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Anna Gosteli: «Je ne sais jamais où les choses vont m’entraîner»

En dépit d’une formation de haut niveau et de succès commerciaux au sein de plusieurs groupes, Anna Gosteli a trop souvent brillé à l’arrière-plan. Aujourd’hui, à 35 ans, la Soleuroise s’émancipe et trouve son identité musicale trop longtemps recherchée dans la somme de ses nombreuses expériences. La contribution à la création Get Going! 2019 lui assure l’indépendance financière nécessaire pour cela. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Anna Gosteli: «Je ne sais jamais où les choses vont m’entraîner»

Anna Gosteli (Photo: Manuel Vescoli)

Des pièces de puzzle comme des cailloux de mosaïque qui scintillent, éparpillés, dans toutes les teintes possibles. Et pourtant: aucune image d’ensemble ne se dégage. Pour que le tableau achevé ait une véritable identité, il manque le juste ordonnancement, le bon déroulé. «Un peu de tout, mais rien à fond»: tel est l’état dans lequel se trouvait Anna Gosteli, d’après ses propres dires, pendant des années. Et ce, bien que l’on puisse voir et entendre les différentes pièces du puzzle: sept ans de leçons de piano, puis de clarinette, puis un chœur à l’école. Chez elle, dans le Vorarlberg autrichien, sa mère joue de la guitare et son père du saxophone. «Enfant déjà, j’écoutais tous les styles possibles, des chansons indémodables et des tubes. À la maison, nous avions toujours un instrument sous la main pour faire de la musique.»

À 14 ans, Anna Gosteli déménage en Suisse. C’est un nouveau caillou pour sa mosaïque, auquel viendront régulièrement s’ajouter de nouveaux. À 21 ans, elle devient membre du collectif d’art pop bâlois The bianca Story. Rien ne semble faire obstacle à une fulgurante carrière. Spectacles à l’opéra allemand de Berlin, enregistrements aux studios Abbey Road à Londres, et pourtant: «J’étais la petite souris du groupe au début», raconte la musicienne d’aujourd’hui 35 ans, avant d’ajouter: «C’était un sentiment tout à fait personnel, et qui ne tenait pas à mes collègues masculins, qui m’ont toujours traitée comme un membre à part entière.» Chanteuse extrêmement talentueuse, Anna Gosteli reste cependant toujours la deuxième voix malgré le succès international. Ajoutons à cela une certaine timidité, et cette situation lui laisse le sentiment qu’elle pourrait aller plus loin.

Son émancipation commence quand elle se met à fréquenter de l’école de jazz de Bâle. Elle apprend la composition avec Hans Feigenwinter, le chant avec Lisette Spinnler et les harmonies avec Lester Menezes. Elle en rit aujourd’hui, mais «à l’époque, je pleurais quand Lester me disait une fois encore, énervé, que ce que je faisais était ennuyeux. Je chantais trop bien.» Finalement, cet amour-haine se révèle un moteur important pour sortir des rôles assignés et écouter sa voix intérieure. Lentement mais sûrement, les pièces du puzzle récoltées pendant des années semblent s’assembler. La certitude grandit que là derrière, peut-être, se cache un grand tableau dont tous les morceaux concorderaient.

Anna Gosteli fonde Chiqanne avec Fabian Chiquet, de The bianca Story. Ensemble, ils créent des chansons pop formidables et profondes. «D’un seul coup, je me suis mise à écrire des textes en allemand et à me tenir sur le devant de la scène.» Mais l’étape décisive de l’assemblage du puzzle n’arrive qu’avec «Dr Schnuu und sini Tierli» et sa collection de chansons pour les enfants et, c’est important, aussi pour leurs parents. Cela n’était pas prévu, comme tant d’événements sur son riche parcours. «Je ne sais jamais où les choses vont m’entraîner. Mais c’est aussi une sorte de concept», sourit-elle.

