Archive de tag: Compositeur suisse

Jouer avec l’espace et dans l’espace

Le lieu, le temps et l’espace jouent un rôle central dans le travail du compositeur Beat Gysin. Dans son œuvre en six parties intitulée «Leichtbautenreihe», il conçoit des lieux particuliers dans le but de confronter le public à des expériences sonores et spatiales changeantes. La deuxième partie de son ambitieux projet verra le jour dès 2021. La FONDATION SUISA le soutient financièrement par une contribution Get Going!. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Beat Gysin: Jouer avec l’espace et dans l’espace

Le compositeur bâlois Beat Gysin lors d’un enregistrement en 2010. (Photo: Anna Katharina Scheidegger)

La chimie et la musique ont-elles quelque chose en commun? Si l’on est tenté de répondre «non» de prime abord, le parcours de Beat Gysin dément pourtant cet a priori. Né au sein d’une famille de musiciens, Beat Gysin décide d’étudier la chimie en plus de la composition et de la théorie musicale. L’approche scientifique et l’évaluation empirique d’une approche expérimentale sont pour lui tout aussi importantes que l’élément musical. «Mon but en tant que musicien n’a jamais été de devenir célèbre mais de trouver des réponses avec et dans la musique», explique le Bâlois de 50 ans.

La liste de ses œuvres est impressionnante. Mais plus époustouflante encore est la manière dont il présente ses compositions au public. Beat Gysin se tient invariablement à distance de la reproduction et du son en boîte. Le lieu, le temps et surtout l’espace sont des éléments incontournables de ses performances. À cet égard, Beat Gysin n’est pas «que» compositeur et musicien, et l’on se doit de convoquer des termes comme «chercheur», «architecte», «passeur» et «philosophe» pour appréhender son univers.

«Mon approche est philosophique, en effet, acquiesce-t-il. Je m’intéresse à la perception, et je constate que la musique, dans toute sa réception, est privée de sa dimension spatiale.» Selon Beat Gysin, on sépare aujourd’hui totalement la musique de son exécution. L’artiste attire ainsi l’attention sur un point central de son travail: l’interaction systématique entre l’espace et le son. «Sortir mes morceaux de leur espace reviendrait à transformer une œuvre orchestrale en partition de piano. On reconnaîtrait les notes, certes, mais on n’entendrait pas l’orchestre.»

Avec une rigueur, une méticulosité et une soif d’expérimentation remarquables, Beat Gysin ne cesse à travers ses nombreux projets d’explorer l’interaction complexe entre l’espace, le son et la perception de la musique qui en découle. Le lieu du concert devient une partie intégrante de l’œuvre d’art. Celle-ci offre ainsi au public une expérience sensorielle totalement inédite par laquelle le musicien communique à chaque fois de nouvelles idées, qui donneront à leur tour naissance à de nouvelles approches et de nouveaux projets. «Je veux explorer. Et inventer», explique le compositeur, un tant soit peu laconique. Il n’est d’ailleurs pas obligatoirement au centre de l’attention. Il ne joue souvent qu’un rôle de directeur conceptuel. Pour favoriser les échanges, il a fondé le studio-klangraum ainsi que le festival ZeitRäume à Bâle.

«Sortir mes morceaux de leur espace reviendrait à transformer une œuvre orchestrale en partition de piano. On reconnaîtrait les notes, certes, mais on n’entendrait pas l’orchestre.»

Que ce soit dans des églises dotées chacune de propriétés acoustiques propres, dans des usines hydrauliques vides avec un écho pouvant durer jusqu’à 30 secondes ou encore dans des mines désaffectées où règne un silence presque parfait, Beat Gysin déniche toujours de nouveaux espaces à cartographier au moyen du son. Et lorsque l’espace naturel ne suffit pas, le musicien le construit. Son œuvre en six parties, la «Leichtbautenreihe», est l’une des œuvres centrales de Beat Gysin non seulement en raison du travail qu’elle représente, mais aussi parce qu’elle est une suite logique de celui-ci, le musicien y créant des espaces transportables. Il s’agit de six concepts spatiaux abstraits prenant la forme d’architectures pavillonnaires qui offrent des conditions d’écoute inhabituelles et permettent donc une perception inédite de la musique. «Chronos» était constituée d’une scène tournante ressemblant à un carrousel. Pour «Gitter», les musiciens étaient disposés de manière «sphérique» autour du public. Dans «Haus», les auditeurs se promenaient dans des maisons à la découverte d’espaces sonores. Et dans «Rohre», qui sera présentée prochainement (la première aura lieu en septembre 2019 dans le cadre du festival ZeitRäume, dans la cour intérieure du Kunstmuseum de Bâle), le public et les musiciens se rencontreront, au sens propre du terme, dans des tuyaux géants.

«Pour les deux dernières parties, prévues à compter de 2023, j’ai l’intention de me servir de dispositifs mobiles et d’explorer leur impact sur l’écoute. Dans l’un des deux projets, les musiciens et le public seront assis sur de petits chariots constamment en mouvement et redéfiniront ainsi l’espace en permanence. Et dans le dernier volet, il y aura un espace suspendu qui, comme un ballon, implosera régulièrement et se regonflera», précise Beat Gysin. Des projets aussi ambitieux ne sont pas faciles à financer pour un artiste. «Le besoin se fait sentir dès l’étape de la conception, car celle-ci est coûteuse», reconnaît Beat Gysin, qui ajoute: «La contribution Get Going! de la FONDATION SUISA constitue une réponse idéale à ce problème, car elle finance pour ainsi dire des pré-projets. Ce type d’aide n’existait pas jusqu’ici sous cette forme.»

À l’ère de la «festivalisation de la culture», où les experts en marketing accordent plus d’importance à la forme qu’au contenu, la «Leichtbautenreihe» incarne aussi une forme de résistance artistique. «L’avantage est qu’en tant qu’artiste, je conçois l’événement dans sa globalité», explique Beat Gysin, avant d’ajouter: «Dans ce monde de sollicitations tous azimuts, tout musicien se doit aujourd’hui de veiller à ancrer la musique dans l’espace, car elle ne peut plus être comprise hors de son contexte.»

www.beatgysin.ch

C’est en 2018 que la FONDATION SUISA a commencé à allouer de nouvelles contributions à la création. Dans le cadre de «Get Going!», elle finance des processus créatifs et artistiques qui se situent hors des catégories usuelles. Nous consacrons une série de portraits aux bénéficiaires de ces contributions Get Going!.


In viaggio con e nello spazio

Luogo, tempo e spazio giocano un ruolo centrale nelle opere del compositore Beat Gysin. Nella sua «Leichtbautenreihe» («Serie di costruzioni leggere») in sei parti, l’artista concepisce appositi spazi che permettano al pubblico di confrontarsi con esperienze sonore e spaziali mutevoli. A partire dal 2021 verrà realizzata la seconda parte dell’ambizioso progetto. La FONDATION SUISA sostiene questa opera con il contributo finanziario «Get Going!». Contributo ospite di Rudolf Amstutz

In viaggio con e nello spazio

Il compositore basilese Beat Gysin in una foto scattata nel 2010. (Foto: Anna Katharina Scheidegger)

Chimica e musica: come possono coesistere? Quella che inizialmente pare una contraddizione, acquista un senso compiuto all’interno della biografia di Beat Gysin. Cresciuto in una famiglia di musicisti, Gysin ha deciso di studiare, oltre a composizione e teoria musicale, anche chimica. L’approccio scientifico e l’analisi empirica, tipici del metodo sperimentale, sono per lui tanto essenziali quanto l’elemento artistico. «Non ho mai desiderato diventare famoso con la mia musica, quanto piuttosto trovare risposte con e nella musica», chiarisce l’artista di Basilea, oggi cinquantenne.

L’elenco delle sue opere è impressionante. Ancora più straordinaria, tuttavia, è la modalità di esecuzione delle sue composizioni. Gysin si muove costantemente al di là delle riproduzioni e delle registrazioni audio. Il luogo, il tempo e soprattutto lo spazio costituiscono elementi imprescindibili della sua pratica esecutiva. In quest’ottica, Gysin è ben lontano dall’essere «solo» un compositore e un musicista. Sarebbe invece opportuno ricorrere a termini quali ricercatore, architetto, mediatore e filosofo per comprendere appieno il suo universo.

«La mia anima è effettivamente quella di un filosofo», dichiara l’artista a tal proposito. «È questione di percezione: mi rendo conto che la musica, in tutte le sue modalità di ricezione, ha preso le distanze dallo spazio». Oggi si considera la musica come scissa dalla sua esecuzione, aggiunge l’artista, rimandando così a un punto centrale del suo lavoro: l’interazione costante tra spazio e suono. «Isolare uno dei miei brani dallo spazio sarebbe come realizzare una partitura per pianoforte di un’opera orchestrale: si riconoscerebbero le note, ma non si sentirebbe l’orchestra».

Con incredibile costanza, meticolosità e voglia di sperimentare, nei suoi innumerevoli progetti Gysin continua a sondare senza tregua la complessa interazione tra lo spazio, il suono e la conseguente percezione della musica. Lo spazio di esecuzione diventa parte integrante di un’opera d’arte che non solo offre al pubblico un’esperienza sensoriale del tutto originale, ma fornisce continuamente spunti a Gysin per lo studio di nuovi approcci e la creazione di ulteriori progetti. «Voglio scoprire cose. E inventare», così Gysin enuclea piuttosto laconico la sua pulsione artistica. In questo contesto, nel suo ruolo di compositore egli non si pone necessariamente al centro dell’attenzione, ma spesso funge «solo» da guida concettuale. Per promuovere lo scambio di idee, ha fondato a Basilea lo studio-klangraum (Spazio del suono) e il festival ZeitRäume (Spazi nel tempo).

«Isolare uno dei miei brani dallo spazio sarebbe come realizzare una partitura per pianoforte di un’opera orchestrale: si riconoscerebbero le note, ma non si sentirebbe l’orchestra.»

