Toute la diversité de la musique suisse réunie à Label Suisse

Le festival Label Suisse s’est tenu pour la huitième fois à Lausanne, du 14 au 16 septembre 2018. Organisé tous les deux ans, cet événement, dédié à la création musicale en Suisse, offre au public un large panorama de l’actuel paysage musical dans notre pays. Texte/interview d’Erika Weibel

Toute la diversité de la musique suisse réunie à Label Suisse

La scène principale du festival Label Suisse sur la place Centrale à Lausanne pendant le concert du collectif de hip-hop genevois Superwak Clique, le samedi 15 septembre 2018. (Photo: Anne Bichsel)

La huitième édition du festival Label Suisse a attiré quelque 90 000 festivaliers qui ont pu assister à de nombreuses représentations issues d’univers musicaux très variés. Au total, plus de 60 concerts étaient organisés à 10 endroits différents du centre-ville de Lausanne. Musique électronique, pop rock, musique contemporaine et classique, jazz, nouvelle musique folklorique: toute la diversité de la musique suisse était réunie dans ce festival!

Les responsables du programme ont toujours à cœur de proposer une scène aux artistes suisses expérimentés comme aux étoiles montantes. Grâce aux sponsors qui prennent en charge les frais du festival, les mélomanes peuvent assister gratuitement à tous les concerts. SUISA soutient financièrement Label Suisse depuis 2006 et figurait, cette année encore, parmi les principaux partenaires du festival.

Les différents programmateurs Label Suisse se consacrent chacun à un genre musical spécifique. Après le festival, nous leur avons demandé par écrit comment ils procédaient pour choisir les artistes, ce qui leur plaisait particulièrement dans ce festival et quelles tendances ils observaient dans les genres musicaux. Nous voulions également savoir ce qui avait particulièrement touché Julien Gross, le président du festival, dans cette édition 2018.

Label Suisse: Julien Gross

Julien Gross (Photo: Anne Bichsel)

Julien Gross, Président de l’association Label Suisse

Tu es le président de l’Association Label Suisse et tu travailles depuis plusieurs années au bon déroulement du festival. A ton avis, qu’est-ce qui rend Label Suisse particulièrement attrayant?
Julien Gross: Label Suisse est unique dans sa proposition artistique de par le spectre très large de styles musicaux représentés dans notre programmation. Notre festival réunit ainsi tous les publics, de toutes les générations pendant trois jours.
Des artistes des quatre régions linguistiques se produisent devant un public curieux, fidèle et très attentif. La radio joue un rôle très important dans la diffusion à travers toute la Suisse durant ces trois jours.

Ce fut la 8e édition de Label Suisse. Le festival a lieu tous les deux ans et la première édition a eu lieu en 2004. Quels changements Label Suisse a-t-il connu au cours de ces quatorze ans?
C’est principalement la musique suisse qui a beaucoup évolué. Créative, innovante et originale, Label Suisse tente de représenter une photographie instantanée de toutes les scènes musicales.
Nous faisons en sorte de déclencher l’envie de découverte, de partir dans une aventure musicale. Renforcer la présence de certains styles ou encore de proposer des créations inédites.

De nombreux groupes de toute la Suisse participent à Label Suisse, avec des genres musicaux très variés. De ton point de vue, quelles prestations ont été les plus enthousiasmantes?
J’ai un réel plaisir à déambuler à travers les lieux du festival. De pouvoir découvrir et me confronter à des styles musicaux qui ne font pas partie de ma vie de tous les jours. C’est cela qui m’enthousiasme le plus.

Label Suisse: Laurence Vinclair

Laurence Vinclair (Photo: Mehdi Benkler)

Laurence Vinclair, programmation musiques actuelles

Dans le cas d’un festival qui réunit tant de genres musicaux différents, quel intérêt particulier y a-t-il à être responsable de la programmation d’un genre musical donné?
Laurence Vinclair: L’intérêt est tout simplement d’avoir l’honneur de pouvoir mettre en valeur pendant 3 jours des artistes qui le méritent, artistes pour certains que je vois évoluer tout au long de l’année, voire depuis des années. Et surtout de pouvoir faire découvrir à un public varié des styles qu’il n’écouterait pas spécialement.

Quels ont été les critères appliqués pour le choix des différents artistes/groupes?
Les différents critères sont : la qualité, l’actualité, la motivation des artistes, et le potentiel à se développer.