C’était à Noël, et alors jeune mère d’un fils qui a aujourd’hui six ans, Anna Gosteli avait besoin d’un cadeau pour les enfants de ses amis. «Et parce que je manquais terriblement d’argent à cette époque, j’ai décidé d’écrire une chanson et d’offrir à chacun un couplet.» À la chanson sur les volatiles suit celle sur un castor, qu’elle offre au compositeur de musique de films Biber Gullatz (en allemand, «Biber» signifie castor), avec qui elle travaille souvent à l’adaptation musicale de téléfilms, pour le remercier de l’avoir hébergée à Berlin. «C’est à ce moment-là que j’ai eu l’idée d’écrire une série de chansons pour les enfants.»

Ce sont ces chansons-là, qui englobent déjà presque toute la somme des expériences musicales que l’artiste a engrangées pendant sa carrière, qui lui montrent que le puzzle va devenir un tableau brillant. Avec beaucoup d’espièglerie, mais aussi une profondeur psychologique étonnante, ces morceaux prouvent l’étendue du talent de la parolière qu’elle est, tandis que la musique – jouée sur scène avec la guitariste Martina Stutz – reflète son voyage à travers les styles, des chansons indémodables au jazz en passant par les tubes et la pop.

«En ce moment, je fourmille d’idées», dit la musicienne, qui donne des cours de chant au Guggenheim à Liestal et codirige, avec Evelinn Trouble, le «Female Bandworkshop» d’«Helvetiarockt». Enfin, au sein du nouveau groupe Kid Empress, elle s’apprête à présent à parachever son puzzle. «J’ai enfin trouvé trois âmes sœurs dans la musique, relate Anna Gosteli. Nous prenons les décisions ensemble, et ce sans devoir faire de compromis.»

Le «Schnuu» et le son de Kid Empress, influencé par différents styles, montrent déjà bien que le «un peu de tout, mais rien à fond» du début prend les contours d’une véritable identité. «La contribution Get Going! me donne, exactement au moment où j’en ai besoin, le coup de pouce financier nécessaire pour pouvoir me lancer dans ces nouvelles aventures créatives.» Et à nouveau, un sourire lumineux s’affiche sur son visage.

C’est en 2018 que la FONDATION SUISA a commencé à allouer ses nouvelles contributions à la création. Dans le cadre de «Get Going!», elle finance des processus créatifs et artistiques qui se situent hors des catégories usuelles. Nous consacrons chaque année une série de portraits aux bénéficiaires de ces contributions Get Going! L’appel à candidatures pour 2020 s’achèvera à la fin août.


Anna Gosteli: «Non so mai dove mi porta la vita»

Nonostante una formazione d’eccezione e il successo commerciale in numerose band, il talento di Anna Gosteli stentava a salire alla ribalta. Oggi, forte di numerose esperienze confluite in un’identità musicale ardentemente cercata, la 35enne di Soletta può finalmente esprimere tutto il suo estro artistico. Grazie al contributo «Get Going! 2019», l’artista può ora contare sulla necessaria autonomia finanziaria. Contributo ospite di Rudolf Amstutz

Anna Gosteli: «Non so mai dove mi porta la vita»

Anna Gosteli (Foto: Manuel Vescoli)

Le tessere di un mosaico, distribuite casualmente, presentano un’infinita varietà di colori, ma non formano un quadro d’insieme. Per creare l’immagine finale, devono essere disposte nella loro esatta collocazione. «Di tutto un po’, senza eccellere in niente»: così Anna Gosteli esprime uno stato d’animo durato anni. E questo nonostante un’evidente preparazione in numerose discipline: lezioni di pianoforte a sette anni, poi clarinetto e coro della scuola. A casa, nel Vorarlberg austriaco, una madre chitarrista e un padre sassofonista. «Già da bambina ho sperimentato ogni stile possibile, dall’evergreen allo Schlager, e non sono mancati diversi strumenti da suonare».

