Archive de tag: Compositeur

Avancer dans son propre univers

Cécile Marti fait partie des protagonistes les plus remarquables de la musique contemporaine en Suisse. Dans ses œuvres, la compositrice et sculptrice essaie de réunir différentes formes d’expression en un grand tout. Le ballet devrait prochainement se joindre au dialogue entre la musique et la sculpture. La FONDATION SUISA soutient la vision artistique de la Zurichoise en lui attribuant une Carte Blanche d’un montant de 80 000 francs. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto

Cécile Marti: Avancer dans son propre univers

Carte Blanche pour Cécile Marti. (Photo: Suzie Maeder)

On pense généralement que l’on devrait dissocier une œuvre artistique de son auteur. Cela n’est guère possible dans le cas de Cécile Marti. En effet, un seul jour de son existence l’a non seulement contrainte à faire une croix sur son plus grand rêve, mais également conduite, après une longue période de souffrance, sur la voie qui lui permet de célébrer aujourd’hui des succès artistiques.

Enfant déjà, la Zurichoise de 45 ans était empreinte de cette intransigeance avec laquelle elle poursuit aujourd’hui ses visions artistiques: «Dès mon plus jeune âge, je le savais: je serais violoniste. Violoniste, un point c’est tout.» Elle commence à jouer du violon à huit ans, et se met au piano peu après. Alors qu’elle assiste à un concert de la violoniste Bettina Boller, une chose est claire: elle veut prendre des leçons avec elle. La volonté déplace des montagnes et la jeune Cécile devient la seule élève à bénéficier de cours particuliers. «Cette période a été un tremblement de terre musical pour moi», s’exalte l’artiste. «Bettina Boller m’a sensibilisée à la nouvelle musique. À douze ans, j’écoutais déjà Alfred Schnittke. Il n’y avait plus aucun doute après cela: je devais aller au Conservatoire et faire du violon le pivot central de ma vie.»

Le rêve se brise

Cécile Marti baisse le regard une fraction de seconde, avant de poursuivre: «À 17 ans, je donnais déjà mes propres leçons, à 18 ans je fréquentais le Conservatoire et participais à des projets d’orchestre de Mahler à Bruckner. C’était merveilleux. Mais à 20 ans, le coup de massue!» Cécile est victime d’un accident vasculaire cérébral qui la paralyse d’un côté. Le rêve se brise du jour au lendemain. «Je refusais d’y croire et j’ai essayé toutes les thérapies imaginables pendant trois ans. Je me suis battue jusqu’à ce que je sois au bout de mes forces.»

Cécile Marti bannit son violon au grenier et n’écoute plus de musique pendant cinq ans. «La blessure était trop profonde.» Comme elle le dit elle-même, cette période est pour elle «une traversée du désert». Jusqu’au moment où son subconscient commence à se manifester. «Soudain, je me suis mise à entendre de la musique dans ma tête. Et j’ai commencé à l’écrire. Ça a été le début de mon activité de composition.»

Les études de composition commencent avec Dieter Ammann, et c’est là qu’elle découvre la temporalité. Sa rencontre avec le compositeur autrichien Georg Friedrich Haas au cours de ses études lui ouvre soudain une dimension supplémentaire pour l’élaboration de ses propres œuvres. Contrairement à Ammann, Haas entretient une relation avec la temporalité jusqu’ici inconnue pour elle. «Il prend un temps incroyable pour une idée, jusqu’à ce qu’il l’ait totalement exploitée. Cette idée se transforme ensuite lentement en une nouvelle idée. J’étais fascinée par ce lent processus de transformation. Il en résulte une écoute complètement différente et une toute autre notion du temps.»

Une écoute sculpturale

Avec le recul, ce n’est pas un hasard si Cécile Marti s’est sentie attirée par les possibilités des temporalités les plus diverses. Et c’est encore moins un hasard qu’elle se soit mise à composer et à sculpter au même moment. D’un côté le cours de sa vie brusquement interrompu par un accident vasculaire cérébral qui finalement débouche sur quelque chose de nouveau, et de l’autre la pierre brute qui nécessite force, endurance et volonté pour se transformer en une sculpture aboutie: la dialectique entre biographie et réflexion artistique est indéniable.

Elle explique également la voie qu’elle a empruntée et qui se distingue clairement de la carrière classique. «D’ordinaire, on compose sur mandat de quelqu’un. J’ai surtout suivi mes propres idées», explique-t-elle déterminée. Au début, son directeur de thèse à Londres (Cécile Marti a rédigé sa thèse de doctorat sur le thème de la temporalité musicale) a exprimé des doutes quant à ses plans de composition. «Il disait: tu écris tout simplement dans le vide», raconte-t-elle en souriant. «Tu ne trouveras jamais d’orchestre pour cela.» Il faisait référence ici au cycle pour orchestre «Seven Towers», une suite de sept morceaux pour 120 musiciens d’une durée de 80 minutes, dont la première représentation par l’OSBS s’est tenue à Bienne en 2016, et dont certains morceaux ont été rejoués par l’Orchestre Symphonique de Berne, le Geneva Camerata et le Basel Sinfonietta depuis sa création.

Dans cette œuvre, qui coupe littéralement le souffle, l’orchestre dans son ensemble rappelle également une sculpture que l’on découvre sous différents angles. «Les gens me disent que ma musique s’écoute et se ressent de manière sculpturale et je pense en effet qu’elle est très gestuelle et plastique. J’aime l’idée que l’on puisse envisager les choses sous les angles les plus divers, et il existe effectivement une interaction entre mes sculptures et mes compositions.»

«Le plus beau des cadeaux»

Cécile Marti souhaite pousser cette interaction encore plus loin avec un nouveau projet, à savoir un ballet. L’idée lui est venue il y a trois ans, alors qu’elle assistait à une chorégraphie de la Canadienne Crystal Pite dans un théâtre londonien. «Ça a été un coup de foudre pour moi», s’emballe-t-elle. «Je n’avais encore jamais assisté à un spectacle de danse lors duquel j’avais immédiatement ressenti l’envie de collaborer avec la chorégraphe.» Selon Cécile Marti, Crystal Pite fait en danse exactement ce qu’elle fait elle-même en musique. «Elle travaille aussi de manière sculpturale, avec l’aide de grands groupes. Elle façonne ensuite cette masse dans toutes les directions imaginables.»

Le fait que Crystal Pite ait été séduite par le projet mais que son emploi du temps d’étoile montante de la scène chorégraphique soit surchargé jusqu’en 2026 n’empêche pas Cécile Marti de poursuivre cette idée. Durant sa période sans musique, elle a écrit des dizaines de journaux intimes qui ne sont pas uniquement l’héritage d’une sombre période, mais qui décrivent aussi le début d’une nouvelle vie. Ces écrits devraient servir de base à un ballet d’action autobiographique sous une forme encore inédite.

Qu’il s’agisse du ballet dont la première partie a été d’abord présentée sous forme de concert à Varsovie en septembre 2019, ou du Quatuor à cordes n° 2 présenté au cours du même mois (son titre «In Stein gemeisselt» (Gravé dans la pierre) laisse déjà présager de la présence de 26 sculptures en pierre) : la démarche proposée pour rendre visible la temporalité est aussi bien au centre du travail créatif de Cécile Marti que de son travail de recherche. En toute logique, elle continue donc de travailler sur le concept «Seven Towers» afin d’en faire à l’avenir également une expérience physiquement sculpturale.

La «Carte Blanche» de la FONDATION SUISA lui permet désormais de se consacrer sans pression au développement de ce projet. «La Carte Blanche est simplement le plus beau des cadeaux que l’on puisse imaginer», s’enthousiasme-t-elle. «Je cherche à réaliser des choses qui me tiennent à cœur et qui peuvent sembler impopulaires sur le papier. Mais mon travail doit être précis en termes de contenu, et aussi authentique que possible. C’est pourquoi des contraintes temporelles ne devraient y jouer aucun rôle.»

L’artiste doit avoir ressenti le coup du destin qui l’a frappée à 20 ans comme un trou noir absorbant toute la matière. Le big-bang qui s’est produit après des années d’obscurité, et dont est né un univers totalement nouveau, unique et encore inexploré en de nombreux endroits, est d’autant plus impressionnant.

www.cecilemarti.ch

C’est en 2018 que la FONDATION SUISA a commencé à allouer ses nouvelles contributions à la création. La «Carte Blanche» de 80 000 francs, qui n’est pas mise au concours mais se voit directement attribuée tous les deux ans par un jury de professionnels, doit permettre au créateur/à la créatrice de musique qui en bénéficie de se concentrer sur ses projets artistiques sans pression financière.


Alla scoperta di un nuovo universo

Cécile Marti è una delle protagoniste di maggior spicco della musica svizzera contemporanea. Nelle sue opere la compositrice e scultrice cerca di avvicinare forme espressive diverse per ottenerne un tutt’uno coeso. In futuro, al dialogo tra musica e scultura si aggiungerà anche il balletto. FONDATION SUISA sostiene la visione artistica della talentuosa zurighese con una Carte Blanche da 80’000 franchi svizzeri. Contributo ospite di Rudolf Amstutz

Cécile Marti: Alla scoperta di un nuovo universo

Carte blanche a Cécile Marti. (Foto: Suzie Maeder)

È convinzione diffusa che l’opera non vada confusa con il suo autore. Un’impresa che ha dell’impossibile nel caso di Cécile Marti – perché in un solo giorno la vita non solo l’ha costretta a chiudere per sempre il suo sogno più grande nel cassetto dei ricordi ma l’ha anche condotta, al prezzo di tante sofferenze, ai suoi odierni successi artistici.

La 45enne di Zurigo ha sempre perseguito le sue mire artistiche senza sconti né compromessi e lo ha fatto sin da bambina: «Mi era chiaro sin da piccola: volevo diventare violinista. Violinista e nient’altro.» Così, a otto anni, ha imbracciato il violino e poco dopo ha iniziato anche con il pianoforte. A un concerto di Bettina Boller ha poi partorito un altro proposito: «Voglio prendere lezioni da quella violinista.» La forza di volontà, si sa, fa miracoli e difatti la Boller divenne l’insegnante privata della giovane Cécile. «Per me quel periodo è stato un terremoto sul piano musicale», ricorda entusiasta la Marti. «Bettina Boller mi ha avvicinata alla Neue Musik. A 12 anni ascoltavo già Alfred Schnittke. A quel punto ho capito che dovevo andare assolutamente al conservatorio e fare del violino l’unica priorità della mia vita.»

La fine di un sogno

Prima di proseguire, la Marti abbassa lo sguardo per una frazione di secondo: «A 17 anni davo già lezioni, a 18 seguivo il conservatorio e vari progetti orchestrali che spaziavano da Mahler a Bruckner. È stato grandioso. A 20 anni, però, è arrivata la batosta.» Colta da un ictus, la Marti si è ritrovata emiplegica. Così il suo sogno è sfumato da un giorno all’altro. «Non volevo rendermene conto e per tre anni ho tentato ogni terapia possibile e immaginabile. Ho lottato fino allo stremo delle forze.»

Bandito il violino in soffitta, Cécile non ha ascoltato più musica per cinque anni. «La ferita era troppo grande.» In quel periodo – queste le parole dell’artista stessa – le sembrava di essere «in un deserto». Fino a quando il subconscio non ha cominciato a farsi sentire. «All’improvviso ho sentito la musica dentro me stessa. E ho cominciato a buttarla giù su carta. È così che è iniziata la mia attività di compositrice.»

Cécile ha quindi iniziato a studiare composizione da Dieter Ammann, confrontandosi per la prima volta con le progressioni temporali che si compiono da un momento all’altro. L’incontro con il compositore austriaco Georg Friedrich Haas, risalente al periodo degli studi, l’ha poi proiettata in una nuova dimensione della produzione componistica. A differenza di Ammann, Haas praticava infatti un approccio alle forme di progressione del tempo che la Marti ignorava. «Dedicava tantissimo tempo a un’idea e continuava fino a quando non l’aveva completamente sviscerata. E poi quella stessa idea, vorticando, si innestava lentamente in un’altra. Sono rimasta affascinata da questa lenta trasformazione. Questo approccio dà luogo a un ascolto e a una percezione del tempo assolutamente nuovi.»

L’ascolto scultoreo

In retrospettiva, non è un caso che la Marti sia stata ammaliata dalle tante forme possibili di progressione temporale. E non è nemmeno un caso che l’inizio della sua attività compositiva coincida proprio con la scoperta della scultura. La progressione di una vita che, interrotta repentinamente dall’ictus, sfocia in un qualcosa di nuovo; e la pietra viva, che la forza, la costanza e la forza di volontà trasformano in una scultura compiuta – c’è una dialettica innegabile tra biografia e opera artistica.

Questo dialogo spiega anche la strada battuta dalla Marti – una strada che si distingue nettamente dalla classica carriera di artista. «Generalmente le composizioni nascono su commissione di qualcuno. Io ho seguito quasi sempre le mie idee», spiega Cécile in tono deciso. Inizialmente il direttore della sua tesi di dottorato (incentrata sulle progressioni temporali nella musica) era scettico rispetto alle mire componistiche della Marti. «Mi diceva che scrivevo a vanvera», racconta sorridendo. «Non troverai mai un’orchestra per le tue opere.» Si riferiva a «Seven Towers», un ciclo in 7 parti della durata di 80 minuti concepito per 120 musicisti, la cui prima è stata eseguita dalla SOBS di Bienne nel 2016. Dalla sua genesi alcuni brani sono stati persino interpretai dalla Berner Symphonieorchester, dalla Geneva Camerata e dalla Sinfonietta Basel.

