Archive de tag: Fondation d’encouragement de la musique

Retour sur l’Assemblée générale 2019 de SUISA

Environ 150 membres de SUISA ayant un droit de vote ont assisté le 21 juin 2019 à l’assemblée générale ordinaire au centre des congrès de Bienne et ont déterminé le sort de leur coopérative. Ils ont notamment élu Sylvie Reinhard et Grégoire Liechti au Conseil. Dans le cadre de la révision du droit d’auteur, les membres de SUISA ont en outre adopté une résolution visant à faire bénéficier les créateurs de musique de conditions équitables. Texte de Giorgio Tebaldi

Retour sur l’Assemblée générale 2019 de SUISA

Les membres de SUISA lors du vote du Conseil pour le mandat 2019-2023 à l’assemblée générale de SUISA 2019 le 21 juin 2019 dans la salle de concert du centre des congrès de Bienne. (Photo: Sibylle Roth)

«Sphérique, mais plus anguleuse que le trip-hop, davantage chargée en émotion que la musique pop et aussi organique que le folk», a affirmé le vice-président sortant de SUISA Marco Zanotta lors de son allocution pour décrire la musicienne zurichoise Annakin qui a ouvert l’assemblée générale de SUISA. Assistée du guitariste Simon Rupp, de Philipp Kuhn au clavier et du beatboxer Marzel (alias Marcel Zysset), Annakin, de son vrai nom Ann Kathrin Lüthi, a interprété des chansons issues de son dernier album «The End of Eternity» et «Sting Of Love» de son œuvre «Stand Your Ground» parue en 2014.

Pendant la phase de conversion qui a suivi le petit concert, les membres de SUISA présents, les invités et les collaborateurs de SUISA ont pu voir dans une vidéo comment est née la chanson «She Got Me», que Luca Hänni a chantée pour la Suisse au Concours de l’Eurovision de cette année. La chanson a été composée en juin 2018 au SUISA Songwriting camp par le membre SUISA Luca Hänni accompagné des auteurs-compositeurs canadiens Laurell Barker et Frazer Mac ainsi que du producteur suédois Jon Hällgren. La chanson «She Got Me» a atteint une excellente quatrième place au concours de l’Eurovision . Elle a été streamée plus de 30 millions de fois et a été numéro 1 au hit-parade suisse des singles.

Plus de femmes dans la musique

Lors de son allocution de bienvenue, le président de SUISA, Xavier Dayer, a saisi l’occasion de la Journée nationale de la grève des femmes qui avait eu lieu une semaine plus tôt pour parler de la proportion de femmes dans la musique. Chez SUISA, cette proportion dépasse déjà les 16% mais il reste encore un important potentiel d’amélioration. C’est l’une de raisons pour lesquelles SUISA s’est engagée en 2019 dans un partenariat avec Helvetia Rockt, le service de coordination et de mise en réseau pour musiciennes de jazz, de pop et de rock et qu’elle l’avait invitée à participer à l’assemblée générale par le biais d’un stand d’information.

Il s’agissait ensuite d’approuver les comptes annuels et le rapport de gestion. Comme SUISA avait établi pour la première fois en 2018 les rapports financiers pour le compte de ses deux filiales SUISA Digital Licensing AG et Mint Digital Services, il a également fallu les approuver. L’assemblée générale a par ailleurs accordé la décharge au Conseil, à la direction et à l’organe de révision pour l’exercice écoulé et a confirmé le mandat de l’organe de révision (BDO) pour 2019.

Sylvie Reinhard et Grégoire Liechti élus au Conseil

Cette assemblée générale a été la dernière pour Bertrand Liechti et Marco Zanotta, deux membres de longue date du Conseil, qui quittent l’organe suprême de direction de SUISA après 20 ans de bons et loyaux services en raison de la limitation de la durée des mandats. Pour les remplacer, les membres de SUISA présents ont élu au Conseil l’entrepreneuse et présidente du Conseil d’administration du magazine numérique Republik Sylvie Reinhard et l’éditeur de musique genevois Grégoire Liechti. Les douze autres membres du Conseil ainsi que les membres de la commission de répartition et des œuvres ont été confirmés dans leurs mandats à l’unanimité. L’assemblée générale a par ailleurs élu Marco Zanotta à la commission des plaintes créée en 2018, suivant ainsi la recommandation du Conseil de SUISA.

Du fait des statuts de SUISA révisés en 2018 et des responsabilités étendues de l’AG qui en ont découlé, les membres présents ont statué sur le règlement d’indemnisation pour les membres du Conseil et pour ses commissions ainsi que sur la politique générale de placement de SUISA.

Résolution pour une loi sur le droit d’auteur équitable

Dans son exposé en tant qu’invitée, Géraldine Savary, Conseillère aux Etats et membre du Conseil de SUISA, a évoqué la révision en cours de la loi sur le droit d’auteur (LDA). Elle a notamment abordé deux points critiques pour les créateurs de musique: premièrement, si le Conseil national s’impose, les hôteliers, les propriétaires de logements de vacances, les hôpitaux et les prisons ne devraient plus payer de redevance de droits d’auteur lorsque leurs hôtes, patients et détenus écoutent de la musique ou visionnent des films sur les radios et les appareils télévisés mis à disposition. D’autre part, la LDA prévoit une nouvelle rémunération pour la vidéo à la demande (VoD) qui apporte certes une amélioration pour les créateurs de films mais qui se révèle contreproductive pour les créateurs de musique, ces derniers ayant déjà négocié des solutions contractuelles avec les plateformes de VoD. L’utilisation de la musique doit donc être retirée de cette règlementation portant sur la VoD. Pour informer le Conseil national de l’importance de ces deux points lors de la session d’automne à venir, une résolution correspondante a été adoptée à l’AG.

Vincent Salvadé, Irène Philipp Ziebold et Andreas Wegelin sont ensuite intervenus sur l’exercice en cours. Urs Schnell, directeur de la FONDATION SUISA, s’est ensuite exprimé sur l’exercice de la fondation pour la promotion de la musique de SUISA.

Xavier Dayer a conclu l’assemblée générale vers 14 h et a évoqué la prochaine qui se tiendra le vendredi 26 juin 2020 au Bierhübeli à Berne.

Les participants ont ensuite profité du cocktail dînatoire pour échanger avec les collaborateurs de SUISA, les invités ou des collègues dans le foyer du centre des congrès, pour signer la résolution, pour s’informer au stand de Helvetia Rockt à propos de ses projets, voire lancer de nouveaux projets musicaux.

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Environ 150 membres de SUISA ayant un droit de vote ont assisté le 21 juin 2019 à l’assemblée générale ordinaire au centre des congrès de Bienne et ont déterminé le sort de leur coopérative. Ils ont notamment élu Sylvie Reinhard et Grégoire Liechti au Conseil. Dans le cadre de la révision du droit d’auteur, les membres de SUISA ont en outre adopté une résolution visant à faire bénéficier les créateurs de musique de conditions équitables. Texte de Giorgio Tebaldi

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Les membres de SUISA lors du vote du Conseil pour le mandat 2019-2023 à l’assemblée générale de SUISA 2019 le 21 juin 2019 dans la salle de concert du centre des congrès de Bienne. (Photo: Sibylle Roth)

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Du plaisir sans fin d’expérimenter

Le duo Eclecta, composé d’Andrina Bollinger et Marena Whitcher, qui vivent à Zurich et à Winterthour, réalise des expérimentations sonores ne répondant à aucune définition usuelle, et recherche l’échange interdisciplinaire avec d’autres formes d’art. La FONDATION SUISA soutient financièrement ce projet par une contribution Get Going!. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Eclecta: Du plaisir sans fin d’expérimenter

Le duo Eclecta. (Photo: Andrea Ebener)

Là où les définitions verbales des différents arts implosent, là où les catégorisations stylistiques font figure de reliques des temps passés, là où tout peut prendre son envol pour se muer en motifs toujours renouvelés: c’est là, précisément, que le duo Eclecta se sent chez lui. Eclecta, ce sont Andrina Bollinger et Marena Whitcher, deux solistes multi-instrumentistes et chanteuses, qui se décrivent à l’unisson comme «simplement curieuses». La description est bien modeste. Ce qui les pousse toutes deux à avancer est le plaisir pur d’expérimenter. À bientôt trente ans, si les deux artistes n’ont rien perdu de leur capacité d’émerveillement enfantine, elles savent y associer une réflexion mature et parviennent toujours à intégrer de nouveaux éléments à leur art tout en veillant à ce qu’il reste homogène.

Andrina Bollinger et Marena Whitcher ont fait connaissance à l’école de jazz; en réalité, il s’agissait de retrouvailles. «Nous nous étions rencontrées au Circolino Pipistrello lorsque nous étions enfants», raconte la première. Et la seconde d’ajouter en riant: «Mais nous ne nous en sommes rendu compte que plus tard.» On n’échappe pas à son destin, et ce qui devait arriver arriva: «Un jour, Marena a été appelée pour donner un concert en solo, mais elle avait trop peu de matière pour se produire seule sur scène. Elle m’a donc invitée à la rejoindre. Nous avons mis nos chansons en commun, c’est ainsi que tout a commencé», relate Andrina Bollinger.

En 2016, leur premier album se nomme «A Symmetry», et le jeu de mots du titre n’est pas que programmatique, les deux femmes étant farouchement indépendantes de nature et dans leur art, et suivant chacune leur propre voie à travers de multiples collaborations et représentations en solo. «Dès le début, nous avons joué avec la juxtaposition de deux personnalités complètement dissemblables. Eclecta se nourrit de cette dualité, de cette asymétrie, mais en même temps, nous avons la faculté de nous fondre l’une dans l’autre», expliquent Marena Whitcher et Andrina Bollinger. «Nous pouvons nous accorder vocalement de manière à ce qu’il soit presque impossible de nous distinguer. Le titre de l’album reflète ce jeu permanent entre symétrie et asymétrie.»

Ces quinze chansons, qui, comme dit plus haut, échappent à toute catégorisation et cartographient consciemment les interstices stylistiques propices à l’expérimentation, forment à l’arrivée un kaléidoscope chatoyant d’euphorie et de mélancolie, de plaisir et de réflexion. «A Symmetry» a beau impressionner toujours autant à l’écoute, trois ans après sa parution, et révéler sans cesse des détails neufs, pour ses créatrices, ce disque ne représente aujourd’hui plus qu’un instantané de leur processus artistique. «Sur notre prochain album, qui paraîtra probablement début 2020, nous voulons aller plus loin encore dans ce jeu, de manière à ce que tout s’engrène et s’imbrique encore davantage.»