Poi, a 14 anni, il trasferimento in Svizzera. A questo punto il mosaico si arricchisce di una tessera a cui ne seguiranno molte altre. A 21 anni Anna entra a far parte del quintetto indiepop fondato a Basilea «The Bianca Story». Nulla sembra ostacolare una carriera in ascesa: apparizioni alla Deutsche Oper Berlin, registrazioni agli Abbey Road Studios di Londra. «All’inizio passavo inosservata nella band», afferma la 35enne. Poi aggiunge rapidamente: «Ma ero io a sentirmi così, non era colpa dei miei colleghi uomini, che mi hanno sempre trattata alla pari». Cantante di grande talento, Anna è sempre stata la seconda voce nonostante il successo internazionale. Questa condizione, unita alla sua natura riservata, l’ha portata a immaginare una carriera più appagante.

Così, la sua emancipazione artistica è iniziata frequentando la scuola di jazz di Basilea: composizione con Hans Feigenwinter, canto con Lisette Spinnler e armonia con Lester Menezes. Oggi ci ride su, ma ammette di aver pianto quando Lester «sbottò che quello che facevo era noioso. Secondo lui cantavo fin troppo bene». Alla fine, attraverso questo rapporto di amore-odio, Anna è riuscita a mettere in discussione i ruoli che le erano stati assegnati e ad ascoltare la sua voce interiore. Lentamente ma inesorabilmente, le tessere del mosaico accumulate negli anni sembravano finalmente andare al posto giusto. E in lei cresceva la certezza che presto avrebbero creato un quadro perfetto.

Così, con Fabian Chiquet di The Bianca Story, ha fondato Chiqanne. Insieme compongono meravigliose canzoni pop dai contenuti profondi. «All’improvviso mi sono trovata a scrivere testi in tedesco e a cantarli sotto le luci della ribalta». Tuttavia, la svolta decisiva è arrivata con «Dr Schnuu und sini Tierli», una raccolta di canzoni per bambini ma anche per i loro genitori. Fu un caso, come molti altri avvenimenti della sua variegata carriera. «Non so mai dove mi porta la vita. Ma, in un certo senso, è un piano anche questo», afferma ridendo.

Un Natale di qualche anno fa Anna, già madre di un bimbo che oggi ha sei anni, stava cercando un regalo per i figli dei suoi amici. «E siccome all’epoca dovevo risparmiare, ho scritto una canzone dedicando una strofa ad ogni bambino». A «Federvieh», il brano sui pennuti, ha fatto seguito la canzone del castoro, «Biber», dedicata al compositore di colonne sonore cinematografiche Biber Gullatz (con cui spesso collabora per le musiche di film per la televisione) come ringraziamento per il suo soggiorno a Berlino. «Soltanto allora ho pensato di scrivere una raccolta di canzoni per bambini».

Sono proprio queste canzoni, che raccolgono gran parte della sua esperienza musicale, a suggerire che il mosaico di Anna Gosteli si trasformerà ben presto in un’opera strabiliante. Con molta ironia, ma anche con grande profondità di pensiero, queste canzoni mostrano tutto il talento narrativo di Gosteli, mentre la musica portata sul palco insieme alla chitarrista Martina Stutz riflette il suo percorso tra gli stili più disparati, dall’evergreen allo Schlager passando per il pop e il jazz.

«Oggi ho un sacco di idee», afferma Anna, che insegna canto al Guggenheim di Liestal ed è responsabile insieme a Evelinn Trouble del «Female Bandworkshop» per «helvetiarockt». Un’ultima ma non meno importante novità: il mosaico sarà presto completato nella neonata formazione Kid Empress. «Finalmente collaboro con tre persone musicalmente affini», afferma la giovane artista, «insieme prendiamo decisioni senza scendere a compromessi».

«Schnuu» e il sound dallo stile trasversale di Kid Empress suggeriscono che l’iniziale «di tutto un po’, senza eccellere in niente» ha lasciato il posto a una precisa identità. «Il contributo Get Going! arriva nel momento giusto, poiché mi offre le risorse finanziarie necessarie per potermi lanciare in nuove avventure creative.» Uno splendido sorriso le illumina il viso.

Dal 2018 la FONDATION SUISA assegna nuovi contributi alla creazione. Con il progetto «Get Going!» vengono incentivati finanziariamente processi creativi e artistici che esorbitano dalle categorie convenzionali. In una serie di ritratti, ogni anno presentiamo i beneficiari dei contributi «Get Going!». Il concorso 2020 termina a fine agosto.

