mais quoi qu’il en soit: tu n’as jamais dû déclarer faillite.

Tu as dirigé plus de 40 orchestres du monde entier, dont certains assez exotiques, comme celui de l’Hermitage, Saint-Pétersbourg (Russie), de l’aéroport de Zurich (Suisse) ou du philharmonique de Pyongyang (Corée du Nord).

Et à chaque fois, tu n’as pas eu à déposer de candidature, on a fait appel à toi.

Il en va de même dans le domaine du cirque: tu avais à peine 28 ans lorsque l’on t’a proposé d’être le chef d’orchestre du cirque Nock, et peu après, du cirque Knie. Pour ton travail au théâtre Carré d’Amsterdam, la reine des Pays-Bas t’a même décerné le titre de «chef d’orchestre royal». Par la suite, en ta qualité de directeur musical du festival international du cirque de Monaco, voilà que tu côtoyais de nouveau des nobles et des têtes couronnées.

Il n’y avait qu’ici, dans ton pays, que le glamour était moins au rendez-vous: grâce à ton festival international de grande musique de divertissement, tu as certes créé un événement musical de dimension internationale, mais celui-ci a reçu du public suisse moins de considération.

Je devrais désormais parler de ton travail de compositeur et d’arrangeur comptant plus de 800 œuvres, mais celui d’auteur d’articles et de plusieurs livres spécialisés mérite aussi d’être dûment reconnu – et le temps commence à manquer.

Mais quelque chose me tient à cœur: Tout ce que tu as fait, tu ne l’as pas uniquement fait en ton propre nom, Reto: en tant que membre du conseil de la coopérative des droits d’auteur SUISA ou membre actif du Rotary Club Winterthur-Mörsburg, tu as su rendre service à tes pairs avec altruisme.

Comme je l’ai dit au début: un parcours avec des aspérités – eh oui, toutes ces facettes de ton travail, que ce soit en tant que musicien, chef d’orchestre, entrepreneur, organisateur, éditeur, archiviste, compositeur – toutes se complètent, sont interdépendantes, ont besoin les unes des autres et dressent le portrait d’un façonneur de culture. Je le répète, un parcours logique.

Il n’y a pas si longtemps, j’ai eu l’occasion de travailler sous ta direction: ce n’était certes que pour un morceau, mais cette fois en tant que flûtiste professionnel. Et en quelques secondes seulement, c’était de nouveau là: ce sentiment que tu savais si bien donner, ce «tout va bien se passer, fais-moi confiance», empreint de respect. Décontracté sur scène, sérieux dans les faits. Et tu avais raison: ton travail a porté ses fruits, le BigBand swinguait, mon engagement… Ton feu sacré brûlait avec ardeur pour un résultat sublime – et oui, tout se passa à merveille!

Merci, Reto, merci pour tout!

Urs Schnell

La cérémonie d’adieu aura lieu le lundi 30 décembre 2019, à 15h00 à la Stadtkirche de Winterthour.

 

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  1. Samuel Zünd dit :

    Bitte veranlassen Sie unbedingt die Sicherung Reto Parolaris einzigartiger Notenbibliothek als ein Ganzes der Nachwelt! Sie ist ein einzigartiger Schatz und gehört der Öffentlichkeit für alle Zeiten zugänglich gemacht. Auf dass die von Reto geretteten Werke nicht noch einmal vorm Schreddern bedroht werden!
    Herzlich Samuel Zünd

  2. Markus Niffenegger dit :

    Lieber Reto
    Die Nachricht von deinem unerwarteten Abschied vom irdischen Leben hat mich zu tiefst schockiert, denn du warst mir stets ein guter Freund und ein grosses Vorbild. Die Zeit, in welcher ich vor über 40 Jahren als junger Amateurtrompeter in deinem Orchester mitmusizieren durfte, ist mir bis heute als meine beste musikalische Erfahrung in guter Erinnerung geblieben. Mit dir haben wir einen grossen Musiker und überaus edlen Menschen verloren.
    Vielen Dank für alles, ruhe in Frieden!
    Markus