«La contribution Get Going! nous offre quelque chose de précieux: du temps. Car d’ordinaire nous ne sommes pas payées pour le nombre incroyable d’heures que nous investissons pour explorer des thèmes, effectuer des recherches et écrire des chansons.»

À quel genre de sons nos oreilles doivent-elles s’attendre? «C’est encore un secret pour l’instant», répondent les deux jeunes femmes, taquines. Pour ce qui est de leurs influences, elles vont des sujets sociétaux à la philosophie en passant par la peinture, le théâtre, la performance artistique et la littérature. Marena Whitcher, qui a des origines américaines de par son père, adore les surréalistes, et pose dans ses concerts des questions comme «Qu’est-ce qu’un monstre aujourd’hui, et pourquoi en avons-nous besoin?» ou «Avoir des problèmes de luxe et faire de l’art: est-ce compatible?». Andrina Bollinger aussi a à cœur d’intégrer l’actualité politique et sociétale dans son travail. Elle aborde des thèmes comme le changement climatique, la liberté d’opinion ou encore la numérisation, et recherche des lieux où nous échappons au contrôle des chiffres et des codes. Elle vit entre Zurich, Berlin et l’Engadine où elle a ses racines, et tente de capturer les sons de ces différents lieux avec un enregistreur à zoom parce que, dit-elle, «l’endroit où l’on se trouve est décisif lorsqu’on crée».

La scène est aussi l’un de leurs terrains de jeu créatif. Avec des instruments et des costumes qu’elles fabriquent elles-mêmes, les deux artistes font d’une représentation une sorte d’œuvre d’art totale. Elles souhaitent également utiliser davantage à l’avenir la vidéo pour rendre leur musique visible. Mais ce n’est là qu’une des mille et une idées qui agitent les deux artistes. En fin de compte, Eclecta entend aussi lutter contre une certaine tendance actuelle: «Dans notre société individualiste, chacun ne se préoccupe plus que de lui-même, sans jamais tourner son regard vers l’extérieur. Pourtant l’interaction sociale est un besoin ancestral de l’être humain», souligne Marena Whitcher, et Andrina Bollinger ajoute: «Je considère que l’une de nos missions est de proposer à travers notre art une réflexion sur le monde, une autre manière de penser.»

La contribution Get Going! de la FONDATION SUISA représente à leurs yeux une libération extrême. «Elle nous offre quelque chose de précieux: du temps», explique Andrina Bollinger. «Exactement, confirme Marena Whitcher, car d’ordinaire nous ne sommes pas payées pour le nombre incroyable d’heures que nous investissons pour explorer des thèmes, effectuer des recherches et écrire des chansons.» Vu comme cela, le duo Eclecta constitue pour ainsi dire le bénéficiaire idéal de ce type d’encouragement, car les deux jeunes femmes défrichent des terres encore vierges. Désormais, elles ne courent plus le risque de se retrouver seules dans le désert avec leur soif d’expérimentation.

www.eclecta.ch

C’est en 2018 que la FONDATION SUISA a commencé à allouer ses nouvelles contributions à la création. Dans le cadre de «Get Going!», elle finance des processus créatifs et artistiques qui se situent hors des catégories usuelles. Nous consacrons une série de portraits aux bénéficiaires de ces contributions Get Going!.


Un infinito desiderio di sperimentare

Il duo Eclecta, formato da Andrina Bollinger di Zurigo e Marena Whitcher di Winterthur, sperimenta suoni che esorbitano dalle definizioni convenzionali, cercando lo scambio interdisciplinare con altre forme d’arte. La FONDATION SUISA sostiene quest’opera con il contributo finanziario «Get Going!». Contributo ospite di Rudolf Amstutz

Eclecta: Un infinito desiderio di sperimentare

Il duo Eclecta. (Foto: Andrea Ebener)

Laddove implodono le definizioni verbali delle diverse arti, dove le categorizzazioni stilistiche non sono altro che reliquie di un tempo passato, dove è possibile spiegare le ali in totale libertà, librandosi incessantemente all’interno di modelli sempre nuovi – quello è il luogo in cui il duo Eclecta si sente a casa. Il duo è formato da Andrina Bollinger e Marena Whitcher, entrambe soliste, polistrumentiste e cantanti. Due artiste – così si definiscono all’unisono – «semplicemente curiose». Ma una definizione di questo genere non rende loro giustizia: è il puro desiderio di sperimentare a costituire il loro motore trainante. Sebbene entrambe, ormai sulla soglia dei trent’anni, non abbiano ancora smarrito lo stupore tipico dell’età giovanile, sono in grado di affiancarlo a riflessioni mature, incorporando ogni volta elementi aggiuntivi nella loro arte e creando un risultato sempre omogeneo.

Andrina Bollinger e Marena Whitcher si sono conosciute alla scuola di jazz, ma in realtà non era la prima volta che si vedevano. «Ci eravamo già incontrate da bambine al Circolino Pipistrello», ricorda la Bollinger. La Whitcher aggiunge, ridendo: «Ma lo abbiamo scoperto solo in un secondo momento.» Non si può sfuggire al proprio destino, così gli eventi hanno seguito il loro corso: «Quando a Marena è stato chiesto di esibirsi in un concerto da solista, non aveva abbastanza materiale per entrare in scena da sola, così si è rivolta a me. Abbiamo quindi accorpato le nostre canzoni ed è così che tutto ha avuto inizio», racconta la Bollinger.

«A Symmetry» (2016) è stato il nome del loro primo album e il gioco di parole che si cela nel titolo è più di un semplice manifesto, dal momento che le due donne, nel loro stile e nella loro arte, sono individualiste convinte, ciascuna impegnata a seguire la propria strada in numerose collaborazioni ed esibizioni da soliste. «Fin dal principio abbiamo giocato con i due personaggi, completamente diversi tra loro. Eclecta trae la propria linfa vitale da questa dualità, da questa asimmetria, ma allo stesso tempo abbiamo anche la possibilità di fonderci l’una con l’altra», spiega la Whitcher, mentre la Bollinger aggiunge: «Dal punto di vista vocale, possiamo raggiungere un’armonia tale che il pubblico riesce a malapena a distinguerci. Il titolo dell’album descrive questo gioco continuo tra simmetria e asimmetria.»

Le 15 canzoni che, come già accennato, ignorano qualsiasi categorizzazione e scandagliano consapevolmente le faglie stilistiche da cui sgorga la voglia di sperimentare, rappresentano nel loro complesso un cangiante caleidoscopio di euforia e malinconia, di desiderio e riflessività. E così, anche dopo tre anni dalla sua uscita, «A Symmetry» suscita ancora un effetto sorprendente sull’ascoltatore, riuscendo a rivelare dettagli sempre nuovi. Per le due protagoniste, oggi il disco rappresenta però solo un’istantanea del loro processo artistico. «Nel nostro prossimo album, previsto in uscita all’inizio del 2020, vogliamo proseguire questo gioco, rendendo l’intera trama ancora più intrecciata e involuta».

«Il contributo ‹Get Going!› fa dono di una merce assai preziosa: il tempo. Non si viene mai retribuiti per il tempo infinito trascorso ad approfondire argomenti, a fare ricerche e a scrivere canzoni.»

Come tutto ciò si tradurrà in suono «rimane tuttora avvolto nel mistero», rivelano le due artiste, ammiccando. Le fonti da cui traggono ispirazione spaziano dai temi sociali alla pittura, dal teatro alla performance art, dalla letteratura alla filosofia. La Whitcher, di radici americane dal lato paterno, è un’appassionata del surrealismo e, durante le sue esibizioni, approfondisce questioni come «Chi sono i mostri odierni e perché ne abbiamo bisogno?» o «Avere problemi da ricchi e creare arte – i due aspetti sono compatibili?». Anche per la Bollinger è importante integrare nella sua opera argomenti di attualità politica e sociale, affrontando temi quali il cambiamento climatico, la libertà di opinione o la digitalizzazione, alla ricerca di luoghi che non siano dominati da numeri e codici. Si sposta continuamente tra Zurigo, Berlino e il suo paese d’origine in Engadina, cercando di catturare con un registratore digitale i suoni di queste diverse aree poiché, come lei stessa afferma, «il luogo in cui ci si trova è di importanza cruciale, quando si lavora in maniera creativa».

Anche il palcoscenico costituisce uno dei parchi giochi creativi delle due artiste: grazie a strumenti e a costumi di propria realizzazione, sanno trasformare un’esibizione in una sorta di opera d’arte totale. Per questa ragione, in futuro desiderano utilizzare in misura sempre maggiore i video per rappresentare visivamente la loro musica. Ma questo è solo uno delle migliaia di progetti in fase di sviluppo. In fondo, Eclecta dovrebbe rappresentare anche una dichiarazione contro lo spirito del tempo: «Nella nostra società individualistica, dove ognuno vede solo se stesso, lo sguardo verso l’esterno scompare completamente. Eppure la comunità rappresenta un bisogno fondamentale dell’uomo», chiarisce la Whitcher, mentre la Bollinger aggiunge: «Considero uno dei nostri compiti riflettere il mondo nella nostra arte, proponendo schemi di pensiero alternativi.»

In ogni caso, entrambe considerano il contributo «Get Going!» della FONDATION SUISA un’estrema liberazione. «Ci fa dono di una merce assai preziosa: il tempo», dichiara la Bollinger. «Esatto», sottolinea la Whitcher, «non si viene mai retribuiti per il tempo infinito trascorso ad approfondire argomenti, a fare ricerche e a scrivere canzoni». In quest’ottica, Eclecta rappresenta un modello ideale per questo tipo di sostegno, perché le due giovani donne, che si muovono su terreni tuttora inesplorati, pervase dal desiderio di sperimentare, ora non corrono più il rischio di restare incagliate in una terra di nessuno.

www.eclecta.ch

Nel 2018 la FONDATION SUISA ha iniziato ad assegnare nuovi contributi alla creazione. Con il progetto «Get Going!» vengono incentivati finanziariamente processi creativi e artistici che esulano dalle categorie convenzionali. In una serie di ritratti presentiamo i beneficiari dei contributi «Get Going!».