Gysin scopre spazi sempre nuovi di cui è possibile tracciare una mappa sonora – che siano chiese, con le loro particolarità acustiche, o centrali idriche dismesse in cui l’eco si protrae fino a 30 secondi o, ancora, miniere abbandonate dove regna un silenzio quasi perfetto. E laddove non sia disponibile lo spazio naturale per proseguire l’esplorazione, esso viene concepito con soluzioni architettoniche nuove. La «Leichtbautenreihe» in sei parti costituisce una delle opere centrali nella creazione di Gysin, e non soltanto per le energie profuse nella sua realizzazione – essa rappresenta anche il passo logico successivo, ovvero creare spazi che possano essere trasportati. Si tratta di sei concetti spaziali astratti, realizzati come architetture a padiglione, in cui la singolarità delle situazioni sonore permette una nuova percezione della musica. «Chronos» (Tempo) consiste in un palcoscenico girevole simile a una giostra; in «Gitter» (Gabbia) i musicisti sono disposti «sfericamente» intorno al pubblico; in «Haus» (Casa) è possibile passeggiare nello spazio sonoro di vere e proprie abitazioni; e in «Rohre» (Tubi), di prossima realizzazione (anteprima a settembre 2019, presso il cortile interno del Museo d’arte di Basilea, nell’ambito del festival ZeitRäume), il pubblico e i musicisti si incontreranno all’interno di enormi tubazioni.

«Nelle ultime due parti, a partire dal 2023» confida Gysin «vorrei esplorare la questione degli allestimenti mobili e della loro influenza sull’ascolto. In uno dei progetti, musicisti e pubblico sono seduti su carrelli in continuo movimento. Tutto scorre incessantemente e lo spazio viene sempre ridefinito ex novo. L’ultima parte si concretizzerà in uno spazio sospeso che, come un palloncino, implode e si rigonfia di continuo». Progetti così ambiziosi non sono facilmente finanziabili per un artista. «È necessario un sostegno fin dal concepimento e i costi sono notevoli», dichiara Gysin, che aggiunge immediatamente: «Il contributo Get Going! della FONDATION SUISA è la risposta a questa sfida. Si tratta di una sorta di finanziamento per avamprogetti… e finora non è mai esistito nulla del genere».

Di questi tempi, caratterizzati da un’eventizzazione della cultura, in cui gli esperti di marketing prestano maggiore attenzione alla forma piuttosto che alla sostanza, la «Leichtbautenreihe» simboleggia anche una sorta di contromovimento artistico. «Il vantaggio è che io, nel mio ruolo di artista, concepisco l’evento nel suo complesso», rivela Gysin e aggiunge: «Al giorno d’oggi, in un mondo dominato da un sovraccarico sensoriale, è il musicista stesso a doversi impegnare per trovare la giusta collocazione per la sua musica, poiché questa non può più essere compresa al di fuori del suo contesto».

www.beatgysin.ch

Nel 2018 la FONDATION SUISA ha iniziato ad assegnare nuovi contributi alla creazione. Con il progetto «Get Going!» vengono incentivati finanziariamente processi creativi e artistici che esorbitano dalle categorie convenzionali. In una serie di ritratti presentiamo i beneficiari dei contributi «Get Going!».

Articles en relation
FONDATION SUISA: «Get Going!» lance sa deuxième édition: «Nous sommes complètement dans l’air du temps»«Get Going!» lance sa deuxième édition: «Nous sommes complètement dans l’air du temps» Sous le titre «Get Going!», la FONDATION SUISA a attribué l’année dernière pour la première fois quatre contributions afin de promouvoir des processus créatifs innovants qui se situent hors des catégories usuelles. Les réactions positives ont été impressionnantes. Un deuxième appel à candidatures sera mis au concours à fin juin 2019. Continuer
Profession et vocation | avec vidéoProfession et vocation | avec vidéo Comment fonder et administrer un ensemble de musique contemporaine? Où puis-je obtenir un soutien financier pour mes projets musicaux? Quelle est l’utilité de SUISA et de Swissperform? Comment puis-je faire connaître mes œuvres via Internet? Quelques impressions de la première édition de la «Journée d’orientation professionnelle» au Festival Archipel 2017. Continuer
Bertrand Denzler: Arpenteur et explorateur d’espaces sonoresArpenteur et explorateurd’espaces sonores Le saxophoniste Bertrand Denzler, qui se meut à l’intersection de l’improvisation et de la composition, recherche constamment de nouvelles possibilités d’expression. Ce Genevois de 55 ans établi à Paris entend à présent repousser les frontières de son dialogue avec d’autres artistes dans le cadre d’une «résidence en mouvement». La FONDATION SUISA soutient financièrement ce projet par une contribution «Get Going!». Continuer

 

Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Le lieu, le temps et l’espace jouent un rôle central dans le travail du compositeur Beat Gysin. Dans son œuvre en six parties intitulée «Leichtbautenreihe», il conçoit des lieux particuliers dans le but de confronter le public à des expériences sonores et spatiales changeantes. La deuxième partie de son ambitieux projet verra le jour dès 2021. La FONDATION SUISA le soutient financièrement par une contribution Get Going!. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Beat Gysin: Jouer avec l’espace et dans l’espace

Le compositeur bâlois Beat Gysin lors d’un enregistrement en 2010. (Photo: Anna Katharina Scheidegger)

La chimie et la musique ont-elles quelque chose en commun? Si l’on est tenté de répondre «non» de prime abord, le parcours de Beat Gysin dément pourtant cet a priori. Né au sein d’une famille de musiciens, Beat...Continuer

«Orchestral Spaces», ou quand la musique devient perceptible spatialement

Dans son travail, le compositeur Michael Künstle s’intéresse à l’interaction entre la dramaturgie sonore et les sons dramaturgiques. À présent, le Bâlois de 27 ans entend franchir une étape supplémentaire dans sa recherche pour permettre aux auditrices et auditeurs de percevoir spatialement le son d’un orchestre. La FONDATION SUISA soutient financièrement ce projet par une contribution «Get Going!». Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Michael Kuenstle: «Orchestral Spaces», ou quand la musique devient perceptible spatialement

Le compositeur bâlois Michael Künstle (à gauche) en plein travail au studio d’enregistrement. (Photo: Oliver Hochstrasser)

Lorsque Michael Künstle a remporté la première Compétition Internationale de Musique de Film au Zurich Film Festival en 2012, ce fut une surprise totale pour le jeune homme alors âgé de seulement 21 ans. «Je venais de commencer mes études» raconte-t-il aujourd’hui, ajoutant: «Je ne comprends que maintenant l’importance de ce prix qui fut une sorte d’étincelle initiale, notamment parce qu’il récompense des compétences et ne peut être retiré à personne.»

Michael Künstle était en lice avec 144 autres compétitrices et compétiteurs de 27 pays, qui devaient tous réaliser le même exercice: mettre en musique le court-métrage d’animation «Evermore» de Philip Hofmänner. Quand on visionne le film aujourd’hui, on devine aisément ce qui a impressionné le jury: Michael Künstle a concocté des sons subtils, entièrement au service du récit.

Le musicien explique sa fascination pour le genre: «Ce qu’il y a de bien avec la musique de film, c’est qu’elle est le fruit d’un échange nourri avec d’autres personnes. Un film est le résultat de la collaboration de très nombreux individus, et il faut tenir compte de tous les aspects: le cadrage, la couleur, la mise en scène. Au cinéma, le plus gros challenge est de faire dire à la musique des choses qui n’ont encore été racontées ni en images, ni en paroles, mais qui sont essentielles pour mener le récit à son terme.»

«Glow» de Gabriel Baur, «Impairs et fils» de Jeshua Dreyfus, «Cadavre Exquis» de Viola von Scarpatetti: la liste des films dont Michael Künstle a signé la bande-son ne cesse de s’allonger. L’enthousiasme avec lequel le musicien communique son savoir et sa soif de connaissance est contagieux, notamment quand il évoque les grands noms du métier: le savoir-faire en matière de composition d’un Bernard Herrmann, par exemple, ou le talent incomparable de John Williams, «dont les pièces, sans visuel, sonnent clairement comme des œuvres orchestrales alors qu’elles collent parfaitement à ce qui se passe à l’écran. C’est incroyablement difficile à fabriquer, car la musique symphonique autorise d’ordinaire des structures narratives plus denses qu’un film.»

«Dans la musique contemporaine, on sculpte fréquemment l’espace avec d’autres éléments de la composition, comme le motif ou le rythme, mais cet aspect essentiel se perd souvent à l’enregistrement.»

Et bien que Michael Künstle établisse une distinction claire, dans son travail, entre la musique de concert et la musique de film, il concède «qu’on ne peut totalement oublier l’une lorsqu’on œuvre à l’autre.» Le musicien a d’ailleurs repris des éléments créés avec la réalisatrice Gabriel Baur pour le film «Glow» dans sa pièce «Résonance», présentée en 2016 par le Trio Eclipse. Mais il précise que dans sa musique de concert, il est principalement question de formes de composition et d’idées structurelles qu’on ne peut pas utiliser au cinéma.

L’idée du projet actuellement cofinancé par la FONDATION SUISA dans le cadre de «Get Going!» est née d’un autre aspect majeur du travail de Michael Künstle. Le musicien souligne qu’il poursuit une philosophie du «vrai» et qu’il recherche notamment le rendu le plus exact possible d’un concert à l’aide de la technique d’enregistrement la plus moderne. Avec son partenaire de travail Daniel Dettwiler, propriétaire du studio «Idee und Klang» à Bâle, qui développe depuis des années de nouveaux procédés d’enregistrement, Michael Künstle a pour objectif de créer une composition spatiale qui donnerait lieu à une perception auditive complètement inédite.

Il décrit son point de départ ainsi: «Dans la musique contemporaine, on sculpte fréquemment l’espace avec d’autres éléments de la composition, comme le motif ou le rythme, mais cet aspect essentiel se perd souvent à l’enregistrement. Je souhaite que l’espace tridimensionnel créé par l’orchestre pendant la prise de son soit ensuite perceptible avec un casque sur les oreilles, comme si l’on pouvait littéralement toucher la musique.» Longtemps, cette recherche et, d’une certaine manière, la conquête de ces «Orchestral Spaces» sont restées à l’état de projet pour Michael Künstle parce que, dit-il, «on ne peut les mettre en œuvre que dans un studio qui possède le meilleur des sons et avec les micros les plus performants qui soient.»