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Reto Parolari, le compositeur, chef d’orchestre, arrangeur et multi-instrumentiste de Winterthour, s’est éteint dimanche 15 décembre 2019 à l’âge de 67 ans. Depuis 2007, il était membre du conseil de SUISA. Il siégea auparavant (depuis 1990) à la commission de répartition et des œuvres qu’il présida à partir de 1997. Nécrologie rédigée par Xavier Dayer, président de SUISA, et Urs Schnell, directeur de la FONDATION SUISA

Photo de Reto Parolari prise en 2014 lors de l’Assemblée générale de SUISA à Berne. (Photo: Juerg Isler, isler-fotografie.ch)

Nous avons reçu il y a quelques jours la triste nouvelle du décès de Reto Parolari, c’est un choc pour le conseil d’administration de SUISA. Moins d’une semaine auparavant, Reto présidait encore la commission Tarifs et Répartition et participait avec l’immense générosité humaine qui le caractérisait à nos...Continuer

Là où il nʼy a pas dʼamour, tout est vain

Le compositeur et journaliste musical zurichois Rolf Urs Ringger est décédé le 26 juin 2019 à l’âge de 84 ans. Hommage par Thomas Meyer, contributeur invité

Rolf Urs Ringger: Là où il nʼy a pas dʼamour, tout est vain

Rolf Urs Ringger était membre de SUISA depuis 1960. (Photo: Keystone / Gaëtan Bally)

Dans ses jeunes années, il avait le projet d’écrire un roman intitulé «Le Dandy»: le personnage principal y aurait pris un taxi pour se rendre à l’opéra. Ce livre aurait dû traiter de ce court et pourtant interminable voyage – et probablement aussi un peu de lui-même. Peu importe qu’il s’agisse d’une invention ou s’il se trouvera effectivement dans la succession l’ébauche d’un roman : Rolf Urs Ringger savait bien entendu qu’une telle anecdote donnerait du grain à moudre au journaliste. Malicieusement, il imaginait comment le profil du dandy Ringger prenait forme et s’en réjouissait car c’est aussi ce qu’il était: le dandy des compositeurs suisses, coquet invétéré, mais jouant de cette coquetterie. Lorsqu’Adrian Marthaler a adapté pour la télévision son œuvre orchestrale «Breaks and Takes», Ringger y joua le rôle d’un compositeur mélancolique à la Frederick Delius, se prélassant au bord d’une piscine.

«J’adore minauder. C’est aussi cela qui donne à mes productions leur aspect léger et ludique. Le public apprécie et en plus j’ai du plaisir à le faire!», avait-il dit lors d’une conversation. «Cet aspect du narcissisme est, sans jugement de valeur, très perceptible chez moi.» J’aimais chez lui cette autodérision très naturelle. Il apportait une couleur très personnelle et bien visible à la scène musicale zurichoise qui tend davantage à la modestie; il était sophistiqué, polyvalent, urbain, même s’il passait tous ses étés à Capri, où il créa de nombreux univers sonores sensuels. Le compositeur a lui-même largement contribué à entretenir cette image.

Un artiste des sons et des mots

Mais Ringger était également un Zurichois. C’est dans cette ville qu’il est né le 6 avril 1935; c’est ici qu’il a grandi, vécu et travaillé en tant qu’artiste des sons et des mots. Il a fréquenté le gymnase de Küsnacht. Au séminaire de musicologie de Kurt von Fischer à Zurich, son travail de fin d’études porta sur les Lieder pour piano de Webern. Il a également travaillé durant des décennies pour la «Neue Zürcher Zeitung» en tant que critique musical, en livrant des textes élégants et percutants, parfois délibérément lacunaires. Il a aussi dressé très tôt le portrait de certains compositeurs qui ne furent vraiment reconnus que plus tard, comme par exemple Edgard Varèse, Charles Ives, Erik Satie et Othmar Schoeck. A côté des grands personnages, il y a les originaux, et il a volontiers pensé aux nostalgiques, parmi lesquels il se comptait probablement lui-même. Il a regroupé ces portraits dans des publications telles que le recueil d’essais «Von Debussy bis Henze».