Quelles sont les tendances actuelles dans le genre musical que vous programmez? Quels sont les effets de ces évolutions sur les acteurs de la scène musicale suisse?
La tendance la plus claire est le hip-hop ou musique urbaine, ce style a pris le lead sur le reste, on a pu le constater en regardant la programmation des clubs et des festivals depuis deux ans.

Label Suisse: Stefano Saccon

Stefano Saccon (Photo: Claude Berthelier)

Stefano Saccon, programmation jazz

Dans le cas d’un festival qui réunit tant de genres musicaux différents, quel intérêt particulier y a-t-il à être responsable de la programmation d’un genre musical donné?
Stefano Saccon: L’intelligence et la force du festival est de faire appel à des personnes compétentes dans chacun des domaines afin de cibler au mieux les musiciens représentatifs. Faire partie d’un comité de spécialistes est en enjeu stimulant pour proposer une programmation pertinente et complémentaire.

Quels ont été les critères appliqués pour le choix des différents artistes/groupes?
La diversité de l’offre dans le domaine du jazz impose un regard large avec des critères qui doivent s’adapter aux démarches artistiques. Il faut dans tous les cas que le projet soit original et qu’il soit une valeur ajoutée au reste de la programmation, que le projet soit en phase avec son temps, que l’ancrage dans la tradition soit lisible, qu’il démontre une certaine maturité et un développement possible.

Quelles sont les tendances actuelles dans le genre musical que vous programmez? Quels sont les effets de ces évolutions sur les acteurs de la scène musicale suisse?
Il y a 3 types de tendances à mon sens.
a) l’association de l’acoustique et de l’électronique, la curiosité autour du monde des DJ’s et l’éveil à de nouvelles textures sonores.
b) le minimalisme qui met en valeur le groupe au détriment du soliste dans une démarche plus traditionnelle.
c) la volonté de développer l’écriture sur des trames rythmiques complexes.
Aujourd’hui les musiciens étiquetés « Jazz » possèdent tous une très grande maîtrise instrumentale, une énorme curiosité qui stimule une créativité sans limite. Face à l’offre grandissante et, par conséquent, à la concurrence je trouve que les musiciens ont une humilité remarquable et un respect mutuel exemplaire.

Label Suisse: Johannes Rühl

Johannes Rühl (Photo: Roland Zemp)

Johannes Rühl, programmation pour la nouvelle musique folklorique

Dans le cas d’un festival qui réunit tant de genres musicaux différents, quel intérêt particulier y a-t-il à être responsable de la programmation d’un genre musical donné?
Johannes Rühl: Il existe peu de festivals qui réunissent un panel stylistique aussi large que Label Suisse. C’est déjà une belle performance en soi. Concernant le choix du programme, il faut se dire que chaque style musical doit pouvoir trouver sa place aux côtés des autres productions. De plus, il faut s’attendre à voir un public très hétéroclite assister aux concerts. Un festival comme celui-ci est vraiment unique pour les personnes curieuses. C’est le meilleur public que l’on puisse souhaiter.

Quels ont été les critères appliqués pour le choix des différents artistes/groupes?
La nouvelle musique folklorique est essentiellement présente en Suisse alémanique. Il faut parfois du temps à l’oreille pour s’y faire. Il s’agit donc de susciter l’intérêt du public issu des autres régions du pays. Par conséquent, les groupes qui viennent à Lausanne doivent faire preuve d’une certaine ouverture stylistique. Nous avons surtout tenu compte de ce point, en plus de la qualité, naturellement.

Quelles sont les tendances actuelles dans le genre musical que vous programmez? Quels sont les effets de ces évolutions sur les acteurs de la scène musicale suisse?
En fin de compte, la nouvelle musique folklorique suisse est un héritage du folk du siècle dernier. Autrefois, la musique était un acte de contestation. Aujourd’hui, les musiciens sont très attachés à la tradition. Ils appréhendent les supports sans œillères et créent ainsi quelque chose de neuf, encore jamais entendu. La haute école de musique de Lucerne est importante pour ce genre musical. Depuis quelques années, elle produit des artistes extrêmement talentueux. L’évolution est loin d’être finie et je crois qu’il y a encore de très belles et nombreuses choses à venir.