Grâce à «Get Going!», cette nouvelle étape de sa révolution audiophile devient à présent réalité, et ce dans les vénérables studios Abbey Road à Londres, avec un orchestre de 80 musiciennes et musiciens. Michael Künstle compose pour ce faire une pièce dans laquelle l’espace physique de l’enregistrement joue un rôle primordial. «J’ai l’intention d’inverser le processus de composition, explique le musicien, comme dans la musique de film: là aussi, on part d’abord de ce qu’on entend.» Ainsi, la boucle sera bouclée.

www.michaelkuenstle.ch

C’est en 2018 que la FONDATION SUISA a commencé à allouer de nouvelles contributions à la création. Dans le cadre de «Get Going!», elle finance des processus créatifs et artistiques qui se situent hors des catégories usuelles. Nous consacrons une série de portraits aux bénéficiaires de ces contributions Get Going!.


«Orchestral Spaces», quando la musica si fa tangibile nello spazio durante l’ascolto

Il compositore Michael Künstle si occupa nella sua opera dell’interazione tra drammaturgia del suono e suoni drammaturgici. Adesso il ventisettenne di Basilea desidera compiere un ulteriore passo avanti nella sua ricerca, rendendo il suono di un’orchestra tangibile per l’ascoltatore sul piano spaziale. La FONDATION SUISA sostiene questo progetto con il contributo finanziario «Get Going!». Contributo ospite di Rudolf Amstutz

Michael Kuenstle: «Orchestral Spaces», quando la musica si fa tangibile nello spazio durante l’ascolto

Il compositore basilese Michael Künstle (a sinistra) al lavoro nel studio di registrazione. (Foto: Oliver Hochstrasser)

La vittoria di Michael Künstle al 1° concorso internazionale per la musica da film nell’ambito del Festival del cinema di Zurigo 2012 ha lasciato di stucco l’artista, all’epoca appena ventunenne. «A quel tempo ero solo all’inizio dei miei studi» dichiara oggi, aggiungendo immediatamente: «Sto afferrando soltanto ora il significato di quel premio. È stato una sorta di evento catalizzatore, anche perché costituisce tuttora un riconoscimento alla competenza, che rimarrà per sempre nel mio curriculum».

Künstle ha prevalso su 144 concorrenti provenienti da 27 paesi, cui era stato assegnato il medesimo compito: la sonorizzazione del cortometraggio d’animazione «Evermore» di Philip Hofmänner. Guardando il film oggi, si può facilmente intuire cosa possa aver colpito la giuria di allora: Künstle ha sorpreso tutti con suoni raffinati posti interamente al servizio della narrazione cinematografica.

«Il bello della musica da film è che rappresenta il risultato di un fitto interscambio. Un film è un gioco di squadra tra innumerevoli persone ed è importante tenere conto di tutti gli aspetti: le riprese, la gestione del colore, l’allestimento scenografico…» chiarisce Künstle, lasciando trapelare la sua attrazione per il genere. «La sfida più ardua in un film è trasmettere, mediante la musica, messaggi non ancora comunicati attraverso le immagini o il parlato, ma che sono di fondamentale importanza per raccontare correttamente la storia fino alla fine».

L’elenco dei film di cui Künstle ha diretto la colonna sonora diventa sempre più nutrito: «Glow» di Gabriel Baur, «Family Practice» di Jeshua Dreyfus e «Free from you» di Viola von Scarpatetti sono solo alcuni esempi. L’entusiasmo con cui Künstle descrive le sue conoscenze specialistiche e la sua sete di sapere diviene contagioso nel corso dell’intervista – come quando racconta di alcuni grandi del settore citando, ad esempio, la conoscenza compositiva di Bernard Herrmann o la straordinaria abilità di John Williams, «le cui opere sono in perfetta sintonia con il film ma risuonano chiare come brani orchestrali al di fuori di esso. Si tratta di un obiettivo incredibilmente arduo da realizzare, perché tradizionalmente la musica sinfonica consente di creare strutture narrative più dense rispetto a un film».

«Nella musica contemporanea lo spazio viene spesso equiparato ad altri elementi compositivi come il motivo o il ritmo, ma quasi sempre nella registrazione questo aspetto essenziale va perso.»

Pur effettuando nella sua opera una chiara distinzione tra musica da concerto e musica da film, Künstle ammette che «nel corso della creazione l’una non può mai prescindere completamente dall’altra». Alcuni elementi sviluppati dall’artista in collaborazione con la regista Gabriel Baur per il film «Glow» sono confluiti nel brano «Résonance», interpretato dal Trio Eclipse nel 2016. «Tuttavia la mia musica da concerto si basa principalmente su forme compositive e idee strutturali che non possono essere concretizzate in un film».

Anche l’idea del progetto attualmente cofinanziato dalla FONDATION SUISA nell’ambito del contributo «Get Going!» nasce da un altro importante aspetto dell’opera di Künstle. L’artista persegue, come egli stesso sottolinea, una filosofia dell’«autenticità», che comprende anche una rappresentazione più accurata possibile dell’esecuzione, utilizzando le più moderne modalità di registrazione. In collaborazione con il suo partner di lavoro Daniel Dettwiler, proprietario dello studio «Idee und Klang» (Idea e suono) di Basilea e da anni alla ricerca di nuove possibilità di registrazione, Künstle mira a creare una composizione spaziale tale da far vivere un’esperienza uditiva senza precedenti.

«Nella musica contemporanea lo spazio viene spesso equiparato ad altri elementi compositivi come il motivo o il ritmo, ma quasi sempre nella registrazione questo aspetto essenziale va perso», spiega l’artista. «Vorrei che lo spazio tridimensionale riempito dall’orchestra durante la registrazione fosse percepito attraverso le cuffie come se la musica si potesse letteralmente toccare». Per Künstle l’esplorazione e, in un certo senso, anche la conquista di questi «Orchestral Spaces» sono rimaste per molti anni solo un’idea perché, come egli stesso sottolinea, «sono realizzabili esclusivamente in uno studio che possa offrire il miglior suono possibile e i migliori microfoni esistenti».

Grazie al contributo «Get Going!», questo ulteriore passo verso una rivoluzione audiofila sta diventando realtà all’interno degli storici Abbey Road Studios di Londra, con un’orchestra composta da 80 strumentisti. A tale scopo Künstle scriverà una composizione in cui lo spazio di registrazione rivesta un ruolo centrale. «Vorrei invertire il processo di composizione» sottolinea, chiarendo l’obiettivo del suo progetto – proprio come nella musica da film, in cui si parte, prima che da ogni altra cosa, da ciò che si ascolta. E con questo il cerchio si chiude.

www.michaelkuenstle.ch

Nel 2018 la FONDATION SUISA ha iniziato ad assegnare nuovi contributi alla creazione. Con il progetto «Get Going!» vengono incentivati finanziariamente processi creativi e artistici che esorbitano dalle categorie convenzionali. In una serie di ritratti presentiamo i beneficiari dei contributi «Get Going!».

Articles en relation
«Get Going!» lance sa deuxième édition: «Nous sommes complètement dans l’air du temps»«Get Going!» lance sa deuxième édition: «Nous sommes complètement dans l’air du temps» Sous le titre «Get Going!», la FONDATION SUISA a attribué l’année dernière pour la première fois quatre contributions afin de promouvoir des processus créatifs innovants qui se situent hors des catégories usuelles. Les réactions positives ont été impressionnantes. Un deuxième appel à candidatures sera mis au concours à fin juin 2019. Continuer
«La musique de film suisse est dotée d’une grande diversité et d’une haute qualit黫La musique de film suisse est dotée d’une grande diversité et d’une haute qualité» Avec trois CD, un DVD et un livre, le coffret «Swiss Film Music», édité par la FONDATION SUISA, offre un aperçu fascinant de l’histoire de la musique de film suisse de 1923 à 2012. Nous nous sommes entretenus avec le musicologue et expert en médias Mathias Spohr, qui a agi comme directeur artistique. Continuer
L’arrangement d’œuvres protégéesL’arrangement d’œuvres protégées Les œuvres musicales libres de droits peuvent être arrangées sans autre formalité. Si une œuvre est encore protégée, c’est-à-dire si son auteur n’est pas décédé depuis plus de 70 ans, le titulaire des droits doit donner son accord avant tout arrangement. Comment obtenir une telle autorisation d’arrangement et quels aspects doivent être réglés pour qu’un arrangement puisse être déclaré auprès de SUISA? Continuer
Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Dans son travail, le compositeur Michael Künstle s’intéresse à l’interaction entre la dramaturgie sonore et les sons dramaturgiques. À présent, le Bâlois de 27 ans entend franchir une étape supplémentaire dans sa recherche pour permettre aux auditrices et auditeurs de percevoir spatialement le son d’un orchestre. La FONDATION SUISA soutient financièrement ce projet par une contribution «Get Going!». Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Michael Kuenstle: «Orchestral Spaces», ou quand la musique devient perceptible spatialement

Le compositeur bâlois Michael Künstle (à gauche) en plein travail au studio d’enregistrement. (Photo: Oliver Hochstrasser)

Lorsque Michael Künstle a remporté la première Compétition Internationale de Musique de Film au Zurich Film Festival en 2012, ce fut une surprise totale pour le jeune homme alors âgé de seulement 21 ans. «Je venais de commencer mes études» raconte-t-il aujourd’hui, ajoutant: «Je ne...Continuer

Festival Archip-elles – girl power

Le festival genevois pour la création musicale contemporaine a décidé de consacrer son édition 2019 à la musique écrite par les femmes. Archip-elles présente des œuvres de compositrices issues de toutes les générations, origines et courants artistiques. Les membres de SUISA sont invités au festival le vendredi 5 avril 2019. Texte d’Erika Weibel

Festival Archip-elles – girl power

Au festival Archip-elles 2019, la musique des compositrices contemporaines est sur le devant de la scène. (Image: Festival Archipel)

«Un article récent du ‹Guardian›, ‹Female composers largely ignored by concert line-ups›, publié le 13 juin 2018, constate que parmi 1445 concerts classiques programmés tout autour du monde pendant la saison 2018-2019, seuls 76 incluent l’œuvre d’une femme», écrit le directeur du festival, Marc Texier, dans l’éditorial du guide du festival. Le festival genevois pour la création musicale contemporaine a donc décidé de s’attaquer à cette inégalité entre les sexes dans les programmations et fait entendre la musique des compositrices pour son édition 2019.