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Le duo Eclecta, composé d’Andrina Bollinger et Marena Whitcher, qui vivent à Zurich et à Winterthour, réalise des expérimentations sonores ne répondant à aucune définition usuelle, et recherche l’échange interdisciplinaire avec d’autres formes d’art. La FONDATION SUISA soutient financièrement ce projet par une contribution Get Going!. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

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Jouer avec l’espace et dans l’espace

Le lieu, le temps et l’espace jouent un rôle central dans le travail du compositeur Beat Gysin. Dans son œuvre en six parties intitulée «Leichtbautenreihe», il conçoit des lieux particuliers dans le but de confronter le public à des expériences sonores et spatiales changeantes. La deuxième partie de son ambitieux projet verra le jour dès 2021. La FONDATION SUISA le soutient financièrement par une contribution Get Going!. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Beat Gysin: Jouer avec l’espace et dans l’espace

Le compositeur bâlois Beat Gysin lors d’un enregistrement en 2010. (Photo: Anna Katharina Scheidegger)

La chimie et la musique ont-elles quelque chose en commun? Si l’on est tenté de répondre «non» de prime abord, le parcours de Beat Gysin dément pourtant cet a priori. Né au sein d’une famille de musiciens, Beat Gysin décide d’étudier la chimie en plus de la composition et de la théorie musicale. L’approche scientifique et l’évaluation empirique d’une approche expérimentale sont pour lui tout aussi importantes que l’élément musical. «Mon but en tant que musicien n’a jamais été de devenir célèbre mais de trouver des réponses avec et dans la musique», explique le Bâlois de 50 ans.

La liste de ses œuvres est impressionnante. Mais plus époustouflante encore est la manière dont il présente ses compositions au public. Beat Gysin se tient invariablement à distance de la reproduction et du son en boîte. Le lieu, le temps et surtout l’espace sont des éléments incontournables de ses performances. À cet égard, Beat Gysin n’est pas «que» compositeur et musicien, et l’on se doit de convoquer des termes comme «chercheur», «architecte», «passeur» et «philosophe» pour appréhender son univers.

«Mon approche est philosophique, en effet, acquiesce-t-il. Je m’intéresse à la perception, et je constate que la musique, dans toute sa réception, est privée de sa dimension spatiale.» Selon Beat Gysin, on sépare aujourd’hui totalement la musique de son exécution. L’artiste attire ainsi l’attention sur un point central de son travail: l’interaction systématique entre l’espace et le son. «Sortir mes morceaux de leur espace reviendrait à transformer une œuvre orchestrale en partition de piano. On reconnaîtrait les notes, certes, mais on n’entendrait pas l’orchestre.»

Avec une rigueur, une méticulosité et une soif d’expérimentation remarquables, Beat Gysin ne cesse à travers ses nombreux projets d’explorer l’interaction complexe entre l’espace, le son et la perception de la musique qui en découle. Le lieu du concert devient une partie intégrante de l’œuvre d’art. Celle-ci offre ainsi au public une expérience sensorielle totalement inédite par laquelle le musicien communique à chaque fois de nouvelles idées, qui donneront à leur tour naissance à de nouvelles approches et de nouveaux projets. «Je veux explorer. Et inventer», explique le compositeur, un tant soit peu laconique. Il n’est d’ailleurs pas obligatoirement au centre de l’attention. Il ne joue souvent qu’un rôle de directeur conceptuel. Pour favoriser les échanges, il a fondé le studio-klangraum ainsi que le festival ZeitRäume à Bâle.

«Sortir mes morceaux de leur espace reviendrait à transformer une œuvre orchestrale en partition de piano. On reconnaîtrait les notes, certes, mais on n’entendrait pas l’orchestre.»

Que ce soit dans des églises dotées chacune de propriétés acoustiques propres, dans des usines hydrauliques vides avec un écho pouvant durer jusqu’à 30 secondes ou encore dans des mines désaffectées où règne un silence presque parfait, Beat Gysin déniche toujours de nouveaux espaces à cartographier au moyen du son. Et lorsque l’espace naturel ne suffit pas, le musicien le construit. Son œuvre en six parties, la «Leichtbautenreihe», est l’une des œuvres centrales de Beat Gysin non seulement en raison du travail qu’elle représente, mais aussi parce qu’elle est une suite logique de celui-ci, le musicien y créant des espaces transportables. Il s’agit de six concepts spatiaux abstraits prenant la forme d’architectures pavillonnaires qui offrent des conditions d’écoute inhabituelles et permettent donc une perception inédite de la musique. «Chronos» était constituée d’une scène tournante ressemblant à un carrousel. Pour «Gitter», les musiciens étaient disposés de manière «sphérique» autour du public. Dans «Haus», les auditeurs se promenaient dans des maisons à la découverte d’espaces sonores. Et dans «Rohre», qui sera présentée prochainement (la première aura lieu en septembre 2019 dans le cadre du festival ZeitRäume, dans la cour intérieure du Kunstmuseum de Bâle), le public et les musiciens se rencontreront, au sens propre du terme, dans des tuyaux géants.

«Pour les deux dernières parties, prévues à compter de 2023, j’ai l’intention de me servir de dispositifs mobiles et d’explorer leur impact sur l’écoute. Dans l’un des deux projets, les musiciens et le public seront assis sur de petits chariots constamment en mouvement et redéfiniront ainsi l’espace en permanence. Et dans le dernier volet, il y aura un espace suspendu qui, comme un ballon, implosera régulièrement et se regonflera», précise Beat Gysin. Des projets aussi ambitieux ne sont pas faciles à financer pour un artiste. «Le besoin se fait sentir dès l’étape de la conception, car celle-ci est coûteuse», reconnaît Beat Gysin, qui ajoute: «La contribution Get Going! de la FONDATION SUISA constitue une réponse idéale à ce problème, car elle finance pour ainsi dire des pré-projets. Ce type d’aide n’existait pas jusqu’ici sous cette forme.»

À l’ère de la «festivalisation de la culture», où les experts en marketing accordent plus d’importance à la forme qu’au contenu, la «Leichtbautenreihe» incarne aussi une forme de résistance artistique. «L’avantage est qu’en tant qu’artiste, je conçois l’événement dans sa globalité», explique Beat Gysin, avant d’ajouter: «Dans ce monde de sollicitations tous azimuts, tout musicien se doit aujourd’hui de veiller à ancrer la musique dans l’espace, car elle ne peut plus être comprise hors de son contexte.»

www.beatgysin.ch

C’est en 2018 que la FONDATION SUISA a commencé à allouer de nouvelles contributions à la création. Dans le cadre de «Get Going!», elle finance des processus créatifs et artistiques qui se situent hors des catégories usuelles. Nous consacrons une série de portraits aux bénéficiaires de ces contributions Get Going!.


In viaggio con e nello spazio

Luogo, tempo e spazio giocano un ruolo centrale nelle opere del compositore Beat Gysin. Nella sua «Leichtbautenreihe» («Serie di costruzioni leggere») in sei parti, l’artista concepisce appositi spazi che permettano al pubblico di confrontarsi con esperienze sonore e spaziali mutevoli. A partire dal 2021 verrà realizzata la seconda parte dell’ambizioso progetto. La FONDATION SUISA sostiene questa opera con il contributo finanziario «Get Going!». Contributo ospite di Rudolf Amstutz

In viaggio con e nello spazio

Il compositore basilese Beat Gysin in una foto scattata nel 2010. (Foto: Anna Katharina Scheidegger)

Chimica e musica: come possono coesistere? Quella che inizialmente pare una contraddizione, acquista un senso compiuto all’interno della biografia di Beat Gysin. Cresciuto in una famiglia di musicisti, Gysin ha deciso di studiare, oltre a composizione e teoria musicale, anche chimica. L’approccio scientifico e l’analisi empirica, tipici del metodo sperimentale, sono per lui tanto essenziali quanto l’elemento artistico. «Non ho mai desiderato diventare famoso con la mia musica, quanto piuttosto trovare risposte con e nella musica», chiarisce l’artista di Basilea, oggi cinquantenne.

L’elenco delle sue opere è impressionante. Ancora più straordinaria, tuttavia, è la modalità di esecuzione delle sue composizioni. Gysin si muove costantemente al di là delle riproduzioni e delle registrazioni audio. Il luogo, il tempo e soprattutto lo spazio costituiscono elementi imprescindibili della sua pratica esecutiva. In quest’ottica, Gysin è ben lontano dall’essere «solo» un compositore e un musicista. Sarebbe invece opportuno ricorrere a termini quali ricercatore, architetto, mediatore e filosofo per comprendere appieno il suo universo.

«La mia anima è effettivamente quella di un filosofo», dichiara l’artista a tal proposito. «È questione di percezione: mi rendo conto che la musica, in tutte le sue modalità di ricezione, ha preso le distanze dallo spazio». Oggi si considera la musica come scissa dalla sua esecuzione, aggiunge l’artista, rimandando così a un punto centrale del suo lavoro: l’interazione costante tra spazio e suono. «Isolare uno dei miei brani dallo spazio sarebbe come realizzare una partitura per pianoforte di un’opera orchestrale: si riconoscerebbero le note, ma non si sentirebbe l’orchestra».

Con incredibile costanza, meticolosità e voglia di sperimentare, nei suoi innumerevoli progetti Gysin continua a sondare senza tregua la complessa interazione tra lo spazio, il suono e la conseguente percezione della musica. Lo spazio di esecuzione diventa parte integrante di un’opera d’arte che non solo offre al pubblico un’esperienza sensoriale del tutto originale, ma fornisce continuamente spunti a Gysin per lo studio di nuovi approcci e la creazione di ulteriori progetti. «Voglio scoprire cose. E inventare», così Gysin enuclea piuttosto laconico la sua pulsione artistica. In questo contesto, nel suo ruolo di compositore egli non si pone necessariamente al centro dell’attenzione, ma spesso funge «solo» da guida concettuale. Per promuovere lo scambio di idee, ha fondato a Basilea lo studio-klangraum (Spazio del suono) e il festival ZeitRäume (Spazi nel tempo).

«Isolare uno dei miei brani dallo spazio sarebbe come realizzare una partitura per pianoforte di un’opera orchestrale: si riconoscerebbero le note, ma non si sentirebbe l’orchestra.»

