La musique populaire à la base de compositions plus élaborées

Le compositeur et accordéoniste Franz «Fränggi» Gehrig reçoit le Prix de la FONDATION SUISA 2016. Le prix annuel de reconnaissance de la fondation de SUISA pour l’encouragement de la musique est décerné en 2016 dans la catégorie «musiques populaires suisses actuelles». Interview du Lauréat Uranais âgé de 30 ans à propos de cette distinction, de son activité de création musicale et de l’attrait de la musique populaire, qu’elle soit ancienne ou nouvelle. Texte/interview de Manu Leuenberger

Fraenggi-Gehrig-Preis-der-FONDATION-2016

Fränggi Gehrig a commencé à jouer de l’accordéon à 8 ans. Il a étudié l’accordéon dans le répertoire jazz à la Haute Ecole de Lucerne, avec comme point fort la musique populaire, et suivit également des cours de composition. (Photo: Blatthirsch.ch)

Fränggi Gehrig, vous êtes lauréat du Prix de la FONDATION SUISA 2016 dans la catégorie «musiques populaires suisses actuelles». Qu’est-ce que cela représente pour vous?
Fränggi Gehrig: cette distinction a été totalement inattendue pour moi, car je n’avais vraiment aucune idée, au moment de présenter mon travail pour le Prix, quelles étaient mes chances. Je suis particulièrement heureux et c’est un grand honneur pour moi d’avoir reçu ce Prix!

La musique populaire est liée à de nombreuses traditions. Quelles sont les difficultés que l’on rencontre quand on souhaite donner une forme nouvelle et actuelle à la musique populaire?
Il me semble que le plus important est de ne pas oublier ses racines. Il convient de veiller à ne pas arbitrairement harmoniser des mélodies un peu différemment ou modifier les rythmes en affirmant ensuite qu’il s’agit de musique populaire nouvelle.
Je crois que l’établissement d’un lien entre «traditionnel» et «nouveau» ne réussit pas si la personne qui tente cela n’a pas vécu très longtemps de manière intense dans la tradition. L’apprentissage de la musique populaire traditionnelle est très difficile. Il nécessite d’y consacrer ses soirées libres durant des décennies, et de répéter également de nombreuses heures individuellement, afin de se l’approprier réellement. A mon avis, ce background est nécessaire si l’on souhaite donner de manière intéressante une forme nouvelle et actuelle à la musique populaire.

On peut d’une part vous entendre en tant qu’interprète, souvent à l’accordéon, d’œuvres populaires anciennes. D’autre part, vous composez pour des ensembles comme Rumpus, Stegreif GmbH ou le groupe Alpini Vernähmlassig, dans lequel vous jouez également. Quel est pour vous l’attrait d’interpréter des airs anciens tout en composant de la musique nouvelle?
Dans le fond, j’aime le changement et la diversité des projets dans mon activité. Comme je vous l’ai dit, la musique traditionnelle «ancienne» est ma base, c’est avec elle que j’ai grandi et je continue à la jouer avec grand plaisir. Je trouve qu’elle convient mieux dans un café avec une bonne ambiance où l’on danse que dans une salle de concert. En revanche, mes compositions un peu plus élaborées conviendront probablement mieux dans des concerts. Le public-cible est assez différent; ce sont pratiquement deux mondes séparés. Cette diversité me plaît et m’incite à continuer à faire les deux choses, en les combinant parfois.

Il y a 6 ans, vous avez adhéré à la Coopérative suisse des auteurs et éditeurs de musique. Quelle est l’utilité de cette affiliation à SUISA pour vous?
Je peux ainsi bénéficier d’une bonne protection de mes œuvres par le droit d’auteur et, surtout, j’en profite lorsque mes compositions sont jouées publiquement.

Savez-vous déjà comment vous allez utiliser le montant qui vous revient grâce à cette distinction de la FONDATION SUISA?
Je vais très certainement faire l’acquisition d’un bon instrument dont je rêvais depuis longtemps.

Parmi les formations auxquelles vous participez, laquelle vous tient particulièrement à cœur actuellement ou dans un proche avenir?
A l’avenir, mon objectif est de promouvoir un peu mon propre quintette. A part cela, j’espère que je pourrai continuer à vivre des moments inoubliables avec mes différents groupes et avec mes collègues musiciens.

Site Internet officiel: www.fraenggigehrig.com

Le Prix de la FONDATION SUISA est un prix de reconnaissance qui récompense des créations exceptionnelles, qui contribuent à enrichir l’héritage musical suisse. Le Prix (25 000 francs) est décerné annuellement par la Fondation d’encouragement musical de SUISA, à chaque fois dans une catégorie différente. Les derniers lauréats ont été les suivants: Aliose (catégorie «musique de variéte»), Gary Berger («composition instrumentale/vocale et électronique»), Ruh Musik AG («édition musicale»), Trummer («singer/songwriter») ainsi que Michel Steiner et Willi Valotti («musique populaire suisse»).

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Jazzahead! 2016: le jazz suisse au centre de l’attention

Le monde suisse du jazz est à l’honneur: la Suisse est le pays hôte officiel de Jazzahead!, le salon et son festival entièrement dévolus au jazz. Ils se tiendront respectivement du 21 au 24 avril et du 7 au 24 avril 2016 à Brême. La FONDATION SUISA et Pro Helvetia, en collaboration avec le Syndicat musical suisse, y installeront leur quartier général. Le responsable de projet de la FONDATION SUISA, Marcel Kaufmann, explique dans un entretien pourquoi le Jazzahead! revêt une grande importance pour le jazz suisse.

Jazzahead-Aushang-Eingang

Plus de 3000 participants venant de 55 pays se sont rendus en 2015 au salon professionnel de musique Jazzahead! à Brême. (Photo: Marcel Kaufmann)

Marcel Kaufmann, le jazz suisse bénéficiera cette année d’une superbe plateforme dans le cadre du Jazzahead! Que font la FONDATION SUISA et ses partenaires pour promouvoir la scène jazz suisse lors de ce festival international?
Marcel Kaufmann: Tout d’abord, nous organisons une présence suisse commune dans le cadre du Jazzahead! et faisons ainsi en sorte que la Suisse et tous les participants suisses au salon soient concrètement visibles en un lieu central de l’événement. En tant que plateforme principale, pour trouver et être trouvé, le stand collectif suisse sera cette année à nouveau gratuitement à disposition. Il est possible de s’inscrire par le site Internet de la FONDATION SUISA et cela jusqu’au début du salon.
En De plus, cette année, plusieurs autres points forts et événements mettront le jazz suisse et ses représentants sous le feu des projecteurs. La «Swiss Night» marquera le début du du festival de showcases lors de la soirée d’ouverture, le 21 avril. A cette occasion, huit projets jazz helvétiques se présenteront à un public international de spécialistes.
En tant que pays hôte, la Suisse sera au centre de l’attention et sera donc encore plus visible du public international du salon que lors des années précédentes. Nous pouvons compter sur une scène jazz forte et incroyablement variée. Notre objectif est de présenter nos qualités et notre diversité, sous le titre «schweizsuissesvizzerasvizra», d’une manière telle que l’on se souvienne de notre présence longtemps encore après la fin du salon.

La FONDATION SUISA, Pro Helvetia et le Syndicat musical suisse ont créé à l’occasion du Jazzahead! 2016 le site temporaire www.switzerland-jazzahead.com. Quel est le but de ce site web?
Le site Internet est une sorte de boussole et un outil d’information sur la présence de la Suisse au Jazzahead! 2016, en tant que pays partenaire. Avant et durant le salon, il est possible d’y obtenir une vue d’ensemble du programme suisse et d’y trouver quelques highlights qu’on notera dans son agenda. Le site donne des informations sur les artistes et sur la présence suisse à Brême et contient  également des informations plus générales sur le thème du jazz suisse. Et, bien entendu, il est possible d’écouter de la musique sur ce site.

La Suisse sera pays hôte officiel du Jazzahead! 2016; la joie a été grande l’an passé lorsque la nouvelle est tombée. Quel honneur! Comment cela a-t-il pu être possible?
Le pays partenaire est choisi par la direction du salon. Dans ce contexte, le Jazzahead! tient beaucoup à ce que ce choix se fasse sur la base de critères artistiques, et non financiers par exemple. Ces dernières années, la Suisse s’est profilée à Brême comme un pays où le jazz sait se faire entendre. Ainsi, il y a eu très peu d’autres pays que la Suisse qui ont pu proposer autant de showcases dans le programme officiel: en cinq ans, nous avons accueilli 14 groupes, auxquels s’ajoutent huit projets cette année. En 2012, le groupe Hildegard lernt fliegen a réussi à percer internationalement notamment grâce à un showcase lors du Jazzahead!.
En outre, le nombre de visiteurs professionnels en provenance de Suisse a augmenté continuellement depuis 2011. Et, finalement, l’engagement de longue durée de la FONDATION SUISA et de Pro Helvetia, concrétisé par une présence suisse remarquée, a probablement également joué un rôle.
Tout compte fait, la Suisse a gagné cet honneur grâce à ce que le pays a pour habitude de proposer: de la qualité et de la continuité.