In questa opera che mozza (letteralmente) il fiato il complesso orchestrale ricorda una scultura da sentire e vivere in vari modi. «La gente mi dice che la mia musica si sente e si percepisce come una scultura. Penso che sia effettivamente molto gestuale e plastica. Mi piace l’idea di poter osservare le cose dai punti di vista più diversi e difatti c’è una vera e propria interazione tra il mio lavoro di scultrice e le mie composizioni.»

«Il dono più grande»

Ora Cécile Marti punta a estendere questa interazione con un nuovo progetto – e intende farlo con il balletto. L’idea le è venuta tre anni fa mentre assisteva a una rappresentazione coreografica della canadese Crystal Pite in un teatro londinese. «Sono stata folgorata», ricorda emozionata la Marti. «Era la prima volta che vedevo uno spettacolo di danza che facesse scattare in me il desiderio di collaborare con un coreografo.» Cécile vede nella Pite la sua omologa nel mondo del balletto. «Anche il suo lavoro è scultoreo e fa ricorso a grandi gruppi. Poi dà forma a questa massa muovendosi in tutte le direzioni possibili e immaginabili.»

La Pite era favorevole al progetto ma l’astro nascente della danza aveva ingaggi a non finire fino al 2026. Ciononostante la Marti non ha abbandonato l’idea. Durante il periodo in cui non ha ascoltato la musica ha scritto decine di diari che testimoniano non solo un periodo buio ma anche l’inizio di una nuova vita. Queste memorie costituiranno le basi di una rappresentazione coreografica dalla trama autobiografica che non ha precedenti.

L’opera creativa e sperimentale della Marti è incentrata sulla visualizzazione delle forme di progressione temporale. Prova ne sono il balletto, la cui prima parte è stata eseguita in anteprima, seppur solo a livello concertistico, a Varsavia nel settembre 2019, e la composizione per quartetto d’archi (altra prima risalente allo stesso periodo) il cui titolo «Scolpito nella pietra» (originale «In Stein gemeisselt») rimanda alla presenza di 26 opere in pietra. Per questo, Cécile continua a lavorare con coerenza anche al concetto di «Seven Towers», con l’intento di renderlo percettibile a livello fisico e scultoreo.

Ora la Carte Blanche di FONDATION SUISA le consente di perseguire questo obiettivo con la dovuta serenità. «La Carte Blanche è il dono più grande che ci si possa immaginare», afferma emozionata Cécile. «Perseguo ciò che mi sta a cuore e che, sulla carta, potrebbe non riscuotere consensi. Il mio lavoro, però, deve essere il più preciso e autentico possibile sul piano contenutistico. Per farlo occorre disinnescare il fattore tempo.»

La sventura che ha travolto la Marti a 20 anni deve esserle sembrata un buco nero che inghiotte tutto ciò che lo circonda. Il big bang scaturito da anni di oscurità, che ha dato vita a un universo assolutamente nuovo, unico e in parte ancora sconosciuto, lascia a maggior ragione esterrefatti.

www.cecilemarti.ch

Nel 2018 la FONDATION SUISA ha iniziato ad assegnare nuovi contributi alla creazione. La «Carte Blanche» da 80’000 franchi non viene bandita ma assegnata direttamente da una giuria di specialisti a cadenza biennale. Il suo scopo è permettere ai musicisti di maturare dal punto di vista artistico con la dovuta serenità finanziaria.

Articles en relation
Michael Künstle: «Orchestral Spaces», ou quand la musique devient perceptible spatialement«Orchestral Spaces», ou quand la musique devient perceptible spatialement Dans son travail, le compositeur Michael Künstle s’intéresse à l’interaction entre la dramaturgie sonore et les sons dramaturgiques. À présent, le Bâlois de 27 ans entend franchir une étape supplémentaire dans sa recherche pour permettre aux auditrices et auditeurs de percevoir spatialement le son d’un orchestre. La FONDATION SUISA soutient financièrement ce projet par une contribution «Get Going!». Continuer
Arrangement d’œuvres libres de droitsArrangement d’œuvres libres de droits Dans le cas d’un projet d’arrangement musical, il vaut la peine de connaître les pièges existants en lien avec le droit d’auteur, car un faux pas peut parfois coûter cher. Trouver son inspiration auprès d’autres compositeurs, adapter des œuvres existantes pour d’autres instrumentations ou même utiliser dans une œuvre nouvelle des parties entières d’une composition existante: ce sont là des traditions déjà anciennes. Continuer
Jazz in Bess: Faire de la musique à l’ère de la contaminationFaire de la musique à l’ère de la contamination Une discussion sur le thème – simple seulement au premier abord – de la «contamination en musique» a engendré de nombreuses contributions, prouvant une nouvelle fois la volonté de parler de la musique et des idées pour essayer de mieux se comprendre et de manière plus approfondie. Continuer
Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Cécile Marti fait partie des protagonistes les plus remarquables de la musique contemporaine en Suisse. Dans ses œuvres, la compositrice et sculptrice essaie de réunir différentes formes d’expression en un grand tout. Le ballet devrait prochainement se joindre au dialogue entre la musique et la sculpture. La FONDATION SUISA soutient la vision artistique de la Zurichoise en lui attribuant une Carte Blanche d’un montant de 80 000 francs. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto

Cécile Marti: Avancer dans son propre univers

Carte Blanche pour Cécile Marti. (Photo: Suzie Maeder)

On pense généralement que l’on devrait dissocier une œuvre artistique de son auteur. Cela n’est guère possible dans le cas de Cécile Marti. En effet, un seul jour de son existence l’a non seulement contrainte à faire une croix sur son plus grand...Continuer

Là où il nʼy a pas dʼamour, tout est vain

Le compositeur et journaliste musical zurichois Rolf Urs Ringger est décédé le 26 juin 2019 à l’âge de 84 ans. Hommage par Thomas Meyer, contributeur invité

Rolf Urs Ringger: Là où il nʼy a pas dʼamour, tout est vain

Rolf Urs Ringger était membre de SUISA depuis 1960. (Photo: Keystone / Gaëtan Bally)

Dans ses jeunes années, il avait le projet d’écrire un roman intitulé «Le Dandy»: le personnage principal y aurait pris un taxi pour se rendre à l’opéra. Ce livre aurait dû traiter de ce court et pourtant interminable voyage – et probablement aussi un peu de lui-même. Peu importe qu’il s’agisse d’une invention ou s’il se trouvera effectivement dans la succession l’ébauche d’un roman : Rolf Urs Ringger savait bien entendu qu’une telle anecdote donnerait du grain à moudre au journaliste. Malicieusement, il imaginait comment le profil du dandy Ringger prenait forme et s’en réjouissait car c’est aussi ce qu’il était: le dandy des compositeurs suisses, coquet invétéré, mais jouant de cette coquetterie. Lorsqu’Adrian Marthaler a adapté pour la télévision son œuvre orchestrale «Breaks and Takes», Ringger y joua le rôle d’un compositeur mélancolique à la Frederick Delius, se prélassant au bord d’une piscine.

«J’adore minauder. C’est aussi cela qui donne à mes productions leur aspect léger et ludique. Le public apprécie et en plus j’ai du plaisir à le faire!», avait-il dit lors d’une conversation. «Cet aspect du narcissisme est, sans jugement de valeur, très perceptible chez moi.» J’aimais chez lui cette autodérision très naturelle. Il apportait une couleur très personnelle et bien visible à la scène musicale zurichoise qui tend davantage à la modestie; il était sophistiqué, polyvalent, urbain, même s’il passait tous ses étés à Capri, où il créa de nombreux univers sonores sensuels. Le compositeur a lui-même largement contribué à entretenir cette image.

Un artiste des sons et des mots

Mais Ringger était également un Zurichois. C’est dans cette ville qu’il est né le 6 avril 1935; c’est ici qu’il a grandi, vécu et travaillé en tant qu’artiste des sons et des mots. Il a fréquenté le gymnase de Küsnacht. Au séminaire de musicologie de Kurt von Fischer à Zurich, son travail de fin d’études porta sur les Lieder pour piano de Webern. Il a également travaillé durant des décennies pour la «Neue Zürcher Zeitung» en tant que critique musical, en livrant des textes élégants et percutants, parfois délibérément lacunaires. Il a aussi dressé très tôt le portrait de certains compositeurs qui ne furent vraiment reconnus que plus tard, comme par exemple Edgard Varèse, Charles Ives, Erik Satie et Othmar Schoeck. A côté des grands personnages, il y a les originaux, et il a volontiers pensé aux nostalgiques, parmi lesquels il se comptait probablement lui-même. Il a regroupé ces portraits dans des publications telles que le recueil d’essais «Von Debussy bis Henze».

Ringger a suivi très tôt des cours de composition privés auprès de Hermann Haller. Dans le cadre des cours de vacances de Darmstadt, il a étudié auprès de Theodor W. Adorno et Ernst Krenek; peu après encore un semestre auprès de Hans Werner Henze à Rome. C’étaient des antipodes esthétiques, car Henze s’était déjà retiré de la scène avant-gardiste à cette époque. Bien que Ringger ait dit plus tard, avec un sourire suffisant et plein d’espoir, qu’il s’était mieux entendu avec Adorno qu’avec Henze, comme ce dernier, il s’est néanmoins écarté des techniques strictement sérielles et s’est tourné vers un langage sonore plus sensuel. On peut d’ailleurs l’entendre dans ses titres: «… vagheggi il mar e l’arenoso lido …» pour orchestre (1978), «Souvenirs de Capri» pour soprano, cor et sextette à cordes (1976–77), «Ode ans Südlicht» pour chœur et orchestre (1981) ou encore «Addio!» pour cordes et cloches tubulaires. Avec «Der Narziss» (1980), «Ikarus» (1991), et «Ippòlito» (1995), il a créé trois œuvres pour ballet. Il n’a apparemment jamais essayé d’aborder les grandes formes musicales dramatiques.

Langage sonore sensuel

Succédant à Henze, Ringger fut l’un des premiers à utiliser à nouveau des éléments de musique néotonale dans les années 70, mais très tôt par rapport à la tendance générale. A l’époque, j’avais publié une critique plutôt virulente dans ce sens. Il a naturellement fait part de sa vexation avec l’autodérision qui le caractérisait. Et pourtant, quelques années plus tard, il y est revenu avec plaisir et a fièrement mis en évidence que je l’avais désigné comme le premier compositeur de musique néotonale du pays. Le virage postmoderne lui avait donné raison.

Sa musique aimait jouer avec les citations (Debussy par exemple), recourait à des couleurs impressionnistes ou à des gestes très romantiques, tout en restant limpide et légère. Je l’apprécie surtout en tant que flâneur urbain. Pas lorsqu’il réunit des coupures de journaux en un collage («Chari-Vari-Etudes», «Vermischtes») pour chœur de chambre, de manière un peu enfantine, mais plutôt dans ses promenades musicales. Dans «Manhattan Song Book» (2002) pour soprano, trois voix et cinq instruments, il est en balade à New York, il observe, note et commente en onze chansons, de manière insolente et insouciante, là aussi avec la coquetterie de celui qui se contemple dans un miroir. Quand une dame peu sympathique, décrite comme une «crazy witch», lui demande s’il est le «famous composer», il répond laconiquement: «No, it’s my cousin.»
Maintenant, il n’est plus là. «Lumière!», peut-on lire tout en haut de l’avis mortuaire; puis deux phrases: «Il aimait le soleil méditerranéen, la musique et la jeunesse. Il remercie toutes celles et tous ceux qui lui ont fait du bien dans la vie et qui ont soutenu sa musique.» Il manquera à Capri. Son «Notizario caprese» (2004) se terminait par les mots suivants «(très calme, presque sans pathos): Se non c’è Amore, tutto è sprecato. (très sobre) Là où il n’y a pas d’amour, tout est vain. Epitaphe à Capri; vers 2020.»

Cet hommage de Thomas Meyer a paru tout d’abord dans la «Revue musicale suisse», No 9/10 de septembre/octobre 2019.

Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Le compositeur et journaliste musical zurichois Rolf Urs Ringger est décédé le 26 juin 2019 à l’âge de 84 ans. Hommage par Thomas Meyer, contributeur invité

Rolf Urs Ringger: Là où il nʼy a pas dʼamour, tout est vain

Rolf Urs Ringger était membre de SUISA depuis 1960. (Photo: Keystone / Gaëtan Bally)

Dans ses jeunes années, il avait le projet d’écrire un roman intitulé «Le Dandy»: le personnage principal y aurait pris un taxi pour se rendre à l’opéra. Ce livre aurait dû traiter de ce court et pourtant interminable voyage – et probablement aussi un peu de lui-même. Peu importe qu’il s’agisse d’une invention ou s’il se trouvera effectivement dans la succession l’ébauche d’un roman : Rolf Urs Ringger savait bien entendu qu’une telle anecdote donnerait du grain à moudre au journaliste. Malicieusement, il imaginait comment le profil du dandy Ringger prenait forme et...Continuer

Découvertes et concerts captivants au festival Zeiträume

Souhaitez-vous voir à l’œuvre des compositrices et compositeurs pendant qu’ils travaillent? Vous voulez leur demander ce qui les inspire et les pousse à nous dévoiler de nouveaux univers avec leurs œuvres? En collaboration avec SUISA, la biennale musique contemporaine et architecture de Bâle vous offre la possibilité de vous entretenir personnellement avec des auteurs d’œuvres jouées pendant le festival. Texte d’Erika Weibel

Découvertes et concerts captivants au festival Zeiträume

Le Zeiträume Basel Pavillon, lieu de rencontre du festival. C’est le festival Zeiträume de Bâle qui l’a construit avec le soutien de SUISA et de la Banque cantonale bâloise en coproduction avec la Haute école de musique FHNW/ Académie de musique de Bâle. (Photo: Johanna Köhler)

En coopération avec SUISA, le festival Zeiträume dévoile de manière attractive comment la musique prend vie. En 2019, le programme du festival met spécialement l’accent sur le processus créatif des compositions. Lors des tables rondes organisées par SUISA avec des compositrices et compositeurs dont les œuvres pourront être entendues lors du festival, les festivaliers auront l’occasion de s’imprégner de leur univers et de se faire une idée sur leur motivation, leur inspiration et sur leurs différentes méthodes de travail. Les spectateurs pourront également poser des questions aux compositrices et aux compositeurs dans une ambiance détendue.