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Anna Gosteli: «Je ne sais jamais où les choses vont m’entraîner»

Anna Gosteli (Photo: Manuel Vescoli)

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«Le violoncelle s’exprime telle une personne»

Beat Richner, pédiatre de profession, fut également musicien durant toute sa vie. Dès 1972, il se produisit sous le nom d’artiste «Beatocello». Il composa lui-même les musiques et textes de nombreuses œuvres de ses spectacles de cabaret poétique. Membre de SUISA depuis de nombreuses années, il est décédé dans la nuit du dimanche 9 septembre 2018 à l’âge de 71 ans. Texte de Manu Leuenberger

Beat Richner: «Le violoncelle s’exprime telle une personne»

Le pédiatre et musicien Beat Richner -ici dans une scène du film «L’Ombrello di Beatocello» de Georges Gachot- était membre de SUISA depuis 1978. (Photo: Gachot Films / www.lombrellodibeatocello.com)

Beat Richner naît le 13 mars 1947 et grandit à Zurich. Après la maturité, il se consacre à la musique pendant un an. A l’âge de 19 ans, il se produit en public dans le cadre du spectacle «Träumerei eines Nachtwächters» (Rêverie d’un veilleur de nuit). Il entame ensuite des études de médecine, durant lesquelles il invente le personnage du clown musicien «Beatocello». Sous ce pseudonyme, Beat Richner devient alors connu dans le monde du cabaret en Suisse. Son engagement humanitaire au Cambodge le rend également célèbre à l’étranger.

En 1978, Beat Richner devient membre de SUISA. Il compose la musique et écrit les textes des chansons qu’il crée principalement pour ses représentations en tant que «Beatocello». Ses compositions, comme «Chatz und Muus», «SʼTröpfli», «Zirkus», «Doctor PC», «De Sprinti und de Läbi» ou encore «Dong und Deng», sont immortalisées sur différents CD. Sur d’autres enregistrements, le violoncelliste interprète également des œuvres de Bach, Vivaldi et Bruch.

Le violoncelle accompagnera Beat Richner tout au long de sa vie. Lors d’une interview pour le «Schweizer Illustrierte», il expliquait en jouer 30 à 40 minutes par jour, afin de se préparer pour les représentations qu’il donnait tous les samedis à Siem Reap (Cambodge) devant des personnes du monde entier. Ces concerts lui permettaient d’informer sur les hôpitaux qu’il avait fondés lui-même et de récolter des fonds pour ces derniers. «Le violoncelle s’exprime telle une personne,», déclarait Beat Richner durant l’interview. «D’une voix simple, chaleureuse et familière, qui réconforte.»

www.beat-richner.ch

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  1. Dodo Leo dit :

    An Beatocello erinnere ich mich oft, immer wieder gerne und, als wenn es gestern gewesen wäre, dass ich seine Lieder gehört habe.
    Das trifft es aber eigentlich nicht ganz, viel mehr war Hr. Richners Figur eine ständige und haltgebende Begleitung meiner Kindheit. Der Umstand, warum ich seiner Musik und Geschichten als Kind begegnete, kommt daher, dass ein erheblicher Teil dieser Kindheit – vor allem in der früheren Phase – im Kinderspital stattfand. Ich hatte ein kleines, silbergraues Kassettengerät, mit dem man nur vorwärt spulen konnte, und das ein bisschen schepperte. Das machte mir nichts aus, denn was ich hörte, war viel mehr als Musik. Es waren Gefühle des Trostes, Linderung der Angst.
    Wenn Hr. Richner in dem Interview mit der »Schweizer Illustrierten« davon sprach, das Cello würde « sprechen wie ein Mensch », dann kann ich das nur bestätigen. Für mich war es ganz genau so, ich erinnere mich gut. Einmal, so meine ich mich jedenfalls ebenfalls erinnern zu können, war er sogar bei uns auf der Station. Aber, vielleicht ist das auch Wunschdenken eines Erwachsenen, der sich wünscht, es wäre damals so gewesen. Irgendwie war er sowieso immer da.
    Ich halte inne und senke mein Haupt, verbeuge mich in tiefer Annerkennung und Dankbarkeit an einen selbstlosen Mann, der mir und vielen anderen im Leben so viel gegeben hat und sage; Danke Hr. Richner.
    Dodo Leo