Le programme des concerts du festival Archip-elles sera complété par des installations, des tables rondes et des ateliers. Le vendredi 5 avril 2019, le festival organisera, en collaboration avec SUISA, un atelier matinal sur le thème des droits d’auteur pour les étudiants de la Haute école de musique Genève, du Conservatoire populaire de musique et pour les participants des deux académies, Académie Archipel et «Composer’s Next Generation» (Ensemble Vortex).

Invitation pour les membres de SUISA

Le festival Archipel et SUISA invitent en outre chaleureusement les membres de SUISA à passer la soirée du 5 avril 2019 au festival. La participation est gratuite pour les membres de SUISA inscrits. Merci de nous envoyer les inscriptions avant le 31 mars 2019 au plus tard à l’adresse e-mail suivante: kommunikation (at) suisa (dot) ch

Le programme détaillé de la soirée à laquelle sont invités les membres de SUISA est présenté ci-dessous. La table ronde animée sur le thème «Etre compositrice en Suisse aujourd’hui» est un point notable de ce programme.

Table ronde: être compositrice en Suisse aujourd’hui

Comment les compositrices vivent-elles le fait de devoir s’imposer dans un monde dominé par les hommes? Pourquoi est-il plus difficile pour les compositrices de faire jouer leurs œuvres? Pourquoi n’y a-t-il pas plus de femmes qui optent pour une carrière de compositrice?

Marc Texier, directeur du festival, se penche précisément sur ces questions dans une discussion avec deux compositrices suisses, Katharina Rosenberger et Annette Schmucki, ainsi qu’avec la Dr. Irène Minder-Jeanneret, chercheuse spécialisée sur les questions de genre et de musique.

Une fois cet échange terminé, la scène laissera place au volet musical de la soirée: un concert avec l’Ensemble Vortex qui permettra, entre autres, d’entendre la première d’une œuvre de la compositrice suisse Barblina Meierhans. Pour finir, Ella Soto sera aux platines pour un DJ set de folie.

Programme détaillé auquel sont invités les membres de SUISA, le vendredi 5 avril 2019, au festival Archip-elles de Genève:

17h00, Maison communale de Plainpalais
Découverte des installations de Marianthi Papalexandri et Pe Lang

18h00, Maison communale de Plainpalais
Apéritif et table ronde: être compositrice en Suisse aujourd’hui
Dr. Irène Minder-Jeanneret, musicologue
Katharina Rosenberger, compositrice
Annette Schmucki, compositrice
Animation: Marc Texier

20h00, Théâtre Pitoëff
Concert
L’Ensemble Vortex joue des œuvres de Barblina Meierhans, Olga Kokcharova, Eva Reiter, Ann Cleare, Clara Iannotta et Jessie Marino.

22h00 – 01h00, Maison communale de Plainpalais
Ella Soto – DJ set, Carte blanche à La VostokE
La Vostoke est la première station de radio 100% féminine de Suisse

www.archipel.org, site Internet du festival

Articles en relation
Festival Archipel: Profession et vocation | avec vidéoProfession et vocation | avec vidéo Comment fonder et administrer un ensemble de musique contemporaine? Où puis-je obtenir un soutien financier pour mes projets musicaux? Quelle est l’utilité de SUISA et de Swissperform? Comment puis-je faire connaître mes œuvres via Internet? Quelques impressions de la première édition de la «Journée d’orientation professionnelle» au Festival Archipel 2017. Continuer
Echo positif de la «Journée SUISA» au festival Murten ClassicsEcho positif de la «Journée SUISA» au festival Murten Classics Une journée complète a été consacrée à l’univers de la musique contemporaine lors de la série de concerts «Offen für Neues» du festival Murten Classics, le 25 août 2018. Cette journée de concerts soutenue par SUISA a été enregistrée par la Radio SRF 2 Kultur et a suscité des réactions positives de toutes parts. Continuer
Bon à savoir: Arrangement d’œuvres libres de droitsArrangement d’œuvres libres de droits Dans le cas d’un projet d’arrangement musical, il vaut la peine de connaître les pièges existants en lien avec le droit d’auteur, car un faux pas peut parfois coûter cher. Trouver son inspiration auprès d’autres compositeurs, adapter des œuvres existantes pour d’autres instrumentations ou même utiliser dans une œuvre nouvelle des parties entières d’une composition existante: ce sont là des traditions déjà anciennes. Continuer
Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Le festival genevois pour la création musicale contemporaine a décidé de consacrer son édition 2019 à la musique écrite par les femmes. Archip-elles présente des œuvres de compositrices issues de toutes les générations, origines et courants artistiques. Les membres de SUISA sont invités au festival le vendredi 5 avril 2019. Texte d’Erika Weibel

Festival Archip-elles – girl power

Au festival Archip-elles 2019, la musique des compositrices contemporaines est sur le devant de la scène. (Image: Festival Archipel)

«Un article récent du ‹Guardian›, ‹Female composers largely ignored by concert line-ups›, publié le 13 juin 2018, constate que parmi 1445 concerts classiques programmés tout autour du monde pendant la saison 2018-2019, seuls 76 incluent l’œuvre d’une femme», écrit le directeur du festival, Marc Texier, dans l’éditorial du guide du festival. Le festival genevois pour la création musicale contemporaine a donc...Continuer

Echo positif de la «Journée SUISA» au festival Murten Classics

Une journée complète a été consacrée à l’univers de la musique contemporaine lors de la série de concerts «Offen für Neues» du festival Murten Classics, le 25 août 2018. Cette journée de concerts soutenue par SUISA a été enregistrée par la Radio SRF 2 Kultur et a suscité des réactions positives de toutes parts. Texte de Manu Leuenberger

Belenus Quartett: Echo positif de la «Journée SUISA» au festival Murten Classics

Le Belenus Quartett a interprété des œuvres de Daniel Schnyder, Cécile Marti, Iris Szeghy et Marco Antonio Perez-Ramirez lors du troisième et dernier concert de la journée «Offen für Neues» du 25 août 2018 au festival Murten Classics. (Photo: Willi Piller)

Le programme de cette journée de concerts extraordinaire au festival Murten Classics a débuté tôt: les invités sont arrivés dans la salle de concert du Centre Culturel de Beaulieu (KiB) à Morat dès 10 heures du matin, juste à temps pour assister au discours d’ouverture de la musicologue Irène Minder-Jeanneret. Comportant des œuvres de 13 compositrices et compositeurs contemporains, la série de trois concerts a suscité un vif intérêt au-delà de la région, comme l’ont constaté les «Freiburger Nachrichten» lors d’une article sur le festival parue deux jours plus tard: «Il n’y avait quasiment plus aucune chaise de libre.»

Le guide du festival avait annoncé que la journée de concerts soutenue par SUISA dans la série «Offen für Neues» serait une «journée de rencontres». Cette promesse a été tenue à maints égards: parmi les nombreuses œuvres exécutées, le public a pu découvrir une grande diversité tonale dans les compositions contemporaines; beaucoup de compositrices et de compositeurs dont les morceaux ont été joués ont fait personnellement le déplacement jusqu’à Morat et ont présenté brièvement, en introduction, leur univers musical; les musiciens présents ont également vécu des échanges passionnés durant les pauses entre les trois concerts.

Bonne programmation, bonne interprétation et bonne intégration

Comme l’a expliqué Roman Brotbeck, l’animateur ayant présenté le programme, l’idée n’était pas «de bluffer avec des premières représentations, mais de proposer une grande diversité musicale». Andreas Zurbriggen s’est réjoui de cette intention lors de sa rétrospective publiée dans la «Revue musicale suisse» (édition septembre/octobre 2018) – «Il y a déjà eu à maintes occasions des premières représentations d’œuvres contemporaines, ce qui n’est pas le cas de secondes ou de troisièmes exécutions» – et il a trouvé que cela était réussi car le directeur artistique, Kaspar Zehnder, a brillé par sa programmation en «faisant s’entrechoquer des mondes différents». «De plus, les interprétations, comme celles du Belenus Quartett, du pianiste Gilles Grimaître et de ‹l’Ensemble mit vier›, ont atteint un niveau très élevé», poursuit le critique dans cette même revue.

«Il est réjouissant de voir que de telles expériences trouvent leur place également dans un programme de festival, en plus des concerts populaires», concluait-il dans le résumé de l’entretien sur cette journée de concerts publié dans les «Freiburger Nachrichten». L’ambitieux projet journalier «Offen für Neues» du festival Murten Classics et de SUISA a reçu des réactions positives de toutes parts, comme en témoignent les déclarations de participants ci-dessous.

La Radio SRF 2 Kultur jouera des extraits des trois concerts du 25 août 2018 dans l’émission «Neue Musik im Konzert» le mercredi 7 novembre 2018, à partir de 21h.

Katrin Frauchiger

Dans son discours d’introduction, la compositrice bernoise Katrin Frauchiger a expliqué son œuvre «Mare nostrum» pour flûte et trio à cordes, qui a ensuite été jouée durant le concert. (Photo: Willi Piller)

Katrin Frauchiger, compositrice et chanteuse, doctorante à la haute école spécialisée de Lucerne (HSLU):

«En tant que compositrice, j’apprécie tout particulièrement l’engagement du Festival Murten Classics et de SUISA dans l’organisation d’une journée entière consacrée à la musique contemporaine. Le courage de l’organisateur de mettre un tel accent lors du Festival Murten Classics a rencontré un échos favorable à tous les niveaux : le public est apparu en grand nombre, s’est montré très intéressé et ‹ouvert à des nouveautés›.
Trois concerts inédits, soigneusement organisés, avec conférences et introductions, ont été présentés, chacun d’entre eux comportant un slogan à l’attention des auditeurs : Waves from another world / Immigration-Emigration/Roots and great places. Lors d’une discussion spontanée avec Roman Brotbeck, j’ai eu l’opportunité – ainsi que les autres compositeurs présents – de présenter personnellement mon œuvre ‹Mare Nostrum› et d’ouvrir ainsi la porte à une belle interprétation de ma musique. Tout aussi précieux pendant la journée fut l’échange entre les compositeurs présents, en partie venus de loin, et le public.»