La participation au concert qui suit ou précède ces tables rondes deviendra ainsi un peu plus captivante, et permettra d’attiser les joies ou d’approfondir l’expérience musicale. Les tables rondes seront gratuites pour le public, elles seront animées par des professionnels et auront lieu sur différents sites.

Les Tables rondes organisées par SUISA au festival Zeiträume 2019

DIM 15.09 Katharina Rosenberger, Baldur Brönnimann | Wir sind Meer | Mitteldeck
LUN 16.09 Membres de FIM Basel | Das grosse Rauschen| Entreprise Mitte
LUN 16.09 Marianne Schuppe | Die Summe | Pavillon Zeiträume
MER 18.09 Elisabeth Flunger et invités | Das grosse Rauschen | Unternehmen Mitte
MER 18.09 Team Rohrwerk. Fabrique sonore | Musée d’art
JEU 19.09 Team Rohrwerk. Fabrique sonore | Musée d’art
SAM 21.09 Team Rohrwerk. Fabrique sonore | Musée d’art
SAM 21.09 Hannes Seidel, Andreas Wenger | Überläufer* | Zollhalle St. Johann
SAM 21.09 Collectif Mycelium | Cyber String Species | Gare du Nord
SAM 21.09 Mike Svoboda | Freude | Eglise St-Antoine
DIM 22.09 Team Ivan Wyschnegradsky: La Coupole | Marché couvert de Bâle

Des tables rondes auront également lieu tous les jours de 16h30 à 19h00 au pavillon. Le festival Zeiträume publiera le programme exact sur son site Internet peu avant.

Animation: Bernhard Günther, Dorothea Lübbe, Johannes Joseph, Anja Wernicke

Le Pavillon du festival

L’architecte bâlois Marco Zünd (Buol & Zünd Architekten), a conçu, avec le soutien de SUISA, un lieu de rassemblement temporaire situé à un endroit bien en vue sur la rive du Rhin près du pont central. Un cube dépliable servira pendant deux semaines de centre d’information, de point de rencontre pour les diverses activités du festival et de lieu de prestations artistiques. Le public y rencontrera également des compositrices et des compositeurs en action pendant toute la durée du festival.

Horaires d’ouverture du pavillon
MAR 10.09 – DIM 22.09 | tous les jours de 11h00 à 19h00 | Wohlterasse, près du pont central

Tables rondes organisées au cube avec des artistes du festival: tous les jours de 16h30 à 19h00
(sauf pendant les représentations)
MAR 10.09 | SUISA Talk avec Marco Zünd
LUN 16.09 | SUISA Talk avec Marianne Schuppe

Représentations: MER 11.09, JEU 12.09, MAR 17.09, MER 18.09 | de 12h30 à 14h00 et de 17h00 à 18h30

www.zeitraeumebasel.com

Articles en relation
L’arrangement d’œuvres protégéesL’arrangement d’œuvres protégées Les œuvres musicales libres de droits peuvent être arrangées sans autre formalité. Si une œuvre est encore protégée, c’est-à-dire si son auteur n’est pas décédé depuis plus de 70 ans, le titulaire des droits doit donner son accord avant tout arrangement. Comment obtenir une telle autorisation d’arrangement et quels aspects doivent être réglés pour qu’un arrangement puisse être déclaré auprès de SUISA? Continuer
Echo positif de la «Journée SUISA» au festival Murten ClassicsEcho positif de la «Journée SUISA» au festival Murten Classics Une journée complète a été consacrée à l’univers de la musique contemporaine lors de la série de concerts «Offen für Neues» du festival Murten Classics, le 25 août 2018. Cette journée de concerts soutenue par SUISA a été enregistrée par la Radio SRF 2 Kultur et a suscité des réactions positives de toutes parts. Continuer
Beat Gysin: Jouer avec l’espace et dans l’espaceJouer avec l’espace et dans l’espace Le lieu, le temps et l’espace jouent un rôle central dans le travail du compositeur Beat Gysin. Dans son œuvre en six parties intitulée «Leichtbautenreihe», il conçoit des lieux particuliers dans le but de confronter le public à des expériences sonores et spatiales changeantes. La deuxième partie de son ambitieux projet verra le jour dès 2021. La FONDATION SUISA le soutient financièrement par une contribution Get Going!. Continuer
Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Souhaitez-vous voir à l’œuvre des compositrices et compositeurs pendant qu’ils travaillent? Vous voulez leur demander ce qui les inspire et les pousse à nous dévoiler de nouveaux univers avec leurs œuvres? En collaboration avec SUISA, la biennale musique contemporaine et architecture de Bâle vous offre la possibilité de vous entretenir personnellement avec des auteurs d’œuvres jouées pendant le festival. Texte d’Erika Weibel

Découvertes et concerts captivants au festival Zeiträume

Le Zeiträume Basel Pavillon, lieu de rencontre du festival. C’est le festival Zeiträume de Bâle qui l’a construit avec le soutien de SUISA et de la Banque cantonale bâloise en coproduction avec la Haute école de musique FHNW/ Académie de musique de Bâle. (Photo: Johanna Köhler)

En coopération avec SUISA, le festival Zeiträume dévoile de manière attractive comment la musique prend vie. En 2019, le programme du festival met spécialement l’accent...Continuer

Jouer avec l’espace et dans l’espace

Le lieu, le temps et l’espace jouent un rôle central dans le travail du compositeur Beat Gysin. Dans son œuvre en six parties intitulée «Leichtbautenreihe», il conçoit des lieux particuliers dans le but de confronter le public à des expériences sonores et spatiales changeantes. La deuxième partie de son ambitieux projet verra le jour dès 2021. La FONDATION SUISA le soutient financièrement par une contribution Get Going!. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Beat Gysin: Jouer avec l’espace et dans l’espace

Le compositeur bâlois Beat Gysin lors d’un enregistrement en 2010. (Photo: Anna Katharina Scheidegger)

La chimie et la musique ont-elles quelque chose en commun? Si l’on est tenté de répondre «non» de prime abord, le parcours de Beat Gysin dément pourtant cet a priori. Né au sein d’une famille de musiciens, Beat Gysin décide d’étudier la chimie en plus de la composition et de la théorie musicale. L’approche scientifique et l’évaluation empirique d’une approche expérimentale sont pour lui tout aussi importantes que l’élément musical. «Mon but en tant que musicien n’a jamais été de devenir célèbre mais de trouver des réponses avec et dans la musique», explique le Bâlois de 50 ans.

La liste de ses œuvres est impressionnante. Mais plus époustouflante encore est la manière dont il présente ses compositions au public. Beat Gysin se tient invariablement à distance de la reproduction et du son en boîte. Le lieu, le temps et surtout l’espace sont des éléments incontournables de ses performances. À cet égard, Beat Gysin n’est pas «que» compositeur et musicien, et l’on se doit de convoquer des termes comme «chercheur», «architecte», «passeur» et «philosophe» pour appréhender son univers.

«Mon approche est philosophique, en effet, acquiesce-t-il. Je m’intéresse à la perception, et je constate que la musique, dans toute sa réception, est privée de sa dimension spatiale.» Selon Beat Gysin, on sépare aujourd’hui totalement la musique de son exécution. L’artiste attire ainsi l’attention sur un point central de son travail: l’interaction systématique entre l’espace et le son. «Sortir mes morceaux de leur espace reviendrait à transformer une œuvre orchestrale en partition de piano. On reconnaîtrait les notes, certes, mais on n’entendrait pas l’orchestre.»

Avec une rigueur, une méticulosité et une soif d’expérimentation remarquables, Beat Gysin ne cesse à travers ses nombreux projets d’explorer l’interaction complexe entre l’espace, le son et la perception de la musique qui en découle. Le lieu du concert devient une partie intégrante de l’œuvre d’art. Celle-ci offre ainsi au public une expérience sensorielle totalement inédite par laquelle le musicien communique à chaque fois de nouvelles idées, qui donneront à leur tour naissance à de nouvelles approches et de nouveaux projets. «Je veux explorer. Et inventer», explique le compositeur, un tant soit peu laconique. Il n’est d’ailleurs pas obligatoirement au centre de l’attention. Il ne joue souvent qu’un rôle de directeur conceptuel. Pour favoriser les échanges, il a fondé le studio-klangraum ainsi que le festival ZeitRäume à Bâle.

«Sortir mes morceaux de leur espace reviendrait à transformer une œuvre orchestrale en partition de piano. On reconnaîtrait les notes, certes, mais on n’entendrait pas l’orchestre.»

Que ce soit dans des églises dotées chacune de propriétés acoustiques propres, dans des usines hydrauliques vides avec un écho pouvant durer jusqu’à 30 secondes ou encore dans des mines désaffectées où règne un silence presque parfait, Beat Gysin déniche toujours de nouveaux espaces à cartographier au moyen du son. Et lorsque l’espace naturel ne suffit pas, le musicien le construit. Son œuvre en six parties, la «Leichtbautenreihe», est l’une des œuvres centrales de Beat Gysin non seulement en raison du travail qu’elle représente, mais aussi parce qu’elle est une suite logique de celui-ci, le musicien y créant des espaces transportables. Il s’agit de six concepts spatiaux abstraits prenant la forme d’architectures pavillonnaires qui offrent des conditions d’écoute inhabituelles et permettent donc une perception inédite de la musique. «Chronos» était constituée d’une scène tournante ressemblant à un carrousel. Pour «Gitter», les musiciens étaient disposés de manière «sphérique» autour du public. Dans «Haus», les auditeurs se promenaient dans des maisons à la découverte d’espaces sonores. Et dans «Rohre», qui sera présentée prochainement (la première aura lieu en septembre 2019 dans le cadre du festival ZeitRäume, dans la cour intérieure du Kunstmuseum de Bâle), le public et les musiciens se rencontreront, au sens propre du terme, dans des tuyaux géants.

«Pour les deux dernières parties, prévues à compter de 2023, j’ai l’intention de me servir de dispositifs mobiles et d’explorer leur impact sur l’écoute. Dans l’un des deux projets, les musiciens et le public seront assis sur de petits chariots constamment en mouvement et redéfiniront ainsi l’espace en permanence. Et dans le dernier volet, il y aura un espace suspendu qui, comme un ballon, implosera régulièrement et se regonflera», précise Beat Gysin. Des projets aussi ambitieux ne sont pas faciles à financer pour un artiste. «Le besoin se fait sentir dès l’étape de la conception, car celle-ci est coûteuse», reconnaît Beat Gysin, qui ajoute: «La contribution Get Going! de la FONDATION SUISA constitue une réponse idéale à ce problème, car elle finance pour ainsi dire des pré-projets. Ce type d’aide n’existait pas jusqu’ici sous cette forme.»

À l’ère de la «festivalisation de la culture», où les experts en marketing accordent plus d’importance à la forme qu’au contenu, la «Leichtbautenreihe» incarne aussi une forme de résistance artistique. «L’avantage est qu’en tant qu’artiste, je conçois l’événement dans sa globalité», explique Beat Gysin, avant d’ajouter: «Dans ce monde de sollicitations tous azimuts, tout musicien se doit aujourd’hui de veiller à ancrer la musique dans l’espace, car elle ne peut plus être comprise hors de son contexte.»

www.beatgysin.ch

C’est en 2018 que la FONDATION SUISA a commencé à allouer de nouvelles contributions à la création. Dans le cadre de «Get Going!», elle finance des processus créatifs et artistiques qui se situent hors des catégories usuelles. Nous consacrons une série de portraits aux bénéficiaires de ces contributions Get Going!.


In viaggio con e nello spazio

Luogo, tempo e spazio giocano un ruolo centrale nelle opere del compositore Beat Gysin. Nella sua «Leichtbautenreihe» («Serie di costruzioni leggere») in sei parti, l’artista concepisce appositi spazi che permettano al pubblico di confrontarsi con esperienze sonore e spaziali mutevoli. A partire dal 2021 verrà realizzata la seconda parte dell’ambizioso progetto. La FONDATION SUISA sostiene questa opera con il contributo finanziario «Get Going!». Contributo ospite di Rudolf Amstutz

In viaggio con e nello spazio

Il compositore basilese Beat Gysin in una foto scattata nel 2010. (Foto: Anna Katharina Scheidegger)

Chimica e musica: come possono coesistere? Quella che inizialmente pare una contraddizione, acquista un senso compiuto all’interno della biografia di Beat Gysin. Cresciuto in una famiglia di musicisti, Gysin ha deciso di studiare, oltre a composizione e teoria musicale, anche chimica. L’approccio scientifico e l’analisi empirica, tipici del metodo sperimentale, sono per lui tanto essenziali quanto l’elemento artistico. «Non ho mai desiderato diventare famoso con la mia musica, quanto piuttosto trovare risposte con e nella musica», chiarisce l’artista di Basilea, oggi cinquantenne.