Gysin scopre spazi sempre nuovi di cui è possibile tracciare una mappa sonora – che siano chiese, con le loro particolarità acustiche, o centrali idriche dismesse in cui l’eco si protrae fino a 30 secondi o, ancora, miniere abbandonate dove regna un silenzio quasi perfetto. E laddove non sia disponibile lo spazio naturale per proseguire l’esplorazione, esso viene concepito con soluzioni architettoniche nuove. La «Leichtbautenreihe» in sei parti costituisce una delle opere centrali nella creazione di Gysin, e non soltanto per le energie profuse nella sua realizzazione – essa rappresenta anche il passo logico successivo, ovvero creare spazi che possano essere trasportati. Si tratta di sei concetti spaziali astratti, realizzati come architetture a padiglione, in cui la singolarità delle situazioni sonore permette una nuova percezione della musica. «Chronos» (Tempo) consiste in un palcoscenico girevole simile a una giostra; in «Gitter» (Gabbia) i musicisti sono disposti «sfericamente» intorno al pubblico; in «Haus» (Casa) è possibile passeggiare nello spazio sonoro di vere e proprie abitazioni; e in «Rohre» (Tubi), di prossima realizzazione (anteprima a settembre 2019, presso il cortile interno del Museo d’arte di Basilea, nell’ambito del festival ZeitRäume), il pubblico e i musicisti si incontreranno all’interno di enormi tubazioni.

«Nelle ultime due parti, a partire dal 2023» confida Gysin «vorrei esplorare la questione degli allestimenti mobili e della loro influenza sull’ascolto. In uno dei progetti, musicisti e pubblico sono seduti su carrelli in continuo movimento. Tutto scorre incessantemente e lo spazio viene sempre ridefinito ex novo. L’ultima parte si concretizzerà in uno spazio sospeso che, come un palloncino, implode e si rigonfia di continuo». Progetti così ambiziosi non sono facilmente finanziabili per un artista. «È necessario un sostegno fin dal concepimento e i costi sono notevoli», dichiara Gysin, che aggiunge immediatamente: «Il contributo Get Going! della FONDATION SUISA è la risposta a questa sfida. Si tratta di una sorta di finanziamento per avamprogetti… e finora non è mai esistito nulla del genere».

Di questi tempi, caratterizzati da un’eventizzazione della cultura, in cui gli esperti di marketing prestano maggiore attenzione alla forma piuttosto che alla sostanza, la «Leichtbautenreihe» simboleggia anche una sorta di contromovimento artistico. «Il vantaggio è che io, nel mio ruolo di artista, concepisco l’evento nel suo complesso», rivela Gysin e aggiunge: «Al giorno d’oggi, in un mondo dominato da un sovraccarico sensoriale, è il musicista stesso a doversi impegnare per trovare la giusta collocazione per la sua musica, poiché questa non può più essere compresa al di fuori del suo contesto».

www.beatgysin.ch

Nel 2018 la FONDATION SUISA ha iniziato ad assegnare nuovi contributi alla creazione. Con il progetto «Get Going!» vengono incentivati finanziariamente processi creativi e artistici che esorbitano dalle categorie convenzionali. In una serie di ritratti presentiamo i beneficiari dei contributi «Get Going!».

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Le lieu, le temps et l’espace jouent un rôle central dans le travail du compositeur Beat Gysin. Dans son œuvre en six parties intitulée «Leichtbautenreihe», il conçoit des lieux particuliers dans le but de confronter le public à des expériences sonores et spatiales changeantes. La deuxième partie de son ambitieux projet verra le jour dès 2021. La FONDATION SUISA le soutient financièrement par une contribution Get Going!. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Beat Gysin: Jouer avec l’espace et dans l’espace

Le compositeur bâlois Beat Gysin lors d’un enregistrement en 2010. (Photo: Anna Katharina Scheidegger)

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«Orchestral Spaces», ou quand la musique devient perceptible spatialement

Dans son travail, le compositeur Michael Künstle s’intéresse à l’interaction entre la dramaturgie sonore et les sons dramaturgiques. À présent, le Bâlois de 27 ans entend franchir une étape supplémentaire dans sa recherche pour permettre aux auditrices et auditeurs de percevoir spatialement le son d’un orchestre. La FONDATION SUISA soutient financièrement ce projet par une contribution «Get Going!». Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Michael Kuenstle: «Orchestral Spaces», ou quand la musique devient perceptible spatialement

Le compositeur bâlois Michael Künstle (à gauche) en plein travail au studio d’enregistrement. (Photo: Oliver Hochstrasser)

Lorsque Michael Künstle a remporté la première Compétition Internationale de Musique de Film au Zurich Film Festival en 2012, ce fut une surprise totale pour le jeune homme alors âgé de seulement 21 ans. «Je venais de commencer mes études» raconte-t-il aujourd’hui, ajoutant: «Je ne comprends que maintenant l’importance de ce prix qui fut une sorte d’étincelle initiale, notamment parce qu’il récompense des compétences et ne peut être retiré à personne.»

Michael Künstle était en lice avec 144 autres compétitrices et compétiteurs de 27 pays, qui devaient tous réaliser le même exercice: mettre en musique le court-métrage d’animation «Evermore» de Philip Hofmänner. Quand on visionne le film aujourd’hui, on devine aisément ce qui a impressionné le jury: Michael Künstle a concocté des sons subtils, entièrement au service du récit.

Le musicien explique sa fascination pour le genre: «Ce qu’il y a de bien avec la musique de film, c’est qu’elle est le fruit d’un échange nourri avec d’autres personnes. Un film est le résultat de la collaboration de très nombreux individus, et il faut tenir compte de tous les aspects: le cadrage, la couleur, la mise en scène. Au cinéma, le plus gros challenge est de faire dire à la musique des choses qui n’ont encore été racontées ni en images, ni en paroles, mais qui sont essentielles pour mener le récit à son terme.»

«Glow» de Gabriel Baur, «Impairs et fils» de Jeshua Dreyfus, «Cadavre Exquis» de Viola von Scarpatetti: la liste des films dont Michael Künstle a signé la bande-son ne cesse de s’allonger. L’enthousiasme avec lequel le musicien communique son savoir et sa soif de connaissance est contagieux, notamment quand il évoque les grands noms du métier: le savoir-faire en matière de composition d’un Bernard Herrmann, par exemple, ou le talent incomparable de John Williams, «dont les pièces, sans visuel, sonnent clairement comme des œuvres orchestrales alors qu’elles collent parfaitement à ce qui se passe à l’écran. C’est incroyablement difficile à fabriquer, car la musique symphonique autorise d’ordinaire des structures narratives plus denses qu’un film.»

«Dans la musique contemporaine, on sculpte fréquemment l’espace avec d’autres éléments de la composition, comme le motif ou le rythme, mais cet aspect essentiel se perd souvent à l’enregistrement.»

Et bien que Michael Künstle établisse une distinction claire, dans son travail, entre la musique de concert et la musique de film, il concède «qu’on ne peut totalement oublier l’une lorsqu’on œuvre à l’autre.» Le musicien a d’ailleurs repris des éléments créés avec la réalisatrice Gabriel Baur pour le film «Glow» dans sa pièce «Résonance», présentée en 2016 par le Trio Eclipse. Mais il précise que dans sa musique de concert, il est principalement question de formes de composition et d’idées structurelles qu’on ne peut pas utiliser au cinéma.

L’idée du projet actuellement cofinancé par la FONDATION SUISA dans le cadre de «Get Going!» est née d’un autre aspect majeur du travail de Michael Künstle. Le musicien souligne qu’il poursuit une philosophie du «vrai» et qu’il recherche notamment le rendu le plus exact possible d’un concert à l’aide de la technique d’enregistrement la plus moderne. Avec son partenaire de travail Daniel Dettwiler, propriétaire du studio «Idee und Klang» à Bâle, qui développe depuis des années de nouveaux procédés d’enregistrement, Michael Künstle a pour objectif de créer une composition spatiale qui donnerait lieu à une perception auditive complètement inédite.

Il décrit son point de départ ainsi: «Dans la musique contemporaine, on sculpte fréquemment l’espace avec d’autres éléments de la composition, comme le motif ou le rythme, mais cet aspect essentiel se perd souvent à l’enregistrement. Je souhaite que l’espace tridimensionnel créé par l’orchestre pendant la prise de son soit ensuite perceptible avec un casque sur les oreilles, comme si l’on pouvait littéralement toucher la musique.» Longtemps, cette recherche et, d’une certaine manière, la conquête de ces «Orchestral Spaces» sont restées à l’état de projet pour Michael Künstle parce que, dit-il, «on ne peut les mettre en œuvre que dans un studio qui possède le meilleur des sons et avec les micros les plus performants qui soient.»

Grâce à «Get Going!», cette nouvelle étape de sa révolution audiophile devient à présent réalité, et ce dans les vénérables studios Abbey Road à Londres, avec un orchestre de 80 musiciennes et musiciens. Michael Künstle compose pour ce faire une pièce dans laquelle l’espace physique de l’enregistrement joue un rôle primordial. «J’ai l’intention d’inverser le processus de composition, explique le musicien, comme dans la musique de film: là aussi, on part d’abord de ce qu’on entend.» Ainsi, la boucle sera bouclée.

www.michaelkuenstle.ch

C’est en 2018 que la FONDATION SUISA a commencé à allouer de nouvelles contributions à la création. Dans le cadre de «Get Going!», elle finance des processus créatifs et artistiques qui se situent hors des catégories usuelles. Nous consacrons une série de portraits aux bénéficiaires de ces contributions Get Going!.


