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«En tant qu’éditeur, que dois-je faire avec toutes ces œuvres?»

Au début décembre 2015, SUISA a organisé pour la première fois un Workshop pour éditeurs. Au siège de SUISA à Zurich, 45 éditrices et éditeurs y ont reçu différentes explications sur les relations contractuelles dans le monde de l’édition, sur la collaboration avec SUISA et sur le droit d’auteur en général. L’avis de plusieurs participants: «A refaire!»

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De nombreux participants très attentifs lors du premier Workshop pour éditeurs de SUISA, le 2 décembre 2015, pendant la présentation de Claudia Kempf, Cheffe de la Division Membres, et Sebastian Spring, Chef du Groupe Editeurs, tous deux collaborateurs de SUISA. (Photo: Christian Poffet)

La cafétéria de SUISA à Zurich était pleine à craquer. 45 éditrices et éditeurs avaient répondu à l’invitation au premier workshop pour éditeurs. Pour des raisons de place, quelques personnes ont été priées de patienter jusqu’au prochain workshop. Lors de cette réunion d’information et d’échanges, il n’y avait pas que des novices, mais également des représentants confirmés de la branche de l’édition. Toutes et tous en ont profité avec intérêt.

Outre les présentations, les participants ont surtout apprécié le contact direct avec les interlocuteurs de SUISA et la possibilité d’échanges avec d’autres éditeurs (réseautage). Vu le succès de ce premier workshop, les responsables de SUISA vont proposer d’autres workshops pour éditeurs, également en Suisse romande.

Voici quelques commentaires de participants:

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Andreas Ryser (photo: Christian Poffet)

Andreas Ryser, Mouthwatering Records Sàrl:

«J’ai beaucoup apprécié cet événement. En discutant un peu avec des éditeurs plus jeunes, j’ai constaté qu’ils y ont obtenu de nombreuses informations utiles. La première partie sur le droit d’auteur a été très intéressante – pour moi également, bien que je sois dans ce domaine depuis un certain temps. Dans l’industrie musicale, on acquiert soi-même de nombreuses connaissances; dans ces conditions, il est bien de se voir confirmer certaines réalités par quelqu’un d’autre. Les deux heures d’échanges avec d’autres éditeurs étaient également importantes, afin de réseauter un peu et d’aborder certains thèmes spécifiques. Il faudrait absolument organiser cela plus souvent. Il est également primordial que les éditeurs aient des contacts réguliers avec les employés de SUISA. Le fait de se connaître personnellement rend les contacts téléphoniques ultérieurs plus agréables et plus simples. De telles rencontres devraient absolument être également faites pour les éditeurs de Suisse romande. Lors de futurs workshops, il pourrait éventuellement être intéressant d’approfondir certains sujets spécifiques. Cela serait au bout du compte également utile pour SUISA et réduirait ainsi le nombre de demandes d’informations».

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Andy Prinz (Photo: Christian Poffet)

Andy Prinz, Andy Prinz Pro Audio:

«Le réseautage avec d’autres éditeurs m’a tout particulièrement plu. J’ai apprécié les contacts directs avec certaines personnes dont j’avais entendu parler, et apprendre avec qui elles travaillent. Des explications claires nous ont été données sur des aspects généraux du droit d’auteur. Même si de nombreux éléments m’étaient connus, j’ai trouvé les présentations passionnantes. Certaines réalités me sont apparues sous un angle nouveau. Il a également été intéressant d’apprendre quelles nouveautés seront bientôt disponibles sur le portail pour les membres de SUISA, avec la possibilité de pouvoir faire certaines propositions. Pour les personnes qui connaissent un peu moins bien le domaine, davantage de pauses auraient été bienvenues afin de mieux assimiler cette masse d’informations. Mais cela a été une grande réussite – et je reviendrai volontiers la prochaine fois!»

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Marianne Froelicher Beck (Photo: Christian Poffet)

Marianne Froelicher Beck, Editions musicales Hans Schori:

«Cela m’a énormément apporté. Jusqu’ici, SUISA était une administration abstraite pour moi. Depuis aujourd’hui, mon opinion a changé et l’image que j’ai de SUISA est totalement différente. J’ai réalisé tout le travail qui est accompli et dans de nombreux domaines. Je suis entrée récemment dans le monde de l’édition. La maison d’édition a été fondée par mon grand-père et mon parrain, et je l’ai maintenant reprise de ma mère. La question principale suivante se posait pour moi: que dois-je faire avec toutes ces œuvres et comment puis-je sauvegarder ce patrimoine culturel? Je me suis plongée avec enthousiasme dans le monde de l’édition et je suis vraiment contente que SUISA existe».