L’elenco delle sue opere è impressionante. Ancora più straordinaria, tuttavia, è la modalità di esecuzione delle sue composizioni. Gysin si muove costantemente al di là delle riproduzioni e delle registrazioni audio. Il luogo, il tempo e soprattutto lo spazio costituiscono elementi imprescindibili della sua pratica esecutiva. In quest’ottica, Gysin è ben lontano dall’essere «solo» un compositore e un musicista. Sarebbe invece opportuno ricorrere a termini quali ricercatore, architetto, mediatore e filosofo per comprendere appieno il suo universo.

«La mia anima è effettivamente quella di un filosofo», dichiara l’artista a tal proposito. «È questione di percezione: mi rendo conto che la musica, in tutte le sue modalità di ricezione, ha preso le distanze dallo spazio». Oggi si considera la musica come scissa dalla sua esecuzione, aggiunge l’artista, rimandando così a un punto centrale del suo lavoro: l’interazione costante tra spazio e suono. «Isolare uno dei miei brani dallo spazio sarebbe come realizzare una partitura per pianoforte di un’opera orchestrale: si riconoscerebbero le note, ma non si sentirebbe l’orchestra».

Con incredibile costanza, meticolosità e voglia di sperimentare, nei suoi innumerevoli progetti Gysin continua a sondare senza tregua la complessa interazione tra lo spazio, il suono e la conseguente percezione della musica. Lo spazio di esecuzione diventa parte integrante di un’opera d’arte che non solo offre al pubblico un’esperienza sensoriale del tutto originale, ma fornisce continuamente spunti a Gysin per lo studio di nuovi approcci e la creazione di ulteriori progetti. «Voglio scoprire cose. E inventare», così Gysin enuclea piuttosto laconico la sua pulsione artistica. In questo contesto, nel suo ruolo di compositore egli non si pone necessariamente al centro dell’attenzione, ma spesso funge «solo» da guida concettuale. Per promuovere lo scambio di idee, ha fondato a Basilea lo studio-klangraum (Spazio del suono) e il festival ZeitRäume (Spazi nel tempo).

«Isolare uno dei miei brani dallo spazio sarebbe come realizzare una partitura per pianoforte di un’opera orchestrale: si riconoscerebbero le note, ma non si sentirebbe l’orchestra.»

Gysin scopre spazi sempre nuovi di cui è possibile tracciare una mappa sonora – che siano chiese, con le loro particolarità acustiche, o centrali idriche dismesse in cui l’eco si protrae fino a 30 secondi o, ancora, miniere abbandonate dove regna un silenzio quasi perfetto. E laddove non sia disponibile lo spazio naturale per proseguire l’esplorazione, esso viene concepito con soluzioni architettoniche nuove. La «Leichtbautenreihe» in sei parti costituisce una delle opere centrali nella creazione di Gysin, e non soltanto per le energie profuse nella sua realizzazione – essa rappresenta anche il passo logico successivo, ovvero creare spazi che possano essere trasportati. Si tratta di sei concetti spaziali astratti, realizzati come architetture a padiglione, in cui la singolarità delle situazioni sonore permette una nuova percezione della musica. «Chronos» (Tempo) consiste in un palcoscenico girevole simile a una giostra; in «Gitter» (Gabbia) i musicisti sono disposti «sfericamente» intorno al pubblico; in «Haus» (Casa) è possibile passeggiare nello spazio sonoro di vere e proprie abitazioni; e in «Rohre» (Tubi), di prossima realizzazione (anteprima a settembre 2019, presso il cortile interno del Museo d’arte di Basilea, nell’ambito del festival ZeitRäume), il pubblico e i musicisti si incontreranno all’interno di enormi tubazioni.

«Nelle ultime due parti, a partire dal 2023» confida Gysin «vorrei esplorare la questione degli allestimenti mobili e della loro influenza sull’ascolto. In uno dei progetti, musicisti e pubblico sono seduti su carrelli in continuo movimento. Tutto scorre incessantemente e lo spazio viene sempre ridefinito ex novo. L’ultima parte si concretizzerà in uno spazio sospeso che, come un palloncino, implode e si rigonfia di continuo». Progetti così ambiziosi non sono facilmente finanziabili per un artista. «È necessario un sostegno fin dal concepimento e i costi sono notevoli», dichiara Gysin, che aggiunge immediatamente: «Il contributo Get Going! della FONDATION SUISA è la risposta a questa sfida. Si tratta di una sorta di finanziamento per avamprogetti… e finora non è mai esistito nulla del genere».

Di questi tempi, caratterizzati da un’eventizzazione della cultura, in cui gli esperti di marketing prestano maggiore attenzione alla forma piuttosto che alla sostanza, la «Leichtbautenreihe» simboleggia anche una sorta di contromovimento artistico. «Il vantaggio è che io, nel mio ruolo di artista, concepisco l’evento nel suo complesso», rivela Gysin e aggiunge: «Al giorno d’oggi, in un mondo dominato da un sovraccarico sensoriale, è il musicista stesso a doversi impegnare per trovare la giusta collocazione per la sua musica, poiché questa non può più essere compresa al di fuori del suo contesto».

www.beatgysin.ch

Nel 2018 la FONDATION SUISA ha iniziato ad assegnare nuovi contributi alla creazione. Con il progetto «Get Going!» vengono incentivati finanziariamente processi creativi e artistici che esorbitano dalle categorie convenzionali. In una serie di ritratti presentiamo i beneficiari dei contributi «Get Going!».

Articles en relation
FONDATION SUISA: «Get Going!» lance sa deuxième édition: «Nous sommes complètement dans l’air du temps»«Get Going!» lance sa deuxième édition: «Nous sommes complètement dans l’air du temps» Sous le titre «Get Going!», la FONDATION SUISA a attribué l’année dernière pour la première fois quatre contributions afin de promouvoir des processus créatifs innovants qui se situent hors des catégories usuelles. Les réactions positives ont été impressionnantes. Un deuxième appel à candidatures sera mis au concours à fin juin 2019. Continuer
Profession et vocation | avec vidéoProfession et vocation | avec vidéo Comment fonder et administrer un ensemble de musique contemporaine? Où puis-je obtenir un soutien financier pour mes projets musicaux? Quelle est l’utilité de SUISA et de Swissperform? Comment puis-je faire connaître mes œuvres via Internet? Quelques impressions de la première édition de la «Journée d’orientation professionnelle» au Festival Archipel 2017. Continuer
Bertrand Denzler: Arpenteur et explorateur d’espaces sonoresArpenteur et explorateurd’espaces sonores Le saxophoniste Bertrand Denzler, qui se meut à l’intersection de l’improvisation et de la composition, recherche constamment de nouvelles possibilités d’expression. Ce Genevois de 55 ans établi à Paris entend à présent repousser les frontières de son dialogue avec d’autres artistes dans le cadre d’une «résidence en mouvement». La FONDATION SUISA soutient financièrement ce projet par une contribution «Get Going!». Continuer

 

Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Le lieu, le temps et l’espace jouent un rôle central dans le travail du compositeur Beat Gysin. Dans son œuvre en six parties intitulée «Leichtbautenreihe», il conçoit des lieux particuliers dans le but de confronter le public à des expériences sonores et spatiales changeantes. La deuxième partie de son ambitieux projet verra le jour dès 2021. La FONDATION SUISA le soutient financièrement par une contribution Get Going!. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Beat Gysin: Jouer avec l’espace et dans l’espace

Le compositeur bâlois Beat Gysin lors d’un enregistrement en 2010. (Photo: Anna Katharina Scheidegger)

La chimie et la musique ont-elles quelque chose en commun? Si l’on est tenté de répondre «non» de prime abord, le parcours de Beat Gysin dément pourtant cet a priori. Né au sein d’une famille de musiciens, Beat...Continuer

«Orchestral Spaces», ou quand la musique devient perceptible spatialement

Dans son travail, le compositeur Michael Künstle s’intéresse à l’interaction entre la dramaturgie sonore et les sons dramaturgiques. À présent, le Bâlois de 27 ans entend franchir une étape supplémentaire dans sa recherche pour permettre aux auditrices et auditeurs de percevoir spatialement le son d’un orchestre. La FONDATION SUISA soutient financièrement ce projet par une contribution «Get Going!». Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Michael Kuenstle: «Orchestral Spaces», ou quand la musique devient perceptible spatialement

Le compositeur bâlois Michael Künstle (à gauche) en plein travail au studio d’enregistrement. (Photo: Oliver Hochstrasser)

Lorsque Michael Künstle a remporté la première Compétition Internationale de Musique de Film au Zurich Film Festival en 2012, ce fut une surprise totale pour le jeune homme alors âgé de seulement 21 ans. «Je venais de commencer mes études» raconte-t-il aujourd’hui, ajoutant: «Je ne comprends que maintenant l’importance de ce prix qui fut une sorte d’étincelle initiale, notamment parce qu’il récompense des compétences et ne peut être retiré à personne.»

Michael Künstle était en lice avec 144 autres compétitrices et compétiteurs de 27 pays, qui devaient tous réaliser le même exercice: mettre en musique le court-métrage d’animation «Evermore» de Philip Hofmänner. Quand on visionne le film aujourd’hui, on devine aisément ce qui a impressionné le jury: Michael Künstle a concocté des sons subtils, entièrement au service du récit.

Le musicien explique sa fascination pour le genre: «Ce qu’il y a de bien avec la musique de film, c’est qu’elle est le fruit d’un échange nourri avec d’autres personnes. Un film est le résultat de la collaboration de très nombreux individus, et il faut tenir compte de tous les aspects: le cadrage, la couleur, la mise en scène. Au cinéma, le plus gros challenge est de faire dire à la musique des choses qui n’ont encore été racontées ni en images, ni en paroles, mais qui sont essentielles pour mener le récit à son terme.»

«Glow» de Gabriel Baur, «Impairs et fils» de Jeshua Dreyfus, «Cadavre Exquis» de Viola von Scarpatetti: la liste des films dont Michael Künstle a signé la bande-son ne cesse de s’allonger. L’enthousiasme avec lequel le musicien communique son savoir et sa soif de connaissance est contagieux, notamment quand il évoque les grands noms du métier: le savoir-faire en matière de composition d’un Bernard Herrmann, par exemple, ou le talent incomparable de John Williams, «dont les pièces, sans visuel, sonnent clairement comme des œuvres orchestrales alors qu’elles collent parfaitement à ce qui se passe à l’écran. C’est incroyablement difficile à fabriquer, car la musique symphonique autorise d’ordinaire des structures narratives plus denses qu’un film.»

«Dans la musique contemporaine, on sculpte fréquemment l’espace avec d’autres éléments de la composition, comme le motif ou le rythme, mais cet aspect essentiel se perd souvent à l’enregistrement.»

Et bien que Michael Künstle établisse une distinction claire, dans son travail, entre la musique de concert et la musique de film, il concède «qu’on ne peut totalement oublier l’une lorsqu’on œuvre à l’autre.» Le musicien a d’ailleurs repris des éléments créés avec la réalisatrice Gabriel Baur pour le film «Glow» dans sa pièce «Résonance», présentée en 2016 par le Trio Eclipse. Mais il précise que dans sa musique de concert, il est principalement question de formes de composition et d’idées structurelles qu’on ne peut pas utiliser au cinéma.

L’idée du projet actuellement cofinancé par la FONDATION SUISA dans le cadre de «Get Going!» est née d’un autre aspect majeur du travail de Michael Künstle. Le musicien souligne qu’il poursuit une philosophie du «vrai» et qu’il recherche notamment le rendu le plus exact possible d’un concert à l’aide de la technique d’enregistrement la plus moderne. Avec son partenaire de travail Daniel Dettwiler, propriétaire du studio «Idee und Klang» à Bâle, qui développe depuis des années de nouveaux procédés d’enregistrement, Michael Künstle a pour objectif de créer une composition spatiale qui donnerait lieu à une perception auditive complètement inédite.

Il décrit son point de départ ainsi: «Dans la musique contemporaine, on sculpte fréquemment l’espace avec d’autres éléments de la composition, comme le motif ou le rythme, mais cet aspect essentiel se perd souvent à l’enregistrement. Je souhaite que l’espace tridimensionnel créé par l’orchestre pendant la prise de son soit ensuite perceptible avec un casque sur les oreilles, comme si l’on pouvait littéralement toucher la musique.» Longtemps, cette recherche et, d’une certaine manière, la conquête de ces «Orchestral Spaces» sont restées à l’état de projet pour Michael Künstle parce que, dit-il, «on ne peut les mettre en œuvre que dans un studio qui possède le meilleur des sons et avec les micros les plus performants qui soient.»

Grâce à «Get Going!», cette nouvelle étape de sa révolution audiophile devient à présent réalité, et ce dans les vénérables studios Abbey Road à Londres, avec un orchestre de 80 musiciennes et musiciens. Michael Künstle compose pour ce faire une pièce dans laquelle l’espace physique de l’enregistrement joue un rôle primordial. «J’ai l’intention d’inverser le processus de composition, explique le musicien, comme dans la musique de film: là aussi, on part d’abord de ce qu’on entend.» Ainsi, la boucle sera bouclée.

www.michaelkuenstle.ch

C’est en 2018 que la FONDATION SUISA a commencé à allouer de nouvelles contributions à la création. Dans le cadre de «Get Going!», elle finance des processus créatifs et artistiques qui se situent hors des catégories usuelles. Nous consacrons une série de portraits aux bénéficiaires de ces contributions Get Going!.