Label Suisse: Claire Brawand

Claire Brawand (Photo: Nathalie Langlois)

Claire Brawand, programmation musique classique et contemporaine

Dans le cas d’un festival qui réunit tant de genres musicaux différents, quel intérêt particulier y a-t-il à être responsable de la programmation d’un genre musical donné?
Claire Brawand: L’acte de programmer s’inscrit toujours dans un contexte spécifique dont il faut tenir compte. Dans le cas de Label Suisse (diversité des styles avec une prédominance des musiques actuelles, dimension nationale, diversité des lieux, entrée libre, public très large, dont beaucoup de jeunes), le contexte diffère fortement du cadre habituel de la musique classique (du baroque à nos jours) et de ses mélomanes avertis. J’y vois là un champ d’expérimentation très fertile qui rend ma mission de programmation d’autant plus stimulante ; un des objectifs principaux étant d’attirer les festivaliers à découvrir l’univers classique au travers d’une personnalité, d’une énergie ou encore d’un format de concert spécial. La grande liberté de circulation de Label Suisse renforcée par le mélange des styles dans un même lieu permet cela.

Quels ont été les critères appliqués pour le choix des différents artistes/groupes?
Pour la programmation classique, j’ai privilégié des artistes – interprètes et compositeurs – puissants et singuliers dont la démarche est en résonance forte avec l’identité du festival, à savoir : contemporaine, donc actuelle, et exploratoire. Une telle disposition de la part des artistes classiques est nécessaire pour le contexte particulier de Label Suisse. Ceci a eu pour résultat de nous concentrer sur les répertoires des 20e et 21e siècles (dont des créations), avec, pour le second, un fort accent sur les compositeurs suisses toutes générations confondues.

Quelles sont les tendances actuelles dans le genre musical que vous programmez? Quels sont les effets de ces évolutions sur les acteurs de la scène musicale suisse?
La transdisciplinarité grandissante entre les arts (visuels, sonores, compositionnels) et les esthétiques. Un large renouvellement de la part des jeunes générations de musiciens de pointe dans l’approche de leur programmation de concerts. Aujourd’hui, ils envisagent en effet l’apport de la musique «classique» sans les barrières héritées souvent des générations précédentes.

www.labelsuisse.ch

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Le festival Label Suisse s’est tenu pour la huitième fois à Lausanne, du 14 au 16 septembre 2018. Organisé tous les deux ans, cet événement, dédié à la création musicale en Suisse, offre au public un large panorama de l’actuel paysage musical dans notre pays. Texte/interview d’Erika Weibel

Toute la diversité de la musique suisse réunie à Label Suisse

La scène principale du festival Label Suisse sur la place Centrale à Lausanne pendant le concert du collectif de hip-hop genevois Superwak Clique, le samedi 15 septembre 2018. (Photo: Anne Bichsel)

La huitième édition du festival Label Suisse a attiré quelque 90 000 festivaliers qui ont pu assister à de nombreuses représentations issues d’univers musicaux très variés. Au total, plus de 60 concerts étaient organisés à 10 endroits différents du centre-ville de Lausanne. Musique électronique, pop rock, musique contemporaine et classique, jazz, nouvelle musique folklorique:...Continuer

Modification succincte de la législation sur la protection contre le bruit

En février 2018, l’ordonnance relative à la loi fédérale sur la protection contre les dangers liés au rayonnement non ionisant et au son (LRNIS) est entrée en phase de consultation. Le projet d’ordonnance prévoyait des obligations plus strictes pour les manifestations diffusant du son amplifié par électroacoustique, et également de nouvelles obligations pour les manifestations sans amplification. Début octobre, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a fait savoir qu’il renonçait à la plupart de ces durcissements. Texte de Sarah Coopman

O-LRNIS: Modification succincte de la législation sur la protection contre le bruit

Beaucoup de bruit pour (presque) rien: suite à une opposition véhémente de la part de représentants de la branche concernée, l’OFSP ne souhaite plus apporter de modifications majeures à la législation sur la protection contre le bruit (y compris pour les grands concerts comme celui présenté ici). (Photo: Marcel Grubenmann)

Ceux qui souhaitent connaître les plafonds et obligations s’appliquant au son produit lors de manifestations peuvent consulter l’ordonnance sur la protection contre les nuisances sonores et les rayons laser lors de manifestations (OSLa). Ce texte ne prévoit aucune obligation pour les manifestations dont le niveau sonore est inférieur à 93 dB(A). Le niveau sonore moyen pendant une heure est déterminant pour calculer ce plafond. Conformément à l’OSLa actuellement en vigueur, les organisateurs ne sont soumis à des obligations qu’à partir de 93 dB(A) par heure pour les manifestations diffusant des sons amplifiés par électroacoustique.