Irene Minder-Jeanneret

«Un architecte peut vivre de sa création, ce qui est rarement le cas pour une compositrice ou un compositeur», explique la musicienne Irène Minder-Jeanneret dans son discours d’ouverture, avant d’expliquer pourquoi, selon elle, les musiciens suisses mériteraient qu’on leur accorde une plus grande reconnaissance. (Photo: Willi Piller)

Irène Minder-Jeanneret, docteure en musicologie, membre du groupe de pilotage du Dictionnaire de la musique en Suisse:

«La journée SUISA a présenté un tour d’horizon, apprécié et rare, aussi bien de la création musicale que de l’importance culturelle et politique de la musique en Suisse. Elle a parfaitement illustré le fossé qui existe dans notre pays entre la réalité musicale vivante, de haut niveau et le manque de reconnaissance politique. Un tiers de la population pratique activement la musique; pourtant, la Suisse n’est pas perçue comme un pays musicien. La création, la production, l’enseignement, la distribution et la documentation de la musique sont autant de facettes d’un domaine culturel de poids, qui méritent d’être reconnues, encouragées et rendues visibles à tous les niveaux politiques. Comme dans le secteur du film, il existe dans le domaine de la musique des activités où le seul soutien des cantons est insuffisant.
Pour moi, en tant que membre du groupe de pilotage du Dictionnaire de la musique en Suisse, la journée SUISA fut une occasion unique d’entrer en contact avec des personnes qui œuvrent dans tous les domaines de la musique. Nul doute: cette journée a contribué à renforcer mutuellement les différents intérêts représentés.»

Kaspar Zehnder

Le directeur artistique du festival Murten Classics, Kaspar Zehnder, a également joué de la flûte lors de cette «Journée SUISA». (Photo: Willi Piller)

Kaspar Zehnder, directeur artistique du Murten Classics et organisateur de la journée SUISA du 25 août 2018:

«C’est dans l’hétérogénéité et la diversité que résidaient la qualité et la richesse de ce programme, qui a permis au public, aux compositeurs, aux présentateurs et aux artistes d’être plongés dans de vives discussions ou de savourer pleinement ensemble, le gâteau à la crème de Morat «Nidelkuchen» ou un verre de vin rouge de la région de Vully.
La journée SUISA doit absolument, au moins une fois tous les deux ans, devenir une tradition du Murten Classics.»

www.murtenclassics.ch

Articles en relation
Festival Archipel: Profession et vocation | avec vidéoProfession et vocation | avec vidéo Comment fonder et administrer un ensemble de musique contemporaine? Où puis-je obtenir un soutien financier pour mes projets musicaux? Quelle est l’utilité de SUISA et de Swissperform? Comment puis-je faire connaître mes œuvres via Internet? Quelques impressions de la première édition de la «Journée d’orientation professionnelle» au Festival Archipel 2017. Continuer
Jazz in Bess: 20 000 francs et un projet de composition imaginaire20 000 francs et un projet de composition imaginaire Il n’est pas simple de discuter du travail de création. L’association Jazzy Jams et SUISA ont eu une idée originale, qui s’est concrétisée lors du festival Jazz in Bess à Lugano. La compositrice tessinoise Maria Bonzanigo et les compositeurs Pietro Viviani et Damiano Merzari ont développé un projet de composition imaginaire en public et en direct. Le résultat s’est avéré captivant et a permis d’emmener le public dans un voyage dans le monde de la pensée des auteurs. Continuer
FONDATION SUISA: Nouvelle stratégie d’encouragement: «Nous voulons tourner notre regard vers l’avenir»Nouvelle stratégie d’encouragement: «Nous voulons tourner notre regard vers l’avenir» La FONDATION SUISA renforce son engagement pour la promotion de la musique en Suisse et dans la Principauté de Liechtenstein: chaque année, sous la devise «Get Going!», elle apportera un «coup de pouce» à quatre projets musicaux et proposera tous les deux ans une grande contribution de soutien à la création intitulée «Carte Blanche». Continuer
Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Une journée complète a été consacrée à l’univers de la musique contemporaine lors de la série de concerts «Offen für Neues» du festival Murten Classics, le 25 août 2018. Cette journée de concerts soutenue par SUISA a été enregistrée par la Radio SRF 2 Kultur et a suscité des réactions positives de toutes parts. Texte de Manu Leuenberger

Belenus Quartett: Echo positif de la «Journée SUISA» au festival Murten Classics

Le Belenus Quartett a interprété des œuvres de Daniel Schnyder, Cécile Marti, Iris Szeghy et Marco Antonio Perez-Ramirez lors du troisième et dernier concert de la journée «Offen für Neues» du 25 août 2018 au festival Murten Classics. (Photo: Willi Piller)

Le programme de cette journée de concerts extraordinaire au festival Murten Classics a débuté tôt: les invités sont arrivés dans la salle de concert du Centre Culturel de Beaulieu (KiB) à Morat dès 10...Continuer

Créations suisses au Festival Archipel

Dans le domaine de la musique contemporaine, les compositeurs suisses ne sont pas en retrait. C’est ce que nous a démontré le Festival Archipel le mercredi 21 mars 2018, lors d’un concert dans lequel quatre compositeurs helvétiques étaient mis à l’honneur. Texte de Sébastien Cayet, contributeur invité

Créations suisses au Festival Archipel

La compositrice suisse, Katharina Rosenberger, native de Zurich et travaillant aux Etats-Unis avec le directeur du festival Marc Texier, lors de la conférence donnée en préambule à la «soirée de musique suisse», le 21 mars 2018 dans le cadre du Festival Archipel à Genève (Photo: Manu Leuenberger)

Soutenu par la SUISA, coopérative des auteurs et éditeurs de musique, Archipel nous a proposé une soirée en deux parties. Dans un entretien avant-concert, Marc Texier, directeur général du festival a reçu les compositeurs Katharina Rosenberger et Michael Pelzel, en partenariat avec SUISA. L’occasion pour nous d‘en apprendre plus sur leurs activités, leurs diverses influences, leurs méthodes de composition et leurs projets.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que leurs influences sont aux antipodes l’une de l’autre; alors que Katharina Rosenberger évoque ses références musicales de la Renaissance et à Willaert et De Rore en particulier, Michael Pelzel avoue volontiers utiliser des techniques indiennes et africaines dans sa pièce, créant ainsi un contraste entre musique occidentale et musique extra-européenne, entre tradition et nouveauté. L’éventail de leurs activités ne s’arrête cependant pas à la composition; l’une enseigne aux Etats-Unis, l’autre mène une activité d’organiste.

Cela leur permet de ne pas compter entièrement sur l’activité de compositeur pour vivre, car tous deux s’accordent à dire que le développement du streaming au détriment du CD ou du spectacle vivant leur ôte une source de revenus – ou la diminue fortement. Heureusement pour les compositeurs, SUISA s’engage à préserver leurs droits d’auteur et à les rétribuer pour les concerts dans lesquels leurs pièces sont jouées.

Créations suisses et créations mondiales

Une fois l’interview-conférence terminée, le concert peut commencer. Au programme figurent quatre créations: les créations suisses de «Tempi agitati» de Katharina Rosenberger et d’«Ante Litteram» d’Oscar Bianchi, ainsi que les créations mondiales d’«Etüdienbuch zu Diabelli» de Michael Pelzel et de «Präludien Buch 1-4» de Mischa Käser.

Les Neue Vocalsolisten Stuttgart, ensemble vocal allemand, ont interprété un répertoire fait sur mesure, puisque composé pour eux. En 2012, ils avaient déjà créé la pièce d’Oscar Bianchi, puis celle de Katharina Rosenberger en 2016.

Dans «Tempi agitati» – qui était, ce soir-là une version réduite de l’œuvre –, Katharina Rosenberger crée des atmosphères contrastées grâce, notamment, à l’alternance des esthétiques et à la mise en scène basée sur l’acoustique et l’architecture de la salle. Tout commence dans le noir. Les solistes sont assis dans le public. Puis, l’un d’eux donne le départ d’un dialogue d’onomatopées. Les Neue Vocalsolisten se répondent, s’attendent et s’entrecoupent avec précision. Ils se rejoignent ensuite sur scène pour entonner un chant polyphonique dans le style de la Renaissance, avec des références à Adrian Willaert et Cipriano de Rore.

En revenant à la musique de la Renaissance, la compositrice souhaitait «retrouver le naturel de la voix». Les voix des solistes y sont pures, linéaires et sans artifices, mais non sans émotion. Ce début de «Tempi agitati» sera caractéristique de la pièce; les chanteurs se déplacent dans la salle, alternent, voire juxtaposent les esthétiques, les tempi et les caractères, puis finissent comme ils ont commencé: dans le noir, en dehors de la scène et non visibles par le public.

Chaque effet musical a une signification

Dans «Ante Litteram», Oscar Bianchi s’inspire d’«Infinite Jest» de David Foster Wallace et de l’«Antéchrist» de Nietzsche, où il retrouve «la même empathie et la même lucidité́ dans l’exploration de ce qui empêche l’homme de parvenir à une profonde connaissance/conscience de lui-même». Cette pièce est donc parcourue de trois thèmes: le mal, la morale et le salut, où chaque effet musical a une signification.

Après un début parlé en homorythmie, les voix se décalent peu à peu, ont des rythmes et des modes de chant différents, à l’image d’une pensée claire et cohérente qui se perd dans les méandres de la réflexion. Les dissonances entre les soprani, par exemple, évoquent la douleur, et les imitations de rires tendent à verser dans l’absurdité de la pensée, tandis que les variations de tempi sont un parallèles aux variations de notre propre agitation interne.

Diabelli, dans l’œuvre de Michael Pelzel ne fait ni référence au compositeur Anton Diabelli, ni aux «Variations Diabelli» de Beethoven. «Etüdenbuch zu Diabelli» pour six voix a cappella s’appuie sur le récit d’Hermann Burger dans lequel un magicien souhaite mettre un terme à sa vie d’artiste. Les études, qui peuvent être chantées dans un ordre aléatoire, jouent sur des rythmes provoqués par les synchronisations et désynchronisions des voix. Par ailleurs, les tempi sont parfois superposés, avec les voix de femmes et les voix d’hommes qui battent des pulsations différentes, créant ainsi une opposition des différentes voix.