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Le pédiatre et musicien Beat Richner -ici dans une scène du film «L’Ombrello di Beatocello» de Georges Gachot- était membre de SUISA depuis 1978. (Photo: Gachot Films / www.lombrellodibeatocello.com)

Beat Richner naît le 13 mars 1947 et grandit à Zurich. Après la maturité, il se consacre à la musique pendant un an. A l’âge de 19 ans, il se produit en public dans le cadre du spectacle «Träumerei...Continuer

L’homme de l’ombre du rock en dialecte

C’est de sa plume que sont nés les hits suisses rendus avant tout célèbres par Polo Hofer. Hanery Amman nous a quittés à l’âge de 65 ans. Hommage par Ane Hebeisen, contributeur invité

L’homme de l’ombre du rock en dialecte

Hanery Amman, membre de SUISA depuis 1976, photographié dans le cadre d’une réunion de SUISA à Berne le 10 novembre 2009. (Photo: Wolfgang Rudigier)

Lorsqu’on l’interrogeait sur ses rêves, Hanery Amman avait toujours la même réponse: l’espoir de faire de la musique jusqu’à son dernier souffle. Ce souhait a été exaucé, même si la vie n’a pas toujours été juste avec lui et qu’il a régulièrement été confronté à des situations difficiles ou décevantes. Il a cependant pu faire jusqu’au bout ce qu’il aimait le plus – de la musique.

Il serait exagéré de prétendre qu’il avait une productivité supérieure à la moyenne. Il avait bien trop d’adversaires à combattre pour ça. De toute sa production pendant toutes ces années, seule une petite partie a été publiée. On peut donc supposer qu’il reste encore de nombreux trésors d’archives, d’essais et d’études à découvrir chez Hanery Amman à Interlaken.

L’âme de Rumpelstilz

Sa carrière musicale démarre très tôt. A l’école, il joue du banjo et du ukulélé. Mais ce piano, l’instrument qui va décider du destin de Hanspeter «Hanery» Amman, trône déjà dans la salle de musique de l’établissement. Il commence à en jouer et sent très rapidement qu’il peut y exprimer de bien plus grandes émotions qu’avec un instrument aux cordes pincées et au son nasillard.

Après un apprentissage comme mécanicien de précision et un court passage par le théâtre (on lui connaît le rôle du Général dans la pièce «Treffpunkt Vietnam» au Zimmer-Theater de Zurich), il retrouve régulièrement son vieux voisin, un certain Urs «Polo» Hofer, pour faire de la musique. Ces deux amis et leurs familles vivent longtemps dans le même bâtiment à Interlaken. Les Hofer sont témoins de mariage des Amman et à sept ans, le jeune Polo promène le petit Hanery dans sa poussette.

A l’époque, personne ne se doutait qu’ils allaient rester unis jusqu’à la fin de leur vie, parfois très proches, parfois moins, et encore moins qu’un jour une place d’Interlaken porterait leurs noms.

Dès leur première rencontre musicale, les tâches sont clairement réparties. Hanery Amman compose, Polo Hofer écrit. Hofer vend, chante et joue le rôle de mascotte tandis qu’Amman est l’âme du projet et joue un rôle décisif dans le son du rock en dialecte 1.0. Le modèle musical est celui d’Udo Lindenberg, lui qui a réussi à allier la langue allemande à la musique de son temps. L’objectif est donc de faire la même chose en dialecte alémanique.

Le premier reggae suisse

Rumpelstilz est un groupe où s’expriment avec vigueur les tendances musicales les plus variées. Le jeu d’Hanery Amman est par exemple influencé par des modèles musicaux aussi divers qu’Elton John et Chick Corea, on admire les saxophonistes de jazz fusion Jim Pepper et Bob Dylan – et puisque le percussionniste intérimaire Res Hassenstein, plus tard l’un des papes de la musique du monde, connaît aussi la musique caribéenne, on décide d’inclure le reggae au répertoire.