«Orchestral Spaces», quando la musica si fa tangibile nello spazio durante l’ascolto

Il compositore Michael Künstle si occupa nella sua opera dell’interazione tra drammaturgia del suono e suoni drammaturgici. Adesso il ventisettenne di Basilea desidera compiere un ulteriore passo avanti nella sua ricerca, rendendo il suono di un’orchestra tangibile per l’ascoltatore sul piano spaziale. La FONDATION SUISA sostiene questo progetto con il contributo finanziario «Get Going!». Contributo ospite di Rudolf Amstutz

Michael Kuenstle: «Orchestral Spaces», quando la musica si fa tangibile nello spazio durante l’ascolto

Il compositore basilese Michael Künstle (a sinistra) al lavoro nel studio di registrazione. (Foto: Oliver Hochstrasser)

La vittoria di Michael Künstle al 1° concorso internazionale per la musica da film nell’ambito del Festival del cinema di Zurigo 2012 ha lasciato di stucco l’artista, all’epoca appena ventunenne. «A quel tempo ero solo all’inizio dei miei studi» dichiara oggi, aggiungendo immediatamente: «Sto afferrando soltanto ora il significato di quel premio. È stato una sorta di evento catalizzatore, anche perché costituisce tuttora un riconoscimento alla competenza, che rimarrà per sempre nel mio curriculum».

Künstle ha prevalso su 144 concorrenti provenienti da 27 paesi, cui era stato assegnato il medesimo compito: la sonorizzazione del cortometraggio d’animazione «Evermore» di Philip Hofmänner. Guardando il film oggi, si può facilmente intuire cosa possa aver colpito la giuria di allora: Künstle ha sorpreso tutti con suoni raffinati posti interamente al servizio della narrazione cinematografica.

«Il bello della musica da film è che rappresenta il risultato di un fitto interscambio. Un film è un gioco di squadra tra innumerevoli persone ed è importante tenere conto di tutti gli aspetti: le riprese, la gestione del colore, l’allestimento scenografico…» chiarisce Künstle, lasciando trapelare la sua attrazione per il genere. «La sfida più ardua in un film è trasmettere, mediante la musica, messaggi non ancora comunicati attraverso le immagini o il parlato, ma che sono di fondamentale importanza per raccontare correttamente la storia fino alla fine».

L’elenco dei film di cui Künstle ha diretto la colonna sonora diventa sempre più nutrito: «Glow» di Gabriel Baur, «Family Practice» di Jeshua Dreyfus e «Free from you» di Viola von Scarpatetti sono solo alcuni esempi. L’entusiasmo con cui Künstle descrive le sue conoscenze specialistiche e la sua sete di sapere diviene contagioso nel corso dell’intervista – come quando racconta di alcuni grandi del settore citando, ad esempio, la conoscenza compositiva di Bernard Herrmann o la straordinaria abilità di John Williams, «le cui opere sono in perfetta sintonia con il film ma risuonano chiare come brani orchestrali al di fuori di esso. Si tratta di un obiettivo incredibilmente arduo da realizzare, perché tradizionalmente la musica sinfonica consente di creare strutture narrative più dense rispetto a un film».

«Nella musica contemporanea lo spazio viene spesso equiparato ad altri elementi compositivi come il motivo o il ritmo, ma quasi sempre nella registrazione questo aspetto essenziale va perso.»

Pur effettuando nella sua opera una chiara distinzione tra musica da concerto e musica da film, Künstle ammette che «nel corso della creazione l’una non può mai prescindere completamente dall’altra». Alcuni elementi sviluppati dall’artista in collaborazione con la regista Gabriel Baur per il film «Glow» sono confluiti nel brano «Résonance», interpretato dal Trio Eclipse nel 2016. «Tuttavia la mia musica da concerto si basa principalmente su forme compositive e idee strutturali che non possono essere concretizzate in un film».

Anche l’idea del progetto attualmente cofinanziato dalla FONDATION SUISA nell’ambito del contributo «Get Going!» nasce da un altro importante aspetto dell’opera di Künstle. L’artista persegue, come egli stesso sottolinea, una filosofia dell’«autenticità», che comprende anche una rappresentazione più accurata possibile dell’esecuzione, utilizzando le più moderne modalità di registrazione. In collaborazione con il suo partner di lavoro Daniel Dettwiler, proprietario dello studio «Idee und Klang» (Idea e suono) di Basilea e da anni alla ricerca di nuove possibilità di registrazione, Künstle mira a creare una composizione spaziale tale da far vivere un’esperienza uditiva senza precedenti.

«Nella musica contemporanea lo spazio viene spesso equiparato ad altri elementi compositivi come il motivo o il ritmo, ma quasi sempre nella registrazione questo aspetto essenziale va perso», spiega l’artista. «Vorrei che lo spazio tridimensionale riempito dall’orchestra durante la registrazione fosse percepito attraverso le cuffie come se la musica si potesse letteralmente toccare». Per Künstle l’esplorazione e, in un certo senso, anche la conquista di questi «Orchestral Spaces» sono rimaste per molti anni solo un’idea perché, come egli stesso sottolinea, «sono realizzabili esclusivamente in uno studio che possa offrire il miglior suono possibile e i migliori microfoni esistenti».

Grazie al contributo «Get Going!», questo ulteriore passo verso una rivoluzione audiofila sta diventando realtà all’interno degli storici Abbey Road Studios di Londra, con un’orchestra composta da 80 strumentisti. A tale scopo Künstle scriverà una composizione in cui lo spazio di registrazione rivesta un ruolo centrale. «Vorrei invertire il processo di composizione» sottolinea, chiarendo l’obiettivo del suo progetto – proprio come nella musica da film, in cui si parte, prima che da ogni altra cosa, da ciò che si ascolta. E con questo il cerchio si chiude.

www.michaelkuenstle.ch

Nel 2018 la FONDATION SUISA ha iniziato ad assegnare nuovi contributi alla creazione. Con il progetto «Get Going!» vengono incentivati finanziariamente processi creativi e artistici che esorbitano dalle categorie convenzionali. In una serie di ritratti presentiamo i beneficiari dei contributi «Get Going!».

Articles en relation
«Get Going!» lance sa deuxième édition: «Nous sommes complètement dans l’air du temps»«Get Going!» lance sa deuxième édition: «Nous sommes complètement dans l’air du temps» Sous le titre «Get Going!», la FONDATION SUISA a attribué l’année dernière pour la première fois quatre contributions afin de promouvoir des processus créatifs innovants qui se situent hors des catégories usuelles. Les réactions positives ont été impressionnantes. Un deuxième appel à candidatures sera mis au concours à fin juin 2019. Continuer
«La musique de film suisse est dotée d’une grande diversité et d’une haute qualit黫La musique de film suisse est dotée d’une grande diversité et d’une haute qualité» Avec trois CD, un DVD et un livre, le coffret «Swiss Film Music», édité par la FONDATION SUISA, offre un aperçu fascinant de l’histoire de la musique de film suisse de 1923 à 2012. Nous nous sommes entretenus avec le musicologue et expert en médias Mathias Spohr, qui a agi comme directeur artistique. Continuer
L’arrangement d’œuvres protégéesL’arrangement d’œuvres protégées Les œuvres musicales libres de droits peuvent être arrangées sans autre formalité. Si une œuvre est encore protégée, c’est-à-dire si son auteur n’est pas décédé depuis plus de 70 ans, le titulaire des droits doit donner son accord avant tout arrangement. Comment obtenir une telle autorisation d’arrangement et quels aspects doivent être réglés pour qu’un arrangement puisse être déclaré auprès de SUISA? Continuer
Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Dans son travail, le compositeur Michael Künstle s’intéresse à l’interaction entre la dramaturgie sonore et les sons dramaturgiques. À présent, le Bâlois de 27 ans entend franchir une étape supplémentaire dans sa recherche pour permettre aux auditrices et auditeurs de percevoir spatialement le son d’un orchestre. La FONDATION SUISA soutient financièrement ce projet par une contribution «Get Going!». Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Michael Kuenstle: «Orchestral Spaces», ou quand la musique devient perceptible spatialement

Le compositeur bâlois Michael Künstle (à gauche) en plein travail au studio d’enregistrement. (Photo: Oliver Hochstrasser)

Lorsque Michael Künstle a remporté la première Compétition Internationale de Musique de Film au Zurich Film Festival en 2012, ce fut une surprise totale pour le jeune homme alors âgé de seulement 21 ans. «Je venais de commencer mes études» raconte-t-il aujourd’hui, ajoutant: «Je ne...Continuer

Arpenteur et explorateur d’espaces sonores

Le saxophoniste Bertrand Denzler, qui se meut à l’intersection de l’improvisation et de la composition, recherche constamment de nouvelles possibilités d’expression. Ce Genevois de 55 ans établi à Paris entend à présent repousser les frontières de son dialogue avec d’autres artistes dans le cadre d’une «résidence en mouvement». La FONDATION SUISA soutient financièrement ce projet par une contribution «Get Going!». Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Bertrand Denzler: Arpenteur et explorateur d’espaces sonores

Bertrand Denzler (Photo: Dmitry Shubin)

S’il fallait décrire le travail artistique de Bertrand Denzler en trois mots, ce serait infatigable, polymorphe et entreprenant. Jeter un coup d’œil à son site Internet, c’est tout d’abord être abasourdi par la foison de projets et de formations qui y sont répertoriés. Bertrand Denzler s’en amuse: «Entre-temps, j’ai mis un peu d’ordre là-dedans». Et, en effet, tout prend sens au second regard. S’immerger ensuite dans les sons écoutables en ligne, c’est prendre le risque d’être happé par la vision artistique de Bertrand Denzler. Les sculptures sonores finement équilibrées semblent annoncer au premier abord une simplicité accueillante. Mais au second plan se dissimule une complexité presque hypnotique au redoutable pouvoir d’attraction.

«Dans mes compositions, je ne m’intéresse pas principalement à la forme narrative, mais à la structure interne. C’est pourquoi les morceaux paraissent relativement simples, bien qu’ils ne soient pas faciles à jouer. Le musicien ne doit pas être distrait par trop d’idées, il doit pouvoir se concentrer pleinement sur le son et sa précision», précise l’artiste.

Bertrand Denzler utilise le terme «espace» pour décrire ses compositions, elles-mêmes comparées à des processus. La plupart de ses morceaux ne reposent pas sur une notation traditionnelle mais sont définis par leur structure. «Je veux que le musicien s’implique, qu’il doive réfléchir», souligne Bertrand Denzler. Et d’ajouter: «Souvent, je fixe seulement la structure temporelle, pas le rythme. Les règles que je prédéfinis laissent toujours ouvertes un grand nombre de possibilités».

Bertrand Denzler arpente et explore ces espaces sonores avec des formations très diverses, dont le Trio Sowari, Hubbub, Denzler-Gerbal-Dörner, The Seen, Onceim ou encore Denzler-Grip-Johansson. En parallèle, il s’adonne régulièrement à l’improvisation, se produisant en tant que musicien invité dans des groupes tels que le Šalter Ensemble international de Jonas Kocher, en duo avec Hans Koch ou tout simplement en solo.

Bertrand Denzler estime que son parcours est assez typique pour un musicien européen de sa génération. Il a commencé par la musique classique, tout en écoutant de la pop et du rock. Sa soif absolue de connaissance l’a cependant amené à s’intéresser très tôt aussi aux manières les plus diverses de faire de la musique en ce monde. «Et un jour», raconte-t-il, «le jazz est devenu mon activité principale. Car l’improvisation, autrement dit la concrétisation de la pensée en temps réel, me fascinait».

La musique libre a ensuite pris le relais, même si le saxophoniste est aujourd’hui encore impressionné et probablement toujours influencé par la philosophie et l’approche de l’improvisation de pointures comme Albert Ayler et John Coltrane. Contrairement à bon nombre d’improvisateurs qui, une fois qu’ils ont tourné le dos à la composition, n’y reviennent jamais, Bertrand Denzler a découvert un espace propre dont l’architecture, se nourrissant à la fois de l’improvisation et de la composition, peut se réinventer en permanence. «Au cours des dix dernières années, le sentiment que j’improvisais toujours dans le même système a commencé à s’immiscer en moi. J’ai soudain éprouvé le besoin de créer à nouveau des structures dans ma musique».

La vision artistique de Bertrand Denzler consiste en une sorte d’exploration, et pas seulement au sens figuré, car le saxophoniste souhaite emmener cet «espace» dans différents lieux géographiques, sous la forme d’une «résidence en mouvement», pour y rencontrer d’autres musiciennes et musiciens et créer avec eux des musiques nouvelles. L’idée n’avait pas abouti jusqu’ici, d’une part pour des raisons financières, d’autre part parce qu’un projet aussi ouvert ne correspond pas aux critères de la politique d’encouragement traditionnelle. Le coup de pouce financier versé par la FONDATION SUISA sous la forme d’un fonds « Get Going! » rend à présent sa réalisation possible: «Ce soutien me permet de suivre ma créativité, plutôt qu’une condition prédéfinie», souligne Bertrand Denzler. «C’est comme si cette contribution à la création avait été inventée pour moi», précise le musicien, ravi. Il est vrai qu’elle ressemble un peu, par sa définition, à une composition de Bertrand Denzler, dans laquelle les structures définies par l’auteur laissent ouvertes des possibilités insoupçonnées …

www.bertranddenzler.com

C’est en 2018 que la FONDATION SUISA a commencé à allouer de nouvelles contributions à la création. Dans le cadre de «Get Going!», elle finance des processus créatifs et artistiques qui se situent hors des catégories usuelles. Nous consacrons une série de portraits aux bénéficiaires de ces contributions Get Going!


