Archive de tag: Auteur-compositeur

«Pour moi, les chansons doivent avoir une profondeur lyrique»

Lors des Swiss Music Awards, le 25 mai 2022, le public votera pour le «Best Hit» qui récompensera la meilleure composition. Les nominés pour cette catégorie, présentée par SUISA, sont Zian, Joya Marleen et Lo & Leduc. Nous avons demandé à Zian et Henrik Amschler quel rôle jouent les paroles dans la chanson intitulée «Show You». Interview de Markus Ganz, contributeur invité

Zian et Henrik Amschler: «Pour moi, les chansons doivent avoir une profondeur lyrique»

Zian (à gauche) et Henrik Amschler. (Photos: Jen Ries; Nina Müller)

À votre avis, quelle est l’importance des paroles dans une chanson?

Zian: Pour moi, c’est évident: les paroles sont essentielles pour définir la durée d’une chanson. Toutes les chansons qui sont écoutées et réécoutées pendant des décennies ont aussi une profondeur lyrique. C’est pourquoi les paroles sont extrêmement importantes. À court terme, la musique est tout aussi importante, ce qui explique la répartition des droits d’auteur auprès de SUISA. Mais à plus long terme, les paroles prennent le dessus en raison de la profondeur qu’elles impliquent.

La musique ou le son est-il donc plus éphémère que de belles paroles?

Zian: Je pense que le son met surtout en valeur les paroles. La personne qui écoute doit se retrouver dans un son qui accompagne les paroles. Les paroles seules peuvent certes être comprises comme de la poésie, si elles sont de bonne qualité. Mais nous avons pour objectif de raconter en trois minutes une histoire qui s’est peut-être déroulée sur plusieurs années.
Henrik Amschler: Je pense que l’évanescence a du bon. Les paroles en soi ne sont pas aussi éphémères que la musique, qui suit toujours les tendances. Mais cela dépend beaucoup des artistes et du genre de leur musique: pour la dance music par exemple, les paroles n’ont pas besoin d’être profondes. Elles doivent inciter à danser. En revanche, pour des artistes comme Zian, le message de la chanson est primordial et traverse donc le temps.

Avec des paroles en anglais, vous élargissez le cercle des auditeurs potentiels. Mais lors de l’écriture, les paroles écrites en dialecte ne seraient-elles pas plus intuitives?

Henrik Amschler: Il ne faut pas oublier que le marché suisse de la musique et les gens en Suisse de manière générale sont fortement influencés par l’international, et surtout par le monde anglophone. Cela signifie que pour certains styles, les paroles en anglais permettent de se lancer à un autre niveau que les paroles en dialecte. De nombreux artistes suisses ont également démontré qu’il faut d’abord avoir du succès à l’étranger pour être remarqué et pris au sérieux en Suisse.

Avez-vous une méthode typique pour écrire les paroles de vos chansons?

Henrik Amschler: C’est vrai que nous avons une sorte de routine. Souvent, Zian me présente une idée et me demande mon avis. Si je suis séduit, je dis «Let’s go», sinon nous continuons à discuter. Mais dans le processus, je suis alors plutôt responsable des aspects musicaux. Zian est toujours au premier plan, car les paroles doivent venir de lui, de sa personnalité.
Zian: Oui, car il doit être sincère.

L’authenticité des chansons de Zian doit donc transparaître pendant l’écoute: doit-on sentir qu’il chante quelque chose qui lui tient à cœur?

Henrik Amschler: On doit toujours reconnaître que l’intention lyrique vient de lui. C’est pourquoi il est plus impliqué que moi pour les paroles. J’ai plus une fonction de soutien. La chanson «Show You» est d’ailleurs née d’une histoire personnelle de Zian, comme toutes nos chansons d’ailleurs.

Quel est généralement l’élément déclencheur qui mène à l’écriture d’une chanson?

Zian et Henrik Amschler: Tout et n’importe quoi.
Zian: Souvent, c’est une situation quelconque, et on sent alors soudainement qu’il y a quelque chose et qu’on peut continuer à travailler.
Henrik Amschler: Chez Zian, on remarque aussi dans l’écriture des paroles qu’il est un vrai musicien; il est en effet multi-instrumentiste.
Zian: Pour moi, c’est avant tout une question de feeling, avec beaucoup d’intuition.
Henrik Amschler: Souvent, ce qui importe, c’est ce dont on a envie, ce qui nous vient à l’esprit, ce qui doit être résumé dans des paroles, et ensuite on fait la musique qui va avec.
Zian: Souvent, un mot se cristallise et nous sentons dans quel monde se trouve cette chanson: il peut être triste et évoluer ensuite vers un côté «happy».

Créez-vous la musique et les paroles en parallèle?

Zian: Oui, jusqu’à un certain point où il vaut mieux définir le texte, parce que nous avons déterminé l’univers de la chanson. Jusque-là, une partie des paroles est encore de l’anglais marmonné incompréhensible.
Henrik Amschler: Oui, une fois que nous avons défini le cadre de la chanson, nous allons plus loin dans les paroles, et aussi plus loin dans la production.

Devez-vous parfois encore adapter les paroles à un stade avancé de la production?

Zian: Presque pas, parce qu’à un moment donné, les paroles sont définies. Viser la perfection, c’est bien, mais on ne peut pas l’atteindre. Il faut surtout que l’émotion soit la bonne, et bien sûr qu’elle corresponde à la musique et à l’univers que nous avons créés avec cette chanson.
Henrik Amschler: Pour moi, c’est évident: je donne toujours la priorité à Zian, avec sa voix unique et ses paroles profondes.
Zian: Mais il faut aussi comprendre que nous évoluons dans le domaine de la pop, les paroles ne doivent pas être trop complexes et abstraites. Le public doit pouvoir les comprendre. Plus il y a de mots, moins les gens ont de marge d’interprétation en les écoutant.

«Show You»
Composition et paroles: Tizian Hugenschmidt, Henrik Amschler.

www.zianmusic.com
www.henrik-hsa-amschler.ch

Swiss Music Awards: SUISA rend honneur aux auteurs-compositeurs du «Best Hit»
Dans la catégorie «Best Hit», les meilleures chansons du hit-parade suisse de l’année précédente sont nominées aux Swiss Music Awards et la chanson lauréate est plébiscitée par le public au cours du show télévisé. Pour la première fois cette année, SUISA est le «Presenting Partner» de la catégorie «Best Hit», et met l’accent sur le travail des compositeurs/-trices et des paroliers/-ères de la chanson lauréate. En 2022, les chansons nominées dans la catégorie «Best Hit» sont «Show You», «Tribut» et «Nightmare». (Texte: Giorgio Tebaldi)
www.swissmusicawards.ch
Articles en relation
Lo et Leduc: «La musique place le texte dans un contexte»«La musique place le texte dans un contexte» Lors des Swiss Music Awards, le 25 mai 2022, le public votera pour le «Best Hit» qui récompensera la meilleure composition. Lo & Leduc, Zian et Joya Marleen sont nominés pour cette distinction présentée par SUISA. Nous avons demandé à Lo & Leduc quel rôle jouait le texte dans leur chanson «Tribut». Continuer
Joya Marleen et Thomas Fessler: «Si tout était parfaitement compréhensible, le texte serait ennuyeux»«Si tout était parfaitement compréhensible, le texte serait ennuyeux» Lors des Swiss Music Awards, le 25 mai 2022, le public votera pour le «Best Hit» qui récompensera la meilleure composition. Joya Marleen, Lo & Leduc et Zian sont nominés pour cette distinction présentée par SUISA. Nous avons demandé à Joya Marleen et à Thomas Fessler quel rôle jouait le texte dans leur chanson «Nightmare». Continuer
Textes de chansons: «ça fonctionne donc c’est permis»Textes de chansons: «ça fonctionne donc c’est permis» Quelles sont les caractéristiques de paroles réussies ? Markus Ganz, contributeur invité, s’entretient avec le journaliste Jean-Martin Büttner. Continuer
Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Lors des Swiss Music Awards, le 25 mai 2022, le public votera pour le «Best Hit» qui récompensera la meilleure composition. Les nominés pour cette catégorie, présentée par SUISA, sont Zian, Joya Marleen et Lo & Leduc. Nous avons demandé à Zian et Henrik Amschler quel rôle jouent les paroles dans la chanson intitulée «Show You». Interview de Markus Ganz, contributeur invité

Zian et Henrik Amschler: «Pour moi, les chansons doivent avoir une profondeur lyrique»

Zian (à gauche) et Henrik Amschler. (Photos: Jen Ries; Nina Müller)

À votre avis, quelle est l’importance des paroles dans une chanson?

Zian: Pour moi, c’est évident: les paroles sont essentielles pour définir la durée d’une chanson. Toutes les chansons qui sont écoutées et réécoutées pendant des décennies ont aussi une profondeur lyrique. C’est pourquoi les paroles sont extrêmement importantes. À court terme, la musique est tout aussi importante, ce qui explique la...Continuer

«La musique place le texte dans un contexte»

Lors des Swiss Music Awards, le 25 mai 2022, le public votera pour le «Best Hit» qui récompensera la meilleure composition. Lo & Leduc, Zian et Joya Marleen sont nominés pour cette distinction présentée par SUISA. Nous avons demandé à Lo & Leduc quel rôle jouait le texte dans leur chanson «Tribut». Interview de Markus Ganz, contributeur invité

Lo et Leduc: «La musique place le texte dans un contexte»

Lo et Leduc. (Photo: Maximilian Lederer)

À votre avis, quelle est l’importance des paroles dans une chanson?

Lo: C’est une question qui divise. Dans notre cas, elles sont importantes; j’ai sûrement plus de talent pour les textes que pour le chant. De notre point de vue, il est plus exigeant de faire de la musique avec des textes en suisse allemand qu’en utilisant l’anglais, qui crée une plus grande distance vis-à-vis du contenu. Et en écrivant des textes en dialecte, on fait de la musique pour un public très restreint.
Leduc: Pour nous, les textes sont notre cœur de métier.

Avez-vous une manière de procéder bien à vous pour écrire les textes de vos chansons?

Lo: C’est très variable, tout est possible. En général, un de nous deux a une idée. Ça peut aussi être un refrain ou une mélodie. Ensuite, on travaille d’abord individuellement, ou parfois déjà ensemble. Le plus tard possible dans le processus, on termine tous les textes ensemble. Parfois, c’est juste la touche finale, mais parfois aussi, on écrit la deuxième strophe et on doit donc réécrire la première. Il n’y a pas de procédure fixe. La seule chose qui s’est imposée est que je tiens une archive de textes et Luc une archive de photos.
Leduc: C’est presque obsessionnel, la façon dont j’essaie de mettre les choses dans des catégories, parce que j’ai besoin de structure afin de pouvoir réfléchir et travailler dans les dossiers. C’est souvent passionnant parce que cela nous permet de soumettre une nouvelle idée à l’autre. Il est également important que chacun apporte sa propre perspective. Une nouvelle approche permet de rassembler des idées, mais aussi de filtrer les idées qui pourraient entrer en ligne de compte pour la chanson. Ensuite, on laisse mûrir l’idée de chanson, et on la retravaille ensemble plus tard.

La musique de la chanson «Tribut» provient de l’équipe de production Jugglerz. Comment s’est passée votre collaboration, notamment l’harmonisation du texte et de la musique?

Lo: Cette chanson est un cas à part. L’idée du texte date d’une dizaine d’années, mais elle est restée inachevée. Quand on a commencé à travailler avec les Jugglerz en 2020-2021, on a écouté beaucoup de leurs beats et ébauches de chansons et on a trouvé un riff de guitare qui nous a emballés. Il collait bien avec ce texte hyper ancien! Alors on l’a sorti des archives, on l’a réécrit et adapté à la musique.

Cette ancienne version du texte était-elle sans musique?

Lo: Non, on avait bien une musique, et on a essayé plusieurs fois d’en faire une chanson ces dix dernières années mais on s’est retrouvés à chaque fois dans une impasse.
Leduc: C’est un bel exemple qui montre que parfois, le moment n’est pas encore venu pour une chanson. «Tribut» contient le texte la plus ancien de notre album actuel, «Mercato», mais aussi le plus récent: la fin du refrain a été la dernière partie que nous avons écrite pour l’album, c’est donc un grand écart.

La collaboration avec les Jugglerz était-elle clairement définie?

Leduc: Parfois, la frontière entre musique et texte s’estompe, mais ici, nous avons clairement montré des versions antérieures et nous avons constaté que leurs ébauches correspondaient aux nôtres. Ensuite, nous avons adapté notre texte à leur nouveau rythme.