Règles de l’ordonnance actuelle sur la protection contre les nuisances sonores et les rayons laser

Les mesures nécessaires de protection contre le bruit varient en fonction du niveau sonore moyen et se classent en trois catégories: La première catégorie regroupe les manifestations dont le niveau sonore moyen est compris entre 93 dB(A) et 96 dB(A). L’organisateur d’une telle manifestation doit l’annoncer quatorze jours à l’avance à l’autorité d’exécution. Sur le lieu de la manifestation, le public doit être informé par voies d’affiches sur les risques encourus, et des dispositifs de protection auditive doivent être mis gratuitement à sa disposition. L’OSLa prévoit également que le niveau sonore doit être surveillé pendant la manifestation à l’aide d’un appareil de mesure. Aucune exigence particulière ne pèse sur de tels appareils.

Le niveau sonore horaire moyen ne doit pas dépasser 100 dB(A) lors d’une manifestation diffusant des sons amplifiés par électroacoustique. Pour les manifestations dont le niveau sonore est compris entre 96 dB(A) et 100 dB(A), les mêmes exigences que celles imposées aux manifestations de la première catégorie s’appliquent, pourvu que la sonorisation ne dure pas plus de trois heures. Les obligations suivantes s’appliquent là encore aux organisateurs: obligation d’ annoncer la manifestation, d’informer le public, distribution de bouchons d’oreille et obligation de surveillance durant l’entier de la manifestation.

Aucune obligation pour le son non amplifié jusqu’à présent

Des obligations plus strictes s’appliquent néanmoins si la durée de la sonorisation dépasse trois heures. Dans ce cas, l’organisateur doit enregistrer le niveau sonore et mettre en place une zone de compensation où le niveau sonore moyen ne dépasse pas le seuil de 85 dB.

Le niveau sonore maximal, soit la nuisance sonore ponctuelle mesurée la plus intense, ne doit à aucun moment dépasser 125 dB(A). Le son non amplifié n’est jusqu’à présent soumis à aucune obligation. Ni un orchestre symphonique, ni une chanteuse d’opéra, ni un numéro de guggenmusik ne sont soumis aux plafonds cités, ni à aucune des obligations associées à ces derniers.

Opposition au projet d’O-LRNIS

Ces règles ont été en grande partie reprises et ponctuellement modifiées dans le projet de nouvelle ordonnance sur la loi fédérale sur la protection contre les dangers liés au rayonnement non ionisant et au son, «O-LRNIS». Ce projet d’ordonnance prévoyait encore des obligations pour les manifestations sans son amplifié, ainsi que l’étendue de l’obligation d’enregistrer le niveau sonore à toutes les manifestations pour lesquels celui-ci dépasse 93 dB(A). La Confédération souhaitait en outre soumettre les appareils de mesure à des exigences plus strictes.

Lors de la phase de consultation, les représentants de la branche ont opposé une résistance véhémente aux modifications envisagées. Suite aux discussions avec ces derniers fin septembre, l’OFSP renonce à ces changements et demande au Conseil fédéral de supprimer l’obligation étendue d’enregistrer. Celle-ci reste ainsi dans son état antérieur et ne s’applique qu’aux manifestations dont le niveau sonore moyen dépasse 96 dB(A) sur plus de trois heures.

L’OFSP souhaite renoncer en grande partie aux durcissements

En guise d’obligation pour les manifestations diffusant des sons non amplifiés au-dessus de 93 dB(A), seules l’information du public et la distribution des dispositifs de protection auditives sont demandées à l’OFSP, l’obligation de déclarer la manifestation au préalable devant elle aussi être supprimée. Les représentations d’orchestre, les concerts classiques et autres manifestations similaires seront à l’avenir soumis à des obligations vraisemblablement minimes dès lors que le seuil de 93 dB(A) est atteint.

Les exigences plus strictes pesant sur les appareils de mesure ne seront probablement pas non plus mises en œuvre. Les exigences concernant les appareils de mesures ainsi que la procédure de mesure elle-même devraient plutôt être définies sur la base d’une recommandation de la branche.

Compte tenu des derniers développements, il ne faut donc pas s’attendre à de grands changements dans la législation sur la protection contre le bruit. Les plafonds en vigueur restent notamment inchangés. D’après l’OFSP, les représentants de la branche les acceptent et ne les ont pas remis en cause pendant la consultation. La mesure dans laquelle des modifications seront intégrées à la nouvelle ordonnance est encore floue pour le moment. C’est début 2019 que le Conseil fédéral décidera de manière définitive de la mise en œuvre et de l’entrée en vigueur du projet d’ordonnance.