Misuratore di spazi sonori e ricercatore di suoni spaziali

Il sassofonista Bertrand Denzler oscilla continuamente tra improvvisazione e composizione per raggiungere modalità espressive sempre nuove. Adesso il cinquantacinquenne di Ginevra, che vive a Parigi, ha intenzione di ampliare ulteriormente i confini del suo dialogo artistico realizzando una «residenza itinerante». La FONDATION SUISA sostiene questo progetto con un contributo finanziario «Get Going!». Contributo ospite di Rudolf Amstutz

Bertrand Denzler: Misuratore di spazi sonori e ricercatore di suoni spaziali

Bertrand Denzler (Foto: Dmitry Shubin)

Instancabile, versatile e dinamica sono solo tre degli aggettivi con cui si potrebbe caratterizzare l’opera artistica di Bertrand Denzler. Navigando sul suo sito web, si viene subito travolti dall’enorme quantità di progetti e formazioni. Denzler scherza: «E pensare che ho ristrutturato il tutto in maniera più concisa e perspicua!». Tutto acquista però un senso a un secondo sguardo, cioè quando ci si immerge nei sound disponibili online. Solo allora si trova la visione artistica di Denzler assolutamente coerente. In un primo momento le sculture sonore finemente equilibrate sembrano richiamare un’invitante semplicità, dietro la quale però si nasconde una complessità quasi ipnotica dall’enorme forza magnetica.

«Le mie composizioni si focalizzano principalmente non tanto sulla forma narrativa, quanto sulla struttura interna. Per questo i brani sembrano relativamente semplici, sebbene non siano facili da suonare. Il musicista non deve essere distratto da troppe idee, ma deve potersi concentrare completamente sul suono e sulla precisione», chiarisce l’artista.

Denzler definisce come spazio le sue composizioni orientate al processo. Nella maggior parte dei casi non sono scritte in maniera tradizionale, ma possiedono una struttura predefinita. «Desidero che il musicista si senta coinvolto, che partecipi con la propria testa» sottolinea Denzler. Aggiunge inoltre: «Spesso è solo la struttura temporale a essere stabilita, ma non quella ritmica. Le regole predefinite lasciano sempre aperte moltissime possibilità».

Denzler pratica questa misurazione dello spazio insieme all’esplorazione del suono spaziale con diverse formazioni, tra cui il trio Sowari, Hubbub, Denzler-Gerbal-Dörner, The Seen, Onceim e Denzler-Grip-Johansson. Al tempo stesso continua anche a evadere, improvvisando come musicista ospite in complessi musicali come l’internazionale Šalter Ensemble di Jonas Kocher, in duo con Hans Koch o semplicemente da solista.

In realtà, afferma Denzler, il suo è un curriculum piuttosto tipico per un musicista europeo della sua generazione. Tutto è iniziato con la musica classica e allo stesso tempo con l’ascolto in privato di musica pop e rock. Ma è stata la pura sete di conoscenza che gli ha fatto conoscere in tempi relativamente rapidi i più svariati modi di fare musica in tutto il mondo. «A un certo punto» afferma Denzler «il jazz è diventato la mia occupazione principale perché ero affascinato dall’improvvisazione, cioè dalla concretizzazione del pensiero in tempo reale».

Al jazz è seguita la musica libera (free music), anche se oggi Denzler è ancora impressionato e, probabilmente, tuttora influenzato dalla filosofia e dall’approccio improvvisativo di grandi artisti come Albert Ayler e John Coltrane. A differenza di molti improvvisatori che, dopo aver voltato le spalle all’approccio compositivo, non tornano più indietro, Denzler ha trovato per sé uno spazio che, oscillando tra improvvisazione e composizione, può essere sempre ricreato ex novo sul piano architettonico. «Negli ultimi dieci anni ho avuto la sensazione di improvvisare sempre all’interno dello stesso sistema. All’improvviso ho sentito il bisogno di creare strutture all’interno della mia musica».

La visione artistica di Denzler è una sorta di viaggio di esplorazione, ma non soltanto in senso figurato: l’artista vorrebbe trasferire questo «spazio», inteso come «residenza itinerante», in diversi luoghi geografici per incontrare altri musicisti e creare nuova musica insieme a loro. Finora il progetto si è arenato non solo per questioni finanziarie ma anche perché un progetto aperto di questo tipo non rientra nelle condizioni quadro di una politica di promozione convenzionale. Il contributo di incentivazione «Get Going!» della FONDATION SUISA ne rende ora possibile la realizzazione perché, citando Denzler, «mi permette di seguire la creatività, anziché una condizione predefinita». Aggiunge inoltre, raggiante, che il contributo alla creazione sembra essere studiato su misura per lui. Tra l’altro la definizione che ne dà Denzler ricorda quasi una delle sue composizioni, in cui le strutture definite dall’autore lasciano ancora aperte possibilità inaspettate …

www.bertranddenzler.com

Nel 2018 la FONDATION SUISA ha iniziato ad assegnare nuovi contributi alla creazione. Con il progetto «Get Going!» vengono incentivati finanziariamente processi creativi e artistici che esorbitano dalle categorie convenzionali. In una serie di ritratti presentiamo i beneficiari dei contributi «Get Going!».

Articles en relation
FONDATION SUISA: Première attribution des fonds artistiques «Get Going!» et «Carte Blanche»Première attribution des fonds artistiques «Get Going!» et «Carte Blanche» Dans le cadre de sa nouvelle politique de promotion, la FONDATION SUISA a attribué pour la première fois quatre fonds «Get Going!» et une «Carte Blanche». Beat Gysin, Bertrand Denzler, Michael Künstle et le duo Eclecta reçoivent ainsi chacun une contribution financière «Get Going!» de CHF 25 000.–. La «Carte Blanche», attribuée tous les deux ans et dont le montant s’élève à CHF 80 000.–, revient à Cécile Marti. Continuer
Nouvelle stratégie d’encouragement: «Nous voulons tourner notre regard vers l’avenir»Nouvelle stratégie d’encouragement: «Nous voulons tourner notre regard vers l’avenir» La FONDATION SUISA renforce son engagement pour la promotion de la musique en Suisse et dans la Principauté de Liechtenstein: chaque année, sous la devise «Get Going!», elle apportera un «coup de pouce» à quatre projets musicaux et proposera tous les deux ans une grande contribution de soutien à la création intitulée «Carte Blanche». Continuer
20 000 francs et un projet de composition imaginaire20 000 francs et un projet de composition imaginaire Il n’est pas simple de discuter du travail de création. L’association Jazzy Jams et SUISA ont eu une idée originale, qui s’est concrétisée lors du festival Jazz in Bess à Lugano. La compositrice tessinoise Maria Bonzanigo et les compositeurs Pietro Viviani et Damiano Merzari ont développé un projet de composition imaginaire en public et en direct. Le résultat s’est avéré captivant et a permis d’emmener le public dans un voyage dans le monde de la pensée des auteurs. Continuer
Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Le saxophoniste Bertrand Denzler, qui se meut à l’intersection de l’improvisation et de la composition, recherche constamment de nouvelles possibilités d’expression. Ce Genevois de 55 ans établi à Paris entend à présent repousser les frontières de son dialogue avec d’autres artistes dans le cadre d’une «résidence en mouvement». La FONDATION SUISA soutient financièrement ce projet par une contribution «Get Going!». Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Bertrand Denzler: Arpenteur et explorateur d’espaces sonores

Bertrand Denzler (Photo: Dmitry Shubin)

S’il fallait décrire le travail artistique de Bertrand Denzler en trois mots, ce serait infatigable, polymorphe et entreprenant. Jeter un coup d’œil à son site Internet, c’est tout d’abord être abasourdi par la foison de projets et de formations qui y sont répertoriés. Bertrand Denzler s’en amuse: «Entre-temps, j’ai mis un peu d’ordre là-dedans». Et,...Continuer

Les membres de SUISA peuvent poser leur candidature pour le camp de composition de chansons SUISA 2019 | avec vidéo

Le troisième camp de composition de chansons SUISA aura lieu du 24 au 26 juin 2019 aux Powerplay Studios à Maur. Seuls les membres de SUISA peuvent poser leur candidature pour y participer. Le camp organisé par SUISA et par Pele Loriano Productions a déjà permis à plusieurs chansons pop d’être reconnues internationalement. Avec «She Got Me», chantée et co-composée par Luca Hänni, c’est la deuxième fois de suite qu’une chanson issue du camp de composition de chansons SUISA est sélectionnée pour représenter la Suisse au CEC. Texte et vidéo de Manu Leuenberger – La versione italiana del testo si trova sotto.

Avec le camp de composition de chansons, SUISA propose à quelques-uns de ses membres de composer en équipe des chansons pop avec des producteurs et des auteurs-compositeurs de renommée internationale. Le duo suisse Aliose était présent au dernier camp de composition de chansons SUISA. Les deux membres de SUISA expliquent dans une vidéo comment ils ont vécu leur participation au camp.

Quiconque souhaite participer à ce camp doit disposer de solides connaissances musicales, être capable de délivrer sous pression une performance créative de haut niveau et être ouvert à la critique et aux échanges avec ses co-compositeurs.

La mission est délicate. Il s’agit en effet d’écrire en une journée une chanson pop, au sein d’une équipe composée de trois à cinq personnes, et en respectant des consignes précises. Les participants commencent le matin avec une feuille blanche et doivent fournir une démos complète le soir.

Chansons pop et potentiel de tube

Le style musical des chansons peut couvrir toutes les variantes de la pop moderne susceptible de rencontrer le succès au hit-parade, sur des plateformes de streaming, à la radio ou à la télévision. Les chansons doivent pouvoir d’une part être proposées à des maisons de disques et à des interprètes, et d’autre part être utilisables pour le Concours Eurovision de la chanson.

36 professionnels de la musique venus de Suisse et de l’étranger ont participé au camp de composition de chansons SUISA 2018. Sur les 19 chansons créées lors de la dernière édition du camp, deux d’entre elles ont connu une notoriété internationale: les morceaux «She Got Meۛ» et «Sister» représentent respectivement la Suisse et l’Allemagne lors de la prochaine manche du concours Eurovision de la chanson 2019 à Tel Aviv.

Candidatures pour le camp de composition de chansons SUISA 2019

Le troisième camp de composition de chansons SUISA aura lieu du 24 au 26 juin 2019 aux Powerplay Studios à Maur. Le camp a été organisé par SUISA en collaboration avec Pele Loriano Productions. Pele Loriano Productions est responsable de la direction artistique du camp de composition de chansons pour le compte de SUISA.

Les membres de SUISA peuvent poser leur candidature pour participer au camp de composition de chansons SUISA 2019. Vous êtes productrice ou producteur, auteure-compositrice ou auteur-compositeur, parolière ou parolier et vous pensez satisfaire aux exigences liées aux œuvres et aux capacités musicales? Dans ce cas, envoyez-nous votre dossier de candidature avec les pièces suivantes:

  • une courte biographie;
  • des chansons de référence pertinentes (fichiers mp3 ou liens Internet);
  • vos coordonnées.

Les dossiers de candidature doivent être envoyés par e-mail à songwritingcamp (at) suisa (dot) ch
La date limite d’envoi des dossiers de candidature est fixée au lundi 22 avril 2019

Important: seuls des membres de SUISA pourront se voir attribuer des places dans le cadre de cette procédure de candidature. Quiconque postule devra être en mesure de garantir qu’il sera disponible pour participer à une ou plusieurs journées du camp (du 24 au 26 juin 2019).

Echéances et sélection des participantes et participants

La direction artistique sélectionne tous les artistes qui seront invités au camp. Un ensemble adapté de participantes et de participants est nécessaire au succès créatif des «sessions de composition».

Le directeur artistique communiquera personnellement les réponses positives, les invitations et les informations complémentaires concernant la participation au camp de composition de chansons SUISA 2019 d’ici au vendredi 31 mai 2019.

Nous n’enverrons aucune réponse négative. Les personnes n’ayant pas reçu de réponse positive d’ici au vendredi 31 mai 2019 n’auront pas été sélectionnées pour participer au camp de composition de chansons 2019.

Il est probable que le nombre de candidatures soit très largement supérieur au nombre de places. Veuillez noter que le dépôt de candidature ne garantit en aucun cas le droit de participer au camp. Aucune correspondance ne sera échangée au sujet de l’attribution des places. Aucun renseignement ne peut encore être fourni concernant la réalisation d’autres camps de composition de chansons soutenus par SUISA.


I membri della SUISA possono candidarsi per il SUISA Songwriting Camp 2019

Il terzo SUISA Songwriting Camp si svolgerà dal 24 al 26 giugno 2019 presso i Powerplay Studios di Maur, vicino a Zurigo. Solo i membri della SUISA hanno la possibilità di presentare domanda di partecipazione. L’evento, organizzato dalla SUISA in collaborazione con Pele Loriano Productions, ha già portato al successo internazionale di diverse canzoni pop. Con «She Got Me», cantata e co-composta da Luca Hänni, una canzone del SUISA Songwriting Camp è stata selezionata per la seconda volta consecutiva come contributo elvetico all’Eurovision Song Contest. Testo e video di Manu Leuenberger

Con il SUISA Songwriting Camp, la SUISA offre ad alcuni dei suoi membri la possibilità di comporre canzoni pop con produttori e cantautori di fama internazionale in un team. Il duo svizzero Aliose ha preso parte all’ultimo SUISA Songwriting Camp. Nel video i due membri SUISA descrivono come hanno vissuto la loro partecipazione.

Chiunque voglia partecipare al Songwriting Camp deve avere una solida conoscenza musicale, essere in grado di fornire un alto livello di performance creativa sotto pressione ed essere aperto alla critica e allo scambio con gli altri compositori.

Il compito impegnativo è scrivere una canzone pop in un giorno secondo istruzioni in un team composto da tre a cinque persone – al mattino si inizia con un foglio bianco vuoto e la sera deve essere pronto un brano demo completo.