«Tribut» comporte un texte complexe sur ce que les chansons peuvent exprimer ou non. Quel était le point de départ de la version originale?

Lo: On trouve l’idée de base au début de la première strophe: le sentiment d’écrire une chanson d’amour tout en sachant qu’on ne peut pas rendre justice à l’amour. C’est une contradiction. On chante «aber Liebi isch kes Lied»; ça donne une ouverture à cette chanson qui se termine en disant que la musique est malgré tout un vecteur de l’amour, permettant d’exprimer de tels sentiments, mais pas de manière aussi directe.
Leduc: En ce qui concerne le texte, tout figurait déjà dans la première version. On a ensuite renforcé l’aspect musical, c’est-à-dire que la musique est une sorte de carte mémoire de souvenirs, même quand on n’entend pas de musique. Sur les vinyles ou les cassettes, on peut même entendre les pauses entre les chansons et les intégrer à l’ensemble.

Lors de la genèse de la chanson, comment votre texte et la musique des Jugglerz se sont-ils influencés mutuellement?

Lo: D’abord, on a modifié la tonalité de leur ébauche de beat, qui était une boucle de 30 secondes sans arrangement. Ensuite, on a adapté le texte et défini l’arrangement en studio avec Jonas Lang: la longueur des strophes, le pré-refrain, etc. Ensuite, on a dû pratiquement réécrire le texte du refrain parce qu’il ne fonctionnait plus. À la fin, on a dû adapter une nouvelle fois le texte à la musique, où l’on entend la version originale de l’ébauche du beat.
Leduc: Ça montre bien que c’est le souvenir de ce beat de départ qui a été à l’origine de la chanson.

Souvent, le texte d’une chanson n’a un impact, un sens qu’une fois mis en musique. Quelle est la contribution de la musique à l’impact du texte de «Tribut», qui est en réalité explicite?

Leduc: Elle place le texte dans un contexte. Par exemple, on le ressent bien au moment où elle se brise à la fin, passant à la tonalité mineure parallèle: on quitte ce qu’on connaissait pour passer dans une sorte de monde parallèle.
Lo: Je crois que c’est même le cas avant. L’ambiance n’est pas triste, mais la musique a une certaine nostalgie.
Leduc: Oui, j’ai l’impression que l’esthétique « trap » très constante aide à créer une sorte de contrepoint, à trouver un équilibre, pour que cela ne se transforme pas en une chanson nostalgique, ce qui se produit beaucoup trop souvent dans la pop chantée en dialecte.

«Tribut»
Composition: Jonas Lang (DJ Jopez), Joachim Piehl (Sir Jai), Martin Willumeit (DJ Meska) (équipe de producteurs connue sous le nom de Jugglerz).
Texte: Lorenz Häberli (Lo), Luc Oggier (Leduc).

www.lo-leduc.ch

Swiss Music Awards: SUISA rend honneur aux auteurs-compositeurs du «Best Hit»
Dans la catégorie «Best Hit», les meilleures chansons du hit-parade suisse de l’année précédente sont nominées aux Swiss Music Awards et la chanson lauréate est plébiscitée par le public au cours du show télévisé. Pour la première fois cette année, SUISA est le «Presenting Partner» de la catégorie «Best Hit», et met l’accent sur le travail des compositeurs/-trices et des paroliers/-ères de la chanson lauréate. En 2022, les chansons nominées dans la catégorie «Best Hit» sont «Tribut», «Show You» et «Nightmare». (Texte: Giorgio Tebaldi)
www.swissmusicawards.ch
Articles en relation
Joya Marleen et Thomas Fessler: «Si tout était parfaitement compréhensible, le texte serait ennuyeux»«Si tout était parfaitement compréhensible, le texte serait ennuyeux» Lors des Swiss Music Awards, le 25 mai 2022, le public votera pour le «Best Hit» qui récompensera la meilleure composition. Joya Marleen, Lo & Leduc et Zian sont nominés pour cette distinction présentée par SUISA. Nous avons demandé à Joya Marleen et à Thomas Fessler quel rôle jouait le texte dans leur chanson «Nightmare». Continuer
Textes de chansons: «ça fonctionne donc c’est permis»Textes de chansons: «ça fonctionne donc c’est permis» Quelles sont les caractéristiques de paroles réussies ? Markus Ganz, contributeur invité, s’entretient avec le journaliste Jean-Martin Büttner. Continuer
«079»: une histoire tragi-comique à succès«079»: une histoire tragi-comique à succès | avec vidéo Avec «079», Lo & Leduc et leur co-compositeur Maurice «Dr. Mo» Könz ont écrit l’histoire: l’an dernier, le titre est resté en tête du hit-parade suisse pendant 21 semaines, établissant ainsi un nouveau record suisse. «079» est l’une des trois chansons nominées dans la catégorie «Best Hit» aux «Swiss Music Awards» 2019. Le musicien et professeur en musicologie Hans Feigenwinter a analysé la composition de ce tube. Continuer
Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Lors des Swiss Music Awards, le 25 mai 2022, le public votera pour le «Best Hit» qui récompensera la meilleure composition. Lo & Leduc, Zian et Joya Marleen sont nominés pour cette distinction présentée par SUISA. Nous avons demandé à Lo & Leduc quel rôle jouait le texte dans leur chanson «Tribut». Interview de Markus Ganz, contributeur invité

Lo et Leduc: «La musique place le texte dans un contexte»

Lo et Leduc. (Photo: Maximilian Lederer)

À votre avis, quelle est l’importance des paroles dans une chanson?

Lo: C’est une question qui divise. Dans notre cas, elles sont importantes; j’ai sûrement plus de talent pour les textes que pour le chant. De notre point de vue, il est plus exigeant de faire de la musique avec des textes en suisse allemand qu’en utilisant l’anglais, qui crée une plus grande distance vis-à-vis du contenu. Et en écrivant des...Continuer

«Si tout était parfaitement compréhensible, le texte serait ennuyeux»

Lors des Swiss Music Awards, le 25 mai 2022, le public votera pour le «Best Hit» qui récompensera la meilleure composition. Joya Marleen, Lo & Leduc et Zian sont nominés pour cette distinction présentée par SUISA. Nous avons demandé à Joya Marleen et à Thomas Fessler quel rôle jouait le texte dans leur chanson «Nightmare». Interview de Markus Ganz, contributeur invité

Swiss Music Awards: «Si tout était parfaitement compréhensible, le texte serait ennuyeux»

Joya Marleen et Thomas Fessler. (Photos: Rouven Niedermaier; Emanuel Muhl)

À votre avis, quelle est l’importance des paroles dans une chanson?

Joya Marleen: Énorme: les paroles sont essentielles! Olivia Rodrigo, par exemple, a écrit des belles paroles, mais aussi très directes et puissantes où tout s’imbrique parfaitement, et Amy Winehouse m’a aussi impressionnée par la grande franchise de ses textes très personnels.
Thomas Fessler: Oui, les paroles sont très importantes. Ça se voit d’ailleurs par le fait qu’elles représentent 50% dans la répartition des droits d’auteur chez SUISA, c’est-à-dire autant que la musique.

Avez-vous une manière de procéder bien à vous pour écrire les textes de vos chansons?

Joya Marleen: J’aime partir de mots qui sonnent bien ou qui transmettent une idée de la direction que va prendre la chanson, ou bien qui racontent une histoire. J’ai donc par exemple trois mots qui doivent être utilisés dans la chanson, et s’y ajoutent les sentiments correspondants. La chanson peut alors être créée sur cette base. Mais en général, j’écris d’abord la mélodie qui correspond à ces trois mots.
Thomas Fessler: L’ambiance de la chanson est déjà présente dans ces mots. Le reste, c’est du yaourt, c’est-à-dire des paroles incompréhensibles ou dénuées de sens pour les passages où le texte n’existe pas encore.

La chanson nominée, «Nightmare» (cauchemar), montre l’importance que peut avoir un simple mot et à quel point il peut susciter des émotions différentes. Joya, est-ce que le mot «Nightmare» a donné l’impulsion initiale pour les paroles de la chanson du même nom?

Joya Marleen: Oui, avec «Hold on, hold on», ça donne déjà presque une ambiance de marin, un cauchemar sur un bateau, ça convient bien.

La musique est-elle née à partir de cela, quasiment du rythme de ces trois mots?

Thomas Fessler: Joya avait enregistré une première version du refrain, qui rassemble ces mots et la mélodie, avec son smartphone et me l’avait envoyée. Et j’ai pensé que c’était quelque chose de spécial et qu’on pouvait en faire une super chanson.
Joya Marleen: Au début, la chanson avait un côté très reggae …

… qu’on entend toujours dans le rythme et l’accentuation donnés à ces trois mots …

Joya et Thomas: Oui!

Joya, savais-tu rien qu’en entendant le mot «Nightmare», sur quoi porterait la chanson? Ou le sens de la chanson a-t-il évolué petit à petit?

Joya Marleen: Je voulais créer une ambiance bizarre de ce mot. C’est ce qui m’a menée à décrire cette personne qui attend un cauchemar parce qu’elle s’ennuie. Le cauchemar est essentiel pour elle, pour sa vie, elle recherche un défi toxique. La chanson a un aspect bizarre, mais est en réalité très mélancolique malgré le contraste qu’apportent les «Hold on!», et cela crée une tension.

Le reste du texte a-t-il été écrit parallèlement à la musique?

Thomas Fessler: Joya a aussi peaufiné le texte pendant l’enregistrement de la musique, ici, sur le canapé du studio. Puis elle a terminé de le rédiger dans le train sur le chemin du retour, comme elle le fait d’habitude … Le texte n’a pas de scénario clair, il crée plutôt une ambiance; il est vif et frais, un peu décalé et aussi un peu chaotique. Et c’est très bien comme ça, car si tout était parfaitement compréhensible, le texte serait ennuyeux. Il faut pouvoir s’imaginer quelque chose en l’écoutant.

«Nightmare»
Composition: Joya Marleen et Thomas Fessler.
Texte: Joya Marleen.

www.joyamarleen.com
www.571.ch

Swiss Music Awards: SUISA rend honneur aux auteurs-compositeurs du «Best Hit»
Dans la catégorie «Best Hit», les meilleures chansons du hit-parade suisse de l’année précédente sont nominées aux Swiss Music Awards et la chanson lauréate est plébiscitée par le public au cours du show télévisé. Pour la première fois cette année, SUISA est le «Presenting Partner» de la catégorie «Best Hit», et met l’accent sur le travail des compositeurs/-trices et des paroliers/-ères de la chanson lauréate. En 2022, les chansons nominées dans la catégorie «Best Hit» sont «Nightmare», «Tribut» et «Show You». (Texte: Giorgio Tebaldi)
www.swissmusicawards.ch
Articles en relation
Textes de chansons: «ça fonctionne donc c’est permis»Textes de chansons: «ça fonctionne donc c’est permis» Quelles sont les caractéristiques de paroles réussies ? Markus Ganz, contributeur invité, s’entretient avec le journaliste Jean-Martin Büttner. Continuer
La mise en musiqueLa mise en musique Que ce soit pour une œuvre pour chœur ou pour une chanson, l’inspiration d’une compositrice ou d’un compositeur provient souvent d’un texte existant; il y a alors la volonté d’utiliser ce texte ou des extraits de celui-ci pour une composition ou une nouvelle chanson. De quoi faut-il tenir compte si l’on souhaite utiliser un texte d’autrui? Comment obtenir une autorisation de mise en musique et quels aspects celle-ci devrait-elle régler? Continuer
Prix pour compositeurs lors des Swiss Music AwardsPrix pour compositeurs lors des Swiss Music Awards | avec vidéo Le jeune artiste Nickless et le producteur bien connu Thomas Fessler ont été les lauréats du tout premier prix pour compositeurs décerné en 2016 lors des Swiss Music Awards. «Waiting», la chanson qui leur a permis de gagner ce prix n’est pas tombée du ciel, mais a nécessité un grand travail de collaboration. Lors des Swiss Music Awards 2017, SUISA distinguera une nouvelle fois le travail des compositeurs et des paroliers au moyen d’un prix. Continuer
Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Lors des Swiss Music Awards, le 25 mai 2022, le public votera pour le «Best Hit» qui récompensera la meilleure composition. Joya Marleen, Lo & Leduc et Zian sont nominés pour cette distinction présentée par SUISA. Nous avons demandé à Joya Marleen et à Thomas Fessler quel rôle jouait le texte dans leur chanson «Nightmare». Interview de Markus Ganz, contributeur invité

Swiss Music Awards: «Si tout était parfaitement compréhensible, le texte serait ennuyeux»

Joya Marleen et Thomas Fessler. (Photos: Rouven Niedermaier; Emanuel Muhl)

À votre avis, quelle est l’importance des paroles dans une chanson?