Pourquoi un musicien suisse de jazz ou un organisateur de concerts de jazz devraient-ils être présents au Jazzahead!?
Pour les musiciens, il est particulièrement intéressant d’obtenir l’un des showcases très convoités. Ceux-ci sont toujours mis au concours entre septembre et novembre et sont ensuite programmés par un jury indépendant. Le public est composé de spécialistes qui ne sont pas là par hasard, notamment des organisateurs travaillant pour des festivals internationaux et des clubs renommés. L’événement attire également de nombreux responsables de labels et des journalistes spécialisés dans le jazz. Et puis, contrairement à ce que l’on constate souvent dans d’autres festivals de showcases, il n’y a que quelques scènes au Jazzahead!, ainsi le public ne se disperse pas trop.
Même si un musicien n’a pas réussi à obtenir de showcase, il aura tout intérêt à se rendre au salon, car le public de spécialistes dont il a été question plus haut est également présent durant la journée. Des rencontres organisées ou impromptues ont lieu, dans les allées ou au stand. Avec un peu de talent et quelques efforts, des contacts peuvent être noués. Nous essayons de fournir un certain soutien pour cela.
Pour les organisateurs orientés vers l’étranger, le festival de showcases s’avère incontournable. Il n’existe pas d’autre lieu où l’on peut, en tant qu’organisateur dans le domaine du jazz, entrer en contact avec autant de représentants de ce domaine professionnel, provenant de nombreux pays. Mais bien entendu aussi avec des artistes prometteurs et leur entourage. De telles relations peuvent ainsi être nouées et entretenues.
Un habitué du Jazzahead! m’a un jour décrit cette réalité de la manière suivante: «Il n’y a pas d’autre endroit où l’on peut aussi nettement sentir battre le pouls du jazz international; le Jazzahead! est unique pour cela.»

Comment un visiteur peut-il se préparer afin de tirer le meilleur profit possible d’une visite?
En fait, la réponse est dans la question: tout est dans la préparation. La personne qui arrive au Jazzahead! avec un agenda vide est fortement désavantagée. Dans la plupart des cas, les rendez-vous sont en effet fixés avant l’événement. C’est pourquoi il est fortement conseillé de consulter la base de données des participants suffisamment tôt et de convenir de rendez-vous. Parallèlement à cela, il est recommandé d’étudier attentivement le programme du salon et du festival. D’une part pour prendre note des concerts intéressants et des conférences à ne pas manquer. D’autre part également pour tenter d’évaluer les probabilités de tomber «par hasard» sur une personne qui n’a pas pu être jointe jusqu’ici. Mon conseil: les apéritifs organisés sur les stands des différents pays sont tout à fait appropriés pour cela.
Il convient de tenir compte de la règle générale suivante: au Jazzahead! personne ne va t’attendre! Cela signifie que si je veux faire connaître ma musique ou mon travail à quelqu’un, je dois avoir quelque chose à présenter; matériel de promotion, enregistrements et vidéos seront donc obligatoirement du voyage! Autre aspect important: chacun doit avoir une histoire à raconter. Sinon, cela risque d’être difficile. La concurrence ne dort pas!
Le stand collectif suisse offre la possibilité de présenter du matériel de promotion et d’information, mais il constitue également un lieu où il est possible d’organiser des rencontres avec de potentiels partenaires commerciaux. Et cela gratuitement. Le personnel du stand se tient volontiers à disposition pour aider à nouer des contacts et transmettre certaines informations.

La FONDATION SUISA participe pour la neuvième fois au Jazzahead!. Quelles expériences avez-vous faites avec votre présence à ce salon musical? Combien de visiteurs utilisent l’infrastructure mise à disposition par la FONDATION SUISA au Jazzahead?
En premier lieu, je crois que nous avons réussi à montrer au monde qu’il existe une remarquable scène suisse du jazz dont la qualité n’a rien à envier à celle des scènes jazz d’autres pays. En tant que pays hôte, nous avons l’intention de renforcer cette conviction auprès du public international de manière durable.
Le Jazzahead! s’est depuis longtemps établi comme l’un des lieux de rencontre les plus importants du business international du jazz et connaît, en tant que salon, un véritable boom. Ainsi, le nombre total de visiteurs professionnels a doublé ces six dernières années, en passant de 1500 à 3000 personnes – et l’évolution se poursuit dans ce sens. Nous avons constaté cette tendance assez tôt et avons pu nous positionner en conséquence. Le stand collectif est devenu une «maison suisse» et le premier endroit auquel les participants internationaux s’adressent pour des contacts ou des informations. Nous constatons donc avec satisfaction que nous sommes sur la bonne voie avec nos mesures de promotion. Les participants suisses nous le confirment année après année. Pour cette année, nous avons déjà reçu plus de 60 inscriptions pour notre stand. Mais nous ne nous reposons pas sur nos lauriers. Nous restons attentifs à l’évolution de la scène jazz et prenons au sérieux les critiques constructives de nos co-exposants. L’objectif est, et demeure, de représenter le jazz suisse le mieux possible sur cette scène internationale.

Quels sont pour toi les temps forts du Jazzahead! de cette année – exception faite du quartier général suisse?
Je me réjouis beaucoup de la Swiss Night du 21 avril. Les groupes suisses en showcases vont faire forte impression pour l’image de la Suisse en tant que pays partenaire, j’en suis convaincu. Mais le concert de gala au Bremer Glocke, avec Nik Bärtsch’s Ronin et Hildegard lernt fliegen, sera certainement également l’un des temps forts du Jazzahead!.

Informations complémentaires:
www.switzerland-jazzahead.com
site d’information de la FONDATION SUISA sur le Jazzahead!
www.jazzahead.de (site officiel du salon)

Jazzahead-2015-Schweizer-StandJazzahead!: hier et demain La dixième édition de jazzahead!, qui s’est tenue du 23 au 26 avril 2015 à Brême, a été riche en nouveautés: nouveau lieu, nouveau record de participation, et nouveau stand pour la Suisse. Et en point d’orgue, la révélation du pays partenaire du prochain jazzahead!: en 2016, c’est la scène suisse du jazz qui sera à l’honneur. Continuer

 

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Le monde suisse du jazz est à l’honneur: la Suisse est le pays hôte officiel de Jazzahead!, le salon et son festival entièrement dévolus au jazz. Ils se tiendront respectivement du 21 au 24 avril et du 7 au 24 avril 2016 à Brême. La FONDATION SUISA et Pro Helvetia, en collaboration avec le Syndicat musical suisse, y installeront leur quartier général. Le responsable de projet de la FONDATION SUISA, Marcel Kaufmann, explique dans un entretien pourquoi le Jazzahead! revêt une grande importance pour le jazz suisse.

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Candidatures pour le Prix de Musique de film 2016 de la FONDATION SUISA

La musique de film est souvent quelque peu négligée. Le Prix de Musique de film de la FONDATION SUISA veut mettre en évidence l’importance du travail musical pour un film. Les candidatures pour le Prix de cette année, dans la catégorie «film de fiction» peuvent être déposées jusqu’au 13 mai 2016.

Prix de Musique de film Locarno Piazza

La remise du Prix de Musique de film de la FONDATION SUISA aura lieu en août dans le cadre du Festival international de Films de Locarno. (Photo: Vogel / Shutterstock.com)

«Il n’y a en fait aucune raison qui expliquerait pourquoi un compositeur exigeant, qui travaille avec des producteurs intelligents à un projet de film à vocation artistique n’aurait pas le droit de voir sa musique de film jugée selon les mêmes critères que ceux qui sont appliqués pour sa musique de concert.»

Cette citation d’Aaron Copland, tirée de l’ouvrage «Musique de film: les grands compositeurs de musiques de film – leur art et leur technique» de Tony Thomas, date de 1949. Copland, qui a marqué de son empreinte la musique contemporaine américaine «savante», a également composé de la musique de film.

L’importance de la musique de film

Aujourd’hui encore, la musique de film est souvent sous-estimée: «Précisément lorsqu’elle joue parfaitement son rôle. Il arrive alors fréquemment qu’on ne la perçoive quasiment pas, car on ne l’écoute pas de manière consciente – et c’est pourtant ainsi qu’elle remplit habituellement sa fonction», déclarait Mathias Spohr lors d’une interview pour le SUISAblog. Le musicologue et spécialiste des médias était le directeur artistique du coffret «Swiss Film Music» publié par la FONDATION SUISA. Cette anthologie offre avec trois CD, un DVD et un livre un fascinant aperçu de l’histoire de la musique de film suisse de 1923 à 2012.

Le jury du Prix de Musique de film de la FONDATION SUISA écoutera quant à lui attentivement les compositions proposées. La Fondation de promotion de la musique de SUISA décerne ce Prix depuis plus de 15 ans, et met ainsi en évidence l’importance des travaux musicaux pour le 7e art.

Prix 2016 dans la catégorie Film de fiction

La liste des lauréats précédents comprend les noms de compositeurs suisses de musique de film renommés tels qu’Alex Kirschner (lauréat en 2000), Balz Bachmann (2003 et 2006), Niki Reiser (2001 et 2011), les frères et sœurs Baldenweg (2010) et Marcel Vaid (2009). La distinction de l’année passée, décernée pour la première fois dans la catégorie Film documentaire, est revenue à Peter Scherer, qui se voyait ainsi remettre le Prix pour la deuxième fois après 2007.