Neue Vocalsolisten Stuttgart à la hauteur des attentes

Pour achever la soirée, la création de «Präludien Buch 1-4» de Mischa Käser fut riche en éléments musicaux: superpositions des effets – voix parlée, cellule lyrique, cellule rythmique – qui rendent les voix indépendantes les unes par rapport aux autres, théâtralisation, avec des soupirs, des respirations et des effets de surprise parfaitement synchronisés. Le compositeur souhaitait que «des techniques de chant exotiques cohabitent avec des sons connus et de ce fait étranges». La surprise et l’originalité sont des traits caractéristiques qui ressortent de l’œuvre, ainsi que la dichotomie entre forme occidentale du prélude et «techniques exotiques» utilisées.

Les Neue Vocalsolisten Stuttgart se sont montrés à la hauteur des attentes et ont interprété un répertoire virtuose avec une apparente facilité déconcertante. Il ne fait aucun doute de leur polyvalence dans leur maîtrise des œuvres, des effets, et même des esthétiques. De leur performance transpire une entente et une osmose parfaites entre chaque membre, qui leur permettent d’appréhender ces œuvres virtuoses en tous points et de les transcender dans leur interprétation.

www.archipel.org

Articles en relation
Festival Archipel: Profession et vocation | avec vidéoProfession et vocation | avec vidéo Comment fonder et administrer un ensemble de musique contemporaine? Où puis-je obtenir un soutien financier pour mes projets musicaux? Quelle est l’utilité de SUISA et de Swissperform? Comment puis-je faire connaître mes œuvres via Internet? Quelques impressions de la première édition de la «Journée d’orientation professionnelle» au Festival Archipel 2017. Continuer
Jazz in Bess: 20 000 francs et un projet de composition imaginaire20 000 francs et un projet de composition imaginaire Il n’est pas simple de discuter du travail de création. L’association Jazzy Jams et SUISA ont eu une idée originale, qui s’est concrétisée lors du festival Jazz in Bess à Lugano. La compositrice tessinoise Maria Bonzanigo et les compositeurs Pietro Viviani et Damiano Merzari ont développé un projet de composition imaginaire en public et en direct. Le résultat s’est avéré captivant et a permis d’emmener le public dans un voyage dans le monde de la pensée des auteurs. Continuer
Familiarisez-vous avec le nouveau tarif commun KFamiliarisez-vous avec le nouveau tarif commun K Le nouveau tarif commun K est valable pour tous les événements organisés depuis le 1er janvier 2017. Un tour d’horizon du nouveau tarif en vigueur applicable aux concerts et quelques réponses aux nombreuses questions qui se posent après les premiers mois d’application des nouvelles règles. Continuer
Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Dans le domaine de la musique contemporaine, les compositeurs suisses ne sont pas en retrait. C’est ce que nous a démontré le Festival Archipel le mercredi 21 mars 2018, lors d’un concert dans lequel quatre compositeurs helvétiques étaient mis à l’honneur. Texte de Sébastien Cayet, contributeur invité

Créations suisses au Festival Archipel

La compositrice suisse, Katharina Rosenberger, native de Zurich et travaillant aux Etats-Unis avec le directeur du festival Marc Texier, lors de la conférence donnée en préambule à la «soirée de musique suisse», le 21 mars 2018 dans le cadre du Festival Archipel à Genève (Photo: Manu Leuenberger)

Soutenu par la SUISA, coopérative des auteurs et éditeurs de musique, Archipel nous a proposé une soirée en deux parties. Dans un entretien avant-concert, Marc Texier, directeur général du festival a reçu les compositeurs Katharina Rosenberger et Michael Pelzel,...Continuer

Julien-François Zbinden: 100 ans!

Julien-François Zbinden est pianiste, compositeur, écrivain et … centenaire. Ce membre d’honneur de SUISA a fêté son 100e anniversaire le 11 novembre 2017. A l’occasion de cet anniversaire, Jean-Pierre Mathez, rédacteur invité, présente un résumé de la vie et de l’œuvre du jubilaire jusqu’ici.

Julien-François Zbinden: 100 ans!

Julien-François Zbinden, ancien Président et aujourd’hui membre d’honneur de SUISA, peut fêter ses 100 ans le 11 novembre 2017. (Photo: Yvan Ischer)

Ford Model T de 1913. (Photo: Ryan Fletcher / Shutterstock.com)

Né le 11 novembre 1917, neuf ans après le lancement de la Ford T en 1908, Julien-François Zbinden sera le témoin privilégié et attentif de l’extraordinaire évolution technologique, artistique, morale et spirituelle qui bouleverse la vie des humains sur cette terre.

Mais c’est avec son piano bien-aimé, que commence son aventure musicale, je le cite:

«Aujourd’hui encore, il partage ma ferveur pour la musique de jazz et notre belle complicité est sauvegardée dans l’album ‹The Last Call…?› enregistré en ma 93e année. Ce quelqu’un est mon instrument, un piano à queue plus que centenaire: Blüthner No. 89293 Modèle 190, construit en 1910 à Leipzig, auquel je dédie cet opus 111 (intitulé ‹Blüthner-Variationen›, publié aux Editions Bim PNO67, remarque de l’auteur) et qui met fin à la série de mes œuvres destinées au piano.»

Autoportrait, gravure sur linoléum, 1937.

Julien-François Zbinden commence par gagner sa vie comme pianiste de bar, s’initiant avec passion au jazz, puis à la composition.

A 30 ans débute sa carrière au département musical de la Radio Suisse Romande qu’il marquera de son empreinte administrative et de son ouverture d’esprit jusqu’à sa retraite en 1982. Des années glorieuses avec l’Orchestre de Chambre de Lausanne, avec la Fanfare Perce-Oreille, avec des chœurs classiques et populaires de la Romandie, des vedettes de la chanson française, des orchestres de jazz; il participe et anime des débats en ligne avec une bravoure respectueuse de l’opinion d’autrui. D’innombrables célébrités du monde de la musique sont invités à Lausanne où les archives regorgent d’interviews et d’enregistrements «en direct» d’artistes célèbres. Il a su ouvrir les portes de la RSR à tous les genres musicaux de qualité, irriguant ainsi une culture musicale plurielle en Romandie et en francophonie.

Vers la mi-cinquantaine, il passe un brevet d’aviateur et s’enivre des émotions que lui procurent ses arabesques et la vision rapetissée de la vie terre à terre.

Julien-François Zbinden devant un Piper L4, initiation atterrissage (Glacier des Diablerets, 11.12.1975). (Photo: DR)

Julien-François Zbinden au piano, janvier 2017. (Photo: DR)

Julien-François Zbinden, arrivé à l’âge de la retraite, quitte la RSR, et se consacre corps et âme à la composition (sa production atteindra plus d’une centaine d’œuvres), à ses amitiés, aux voyages, et à l’écriture (une impressionnante biographie et deux livres plus récents), sans oublier l’enregistrement au piano de deux disques de jazz récents (TCB Montreux) …

Il a été président de l’Association des Musiciens suisses (1973–1979) et, de 1987 à 1991 de SUISA.

Julien-François Zbinden est aussi une mémoire vivante précieuse, un puits de science, un homme de lettres qui a analysé, étudié son temps avec une grande perspicacité. Ses œuvres musicales ont été jouées dans le monde entier et publiées chez les grands éditeurs européens (depuis 1988 toutes ses nouvelles œuvres sont publiées en Suisse aux Editions Bim).

Espérons que le monde musical de Suisse et de Romandie n’oublie pas cet artiste exceptionnel et continue à transmettre ses œuvres aux futures générations de musiciens et mélomanes de notre pays.

Pour en savoir (beaucoup) plus sur Julien-François Zbinden: www.jfzbinden.ch

Articles en relation
Apporter harmonie et rythme à la mélodie Apporter harmonie et rythme à la mélodie La FONDATION SUISA décerne le Prix du Jazz 2016 à Heiri Känzig. Moins connu pour ses talents de compositeur, ce musicien zurichois figure parmi les très grands contrebassistes d’Europe. Heiri Känzig est vraisemblablement plus connu sur la scène internationale du jazz qu’il ne l’est du grand public suisse. Il faut dire que ce contrebassiste n’a jamais cherché à attirer les foules, mais a toujours séduit par une musicalité épurée. Continuer
Toni Vescoli: une année anniversaire trépidanteToni Vescoli: une année anniversaire trépidante Il y a 75 ans, Toni Vescoli venait au monde, un 18 juillet. Vingt ans plus tard, le 19 septembre, le musicien zurichois fondait le légendaire groupe de beat-music Les Sauterelles, qui fête son anniversaire avec une tournée qui débutera lors de la «Beatleweek» à Liverpool. Parallèlement, Toni Vescoli se produit toujours sur scène avec ses projets musicaux en dialecte suisse-allemand «MacheWasiWill», «imDUO» et «Toni VESCOLI&Co». Continuer
Profession et vocation | avec vidéoProfession et vocation | avec vidéo Comment fonder et administrer un ensemble de musique contemporaine? Où puis-je obtenir un soutien financier pour mes projets musicaux? Quelle est l’utilité de SUISA et de Swissperform? Comment puis-je faire connaître mes œuvres via Internet? Quelques impressions de la première édition de la «Journée d’orientation professionnelle» au Festival Archipel 2017. Continuer
Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Julien-François Zbinden est pianiste, compositeur, écrivain et … centenaire. Ce membre d’honneur de SUISA a fêté son 100e anniversaire le 11 novembre 2017. A l’occasion de cet anniversaire, Jean-Pierre Mathez, rédacteur invité, présente un résumé de la vie et de l’œuvre du jubilaire jusqu’ici.

Julien-François Zbinden: 100 ans!