Canzoni pop con potenziale di successo

Lo stile musicale delle canzoni può includere tutte le forme di pop contemporaneo, che potrebbe avere successo anche nella hit parade, su piattaforme di streaming o in radio/TV. Le canzoni devono poter essere offerte a editori ed interpreti da un lato ed essere utilizzabili per l’Eurovision Song Contest dall’altro.

Il SUISA Songwriting Camp 2018 ha visto la partecipazione di 36 creatori musicali nazionali e stranieri. Delle 19 canzoni scritte durante la manifestazione dello scorso anno, due composizioni hanno nel frattempo ottenuto fama internazionale: I brani «She Got Meۛ» e «Sister» si trovano rispettivamente per la Svizzera e la Germania nella fase finale dell’Eurovision Song Contest 2019 a Tel Aviv.

Candidature per il SUISA Songwriting Camp 2019

Il terzo SUISA Songwriting Camp si svolgerà dal 24 al 26 giugno 2019 presso i Powerplay Studios di Maur, vicino a Zurigo. L’evento è organizzato dalla SUISA in collaborazione con Pele Loriano Productions. Pele Loriano Productions è responsabile della direzione artistica del Songwriting Camp per conto della SUISA.

I membri della SUISA possono candidarsi per partecipare al SUISA Songwriting Camp 2019. Sei un produttore/produttrice, cantautore/cantautrice (topliner), paroliere/paroliera e pensi di poter soddisfare i requisiti in termini di arte e abilità musicali? In questo caso inviaci la tua candidatura, che dovrebbe includere quanto segue:

  • una breve biografia;
  • canzoni di riferimento significative (file mp3 o link internet);
  • dettagli di contatto.

Le candidature devono essere inviate per e-mail al seguente indirizzo: songwritingcamp (at) suisa (dot) ch
Il termine ultimo per la presentazione delle candidature è lunedì 22 aprile 2019

Importante: tramite questa procedura di candidatura saranno assegnati esclusivamente i posti di partecipazione per i membri SUISA. Coloro che si iscrivono devono essere in grado di garantire la loro disponibilità per la partecipazione in uno o più giorni dell’evento (24 – 26 giugno 2019).

Date e selezione dei partecipanti

La selezione degli artisti invitati al Camp sarà effettuata dal direttore artistico. Una composizione adeguata dei partecipanti è di importanza decisiva per il successo creativo delle «Songwriting sessions».

Sarà il direttore artistico a spedire personalmente gli eventuali inviti/conferme di partecipazione e a fornire ulteriori informazioni relative alla partecipazione al SUISA Songwriting Camp 2019 entro il 31 maggio 2019.

Non verranno inviate disdette. Chi non riceverà una conferma entro il 31 maggio 2019, non ha potuto essere preso in considerazione per la partecipazione al Songwriting Camp 2019.

Si prevede che il numero di candidature supererà di gran lunga il numero di posti disponibili. Si prega di notare che la candidatura non implica in nessun momento il diritto di partecipare. Inoltre, non verrà avviata alcuna corrispondenza in merito all’assegnazione dei posti. Al momento non è ancora possibile fornire informazioni in merito alla realizzazione di ulteriori Songwriting Camps supportati dalla SUISA.

Articles en relation
La Suisse participe au Concours Eurovision de la chanson avec Luca Hänni et une chanson issue du camp de composition de chansons SUISALa Suisse participe au Concours Eurovision de la chanson avec Luca Hänni et une chanson issue du camp de composition de chansons SUISA | avec vidéo Pour la deuxième fois consécutive, la contribution suisse au Concours Eurovision de la chanson provient du camp de composition de chansons SUISA. La chanson «She Got Me» a été composée en juin dernier aux Powerplay Studios par le membre de SUISA Luca Hänni assisté des auteurs-compositeurs canadiens Laurell Barker et Frazer Mac ainsi que du producteur suédois Jon Hällgren. Continuer
Concours Eurovision de la Chanson: une chanson du camp de composition de chansons SUISA a été retenue pour le processus de sélection allemandConcours Eurovision de la Chanson: une chanson du camp de composition de chansons SUISA a été retenue pour le processus de sélection allemand | avec vidéo Succès pour le camp de composition de chansons SUISA: la chanson «Sister» du camp organisé l’an dernier est au programme de la pré-finale du CEC allemand. La chanson a été créée et produite par un groupe international de compositeurs: Marine Kaltenbacher, Laurell Barker, Tom Oehler et Thomas Stengaard. Continuer
Doubles affiliations: SUISA, et qui d’autre?Doubles affiliations: SUISA, et qui d’autre? SUISA gère les droits de ses membres dans le monde entier. Lorsque l’on souhaite adhérer à plusieurs sociétés d’auteurs, il est conseillé de bien réfléchir aux coûts et bénéfices d’une telle opération. Un artiste qui habite hors de Suisse ou du Liechtenstein peut également adhérer à SUISA. Il est également possible, lorsqu’on est membre SUISA, d’adhérer en plus à d’autres sociétés de gestion. De quoi faut-il tenir compte en cas de doubles affiliations? Les questions et réponses ci-après vous permettront d’en savoir plus. Continuer
Réduire article
  1. Busseniers dit :

    J ai eu la chance d avoir un feedback de Jeroen Swinnen, le belge, ce qui m a permis de bien evoluer
    C est egalement , a Jeroen Swinnen, que j ai achete le digidesign pro tools ,
    Merveilleux engin
    Bonne journee a Vous
    Christian Busseniers

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Le troisième camp de composition de chansons SUISA aura lieu du 24 au 26 juin 2019 aux Powerplay Studios à Maur. Seuls les membres de SUISA peuvent poser leur candidature pour y participer. Le camp organisé par SUISA et par Pele Loriano Productions a déjà permis à plusieurs chansons pop d’être reconnues internationalement. Avec «She Got Me», chantée et co-composée par Luca Hänni, c’est la deuxième fois de suite qu’une chanson issue du camp de composition de chansons SUISA est sélectionnée pour représenter la Suisse au CEC. Texte et vidéo de Manu Leuenberger – La versione italiana del testo si trova sotto.

Avec le camp de composition de chansons, SUISA propose à quelques-uns de ses membres de composer en équipe des chansons pop avec des producteurs et des auteurs-compositeurs de renommée internationale. Le...Continuer

Michel Legrand, toute sa vie pour la musique

Michel Legrand est décédé le 26 janvier 2019 à l’âge de 86 ans. Le compositeur laisse derrière lui 60 ans d’une carrière prestigieuse qui lui a valu une renommée mondiale. Le maître au tempérament de feu a mené son existence à la baguette. Hommage par Bertrand Liechti, membre du conseil de SUISA

Michel Legrand, toute sa vie pour la musique

Michel Legrand, photographié ici le 17 mai 2017 avant la cérémonie d’ouverture du Festival de Cannes, était membre de SUISA depuis 1998. (Photo: Regis Duvignau / Reuters))

Il est né à Paris dans le quartier de Menilmontant, en 1932, d’une famille de musiciens: son père, Raymond Legrand, était compositeur et chef d’orchestre, son oncle était le chef d’orchestre Jacques Hélian (Der Mikaëlian). Au conservatoire de Paris, il étudie le piano, la trompette et l’écriture dans la classe de Nadia Boulanger. Il se passionne pour le jazz et enregistre même un album à New York (1958), côtoyant des stars de la discipline comme Chet Baker, Miles Davis et John Coltrane. La Nouvelle Vague du cinéma français amorce alors son virage définitif vers le cinéma. Il travaille avec Jean Luc Godard, Claude Chabrol, Jean Paul Rappeneau …

Dans les années 60, Michel Legrand rencontre également Jacques Demy, avec lequel il collabore sur 9 films dont «Les Parapluies de Cherbourg» (1964), Palme d’or à Cannes, «Les Demoiselles de Rochefort» (1967) et «Peau d’Âne» en 1970. La petite histoire retiendra que «Les Parapluies de Cherbourg» et «Les Demoiselles de Rochefort» ont été conçus, scenario, paroles et musique, dans la station valaisanne de Verbier.

«Un géant de la musique et d’un compositeur, jazzman et chef d’orchestre de génie!»

Michel Legrand poursuit ensuite l’aventure à Hollywood où il décroche 3 Oscars pour la bande originale de «L’Affaire Thomas Crown» («The Thomas Crown Affair»,1969), de Norman Jewison, avec le tube «The Windmills of Your Mind» («Les moulins de mon coeur»). Il réitère cet exploit en 1972 pour «Un été 42» («Summer 42») de Robert Mulligan, et en 1984 pour «Yentl» de Barbra Streisand. En parallèle, il enregistra avec des vedettes internationales: Frank Sinatra, Charles Aznavour, Ella Fitzgerald, Claude Nougaro et plus récemment Nathalie Dessay.

J’ai eu personnellement le privilège de superviser, en mars 2018, sa composition pour le dernier film –inédit – d’Orson Wells, «The Other Side of the Wind», pour Netflix. Pour l’anecdote, les héritiers du grand cinéaste américain avaient découvert dans un carnet de notes accompagnant ce drame inachevé, une inscription intimant un ordre d’outre-tombe: «Appelez Michel Legrand!»

Après 20 ans de collaboration avec Michel Legrand, je garderai le souvenir d’un géant de la musique et d’un compositeur, jazzman et chef d’orchestre de génie!

www.michellegrandofficial.com

Michel Legrand est devenu membre SUISA en 1998. En 2002, le compositeur français a été récompensé pour ses œuvres à l’occasion du Festival International du Film de Locarno par la FONDATION SUISA, Fondation de musique de SUISA.
Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Michel Legrand est décédé le 26 janvier 2019 à l’âge de 86 ans. Le compositeur laisse derrière lui 60 ans d’une carrière prestigieuse qui lui a valu une renommée mondiale. Le maître au tempérament de feu a mené son existence à la baguette. Hommage par Bertrand Liechti, membre du conseil de SUISA

Michel Legrand, toute sa vie pour la musique

Michel Legrand, photographié ici le 17 mai 2017 avant la cérémonie d’ouverture du Festival de Cannes, était membre de SUISA depuis 1998. (Photo: Regis Duvignau / Reuters))

Il est né à Paris dans le quartier de Menilmontant, en 1932, d’une famille de musiciens: son père, Raymond Legrand, était compositeur et chef d’orchestre, son oncle était le chef d’orchestre Jacques Hélian (Der Mikaëlian). Au conservatoire de Paris, il étudie le piano, la trompette et l’écriture dans la classe de Nadia Boulanger. Il...Continuer

Première attribution des fonds artistiques «Get Going!» et «Carte Blanche»

Dans le cadre de sa nouvelle politique de promotion, la FONDATION SUISA a attribué pour la première fois quatre fonds «Get Going!» et une «Carte Blanche». Beat Gysin, Bertrand Denzler, Michael Künstle et le duo Eclecta reçoivent ainsi chacun une contribution financière «Get Going!» de CHF 25 000.–. La «Carte Blanche», attribuée tous les deux ans et dont le montant s’élève à CHF 80 000.–, revient à Cécile Marti. Texte de FONDATION SUISA

FONDATION SUISA: Première attribution des fonds artistiques «Get Going!» et «Carte Blanche»

La compositrice Cécile Marti obtient la «Carte Blanche» de la FONDATION SUISA allouée tous les deux ans. (Photo: Ingo Höhn)

La nouvelle politique de promotion de la FONDATION SUISA entend apporter une réponse adéquate aux scènes musicales en constante évolution. L’initiative «Dazwischen» (entre-deux), qui s’éloigne des catégories conventionnelles de genre, d’âge ou de projet, permet à des processus créatifs et artistiques de voir le jour, lesquels seraient passés à la trappe dans le cadre de concours classiques.

C’est dans ce cadre que quatre contributions «Get Going!» de CHF 25 000.– chacune ont été attribuées pour la première fois en juin. «Par l’intermédiaire de cet appel à projets annuel, nous essayons d’identifier les espaces de création et visions artistiques qui méritent d’être encouragés», déclare Urs Schnell, directeur de FONDATION SUISA. «C’est la raison pour laquelle il est volontairement rendu public.»

Avec plus de 90 candidatures reçues, les contributions «Get Going!» ont eu un retentissement considérable auprès des créateurs de musique. «Pour le jury d’experts, il n’a pas été facile de désigner quatre lauréats face au grand nombre de projets extrêmement intéressants», avoue Urs Schnell. Dans la description des objectifs artistiques désormais primés, on comprend immédiatement de quoi il s’agit avec ce type de promotion financière. «En fin de compte, la musique consiste toujours à explorer de nouveaux univers, à rendre certaines choses audibles et visibles, et à chercher de nouvelles perspectives», explique Urs Schnell.

Contributions «Get Going!» de 2018

Dans le cadre de son projet «Leichtbautenreihe», le compositeur Beat Gysin crée par exemple des espaces architecturaux dans lesquels des situations d’écoute inhabituelles permettent une nouvelle perception de la musique. Beat Gysin explore ainsi les différentes dynamiques issues de la relation entre espace, musique et récepteur/auditeur.

Michael Künstle interroge également la notion «d’espace». Le compositeur de musique de film et de concert associe la tradition orchestrale aux techniques modernes de composition et d’enregistrement afin de créer une composition d’espace sous forme d’expérience auditive en trois dimensions.

Le saxophoniste et compositeur Bertrand Denzler identifie quant à lui de nouvelles possibilités compositionnelles en évitant volontairement d’ancrer son œuvre dans un lieu. Grâce à une «résidence itinérante», il tente d’instaurer un échange avec des cultures étrangères par le biais de l’improvisation et de la composition. Ce dialogue constant, aux influences changeantes, a pour but d’ouvrir la voie à de nouvelles créations musicales.