En 2016, le Prix de Musique de film, avec 25 000 francs à la clé, sera décerné dans la catégorie Film de fiction. Peuvent être proposées des compositions originales intégrées à un film de fiction de 60 minutes au minimum, publié soit en 2015 soit en 2016. Les candidatures peuvent être déposées jusqu’au vendredi 13 mai 2016 dernier délai.

Vous trouverez à l’adresse ci-après des informations complémentaires sur la mise au concours et le règlement du Prix de Musique de film de la FONDATION SUISA: www.fondation-suisa.ch/fr/prix-et-bourses/prix-de-musique-de-film

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Swiss-Film-Music-Anthologie«La musique de film suisse est dotée d’une grande diversité et d’une haute qualité»Avec trois CD, un DVD et un livre, le coffret «Swiss Film Music», édité par la FONDATION SUISA, offre un aperçu fascinant de l’histoire de la musique de film suisse de 1923 à 2012. Nous nous sommes entretenus avec le musicologue et expert en médias Mathias Spohr, qui a agi comme directeur artistique. Continuer
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Lionel Friedli, un esprit créatif polyvalent

Cette année, la FONDATION SUISA a décerné le Prix du Jazz à Lionel Friedli. Le batteur biennois associe dans un jeu dynamique la vigueur du rock à la liberté du jazz. Il influence ainsi la musique de nombreux groupes variés. Texte de Markus Ganz, contributeur invité

Lionel-Friedli

Un «accompagnateur» qui «apporte à chaque projet auquel il participe une valeur ajoutée», tels sont les propos tenus par le jury du Prix du Jazz pour décrire le lauréat de cette année, Lionel Friedli. (Photo: Fabrice Nobs)

Malgré d’innombrables concerts, Lionel Friedli reste peu connu du grand public. D’ailleurs, le Biennois de 40 ans n’a pas son propre groupe. Et dans les nombreux groupes dans lesquels il joue, le musicien prisé n’a rien d’un leader. Modeste, il se voit comme un «accompagnateur»… et s’affirme nettement plus avec sa musique virulente mais variée car il sait donner de l’élan aux musiciens qu’il accompagne. Difficile donc de situer Lionel Friedli car il ne s’agit pas d’un batteur purement jazz. Il fait partie d’une nouvelle génération de musiciens de jazz, qui disposent d’une large base de styles et l’intègrent à leur jeu.

Influence précoce

«Le jazz était la bande son de mon enfance car mes parents, en véritables fans de jazz, écoutaient souvent ce genre de musique à la maison», explique Lionel Friedli. «Pourtant, cet environnement sonore m’a influencé sans que je m’en rende vraiment compte. Très tôt, j’étais fan de Madonna et de Michael Jackson. James Brown et des musiciens de rock ont ensuite rejoint les rangs.» Entre 15 et 18 ans, il trouvait le jazz plutôt vieux jeu. Il a redécouvert le jazz avec un album de John Pattitucci, en particulier le jazz fusion et son côté virtuose qui le fascinait. «J’ai alors eu envie de redécouvrir la collection de vinyles de mes parents. J’écoutais désormais la musique avec de nouvelles oreilles, sciemment.» Lionel Friedli n’a alors pas tardé à se passionner pour des musiciens de jazz alternatifs comme John Coltrane, Charlie Parker et Miles Davis. Cette période a été suivie d’une autre, marquée par le free jazz.

Le jazz a également joué un rôle important dans la formation musicale de Lionel Friedli. «Fasciné par les percussions dès l’école primaire, je tambourinais en permanence sur des cartons, ce qui a incité ma mère à chercher un professeur approprié au conservatoire de Bienne.» Elle est tombée sur Norbert Pfammater, qui commença alors à enseigner à son fils de onze ans et qui, quelques années plus tard, comptait également parmi ses professeurs de musique à la Haute école de musique de Lucerne. Dès le début, le musicien de jazz réputé ne lui a pas seulement enseigné les rythmes jazzy. «J’ai appris les bases, parmi lesquelles les rythmes afro-cubains, que j’utilisais moi-même rarement. Pourtant, ils étaient très importants pour les exercices de coordination des différents membres.»

Intensité et dynamique

La violence qui ressort souvent de la performance de Lionel Friedli reflète une nette prédominance du rock. «J’aime le côté binaire de ce genre», confirme le Biennois, «mais je veux pouvoir improviser». Il n’est donc pas surprenant de l’entendre parler avec enthousiasme de batteurs de même tendance comme Jim Black et Joey Baron. Comme pour ces musiciens, le but n’est pas la violence pure, mais la dynamique qu’il est capable d’insuffler à la musique. Du fait notamment qu’il varie l’intensité de son jeu «afin de modifier l’essence de la musique.» L’influence du hip-hop est moins flagrante. «Je l’ai découvert sur le tard», confie Lionel Friedli. «Pourtant, je me suis rendu compte qu’il a aussi des racines dans le jazz et qu’il offre aujourd’hui un esprit alternatif semblable, notamment une autre perspective de la politique.» Le rapport musical que Lionel Friedli entretient avec ce genre se manifeste dans une énumération enflammée… des Beastie Boys à D’Angelo avec Questlove («grandiose»), en passant par Dr. Dre («à l’origine de Beats!»). «Cela me plaît jusqu’à présent mais souvent, leur attitude m’énerve.»

Lionel Friedli joue dans de multiples groupes. Il explique en souriant: «Si un créneau horaire se présente et que je reçois une proposition intéressante, je suis partant. Ainsi, mis à part des interventions ponctuelles en cours de musique, je peux vivre de la musique.» Malgré les nombreux projets, il ne rencontre pas de difficultés au niveau de l’intégration humaine et musicale car il s’agit la plupart du temps d’une collaboration sur le long terme. «Je ne suis pas un batteur de session. J’essaie de recourir à différents aspects de mon jeu pour l’adapter à la musique du groupe concerné. Ce processus se passe surtout lors des répétitions.» Si des partitions sont utilisées, il essaie dès que possible d’apprendre sa propre partie par cœur. «Je me sens ensuite plus libre, ce qui me permet de me concentrer sur ce qui se passe autour de moi et d’y réagir.»

Soif d’aventure

Lionel Friedli n’a pas encore son propre projet mais il aimerait bien en avoir un. «Je ne veux pas forcer les choses. Cela doit découler spontanément de l’envie et de l’urgence.» Effectivement, en faisant un clin d’œil, il avoue que le duo Qoniak, qu’il forme avec Vincent Membrez, est sur le point de réaliser un projet solo. Quels sont ses souhaits par ailleurs? «Encore plus de projets avec encore plus de musiciens», répond-il sans hésiter, «car les échanges sont très importants pour moi.» L’excès de concerts ne lui fait pas peur. Actuellement, il en a 120 à 130 par an, il est même allé jusqu’à 150, mais des cracks comme Jim Black en comptaient jusqu’à 230. «Ce qui serait génial, c’est de pouvoir me produire encore plus à l’international. J’ai déjà joué en Amérique latine et en Chine, et j’ai trouvé cela inspirant.»

Lionel Friedli est né à Moutier en 1975 et vit à Bienne depuis les années 1980. Il a suivi son premier cours de batterie à l’âge de onze ans et en 2005, il terminait sa formation de jazz à la Haute école de musique de Lucerne. Dès 1998, il joue dans un trio avec son camarade de cours Lucien Dubuis, avec qui il a déjà participé à sept albums et donné de nombreux concerts, à l’international également. Lionel Friedli a déjà partagé la scène avec des musiciens comme Heiri Känzig, Vera Kappeler, Marc Ribot et Colin Vallon. Parmi les groupes auxquels il participe actuellement, citons notamment: Sarah Buechi Shadow Garden, Christy Doran’s New Bag, Elgar (avec Hans Koch et Flo Stoffner), Max Frankl Quartet, OZMO (avec Vincent Membrez et Pedro Lenz), Merz feat. Sartorius Drum Ensemble et Whisperings (avec Fred Frith). Le 25 novembre 2015, la FONDATION SUISA lui a décerné le Prix du Jazz, doté de 15 000 francs. Un moyen de rendre hommage à la production innovante et créative du jazz suisse.

Portrait vidéo de Lionel Friedli sur Art-tv.ch

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  1. JM Tschanz dit :

    Fait vraiment plaisir de voir ce super batteur récompensé !

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Lionel-Friedli

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Lors du Festival international du film de Locarno en août,  le compositeur suisse Peter Scherer a reçu le Prix de musique de film 2015 de la FONDATION SUISA. Il s’est ainsi vu remettre un montant de 25 000 francs suisses pour la musique du film «Dark Star – l’univers de HR Giger» de la réalisatrice Belinda Sallin. Lors d’un entretien avant la cérémonie d’attribution, Peter Scherer, membre de SUISA, a notamment évoqué les difficultés particulières rencontrées lors de la composition d’une musique de film.