C’est à cette époque que les premiers grands hits naissent sous la plume d’Hanery Amman: «Teddybär» (officiellement le premier reggae en dialecte alémanique) ou le morceau de six minutes et demie «D Rosmarie und i», précédé d’une longue intro perlée au piano par Amman pour glisser en un rien de temps du boogie au jazz en passant par le blues dans le solo au milieu du morceau. Il adore les fusions.

Hanery Amman décrira plus tard les années de Rumpelstilz comme les plus marquantes de sa carrière. Il aimera dire que c’était un groupe «multi-culturel» à une époque où le concept n’existait pas encore. Rumpelstilz lui aura permis de trouver son style non seulement comme musicien, mais aussi comme compositeur.

Dissolution de Rumpelstilz

Si Rumpelstilz a énormément de succès, le groupe n’est certainement pas un monument national. Hanery Amman, l’homme aux longs cheveux blonds, n’est pas encore perçu dans sa ville natale comme le bon berger de la chanson suisse, mais plutôt comme quelqu’un qui devrait exercer un vrai métier.

Des tensions entre Hanery et Polo conduisent en 1979 à la rupture puis à la dissolution du groupe, ce qui peut arriver lorsque deux fortes têtes de l’Oberland bernois se heurtent. Après la dissolution du groupe, Hanery décrit les disputes en ces termes dans une interview: «Nous étions deux béliers dans ce groupe. A un moment donné, le succès auprès du public est monté à la tête de Polo Hofer. Cela a détruit le groupe.»

Et il est aussi question d’argent: selon lui, malgré le succès, on est toujours à court d’argent sans que personne n’ait une bonne explication à cela. Avec un peu de distance, il décrit son rapport à Hofer de façon un peu plus mesurée: «Nous avions besoin l’un de l’autre et nous nous sommes complétés mutuellement». C’est ainsi qu’avec l’âge ils se qualifient d’amis.

Un hit pour l’éternité

Après la dissolution de Rumpelstilz, Polo Hofer fonde le groupe Polo’s SchmetterDing alors qu’Hanery Amman s’essaie à une carrière solo sous son propre nom. Son album solo en anglais «Burning Fire», produit en Allemagne, sort en 1980. Le style est celui d’un rock américain enjoué. Dans des interviews, il dit vouloir voyager avec sa musique et affirme que le dialecte bernois n’est pas vraiment une langue pour le rock.

Dans l’Oberland bernois, ces propos ne sont pas vraiment bien accueillis. C’est pourquoi il donne plusieurs concerts en Allemagne et en Autriche. En outre, il compose des musiques de film et écrit des chansons pour la star italienne Rita Pavone. Il dénonce bientôt sa collaboration avec la maison de production allemande, installe à Interlaken son propre studio, donne quelques concerts et fait ce qu’il aime par-dessus tout: composer des chansons.

L’une d’entre elles s’appelle «Kentucky Rose». Elle serait probablement restée enterrée quelque part dans les archives personnelles de Hanery si Polo Hofer, en tournée avec son groupe SchmetterBand, ne l’avait pas enregistrée en dialecte bernois sur une cassette de démonstration, faisant naître ainsi l’un des plus grands hits de la chanson suisse: «Alpenrose» rend Hofer et Amman immortels.

Sous ses airs de Bernois parfois têtu, Hanery Amman cache un grand cœur. Ses amis parlent d’une personnalité originale et très attachante. On lui attribue des qualificatifs comme direct, franc, buté et hypersensible. L’homme a de l’humour et même dans les pires moments, il continue à plaisanter et à être cordial.

Ce qui lui déplaît par-dessus tout en revanche, c’est le manque d’attention au niveau musical. En mai 1984, il se rend en studio avec son groupe, le Hanery Amman Band, pour enregistrer un album. Mais il trouve le rendu tellement mauvais qu’il ne veut pas le publier. La raison est vite trouvée: furieux, il dira dans une interview que cela relève de la façon dont ses musiciens ont travaillé. Le groupe n’avait pas assez de motivation. Résultat: on renonce! Et on reconsidère la composition du groupe!