Ringger a suivi très tôt des cours de composition privés auprès de Hermann Haller. Dans le cadre des cours de vacances de Darmstadt, il a étudié auprès de Theodor W. Adorno et Ernst Krenek; peu après encore un semestre auprès de Hans Werner Henze à Rome. C’étaient des antipodes esthétiques, car Henze s’était déjà retiré de la scène avant-gardiste à cette époque. Bien que Ringger ait dit plus tard, avec un sourire suffisant et plein d’espoir, qu’il s’était mieux entendu avec Adorno qu’avec Henze, comme ce dernier, il s’est néanmoins écarté des techniques strictement sérielles et s’est tourné vers un langage sonore plus sensuel. On peut d’ailleurs l’entendre dans ses titres: «… vagheggi il mar e l’arenoso lido …» pour orchestre (1978), «Souvenirs de Capri» pour soprano, cor et sextette à cordes (1976–77), «Ode ans Südlicht» pour chœur et orchestre (1981) ou encore «Addio!» pour cordes et cloches tubulaires. Avec «Der Narziss» (1980), «Ikarus» (1991), et «Ippòlito» (1995), il a créé trois œuvres pour ballet. Il n’a apparemment jamais essayé d’aborder les grandes formes musicales dramatiques.

Langage sonore sensuel

Succédant à Henze, Ringger fut l’un des premiers à utiliser à nouveau des éléments de musique néotonale dans les années 70, mais très tôt par rapport à la tendance générale. A l’époque, j’avais publié une critique plutôt virulente dans ce sens. Il a naturellement fait part de sa vexation avec l’autodérision qui le caractérisait. Et pourtant, quelques années plus tard, il y est revenu avec plaisir et a fièrement mis en évidence que je l’avais désigné comme le premier compositeur de musique néotonale du pays. Le virage postmoderne lui avait donné raison.

Sa musique aimait jouer avec les citations (Debussy par exemple), recourait à des couleurs impressionnistes ou à des gestes très romantiques, tout en restant limpide et légère. Je l’apprécie surtout en tant que flâneur urbain. Pas lorsqu’il réunit des coupures de journaux en un collage («Chari-Vari-Etudes», «Vermischtes») pour chœur de chambre, de manière un peu enfantine, mais plutôt dans ses promenades musicales. Dans «Manhattan Song Book» (2002) pour soprano, trois voix et cinq instruments, il est en balade à New York, il observe, note et commente en onze chansons, de manière insolente et insouciante, là aussi avec la coquetterie de celui qui se contemple dans un miroir. Quand une dame peu sympathique, décrite comme une «crazy witch», lui demande s’il est le «famous composer», il répond laconiquement: «No, it’s my cousin.»
Maintenant, il n’est plus là. «Lumière!», peut-on lire tout en haut de l’avis mortuaire; puis deux phrases: «Il aimait le soleil méditerranéen, la musique et la jeunesse. Il remercie toutes celles et tous ceux qui lui ont fait du bien dans la vie et qui ont soutenu sa musique.» Il manquera à Capri. Son «Notizario caprese» (2004) se terminait par les mots suivants «(très calme, presque sans pathos): Se non c’è Amore, tutto è sprecato. (très sobre) Là où il n’y a pas d’amour, tout est vain. Epitaphe à Capri; vers 2020.»

Cet hommage de Thomas Meyer a paru tout d’abord dans la «Revue musicale suisse», No 9/10 de septembre/octobre 2019.

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Le compositeur et journaliste musical zurichois Rolf Urs Ringger est décédé le 26 juin 2019 à l’âge de 84 ans. Hommage par Thomas Meyer, contributeur invité

Rolf Urs Ringger: Là où il nʼy a pas dʼamour, tout est vain

Rolf Urs Ringger était membre de SUISA depuis 1960. (Photo: Keystone / Gaëtan Bally)

Dans ses jeunes années, il avait le projet d’écrire un roman intitulé «Le Dandy»: le personnage principal y aurait pris un taxi pour se rendre à l’opéra. Ce livre aurait dû traiter de ce court et pourtant interminable voyage – et probablement aussi un peu de lui-même. Peu importe qu’il s’agisse d’une invention ou s’il se trouvera effectivement dans la succession l’ébauche d’un roman : Rolf Urs Ringger savait bien entendu qu’une telle anecdote donnerait du grain à moudre au journaliste. Malicieusement, il imaginait comment le profil du dandy Ringger prenait forme et...Continuer

Omaggio a Claudio Taddei

Lo scorso 9 agosto, all’età di 52 anni, è morto il cantautore e pittore Claudio Taddei. Omaggio di Rossana Taddei e Sara Ravarelli – Vous trouvez le texte en français en dessous.