«Orchestral Spaces», quando la musica si fa tangibile nello spazio durante l’ascolto

Il compositore Michael Künstle si occupa nella sua opera dell’interazione tra drammaturgia del suono e suoni drammaturgici. Adesso il ventisettenne di Basilea desidera compiere un ulteriore passo avanti nella sua ricerca, rendendo il suono di un’orchestra tangibile per l’ascoltatore sul piano spaziale. La FONDATION SUISA sostiene questo progetto con il contributo finanziario «Get Going!». Contributo ospite di Rudolf Amstutz

Michael Kuenstle: «Orchestral Spaces», quando la musica si fa tangibile nello spazio durante l’ascolto

Il compositore basilese Michael Künstle (a sinistra) al lavoro nel studio di registrazione. (Foto: Oliver Hochstrasser)

La vittoria di Michael Künstle al 1° concorso internazionale per la musica da film nell’ambito del Festival del cinema di Zurigo 2012 ha lasciato di stucco l’artista, all’epoca appena ventunenne. «A quel tempo ero solo all’inizio dei miei studi» dichiara oggi, aggiungendo immediatamente: «Sto afferrando soltanto ora il significato di quel premio. È stato una sorta di evento catalizzatore, anche perché costituisce tuttora un riconoscimento alla competenza, che rimarrà per sempre nel mio curriculum».

Künstle ha prevalso su 144 concorrenti provenienti da 27 paesi, cui era stato assegnato il medesimo compito: la sonorizzazione del cortometraggio d’animazione «Evermore» di Philip Hofmänner. Guardando il film oggi, si può facilmente intuire cosa possa aver colpito la giuria di allora: Künstle ha sorpreso tutti con suoni raffinati posti interamente al servizio della narrazione cinematografica.

«Il bello della musica da film è che rappresenta il risultato di un fitto interscambio. Un film è un gioco di squadra tra innumerevoli persone ed è importante tenere conto di tutti gli aspetti: le riprese, la gestione del colore, l’allestimento scenografico…» chiarisce Künstle, lasciando trapelare la sua attrazione per il genere. «La sfida più ardua in un film è trasmettere, mediante la musica, messaggi non ancora comunicati attraverso le immagini o il parlato, ma che sono di fondamentale importanza per raccontare correttamente la storia fino alla fine».

L’elenco dei film di cui Künstle ha diretto la colonna sonora diventa sempre più nutrito: «Glow» di Gabriel Baur, «Family Practice» di Jeshua Dreyfus e «Free from you» di Viola von Scarpatetti sono solo alcuni esempi. L’entusiasmo con cui Künstle descrive le sue conoscenze specialistiche e la sua sete di sapere diviene contagioso nel corso dell’intervista – come quando racconta di alcuni grandi del settore citando, ad esempio, la conoscenza compositiva di Bernard Herrmann o la straordinaria abilità di John Williams, «le cui opere sono in perfetta sintonia con il film ma risuonano chiare come brani orchestrali al di fuori di esso. Si tratta di un obiettivo incredibilmente arduo da realizzare, perché tradizionalmente la musica sinfonica consente di creare strutture narrative più dense rispetto a un film».

«Nella musica contemporanea lo spazio viene spesso equiparato ad altri elementi compositivi come il motivo o il ritmo, ma quasi sempre nella registrazione questo aspetto essenziale va perso.»

Pur effettuando nella sua opera una chiara distinzione tra musica da concerto e musica da film, Künstle ammette che «nel corso della creazione l’una non può mai prescindere completamente dall’altra». Alcuni elementi sviluppati dall’artista in collaborazione con la regista Gabriel Baur per il film «Glow» sono confluiti nel brano «Résonance», interpretato dal Trio Eclipse nel 2016. «Tuttavia la mia musica da concerto si basa principalmente su forme compositive e idee strutturali che non possono essere concretizzate in un film».

Anche l’idea del progetto attualmente cofinanziato dalla FONDATION SUISA nell’ambito del contributo «Get Going!» nasce da un altro importante aspetto dell’opera di Künstle. L’artista persegue, come egli stesso sottolinea, una filosofia dell’«autenticità», che comprende anche una rappresentazione più accurata possibile dell’esecuzione, utilizzando le più moderne modalità di registrazione. In collaborazione con il suo partner di lavoro Daniel Dettwiler, proprietario dello studio «Idee und Klang» (Idea e suono) di Basilea e da anni alla ricerca di nuove possibilità di registrazione, Künstle mira a creare una composizione spaziale tale da far vivere un’esperienza uditiva senza precedenti.

«Nella musica contemporanea lo spazio viene spesso equiparato ad altri elementi compositivi come il motivo o il ritmo, ma quasi sempre nella registrazione questo aspetto essenziale va perso», spiega l’artista. «Vorrei che lo spazio tridimensionale riempito dall’orchestra durante la registrazione fosse percepito attraverso le cuffie come se la musica si potesse letteralmente toccare». Per Künstle l’esplorazione e, in un certo senso, anche la conquista di questi «Orchestral Spaces» sono rimaste per molti anni solo un’idea perché, come egli stesso sottolinea, «sono realizzabili esclusivamente in uno studio che possa offrire il miglior suono possibile e i migliori microfoni esistenti».

Grazie al contributo «Get Going!», questo ulteriore passo verso una rivoluzione audiofila sta diventando realtà all’interno degli storici Abbey Road Studios di Londra, con un’orchestra composta da 80 strumentisti. A tale scopo Künstle scriverà una composizione in cui lo spazio di registrazione rivesta un ruolo centrale. «Vorrei invertire il processo di composizione» sottolinea, chiarendo l’obiettivo del suo progetto – proprio come nella musica da film, in cui si parte, prima che da ogni altra cosa, da ciò che si ascolta. E con questo il cerchio si chiude.

www.michaelkuenstle.ch

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Venez nombreux participer à notre Assemblée générale à Bienne

Chers membres, le vendredi 21 juin, le moment sera à nouveau venu. Lors de notre Assemblée générale, vous aurez l’occasion d’entrer en contact avec les responsables de la Direction de votre coopérative SUISA et de déterminer la destinée de votre société de gestion. Ce jour-là, vous devriez être le plus nombreux possible à Bienne. Par Andreas Wegelin, CEO

Venez nombreux participer à notre Assemblée générale à Bienne

Déterminez la destinée de votre société de gestion et recevez de première main des nouvelles de votre coopérative en participant à l’Assemblée générale de SUISA. (Photo: Sibylle Roth)

Lors de l’Assemblée générale à venir, il s’agira d’élire deux nouveaux membres du Conseil et, pour la première fois dans l’histoire de SUISA, d’approuver les comptes du groupe. SUISA s’est dotée de nouvelles structures pour l’ère du numérique dans laquelle l’écoute d’enregistrements musicaux sur Internet prend de plus en plus d’importance: d’une part, la maison-mère prend part à une joint-venture avec la SESAC américaine et d’autre part, les licences en ligne sont désormais attribuées dans toute l’Europe et même dans le monde entier par une filiale appelée SUISA Digital Licensing dont le siège est au Liechtenstein.

Vous recevrez également des informations de première main au sujet des développements les plus récents intervenus dans la législation sur les droits d’auteur. Beaucoup de choses se passent dans ce domaine, que ce soit au niveau européen ou suisse. Le projet de loi européen a entraîné des protestations sur le réseau et dans la rue, portées en particulier par de jeunes internautes. Encouragées par les plateformes de réseaux sociaux, elles prétendent que la liberté d’expression est sérieusement menacée à cause du nouveau droit d’auteur.

Sur le SUISAblog, vous apprendrez ce qu’il en est exactement de la protection des auteurs et de leurs œuvres lors des échanges surle marché mondial de l’internet, ou vous l’entendrez directement lors de notre AG, notamment de la bouche de la conseillère aux Etats Géraldine Savary.

Notre FONDATION SUISA, la fondation pour la promotion de la musique suisse, fait également œuvre de pionnière: au lieu de remettre des prix à des musiciennes déjà connues, des incitations financières doivent permettre d’attirer plus fortement l’attention sur de nouveaux projets musicaux. Je vous souhaite une lecture enrichissante de notre SUISAblog et je serais très heureux de pouvoir vous accueillir personnellement le vendredi 21 juin 2019 lors de notre Assemblée générale à Bienne.

Cliquez ici pour le formulaire d’inscription et les documents pour l’Assemblée générale.

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    mit Freundlichen Gruss Rick

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FONDATION SUISA: «Get Going!» lance sa deuxième édition: «Nous sommes complètement dans l’air du temps»

Les lauréats des contributions «Get Going!» 2018 (de haut en bas et de gauche à droite): Beat Gysin, le duo Eclecta, Michael Künstle et Bertrand Denzler. (Photos: Anna Katharina Scheidegger; Andrea Ebener; Zak van Biljon; Rui Pinheiro)

«Au lieu de récompenser un artiste en lui décernant un Prix, nous investissons désormais l’argent mis à disposition davantage dans l’avenir», déclarait l’année dernière Urs Schnell, directeur de la FONDATION SUISA à propos de la nouvelle politique d’encouragement adoptée par le Conseil de fondation. L’objectif est de promouvoir plutôt que de juger et se concentrer ainsi davantage sur l’avenir».

Aussitôt dit, aussitôt fait! Le premier appel à candidatures de «Get Going!» a reçu plus de 90 candidatures. Ce grand intérêt pour quelque chose de complètement nouveau est tout simplement extraordinaire, déclare Urs Schnell. «Avec ce projet, nous sommes complètement dans l’air du temps. Nous ne pouvions pas nous attendre à un tel succès dans la mesure où un appel à candidatures aussi ouvert était un coup de théâtre novateur, malgré toutes les analyses».

Bertrand Denzler, Michael Künstle, Beat Gysin et le duo Eclecta (Andrina Bollinger et Marena Whitcher) ont été les premiers lauréats du projet «Get Going!». La somme de 25 000 francs chacun leur a été attribuée parce qu’ils ont su convaincre le jury d’experts par leurs visions créatives. Comme l’incitation financière n’est pas liée à un résultat, elle permet aux musiciens de travailler sans contraintes financières et de temps. «Je crois que dans un environnement de plus en plus mouvementé, le facteur temps est devenu un atout dont il ne faut pas sous-estimer la valeur», explique Urs Schnell à propos du projet.

Appel à candidatures «Get Going!» 2019, à partir de fin juin

A partir de fin juin, les auteurs, compositeurs et musiciens pouvant démontrer un lien évident avec la création musicale actuelle de Suisse ou du Liechtenstein pourront à nouveau déposer leur candidature au concours «Get Going!». Cette année encore, un jury d’experts octroiera à quatre lauréats un coup de pouce financier à hauteur de 25 000 francs.

Il est également important de mentionner que «Get Going!» n’entre pas en concurrence avec les autres possibilités de financement de la FONDATION SUISA, en particulier le processus de candidatures actuel, les partenariats existants, les salons et événements à l’étranger et le programme «Orchestre en classe».