«Le Chopin de l’Oberland bernois»

Il s’ensuit des années difficiles. Hanery Amman souffre d’un acouphène en raison d’une opération suite à une otite qui l’empêche pratiquement de faire de la musique pendant un long laps de temps. Néanmoins, il se produit en concert, organise une réunion de Rumpelstilz et enregistre trois concerts au Anker à Interlaken (il habite juste au-dessus de la salle). L’album «Live im Anker» qui en résulte se classe parmi les albums live les plus populaires de Suisse.

Il faudra attendre l’an 2000 pour la sortie du prochain album solo. «Solitaire» récolte des critiques euphoriques mais ne parvient pas à dépasser la 90e place du hit-parade suisse. A ce moment-là, le monde écoute Manu Chao, les Red Hot Chili Peppers ou encore Britney Spears. Les chansons en dialecte d’Amman, longuement mûries et soigneusement arrangées, semblent passées de mode. La médecine n’a pas non plus de bonnes nouvelles à lui annoncer. On lui diagnostique un cancer du poumon en 2007. Une maladie qui l’emporte dix ans plus tard, cinq mois après Polo Hofer.

Il ne s’est jamais plaint de ses échecs, même sa vie a été «un coup du destin après l’autre», comme il l’a dit récemment. Bien au contraire, il est très reconnaissant. Hanery Amman n’a jamais aimé être au premier plan. Ses chansons ont fait connaître Polo Hofer, lui est resté dans l’ombre. A son sens, le show-business est un monde d’imposteurs et de faux-semblants, et il ne s’y est jamais vraiment senti à l’aise.

C’est au piano, en laissant courir ses doigts sur le clavier, qu’il s’est toujours senti le mieux. Il s’y mettait le plus souvent la nuit (et volontiers nu, comme il l’a confié une fois), c’était sa façon à lui de méditer contre les humeurs du monde. «Si tout ‹foire›, il te reste la musique»: telle était sa devise.

Si l’on avait placé à ses côtés quelqu’un capable d’organiser un tant soit peu son travail et de l’aider à surmonter les doutes qui l’assaillaient fréquemment, l’homme que Polo Hofer qualifiait de «Chopin de l’Oberland bernois» aurait laissé une œuvre beaucoup plus importante. Mais le natif d’Interlaken n’avait que faire de conseillers.

Et pourtant: ce qu’il a publié est inscrit dans la mémoire à long terme de la musique en dialecte alémanique suisse. Jusqu’au bout, il a travaillé sur un album instrumental qu’il espérait terminer avant sa mort. Ce vœu n’aura pas été exaucé. Hanery Amman est décédé dans la nuit du Nouvel An à l’âge de 65 ans, entouré des siens.

Comme il le chantait si bien sur son album «Solitaire»: «U we de meinsch, die Wält göng under, de si d Stärne geng no da (Et si tu penses que le monde s’écroule, les étoiles sont quand même toujours là – NdT)». Une nouvelle étoile brille maintenant au firmament.

www.haneryamman.ch

Cette nécrologie par Ane Hebeisen a été publiée sous une forme similaire dans le Bund et le Tages Anzeiger en janvier 2018.

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Hanery Amman, membre de SUISA depuis 1976, photographié dans le cadre d’une réunion de SUISA à Berne le 10 novembre 2009. (Photo: Wolfgang Rudigier)

Lorsqu’on l’interrogeait sur ses rêves, Hanery Amman avait toujours la même réponse: l’espoir de faire de la musique jusqu’à son dernier souffle. Ce souhait a été exaucé, même si la vie n’a pas toujours été juste avec lui et qu’il a régulièrement été confronté à des situations difficiles ou décevantes. Il a cependant pu faire jusqu’au bout ce qu’il aimait le plus – de la musique.