Omaggio a Claudio Taddei

Rossana e Claudio Taddei. (Foto: Alejandro Persichetti)

Nato in Uruguay da famiglia ticinese, Claudio cresce tra il Ticino e il paese sudamericano, dove intraprende una fortunata carriera musicale che lo porta a raggiungere i vertici delle classifiche sudamericane. Nel 2002, quando in Uruguay Claudio è considerato una vera e propria star, viene colpito da un grave problema di salute che lo riporta in Svizzera. Qui alterna periodi di impegnative terapie mediche a periodi densi di concerti e performance artistiche, diventando anche in Ticino, in pochissimi anni, un personaggio popolare, un musicista conosciuto e un pittore molto apprezzato.

Claudio Taddei aveva iniziato a coltivare sin dall’infanzia la sua passione per la musica con la sorella Rossana. Anche Rossana Taddei vanta un’importante carriera musicale in Uruguay. Iscritta alla SUISA da diversi anni, Rossana ha voluto condividere con noi questo suo tenero e personale ricordo di Claudio, come fratello e come artista. (Sara Ravarelli)

Caro fratello, amico, compagno di un viaggio pieno di avventure e di sogni

Un sole, una stella gigante piena di luce.
Hai sempre amato percorrere i destini del sole e ora torni a lui.
L’ addio non esiste perché vivi in tutte le tue canzoni, in ogni pennellata, nei tuoi colori, nella nostra mente e nel nostro cuore.
Caro fratello, amico, compagno di un viaggio pieno di avventure e di sogni, complici eterni, come due gemelli.
I tuoi occhi vivaci, sorridenti e curiosi rispecchiano il sorriso aperto del tuo cuore-bussola. Hai raccontato e cantato la tua storia, la tua allegria, la tua tristezza, la tua bontà.
Che la tua mano sincera guidi ora il cammino di tutti noi che ti abbiamo amato e che vogliamo ricominciare a camminare, ad andare avanti cercando di accogliere il dolore e il vuoto della tua assenza.
Mi mancherai, ci mancherai. Riempirò lo spazio cantando e raccontando la nostra storia, il nostro essere fratello e sorella (o come dicevi tu il nostro essere «fratella e sorello»).
Creare ci salva sempre e sempre ci ha salvati.
Creare ci unisce sempre e sempre ci ha uniti.
È stato il filo conduttore più potente del nostro legame e quello che sempre ci unirà.
Ogni immagine che mi regalano i ricordi inizia e finisce con un sorriso del cuore.

Intensamente tranquillo
Inquietamente intenso
Silenziosamente rumoroso
Disordinatamente ordinato
Appassionatamente calmo
Quietamente appassionato
Testardamente timido
Timidamente esuberante
Ti conosco come la mia mano, fratello mio, e ti ignoro nella profondità e nell’infinito che sei stato e continui ad essere.

Grazie per essere stato un Maestro; la vita è un regalo: bisogna capire come affrontarla affinché il regalo si converta in luce.

«Te toca la pena, también la alegría y el amor. No dejes que nada espere, la vida hace siempre lo que quiere, más vale echarle picante y hacer que las cosas se vivan bien pa’delante.»

Rossana Taddei
(traduzione di Franca Taddei)


Hommage à Claudio Taddei

Le 9 août dernier, Claudio Taddei, auteur-compositeur-interprète et peintre, est décédé à l’âge de 52 ans. Hommage de Rossana Taddei et Sara Ravarelli

Hommage à Claudio Taddei

Rossana et Claudio Taddei. (Photo: Alejandro Persichetti)

Né en Uruguay dans une famille tessinoise, Claudio a grandi entre le Tessin et ce pays d’Amérique du Sud où il entreprit une carrière musicale réussie qui le porta en tête des classements sud-américains. En 2002, alors que Claudio est considéré comme une véritable star en Uruguay, il est touché par un grave problème de santé qui le contraint alors à rentrer en Suisse où il jongle entre des périodes de lourds traitements médicaux, des activités artistiques et des concerts. En quelques années seulement, il devient ainsi une personnalité populaire, un musicien célèbre et un peintre très apprécié, également au Tessin.