Au contraire, explique Urs Schnell, «en tant qu’aide importante au lancement d’un projet, ce nouveau modèle doit être considéré comme une offre complémentaire aux soutiens financiers actuellement en place. Nous voulons ouvrir de nouvelles voies créatives et éviter que certains projets ne passent à la trappe».

Urs Schnell sait que la formulation délibérément ouverte de l’appel à candidatures «Get Going!» peut sembler quelque peu déroutante au début: «Au cours des dernières décennies, les musiciens ont été conditionnés par les instruments de financement traditionnels. Avec cette nouvelle orientation, notre objectif est de nous adresser aux artistes en tant que mécènes dans le but de ramener la libre pensée créative au centre de leur activité». Afin de démontrer les possibilités offertes par «Get Going!», les portraits des lauréats de l’année dernière seront donc publiés au cours des prochaines semaines à la fois sur le site Internet de la FONDATION SUISA et sur le blog de SUISA.

www.fondation-suisa.ch

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Sous le titre «Get Going!», la FONDATION SUISA a attribué l’année dernière pour la première fois quatre contributions afin de promouvoir des processus créatifs innovants qui se situent hors des catégories usuelles. Les réactions positives ont été impressionnantes. Un deuxième appel à candidatures sera mis au concours à fin juin 2019. Texte de FONDATION SUISA

FONDATION SUISA: «Get Going!» lance sa deuxième édition: «Nous sommes complètement dans l’air du temps»

Les lauréats des contributions «Get Going!» 2018 (de haut en bas et de gauche à droite): Beat Gysin, le duo Eclecta, Michael Künstle et Bertrand Denzler. (Photos: Anna Katharina Scheidegger; Andrea Ebener; Zak van Biljon; Rui Pinheiro)

«Au lieu de récompenser un artiste en lui décernant un Prix, nous investissons désormais l’argent mis à disposition davantage dans l’avenir», déclarait l’année dernière Urs Schnell, directeur de la FONDATION SUISA à propos de la nouvelle politique d’encouragement adoptée par le...Continuer

Arpenteur et explorateur d’espaces sonores

Le saxophoniste Bertrand Denzler, qui se meut à l’intersection de l’improvisation et de la composition, recherche constamment de nouvelles possibilités d’expression. Ce Genevois de 55 ans établi à Paris entend à présent repousser les frontières de son dialogue avec d’autres artistes dans le cadre d’une «résidence en mouvement». La FONDATION SUISA soutient financièrement ce projet par une contribution «Get Going!». Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Bertrand Denzler: Arpenteur et explorateur d’espaces sonores

Bertrand Denzler (Photo: Dmitry Shubin)

S’il fallait décrire le travail artistique de Bertrand Denzler en trois mots, ce serait infatigable, polymorphe et entreprenant. Jeter un coup d’œil à son site Internet, c’est tout d’abord être abasourdi par la foison de projets et de formations qui y sont répertoriés. Bertrand Denzler s’en amuse: «Entre-temps, j’ai mis un peu d’ordre là-dedans». Et, en effet, tout prend sens au second regard. S’immerger ensuite dans les sons écoutables en ligne, c’est prendre le risque d’être happé par la vision artistique de Bertrand Denzler. Les sculptures sonores finement équilibrées semblent annoncer au premier abord une simplicité accueillante. Mais au second plan se dissimule une complexité presque hypnotique au redoutable pouvoir d’attraction.

«Dans mes compositions, je ne m’intéresse pas principalement à la forme narrative, mais à la structure interne. C’est pourquoi les morceaux paraissent relativement simples, bien qu’ils ne soient pas faciles à jouer. Le musicien ne doit pas être distrait par trop d’idées, il doit pouvoir se concentrer pleinement sur le son et sa précision», précise l’artiste.

Bertrand Denzler utilise le terme «espace» pour décrire ses compositions, elles-mêmes comparées à des processus. La plupart de ses morceaux ne reposent pas sur une notation traditionnelle mais sont définis par leur structure. «Je veux que le musicien s’implique, qu’il doive réfléchir», souligne Bertrand Denzler. Et d’ajouter: «Souvent, je fixe seulement la structure temporelle, pas le rythme. Les règles que je prédéfinis laissent toujours ouvertes un grand nombre de possibilités».

Bertrand Denzler arpente et explore ces espaces sonores avec des formations très diverses, dont le Trio Sowari, Hubbub, Denzler-Gerbal-Dörner, The Seen, Onceim ou encore Denzler-Grip-Johansson. En parallèle, il s’adonne régulièrement à l’improvisation, se produisant en tant que musicien invité dans des groupes tels que le Šalter Ensemble international de Jonas Kocher, en duo avec Hans Koch ou tout simplement en solo.

Bertrand Denzler estime que son parcours est assez typique pour un musicien européen de sa génération. Il a commencé par la musique classique, tout en écoutant de la pop et du rock. Sa soif absolue de connaissance l’a cependant amené à s’intéresser très tôt aussi aux manières les plus diverses de faire de la musique en ce monde. «Et un jour», raconte-t-il, «le jazz est devenu mon activité principale. Car l’improvisation, autrement dit la concrétisation de la pensée en temps réel, me fascinait».

La musique libre a ensuite pris le relais, même si le saxophoniste est aujourd’hui encore impressionné et probablement toujours influencé par la philosophie et l’approche de l’improvisation de pointures comme Albert Ayler et John Coltrane. Contrairement à bon nombre d’improvisateurs qui, une fois qu’ils ont tourné le dos à la composition, n’y reviennent jamais, Bertrand Denzler a découvert un espace propre dont l’architecture, se nourrissant à la fois de l’improvisation et de la composition, peut se réinventer en permanence. «Au cours des dix dernières années, le sentiment que j’improvisais toujours dans le même système a commencé à s’immiscer en moi. J’ai soudain éprouvé le besoin de créer à nouveau des structures dans ma musique».

La vision artistique de Bertrand Denzler consiste en une sorte d’exploration, et pas seulement au sens figuré, car le saxophoniste souhaite emmener cet «espace» dans différents lieux géographiques, sous la forme d’une «résidence en mouvement», pour y rencontrer d’autres musiciennes et musiciens et créer avec eux des musiques nouvelles. L’idée n’avait pas abouti jusqu’ici, d’une part pour des raisons financières, d’autre part parce qu’un projet aussi ouvert ne correspond pas aux critères de la politique d’encouragement traditionnelle. Le coup de pouce financier versé par la FONDATION SUISA sous la forme d’un fonds « Get Going! » rend à présent sa réalisation possible: «Ce soutien me permet de suivre ma créativité, plutôt qu’une condition prédéfinie», souligne Bertrand Denzler. «C’est comme si cette contribution à la création avait été inventée pour moi», précise le musicien, ravi. Il est vrai qu’elle ressemble un peu, par sa définition, à une composition de Bertrand Denzler, dans laquelle les structures définies par l’auteur laissent ouvertes des possibilités insoupçonnées …

www.bertranddenzler.com

C’est en 2018 que la FONDATION SUISA a commencé à allouer de nouvelles contributions à la création. Dans le cadre de «Get Going!», elle finance des processus créatifs et artistiques qui se situent hors des catégories usuelles. Nous consacrons une série de portraits aux bénéficiaires de ces contributions Get Going!


Misuratore di spazi sonori e ricercatore di suoni spaziali

Il sassofonista Bertrand Denzler oscilla continuamente tra improvvisazione e composizione per raggiungere modalità espressive sempre nuove. Adesso il cinquantacinquenne di Ginevra, che vive a Parigi, ha intenzione di ampliare ulteriormente i confini del suo dialogo artistico realizzando una «residenza itinerante». La FONDATION SUISA sostiene questo progetto con un contributo finanziario «Get Going!». Contributo ospite di Rudolf Amstutz

Bertrand Denzler: Misuratore di spazi sonori e ricercatore di suoni spaziali

Bertrand Denzler (Foto: Dmitry Shubin)

Instancabile, versatile e dinamica sono solo tre degli aggettivi con cui si potrebbe caratterizzare l’opera artistica di Bertrand Denzler. Navigando sul suo sito web, si viene subito travolti dall’enorme quantità di progetti e formazioni. Denzler scherza: «E pensare che ho ristrutturato il tutto in maniera più concisa e perspicua!». Tutto acquista però un senso a un secondo sguardo, cioè quando ci si immerge nei sound disponibili online. Solo allora si trova la visione artistica di Denzler assolutamente coerente. In un primo momento le sculture sonore finemente equilibrate sembrano richiamare un’invitante semplicità, dietro la quale però si nasconde una complessità quasi ipnotica dall’enorme forza magnetica.

«Le mie composizioni si focalizzano principalmente non tanto sulla forma narrativa, quanto sulla struttura interna. Per questo i brani sembrano relativamente semplici, sebbene non siano facili da suonare. Il musicista non deve essere distratto da troppe idee, ma deve potersi concentrare completamente sul suono e sulla precisione», chiarisce l’artista.

Denzler definisce come spazio le sue composizioni orientate al processo. Nella maggior parte dei casi non sono scritte in maniera tradizionale, ma possiedono una struttura predefinita. «Desidero che il musicista si senta coinvolto, che partecipi con la propria testa» sottolinea Denzler. Aggiunge inoltre: «Spesso è solo la struttura temporale a essere stabilita, ma non quella ritmica. Le regole predefinite lasciano sempre aperte moltissime possibilità».

Denzler pratica questa misurazione dello spazio insieme all’esplorazione del suono spaziale con diverse formazioni, tra cui il trio Sowari, Hubbub, Denzler-Gerbal-Dörner, The Seen, Onceim e Denzler-Grip-Johansson. Al tempo stesso continua anche a evadere, improvvisando come musicista ospite in complessi musicali come l’internazionale Šalter Ensemble di Jonas Kocher, in duo con Hans Koch o semplicemente da solista.

In realtà, afferma Denzler, il suo è un curriculum piuttosto tipico per un musicista europeo della sua generazione. Tutto è iniziato con la musica classica e allo stesso tempo con l’ascolto in privato di musica pop e rock. Ma è stata la pura sete di conoscenza che gli ha fatto conoscere in tempi relativamente rapidi i più svariati modi di fare musica in tutto il mondo. «A un certo punto» afferma Denzler «il jazz è diventato la mia occupazione principale perché ero affascinato dall’improvvisazione, cioè dalla concretizzazione del pensiero in tempo reale».