Joya Marleen: Énorme: les paroles sont essentielles! Olivia Rodrigo, par exemple, a écrit des belles paroles, mais aussi très directes et puissantes où tout s’imbrique parfaitement, et Amy Winehouse m’a aussi impressionnée par la grande franchise de ses textes très personnels.
Thomas Fessler: Oui, les paroles sont très importantes. Ça se voit d’ailleurs par le...Continuer

Candidatures pour le camp de composition de chansons SUISA 2022 | avec vidéo

SUISA, en collaboration avec Pele Loriano Productions, organise pour la cinquième fois un camp de composition de chansons. Il aura lieu du 4 au 6 juillet 2022 aux Powerplay Studios à Maur, près de Zurich. Les membres de SUISA peuvent présenter leur candidature. Texte de Manu Leuenberger; vidéo de Mike Korner

Au cours du camp de composition de chansons SUISA, des équipes de trois à cinq personnes composeront des chansons pop. Les équipes seront constituées par le directeur artistique du camp. Le matin, elles partiront de zéro, et auront jusqu’au soir pour terminer et enregistrer une démo complète.

Le style musical des chansons peut couvrir toutes les variantes de la pop contemporaine susceptibles de rencontrer le succès au hit-parade, sur des plateformes de streaming, à la radio ou à la télévision. Les chansons doivent pouvoir être utilisées lors du concours Eurovision de la chanson et également proposées à des éditeurs et des interprètes.

Pour relever en équipe ce défi exigeant aux côtés d’auteurs-compositeurs et de producteurs professionnels suisses et étrangers, il est indispensable de faire preuve de connaissances musicales solides, d’être capable de produire une œuvre créative de haut niveau sous la pression, et d’être également ouvert à la critique et à l’échange avec ses co-compositeurs.

Le cinquième camp de composition de chansons SUISA aura lieu du 4 au 6 juillet 2022 aux Powerplay Studios à Maur, près de Zurich. Ce camp est organisé par SUISA en collaboration avec Pele Loriano Productions. Pele Loriano Productions se charge de la direction artistique du camp de composition de chansons pour le compte de SUISA.

Candidatures pour le camp de composition de chansons SUISA 2022

Les membres de SUISA peuvent poser leur candidature pour participer au camp de composition de chansons SUISA 2022. Tu es productrice ou producteur, auteure-compositrice ou auteur-compositeur (topliner), parolière ou parolier, et tu penses satisfaire aux exigences demandées? Envoie-nous ton dossier de candidature avec les pièces suivantes :

  • une courte biographie;
  • des chansons de référence pertinentes (fichiers mp3 ou liens Internet);
  • tes coordonnées.

Les dossiers de candidature doivent être envoyés par e-mail à: songwritingcamp (at) suisa (dot) ch
La date limite d’envoi des candidatures est fixée au dimanche 8 mai 2022.

Important: seuls des membres de SUISA se verront attribuer des places dans le cadre de cette procédure de candidature. Quiconque postule doit être en mesure de garantir qu’il sera disponible pour participer à une ou plusieurs journées du camp (du 4 au 6 juillet 2022). Pour l’instant, le camp est organisé en vue d’une participation physique de tous les participants sur place, aux Powerplay Studios. Les participants seront informés en temps utile des mesures de protection requises, ou d’une éventuelle tenue hybride de l’événement.

Échéances et sélection des participantes et participants

La direction artistique sélectionne tous les artistes qui seront invités au camp. Un ensemble adapté de participantes et de participants est nécessaire au succès créatif des «sessions de composition».

D’ici au 26 juin 2022, le directeur artistique communiquera personnellement les réponses positives, les invitations et les informations complémentaires concernant la participation au camp de composition de chansons SUISA 2022.

Nous n’enverrons aucune réponse négative. Les personnes n’ayant pas reçu de réponse positive d’ici au 26 juin 2022 n’auront pas été sélectionnées pour participer au camp de composition de chansons 2022.

L’expérience a montré que le nombre de candidatures est supérieur au nombre de places. Veuillez noter que le dépôt de candidature ne garantit en aucun cas le droit de participer au camp. Aucune correspondance ne sera échangée au sujet de l’attribution des places. Aucun renseignement ne peut encore être fourni concernant la réalisation d’autres camps de composition de chansons soutenus par SUISA.

Articles en relation
La Suisse participe au Concours Eurovision de la chanson avec Luca Hänni et une chanson issue du camp de composition de chansons SUISALa Suisse participe au Concours Eurovision de la chanson avec Luca Hänni et une chanson issue du camp de composition de chansons SUISA | avec vidéo Pour la deuxième fois consécutive, la contribution suisse au Concours Eurovision de la chanson provient du camp de composition de chansons SUISA. La chanson «She Got Me» a été composée en juin dernier aux Powerplay Studios par le membre de SUISA Luca Hänni assisté des auteurs-compositeurs canadiens Laurell Barker et Frazer Mac ainsi que du producteur suédois Jon Hällgren. Continuer
«Répondez-moi»: troisième chanson suisse pour le CEC créée dans le cadre du Camp de Composition de chansons SUISA«Répondez-moi»: troisième chanson suisse pour le CEC créée dans le cadre du Camp de Composition de chansons SUISA | avec vidéo Avec «Répondez-moi», pour la première fois depuis 2010, la Suisse envoie une contribution francophone au Concours Eurovision de la Chanson. Le titre a été écrit lors du Camp de Composition SUISA par Gjon Muharremaj (Gjon’s Tears) et les membres SUISA Alizé Oswald et Xavier Michel du duo Aliose, en collaboration avec le producteur belge Jeroen Swinnen. Continuer
«Les idées de chansons naissent souvent d’un mot unique»«Les idées de chansons naissent souvent d’un mot unique» | avec vidéo Le Lausannois Alejandro Reyes, compositeur et parolier, fait partie des finalistes de la Suisse pour le Concours Eurovision de la chanson 2018 avec deux titres: «Kiss Me» et «Compass». Il est également interprète de la deuxième chanson. Ces chansons ont été écrites durant le camp de composition de chansons organisé par Pele Loriano Productions et SUISA. Pour Alejandro Reyes, l’écriture en équipe a été une expérience nouvelle et un véritable enrichissement personnel. Dans une interview, le jeune compositeur nous en dit plus sur la création de ses deux chansons pour le CEC. Continuer
Concours Eurovision de la Chanson: une chanson du camp de composition de chansons SUISA a été retenue pour le processus de sélection allemandConcours Eurovision de la Chanson: une chanson du camp de composition de chansons SUISA a été retenue pour le processus de sélection allemand | avec vidéo Succès pour le camp de composition de chansons SUISA: la chanson «Sister» du camp organisé l’an dernier est au programme de la pré-finale du CEC allemand. La chanson a été créée et produite par un groupe international de compositeurs: Marine Kaltenbacher, Laurell Barker, Tom Oehler et Thomas Stengaard. Continuer
Réduire article
  1. Argyle Singh Koncon dit :

    Argyle here!

    Would love to join again this year!

    Cheers
    A.

    • Manu Leuenberger dit :

      Dear Argyle
      We are pleased that you enjoyed your last participation in our camp. The best thing is to send us your dossier with your application so that we can forward it to the artistic director for the selection.
      Kind regards, SUISA Communication Department

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

SUISA, en collaboration avec Pele Loriano Productions, organise pour la cinquième fois un camp de composition de chansons. Il aura lieu du 4 au 6 juillet 2022 aux Powerplay Studios à Maur, près de Zurich. Les membres de SUISA peuvent présenter leur candidature. Texte de Manu Leuenberger; vidéo de Mike Korner

Au cours du camp de composition de chansons SUISA, des équipes de trois à cinq personnes composeront des chansons pop. Les équipes seront constituées par le directeur artistique du camp. Le matin, elles partiront de zéro, et auront jusqu’au soir pour terminer et enregistrer une démo complète.

Le style musical des chansons peut couvrir toutes les variantes de la pop contemporaine susceptibles de rencontrer le succès au hit-parade, sur des plateformes de streaming, à la radio ou à la télévision. Les chansons...Continuer

Débat SUISA au M4music: quelle influence le streaming a-t-il sur l’écriture des chansons? │ avec vidéo

Aujourd’hui, la musique est souvent consommée via les plateformes de streaming. Avec des millions de titres disponibles, il n’est pas étonnant que certains morceaux passent à la trappe. Le plus souvent, un titre doit nous emballer dès les premières secondes, car le suivant est à portée de clic. Le canal de distribution qu’est le streaming influence-t-il l’écriture des chansons? Cette question fera l’objet d’un débat SUISA au festival M4music 2022. Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo de Lisa Burth

L’époque où l’on écoutait un album du premier au dernier titre est révolue. En 2021, selon l’association professionnelle IPFI, les CD et les vinyles représentaient un peu plus de 10% des ventes de musique en Suisse, les 90% restants concernant le commerce en ligne, dont plus de 80% pour le streaming.

Passer du support sonore au streaming est pertinent pour les artistes à plus d’un titre. Pour les CD et les LP, la rémunération se fait pour la reproduction et la vente d’unités physiques dans leur intégralité. A l’inverse, les auteur-e-s, interprètes et producteurs/trices reçoivent une rémunération pour chaque stream; mais ceux-ci sont pris en compte uniquement si un morceau est écouté pendant au moins 30 secondes. Le problème est que, lorsque l’on consomme de la musique, le morceau suivant est à portée de clic: les compositeurs/trices et les interprètes doivent donc réussir à convaincre le public dès les premières secondes d’un titre de continuer à l’écouter.

La musicienne zurichoise Evelinn Trouble explique dans un entretien vidéo comment les compositrices et compositeurs s’adaptent au comportement observé sur le marché actuel.

Débat SUISA au M4music: «How Streaming is Changing Songwriting»

Le débat SUISA prévu cette année au festival M4music sera consacré à l’influence pour les compositeurs/trices, ainsi que pour les labels, de ce changement de comportement en matière de consommation de musique. Sous l’intitulé «How Streaming is Changing Songwriting», compositeurs/trices, producteurs/trices et responsables de labels discuteront de l’influence du streaming sur l’écriture, la production et la publication des chansons.

Participerons à ce débat :

  • Evelinn Trouble, compositrice, chanteuse, productrice et artiste visuelle zurichoise
  • Julie Born, Managing Director de Sony Music Suisse
  • Henrik Amschler alias HSA, compositeur et producteur zurichois
  • Loris Cimino, producteur et compositeur allemand/zurichois

Modératrice: Nina Havel.

Le débat SUISA aura lieu le vendredi 25 mars 2022 à 16h00 à la Matchbox du Schiffbau à Zurich. Le débat est gratuit et en libre accès.

Le festival M4music 2022

Après avoir été annulé en 2020 en raison de la pandémie de coronavirus, puis organisé en format réduit en 2021, le festival de musique pop du Pour-cent culturel Migros aura lieu cette année sous sa forme habituelle les vendredi 25 et samedi 26 mars 2022 au Schiffbau à Zurich. Outre des tables rondes, des ateliers et des débats sur des thèmes d’actualité du business de la musique, de nombreux artistes de la scène suisse et internationale se produiront lors du festival.

www.m4music.ch/fr/

Articles en relation
La pratique relative aux licences en ligne exige une déclaration rapide des œuvresLa pratique relative aux licences en ligne exige une déclaration rapide des œuvres La distribution de musique en ligne permet d’énormes possibilités d’un point de vue commercial. Assez aisément et en peu de temps, la musique peut être rendue accessible à un public mondial. En revanche, le décompte des redevances de droit d’auteur pour les utilisations online s’avère complexe, notamment parce que les processus ne sont pas les mêmes que ceux concernant les droits d’exécution ou les droits d’émission. Le conseil le plus important est le suivant: déclarez l’œuvre auprès de SUISA, avant de la publier en ligne. Continuer
Diffusion musicale numérique: un sou est un sou!Diffusion musicale numérique: un sou est un sou! Les affaires dans le domaine online se caractérisent par des changements constants – et cela pas seulement pour les sociétés d’auteurs. Dans cette seconde partie d’interview, le CEO de SUISA, Andreas Wegelin, donne un aperçu de la situation actuelle et des scénarios envisagés. Continuer
«Adiós»: tube de l’été de style caribéen avec clavecin | avec vidéo«Adiós»: tube de l’été de style caribéen avec clavecin | avec vidéo Loco Escrito et les quatre co-compositeurs de la chanson «Adiós» ont des chances de remporter le trophée en béton tant convoité des «Swiss Music Awards» 2019 dans la catégorie «Best Hit». Hans Feigenwinter, musicien et professeur au conservatoire de musique, nous explique ce qui fait la force de cette chanson dans son analyse en vidéo. Continuer
Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Aujourd’hui, la musique est souvent consommée via les plateformes de streaming. Avec des millions de titres disponibles, il n’est pas étonnant que certains morceaux passent à la trappe. Le plus souvent, un titre doit nous emballer dès les premières secondes, car le suivant est à portée de clic. Le canal de distribution qu’est le streaming influence-t-il l’écriture des chansons? Cette question fera l’objet d’un débat SUISA au festival M4music 2022. Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo de Lisa Burth

L’époque où l’on écoutait un album du premier au dernier titre est révolue. En 2021, selon l’association professionnelle IPFI, les CD et les vinyles représentaient un peu plus de 10% des ventes de musique en Suisse, les 90% restants concernant le commerce en ligne, dont plus de 80% pour le streaming.