Claudio Taddei découvre et cultive sa passion pour la musique déjà depuis son enfance, en compagnie de sa sœur Rossana. Rossana Taddei, elle aussi, entreprit une importante carrière musicale en Uruguay. Membre SUISA depuis plusieurs années, Rossana a souhaité partager avec nous son souvenir affectueux et personnel de Claudio, en tant que frère et artiste inoubliable. (Sara Ravarelli)

Très cher frère, ami, compagnon de ce voyage aventureux et extraordinaire

Comme le soleil, une immense étoile remplie de lumière.
Tu as toujours aimé parcourir les voies ensoleillées et aujourd’hui, tu te tournes vers cet astre lumineux.
Il n’est pas question de te dire adieu car tu vis dans chacune de tes chansons, dans chaque coup de pinceau, dans tes couleurs, dans notre esprit et notre cœur.
Très cher frère, ami, compagnon de ce voyage aventureux et extraordinaire, tel un frère jumeau, compagnon éternel.
Ton regard étincelant, souriant et curieux reflète la générosité de ton cœur et agit telle une boussole sur mon chemin. Dans tes chansons, tu racontes ta vie et chantes la joie, la tristesse et la bonté.
Que ta main sincère nous montre aujourd’hui le chemin, à nous tous qui t’avons aimé et qui voulons maintenant repartir pour surmonter la douleur et le vide que tu laisses derrière toi.
Tu vas me manquer, tu vas nous manquer. Je remplirai l’espace en chantant et en racontant notre histoire, notre passé de frère et sœur (ou comme tu disais, notre passé de «frœur et sère»).
La création nous sauve toujours et nous a toujours sauvés.
La création nous unit toujours et nous a toujours unis.
Ce fut le fil conducteur le plus puissant de notre relation et celui qui nous unira toujours.

Nos souvenirs illumineront à tout jamais mon cœur.

Intensément tranquille
Nerveusement intense
Silencieusement bruyant
Confusément ordonné
Passionnément calme
Paisiblement passionné
Obstinément timide
Timidement exubérant

Je te connais comme la paume de ma main, mon frère, et je t’ignore dans la profondeur et l’infini que tu as été et seras toujours.

Merci d’avoir été un Maestro; car la vie est un cadeau: il faut comprendre comment l’affronter pour que ce cadeau se transforme en lumière.

«Te toca la pena, también la alegría y el amor. No dejes que nada espere, la vida hace siempre lo que quiere, más vale echarle picante y hacer que las cosas se vivan bien pa’delante.»

Rossana Taddei

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Omaggio a Claudio Taddei

Rossana e Claudio Taddei. (Foto: Alejandro Persichetti)

Nato in Uruguay da famiglia ticinese, Claudio cresce tra il Ticino e il paese sudamericano, dove intraprende una fortunata carriera musicale che lo porta a raggiungere i vertici delle classifiche sudamericane. Nel 2002, quando in Uruguay Claudio è considerato una vera e propria star, viene colpito da un grave problema di salute che lo riporta in Svizzera. Qui alterna periodi di impegnative terapie mediche a periodi densi di concerti e performance artistiche, diventando anche in Ticino, in pochissimi anni, un personaggio popolare, un musicista conosciuto e un pittore molto apprezzato.