Filmmusikpreis-2015

Des mines réjouies lors de la remise du Prix de musique de film de la FONDATION SUISA le 7 août 2015 dans le cadre du Festival international de film de Locarno (d.g.à.d.): Zeno Gabaglio (membre du jury du Prix de musique de film 2015 et du Conseil de SUISA), Marco Blaser (Festival du film de Locarno), le lauréat Peter Scherer et Urs Schnell (Directeur FONDATION SUISA). (Photo: Giorgio Tebaldi)

Sincères félicitations pour l’obtention du Prix de musique de film 2015 de la FONDATION SUISA. Après 2007, c’est la deuxième fois que tu gagnes ce prix. Quelle est signification de cette distinction?
Il est bien entendu merveilleux de se voir témoigner une telle reconnaissance, et cela me touche beaucoup parce que ce prix est décerné par un jury de spécialistes reconnus.

Tu as obtenu le Prix de musique de film pour la bande originale du film documentaire «Dark Star – l’univers de Giger». HR Giger s’est fait connaître grâce à ses œuvres sombres et apocalyptiques et était une forte personnalité. Comment as-tu procédé pour la composition de la musique de ce film documentaire?
Tout d’abord, j’ai beaucoup discuté avec la réalisatrice, Belinda Sallin, pour bien comprendre comment le personnage principal allait être présenté et ce que le film souhaitait montrer. De nombreux films pourraient être tournés sur HR Giger, mais pour moi en tant que musicien, la question principale n’était pas celle de mon sentiment par rapport à HR Giger ou à ses œuvres, mais plutôt la suivante: quel est le point de vue adopté dans le film? De quoi parle le film et que souhaite-t-il montrer?
Ensuite, sur la base d’un extrait du film, j’ai essayé d’imaginer quel climat sonore pourrait convenir pour ce film. C’est la question la plus difficile, en plus de savoir à quels moments il serait judicieux d’utiliser de la musique. C’est généralement un long processus de recherche, d’esquisse et de choix.

HR Giger s’est souvent adressé à un public assez particulier, qui s’intéresse à des films sombres ou à de la musique rock plutôt dure. Dans quelle mesure pense-t-on, en composant, au public qui viendra voir le film?
Bien entendu, la personne qui crée un film a toujours en tête ce futur regard extérieur. Que ce soit au stade du scénario, lors du montage, pour le choix des acteurs ou d’un concept – on imagine toujours également un récepteur. On se demande quel sera l’effet du film, qu’est-ce qui pourra être transmis ou non. Dans cette optique, le spectateur est bien entendu important. Mais savoir si un certain groupe cible sera satisfait, cela ne joue aucun rôle, ni lors de la création du film ni pour la composition de la musique de film.

Connaissais-tu HR Giger?
Je ne le connaissais pas personnellement. Comme probablement la plupart d’entre nous, je connaissais ses créations, ou plutôt ses œuvres les plus en vue et peut-être les plus accessibles. En lien avec la création de ce film, j’ai beaucoup appris sur sa personne, et notamment qu’il avait eu de nombreuses activités très diverses à côté de son travail d’artiste. La réalisatrice a délibérément voulu montrer HR Giger en tant qu’être humain, son côté fascinant, et mettre en évidence le caractère riche de sa vie.  Son intention était également de déconstruire certains préjugés et de faire connaître des facettes ignorées de Giger.

HR Giger a-t-il fixé certaines exigences par rapport au film ou à la musique du film, ou avez-vous été complètement libres, la réalisatrice et toi?
Il n’était malheureusement déjà plus de ce monde lorsque j’ai commencé mon travail de composition. Mais la réalisatrice m’a dit  qu’il était satisfait de la forme que prenait le film.

En plus  de la musique de film, tu composes et joue également de la musique électronique minimaliste. Tu connais donc différentes facettes de la création musicale. Quel est ton sentiment sur les changements au niveau du business musical, avec notamment de grandes évolutions ces dernières années en ce qui concerne les supports sonores? Un compositeur de musique de film est-il touché par ces évolutions?
Il y a différents univers et différentes réalités. Par exemple, de nombreux groupes vivent principalement grâce à leurs concerts. Dans le secteur de la musique de film, nous sommes moins directement touchés par le recul dans le marché des supports sonores. Les supports sonores ne constituent qu’une très petite partie de mon activité.

Quels sont tes prochains projets?
Je me réjouis de pouvoir réaliser un projet avec Markus Imhof. Il tourne en ce moment un film sur le thème de la migration, une problématique très actuelle, qui m’intéresse beaucoup. Il est un très grand réalisateur. En outre, j’écris la musique d’un film documentaire de Heidi Specogna sur un thème politique, qui concerne la République centrafricaine. D’autres projets sont prévus, mais je ne peux rien en dire pour l’instant.

Plein succès et un tout grand merci pour l’entretien.

Peter Scherer est compositeur, pianiste et guitariste. Il est né en 1953 à Zurich. Il a obtenu son diplôme de pianiste en 1977 au Conservatoire de Bâle et a ensuite étudié la théorie et la composition à la Hamburger Hochschule für Musik und darstellende Kunst. En 1980, il s’est installé à New York, où il a travaillé principalement dans le domaine de la musique électronique, et a créé le duo noise pop Ambitious Lovers. En tant que musicien de studio, producteur ou arrangeur, Peter Scherer a collaboré avec de nombreux artistes, dont notamment Laurie Anderson, Arto Lindsay, Caetano Veloso, John Zorn et Bill Frisell. Dès la fin des années huitante, il a régulièrement écrit de la musique pour des projets multimédias et de danse. Depuis 2010, Peter Scherer vit à nouveau à Zurich, sa ville d’origine, et il se concentre principalement sur la musique de film. Ses compositions pour le long-métrage «Marmorera» (metteur en scène: Markus Fischer) lui ont permis d’obtenir en 2007 une première fois  le Prix de musique de film de la FONDATION SUISA. Parmi ses travaux les plus connus, il  y a la musique du film de Markus Imhof «More Than Honey», pour laquelle Peter Scherer a gagné en 2013 le Prix du cinéma suisse pour la meilleure musique. (Texte: FONDATION SUISA)
Le Prix de musique de film de la FONDATION SUISA (CHF 25 000.-) récompense des prestations extraordinaires dans le domaine de la composition de musique de film et a pour objectif d’apporter un soutien aux lauréates et aux lauréats, et de les faire mieux connaître en Suisse et à l’étranger. Le Prix est décerné chaque année à l’occasion du Festival international du film de Locarno, en alternance dans les catégories film de fiction et film documentaire.

Le jury du Prix de musique de film 2015:
Jürg von Allmen (studio d’enregistrement Digiton, Zurich)
André Bellmont (Haute école d’art, Zurich)
Mario Beretta (compositeur de musique de film et de musique pour la scène, Zurich)
Zeno Gabaglio (compositeur et interprète, Vacallo)
Corinne Rossi (Praesens Film, Zurich)
Yvonne Söhner (anciennement Radio et Télévision Suisse SRF, Ehrendingen)

Sujet sur Peter Scherer et sa musique pour le film «Dark Star – l’univers de HR Giger» sur art-tv

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Filmmusikpreis-2015

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La Suisse est pays partenaire du jazzahead! 2016

Le jazzahead! à Brême est la plus importante rencontre internationale annuelle entre professionnels du jazz. Le statut de pays partenaire offre à la Suisse la possibilité de présenter la scène jazz helvétique dans toute sa diversité. Texte: Urs Schnell, FONDATION SUISA

jazzahead2015-Schweizer-Stand

Le stand commun suisse cette année à Brême. En 2016, la Suisse sera officiellement partenaire de jazzahead! (Photo: Marcel Kaufmann)

Le pays partenaire suisse se réjouit de vos inscriptions!

La FONDATION SUISA et Pro Helvetia offrent à tous les participants suisses la possibilité de s’inscrire au jazzahead! au tarif réduit de 120 Euro (TVA non inclus). Profitez gratuitement du stand commun suisse comme plateforme et point de rencontre du salon dans la halle 6.

Les inscriptions en ligne sont ouvertes: Inscrivez-vous dès maintenant comme co-exposant: www.fondation-suisa.ch/jazzahead

Soirée d’information jazzahead 2016! dans le cadre du Jazzfestival Willisau

Le Syndicat Musical Suisse (SMS) vous invite à son apéro d’été dans le cadre du Jazzfestival Willisau le 29 août 2015 entre 17h00 et 19h30 dans la Stadtmühle Willisau pour une soirée d’information au sujet du jazzahead! 2016. Pour de plus amples informations, veuillez contacter: info(at)musiksyndikat(dot)ch

Des informations plus détaillées sur le programme du pays partenaire 2016 suivront. N’hésitez pas à contacter messen(at)fondation-suisa(dot)ch si vous avez des questions.

www.jazzahead.de

Cette fenêtre suisse ainsi mise à l’honneur est organisée par la FONDATION SUISA et Pro Helvetia en collaboration avec le Syndicat Musical Suisse (SMS).

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jazzahead2015-Schweizer-Stand

Le stand commun suisse cette année à Brême. En 2016, la Suisse sera officiellement partenaire de jazzahead! (Photo: Marcel Kaufmann)

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Midem 2015: top ou flop pour cette première édition en été?