Passer du support sonore...Continuer

Camp de composition de chansons SUISA 2021: dès à présent, les membres de SUISA peuvent postuler

Le quatrième camp de composition de chansons SUISA aura lieu du 5 au 7 juillet 2021 aux Powerplay Studios de Maur, près de Zurich. Il est possible qu’en raison de la pandémie de coronavirus, tous les participants ne puissent se rendre sur place, mais y assistent par Internet. Les membres de SUISA ont la possibilité de poser leur candidature. Texte d’Erika Weibel et Manu Leuenberger

Camp de composition de chansons SUISA 2021: dès à présent, les membres de SUISA peuvent postuler

Travail d’équipe au camp de composition de chansons SUISA 2019: en partant d’une feuille blanche le matin, les participants doivent avoir produit une démo complète à la fin de la journée. (Photo: Tabea Hüberli)

Grâce au camp de composition de chansons, SUISA offre à certains de ses membres l’opportunité de composer des chansons pop dans des conditions professionnelles, en collaboration avec des producteurs et des compositeurs renommés en Suisse et à l’étranger. En règle générale, l’événement réunit entre 30 et 40 musiciens sur 3 jours.

Les personnes qui souhaitent participer au camp de composition de chansons doivent avoir de solides connaissances musicales, être capables de fournir une prestation créative de haut niveau sous la pression et être ouvertes à la critique et à l’échange avec les autres compositrices et compositeurs.

La tâche exigeante est la suivante: une équipe composée de trois à cinq personnes devront écrire une chanson pop respectant les consignes et, en l’espace d’une journée – en partant d’une feuille blanche le matin, les participants doivent avoir produit une démo complète à la fin de la journée.

Chansons pop à fort potentiel

Le style musical des chansons peut englober toutes les formes de la pop contemporaine susceptibles de rencontrer un succès au hit-parade, sur les plateformes de streaming ou à la radio/TV. En effet, les chansons doivent pouvoir être proposées à des éditeurs et à des interprètes ou être appropriées pour le Concours Eurovision de la chanson.

Cet événement organisé par SUISA en collaboration avec Pele Loriano Productions a déjà produit plusieurs chansons pop qui ont connu un succès international et qui ont même atteint la grande scène du Concours Eurovision de la chanson. Le morceau «She Got Me», co-écrit et interprété par Luca Hänni, a terminé à la quatrième place au CEC 2019. Sont également qualifiés «Répondez-moi» (Gjon’s Tears, pour l’événement qui a finalement été annulé en 2020), «Stones» (2018, Zibbz) et «Sister» (2019 pour l’Allemagne, Sisters). «Amen», interprété par Vincent Bueno pour l’Autriche en 2021, est la cinquième chanson issue du camp de composition de chansons SUISA à arriver en demi-finale ou en finale du Concours Eurovision de la chanson.

Peut-être une «version hybride» du camp

La pandémie de coronavirus continue de rythmer l’actualité mondiale. En conséquence, on ne peut pas écarter l’hypothèse selon laquelle, en dépit des mesures de protection adoptées, le camp ne puisse pas se tenir comme prévu dans les Powerplay Studios avec la participation physique de toutes les personnes impliquées. C’est pourquoi toutes les candidates et tous les candidats doivent disposer d’infrastructures techniques leur permettant de participer au camp à distance. Concrètement, ils devront pouvoir échanger à distance depuis leur ordinateur par Wi-Fi avec l’auteur-compositeur ou l’autrice-compositrice et procéder eux-mêmes à des enregistrements et traitements numériques professionnels. Le Wi-Fi est disponible dans le studio. Les participant-e-s doivent avoir leur propre ordinateur et le logiciel d’enregistrement nécessaire.

Les participant-e-s seront informé-e-s à temps du protocole d’hygiène et d’une éventuelle organisation hybride du camp de composition.

Candidatures pour le camp de composition de chansons SUISA 2021

Cette année, le camp de composition de chansons aura lieu du 5 au 7 juillet 2021 aux Powerplay Studios de Maur, près de Zurich. Cet événement sera organisé cette fois encore par SUISA en collaboration avec Pele Loriano Productions. Pele Loriano Productions est mandaté par SUISA pour assurer la direction artistique du camp de composition de chansons.

Les membres de SUISA peuvent poser leur candidature pour participer au camp de composition de chansons SUISA 2021:
Tu es productrice ou producteur, autrice-compositrice ou auteur-compositeur (Topliner), autrice ou auteur de paroles et tu penses réunir toutes les conditions en matière de savoir-faire et de compétences musicales? Tu disposes en plus d’infrastructures techniques de bon niveau (ordinateur avec possibilité de communication par Wi-Fi, équipé pour les enregistrements audio et le traitement musical numérique professionnel) dont tu sais te servir et que tu peux apporter? Envoie-nous ton dossier de candidature avec les éléments suivants:

  • une courte biographie;
  • des chansons de référence probantes (fichiers MP3 ou liens Internet);
  • tes coordonnées.

Envoie ton dossier de candidature à l’adresse songwritingcamp (at) suisa (dot) ch
La date limite de dépôt des candidatures est le lundi 7 juin 2021.

Important: les places sont uniquement attribuées aux membres de SUISA. Les personnes qui posent leur candidature doivent s’assurer de leur disponibilité pendant un ou plusieurs jours du 5 au 7 juillet 2021.

Dates et sélection des participant-e-s

La sélection des artistes invité-e-s au camp est du ressort de la direction artistique. Une composition appropriée des participant-e-s est déterminante pour le succès créatif des «Songwriting sessions».

Le directeur artistique informera personnellement les personnes retenues au SUISA Songwriting Camp 2021 d’ici au 27 juin 2021; les réponses négatives ne feront pas l’objet d’une communication.

Par expérience, le nombre de candidatures dépasse souvent le nombre de places disponibles. Il convient de noter que le fait de déposer une candidature ne permet en aucun cas d’invoquer un droit de participation. Aucune correspondance ne sera échangée à propos de l’attribution des places. Nous ne pouvons actuellement donner aucune information quant à l’organisation d’autres camps de composition de chansons soutenus par SUISA.

Articles en relation
Travail d’équipe créatif lors du camp de composition SUISA 2018Travail d’équipe créatif lors du camp de composition SUISA 2018 | avec vidéo Un camp de composition, organisé par SUISA en collaboration avec Pele Loriano Productions, s’est tenu pour la deuxième année consécutive aux Powerplay Studios à Maur. 36 musiciennes et musiciens de 8 pays ont pris part aux 3 jours de cet événement en juin 2018. Résultat: 19 chansons pop aux inspirations et styles différents. Continuer
Activité musicale internationale et communication à SUISAActivité musicale internationale et communication à SUISA Comment obtenir les redevances de droits d’auteur pour mes concerts à l’étranger? De quoi dois-je tenir compte lors de la déclaration d’œuvre si le co-auteur d’un morceau est membre d’une société-sœur étrangère? Vous trouvez ci-après des réponses aux questions importantes souvent posées en lien avec l’activité musicale internationale. Continuer
Alejandro Reyes: «Les idées de chansons naissent souvent d’un mot unique»«Les idées de chansons naissent souvent d’un mot unique» | avec vidéo Le Lausannois Alejandro Reyes, compositeur et parolier, fait partie des finalistes de la Suisse pour le Concours Eurovision de la chanson 2018 avec deux titres: «Kiss Me» et «Compass». Il est également interprète de la deuxième chanson. Ces chansons ont été écrites durant le camp de composition de chansons organisé par Pele Loriano Productions et SUISA. Pour Alejandro Reyes, l’écriture en équipe a été une expérience nouvelle et un véritable enrichissement personnel. Dans une interview, le jeune compositeur nous en dit plus sur la création de ses deux chansons pour le CEC. Continuer
Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Le quatrième camp de composition de chansons SUISA aura lieu du 5 au 7 juillet 2021 aux Powerplay Studios de Maur, près de Zurich. Il est possible qu’en raison de la pandémie de coronavirus, tous les participants ne puissent se rendre sur place, mais y assistent par Internet. Les membres de SUISA ont la possibilité de poser leur candidature. Texte d’Erika Weibel et Manu Leuenberger

Camp de composition de chansons SUISA 2021: dès à présent, les membres de SUISA peuvent postuler

Travail d’équipe au camp de composition de chansons SUISA 2019: en partant d’une feuille blanche le matin, les participants doivent avoir produit une démo complète à la fin de la journée. (Photo: Tabea Hüberli)

Grâce au camp de composition de chansons, SUISA offre à certains de ses membres l’opportunité de composer des chansons pop dans des conditions professionnelles, en collaboration avec des producteurs et des compositeurs renommés en...Continuer

«Amen»: une nouvelle chanson qui a vu le jour au Camp de composition SUISA sera interprétée au Concours Eurovision de la Chanson 2021

A la suite de l’annulation de l’édition 2020, le Concours Eurovision de la Chanson se tiendra cette année à Rotterdam. On pourra y entendre une chanson qui a été créée lors du Camp de composition SUISA dans les studios Powerplay à Maur. Nous nous sommes entretenus avec l’artiste zurichois Tobias Carshey, membre de SUISA, qui a écrit «Amen» avec Jonas Thander et Ashley Hicklin. Le titre sera interprété pour l’Autriche par Vincent Bueno, originaire de Vienne. Interview réalisée par Markus Ganz, auteur invité

«Amen»: une nouvelle chanson qui a vu le jour au Camp de composition SUISA sera interprétée au Concours Eurovision de la Chanson 2021

Tobias Carshey chante le titre pour l’enregistrement de la démo de «Amen» lors du Camp de composition de chansons SUISA. (Photo: Tabea Hüberli)

Tobias Carshey, comment tes chansons voient-elles le jour habituellement?
Tobias Carshey: Pour écrire, je puise dans ma vie – avec un résultat qui, forcément, est à chaque fois différent. J’ai tendance à m’asseoir et à écrire; parfois la mélodie vient en premier, plus rarement le texte, et la plupart du temps je commence par la musique.

Es-tu l’auteur exclusif de la plupart de tes chansons?
Oui pour l’écriture, mais pas pour les arrangements.

Sur ton site Web, tu écris: «Écrire des chansons a toujours été un processus très personnel pour moi». Dans le cadre du Camp, a-t-il été difficile de travailler avec des auteurs-compositeurs que tu ne connaissais pas?
Au début, oui, beaucoup. Habituellement, j’aime bien me retirer dans un endroit calme où je peux travailler seul. Au Camp de composition, je me suis retrouvé face aux autres et j’ai dû travailler en équipe. J’ai déjà fait ça, mais …

… la pression était probablement plus forte cette fois parce que tu as travaillé pour la première fois avec le producteur suédois Jonas Thander et la star écossaise Ashley Hicklin?
Exactement, c’est juste tout nouveau pour moi: il y a de nouvelles dynamiques qu’il faut d’abord comprendre. Heureusement pour moi, Ashley Hicklin est arrivé avec une idée concrète dès le début.

Comment est-ce que tout cela s’est passé, as-tu suggéré des idées de chansons?
Je ferais les choses différemment aujourd’hui, mais je me suis tout simplement lancé. C’était la première fois que je participais à un Camp de composition de chansons et je voulais arriver sans idées préconçues. Avant de commencer à écrire, nous avons écouté quelques-uns de mes morceaux pour que Jonas Thander et Ashley Hicklin puissent avoir une idée d’où je viens musicalement.

Était-ce important que Jonas et Ashley connaissent tes points forts?
Exactement, et à cet égard, ma chanson «Almond Eyes» a été le vrai point de départ.