Julien-François Zbinden, ancien Président et aujourd’hui membre d’honneur de SUISA, peut fêter ses 100 ans le 11 novembre 2017. (Photo: Yvan Ischer)

Ford Model T de 1913. (Photo: Ryan Fletcher / Shutterstock.com)

Né le 11 novembre 1917, neuf ans après le lancement de la Ford T en 1908, Julien-François Zbinden sera le témoin privilégié et attentif de l’extraordinaire évolution technologique, artistique, morale et spirituelle qui bouleverse la vie des humains sur cette terre.

Mais c’est avec son piano bien-aimé, que commence son aventure musicale, je le cite:

«Aujourd’hui encore, il partage ma ferveur pour...Continuer

Composition dans le temps et l’espace

Le samedi 23 septembre 2017, dans le cadre de Zeiträume Basel, la biennale bâloise alliant musique contemporaine et architecture, une compositrice et trois compositeurs participeront à un débat public concernant la création de leurs œuvres. Texte d’Erika Weibel

Composition dans le temps et l’espace

Le 23 septembre 2017 à 15h00, un débat entre compositeurs intitulé «Zeiträume schaffen» aura lieu lors de la biennale bâloise pour la musique contemporaine et l’architecture. (Photo: Anna Katharina Scheidegger)

Du 16 au 24 septembre 2017, Bâle sera le théâtre d’une expérience musicale fascinante: la musique contemporaine égrainera ses notes dans les recoins et les ruelles les plus insolites de la ville. Petits et grands sont invités à se lancer dans de passionnantes aventures musicales. On pourra par exemple assister à un «Wasserspiel» (jeu aquatique, compositions et improvisations pour diverses formations instrumentales) à la piscine Spiegelfeld de Binningen ou à un concert de cor des Alpes sur la place de la cathédrale (Münsterplatz) de Bâle. Les musées, les tours et même les cimetières ouvriront leurs portes à la musique contemporaine et donneront au public l’opportunité d’appréhender l’espace et le temps de manière totalement nouvelle.

Le festival Zeiträume est tout à fait unique; les compositrices et compositeurs ont en effet pour mission de créer des œuvres spécifiquement pour les lieux dans lesquels elles sont présentées lors du festival. L’auditeur attentif peut donc non seulement apprécier différentes créations mais aussi ressentir comment le lieu a influencé et inspiré le travail de la compositrice ou du compositeur.

Débat entre compositrices et compositeurs

Une compositrice et trois compositeurs, dont les œuvres seront présentées pour la première fois lors de la biennale cette année, se livreront lors du débat public «Zeiträume schaffen» du 23 septembre 2017. Dans quelle mesure l’espace a-t-il inspiré la composition de leur œuvre? Comment une œuvre prend-elle naissance et pour qui est-elle écrite? La compositrice et les compositeurs raconteront leur travail et expliqueront les œuvres inédites créées pour le festival.

Entrée gratuite – réservation obligatoire

Profitez de cette occasion pour écouter les échanges de points de vue entre compositeurs et leur poser toutes vos questions. Vous êtes également cordialement invité-es à l’apéritif qui suivra, au cours duquel vous pourrez continuer à approfondir le thème de la composition dans le temps et l’espace.

Werkraum Warteck PP / Restaurant Don Camillo, Burgweg 7, 4058 Bâle
23 septembre, 15h00
Participants au débat: Beat Gysin, Junghae Lee, Mario Pagliarani, Balthasar Streiff
Animation: Bernhard Günther

Vous trouverez de plus amples informations et le programme du festival sur: www.zeitraeumebasel.com

Ce débat est soutenu par SUISA.

Articles en relation
Profession et vocation | avec vidéoProfession et vocation | avec vidéo Comment fonder et administrer un ensemble de musique contemporaine? Où puis-je obtenir un soutien financier pour mes projets musicaux? Quelle est l’utilité de SUISA et de Swissperform? Comment puis-je faire connaître mes œuvres via Internet? Quelques impressions de la première édition de la «Journée d’orientation professionnelle» au Festival Archipel 2017. Continuer
Les membres de SUISA s’engagent pour un service public fortLes membres de SUISA s’engagent pour un service public fort Près de 1400 compositeurs, paroliers et éditeurs de musique en Suisse s’engagent pour le service public. Dans une résolution, ils attirent l’attention des parlementaires suisses sur l’importance des chaînes télévisées et stations de radio financées par la redevance. La résolution a été lancée lors de l’Assemblée générale de SUISA en juin 2017. Continuer
Marcel Oetiker: «Les voyages m’inspirent» | avec vidéoMarcel Oetiker: «Les voyages m’inspirent» | avec vidéo A la gare de Hardbrücke à Zurich, les trains grondent et crissent sans retenue, dans les courbes, au moment du départ, et au freinage. Mais si Marcel Oetiker a choisi ce lieu de rendez-vous, ce n’est pas pour ces bruits qui parfois stimulent la créativité des artistes. Continuer
Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Le samedi 23 septembre 2017, dans le cadre de Zeiträume Basel, la biennale bâloise alliant musique contemporaine et architecture, une compositrice et trois compositeurs participeront à un débat public concernant la création de leurs œuvres. Texte d’Erika Weibel

Composition dans le temps et l’espace

Le 23 septembre 2017 à 15h00, un débat entre compositeurs intitulé «Zeiträume schaffen» aura lieu lors de la biennale bâloise pour la musique contemporaine et l’architecture. (Photo: Anna Katharina Scheidegger)

Du 16 au 24 septembre 2017, Bâle sera le théâtre d’une expérience musicale fascinante: la musique contemporaine égrainera ses notes dans les recoins et les ruelles les plus insolites de la ville. Petits et grands sont invités à se lancer dans de passionnantes aventures musicales. On pourra par exemple assister à un «Wasserspiel» (jeu aquatique, compositions et improvisations pour diverses formations instrumentales) à la piscine...Continuer

Marcel Oetiker: «Les voyages m’inspirent» | avec vidéo

A la gare de Hardbrücke à Zurich, les trains grondent et crissent sans retenue, dans les courbes, au moment du départ, et au freinage. Mais si Marcel Oetiker a choisi ce lieu de rendez-vous, ce n’est pas pour ces bruits qui parfois stimulent la créativité des artistes. Texte de Markus Ganz, contributeur invité; vidéo de Manu Leuenberger

Né en 1979, Marcel Oetiker est un virtuose de l’accordéon schwyzois. «Pour mes déplacements professionnels, j’emprunte dans la plupart des cas les transports publics, en passant souvent par Zurich», explique le compositeur originaire du village d’Altendorf (SZ). «Et ces voyages peuvent être très inspirants. Dans la mesure du possible, je prends alors note de mes idées sur mon laptop ou sur papier».

Marcel Oetiker, qui s’inscrit dans le mouvement de la musique populaire suisse dite «nouvelle», ne pense pas que des éléments extérieurs comme les bruits d’une gare aient influencé ce genre de musique. Pour lui, le plus important est d’étudier la musique et d’appliquer ensuite cet apprentissage au travail de composition. ‒ «Cela peut également ouvrir de nouvelles perspectives pour ce genre de musique».

De la musique folklorique à l’étude du jazz

Marcel Oetiker constitue un bon exemple de ce processus. Autodidacte, il s’est très tôt intéressé à la musique traditionnelle et s’est rapidement fait connaître dans ce milieu. Puis rapidement, il est arrivé à un stade où l’intérêt pour la musique l’emporte sur la seule dimension de divertissement.

«Obtenir à partir d’un statu quo une expressivité maximale qui résiste aussi longtemps que possible aux nombreuses répétitions – telle est la dimension qui m’a toujours fasciné dans la musique folklorique.» Cette approche est d’ailleurs perceptible dans son travail actuel.

Ces études de jazz à la Haute école des arts de Berne -qu’il termine avec un master en composition et théorie musicale- lui ouvrent de nouvelles possibilités musicales. «Le jazz offre une harmonie beaucoup plus nuancée et en particulier un modèle théorique permettant de contrôler et de reproduire les différents effets harmoniques.» Une certaine proximité avec la musique «nouvelle» est parfois même perceptible dans son travail; il souhaite en effet pouvoir accéder à toute la palette des possibilités de composition.

De la notation à la partition acoustique

Marcel-Oetiker-Video_VorschauCette évolution a également modifié la manière de composer de Marcel Oetiker. Aujourd’hui, il utilise rarement un motif «classique» comme point de départ, car il ne souhaite pas se limiter à ce style spécifique de composition. Il tend de plus en plus à se détacher du système traditionnel de notation et essaie davantage de «rester entièrement au niveau acoustique». Aux musiciens exécutant sa musique, il livre par exemple une partition acoustique indicative qu’il crée aux moyens d’instruments ou même de bruits.

Marcel Oetiker conçoit également des œuvres pour plusieurs musiciens. «La démarche ne ressemble pas au travail typique d’un groupe, où l’on s’attache collectivement à créer un morceau. Mes compositions naissent de circonstances spécifiques et ne sont pas toujours entièrement notées, mais par exemple constituées d’instructions indicatives.» Néanmoins, Marcel Oetiker précise que les morceaux sont le plus souvent développés de manière détaillée, en laissant assez peu de liberté aux exécutants.

La musique d’abord, l’argent ensuite

Marcel Oetiker est musicien professionnel. A côté de son activité de composition, il dirige différents ensembles et enseigne dans plusieurs établissements. «Si je souhaitais m’enrichir rapidement, je ne devrais pas évoluer dans les domaines musicaux plutôt marginaux que j’ai choisis. Je n’ai jamais voulu vivre de la musique, mais pour la musique.»

Dans ces conditions, il apprécie énormément de pouvoir laisser à SUISA le soin de se charger de la gestion de ses droits d’auteur. «SUISA s’occupe de nombreuses tâches administratives à ma place. C’est ce dont j’ai besoin pour pouvoir me concentrer encore davantage sur la musique». Il est particulièrement impressionné par l’offre de conseils de SUISA. «J’ai toujours reçu une réponse utile après avoir adressé une question à SUISA. Et je n’ai jamais reçu de facture pour de tels services. Est-ce que cela existe ailleurs?»

www.marceloetiker.com

Wo-neue-Musik-entsteht_Cover«Dès les premières notes»

La valeur des idées des créateurs de musique est au coeur du travail de SUISA. Pour la brochure «Dès les premières notes», cinq personnalités et groupes de différents genres musicaux et régions linguistiques de Suisse ont donné un aperçu de leur processus de création et de leur activité musicale. Outre Marcel Oetiker, Camilla Sparksss, Oliver Waespi, Eriah et Carrousel sont présentés sur SUISAblog.ch et dans une brochure (PDF, 8.17 Mo) réalisée pour la première fois cette année.