Claudio Taddei aveva iniziato a coltivare...Continuer

Michel Legrand, toute sa vie pour la musique

Michel Legrand est décédé le 26 janvier 2019 à l’âge de 86 ans. Le compositeur laisse derrière lui 60 ans d’une carrière prestigieuse qui lui a valu une renommée mondiale. Le maître au tempérament de feu a mené son existence à la baguette. Hommage par Bertrand Liechti, membre du conseil de SUISA

Michel Legrand, toute sa vie pour la musique

Michel Legrand, photographié ici le 17 mai 2017 avant la cérémonie d’ouverture du Festival de Cannes, était membre de SUISA depuis 1998. (Photo: Regis Duvignau / Reuters))

Il est né à Paris dans le quartier de Menilmontant, en 1932, d’une famille de musiciens: son père, Raymond Legrand, était compositeur et chef d’orchestre, son oncle était le chef d’orchestre Jacques Hélian (Der Mikaëlian). Au conservatoire de Paris, il étudie le piano, la trompette et l’écriture dans la classe de Nadia Boulanger. Il se passionne pour le jazz et enregistre même un album à New York (1958), côtoyant des stars de la discipline comme Chet Baker, Miles Davis et John Coltrane. La Nouvelle Vague du cinéma français amorce alors son virage définitif vers le cinéma. Il travaille avec Jean Luc Godard, Claude Chabrol, Jean Paul Rappeneau …

Dans les années 60, Michel Legrand rencontre également Jacques Demy, avec lequel il collabore sur 9 films dont «Les Parapluies de Cherbourg» (1964), Palme d’or à Cannes, «Les Demoiselles de Rochefort» (1967) et «Peau d’Âne» en 1970. La petite histoire retiendra que «Les Parapluies de Cherbourg» et «Les Demoiselles de Rochefort» ont été conçus, scenario, paroles et musique, dans la station valaisanne de Verbier.

«Un géant de la musique et d’un compositeur, jazzman et chef d’orchestre de génie!»

Michel Legrand poursuit ensuite l’aventure à Hollywood où il décroche 3 Oscars pour la bande originale de «L’Affaire Thomas Crown» («The Thomas Crown Affair»,1969), de Norman Jewison, avec le tube «The Windmills of Your Mind» («Les moulins de mon coeur»). Il réitère cet exploit en 1972 pour «Un été 42» («Summer 42») de Robert Mulligan, et en 1984 pour «Yentl» de Barbra Streisand. En parallèle, il enregistra avec des vedettes internationales: Frank Sinatra, Charles Aznavour, Ella Fitzgerald, Claude Nougaro et plus récemment Nathalie Dessay.

J’ai eu personnellement le privilège de superviser, en mars 2018, sa composition pour le dernier film –inédit – d’Orson Wells, «The Other Side of the Wind», pour Netflix. Pour l’anecdote, les héritiers du grand cinéaste américain avaient découvert dans un carnet de notes accompagnant ce drame inachevé, une inscription intimant un ordre d’outre-tombe: «Appelez Michel Legrand!»

Après 20 ans de collaboration avec Michel Legrand, je garderai le souvenir d’un géant de la musique et d’un compositeur, jazzman et chef d’orchestre de génie!

www.michellegrandofficial.com

Michel Legrand est devenu membre SUISA en 1998. En 2002, le compositeur français a été récompensé pour ses œuvres à l’occasion du Festival International du Film de Locarno par la FONDATION SUISA, Fondation de musique de SUISA.
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Michel Legrand est décédé le 26 janvier 2019 à l’âge de 86 ans. Le compositeur laisse derrière lui 60 ans d’une carrière prestigieuse qui lui a valu une renommée mondiale. Le maître au tempérament de feu a mené son existence à la baguette. Hommage par Bertrand Liechti, membre du conseil de SUISA

Michel Legrand, toute sa vie pour la musique

Michel Legrand, photographié ici le 17 mai 2017 avant la cérémonie d’ouverture du Festival de Cannes, était membre de SUISA depuis 1998. (Photo: Regis Duvignau / Reuters))

Il est né à Paris dans le quartier de Menilmontant, en 1932, d’une famille de musiciens: son père, Raymond Legrand, était compositeur et chef d’orchestre, son oncle était le chef d’orchestre Jacques Hélian (Der Mikaëlian). Au conservatoire de Paris, il étudie le piano, la trompette et l’écriture dans la classe de Nadia Boulanger. Il...Continuer