Dans un Camp de composition de chansons, il y a une certaine spécialisation avec les producteurs et les topliners. Quel était ton rôle, étais-tu plutôt chanteur au sens d’interprète ou davantage impliqué en tant qu’auteur-compositeur?
J’ai également été impliqué en tant qu’auteur-compositeur: mes deux partenaires m’ont pris totalement au sérieux.

Jonas Thander Ashley Hicklin

Le producteur suédois Jonas Thander (à gauche) et l’auteur-compositeur Ashley Hicklin, basé à Édimbourg, travaillent sur la composition au Studio A des Powerplay Studios à Maur. (Photo: Tabea Hüberli)

Cette répartition du travail a-t-elle eu un sens pour toi?
Tout à fait, parce que chacun arrive avec une expérience différente et que nous avons basé notre travail sur cette répartition des rôles. En effet, il peut rapidement y avoir des frictions quand trois auteurs-compositeurs qui ne se connaissent pas travaillent ensemble. Avec ce mode de fonctionnement, chacun peut se retrancher derrière son domaine de compétences s’il n’est pas d’accord avec les autres et continuer à faire progresser la chanson.

Jusqu’où la spécialisation est-elle allée?
Nous connaissions chacun notre rôle. Mais tout le monde était considéré comme suffisamment compétent pour avoir son mot à dire partout, que ce soit au niveau de la composition ou des paroles, et même pour la production.

Selon toi, comment s’est ressenti le fait que vous n’ayez jamais écrit une chanson ou fait de la musique ensemble auparavant et que vous n’étiez pas une équipe bien rodée?
Ash et Jonas se connaissaient déjà, mais cela n’avait aucune importance, car ce sont des musiciens expérimentés qui connaissent la dynamique d’une équipe de compositeurs. C’est pourquoi j’ai été accepté en tant que nouveau venu et, dans une certaine mesure, m’adapter à la situation. S’il n’y avait eu que des débutants, cela aurait été une sorte de loterie.

Avez-vous improvisé musicalement ou décidé d’un plan de travail dont chacun, de son côté, a assuré une partie?
A aucun moment, quelqu’un a travaillé de manière individuelle – c’était nouveau pour moi. Je suis plutôt du genre à me retirer dans ma bulle pour développer une idée dans mon coin, avant de la présenter au reste du groupe. Au Camp de composition, Ashley Hicklin a trouvé un refrain dès le début. Nous avons travaillé sur cette base, sans perdre de vue l’objectif d’écrire une chanson pour le CEC. Après, la marche à suivre était claire pour tout le monde.

Thander Carshey Hicklin SUISA Songwriting Camp

Les co-auteurs de «Amen» au travail (de g. à dr.): Jonas Thander, membre de SUISA, Tobias Carshey et Ashley Hicklin. (Photo: Tabea Hüberli)

Le refrain est venu en premier: à quel point l’objectif d’écrire une chanson pour le CEC – autrement dit un tube potentiel, qui reste en tête – a-t-il pesé sur votre travail?
Nous en étions conscients, mais cela n’a eu aucune influence sur le ressenti de la chanson. Nous avons également veillé à ce que la chanson fonctionne en trois minutes.

Le fait de devoir écrire une chanson qui soit à la fois un succès commercial et qui sorte de l’ordinaire a-t-il joué un rôle?
Pas spécialement. Mais notre chanson s’est démarquée des autres chansons du Camp de composition parce que nous lui avons donné une tournure très «simple» – juste le piano, la guitare et ma voix, nous n’avons pas non plus utilisé d’effets comme l’Auto-Tune. À mon avis, c’était aussi la force de la chanson : elle fonctionne aussi avec une simple guitare, ce qui semble atypique.

En quoi la version de «Amen» issue d’une journée du Camp de composition diffère-t-elle de celle que l’on va entendre maintenant au CEC?
Elle est devenue beaucoup plus riche. L’original est bien plus simple : une grosse caisse, ma voix, une guitare acoustique et un piano. Désormais, on y entend aussi des cordes et des chœurs.

Qu’est-ce que cela vous fait de voir quelqu’un d’autre interpréter cette chanson qui, pour un tiers, est la vôtre?
J’ai déjà écrit des chansons pour d’autres par le passé et une fois, une interprétation m’a fait vraiment mal parce que c’était une chanson personnelle à la base. Mais je trouve très captivant et aussi très beau que Vincent Bueno interprète la chanson «Amen» avec sa propre histoire, en lui donnant son propre sens. Pas de regrets!

Comment le Camp de composition a-t-il changé ton approche de l’écriture personnelle?
J’ai surtout été influencé par la façon de travailler, détendue et libre. Le reste du temps, je suis probablement trop sévère avec moi-même, trop obstiné pour simplement me mettre à écrire et essayer des choses.

Le rythme de travail vous a-t-il dérangé, à savoir devoir terminer la chanson en une journée dans le cadre de ce Camp de composition?
Oui, cela m’a causé des difficultés. Car, pour moi, les chansons vraiment géniales, bonnes et intemporelles ont besoin de plus de temps pour mûrir. Cela dit, je suis habitué à ce qu’on me fasse souvent changer d’avis sur ce genre de certitudes.

www.tobiascarshey.com

Concours Eurovision de la Chanson 2021: dans la deuxième demi-finale du CEC le 20 mai 2021, Vincent Bueno interprétera «Amen» pour l’Autriche et Gjon’s Tears avec «Tout l’univers» pour la Suisse. La finale suivra le 22 mai.

Camp de Composition de Chansons: le Camp de composition organisé par SUISA en collaboration avec Pele Loriano Productions a déjà produit plusieurs chansons pop qui sont devenues des succès internationaux. «Amen» est la cinquième chanson issue du Camp de composition SUISA à atteindre les demi-finales ou la finale du Concours Eurovision de la Chanson. Le morceau «She Got Me», co-écrit et interprété par Luca Hänni, a terminé à la quatrième place au CEC 2019. Sont également qualifiés «Répondez-moi» (Gjon’s Tears, pour l’événement qui a finalement été annulé en 2020), «Stones» (2018, Zibbz) et «Sister» (2019 pour l’Allemagne, Sisters).

Les crédits de «Amen»:
Paroles / Musique par: Tobias Carshey (CH), Ashley Hicklin (Royaume-Uni), Jonas Thander (SE). Produite par: Jonas Thander (SE), Mikolaj Trybulec (PL), Pele Loriano (CH). Enregistrée par: Pele Loriano, Jonas Thander, Mikolaj Trybulec, Mixée par: David Hofmann. Publiée par: Éditions Schneeblind, ORF Musikverlag. Label: Unified Songs.

Articles en relation
La Suisse participe au Concours Eurovision de la chanson avec Luca Hänni et une chanson issue du camp de composition de chansons SUISALa Suisse participe au Concours Eurovision de la chanson avec Luca Hänni et une chanson issue du camp de composition de chansons SUISA | avec vidéo Pour la deuxième fois consécutive, la contribution suisse au Concours Eurovision de la chanson provient du camp de composition de chansons SUISA. La chanson «She Got Me» a été composée en juin dernier aux Powerplay Studios par le membre de SUISA Luca Hänni assisté des auteurs-compositeurs canadiens Laurell Barker et Frazer Mac ainsi que du producteur suédois Jon Hällgren. Continuer
Tobias Jundt Bonaparte: «Rien ne vaudra jamais une chanson bien écrite»«Rien ne vaudra jamais une chanson bien écrite» Pour Tobias Jundt, son succès international avec Bonaparte constitue aujourd’hui le point culminant de sa longue carrière d’auteur-compositeur. Il a composé plusieurs centaines de titres, créé dans une large variété stylistique, pour ou avec d’autres artistes. Ce Bernois qui vit à Berlin transmet ses connaissances et son expérience de compositeur en tant que professeur invité à la Haute école des arts de Zurich dans la matière «Songwriting». Une interview. Continuer
Activité musicale internationale et communication à SUISAActivité musicale internationale et communication à SUISA Comment obtenir les redevances de droits d’auteur pour mes concerts à l’étranger? De quoi dois-je tenir compte lors de la déclaration d’œuvre si le co-auteur d’un morceau est membre d’une société-sœur étrangère? Vous trouvez ci-après des réponses aux questions importantes souvent posées en lien avec l’activité musicale internationale. Continuer
Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

A la suite de l’annulation de l’édition 2020, le Concours Eurovision de la Chanson se tiendra cette année à Rotterdam. On pourra y entendre une chanson qui a été créée lors du Camp de composition SUISA dans les studios Powerplay à Maur. Nous nous sommes entretenus avec l’artiste zurichois Tobias Carshey, membre de SUISA, qui a écrit «Amen» avec Jonas Thander et Ashley Hicklin. Le titre sera interprété pour l’Autriche par Vincent Bueno, originaire de Vienne. Interview réalisée par Markus Ganz, auteur invité

«Amen»: une nouvelle chanson qui a vu le jour au Camp de composition SUISA sera interprétée au Concours Eurovision de la Chanson 2021

Tobias Carshey chante le titre pour l’enregistrement de la démo de «Amen» lors du Camp de composition de chansons SUISA. (Photo: Tabea Hüberli)

Tobias Carshey, comment tes chansons voient-elles le jour habituellement?
Tobias Carshey: Pour écrire, je puise dans ma vie – avec un résultat qui, forcément, est à chaque fois...Continuer

Jessiquoi, ou la liberté de se réinventer

La recherche identitaire est sa force créatrice. C’est dans ce contexte que Jessica Plattner alias Jessiquoi crée une œuvre d’art audiovisuelle complète. Selon ses propres dires, la Bernoise de 31 ans déborde d’idées. Grâce à la contribution Get Going!, plus rien ne la retient dans la réalisation de ses objectifs. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Jessiquoi, ou la liberté de se réinventer

Jessiquoi (Photo: Manuel Lopez)

«Quand je serai grande, j’aimerais avoir un piano à queue sur scène», dit Jessica Plattner en riant de ses mots. Bien entendu, la jeune femme de 31 ans est déjà adulte, mais ce qu’elle veut nous faire comprendre, c’est que sa voie d’artiste est loin d’être toute tracée. Pourtant, avec son alter ego Jessiquoi, elle fait déjà partie des artistes musicaux suisses les plus impressionnants. Elle compose et produit elle-même sa musique. Elle réalise aussi les effets visuels et crée sans cesse de nouveaux univers fantastiques dans lesquels Jessiquoi se réinvente et se redéfinit en permanence à travers des univers sonores électro, parfois doux, parfois granitiques.

«Pour moi, l’identité est quelque chose de fluide», dit Jessica, puis elle cite la drag-queen RuPaul: «You’re born naked. The rest is drag.» Et d’ajouter: «Je pense que chacun possède la liberté de se réinventer. La volonté de prendre une tout autre direction dans la vie ne requiert aucune justification. C’est comme un jeu vidéo dans lequel chacune et chacun peut créer son propre avatar.»

La recherche identitaire comme force créatrice: ces mots prennent tout leur sens lorsqu’on se penche sur l’extraordinaire biographie de Jessica. Elle est née à Berne. Peu après, sa famille quitte la Suisse pour l’Australie. Alors qu’elle est adolescente, son père se voit offrir un poste au conservatoire de Berne, et toute la famille retourne en Suisse. À ce moment-là, la vie de la jeune fille prend un tout autre cours. Jessica voulait devenir danseuse professionnelle et suivait une formation à Sydney. De plus, la famille Plattner parlait uniquement l’anglais à la maison. «Si j’avais voulu poursuivre ma carrière de danseuse, j’aurais dû aller à Rotterdam ou à Berlin. Or, je voulais rester avec ma famille», avoue-t-elle. «Au début, je me sentais étrangère à Berne, exclue. J’ai appris à parler le dialecte bernois, et soudain, tout le monde était gentil.» La langue ne lui a posé aucune difficulté. D’ailleurs, son professeur d’allemand l’appelait «Tape Recorder»: «parce que j’étais capable de tout répéter parfaitement», rit-elle.

Existence alternative

La recherche identitaire dans ce pays étranger l’a finalement menée à la musique, au détriment de la danse. «Nous avons toujours eu un piano à la maison, mais je n’y avais jamais touché. J’avais suivi quelques leçons, mais c’était horrible. Puis, un jour, j’ai commencé à composer mes propres chansons», raconte-t-elle en relatant ses débuts musicaux.

Mais comme si la perte de ses repères n’était pas suffisante, Jessica est frappée, il y a sept ans, par un coup du destin inimaginable et terriblement douloureux. Son petit frère, de deux ans son cadet, décède. «Nous partagions tout. Les gens nous prenaient souvent pour des jumeaux», dit-elle, avant de raconter que son frère était celui qui lui avait fait découvrir l’univers des jeux vidéo et des musiques de film.