Al jazz è seguita la musica libera (free music), anche se oggi Denzler è ancora impressionato e, probabilmente, tuttora influenzato dalla filosofia e dall’approccio improvvisativo di grandi artisti come Albert Ayler e John Coltrane. A differenza di molti improvvisatori che, dopo aver voltato le spalle all’approccio compositivo, non tornano più indietro, Denzler ha trovato per sé uno spazio che, oscillando tra improvvisazione e composizione, può essere sempre ricreato ex novo sul piano architettonico. «Negli ultimi dieci anni ho avuto la sensazione di improvvisare sempre all’interno dello stesso sistema. All’improvviso ho sentito il bisogno di creare strutture all’interno della mia musica».

La visione artistica di Denzler è una sorta di viaggio di esplorazione, ma non soltanto in senso figurato: l’artista vorrebbe trasferire questo «spazio», inteso come «residenza itinerante», in diversi luoghi geografici per incontrare altri musicisti e creare nuova musica insieme a loro. Finora il progetto si è arenato non solo per questioni finanziarie ma anche perché un progetto aperto di questo tipo non rientra nelle condizioni quadro di una politica di promozione convenzionale. Il contributo di incentivazione «Get Going!» della FONDATION SUISA ne rende ora possibile la realizzazione perché, citando Denzler, «mi permette di seguire la creatività, anziché una condizione predefinita». Aggiunge inoltre, raggiante, che il contributo alla creazione sembra essere studiato su misura per lui. Tra l’altro la definizione che ne dà Denzler ricorda quasi una delle sue composizioni, in cui le strutture definite dall’autore lasciano ancora aperte possibilità inaspettate …

www.bertranddenzler.com

Nel 2018 la FONDATION SUISA ha iniziato ad assegnare nuovi contributi alla creazione. Con il progetto «Get Going!» vengono incentivati finanziariamente processi creativi e artistici che esorbitano dalle categorie convenzionali. In una serie di ritratti presentiamo i beneficiari dei contributi «Get Going!».

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Une hausse des recettes provenant des droits d’exécution prévue pour 2019

Lors des réunions du Conseil de SUISA de décembre, l’accent est à chaque fois mis sur les chiffres prévus pour l’année suivante. Les réunions de cette année ont porté sur les questions suivantes: budget, plan d’occupation des postes et déductions de frais pour l’exercice 2019. Nouvelles du Conseil par Dora Zeller

Nouvelles du Conseil: Une hausse des recettes provenant des droits d’exécution prévue pour 2019

Septembre 2018: le groupe de reggae Moonraisers, originaire de Neuchâtel, joue à Lausanne sur la scène principale du festival Label Suisse, soutenu par SUISA. Pour l’exercice 2019, SUISA s’attend à une augmentation des recettes de droits d’exécution, qui proviennent notamment des concerts. (Photo: Anne Bichsel / Label Suisse)

Pour la deuxième fois dans l’histoire de SUISA, le Conseil s’est penché non seulement sur le budget de la coopérative SUISA (maison mère), mais également sur celui du groupe. Cela inclut les chiffres de la maison mère, de la filiale 100% SUISA Digital Licensing (SUISA Digital) et de la participation de 50% dans Mint Digital Services SA. Les budgets de SUISA Digital et de Mint sont soumis à l’approbation des conseils d’administration respectifs des deux sociétés; les chiffres sont ensuite inclus dans les comptes consolidés du groupe.

Hausse des recettes grâce aux droits d’exécution

Le budget de SUISA pour 2019 prévoit une augmentation des recettes provenant de la gestion des droits d’auteur en Suisse et au Liechtenstein, avant tout grâce aux recettes provenant des droits d’exécution (plus de manifestations, prix d’entrée plus élevés). Concernant les droits de reproduction, la baisse devrait se poursuivre. Quant aux droits à rémunération, on s’attend à une augmentation; idem dans le cas des recettes provenant des utilisations online. Le budget des recettes de l’étranger correspond aux chiffres de 2018; et les recettes annexes sont budgétées à un niveau plus élevé.

Pour l’exercice 2019, on prévoit un chiffre d’affaires total de CHF 166,5 mio. (2018: 152 mio.). Les dépenses devraient augmenter et passer de CHF 29,5 mio. pour l’année précédente à CHF 32,5 mio. Cette augmentation des dépenses s’explique par des frais de personnel plus élevés en lien avec l’encaissement du tarif commun 3a (musique de fond ou d’ambiance) et également par des postes de travail supplémentaires au sein de la Division Informatique.

Déductions de frais, statuts et règlements

Chaque année, le Conseil définit quel pourcentage de déductions de frais devra être pris en considération lors de la répartition des recettes l’année suivante. Pour 2019, les pourcentages de l’année précédente seront maintenus dans le domaine offline. Les déductions de frais changeront pour les affaires online, avec pour cause le transfert de certaines activités d’octroi de licences et, en partie, de répartition aux sociétés affiliées.

En juin 2018, les membres de SUISA ont approuvé différentes modifications des statuts lors de l’Assemblée générale. La révision des statuts a eu lieu dans le cadre de l’adaptation à la loi liechtensteinoise sur les sociétés de gestion et en raison de la directive de l’Union européenne sur la gestion collective des droits d’auteur (directive CRM). Dans ce contexte, il a fallu adapter la répartition des compétences et le règlement d’organisation, et éditer un règlement pour la commission de recours nouvellement créée. Le Conseil a approuvé les nouvelles règles et le nouveau règlement.

FONDATION SUISA et révision du droit d’auteur

Un «dialogue annuel» existe dorénavant entre la Commission Organisation et Communication du Conseil de SUISA et les responsables de la FONDATION SUISA. Cette discussion a lieu en fin d’année. Lors de la réunion 2018, Marc Savary, Président du Conseil de fondation de la FONDATION SUISA, a parlé des adaptations apportées aux statuts et aux règlements. Il a également présenté une vue d’ensemble des activités de la fondation de SUISA chargée de l’encouragement de la musique et a répondu aux questions des membres de la Commission.

Par ailleurs, le Conseil a noté avec préoccupation que le Conseil national ne semble pas suivre le compromis du Groupe de travail sur le droit d’auteur (AGUR12) dans le cadre des discussions sur la révision du droit d’auteur, et qu’il a l’intention de prévoir une exception pour la réception TV dans les chambres d’hôtels et autres établissements similaires. Dans ces conditions, la nouvelle loi serait pire que la précédente. Le Conseil a chargé la Direction de prendre des mesures appropriées pour inciter le Conseil des Etats à corriger cette décision du Conseil national.

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Lors des réunions du Conseil de SUISA de décembre, l’accent est à chaque fois mis sur les chiffres prévus pour l’année suivante. Les réunions de cette année ont porté sur les questions suivantes: budget, plan d’occupation des postes et déductions de frais pour l’exercice 2019. Nouvelles du Conseil par Dora Zeller

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Première attribution des fonds artistiques «Get Going!» et «Carte Blanche»

Dans le cadre de sa nouvelle politique de promotion, la FONDATION SUISA a attribué pour la première fois quatre fonds «Get Going!» et une «Carte Blanche». Beat Gysin, Bertrand Denzler, Michael Künstle et le duo Eclecta reçoivent ainsi chacun une contribution financière «Get Going!» de CHF 25 000.–. La «Carte Blanche», attribuée tous les deux ans et dont le montant s’élève à CHF 80 000.–, revient à Cécile Marti. Texte de FONDATION SUISA

FONDATION SUISA: Première attribution des fonds artistiques «Get Going!» et «Carte Blanche»

La compositrice Cécile Marti obtient la «Carte Blanche» de la FONDATION SUISA allouée tous les deux ans. (Photo: Ingo Höhn)

La nouvelle politique de promotion de la FONDATION SUISA entend apporter une réponse adéquate aux scènes musicales en constante évolution. L’initiative «Dazwischen» (entre-deux), qui s’éloigne des catégories conventionnelles de genre, d’âge ou de projet, permet à des processus créatifs et artistiques de voir le jour, lesquels seraient passés à la trappe dans le cadre de concours classiques.

C’est dans ce cadre que quatre contributions «Get Going!» de CHF 25 000.– chacune ont été attribuées pour la première fois en juin. «Par l’intermédiaire de cet appel à projets annuel, nous essayons d’identifier les espaces de création et visions artistiques qui méritent d’être encouragés», déclare Urs Schnell, directeur de FONDATION SUISA. «C’est la raison pour laquelle il est volontairement rendu public.»

Avec plus de 90 candidatures reçues, les contributions «Get Going!» ont eu un retentissement considérable auprès des créateurs de musique. «Pour le jury d’experts, il n’a pas été facile de désigner quatre lauréats face au grand nombre de projets extrêmement intéressants», avoue Urs Schnell. Dans la description des objectifs artistiques désormais primés, on comprend immédiatement de quoi il s’agit avec ce type de promotion financière. «En fin de compte, la musique consiste toujours à explorer de nouveaux univers, à rendre certaines choses audibles et visibles, et à chercher de nouvelles perspectives», explique Urs Schnell.

Contributions «Get Going!» de 2018

Dans le cadre de son projet «Leichtbautenreihe», le compositeur Beat Gysin crée par exemple des espaces architecturaux dans lesquels des situations d’écoute inhabituelles permettent une nouvelle perception de la musique. Beat Gysin explore ainsi les différentes dynamiques issues de la relation entre espace, musique et récepteur/auditeur.

Michael Künstle interroge également la notion «d’espace». Le compositeur de musique de film et de concert associe la tradition orchestrale aux techniques modernes de composition et d’enregistrement afin de créer une composition d’espace sous forme d’expérience auditive en trois dimensions.

Le saxophoniste et compositeur Bertrand Denzler identifie quant à lui de nouvelles possibilités compositionnelles en évitant volontairement d’ancrer son œuvre dans un lieu. Grâce à une «résidence itinérante», il tente d’instaurer un échange avec des cultures étrangères par le biais de l’improvisation et de la composition. Ce dialogue constant, aux influences changeantes, a pour but d’ouvrir la voie à de nouvelles créations musicales.