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Rolf Schnyder (Photo: Christian Poffet)

Rolf Schnyder, Liva Music Sàrl:

«Tout le workshop a été très instructif, et j’en ai bien profité. Certaines questions que je me posais depuis longtemps y ont trouvé réponse. Beaucoup d’informations ont été données en peu de temps, et je vais devoir approfondir certains aspects. Mais, par exemple, je comprends maintenant mieux l’utilité des différents contrats. Le point fort a été pour moi la présentation du Dr Christian Baierle de Roba Music Publishing. Nous avons pu remarquer qu’il est actif depuis longtemps dans ce business; j’ai admiré la clarté de ses explications. Vraiment impressionnant!»

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Hans-Georg Rutz (à g.) en discussion avec Giorgio Tebaldi (Chef de la Communication de SUISA). (Photo: Christian Poffet)

Hans-Georg Rutz, Chorliederverlag Zurich:

«La vue d’ensemble sur le droit d’auteur et la présentation par Martin Korrodi étaient faites d’une manière claire. Sans cette introduction, j’aurais eu vraiment de la peine à suivre la présentation de l’après-midi sur les différents modèles de contrats. J’ai beaucoup apprécié la possibilité d’échanger entre éditeurs, et de discuter ainsi les uns avec les autres. Je trouve fascinant de voir ici autant de jeunes éditeurs, qui démarrent dans le business. L’espace étant limitié, il conviendrait à mon avis d’inviter la prochaine fois 30 personnes au lieu de 45 personnes, et pourquoi pas organiser deux workshops. Cela permettrait également d’assurer une continuité».

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Dominic Stämpfli (Photo: Christian Poffet)

Dominic Stämpfli, Radicalis Music Management:

«Pour moi en tant que nouvel arrivant dans l’édition, il a été très intéressant d’obtenir d’abord une vue d’ensemble du droit d’auteur et ensuite d’en apprendre plus sur le travail d’édition. La quantité d’informations a certes été très grande, mais tout était bien compréhensible. Et pour moi, les prochaines étapes sont maintenant claires, je sais ce que je vais devoir faire et qui je peux contacter – c’est bon à savoir, avant de m’aventurer dans cette jungle».

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IndieSuisse: le bilan après une année, présenté par Andreas Ryser, président de l’association

Lors du festival m4music 2014, l’association IndieSuisse se présentait pour la première fois de manière publique. Une année plus tard, son président Andreas Ryser tire un premier bilan intermédiaire. Ce bilan est positif; les labels indépendants savent où ils peuvent et veulent faire évoluer les choses. Par Silvano Cerutti, contributeur invité

IndieSuissse Andreas Ryser portrait

«Nous pouvons être satisfaits du bilan.» Andreas Ryser, musicien, responsable de label et président d’IndieSuisse, parle de la première année de l’association des labels musicaux et producteurs indépendants. (Photo: Brigitte Lustenberger)

Le travail d’organisation est un peu ingrat. Souvent, de longues démarches sont nécessaires pour obtenir de petits succès; il faut frapper à de nombreuses portes avant qu’on daigne nous ouvrir, et faire certains investissements sans savoir s’ils vont être rentables à moyen terme. Mais pour quelqu’un qui a travaillé à ses débuts comme livreur à vélo en ne rechignant pas à avaler des kilomètres jour après jour, le succès mérite que l’on surmonte quelques obstacles. C’est en tout cas l’impression qui se dégage lorsqu’on rencontre Andreas Ryser, président d’IndieSuisse. Durant l’année écoulée, il a consacré plus de 450 heures de travail bénévole à l’association. Sa motivation reste pourtant intacte.

Son attitude pétillante peut s’expliquer par de bonnes raisons, sans recourir à une psychologie de café du commerce. Dès le début, le directeur de label (Mouthwatering Records) a reçu de nombreux compliments, avec également un intérêt constant de la part des médias pour IndieSuisse. La fondation d’IndieSuisse a été saluée par d’autres organisations telles qu’IFPI, SWISSPERFORM et Swiss Music Export. «Nous sommes désormais intégrés à des projets et à des discussions avec IFPI et Swiss Music Export. En outre, par l’intermédiaire de différents membres du comité, nous sommes indirectement représentés dans quelques commissions de SUISA.»

Intégration à un réseau international

Une autre dimension s’avère tout aussi importante: IndieSuisse a adhéré à Impala (Independent Music Publishers and Labels Association, siège principal à Bruxelles), avec ainsi une représentation internationale pour ses 45 membres. Dès cet automne, IndieSuisse sera même représentée au sein du comité de l’Association des labels indépendants européens. «Musikvertrieb mis à part, il n’y a jamais eu auparavant d’organisation suisse membre d’Impala», déclare Andreas Ryser avec étonnement; «c’est assez absurde!»