C’est justement dans ces univers, où chacun peut se réinventer, que Jessica s’est sentie chez elle en tant que Jessiquoi. «On pourrait dire que Jessiquoi est un personnage imaginaire, mais en réalité, elle est simplement une autre version de moi», explique-t-elle avant d’ajouter: «Ce personnage peut aussi sembler effrayant, car Jessiquoi n’évolue pas selon notre conception fixe des rôles des genres et de l’identité nationale.»

Aujourd’hui, sur ses albums, elle raconte ces univers étrangers, où les vallées sont polluées et les gens se réfugient sur les sommets des montagnes, où les pilotes sont capables de changer de direction vers une existence meilleure. Sur scène, Jessiquoi est seule à donner vie à cette existence alternative. Elle charge ses instruments électroniques et sa station de travail pour les effets visuels sur un chariot en bois, puis elle joue et danse en monarque absolue de la scène, ce lieu synonyme d’autodétermination et de repositionnement constant. Dans toute son intransigeance, l’œuvre d’art complète de Jessiquoi est impressionnante et a déjà su séduire le public à Séville ou New York.

Le chariot en bois, son «Wägeli» comme elle l’appelle affectueusement, tout comme la harpe chinoise qu’elle joue en direct sont des hommages à la culture chinoise, avec laquelle elle possède une grande affinité. «À l’école de langue, une amie chinoise m’a présenté sa culture, qui m’a d’emblée passionnée. Lors d’un de mes voyages en Chine, j’ai fait une drôle de rencontre: j’étais à Shanghai, il était trois heures du matin, et j’avais faim. Et là, il y avait cette vieille dame avec son chariot en bois qui lui servait de cuisine. L’image de ce vieux chariot au cœur de cette métropole ne m’a plus quittée. Je voulais être cette femme», raconte-t-elle amusée.

Composer de nouvelles chansons

Selon Jessica, l’autodétermination sans concessions et la liberté de préserver la fluidité de son être sont indispensables à son art. «Pour moi, le principal devoir des artistes est de rêver à une nouvelle civilisation et de donner vie à cette vision. Ce sont eux qui observent les gens et le monde autour d’eux, qui les analysent, les critiquent et les réinventent.»

Grâce à la contribution Get Going!, plus rien ne s’oppose à cette évolution passionnante. «Je gagne ma vie en jouant des concerts, ce qui me laisse toutefois moins de temps pour composer de nouvelles chansons. Avec cette contribution, je dispose de mon budget annuel», se réjouit-elle. La destination de ce voyage est totalement ouverte: «Je ne sais pas quelle musique je ferai demain. Je suis le cours de mon inspiration. Mais je ne me laisserai jamais dire quoi faire pour satisfaire aux exigences de marketing stratégique. Je travaille sur mon identité. Moi, et moi seule.»

www.jessiquoi.com

C’est en 2018 que la FONDATION SUISA a commencé à allouer ses nouvelles contributions à la création. Dans le cadre de «Get Going!», elle finance des processus créatifs et artistiques qui se situent hors des catégories usuelles. Nous consacrons chaque année une série de portraits aux bénéficiaires de ces contributions Get Going! L’appel à candidatures pour 2020 s’achèvera à la fin août.


Jessiquoi: la libertà di inventare se stessi

La ricerca dell’identità è la sua forza creativa trainante. Grazie a essa Jessica Plattner, alias Jessiquoi, crea un’opera d’arte audiovisiva totale. «Una fucina di idee», così si definisce la trentunenne di Berna. Grazie al contributo Get Going!, nessun ostacolo si frappone più al raggiungimento dei suoi obiettivi. Contributo ospite di Rudolf Amstutz

Jessiquoi: la libertà di inventare se stessi

Jessiquoi (Foto: Manuel Lopez)

«Quando sarò grande, mi piacerebbe avere un pianoforte a coda da suonare sul palco», rivela Jessica Plattner, ridendo per l’espressione scelta. La trentunenne è ovviamente cresciuta da tempo, ma da questa affermazione emerge come lei si consideri ancora un’artista su un percorso di sviluppo tutt’altro che concluso. E questo nonostante sia annoverata tra le performer più impressionanti di tutta la Svizzera nei panni del suo alter ego Jessiquoi. Oltre a comporre, Jessica si occupa anche personalmente della produzione. Gestisce anche l’aspetto visivo, creando incessantemente mondi fantastici in cui reinventa e ridefinisce costantemente se stessa con l’aiuto di paesaggi sonori elettronici a volte grezzi e a volte fini.

«Per me l’identità è qualcosa di fluido», sostiene Jessica e cita la drag queen Ru Paul: «You’re born naked. The rest is drag». Aggiunge poi: «Penso che ogni persona sia libera di reinventarsi. Non occorrono giustificazioni per volgere la propria vita in una direzione completamente nuova. È come in un videogioco, dove ognuno può scegliere il proprio avatar».

La ricerca dell’identità come forza creativa trainante: nel caso di Jessica è anche il risultato della sua straordinaria biografia. Originaria di Berna, è emigrata in Australia con la sua famiglia poco dopo la nascita. Quando era adolescente, a suo padre è stato offerto un lavoro presso il Conservatorio di Berna e la famiglia si è trasferita nuovamente in Svizzera. Questo evento ha dato una svolta alla vita della giovane Jessica, che desiderava diventare una ballerina professionista e aveva già intrapreso il necessario percorso di formazione a Sydney. Inoltre i Plattner parlavano esclusivamente inglese a casa. «Se avessi voluto continuare la mia carriera di ballerina, sarei dovuta recarmi a Rotterdam o a Berlino. Ma volevo restare con la mia famiglia», confida. «A Berna, inizialmente, avevo la sensazione di essere una straniera e mi sentivo esclusa. Solo quando ho iniziato a parlare tedesco bernese sono diventati tutti improvvisamente gentili». Imparare la lingua le è risultato facile, il suo insegnante di tedesco la aveva perfino soprannominata «tape recorder», «perché riuscivo a riprodurre tutto perfettamente», ricorda Jessica ridendo.

Esistenza alternativa

Ormai privata della danza, la ricerca della propria identità in questa patria straniera è sfociata nella musica. «Avevamo sempre avuto un pianoforte a casa, ma non l’avevo mai toccato prima. Avevo seguito solo qualche lezione, ma era stato terribile. Tuttavia, improvvisamente mi sono trovata a lavorare ai miei brani personali ogni giorno», così descrive i suoi esordi musicali.

Poi, come se la perdita del suo ambiente abituale non fosse stata un’esperienza sufficientemente amara, sette anni fa il destino ha inferto a Jessica il più duro colpo che si possa forse immaginare. Suo fratello, di due anni più giovane di lei, è deceduto. «Condividevamo tutto e da fuori ci scambiavano spesso per gemelli», rivela e racconta di come sia stato proprio il fratello a far sbocciare la sua passione per il mondo dei videogiochi e delle colonne sonore dei film.

È esattamente lì, in quei mondi dove chiunque può reinventarsi, che Jessica ha trovato la sua nuova patria come Jessiquoi. «Si potrebbe pensare che Jessiquoi sia un personaggio di fantasia, ma in realtà è solo una versione diversa di me», spiega e aggiunge: «Il personaggio può anche spaventare, perché Jessiquoi non si muove all’interno del nostro sistema fisso di chiari ruoli di genere e identità nazionali».

Adesso nei suoi album racconta proprio di questi mondi stranieri, dove le valli sono contaminate e la gente si rifugia sulle cime delle montagne e dove i piloti sono in grado di volare verso una vita migliore. Sul palcoscenico mette in pratica questa esistenza alternativa completamente da sola. Con la centrale di comando per gli effetti visivi e gli strumenti elettronici allestiti su un carretto di legno, Jessiquoi, come una sovrana assoluta, regna a suon di danza sul palcoscenico, un luogo di autodeterminazione e di costante riposizionamento. Jessiquoi crea un’opera d’arte totale che colpisce per la sua natura intransigente e con la quale ha già suscitato forte entusiasmo anche a Siviglia e a New York.

Il carretto di legno o, come lo chiama lei, il «Wägeli» è un rimando alla cultura cinese, con la quale ha una forte affinità, così come l’arpa cinese che suona dal vivo. «Alla scuola di lingue una mia amica cinese mi ha fatto appassionare alla sua cultura. Una volta, quando ero in Cina (a Shanghai, alle tre del mattino), volevo mangiare qualcosa quando ho visto un’anziana signora che cucinava sul suo carretto di legno. Un vecchio carretto nel bel mezzo di una metropoli: un’immagine che non mi ha mai abbandonato. Volevo essere io quella donna», racconta sorridendo.

Lavorare a nuovi brani

Jessica considera l’autodeterminazione senza se e senza ma e la libertà di mantenere il proprio io allo stato fluido elementi necessari per la propria arte. «Credo che il compito principale degli artisti sia sognare il futuro della nostra civiltà o mostrarlo sotto una nuova luce, perché registrano, analizzano, criticano e riformulano il mondo e le persone che li circondano».

Grazie al contributo Get Going!, nessun ostacolo si frappone più a questo entusiasmante sviluppo. «Ho dovuto finanziarmi attraverso i concerti e il tempo per lavorare a nuovi brani ne ha risentito. Ora ho ottenuto il mio budget annuale in un solo colpo», dichiara raggiante. La meta finale di questo viaggio resta avvolta nel mistero: «Non so che tipo di musica creerò domani. Nascerà spontaneamente. Ma non permetterò mai a nessuno di impormi come suonare per motivi strategici di mercato. Sto lavorando alla mia identità. Io. E io soltanto».

www.jessiquoi.com

Dal 2018 la FONDATION SUISA assegna nuovi contributi alla creazione. Con il progetto «Get Going!» vengono incentivati finanziariamente processi creativi e artistici che esorbitano dalle categorie convenzionali. In una serie di ritratti, ogni anno presentiamo i beneficiari dei contributi «Get Going!». Il concorso 2020 termina a fine agosto.

Articles en relation
10 ans d’Helvetiarockt: Renforcer la voix des femmes·x10 ans d’Helvetiarockt: Renforcer la voix des femmes·x L’association Helvetiarockt s’engage depuis dix ans pour que les femmes·x soient mieux représentées sur la scène musicale. Il est temps de faire un petit bilan. Continuer
Mes compos, mais pas mes beatsMes compos, mais pas mes beats Avec la mélodie c’est un tube, mais le groove n’y est pas. Tandis qu’on fredonne déjà les paroles géniales, depuis plusieurs jours il manque le rythme dans le sang. De nombreuses raisons peuvent expliquer le recours à des beats d’un autre compositeur pour un de nos propres morceaux. Gardez le tempo, même dans un cadre formel, avec ces quelques conseils juridiques et astuces pratiques en lien avec l’achat de beats (instrus). Continuer
Tobias Jundt: «Rien ne vaudra jamais une chanson bien écrite»«Rien ne vaudra jamais une chanson bien écrite» Pour Tobias Jundt, son succès international avec Bonaparte constitue aujourd’hui le point culminant de sa longue carrière d’auteur-compositeur. Il a composé plusieurs centaines de titres, créé dans une large variété stylistique, pour ou avec d’autres artistes. Ce Bernois qui vit à Berlin transmet ses connaissances et son expérience de compositeur en tant que professeur invité à la Haute école des arts de Zurich dans la matière «Songwriting». Une interview. Continuer
Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

La recherche identitaire est sa force créatrice. C’est dans ce contexte que Jessica Plattner alias Jessiquoi crée une œuvre d’art audiovisuelle complète. Selon ses propres dires, la Bernoise de 31 ans déborde d’idées. Grâce à la contribution Get Going!, plus rien ne la retient dans la réalisation de ses objectifs. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Jessiquoi, ou la liberté de se réinventer

Jessiquoi (Photo: Manuel Lopez)

«Quand je serai grande, j’aimerais avoir un piano à queue sur scène», dit Jessica Plattner en riant de ses mots. Bien entendu, la jeune femme de 31 ans est déjà adulte, mais ce qu’elle veut nous faire comprendre, c’est que sa voie d’artiste est loin d’être toute tracée. Pourtant, avec son alter ego Jessiquoi, elle fait déjà partie des artistes musicaux suisses les plus impressionnants....Continuer

Anna Gosteli: «Je ne sais jamais où les choses vont m’entraîner»

En dépit d’une formation de haut niveau et de succès commerciaux au sein de plusieurs groupes, Anna Gosteli a trop souvent brillé à l’arrière-plan. Aujourd’hui, à 35 ans, la Soleuroise s’émancipe et trouve son identité musicale trop longtemps recherchée dans la somme de ses nombreuses expériences. La contribution à la création Get Going! 2019 lui assure l’indépendance financière nécessaire pour cela. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Anna Gosteli: «Je ne sais jamais où les choses vont m’entraîner»

Anna Gosteli (Photo: Manuel Vescoli)

Des pièces de puzzle comme des cailloux de mosaïque qui scintillent, éparpillés, dans toutes les teintes possibles. Et pourtant: aucune image d’ensemble ne se dégage. Pour que le tableau achevé ait une véritable identité, il manque le juste ordonnancement, le bon déroulé. «Un peu de tout, mais rien à fond»: tel est l’état dans lequel se trouvait Anna Gosteli, d’après ses propres dires, pendant des années. Et ce, bien que l’on puisse voir et entendre les différentes pièces du puzzle: sept ans de leçons de piano, puis de clarinette, puis un chœur à l’école. Chez elle, dans le Vorarlberg autrichien, sa mère joue de la guitare et son père du saxophone. «Enfant déjà, j’écoutais tous les styles possibles, des chansons indémodables et des tubes. À la maison, nous avions toujours un instrument sous la main pour faire de la musique.»