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Echo positif de la «Journée SUISA» au festival Murten Classics

Une journée complète a été consacrée à l’univers de la musique contemporaine lors de la série de concerts «Offen für Neues» du festival Murten Classics, le 25 août 2018. Cette journée de concerts soutenue par SUISA a été enregistrée par la Radio SRF 2 Kultur et a suscité des réactions positives de toutes parts. Texte de Manu Leuenberger

Belenus Quartett: Echo positif de la «Journée SUISA» au festival Murten Classics

Le Belenus Quartett a interprété des œuvres de Daniel Schnyder, Cécile Marti, Iris Szeghy et Marco Antonio Perez-Ramirez lors du troisième et dernier concert de la journée «Offen für Neues» du 25 août 2018 au festival Murten Classics. (Photo: Willi Piller)

Le programme de cette journée de concerts extraordinaire au festival Murten Classics a débuté tôt: les invités sont arrivés dans la salle de concert du Centre Culturel de Beaulieu (KiB) à Morat dès 10 heures du matin, juste à temps pour assister au discours d’ouverture de la musicologue Irène Minder-Jeanneret. Comportant des œuvres de 13 compositrices et compositeurs contemporains, la série de trois concerts a suscité un vif intérêt au-delà de la région, comme l’ont constaté les «Freiburger Nachrichten» lors d’une article sur le festival parue deux jours plus tard: «Il n’y avait quasiment plus aucune chaise de libre.»

Le guide du festival avait annoncé que la journée de concerts soutenue par SUISA dans la série «Offen für Neues» serait une «journée de rencontres». Cette promesse a été tenue à maints égards: parmi les nombreuses œuvres exécutées, le public a pu découvrir une grande diversité tonale dans les compositions contemporaines; beaucoup de compositrices et de compositeurs dont les morceaux ont été joués ont fait personnellement le déplacement jusqu’à Morat et ont présenté brièvement, en introduction, leur univers musical; les musiciens présents ont également vécu des échanges passionnés durant les pauses entre les trois concerts.

Bonne programmation, bonne interprétation et bonne intégration

Comme l’a expliqué Roman Brotbeck, l’animateur ayant présenté le programme, l’idée n’était pas «de bluffer avec des premières représentations, mais de proposer une grande diversité musicale». Andreas Zurbriggen s’est réjoui de cette intention lors de sa rétrospective publiée dans la «Revue musicale suisse» (édition septembre/octobre 2018) – «Il y a déjà eu à maintes occasions des premières représentations d’œuvres contemporaines, ce qui n’est pas le cas de secondes ou de troisièmes exécutions» – et il a trouvé que cela était réussi car le directeur artistique, Kaspar Zehnder, a brillé par sa programmation en «faisant s’entrechoquer des mondes différents». «De plus, les interprétations, comme celles du Belenus Quartett, du pianiste Gilles Grimaître et de ‹l’Ensemble mit vier›, ont atteint un niveau très élevé», poursuit le critique dans cette même revue.

«Il est réjouissant de voir que de telles expériences trouvent leur place également dans un programme de festival, en plus des concerts populaires», concluait-il dans le résumé de l’entretien sur cette journée de concerts publié dans les «Freiburger Nachrichten». L’ambitieux projet journalier «Offen für Neues» du festival Murten Classics et de SUISA a reçu des réactions positives de toutes parts, comme en témoignent les déclarations de participants ci-dessous.

La Radio SRF 2 Kultur jouera des extraits des trois concerts du 25 août 2018 dans l’émission «Neue Musik im Konzert» le mercredi 7 novembre 2018, à partir de 21h.

Katrin Frauchiger

Dans son discours d’introduction, la compositrice bernoise Katrin Frauchiger a expliqué son œuvre «Mare nostrum» pour flûte et trio à cordes, qui a ensuite été jouée durant le concert. (Photo: Willi Piller)

Katrin Frauchiger, compositrice et chanteuse, doctorante à la haute école spécialisée de Lucerne (HSLU):

«En tant que compositrice, j’apprécie tout particulièrement l’engagement du Festival Murten Classics et de SUISA dans l’organisation d’une journée entière consacrée à la musique contemporaine. Le courage de l’organisateur de mettre un tel accent lors du Festival Murten Classics a rencontré un échos favorable à tous les niveaux : le public est apparu en grand nombre, s’est montré très intéressé et ‹ouvert à des nouveautés›.
Trois concerts inédits, soigneusement organisés, avec conférences et introductions, ont été présentés, chacun d’entre eux comportant un slogan à l’attention des auditeurs : Waves from another world / Immigration-Emigration/Roots and great places. Lors d’une discussion spontanée avec Roman Brotbeck, j’ai eu l’opportunité – ainsi que les autres compositeurs présents – de présenter personnellement mon œuvre ‹Mare Nostrum› et d’ouvrir ainsi la porte à une belle interprétation de ma musique. Tout aussi précieux pendant la journée fut l’échange entre les compositeurs présents, en partie venus de loin, et le public.»