Avec des représentants de 75 pays et trois nouveaux pays proposant un stand – Afrique du Sud, Israël et Côte d’Ivoire – le Midem 2015 a eu lieu en été pour la première fois de son histoire.

Midem2015-OutsideView

Pour la première fois, le Midem n’a pas eu lieu en hiver, mais du 5 au 8 juin 2015. (Photo: DR / Midem.com)

Ci-après, une brève comparaison en chiffres entre le salon hivernal 2014 et l’édition estivale 2015:

Midem 2014 2015
Participants 6150 5500
Exposants 1236 1100
Pays 75 75
Pavillons de pays 39 35
Concerts 46 34
Journalistes 185 145
Conférences 120 93
(indications fournies par Reed Midem)
Participants au stand collectif suisse
Sociètés 37 25
Personnes 62 41
(indications fournies par la FONDATION SUISA)

Jubilé: les 50 ans du Midem

L’an prochain, le Midem fêtera son 50e anniversaire – félicitations! Qu’est-ce qui va changer, qu’est-ce qui va rester? Selon les informations en notre possession, le Midem devrait avoir lieu en été au Palais de Cannes, cela au moins pendant les cinq prochaines années. Il devrait avoir lieu en semaine, permettant ainsi aux représentants du monde musical de disposer de leurs week-ends. Le prochain Midem aura lieu du vendredi 3ème au lundi 6 juin 2016 mardi 28 juin au vendredi 1er juillet 2016.

Avis des participants au stand collectif suisse 2015

Après le Midem de cette année, nous avons demandé à quelques participants au stand collectif suisse comment ils ont vécu cette édition 2015 du salon et s’ils avaient l’intention d’y participer à nouveau l’an prochain.

Midem2015-Oberholzer-Philipp

Marcel Oberholzer (Yes Music AG) et Irène Philipp (SUISA).

Marcel Oberholzer, Yes Music AG, www.djbobo.ch:

«Après avoir fréquenté le Midem pendant 19 ans en janvier ou février, je trouve personnellement que le placement en juin n’est pas optimal. Il s’agit maintenant de voir dans quelle mesure les labels pourront adapter leurs planifications annuelles à ces nouvelles dates, et s’ils le feront effectivement.

A mon avis, l’âge moyen des participants au Midem est quelque peu en baisse, dû notamment aux nombreuses idées orientées vers l’avenir. Pour les nouveaux arrivants, le ‹Midem Networking Village› s’avère très intéressant, car il présente toute la palette proposée par l’industrie musicale en 2015. Panels, réseautage et conférences permettent ainsi aux néophytes d’obtenir une intéressante vue d’ensemble du business musical.

Avec les partenaires de longue date, des contacts quasi-quotidiens existent aujourd’hui grâce aux ‹moyens de communication modernes›, et il n’est par conséquent plus nécessaire d’attendre le ‹meeting annuel› du Midem. Cette situation explique probablement en partie le recul du nombre de visiteurs. Mais il faut tout de même constater que de nombreux nouveaux liens, souvent prometteurs, sont noués lors du Midem.

En tant que participant au stand suisse de la FONDATION SUISA, on peut profiter de la possibilité d’inviter ses partenaires d’affaires directement «chez soi», au stand; cela permet des réunions plus détendues, mais également de rencontrer davantage de personnes et d’organiser plus de rendez-vous, car il n’est pas nécessaire de se déplacer de halle en halle ou d’hôtel en hôtel.

De plus, le personnel du stand SUISA offre en tout temps un soutien professionnel et sympathique. Le stand suisse est un véritable bijou, avec une grande surface disponible et des espaces de rencontre sur le balcon extérieur qui offrent une vue magnifique sur le port et la vieille ville de Cannes – un endroit idyllique avec une véritable ambiance «Côte-d’Azur», parfait pour des rendez-vous d’affaires.

Le slogan ‹Music made in Switzerland› est ainsi décliné avec conviction au stand suisse, et communiqué au monde de la musique.»

Midem2015-Schuemichen-Lanzinger

Pia Schümichen (à g.) et Annette Lanzinger (toutes deux Dr. Sauter Musikverlag GmbH).

Dr. Sauter Musikverlag GmbH, www.sautermusik.de:

«Nous trouvons que ces dates au mois de juin conviennent bien. Nous avons cependant trouvé dommage que, malgré le beau temps, il y ait eu peu d’animations à l’extérieur, comme par exemple les prestations de petits groupes qu’on peut voir dans les cafés. Par hasard, nous sommes tombés sur un groupe dans un bar, et c’était vraiment cool.

Nous estimons qu’il n’y a pas eu plus de visiteurs que précédemment en janvier.
Globalement, nous avons apprécié ce Midem au mois de juin ; cependant, les thèmes des exposés de cette année étaient à notre avis trop restreints – synch. et streaming. Malheureusement, le nombre de visiteurs diminue chaque année et cela signifie également moins d’occasions de nouer des contacts. Nous avons constaté que certains collègues sont certes sur place, mais sans accréditation pour le Midem, et organisent leurs rendez-vous à l’extérieur du salon. Le coût élevé de l’accréditation explique certainement une telle attitude.»

Stefan Planta, TBA/Phonag:

«Nous déciderons ultérieurement si nous nous rendrons au Midem l’an prochain ou non.»

Midem2015-Martinuzzi-Prinz-Hoerhager

De g.à d.: Giancarlo Martinuzzi, Andy Prinz, David Hörhager.

Andy Prinz, Andy Prinz Publishing, www.andyprinz-publishing.com:

«Pour nous, le Midem 2015 a été un succès sur toute la ligne. Sans aucun doute possible, l’atmosphère à cette période de l’année était nettement plus détendue, et cela a eu un effet positif sur nos affaires.

Nous participerons au prochain MIDEM, c’est sûr, et cela notamment en raison des excellentes conditions offertes aux co-exposants par la FONDATION SUISA.»

Midem2015-Brunko-White

Pascal Brunko et Violeta White.

Pascal Brunko et Violeta White, Damp Music, www.damp-music.com:

«Pour nous, le Midem s’est fort bien passé. Le stand de la FONDATION SUISA était très bien organisé pour nos rendez-vous avec nos clients et la terrasse était un luxe très agréable. L’équipe de SUISA présente sur le stand s’est montrée très gentille et dynamique et nous ont fourni plein d’informations utiles pour que notre MIDEM 2015 se passe bien. Nous nous réjouissons déjà de l’année 2016!»

Serge Gauya Management / SG Productions Editions (SGPE International), www.sergegauya.com:

«Comme toujours, j’ai apprécié le stand et l’ambiance professionnelle que toute l’équipe arrive à créer. Sauf autre engagement, je serai présent en 2016.»

Midem2015-Jones-Ruessel-Allain

De g. à d.: Sabine Jones (SJ Consultancy) Marcus Ruessel (Gigmit) et Michel Allain (Fasttrack).

Sabine Jones, SJ Consultancy, sjconsultancy.net:

«En tant que consultante indépendante, avec des clients principalement en Suisse, en Allemagne et en Autriche, mais également sur le continent américain (USA, Brésil), une présence au Midem paraît logique, car c’est une bonne occasion de renforcer son réseau. Malheureusement, nous avons constaté cette année que de nombreuses personnes présentes se sont passées d’un billet d’entrée et ont profité du beau temps pour organiser des rencontres hors du Palais, au lieu de prendre le chemin des stands. Même les panels les plus intéressants n’étaient pas toujours complets – une fréquentation restreinte qui peut être due à l’organisation de certains événements en plein milieu d’un couloir.

A mon avis, l’organisation du Midem en mars ou avril serait plus judicieuse. Tout d’abord, l’été est une période de vacances; de plus, parmi mes partenaires commerciaux, certains ont déjà signalé qu’un placement du Midem en juin ou juillet s’avère trop proche des dates habituelles de décompte ou d’autres ‹dates importantes›, et qu’ils n’allaient donc pas y participer. Dans ces conditions, et au vu des coûts d’une telle présence, il est également possible que je remette en question ma participation en 2016; de plus, un séjour à Cannes en haute saison est plus onéreux qu’en janvier.»

Rudi Schedler Musikverlag GmbH, www.schedlermusic.com:

«Nous allons décider en début d’année 2016 si nous participerons, et le cas échéant à quel stand.»

Stephan Heim, Head of Marketing & Administration www.adon.ch:

«Personnellement, je trouve qu’un Midem en été est une très bonne idée; j’ai trouvé l’ambiance plus agréable, avec une plus grande créativité et une plus grande ouverture qu’en février. Cela s’explique par la participation des établissements du bord de mer au Midem; les showcases et le salon se déroule ainsi davantage à l’extérieur, ce que je trouve très positif. Et, oui, nous allons très probablement à nouveau participer l’an prochain.»

Midem2015-Kruesi-Sauder-Heim

De g. à d.: Andreas Krüsi (Adon), Sabrina Sauder, Stephan Heim (Adon).