Les chansons de Charles Aznavour sont une partie de notre identité collective

Charles Aznavour était membre de SUISA depuis 1976 et comptait parmi nos membres les plus célèbres. Les innombrables hommages qui résonnent depuis le jour de son décès sur toutes les chaines de radio et de télévision du monde entier et dans la presse internationale nous rappellent, s’il le fallait, l’ampleur de sa renommée et nous donnent aussi plusieurs leçons. Hommage par Xavier Dayer, Président de SUISA

Les chansons de Charles Aznavour sont une partie de notre identité collective

Charles Aznavour, sur la photo lors d’une représentation au Théâtre royal de Parme le 30 octobre 2009, a écrit les paroles et composé la musique de nombreuses chansons tout au long de sa carrière. (Photo: Fabio Diena / Schutterstock)

Charles Aznavour était un génie du chant et de la scène mais aussi un auteur hors du commun. A de nombreuses reprises il avait souligné lui-même l’aspect essentiel de cette activité.

Dans les archives publiques de la SACEM, nous pouvons trouver son examen d’entrée en 1947 pour accéder à la position d’auteur dans la société française. Oui, à cette époque il en allait ainsi: tout nouveau membre devait passer un examen d’entrée! Il est particulièrement émouvant de lire un texte intitule «Si je voulais», corrigé en rouge par les services de la SACEM.

Cela nous rappelle avec force les étapes progressives franchies par Charles Aznavour, d’une position d’inconnu à la plus haute reconnaissance mondiale. Nous ne pouvons nous empêcher de penser que la trajectoire de ce fils d’immigré arménien est un hymne à l’ouverture de nos sociétés modernes vers l’accueil et la prise de conscience constante que les cultures s’enrichissent par les liens. Un «Charles Aznavour» de demain est peut-être à cet instant sur un bateau traversant la méditerranée.

Ainsi cette voix au «grain de sable» et ces chansons aux textes et mélodies si marquantes sont aujourd’hui une partie de nous et de notre identité collective. Notre «aujourd’hui» est habité par l’œuvre de Charles Aznavour et son parcours donne un message d’espoir à tous les créateurs.

Les mots sont toujours peu de chose face à la force de l’expression musicale. Ils ne peuvent parvenir à exprimer l’ampleur de la reconnaissance que SUISA lui doit d’avoir été sa société de gestion pour les droits d’auteur. C’est un immense honneur et nous adressons nos messages de condoléances à ses proches.

www.aznavourfoundation.org

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Charles Aznavour était membre de SUISA depuis 1976 et comptait parmi nos membres les plus célèbres. Les innombrables hommages qui résonnent depuis le jour de son décès sur toutes les chaines de radio et de télévision du monde entier et dans la presse internationale nous rappellent, s’il le fallait, l’ampleur de sa renommée et nous donnent aussi plusieurs leçons. Hommage par Xavier Dayer, Président de SUISA

Les chansons de Charles Aznavour sont une partie de notre identité collective

Charles Aznavour, sur la photo lors d’une représentation au Théâtre royal de Parme le 30 octobre 2009, a écrit les paroles et composé la musique de nombreuses chansons tout au long de sa carrière. (Photo: Fabio Diena / Schutterstock)

Charles Aznavour était un génie du chant et de la scène mais aussi un auteur hors du commun. A de nombreuses reprises il avait souligné lui-même l’aspect essentiel...Continuer

«Le violoncelle s’exprime telle une personne»

Beat Richner, pédiatre de profession, fut également musicien durant toute sa vie. Dès 1972, il se produisit sous le nom d’artiste «Beatocello». Il composa lui-même les musiques et textes de nombreuses œuvres de ses spectacles de cabaret poétique. Membre de SUISA depuis de nombreuses années, il est décédé dans la nuit du dimanche 9 septembre 2018 à l’âge de 71 ans. Texte de Manu Leuenberger

Beat Richner: «Le violoncelle s’exprime telle une personne»

Le pédiatre et musicien Beat Richner -ici dans une scène du film «L’Ombrello di Beatocello» de Georges Gachot- était membre de SUISA depuis 1978. (Photo: Gachot Films / www.lombrellodibeatocello.com)

Beat Richner naît le 13 mars 1947 et grandit à Zurich. Après la maturité, il se consacre à la musique pendant un an. A l’âge de 19 ans, il se produit en public dans le cadre du spectacle «Träumerei eines Nachtwächters» (Rêverie d’un veilleur de nuit). Il entame ensuite des études de médecine, durant lesquelles il invente le personnage du clown musicien «Beatocello». Sous ce pseudonyme, Beat Richner devient alors connu dans le monde du cabaret en Suisse. Son engagement humanitaire au Cambodge le rend également célèbre à l’étranger.