À 14 ans, Anna Gosteli déménage en Suisse. C’est un nouveau caillou pour sa mosaïque, auquel viendront régulièrement s’ajouter de nouveaux. À 21 ans, elle devient membre du collectif d’art pop bâlois The bianca Story. Rien ne semble faire obstacle à une fulgurante carrière. Spectacles à l’opéra allemand de Berlin, enregistrements aux studios Abbey Road à Londres, et pourtant: «J’étais la petite souris du groupe au début», raconte la musicienne d’aujourd’hui 35 ans, avant d’ajouter: «C’était un sentiment tout à fait personnel, et qui ne tenait pas à mes collègues masculins, qui m’ont toujours traitée comme un membre à part entière.» Chanteuse extrêmement talentueuse, Anna Gosteli reste cependant toujours la deuxième voix malgré le succès international. Ajoutons à cela une certaine timidité, et cette situation lui laisse le sentiment qu’elle pourrait aller plus loin.

Son émancipation commence quand elle se met à fréquenter de l’école de jazz de Bâle. Elle apprend la composition avec Hans Feigenwinter, le chant avec Lisette Spinnler et les harmonies avec Lester Menezes. Elle en rit aujourd’hui, mais «à l’époque, je pleurais quand Lester me disait une fois encore, énervé, que ce que je faisais était ennuyeux. Je chantais trop bien.» Finalement, cet amour-haine se révèle un moteur important pour sortir des rôles assignés et écouter sa voix intérieure. Lentement mais sûrement, les pièces du puzzle récoltées pendant des années semblent s’assembler. La certitude grandit que là derrière, peut-être, se cache un grand tableau dont tous les morceaux concorderaient.

Anna Gosteli fonde Chiqanne avec Fabian Chiquet, de The bianca Story. Ensemble, ils créent des chansons pop formidables et profondes. «D’un seul coup, je me suis mise à écrire des textes en allemand et à me tenir sur le devant de la scène.» Mais l’étape décisive de l’assemblage du puzzle n’arrive qu’avec «Dr Schnuu und sini Tierli» et sa collection de chansons pour les enfants et, c’est important, aussi pour leurs parents. Cela n’était pas prévu, comme tant d’événements sur son riche parcours. «Je ne sais jamais où les choses vont m’entraîner. Mais c’est aussi une sorte de concept», sourit-elle.

C’était à Noël, et alors jeune mère d’un fils qui a aujourd’hui six ans, Anna Gosteli avait besoin d’un cadeau pour les enfants de ses amis. «Et parce que je manquais terriblement d’argent à cette époque, j’ai décidé d’écrire une chanson et d’offrir à chacun un couplet.» À la chanson sur les volatiles suit celle sur un castor, qu’elle offre au compositeur de musique de films Biber Gullatz (en allemand, «Biber» signifie castor), avec qui elle travaille souvent à l’adaptation musicale de téléfilms, pour le remercier de l’avoir hébergée à Berlin. «C’est à ce moment-là que j’ai eu l’idée d’écrire une série de chansons pour les enfants.»

Ce sont ces chansons-là, qui englobent déjà presque toute la somme des expériences musicales que l’artiste a engrangées pendant sa carrière, qui lui montrent que le puzzle va devenir un tableau brillant. Avec beaucoup d’espièglerie, mais aussi une profondeur psychologique étonnante, ces morceaux prouvent l’étendue du talent de la parolière qu’elle est, tandis que la musique – jouée sur scène avec la guitariste Martina Stutz – reflète son voyage à travers les styles, des chansons indémodables au jazz en passant par les tubes et la pop.

«En ce moment, je fourmille d’idées», dit la musicienne, qui donne des cours de chant au Guggenheim à Liestal et codirige, avec Evelinn Trouble, le «Female Bandworkshop» d’«Helvetiarockt». Enfin, au sein du nouveau groupe Kid Empress, elle s’apprête à présent à parachever son puzzle. «J’ai enfin trouvé trois âmes sœurs dans la musique, relate Anna Gosteli. Nous prenons les décisions ensemble, et ce sans devoir faire de compromis.»

Le «Schnuu» et le son de Kid Empress, influencé par différents styles, montrent déjà bien que le «un peu de tout, mais rien à fond» du début prend les contours d’une véritable identité. «La contribution Get Going! me donne, exactement au moment où j’en ai besoin, le coup de pouce financier nécessaire pour pouvoir me lancer dans ces nouvelles aventures créatives.» Et à nouveau, un sourire lumineux s’affiche sur son visage.

C’est en 2018 que la FONDATION SUISA a commencé à allouer ses nouvelles contributions à la création. Dans le cadre de «Get Going!», elle finance des processus créatifs et artistiques qui se situent hors des catégories usuelles. Nous consacrons chaque année une série de portraits aux bénéficiaires de ces contributions Get Going! L’appel à candidatures pour 2020 s’achèvera à la fin août.


Anna Gosteli: «Non so mai dove mi porta la vita»

Nonostante una formazione d’eccezione e il successo commerciale in numerose band, il talento di Anna Gosteli stentava a salire alla ribalta. Oggi, forte di numerose esperienze confluite in un’identità musicale ardentemente cercata, la 35enne di Soletta può finalmente esprimere tutto il suo estro artistico. Grazie al contributo «Get Going! 2019», l’artista può ora contare sulla necessaria autonomia finanziaria. Contributo ospite di Rudolf Amstutz

Anna Gosteli: «Non so mai dove mi porta la vita»

Anna Gosteli (Foto: Manuel Vescoli)

Le tessere di un mosaico, distribuite casualmente, presentano un’infinita varietà di colori, ma non formano un quadro d’insieme. Per creare l’immagine finale, devono essere disposte nella loro esatta collocazione. «Di tutto un po’, senza eccellere in niente»: così Anna Gosteli esprime uno stato d’animo durato anni. E questo nonostante un’evidente preparazione in numerose discipline: lezioni di pianoforte a sette anni, poi clarinetto e coro della scuola. A casa, nel Vorarlberg austriaco, una madre chitarrista e un padre sassofonista. «Già da bambina ho sperimentato ogni stile possibile, dall’evergreen allo Schlager, e non sono mancati diversi strumenti da suonare».

Poi, a 14 anni, il trasferimento in Svizzera. A questo punto il mosaico si arricchisce di una tessera a cui ne seguiranno molte altre. A 21 anni Anna entra a far parte del quintetto indiepop fondato a Basilea «The Bianca Story». Nulla sembra ostacolare una carriera in ascesa: apparizioni alla Deutsche Oper Berlin, registrazioni agli Abbey Road Studios di Londra. «All’inizio passavo inosservata nella band», afferma la 35enne. Poi aggiunge rapidamente: «Ma ero io a sentirmi così, non era colpa dei miei colleghi uomini, che mi hanno sempre trattata alla pari». Cantante di grande talento, Anna è sempre stata la seconda voce nonostante il successo internazionale. Questa condizione, unita alla sua natura riservata, l’ha portata a immaginare una carriera più appagante.

Così, la sua emancipazione artistica è iniziata frequentando la scuola di jazz di Basilea: composizione con Hans Feigenwinter, canto con Lisette Spinnler e armonia con Lester Menezes. Oggi ci ride su, ma ammette di aver pianto quando Lester «sbottò che quello che facevo era noioso. Secondo lui cantavo fin troppo bene». Alla fine, attraverso questo rapporto di amore-odio, Anna è riuscita a mettere in discussione i ruoli che le erano stati assegnati e ad ascoltare la sua voce interiore. Lentamente ma inesorabilmente, le tessere del mosaico accumulate negli anni sembravano finalmente andare al posto giusto. E in lei cresceva la certezza che presto avrebbero creato un quadro perfetto.

Così, con Fabian Chiquet di The Bianca Story, ha fondato Chiqanne. Insieme compongono meravigliose canzoni pop dai contenuti profondi. «All’improvviso mi sono trovata a scrivere testi in tedesco e a cantarli sotto le luci della ribalta». Tuttavia, la svolta decisiva è arrivata con «Dr Schnuu und sini Tierli», una raccolta di canzoni per bambini ma anche per i loro genitori. Fu un caso, come molti altri avvenimenti della sua variegata carriera. «Non so mai dove mi porta la vita. Ma, in un certo senso, è un piano anche questo», afferma ridendo.

Un Natale di qualche anno fa Anna, già madre di un bimbo che oggi ha sei anni, stava cercando un regalo per i figli dei suoi amici. «E siccome all’epoca dovevo risparmiare, ho scritto una canzone dedicando una strofa ad ogni bambino». A «Federvieh», il brano sui pennuti, ha fatto seguito la canzone del castoro, «Biber», dedicata al compositore di colonne sonore cinematografiche Biber Gullatz (con cui spesso collabora per le musiche di film per la televisione) come ringraziamento per il suo soggiorno a Berlino. «Soltanto allora ho pensato di scrivere una raccolta di canzoni per bambini».

Sono proprio queste canzoni, che raccolgono gran parte della sua esperienza musicale, a suggerire che il mosaico di Anna Gosteli si trasformerà ben presto in un’opera strabiliante. Con molta ironia, ma anche con grande profondità di pensiero, queste canzoni mostrano tutto il talento narrativo di Gosteli, mentre la musica portata sul palco insieme alla chitarrista Martina Stutz riflette il suo percorso tra gli stili più disparati, dall’evergreen allo Schlager passando per il pop e il jazz.

«Oggi ho un sacco di idee», afferma Anna, che insegna canto al Guggenheim di Liestal ed è responsabile insieme a Evelinn Trouble del «Female Bandworkshop» per «helvetiarockt». Un’ultima ma non meno importante novità: il mosaico sarà presto completato nella neonata formazione Kid Empress. «Finalmente collaboro con tre persone musicalmente affini», afferma la giovane artista, «insieme prendiamo decisioni senza scendere a compromessi».

«Schnuu» e il sound dallo stile trasversale di Kid Empress suggeriscono che l’iniziale «di tutto un po’, senza eccellere in niente» ha lasciato il posto a una precisa identità. «Il contributo Get Going! arriva nel momento giusto, poiché mi offre le risorse finanziarie necessarie per potermi lanciare in nuove avventure creative.» Uno splendido sorriso le illumina il viso.

Dal 2018 la FONDATION SUISA assegna nuovi contributi alla creazione. Con il progetto «Get Going!» vengono incentivati finanziariamente processi creativi e artistici che esorbitano dalle categorie convenzionali. In una serie di ritratti, ogni anno presentiamo i beneficiari dei contributi «Get Going!». Il concorso 2020 termina a fine agosto.