La force économique des labels indépendants est sous-estimée

Un travail de structure est également nécessaire au niveau d’Impala. IndieSuisse va fournir des éléments en vue d’une étude dans laquelle Impala souhaite évaluer à l’attention de l’UE la force économique de ses quelque 4000 membres. IndieSuisse va également pouvoir tirer profit des données provenant de Suisse; jusqu’ici, il n’existait ni documentation du travail des labels indépendants ni statistiques avec des chiffres pertinents.

Il serait important de disposer de tels chiffres pour deux raisons. Les données IFPI se rapportent uniquement aux ventes de supports sonores et aux téléchargements. «Ces éléments ne sont pas très pertinents pour nous les indépendants», explique Andreas Ryser. Les labels indépendants travaillent dans la plupart des cas avec des contrats à 360°, en générant ainsi des ressources dans le cadre d’un accompagnement global des artistes: des RP au booking, en passant par la publication et le management. En prenant en considération uniquement le chiffre d’affaires des ventes, la valeur du travail des «indies» est sous-estimée. «Tout compte fait, nous constituons à mon avis un quart du marché suisse de la musique», affirme Ryser.

Travail de développement et de lobbying pour la création musicale suisse

De tels chiffres seraient également utiles dans le cadre de discussions avec l’Office fédéral de la culture ou avec le Département fédéral de l’économie en vue d’un encouragement structurel. Andreas Ryser avoue que l’un de ses objectifs est que des subventions soient accordées aux petits labels, qui effectuent le gros du travail de développement en faveur des nouveaux groupes. Il tient à affirmer clairement une vérité que son vice-président Christian Fighera (Two Gentlemen à Lausanne, avec notamment Sophie Hunger) ne démentirait pas: les labels indépendants font davantage que les majors pour le développement des artistes suisses en dehors du marché intérieur. Andreas Ryser estime que l’union des forces en ce domaine prouve déjà à elle seule que la fondation d’IndieSuisse était nécessaire.

Il est évident que les labels indépendants sont orientés vers l’exportation. De nombreux artistes de labels indépendants occupent des marchés de niche dont le potentiel ne peut être exploité pleinement que si l’on travaille avec plusieurs pays. Les artistes innovants de la création musicale helvétique (dont plusieurs se sont fait connaître ces derniers temps) peuvent en particulier espérer rencontrer une résonance internationale.  Ils constituent d’ailleurs une présence suisse à l’étranger. Nous sommes cependant encore loin de la situation qui existe en Scandinavie, avec par exemple un ambassadeur en place à Berne qui n’hésite pas à mettre le paquet pour vanter les mérites d’un groupe punk de passage en Suisse. «Nous devons faire davantage de lobbying», explique Andreas Ryser, «afin que les politiciens du Palais fédéral comprennent une fois pour toutes que la musique n’est pas uniquement un hobby, mais bel et bien une partie de l’économie de ce pays.»

Le fait qu’Andreas Ryser veuille confier cette tâche à sa propre association s’explique davantage par des raisons tactiques que par des raisons personnelles. «Il n’est pas cohérent d’agir en associant artistes et grosses voitures américaines (comme le font les majors) tout en jouant les modestes face aux instances de promotion de la culture», déclare-t-il alors avec un large sourire.

Les plans futurs d’IndieSuisse

Andreas Ryser est bien conscient que les labels indépendants ne vont pouvoir profiter de leur «atout cool» que si elles travaillent de manière professionnelle. Comme les petites maisons de disques indépendantes ne peuvent pas se payer les services de spécialistes de tous les domaines, elles doivent s’informer, avec une approche souvent «généraliste». Transmettre ce savoir-faire et coacher les nouveaux labels sur une brève période afin qu’ils atteignent un niveau professionnel, voici une autre tâche qu’Andreas Ryser souhaiterait développer avec IndieSuisse ! A titre personnel, il dit avoir passablement appris dans le cadre des échanges réguliers au sein du comité.

Les «indies» font donc preuve d’un grand dynamisme et il n’est pas étonnant que d’autres projets soient en préparation, sans pour autant être encore mûrs. Lorsqu’on lui demande quel soutien il pourrait encore souhaiter, la réponse d’Andreas Ryser est épatante: «Nous devons simplement bien faire notre travail. Si nous parvenons à convaincre avec ce travail, le soutien suivra presque naturellement.» Comme signalé précédemment, Andreas Ryser semble être l’homme de la situation pour de tels travaux de longue haleine.

Andreas Ryser est membre du groupe bernois Filewile; en tant qu’auteur, il est membre de SUISA depuis 15 ans. Mouthwatering Records se charge également de tâches éditoriales et est membre SUISA en tant qu’éditeur. Pour la gestion des droits voisins de maisons de disques, ce n’est pas SUISA qui est compétente, mais la société SWISSPERFORM.

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