Articles en relation
Activité musicale internationale et communication à SUISAActivité musicale internationale et communication à SUISA Comment obtenir les redevances de droits d’auteur pour mes concerts à l’étranger? De quoi dois-je tenir compte lors de la déclaration d’œuvre si le co-auteur d’un morceau est membre d’une société-sœur étrangère? Vous trouvez ci-après des réponses aux questions importantes souvent posées en lien avec l’activité musicale internationale. Continuer
«Ce Prix de la FONDATION SUISA 2015 nous ‹booste› pour la suite!»«Ce Prix de la FONDATION SUISA 2015 nous ‹booste› pour la suite!» Le duo Aliose est lauréat du Prix de la FONDATION SUISA pour ses prestations extraordinaires dans le domaine de la musique de variétés. Depuis la sortie de son premier album en 2009, Aliose a donné plus de 250 concerts, dont un tiers hors de Suisse. Alizé Oswald et Xavier Michel se sont rencontrés il y a plus de 10 ans lors d’un atelier pour auteurs, compositeurs et interprètes. La lauréate et le lauréat ont répondu par écrit à nos questions sur la musique, la composition, le Prix et leur prochain album. Continuer
4 conseils, pour que tu touches une rémunération pour ta musique4 conseils, pour que tu touches une rémunération pour ta musique Tes propres chansons seront-elles aussi exécutées en live lors de concerts? Lorsque ta musique est jouée en concert, tu peux obtenir une contrepartie! Le cachet touché pour un concert est une sorte de salaire pour le fait de jouer en live. Pour la composition des morceaux, tu as également droit à une rémunération: ce sont des redevances. SUISA peut s’occuper pour toi de l’encaissement de ces redevances. Continuer
Réduire article
  1. Julien Gilliand dit :

    Finde das Gespräch interessant und spannend, leider finde ich die Bilder nicht optimal, wie z.B. Bildausschnitte, Kameraführung und Farben sind zu wenig ausgearbeitet und ausgesucht… Zum Teil auch sehr sehr wackelige Bilder, dass mehr Verwirrung stiftet als was anderes…
    Bei der Mikrophonierung hätte ich Anstecker gewählt, die weniger Nebengeräusche aufnehmen. Wenn keine Vorhanden waren, dann hätte ich die Richt-Mikrophone nicht auf die Gleise gerichtet, da sobald ein Zug kommt, man ihn kaum mehr versteht, Zudem finde ich, gehören sie nicht ins Bild (es ist ja keine PK…) Vielleicht hätte es ein geeigneter Interview-Platz auch nicht schlecht getan…

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

A la gare de Hardbrücke à Zurich, les trains grondent et crissent sans retenue, dans les courbes, au moment du départ, et au freinage. Mais si Marcel Oetiker a choisi ce lieu de rendez-vous, ce n’est pas pour ces bruits qui parfois stimulent la créativité des artistes. Texte de Markus Ganz, contributeur invité; vidéo de Manu Leuenberger

Né en 1979, Marcel Oetiker est un virtuose de l’accordéon schwyzois. «Pour mes déplacements professionnels, j’emprunte dans la plupart des cas les transports publics, en passant souvent par Zurich», explique le compositeur originaire du village d’Altendorf (SZ). «Et ces voyages peuvent être très inspirants. Dans la mesure du possible, je prends alors note de mes idées sur mon laptop ou sur papier».

Marcel Oetiker, qui s’inscrit dans le mouvement de la musique populaire suisse dite «nouvelle»,...Continuer

Hommage à Erwin Ernst Kunz

Musicien, chef d’orchestre, compositeur, arrangeur, théoricien de la musique – Erwin Ernst Kunz, souvent appelé simplement Ernst Kunz, faisait preuve de multiples talents et a marqué différents domaines de la création musicale suisse. Membre SUISA depuis de nombreuses années, cet artiste est décédé le 11 juillet 2014 à l’âge de 97 ans.

Erwin-Ernst-Kunz

Erwin Ernst Kunz à la contrebasse lors d’un enregistrement en octobre 1988. (Photo: Rolf W. Kunz)

Erwin Ernst Kunz, né le 24 mars 1917, a grandi avec ses frères Jakob et Willy à Uster (ZH), qui était alors encore à la campagne. À l’âge de 10 ans, il reçut en cadeau de sa maman son premier instrument: un vieil accordéon défectueux. Un professeur de musique d’Uster lui prêta un instrument de meilleure qualité et donna des cours au jeune garçon. Les moyens financiers de la famille Kunz étaient modestes et les conditions d’existence laissaient peu de place aux activités musicales. Un tuteur large d’esprit permit au jeune Erwin de s’inscrire à l’examen d’admission au Conservatoire de Zurich. Il passa cet examen avec succès à l’âge de 17 ans.

Musicien professionnel en un temps record

Ayant la chance d’avoir l’oreille absolue, Ernst Kunz acquit en un temps record le bagage nécessaire pour pouvoir rejoindre un orchestre symphonique. A l’âge de 20 ans, il fut admis dans l’Orchestre de la Tonhalle, auquel il resta fidèle de 1937 à sa retraite en 1982. Il y joua du tuba et de la contrebasse. Jeune musicien, il étudia avec un grand intérêt les techniques de composition des grands maîtres tels que Wagner, Brahms ou Bruckner et poursuivit sa formation dans le domaine de la théorie musicale. Différents orchestres symphoniques internationaux de Vienne, Milan, Berlin, Pékin ou Buenos Aires firent appel aux services d’Ernst Kunz pour des engagements temporaires. Ses collègues musiciens l’appelaient souvent simplement «Tuba-Kunz».

L’activité musicale d’Ernst Kunz ne se limita pas à son travail de musicien d’orchestre; artiste polyvalent, il apporta sa contribution à de nombreux projets dans les domaines les plus variés. Il dirigea différents groupes de musiciens professionnels et amateurs de même que des chœurs et a travaillé comme répétiteur pour des chanteuses et chanteurs d’opéra. Il fut également actif en tant que producteur musical en studio. Il fut ainsi entre autre responsable de production d’une série de CD présentant des chansons et des marches suisses, réalisée à l’occasion du 700e anniversaire de la Confédération («Kantons-Märsche aus der ganzen Schweiz») Vol. 1 + Vol. 2, «Schweizer-Lieder aus allen Kantonen» Vol. 1 + Vol. 2, parus chez K-Tel, 1991).

Engagé à de nombreux niveaux: musique folklorique, chœur d’enfants, chorale de détenus, etc.

Durant de nombreuses années, Ernst Kunz fut organiste et directeur de chœur au pénitencier de Regensdorf. Sous sa direction, le chœur enregistra au début des années 70, avec la fanfare de l’Armée du salut et quelques solistes, une collection de chants de Noël qui eut un grand succès: «Der Gefangenenchor der Strafanstalt Regensdorf singt Weihnachstslieder» (Editions Ex-Libris).

Il se produisit régulièrement par plaisir avec des groupes de musique folklorique, et joua ainsi du tuba ou de la contrebasse avec notamment la Ländlerkapelle Edi Bär, la Freudenberger Dorfmusik d’Otto Würsch ou la Seldwyler Dorfmusik de Jakob Farner. Après sa retraite de l’Orchestre de la Tonhalle, il enseigna le tuba au Conservatoire de Lucerne.

A une certaine période de sa vie, Ernst Kunz fut actif en tant que compositeur, arrangeur et parolier. Il adhéra à SUISA en 1964. Il composa des marches, des pièces pour orchestre et pour chœur ainsi que des «singspiele». Il écrivit également de nombreuses orchestrations et un grand nombre d’arrangements. Il appréciait beaucoup d’écrire des chansons pour enfants: les nombreuses chansons qu’il avait créées et mises en musique ont été réunies dans un ouvrage: «Kinderlieder: wenn die Kinder singen, lacht der Himmel froh, alle Engel singen laut ein Jubilo» (paru en 2000).

Avec «Heavenly Club» et Les Sauterelles, il fait partie de l’histoire de la musique pop suisse

Cet artiste doué de nombreux talents a également marqué de sa patte l’histoire de la musique pop en Suisse. Pour l’album «View To Heaven» du groupe Les Sauterelles, il a créé les arrangements de cordes et a dirigé un orchestre à cordes de 16 musiciens lors de l’enregistrement au Studio Bauer de Ludwigsburg. Parmi les morceaux orchestrés par Ernst Kunz, il y a le single «Heavenly Club», qui fut no1 du hit parade suisse en 1968. Cette chanson est tout simplement la première production suisse à s’être hissée à la tête du hit parade officiel suisse. Grâce à ce morceau et à l’album, Les Sauterelles réussirent à percer au plan international.

Une vie bien remplie et placée sous le signe de la musique a pris fin au bel âge de 97 ans: Ernst Kunz est décédé le 11 juillet 2014.

Nous remercions Rolf W. Kunz, neveu du défunt, pour les nombreuses indications biographiques sur la vie et l’œuvre d’Erwin Ernst Kunz.

Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Musicien, chef d’orchestre, compositeur, arrangeur, théoricien de la musique – Erwin Ernst Kunz, souvent appelé simplement Ernst Kunz, faisait preuve de multiples talents et a marqué différents domaines de la création musicale suisse. Membre SUISA depuis de nombreuses années, cet artiste est décédé le 11 juillet 2014 à l’âge de 97 ans.

Erwin-Ernst-Kunz

Erwin Ernst Kunz à la contrebasse lors d’un enregistrement en octobre 1988. (Photo: Rolf W. Kunz)

Erwin Ernst Kunz, né le 24 mars 1917, a grandi avec ses frères Jakob et Willy à Uster (ZH), qui était alors encore à la campagne. À l’âge de 10 ans, il reçut en cadeau de sa maman son premier instrument: un vieil accordéon défectueux. Un professeur de musique d’Uster lui prêta un instrument de meilleure qualité et donna des cours au jeune garçon. Les...Continuer