Sabrina Sauder, www.sabrinasauder.ch:

«Ce premier Midem en juin a été très agréable pour moi, notamment parce que j’ai pu l’associer à quelques jours de vacances. Mais j’ai tout de même eu l’impression que ces nouvelles dates ont attiré moins de professionnels de l’industrie musicale à Cannes. Parmi eux, beaucoup étaient probablement en tournée avec leurs artistes; le fait est que le nombre de participants a encore diminué. Personnellement, je dois avouer que ces températures élevées ont eu tendance à me pousser vers la plage, et à me détourner quelque peu des surfaces d’exposition.

Le stand SUISA était comme toujours très bien équipé, avec également la présence d’un personnel très sympathique. Et l’apéro était l’événement à ne pas manquer! J’ai également apprécié la présence chez vous de votre propre routeur. Enfin un Internet qui fonctionne!

Je ne peux pas encore dire si je vais participer au prochain Midem. Cette année, les personnes présentes ne m’ont pas vraiment convaincues de l’utilité de notre participation et il est difficile de dire si un déplacement de l’événement encore plus tard dans l’année va améliorer cet état de faits …»

Walter Holzbaur, www.wintrup.de:

«Le Midem a été assez „chaud“ pour nous aussi, et nous avons passé la plus grande partie du temps au Carlton ou dans les bars de plage des environs. En fait, c’est bien dommage, car l’hospitalité du stand suisse est toujours fantastique! Les dates de l’années prochaine sont encore plus mauvaises que celles de cette année. Nous déciderons donc plus tard d’une éventuelle participation, et si oui sous quelle forme. Nous attendons de voir la tendance se dessiner. Le Midem est désormais divisé en deux «camps» : le premier se trouve au Palais, avec des panels pas toujours très intéressants ; le second,  plus intéressant pour nous, au Carlton et dans ses environs – dans le deuxième cas, 2 jours suffisent, avec des entretiens de 30 minutes à chaque fois.»

Midem2015-Schnell-Schiess-Wegener

De g. à d.: Urs Schnell (FONDATION SUISA), Martin Schiess (K-tel), Poto Wegener (SWISSPERFORM).

Martin Schiess, Managing Director, www.k-tel.ch:

«Midem 2016: du mardi 28 juin au vendredi 1er juillet 2016. A mon avis, ce ne sont pas de bonnes dates. Début juin, comme cette année, cela convenait. En plus, je perdrais trop de temps dans le cas d’un salon se déroulant entièrement en semaine. Le week-end, c’était parfait.
Si le salon a lieu aux dates annoncées, je ne participerai probablement pas.»

Grégoire Liechti, www.sidomusic.com:

«Le bureau du Midem nous l’avait annoncé ‹la date du rendez-vous incontournable des professionnels de la musique a changé›! Nous voici au mois de juin, à Cannes, sous un soleil radieux et une température estivale.

Me concernant, j’ai beaucoup apprécié ce Midem, même si il est vrai qu’il y avait moins de monde que d’habitude. J’ai pu comme chaque année: voir nos partenaires étrangers, rencontrer les éditeurs que nous représentons, ainsi que faire de nouvelles connaissances. Il n’y a qu’au Midem où, dans la même journée, nous pouvons rencontrer un éditeur d’un pays émergent (droit d’auteur) et un directeur créatif basé à Londres.

En ce qui concerne le prochain Midem, c’est encore trop tôt pour se prononcer. Mais on peut déjà imaginer, vu les dates annoncées, qu’il risque d’y avoir encore moins d’inscrits que pour l’édition 2015.»

Midem2015-Gelewski-Liechti

De g. à d.: Lysander Gelewski (Mymusicrights) et Grégoire Liechti (Sidomusic).

Lysander Gelewski, Mymusicrights Sàrl, www.mymusicrights.ch:

«Midem 2015 – mon point de vue subjectif: j’avoue volontiers que, après 8 heures de key notes, speedmeetings, legal summit et autres négociations bilatérales avec des sous-éditeurs du monde entier, c’était un véritable délice que de sauter dans les vagues de la Méditerranée, à deux pas du Palais des Festivals. ‹No regrets› donc en ce qui concerne la migration météorologique du Midem de janvier à juin.

Je considère que c’est un grand privilège pour nous de disposer de notre propre stand suisse, avec du personnel toujours aimable, disponible et compétent. Si bien situé que, parmi mes partenaires commerciaux, plusieurs m’ont posé la question suivante: ‹Can we meet on the nice terrace of the Swiss stand?› D’un autre côté, je trouve dommage que, année après année, d’autres stands de pays ou d’entreprises disparaissent et que de nombreux meetings se déplacent vers les lobbies d’hôtels.

Pour notre petite société, j’ai trouvé un bon équilibre entre séances d’information et réunions d’affaires. Les ‹legal workshops› ont été de mon point de vue les plus passionnants, avec des participants de haut niveau; les sujets abordés ont été principalement la révision du Copyright Act américain, les nouveaux développements au niveau de l’UE, les options stratégiques des grandes sociétés de gestion, l’échange international de données, etc. Pratiquement, j’ai beaucoup appris dans le cadre des nombreuses ‹synch-sessions›. Il s’agit là d’un marché d’avenir, également pour la musique suisse.

Alors, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes? Non. J’ai notamment été un peu choqué par l’augmentation des prix dans les hôtels et les restaurants. 10% à 30%, cela semble être la norme. Une petite anecdote: le mardi suivant le Midem, nous nous sommes assis sur l’une des terrasses les plus tape-à-l’œil de la Rue Saint-Antoine; le même menu était affiché avec deux prix différents, à un endroit € 33 et à un autre € 39. Mal à l’aise, le garçon nous lance alors: ‹Veuillez m’excuser, € 39 c’était le prix durant le Midem …› Ce n’est pas la question de quelques euros, mais de ce sentiment désagréable dont parle si bien Polo Hofer dans sa chanson ‹Kiosk›.

Je vais probablement me rendre à Cannes en 2016, même si ce sera en grinçant un peu des dents. Car le Midem reste le salon de la musique par excellence, même si sa fonction a évolué: de ‹deal-maker› à ‹trend-setter›. Et, finalement, qui peut résister au charme d’Erika, Nadia et Marcel au stand suisse?»

Sauf autre mention, photos d’Erika Weibel et de Marcel Kaufmann.

Le stand collectif suisse au Midem est organisé dans le cadre d’une collaboration entre la Fondation des producteurs de phonogrammes, la FONDATION SUISA et SUISA.

Mise à jour, 1.3.2016: Les dates du Midem 2016 ont été déplacées après la publication de cet article. Le salon se tiendra du 3 au 6 juin 2016. Les dates sont corrigées dans le texte.

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  1. Nina dit :

    Hallo!

    Die MIDEM 2016 findet vom 3.-6. Juni 2016 statt, und nicht wie hier steht, vom 28. Juni – 1. Juli 2016 …

    Nina

    • Manu Leuenberger dit :

      Liebe Nina
      Vielen Dank für den Hinweis. Der Veranstaltungstermin der Midem 2016 wurde nach Publikation dieses Beitrags verschoben. Die neuen Daten haben wir nun im Beitrag ergänzt.
      Manu Leuenberger, Kommunikation SUISA

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Avec des représentants de 75 pays et trois nouveaux pays proposant un stand – Afrique du Sud, Israël et Côte d’Ivoire – le Midem 2015 a eu lieu en été pour la première fois de son histoire.

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Pour la première fois, le Midem n’a pas eu lieu en hiver, mais du 5 au 8 juin 2015. (Photo: DR / Midem.com)

Ci-après, une brève comparaison en chiffres entre le salon hivernal 2014 et l’édition estivale 2015:

Midem 2014 2015
Participants 6150 5500
Exposants 1236 1100
Pays 75 75
Pavillons de pays 39 35
Concerts 46 34
Journalistes 185 145
Conférences 120 93
(indications fournies par Reed Midem)
Participants au stand collectif suisse
Sociètés 37 25
Personnes 62 41
(indications fournies par la FONDATION SUISA)

Jubilé: les 50 ans du Midem

L’an prochain, le Midem fêtera son 50e anniversaire – félicitations! Qu’est-ce qui va changer, qu’est-ce qui va rester? Selon les informations en notre possession, le Midem devrait avoir lieu en été au Palais de Cannes, cela au moins pendant...Continuer

Présenter, c’est innover: quatrième édition de Classical:NEXT

Déménager la Classical:NEXT dans la salle de concert rotterdamoise de Doelen, après deux ans passés sur les très vénérables parquets viennois, était certainement un coup de poker osé de la part de l’organisateur Piranha Arts. Mais il s’est révélé habile, car l’objectif de ces rencontres musicales se reflète bien dans l’esprit du port néerlandais à l’architecture audacieuse, colorée et moderne: présenter les courants et les projets actuels et innovants de la scène classique internationale. Par Lisa Nolte, contributrice invité

Classical-Next-2015-Kaleidoscope-String-Quartet

Surprise lors du showcase du Kaleidoscope String Quartet suisse à la Classical:NEXT 2015: un siège est resté vide. La performance réarrangée pour un trio à cordes à la dernière minute a été saluée par une salve d’applaudissements. (Photo: Eric van Nieuwland)

La quatrième édition de l’événement musical Classical:NEXT s’est tenue à Rotterdam du 20 au 23 mai 2015. Depuis maintenant trois ans, la Suisse y est présente avec son stand commun porté par la FONDATION SUISA. Et, tout comme la Classical:NEXT avec ses 1000 participants, la musique «made in Switzerland» peut elle aussi se féliciter d’un nouveau petit record en 2015: 20 ensembles, labels, organisateurs, associations et fondations sont venus de tout le pays pour converger vers Doelen, du festival de Lucerne DC Audio Engineering, en passant par la fondation J. S. Bach de Saint-Gall et les Madrigalisten de Bâle.