Enfin, Andrina Bollinger et Marena Whitcher, membres du duo Eclecta, se situent à la croisée de plusieurs disciplines. Chanteuses, performeuses, multi-instrumentistes, productrices et compositrices, elles n’ont de cesse de collaborer avec d’autres arts pour faire émerger de nouveaux univers auditifs, visuels et tangibles.

«Carte Blanche» à Cécile Marti

La «Carte Blanche» de CHF 80 000.–, qui ne fait pas partie d’un appel à projets mais qui est attribuée tous les deux ans directement par un jury d’experts, entend permettre aux compositeurs de se consacrer pleinement à leur développement artistique sans préoccupation financière.

Celles et ceux qui ont suivi le parcours créatif de Cécile Marti au cours des dernières années savent à quel point l’artiste originaire du canton de Zurich a mérité cette «Carte Blanche». Son cycle orchestral «Seven Towers», composé de 7 parties écrites pour 120 musiciens, présenté pour la première fois en 2016 par l’OSBS à Bienne, puis repris par l’Orchestre Symphonique de Berne, la Camerata de Genève et le Basel Sinfonietta, a rencontré un large écho.

Parallèlement, Cécile Marti écrivait un doctorat sur le thème des évolutions temporelles en musique. La «Carte Blanche» lui permet désormais de placer ce travail de recherche dans un contexte artistique. Les évolutions temporelles doivent être rendues visibles par l’intermédiaire d’un ballet et d’une création sculpturale (Cécile Marti est également sculptrice sur pierre).

www.fondation-suisa.ch

Articles en relation
FONDATION SUISA: Nouvelle stratégie d’encouragement: «Nous voulons tourner notre regard vers l’avenir»Nouvelle stratégie d’encouragement: «Nous voulons tourner notre regard vers l’avenir» La FONDATION SUISA renforce son engagement pour la promotion de la musique en Suisse et dans la Principauté de Liechtenstein: chaque année, sous la devise «Get Going!», elle apportera un «coup de pouce» à quatre projets musicaux et proposera tous les deux ans une grande contribution de soutien à la création intitulée «Carte Blanche». Continuer
Textes de chansons: «ça fonctionne donc c’est permis»Textes de chansons: «ça fonctionne donc c’est permis» La FONDATION SUISA réserve cette année son prix de reconnaissance (25 000 francs) aux parolières et paroliers. Mais quelles sont les caractéristiques de paroles réussies ? Markus Ganz, contributeur invité, s’entretient avec le journaliste Jean-Martin Büttner. Continuer
James Gruntz: «Je trouve particulièrement excitant le fait de ne pas savoir quelle direction prendra une chanson»«Je trouve particulièrement excitant le fait de ne pas savoir quelle direction prendra une chanson» James Gruntz a récemment sorti son nouvel album, intitulé «Waves». La bourse que le compositeur de 30 ans, également multi-instrumentaliste, producteur et chanteur, a reçue de la part de la FONDATION SUISA a fortement influencé la création de cet opus. Continuer
Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Dans le cadre de sa nouvelle politique de promotion, la FONDATION SUISA a attribué pour la première fois quatre fonds «Get Going!» et une «Carte Blanche». Beat Gysin, Bertrand Denzler, Michael Künstle et le duo Eclecta reçoivent ainsi chacun une contribution financière «Get Going!» de CHF 25 000.–. La «Carte Blanche», attribuée tous les deux ans et dont le montant s’élève à CHF 80 000.–, revient à Cécile Marti. Texte de FONDATION SUISA

FONDATION SUISA: Première attribution des fonds artistiques «Get Going!» et «Carte Blanche»

La compositrice Cécile Marti obtient la «Carte Blanche» de la FONDATION SUISA allouée tous les deux ans. (Photo: Ingo Höhn)

La nouvelle politique de promotion de la FONDATION SUISA entend apporter une réponse adéquate aux scènes musicales en constante évolution. L’initiative «Dazwischen» (entre-deux), qui s’éloigne des catégories conventionnelles de genre, d’âge ou de projet, permet à des processus créatifs et...Continuer

Echo positif de la «Journée SUISA» au festival Murten Classics

Une journée complète a été consacrée à l’univers de la musique contemporaine lors de la série de concerts «Offen für Neues» du festival Murten Classics, le 25 août 2018. Cette journée de concerts soutenue par SUISA a été enregistrée par la Radio SRF 2 Kultur et a suscité des réactions positives de toutes parts. Texte de Manu Leuenberger

Belenus Quartett: Echo positif de la «Journée SUISA» au festival Murten Classics

Le Belenus Quartett a interprété des œuvres de Daniel Schnyder, Cécile Marti, Iris Szeghy et Marco Antonio Perez-Ramirez lors du troisième et dernier concert de la journée «Offen für Neues» du 25 août 2018 au festival Murten Classics. (Photo: Willi Piller)

Le programme de cette journée de concerts extraordinaire au festival Murten Classics a débuté tôt: les invités sont arrivés dans la salle de concert du Centre Culturel de Beaulieu (KiB) à Morat dès 10 heures du matin, juste à temps pour assister au discours d’ouverture de la musicologue Irène Minder-Jeanneret. Comportant des œuvres de 13 compositrices et compositeurs contemporains, la série de trois concerts a suscité un vif intérêt au-delà de la région, comme l’ont constaté les «Freiburger Nachrichten» lors d’une article sur le festival parue deux jours plus tard: «Il n’y avait quasiment plus aucune chaise de libre.»

Le guide du festival avait annoncé que la journée de concerts soutenue par SUISA dans la série «Offen für Neues» serait une «journée de rencontres». Cette promesse a été tenue à maints égards: parmi les nombreuses œuvres exécutées, le public a pu découvrir une grande diversité tonale dans les compositions contemporaines; beaucoup de compositrices et de compositeurs dont les morceaux ont été joués ont fait personnellement le déplacement jusqu’à Morat et ont présenté brièvement, en introduction, leur univers musical; les musiciens présents ont également vécu des échanges passionnés durant les pauses entre les trois concerts.

Bonne programmation, bonne interprétation et bonne intégration

Comme l’a expliqué Roman Brotbeck, l’animateur ayant présenté le programme, l’idée n’était pas «de bluffer avec des premières représentations, mais de proposer une grande diversité musicale». Andreas Zurbriggen s’est réjoui de cette intention lors de sa rétrospective publiée dans la «Revue musicale suisse» (édition septembre/octobre 2018) – «Il y a déjà eu à maintes occasions des premières représentations d’œuvres contemporaines, ce qui n’est pas le cas de secondes ou de troisièmes exécutions» – et il a trouvé que cela était réussi car le directeur artistique, Kaspar Zehnder, a brillé par sa programmation en «faisant s’entrechoquer des mondes différents». «De plus, les interprétations, comme celles du Belenus Quartett, du pianiste Gilles Grimaître et de ‹l’Ensemble mit vier›, ont atteint un niveau très élevé», poursuit le critique dans cette même revue.

«Il est réjouissant de voir que de telles expériences trouvent leur place également dans un programme de festival, en plus des concerts populaires», concluait-il dans le résumé de l’entretien sur cette journée de concerts publié dans les «Freiburger Nachrichten». L’ambitieux projet journalier «Offen für Neues» du festival Murten Classics et de SUISA a reçu des réactions positives de toutes parts, comme en témoignent les déclarations de participants ci-dessous.

La Radio SRF 2 Kultur jouera des extraits des trois concerts du 25 août 2018 dans l’émission «Neue Musik im Konzert» le mercredi 7 novembre 2018, à partir de 21h.

Katrin Frauchiger

Dans son discours d’introduction, la compositrice bernoise Katrin Frauchiger a expliqué son œuvre «Mare nostrum» pour flûte et trio à cordes, qui a ensuite été jouée durant le concert. (Photo: Willi Piller)

Katrin Frauchiger, compositrice et chanteuse, doctorante à la haute école spécialisée de Lucerne (HSLU):

«En tant que compositrice, j’apprécie tout particulièrement l’engagement du Festival Murten Classics et de SUISA dans l’organisation d’une journée entière consacrée à la musique contemporaine. Le courage de l’organisateur de mettre un tel accent lors du Festival Murten Classics a rencontré un échos favorable à tous les niveaux : le public est apparu en grand nombre, s’est montré très intéressé et ‹ouvert à des nouveautés›.
Trois concerts inédits, soigneusement organisés, avec conférences et introductions, ont été présentés, chacun d’entre eux comportant un slogan à l’attention des auditeurs : Waves from another world / Immigration-Emigration/Roots and great places. Lors d’une discussion spontanée avec Roman Brotbeck, j’ai eu l’opportunité – ainsi que les autres compositeurs présents – de présenter personnellement mon œuvre ‹Mare Nostrum› et d’ouvrir ainsi la porte à une belle interprétation de ma musique. Tout aussi précieux pendant la journée fut l’échange entre les compositeurs présents, en partie venus de loin, et le public.»

Irene Minder-Jeanneret

«Un architecte peut vivre de sa création, ce qui est rarement le cas pour une compositrice ou un compositeur», explique la musicienne Irène Minder-Jeanneret dans son discours d’ouverture, avant d’expliquer pourquoi, selon elle, les musiciens suisses mériteraient qu’on leur accorde une plus grande reconnaissance. (Photo: Willi Piller)

Irène Minder-Jeanneret, docteure en musicologie, membre du groupe de pilotage du Dictionnaire de la musique en Suisse:

«La journée SUISA a présenté un tour d’horizon, apprécié et rare, aussi bien de la création musicale que de l’importance culturelle et politique de la musique en Suisse. Elle a parfaitement illustré le fossé qui existe dans notre pays entre la réalité musicale vivante, de haut niveau et le manque de reconnaissance politique. Un tiers de la population pratique activement la musique; pourtant, la Suisse n’est pas perçue comme un pays musicien. La création, la production, l’enseignement, la distribution et la documentation de la musique sont autant de facettes d’un domaine culturel de poids, qui méritent d’être reconnues, encouragées et rendues visibles à tous les niveaux politiques. Comme dans le secteur du film, il existe dans le domaine de la musique des activités où le seul soutien des cantons est insuffisant.
Pour moi, en tant que membre du groupe de pilotage du Dictionnaire de la musique en Suisse, la journée SUISA fut une occasion unique d’entrer en contact avec des personnes qui œuvrent dans tous les domaines de la musique. Nul doute: cette journée a contribué à renforcer mutuellement les différents intérêts représentés.»

Kaspar Zehnder

Le directeur artistique du festival Murten Classics, Kaspar Zehnder, a également joué de la flûte lors de cette «Journée SUISA». (Photo: Willi Piller)

Kaspar Zehnder, directeur artistique du Murten Classics et organisateur de la journée SUISA du 25 août 2018:

«C’est dans l’hétérogénéité et la diversité que résidaient la qualité et la richesse de ce programme, qui a permis au public, aux compositeurs, aux présentateurs et aux artistes d’être plongés dans de vives discussions ou de savourer pleinement ensemble, le gâteau à la crème de Morat «Nidelkuchen» ou un verre de vin rouge de la région de Vully.
La journée SUISA doit absolument, au moins une fois tous les deux ans, devenir une tradition du Murten Classics.»

www.murtenclassics.ch

Articles en relation
Festival Archipel: Profession et vocation | avec vidéoProfession et vocation | avec vidéo Comment fonder et administrer un ensemble de musique contemporaine? Où puis-je obtenir un soutien financier pour mes projets musicaux? Quelle est l’utilité de SUISA et de Swissperform? Comment puis-je faire connaître mes œuvres via Internet? Quelques impressions de la première édition de la «Journée d’orientation professionnelle» au Festival Archipel 2017. Continuer
Jazz in Bess: 20 000 francs et un projet de composition imaginaire20 000 francs et un projet de composition imaginaire Il n’est pas simple de discuter du travail de création. L’association Jazzy Jams et SUISA ont eu une idée originale, qui s’est concrétisée lors du festival Jazz in Bess à Lugano. La compositrice tessinoise Maria Bonzanigo et les compositeurs Pietro Viviani et Damiano Merzari ont développé un projet de composition imaginaire en public et en direct. Le résultat s’est avéré captivant et a permis d’emmener le public dans un voyage dans le monde de la pensée des auteurs. Continuer
FONDATION SUISA: Nouvelle stratégie d’encouragement: «Nous voulons tourner notre regard vers l’avenir»Nouvelle stratégie d’encouragement: «Nous voulons tourner notre regard vers l’avenir» La FONDATION SUISA renforce son engagement pour la promotion de la musique en Suisse et dans la Principauté de Liechtenstein: chaque année, sous la devise «Get Going!», elle apportera un «coup de pouce» à quatre projets musicaux et proposera tous les deux ans une grande contribution de soutien à la création intitulée «Carte Blanche». Continuer
Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Une journée complète a été consacrée à l’univers de la musique contemporaine lors de la série de concerts «Offen für Neues» du festival Murten Classics, le 25 août 2018. Cette journée de concerts soutenue par SUISA a été enregistrée par la Radio SRF 2 Kultur et a suscité des réactions positives de toutes parts. Texte de Manu Leuenberger

Belenus Quartett: Echo positif de la «Journée SUISA» au festival Murten Classics

Le Belenus Quartett a interprété des œuvres de Daniel Schnyder, Cécile Marti, Iris Szeghy et Marco Antonio Perez-Ramirez lors du troisième et dernier concert de la journée «Offen für Neues» du 25 août 2018 au festival Murten Classics. (Photo: Willi Piller)

Le programme de cette journée de concerts extraordinaire au festival Murten Classics a débuté tôt: les invités sont arrivés dans la salle de concert du Centre Culturel de Beaulieu (KiB) à Morat dès 10...Continuer