Articles en relation
«Get Going!» lance sa troisième édition«Get Going!» lance sa troisième édition «Get Going!» ouvre de nouvelles perspectives: Le concept de «Get Going!» repose sur la philosophie de «rendre les choses possibles». «Get Going!» est un coup de pouce financier de démarrage. Quatre de ces contributions à la création à hauteur de CHF 25 000 chacune sont octroyées chaque année. Continuer
Tanya Barany: «Avec cette crise, j’ai un peu l’impression de faire un séjour en centre de désintoxication»«Avec cette crise, j’ai un peu l’impression de faire un séjour en centre de désintoxication» Pendant la crise du coronavirus, dans le cadre du projet «Music for Tomorrow», SUISA propose à quelques-uns de ses membres une plateforme sur laquelle ils peuvent présenter leurs créations et parler de leurs défis. C’est au tour de la musicienne et compositrice valaisanne Tanya Barany de nous expliquer en quoi elle espère que cette crise aura permis de déclencher une prise de conscience en matière d’entraide sociale, de reconnaissance, de solidarité ou de réflexion et elle nous présente en exclusivité sa chanson «Cotton Clouds». Continuer
Helvetiarockt: SUISA soutient la voix des femmes musiciennes en SuisseHelvetiarockt: SUISA soutient la voix des femmes musiciennes en Suisse |avec vidéo De nos jours, les femmes sont encore sous-représentées dans l’industrie musicale, sur scène et dans le monde de la production. Par conséquent, l’association Helvetiarockt s’engage depuis dix ans pour les femmes dans les univers pop, jazz et rock en Suisse. Depuis 2019, SUISA soutient Helvetiarockt en tant que partenaire et a participé en août dernier au «Female* Songwriting Camp» au Fri-Son à Fribourg. Continuer
Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

En dépit d’une formation de haut niveau et de succès commerciaux au sein de plusieurs groupes, Anna Gosteli a trop souvent brillé à l’arrière-plan. Aujourd’hui, à 35 ans, la Soleuroise s’émancipe et trouve son identité musicale trop longtemps recherchée dans la somme de ses nombreuses expériences. La contribution à la création Get Going! 2019 lui assure l’indépendance financière nécessaire pour cela. Texte de Rudolf Amstutz, contributeur invité – La versione italiana del testo si trova sotto.

Anna Gosteli: «Je ne sais jamais où les choses vont m’entraîner»

Anna Gosteli (Photo: Manuel Vescoli)

Des pièces de puzzle comme des cailloux de mosaïque qui scintillent, éparpillés, dans toutes les teintes possibles. Et pourtant: aucune image d’ensemble ne se dégage. Pour que le tableau achevé ait une véritable identité, il manque le juste ordonnancement, le bon déroulé. «Un peu de tout, mais rien à fond»: tel est l’état...Continuer

«Avec cette crise, j’ai un peu l’impression de faire un séjour en centre de désintoxication»

Pendant la crise du coronavirus, dans le cadre du projet «Music for Tomorrow», SUISA propose à quelques-uns de ses membres une plateforme sur laquelle ils peuvent présenter leurs créations et parler de leurs défis. C’est au tour de la musicienne et compositrice valaisanne Tanya Barany de nous expliquer en quoi elle espère que cette crise aura permis de déclencher une prise de conscience en matière d’entraide sociale, de reconnaissance, de solidarité ou de réflexion et elle nous présente en exclusivité sa chanson «Cotton Clouds». Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo réalisée par Tanya Barany, arrangée par Nina Müller

«Aussi sombre que mon humour britannique, mais avec une touche d’air frais des montagnes», c’est ainsi que Tanya Barany décrit sa «dark pop». Née dans le Haut-Valais où elle a grandi, Tanja Zimmerman, de son vrai nom, s’est mise à la musique dès son plus jeune âge: «Je chante, je danse et je donne des spectacles depuis toujours. Les scènes sont juste devenues plus grandes avec le temps», déclare-t-elle dans le cadre d’une interview réalisée par écrit. «Ce qui au début n’était rien d’autre que mon lit s’est transformé en une scène du Gampel Openair.» Sa carrière musicale commence à 11 ans, lors de sa première apparition en solo où elle s’accompagne à la guitare dans un hit-parade pour enfants. A 14 ans, elle a créé le trio féminin vitaminé Labyrinthzero, avec lequel elle a sorti son premier EP avec ses propres compositions et donné plus de 150 concerts en Suisse et à l’étranger.

A la recherche de son identité musicale

Sa rencontre avec Jonas Ruppen, claviériste et vidéaste de son groupe, a été un élément déclencheur dans sa carrière: «Il m’a fait découvrir le monde de Radiohead, James Blake, etc. – et soudain, c’est comme si j’avais trouvé mon son!» Voilà maintenant dix ans qu’ils font de la musique ensemble et travaillent tous les deux sur le concept «Tanya Barany» – Tanya comme compositrice et Jonas comme producteur vidéo.

Elle a débuté sa formation musicale en 2014 avec un cursus à la Haute école d’art de Zurich où elle a pu bénéficier de l’enseignement d’excellents professeurs. «En même temps, j’ai appris à utiliser le logiciel d’enregistrement LogicX, qui m’a permis de donner une nouvelle direction à mes compositions – ma ‹dark pop› commençait à voir le jour!»

«Lights Disappear» – son premier album

«Lights Disappear», le premier album de Tanya Barany, sort en 2019. Elle le défendra ensuite sur scène dans le cadre d’une tournée de concerts en Suisse et à l’étranger, comme par exemple au Gampel Openair, au Zermatt Unplugged, au Swiss Live Talents ou au Blue Balls Festival.

Outre son projet «Tanya Barany», elle travaille comme chanteuse et musicienne studio, compositrice, parolière et coach vocal.

«Cotton Clouds»

Pour «Music for Tomorrow» Tanya Barany a joué et enregistré sa chanson «Cotton Clouds». A ce propos, elle déclare: «‹Cotton Clouds› décrit la sensation de l’immersion dans l’eau, lorsque tout autour de nous devient soudainement silencieux et qu’un monde nouveau nous apparaît. D’un côté, l’eau qui nous submerge est oppressante (presque écrasante) et, d’un autre côté, elle n’est pas sans évoquer la sécurité d’une étreinte. Totalement inédit ‹Cotton Clouds› est mon titre caché. A l’instar des chansons issues de mon album ‹Lights Disappear›, c’est dans les ténèbres de mon âme que j’ai puisé ‹Cotton Clouds›, mais ce morceau n’a pas trouvé sa place sur l’album. Initialement, ‹Cotton Clouds› a été composée au piano; en fait, je préfère jouer du piano juste pour moi, sans que personne ne m’écoute. J’ai choisi ‹Cotton Clouds› pour ‹Music for Tomorrow› parce que j’aimerais inviter les auditeurs dans mon petit salon et les emmener dans un petit voyage personnel … :-)»

Tanya Barany, à quoi ressemble ton quotidien d’auteure-compositrice pendant la pandémie de coronavirus?
Tanya Barany: En ce moment, j’ai davantage de temps pour convertir mes idées de chansons en morceaux concrets et aboutis. C’est la raison pour laquelle j’essaye d’être aussi productive que possible – pas seulement pour moi en tant que Tanya Barany, mais aussi en tant que parolière anonyme pour d’autres artistes. Mon partenaire, David Friedli – lui aussi musicien et compositeur –, et moi-même écrivons souvent ensemble. Nous explorons tous les styles possibles et imaginables – folk, rock, schlager, électro, pop, soul, etc. – c’est vraiment amusant!

Comment vis-tu cette crise sanitaire?
Avec cette crise, j’ai un peu l’impression de faire un séjour en centre de désintoxication. Je n’ai aucune envie d’y être – les concerts, la vie culturelle et même le simple fait de faire des projets me manquent (qui l’aurait cru) – et j’attends avec impatience le retour à la normalité. Mais cette crise nous apporte aussi quelque chose de positif: du temps! On dirait que le monde tourne un peu plus lentement. Soudain, je peux me consacrer à des trucs que j’avais envie de faire depuis longtemps, et non pas uniquement à ce que je dois faire – ça fait un bien fou! Cette période m’a permis de souffler pour mieux redémarrer, j’ai l’impression d’avoir plus d’énergie et d’être plus créative qu’avant.

Comment le public peut-il te soutenir en ce moment?
Si mes fans veulent me soutenir, ils peuvent parler de ma musique à leurs amis et à leur famille, leur dire qu’il faut ab-so-lu-ment qu’ils achètent «Lights Disappear» en CD! :-) Les chansons mélancoliques, ça aide dans les moments sombres … :-)

Est-ce une bonne chose que les gens écoutent ta musique sur Spotify et autres plateformes de streaming?
Pour les spectacles en live, les organisatrices et organisateurs tiennent compte, entre autres, du nombre d’écoutes sur Spotify, de vues sur YouTube, etc. C’est donc clairement un avantage si ma musique est régulièrement diffusée sur ce type de plateformes. C’est aussi agréable de voir que l’on écoute mes chansons à l’autre bout du monde! Mais pour me soutenir en tant qu’artiste directement, je suis toujours très reconnaissante pour la musique achetée sur iTunes, etc. ou directement lors des concerts.

Selon toi, qu’est-ce qui pourrait ressortir de positif de la situation actuelle?
J’espère sincèrement que cela aura déclenché une réelle prise de conscience chez chacun d’entre nous – à tous les niveaux! Un peu plus d’entraide sociale, de reconnaissance, de solidarité, de réflexion – ça nous ferait du bien à tous!

Quel message souhaites-tu adresser à tes fans?
Même si vous n’entendez pas beaucoup parler de Tanya Barany en ce moment, je travaille à fond sur un nouveau concept qui va tout déchirer – profitez bien du calme avant la tempête! :-) J’ai vraiment hâte de pouvoir vous proposer mes nouvelles chansons! Merci pour votre soutien! Take care <3

www.tanyabarany.ch

«Music for Tomorrow»
La crise du Covid-19 est particulièrement rude pour les membres de SUISA. En effet, jusqu’à nouvel ordre, les représentations de toute sorte sont interdites. De nombreux compositeurs, compositrices, éditeurs et éditrices ont ainsi perdu leur principale source de revenus. Au cours des prochaines semaines, nous aurons le plaisir de partager le portrait de certains d’entre eux sur le SUISAblog. L’occasion pour ces professionnels de nous confier ce qui les touche et de raconter leurs défis et leur quotidien. Les musiciens et musiciennes ont également filmé leur performance pour notre blog, depuis chez eux ou depuis leur studio. SUISA verse une rémunération aux artistes pour leur participation à ce projet.
Articles en relation
Informations sur les Livestreams à l’attention des membres SUISAInformations sur les Livestreams à l’attention des membres SUISA Les mesures de lutte prises à l’encontre du corona ont conduit les artistes à d’importantes pertes s’agissant des possibilités de se produire et de gagner leur vie; pour les consommateurs de musique, ils ont dû subir à contre cœur l’absence de musique live. Le Livestreaming jouit donc d’une grande popularité, surtout actuellement, et joue un rôle important dans l’industrie culturelle. Continuer
Kety Fusco: «Que l’on soit musicien, technicien ou acteur du monde de la musique, cette situation est une épreuve pour tous.»«Que l’on soit musicien, technicien ou acteur du monde de la musique, cette situation est une épreuve pour tous» A travers le projet «Music for Tomorrow», SUISA souhaite apporter son soutien à ses membres en ces temps difficiles. Une plateforme a ainsi été mise disposition des artistes afin que chacune et chacun puisse raconter son expérience du confinement et présenter l’une de ses œuvres. La compositrice et harpiste tessinoise Kety Fusco est la première à se prêter au jeu. Elle nous livre son quotidien et nous explique pourquoi les choses n’ont pas tellement changé pour elle. Continuer
Pourquoi les membres de SUISA devraient également envisager d’adhérer à SWISSPERFORMPourquoi les membres de SUISA devraient également envisager d’adhérer à SWISSPERFORM Les compositeurs et paroliers membres SUISA qui sont aussi actifs en tant qu’artistes interprètes et/ou producteurs et dont les prestations sont diffusées par des radios et télévisions suisses ou étrangères ont droit à des redevances de SWISSPERFORM. Pour tous ces auteurs-compositeurs-interprètes/producteurs, l’adhésion à SWISSPERFORM est donc complémentaire à celle de SUISA et nécessaire pour une protection et une rémunération intégrale de leurs droits. Continuer
Réduire article

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont vérifiés. Il peut s'écouler un certain laps de temps avant publication. Il n'existe aucun droit à la publication d'un commentaire. La rédaction se réserve le droit de ne pas publier un commentaire qui ne respecte pas les conditions d'utilisation.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Pendant la crise du coronavirus, dans le cadre du projet «Music for Tomorrow», SUISA propose à quelques-uns de ses membres une plateforme sur laquelle ils peuvent présenter leurs créations et parler de leurs défis. C’est au tour de la musicienne et compositrice valaisanne Tanya Barany de nous expliquer en quoi elle espère que cette crise aura permis de déclencher une prise de conscience en matière d’entraide sociale, de reconnaissance, de solidarité ou de réflexion et elle nous présente en exclusivité sa chanson «Cotton Clouds». Texte de Giorgio Tebaldi; vidéo réalisée par Tanya Barany, arrangée par Nina Müller

«Aussi sombre que mon humour britannique, mais avec une touche d’air frais des montagnes», c’est ainsi que Tanya Barany décrit sa «dark pop». Née dans le Haut-Valais où elle a grandi, Tanja Zimmerman, de son...Continuer