Fourmillement sur le stand suisse

Il vaut toujours la peine de parcourir la longue route qui sépare désormais l’événement de la Suisse. Et les participants du stand le prouvent, eux qui sont venus une nouvelle fois au salon et ont utilisé sans relâche les bureaux «pop up» installés dans l’Arcadis Zaal du premier étage pour y organiser leurs réunions. Le Canada, pays invité, a planté sa tente juste à côté du stand suisse, ce qui a certainement contribué à entretenir le flux constant de passants sur cet emplacement un peu à l’écart. Mais c’est le désormais traditionnel apéro «Alpine cocktail», co-organisé par la Suisse et l’Autriche, qui a véritablement attiré les foules. Parmi les convives se trouvait Jasper Renema, le référent culture de l’ambassade suisse.

Les nouveaux venus ont pu d’ailleurs profiter eux aussi de l’expérience des autres participants. C’est ainsi que Felix Heri, co-directeur de la Sinfonietta de Bâle, décrit ses premières impressions: «C’est une atmosphère très particulière. Il se passe énormément de choses et l’on peut presque passer son temps à aller de stand en conférence, sans faire de pause. Pour réseauter, c’est super d’avoir à ses côtés quelqu’un comme Etienne Abelin, qui peut aider à ouvrir des portes et à nouer des contacts».

Le violoniste Etienne Abelin, membre cette année du jury des showcases, fait partie des porte-étendards suisses à la C:N. Il pense que le déménagement à Rotterdam était une bonne idée: «Ici, on ne pense pas du tout le classique comme dans les pays germanophones. On met plus l’accent sur un lien organique entre le contenu, la présentation et la communication. La transmission est d’une certaine manière pensée avec le contenu et n’en est pas séparée.»

Showcases et prix de l’innovation

La présentation joue un rôle prépondérant à la C:N, et cela se voit dans les showcases. De l’art vidéo, des ambiances lumineuses sur scène ou des chants diphoniques, accompagnés de mouvements expressifs à la limite de la danse expressionniste: voilà quelques-unes des friandises pour les yeux qui ont été offertes au spectateur.

Entre ces concerts à la scénographie sophistiquée, la performance du Kaleidoscope String Quartet semblerait presque traditionnelle, mais c’est sans compter le talent avec lequel la formation surprend son public. En effet, en l’absence du second violon, le quartet a dû réarranger dans l’urgence ses morceaux pour l’adapter à un trio à cordes. L’engagement sans relâche des trois musiciens a été salué par un tonnerre d’applaudissements et de cris d’admiration à l’issue de leur prouesse.

La présence suisse à Rotterdam a été marquée par un dernier grand moment lors du gala de clôture: la remise du premier Prix de l’innovation, décerné par la «Classical:NEXT Community» (c’est ainsi que les organisateurs aiment à appeler, depuis la première édition, tous les accrédités) par vote électronique. Le premier prix a été remis au projet Ark Nova du festival de Lucerne, qui, grâce à une salle de concert gonflable, a fait à nouveau résonner la musique dans la région japonaise du Tohoku, dévastée par le séisme et le tsunami. «L’innovation peut surgir partout et à tout moment», explique Michael Haefliger, directeur du festival de Lucerne. «Elle se trouve à l’intersection entre l’art, la communauté et le sens.»

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Déménager la Classical:NEXT dans la salle de concert rotterdamoise de Doelen, après deux ans passés sur les très vénérables parquets viennois, était certainement un coup de poker osé de la part de l’organisateur Piranha Arts. Mais il s’est révélé habile, car l’objectif de ces rencontres musicales se reflète bien dans l’esprit du port néerlandais à l’architecture audacieuse, colorée et moderne: présenter les courants et les projets actuels et innovants de la scène classique internationale. Par Lisa Nolte, contributrice invité

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Surprise lors du showcase du Kaleidoscope String Quartet suisse à la Classical:NEXT 2015: un siège est resté vide. La performance réarrangée pour un trio à cordes à la dernière minute a été saluée par une salve d’applaudissements. (Photo: Eric van Nieuwland)

La quatrième édition de l’événement musical Classical:NEXT s’est tenue à Rotterdam du 20...Continuer

«La musique de film suisse est dotée d’une grande diversité et d’une haute qualité»

Avec trois CD, un DVD et un livre, le coffret «Swiss Film Music», édité par la FONDATION SUISA, offre un aperçu fascinant de l’histoire de la musique de film suisse de 1923 à 2012. Nous nous sommes entretenus avec le musicologue et expert en médias Mathias Spohr, qui a agi comme directeur artistique. Par Markus Ganz, contributeur invité

Mathias-Spohr-Portrait

Mathias Spohr, directeur artistique de la «Swiss Film Music Anthology», est musicologue et expert en médias. Il enseigne dans les universités de Bayreuth, Berne et Vienne. (Photo: Markus Ganz)

En règle générale, on accorde peu d’attention à la musique de film. Pensez-vous qu’on la sous-estime?
Oui, surtout lorsqu’elle remplit très bien sa fonction. Alors fréquemment, on ne la perçoit pas vraiment, car on n’écoute pas consciemment, ce qui est le plus souvent son but. A l’inverse, on perçoit souvent la musique de film lorsqu’elle n’est pas très bien adaptée. Bien évidemment, il existe des conceptions de musiques de film qui s’écartent de ce principe.

N’est-ce pas justement cette fonctionnalité de la musique de film qui fait qu’elle est souvent méprisée? Car cela ne signifie-t-il pas aussi que la musique de film n’aurait pas d’impact sans les images?
Non, dans cette anthologie on trouve beaucoup de musiques de film sans film, et je ne trouve pas qu’elles perdent de leur impact. Pour certains morceaux, il faut chercher dans le livre quel est leur contexte. Mais la musique agit également par elle-même, et on sent quel est son but. Les caractéristiques structurelles et la complexité de certaines musiques de film sont même encore mieux perçues sans le film, dans lequel les deux se mélangent.

Peut-on donc percevoir la qualité de la musique de film encore mieux sans les images?
Oui, mais cela dépend beaucoup du type de musique. Il y a des musiques de film qui ne peuvent pas être séparées de l’image, et il y en a que l’on peut très bien écouter sans film.

Vous avez ajouté aux trois CD de cette anthologie un DVD qui offre également des images associées à la musique de ces exemples. Quels ont été les critères de sélection pour le DVD?
Dans certains exemples, la coordination de la musique avec l’image est décisive pour pouvoir percevoir leur qualité. Cela vaut particulièrement pour les dessins animés et les publicités, où un message doit être transmis en quelques secondes. Pour le DVD, nous nous sommes par ailleurs limités aux courts métrages que nous pouvions garder dans leur intégralité, afin que l’on perçoive toujours le concept musical global. Avec des courts métrages, on peut plus facilement transmettre l’interaction entre la musique et l’image qu’avec des extraits provenant d’un contexte inconnu.

Comment est né ce projet ambitieux?
Dans le cadre de ses anthologies, la FONDATION SUISA a voulu travailler sur la musique de film suisse. Nous avons discuté de nombreuses possibilités de mise en œuvre, car c’est un domaine complexe. La musique de film ne se limite pas à un style ou un genre, car tous les genres de musique y sont représentés. D’ailleurs, il n’existe que peu de travaux scientifiques sur la musique de film suisse. Nous avons alors décidé que notre anthologie devait présenter l’histoire de la musique de film suisse. Par la suite, un groupe de travail a été formé, composé principalement de musicologues et spécialistes du cinéma, ainsi que de respectivement deux représentants de la FONDATION SUISA et de la Cinémathèque Suisse. Un concept a été élaboré au cours de plusieurs réunions.

Comment les experts impliqués ont-ils sélectionné les exemples?
Nous avons travaillé avec une liste de critères qui comprenait des aspects très différents. L’accent devait être mis sur les films suisses et des sujets suisses, mais pas exclusivement. Les films étrangers qui ont été mis en musique par des compositeurs suisses devaient également être considérés.

Et puis, vous avez effectué des recherches dans les archives?
Oui, moi par exemple, je me rendais souvent pour des exemples historiques dans les archives de la Bibliothèque centrale de Zurich ou de la Fondation Paul Sacher à Bâle, qui possèdent des partitions de musiques de film. Mais dans la plupart des cas, il n’y a plus de partitions, car la création musicale s’est largement déplacée vers l’ordinateur au cours des 30 dernières années.