En 1978, Beat Richner devient membre de SUISA. Il compose la musique et écrit les textes des chansons qu’il crée principalement pour ses représentations en tant que «Beatocello». Ses compositions, comme «Chatz und Muus», «SʼTröpfli», «Zirkus», «Doctor PC», «De Sprinti und de Läbi» ou encore «Dong und Deng», sont immortalisées sur différents CD. Sur d’autres enregistrements, le violoncelliste interprète également des œuvres de Bach, Vivaldi et Bruch.

Le violoncelle accompagnera Beat Richner tout au long de sa vie. Lors d’une interview pour le «Schweizer Illustrierte», il expliquait en jouer 30 à 40 minutes par jour, afin de se préparer pour les représentations qu’il donnait tous les samedis à Siem Reap (Cambodge) devant des personnes du monde entier. Ces concerts lui permettaient d’informer sur les hôpitaux qu’il avait fondés lui-même et de récolter des fonds pour ces derniers. «Le violoncelle s’exprime telle une personne,», déclarait Beat Richner durant l’interview. «D’une voix simple, chaleureuse et familière, qui réconforte.»

www.beat-richner.ch

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  1. Dodo Leo dit :

    An Beatocello erinnere ich mich oft, immer wieder gerne und, als wenn es gestern gewesen wäre, dass ich seine Lieder gehört habe.
    Das trifft es aber eigentlich nicht ganz, viel mehr war Hr. Richners Figur eine ständige und haltgebende Begleitung meiner Kindheit. Der Umstand, warum ich seiner Musik und Geschichten als Kind begegnete, kommt daher, dass ein erheblicher Teil dieser Kindheit – vor allem in der früheren Phase – im Kinderspital stattfand. Ich hatte ein kleines, silbergraues Kassettengerät, mit dem man nur vorwärt spulen konnte, und das ein bisschen schepperte. Das machte mir nichts aus, denn was ich hörte, war viel mehr als Musik. Es waren Gefühle des Trostes, Linderung der Angst.
    Wenn Hr. Richner in dem Interview mit der »Schweizer Illustrierten« davon sprach, das Cello würde « sprechen wie ein Mensch », dann kann ich das nur bestätigen. Für mich war es ganz genau so, ich erinnere mich gut. Einmal, so meine ich mich jedenfalls ebenfalls erinnern zu können, war er sogar bei uns auf der Station. Aber, vielleicht ist das auch Wunschdenken eines Erwachsenen, der sich wünscht, es wäre damals so gewesen. Irgendwie war er sowieso immer da.
    Ich halte inne und senke mein Haupt, verbeuge mich in tiefer Annerkennung und Dankbarkeit an einen selbstlosen Mann, der mir und vielen anderen im Leben so viel gegeben hat und sage; Danke Hr. Richner.
    Dodo Leo

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Beat Richner, pédiatre de profession, fut également musicien durant toute sa vie. Dès 1972, il se produisit sous le nom d’artiste «Beatocello». Il composa lui-même les musiques et textes de nombreuses œuvres de ses spectacles de cabaret poétique. Membre de SUISA depuis de nombreuses années, il est décédé dans la nuit du dimanche 9 septembre 2018 à l’âge de 71 ans. Texte de Manu Leuenberger

Beat Richner: «Le violoncelle s’exprime telle une personne»

Le pédiatre et musicien Beat Richner -ici dans une scène du film «L’Ombrello di Beatocello» de Georges Gachot- était membre de SUISA depuis 1978. (Photo: Gachot Films / www.lombrellodibeatocello.com)

Beat Richner naît le 13 mars 1947 et grandit à Zurich. Après la maturité, il se consacre à la musique pendant un an. A l’âge de 19 ans, il se produit en public dans le cadre du spectacle «Träumerei...Continuer