Enfin, Andrina Bollinger et Marena Whitcher, membres du duo Eclecta, se situent à la croisée de plusieurs disciplines. Chanteuses, performeuses, multi-instrumentistes, productrices et compositrices, elles n’ont de cesse de collaborer avec d’autres arts pour faire émerger de nouveaux univers auditifs, visuels et tangibles.

«Carte Blanche» à Cécile Marti

La «Carte Blanche» de CHF 80 000.–, qui ne fait pas partie d’un appel à projets mais qui est attribuée tous les deux ans directement par un jury d’experts, entend permettre aux compositeurs de se consacrer pleinement à leur développement artistique sans préoccupation financière.

Celles et ceux qui ont suivi le parcours créatif de Cécile Marti au cours des dernières années savent à quel point l’artiste originaire du canton de Zurich a mérité cette «Carte Blanche». Son cycle orchestral «Seven Towers», composé de 7 parties écrites pour 120 musiciens, présenté pour la première fois en 2016 par l’OSBS à Bienne, puis repris par l’Orchestre Symphonique de Berne, la Camerata de Genève et le Basel Sinfonietta, a rencontré un large écho.

Parallèlement, Cécile Marti écrivait un doctorat sur le thème des évolutions temporelles en musique. La «Carte Blanche» lui permet désormais de placer ce travail de recherche dans un contexte artistique. Les évolutions temporelles doivent être rendues visibles par l’intermédiaire d’un ballet et d’une création sculpturale (Cécile Marti est également sculptrice sur pierre).

www.fondation-suisa.ch

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L’union fait la force

Le 22 juin 2018, nous y serons à nouveau. En tant que membre de la coopérative SUISA avec droit de vote, vous pourrez, lors de l’Assemblée générale au Bierhüebli de Berne, prendre des décisions concernant l’avenir de votre société d’auteurs et tirer également un bilan de l’exercice écoulé. Par Andreas Wegelin, Directeur général

L’union fait la force

Vote lors de l’Assemblée générale de SUISA: dans le cadre de la coopérative, les voix des auteurs et des éditeurs ont un poids commun. (Photo: Juerg Isler, isler-fotografie.ch)

Les coopératives peuvent d’une manière générale être définies comme des unions de personnes ou d’institutions poursuivant des buts identiques ou similaires et qui ont des intérêts communs. L’idée à la base de telles coopérations est claire et simple: l’union fait la force! Les préoccupations économiques, sociales ou culturelles exprimées par un groupe ont souvent davantage d’impact que la voix d’un seul individu.

En notre qualité de coopérative des auteurs et éditeurs de musique, nous pouvons nous engager pour défendre vos intérêts. L’objectif principal est de garantir de bonnes conditions pour les créateurs de musique, notamment en ce qui concerne les rémunérations. Dans ce contexte, la gestion collective prend une importance croissante; aujourd’hui, SUISA négocie parfois avec des entreprises actives au niveau mondial. Seule la force du collectif peut permettre d’affronter le pouvoir économique de tels partenaires de négociation.

Dans ces conditions, il est d’autant plus réjouissant de constater que l’année 2017 a été pour SUISA la meilleure de son histoire, d’un point de vue financier. Au total, 131,4 millions de francs de droits d’auteur pourront être répartis aux bénéficiaires et aux sociétés-sœurs. Jamais ce montant n’avait été aussi élevé.

Résultat annuel de SUISA: l’utilisation en ligne de musique dépasse pour la première fois les supports sonoresRésultat annuel de SUISA: l’utilisation en ligne de musique dépasse pour la première fois les supports sonores
Les auteurs et les éditeurs de musique ont reçu 131,4 millions de francs de la part de SUISA cette année. L’an passé, la société de gestion a perçu 150 millions de francs de droits d’auteur en Suisse et à l’étranger. C’est 2,9 millions de francs de plus que l’année précédente. Cette progression est notamment due aux rémunérations provenant des copies privées et du domaine en ligne. Pour la première fois, les recettes issues de l’utilisation en ligne d’enregistrements musicaux ont dépassé celles des ventes de supports sonores. Il reste néanmoins nécessaire d’agir dans le domaine du streaming. Cette croissance continue de profiter presque exclusivement aux plateformes en ligne plutôt qu’aux compositeurs, paroliers, et éditeurs de musique. Continuer

Une révision des statuts de SUISA figure à l’ordre du jour de l’AG à venir. Cette révision est nécessaire car, au niveau de l’Union européenne, une nouvelle directive concernant la transparence du travail des sociétés de gestion est en vigueur. Cela concerne donc également SUISA, qui est active au Liechtenstein et opère également, s’agissant des utilisations en ligne, dans le marché européen.

Le droit de la gestion dans l’UE et la révision des statuts de SUISALe droit de la gestion dans l’UE et la révision des statuts de SUISA
Contrairement à la Suisse, le Liechtenstein fait partie de l’Espace économique européen depuis 1995 et doit donc se conformer en majeure partie à la législation de l’Union européenne. Quel est le lien entre le droit de la gestion dans l’UE et la révision des statuts de SUISA? Continuer

Lors de l’AG, vous aurez en outre l’occasion de faire la connaissance de la Présidente de Swissperform, qui parlera de la collaboration entre les sociétés de gestion suisses.

Pourquoi les membres de SUISA devraient également envisager d’adhérer à SWISSPERFORMPourquoi les membres de SUISA devraient également envisager d’adhérer à SWISSPERFORM
Les compositeurs et paroliers membres SUISA qui sont aussi actifs en tant qu’artistes interprètes et/ou producteurs et dont les prestations sont diffusées par des radios et télévisions suisses ou étrangères ont droit à des redevances de SWISSPERFORM. Pour tous ces auteurs-compositeurs-interprètes/producteurs, l’adhésion à SWISSPERFORM est donc complémentaire à celle de SUISA et nécessaire pour une protection et une rémunération intégrale de leurs droits. Continuer

La FONDATION SUISA a apporté des nouveautés à sa pratique d’encouragement de la musique; le Directeur de la Fondation en parlera. Dernier point, mais non des moindres, il sera question de la révision du droit d’auteur; en avril et mai derniers, des hearings ont eu lieu à ce sujet au sein des commissions parlementaires.

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La FONDATION SUISA renforce son engagement pour la promotion de la musique en Suisse et dans la Principauté de Liechtenstein: chaque année, sous la devise «Get Going!», elle apportera un «coup de pouce» à quatre projets musicaux et proposera tous les deux ans une grande contribution de soutien à la création intitulée «Carte Blanche». Continuer
Révision du droit d’auteur: le travail des Commissions parlementaires a commencéRévision du droit d’auteur: le travail des Commissions parlementaires a commencé
Le 22 novembre 2017, le Conseil fédéral (CF) a présenté son message concernant la révision du droit d’auteur, accompagné d’un projet soumis aux Chambres fédérales (P-LDA). Le projet repose sur un compromis trouvé au sein du groupe de travail AGUR12 II au début mars 2017. Les travaux parlementaires sur ce projet ont commencé et SUISA a été invitée à donner son point de vue lors d’une audition organisée le 12 avril 2018 par la Commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil national. Elle a aussi eu la possibilité de s’exprimer vis-à-vis de la Commission des affaires juridiques du Conseil national, par écrit puis par oral le 18 mai 2018. Continuer

Vous êtes en train de lire le SUISAblog ou le SUISAinfo; ces différents sujets y seront également présentés. Vous en apprendrez davantage sur ces questions passionnantes en venant à Berne participer à l’AG. Je me réjouis d’accueillir un grand nombre d’entre vous à cette occasion.

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Assemblée générale SUISA 2018: votre avis compte!Assemblée générale SUISA 2018: votre avis compte! L’Assemblée générale ordinaire de SUISA aura lieu le vendredi 22 juin 2018 au Bierhübeli à Berne. Elle sera ouverte en musique par la formation ad hoc Swiss Ländlermix sous la devise: «Musique populaire à travers la Suisse». Les points les plus importants à l’ordre du jour sont la révision des statuts, le projet de création d’une Commission de recours et l’élection d’un remplaçant à la Commission de répartition et des œuvres. Danièle Wüthrich-Meyer, présidente de Swissperform, fera une allocution. Continuer
131,4 millions de francs pour les compositeurs, paroliers et éditeurs131,4 millions de francs pour les compositeurs, paroliers et éditeurs C’est avec satisfaction que les membres du Conseil ont approuvé le résultat de l’année précédente lors de la séance qui s’est tenue fin mars 2017. Le chiffre d’affaires total a dépassé de 3,2% celui de l’année précédente. Au total, ce sont 131,4 millions de francs qui ont été distribués aux bénéficiaires. De plus, le Conseil a décidé d’accorder une répartition supplémentaire de 7% sur tous les décomptes ordinaires établis en 2018. Continuer
Révision du droit d’auteur: les auteurs et éditeurs doivent pouvoir mieux profiter de l’utilisation en ligne de leurs œuvresRévision du droit d’auteur: les auteurs et éditeurs doivent pouvoir mieux profiter de l’utilisation en ligne de leurs œuvres Le Conseil fédéral a adopté le message relatif à la nouvelle loi sur le droit d’auteur. SUISA est globalement satisfaite de cette version de la loi. Les solutions élaborées au sein du groupe de travail sur le droit d’auteur (AGUR12 II) ont été reprises. Pour que les auteurs, les interprètes, les éditeurs et les producteurs puissent profiter de la numérisation, il est néanmoins urgent d’y apporter des compléments importants. Continuer
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Le 22 juin 2018, nous y serons à nouveau. En tant que membre de la coopérative SUISA avec droit de vote, vous pourrez, lors de l’Assemblée générale au Bierhüebli de Berne, prendre des décisions concernant l’avenir de votre société d’auteurs et tirer également un bilan de l’exercice écoulé. Par Andreas Wegelin, Directeur général

L’union fait la force

Vote lors de l’Assemblée générale de SUISA: dans le cadre de la coopérative, les voix des auteurs et des éditeurs ont un poids commun. (Photo: Juerg Isler, isler-fotografie.ch)

Les coopératives peuvent d’une manière générale être définies comme des unions de personnes ou d’institutions poursuivant des buts identiques ou similaires et qui ont des intérêts communs. L’idée à la base de telles coopérations est claire et simple: l’union fait la force! Les préoccupations économiques, sociales ou culturelles exprimées par un groupe...Continuer