Mais ne s’agissait-il pas d’enregistrements concrets?
Si, mais nous voulions aussi montrer des exemples de partitions dans le livre et en avions besoin comme base pour les commentaires. Concernant les enregistrements, il existe de nombreuses archives dans lesquelles nous avons effectué des recherches, par exemple celles du Centre des Médias et d’Informationde la Haute école des arts de Zurich (ZHdK) et de la Cinémathèque Suisse.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris en écoutant pour la première fois la totalité des morceaux?
La grande diversité et la haute qualité, et ce du début à aujourd’hui. Ma motivation fut de montrer cela, surtout parce que c’est assez peu connu.

Comment s’exprime cette diversité? Vous écrivez dans le livre d’accompagnement que vous n’avez rien découvert de spécifiquement suisse dans la musique de film.
Le fait que la Suisse regroupe trois régions linguistiques y est certainement pour beaucoup. Cela entraîne des contacts avec des personnes de la même langue à l’étranger. Berlin, Paris ou la Cinecittà italienne en tant que lieux de production sont également significatifs pour la Suisse.

Avez-vous trouvé des différences frappantes avec la musique de film d’autres pays où le milieu du cinéma est parfois beaucoup plus vaste et possède donc des secteurs spécialisés?
Une différence fondamentale vient du fait que la Suisse ne soit pas centralisée. A l’étranger, il existe de grands centres pour de nombreux domaines et qui, par conséquent, attirent du monde. En Suisse, en revanche, les petites niches réussissent à mieux s’imposer. Sur de nombreux produits, et pas seulement des films et de la musique de film, on voit qu’ils proviennent d’une culture de niche qui n’est pas absorbée par un centre.

Est-ce peut-être justement cela qui a contribué à cette grande diversité?
Oui, c’est certainement lié à cela.

Les jingles publicitaires sont souvent méprisés en raison de leur nature commerciale. Cependant, dans l’anthologie, on remarque des exemples anciens, dont la musique parait étonnamment moderne: comment expliquez-vous cette ouverture?
A l’époque des premières publicités télévisées, on n’avait pas encore beaucoup d’expérience avec ce type de publicité: on laissait faire les musiciens en leur donnant la liberté d’expérimenter. Aujourd’hui, beaucoup plus de gens s’en mêlent, aussi parce que le risque a augmenté. Mais si cela bénéficie au produit, beaucoup de choses sont possibles même aujourd’hui.

L’anthologie remonte à 1923. Avez-vous remarqué des tournants distinctifs où la musique ou l’accès artistique à la mise en musique a changé?
Il existe bien sûr des effets de mode. Mais de nombreux changements sont également dus à des raisons techniques. Au début du film sonore, la musique devait être enregistrée parallèlement au dialogue pendant le tournage. Cette musique est forcément différente de celle enregistrée séparément sur une bande sonore, comme cela a seulement été possible plus tard. Une situation toute nouvelle est apparue avec le home studio, où il est possible de créer et enregistrer de la musique à la maison sans grand effort technique, d’abord avec la bande sonore, puis, plus tard, avec l’ordinateur. La technologie vidéo s’est également simplifiée. Par exemple, le fait de pouvoir enregistrer et éditer les images et le son sur le même support fut une innovation majeure. Tout cela a influencé la musique de film, et bien sûr aussi les médias, de la radio à Internet, en passant par la télévision et le cinéma.

Des instruments électroniques ont été utilisés étonnamment tôt déjà …
Oui, même à l’époque du cinéma muet, il y avait le russolophone, avec lequel on pouvait créer des bruitages, plus tard s’y sont ajoutées les ondes Martenot.

Ces dernières ont été utilisées dans la musique de film dès les années 1920. C’est très tôt, si l’on considère que les instruments électroniques n’ont réussi à s’imposer à large échelle que beaucoup plus tard …
Oui, dès le début cela n’a posé aucun problème. Le fait que l’on ait été plus ouvert à l’utilisation de nouvelles techniques semble être lié au milieu du cinéma. Arthur Honegger a utilisé les ondes Martenot plusieurs fois, aussi bien en instrument solo qu’en instrument d’orchestre, comme on peut l’entendre dans «L’idée». De manière provocatrice, il a réclamé que les instruments électroniques soient inclus dans l’orchestre symphonique, ce qui n’est arrivé à ce jour que dans quelques projets individuels.

Qu’est-ce qui est important pour vous après avoir achevé ce grand travail?
Il me tient à cœur que le «chapitre de la musique de film» ne soit pas considéré comme clos. Je vois cette anthologie comme un point de départ et comme une bonne base pour continuer à s’intéresser à la musique de film. Je pourrais par exemple imaginer que le site Internet créé pour cette anthologie devienne la base pour une sorte de wiki de la musique de film auquel toute personne intéressée peut apporter des contributions.

«Swiss Film Music Anthology 1923 – 2012». Coffret contenant trois CD audio, un DVD et un livre de 400 pages en allemand, français, italien et anglais. Edité par Mathias Spohr sur mandat de la FONDATION SUISA (éditions Chronos, ISBN 978-3-0340-1265-2, 69 francs).
Swiss-Film-Music-Anthologie

La «Swiss Film Music Anthology 1923 – 2012» est disponible en librairie et dans le commerce ou peut être commandée via le site Internet www.swissfilmmusic.ch. (Photo: DR)

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Avec trois CD, un DVD et un livre, le coffret «Swiss Film Music», édité par la FONDATION SUISA, offre un aperçu fascinant de l’histoire de la musique de film suisse de 1923 à 2012. Nous nous sommes entretenus avec le musicologue et expert en médias Mathias Spohr, qui a agi comme directeur artistique. Par Markus Ganz, contributeur invité

Mathias-Spohr-Portrait

Mathias Spohr, directeur artistique de la «Swiss Film Music Anthology», est musicologue et expert en médias. Il enseigne dans les universités de Bayreuth, Berne et Vienne. (Photo: Markus Ganz)

En règle générale, on accorde peu d’attention à la musique de film. Pensez-vous qu’on la sous-estime?
Oui, surtout lorsqu’elle remplit très bien sa fonction. Alors fréquemment, on ne la perçoit pas vraiment, car on n’écoute pas consciemment, ce qui est le plus souvent son but. A l’inverse,...Continuer

Scènes ouvertes pour la musique suisse à Hambourg, Vienne et Paris

Qui représentera la Suisse cette année au Festival Reeperbahn de Hambourg, au Waves Vienna ou au MaMA-Event de Paris? Les créateurs musicaux suisses peuvent présenter leur candidature pour participer à ces festivals, ou profiter des activités de promotion de la FONDATION SUISA et de Swiss Music Export. Texte: Marcel Kaufmann, FONDATION SUISA, et Erika Weibel

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La FONDATION SUISA soutient la scène pop-rock suisse avec des activités de promotion au Reeperbahn Festival à Hambourg, au MaMA-Event à Paris et au Waves Vienna (Image: Manu Leuenberger, Logos: DR)

Certains groupes suisses ont déjà réussi à participer au programme officiel des plus grands événements du pop-rock européen ou à y jouer un showcase. Fréquentés par de nombreux spectateurs et professionnels de la branche, ces concerts peuvent ouvrir la voie à une carrière dans le commerce international de la musique.

Saisissez vous aussi cette opportunité et postulez pour un gig au Reeperbahn Festival à Hambourg, au MaMA-Event 2015 à Paris ou au Waves Vienna.

Bien évidemment, ces festivals offrent aussi d’autres opportunités intéressantes, comme des possibilités de réseautage, des informations utiles ainsi que de nombreux concerts passionnants qui se tiendront dans les villes suivantes:

Reeperbahn Festival, Hambourg, du 23 au 26 septembre 2015
Waves Vienna, Vienne, du 30 septembre 2015 au 4 octobre 2015
MaMA-Event, Paris, du 14 au 16 octobre 2015

La FONDATION SUISA et Swiss Music Export soutiennent les représentant(e)s de la scène pop-rock suisse aux festivals annuels susmentionnés, avec des activités de promotion. Outre le «Swiss Business Mixer» – l’événement networking helvétique –, des accréditations à prix réduit sont également proposées, avec le code promotionnel suisse.

Vous trouverez plus d’informations sur les activités de promotion et l’accréditation dès cet été sur les sites internet suivants:

www.fondation-suisa.ch/reeperbahn-festival (informations disponibles à partir de fin juillet)
www.fondation-suisa.ch/mama-event (informations disponibles à partir de fin août)
www.swiss-music-export.com

Si vous souhaitez recevoir des informations par e-mail sur les activités de promotion de la FONDATION SUISA dans le cadre de salons internationaux et d’événements musicaux, écrivez-nous à l’adresse: messen(at)fondation-suisa(dot)ch

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Reeperbahn-MaMA-Waves-Logos

La FONDATION SUISA soutient la scène pop-rock suisse avec des activités de promotion au Reeperbahn Festival à Hambourg, au MaMA-Event à Paris et au Waves Vienna (Image: Manu Leuenberger, Logos: DR)

Certains groupes suisses ont déjà réussi à participer au programme officiel des plus grands événements du pop-rock européen ou à y jouer un showcase. Fréquentés par de nombreux spectateurs et professionnels de la branche, ces concerts peuvent ouvrir la voie à une carrière dans le commerce international...Continuer