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Oh Yeah! Un petit temple en l’honneur de la musique pop en Suisse

L’exposition «Oh Yeah!» au Musée de la communication de Berne est consacrée à la musique pop en Suisse de 1950 à nos jours. Le voyage au cœur de l’aventure des rythmes et groupes suisses est visible depuis novembre et jusqu’au 19 juillet 2015.

Exposition Oh Yeah Videoscreen

L’exposition «Oh Yeah!» au Musée de la communication de Berne présente 60 ans de culture pop suisse dans une approche multimédia. (Photo: Hannes Saxer / Musée de la communication)

Qui ne les connaît pas, ces chansons qui se sont enracinées dans la mémoire de tout un chacun: la bande son du premier baiser, du premier chagrin d’amour, le premier concert.

60 ans de culture pop pour se régaler

Avec leur équipe, Kurt Stadelmann et Samuel Mumenthaler ont passé l’année dernière à réunir les dates-clés de l’histoire de la musique dans la culture pop suisse, en s’appuyant tant sur leurs expériences personnelles que sur la mémoire collective, pour en livrer une synthèse dans l’ensemble très accessible. Ils ont pris en considération les 60 dernières années, ainsi que de nombreux genres musicaux qui ont marqué la culture pop helvétique de leur empreinte: musique beat, rock, punk, new wave, chanson en dialecte, techno et rap.

La musique rencontre l’art de vivre

Ainsi est née une exposition qui s’adresse autant aux mordus de musique qu’à tous ceux qui sont curieux de découvrir ce qui a fait vibrer la Suisse au cours des 60 années écoulées. Car il ne s’agit pas exclusivement de musique, mais également de différents modes de vie qui se sont identifiés à la musique et s’en sont inspirés.

Comme le dit de manière pertinente Claudio Landolt, rédacteur musical à la SRF, dans sa présentation: «Cette exposition associe la pilule contraceptive au son des années 60, présente une setlist du groupe Züri West maculée du sang du jeune punk Kuno Lauener et explique, entre autres, pourquoi la musique hawaïenne est soudain devenue très à la mode dans les années 50 en Suisse.»

Exposition Oh Yeah Multimedia

400 minutes d’enregistrements audiovisuels invitent à un voyage dans l’histoire de la culture pop helvétique. (Photo: Erika Weibel)

Vidéos, affiches, photos, extraits de films, instruments, vêtements et beaucoup d’autres témoins de leur époque font revivre les jours passés et renvoient le visiteur à ses propres souvenirs.

Un installation multimédia géniale

400 minutes d’enregistrements audiovisuels sont à disposition. Equipé d’écouteurs, le visiteur peut, grâce aux enregistrements, se plonger dans le passé, se régaler de musiques actuelles et essayer de deviner à quoi ressembleront les musiques du futur. L’exposition ne se limite pas à montrer exclusivement la musique pop suisse sous toutes ces facettes, mais elle cherche également à évaluer l’impact qu’a eu la musique pop internationale en Suisse. A ne pas manquer!

Où et quand?

L’exposition «Oh Yeah! Musique pop en Suisse» est à voir au Musée de la communication de Berne, jusqu’au 19 juillet 2015.

L’exposition «Oh Yeah! Musique pop en Suisse» au Musée de la communication a reçu le soutien financier de SUISA et de la FONDATION SUISA.

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L’exposition «Oh Yeah!» au Musée de la communication de Berne est consacrée à la musique pop en Suisse de 1950 à nos jours. Le voyage au cœur de l’aventure des rythmes et groupes suisses est visible depuis novembre et jusqu’au 19 juillet 2015.

Exposition Oh Yeah Videoscreen

L’exposition «Oh Yeah!» au Musée de la communication de Berne présente 60 ans de culture pop suisse dans une approche multimédia. (Photo: Hannes Saxer / Musée de la communication)

Qui ne les connaît pas, ces chansons qui se sont enracinées dans la mémoire de tout un chacun: la bande son du premier baiser, du premier chagrin d’amour, le premier concert.

60 ans de culture pop pour se régaler

Avec leur équipe, Kurt Stadelmann et Samuel Mumenthaler ont passé l’année dernière à réunir les dates-clés de l’histoire de la musique dans la culture...Continuer