Irene Minder-Jeanneret

«Un architecte peut vivre de sa création, ce qui est rarement le cas pour une compositrice ou un compositeur», explique la musicienne Irène Minder-Jeanneret dans son discours d’ouverture, avant d’expliquer pourquoi, selon elle, les musiciens suisses mériteraient qu’on leur accorde une plus grande reconnaissance. (Photo: Willi Piller)

Irène Minder-Jeanneret, docteure en musicologie, membre du groupe de pilotage du Dictionnaire de la musique en Suisse:

«La journée SUISA a présenté un tour d’horizon, apprécié et rare, aussi bien de la création musicale que de l’importance culturelle et politique de la musique en Suisse. Elle a parfaitement illustré le fossé qui existe dans notre pays entre la réalité musicale vivante, de haut niveau et le manque de reconnaissance politique. Un tiers de la population pratique activement la musique; pourtant, la Suisse n’est pas perçue comme un pays musicien. La création, la production, l’enseignement, la distribution et la documentation de la musique sont autant de facettes d’un domaine culturel de poids, qui méritent d’être reconnues, encouragées et rendues visibles à tous les niveaux politiques. Comme dans le secteur du film, il existe dans le domaine de la musique des activités où le seul soutien des cantons est insuffisant.
Pour moi, en tant que membre du groupe de pilotage du Dictionnaire de la musique en Suisse, la journée SUISA fut une occasion unique d’entrer en contact avec des personnes qui œuvrent dans tous les domaines de la musique. Nul doute: cette journée a contribué à renforcer mutuellement les différents intérêts représentés.»

Kaspar Zehnder

Le directeur artistique du festival Murten Classics, Kaspar Zehnder, a également joué de la flûte lors de cette «Journée SUISA». (Photo: Willi Piller)

Kaspar Zehnder, directeur artistique du Murten Classics et organisateur de la journée SUISA du 25 août 2018:

«C’est dans l’hétérogénéité et la diversité que résidaient la qualité et la richesse de ce programme, qui a permis au public, aux compositeurs, aux présentateurs et aux artistes d’être plongés dans de vives discussions ou de savourer pleinement ensemble, le gâteau à la crème de Morat «Nidelkuchen» ou un verre de vin rouge de la région de Vully.
La journée SUISA doit absolument, au moins une fois tous les deux ans, devenir une tradition du Murten Classics.»

www.murtenclassics.ch

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Le succès de la vidéo à la demande et du streaming ne profite pas suffisamment aux artistes de l’audiovisuel

La cinéaste Ursula Meier vole de succès en succès, en Suisse et à l’international. Elle explique pourquoi il est nécessaire d’améliorer la position des cinéastes et interprètes dans le domaine de la vidéo à la demande (VoD) à l’occasion de la révision de la Loi sur le droit d’auteur (LDA). Texte/interview par le contributeur invité Jürg Ruchti, Directeur de la SSA

Le succès de la vidéo à la demande et du streaming ne profite pas suffisamment aux artistes de l’audiovisuel

La réalisatrice Ursula Meier est membre de la SSA. La SSA est une société-sœur de SUISA; elle gère les droits d’auteur relatifs aux œuvres scéniques et audiovisuelles. (Photo: Claude Dussez)

Ursula Meier, vous êtes membre de la Société Suisse des Auteurs (SSA), pourquoi?
Avant tout parce que la SSA gère mes droits d’auteur efficacement. Elle m’offre aussi d’autres prestations : c’est une coopérative basée sur la mutualité et la solidarité qui défend les intérêts de ceux qui créent des œuvres audiovisuelles et scéniques.

Les artistes demandent l’introduction de nouvelles dispositions concernant la VoD dans la LDA.
C’est très important. Avec Internet, nos œuvres n’ont jamais été autant consommées, mais les artistes n’en retirent pas les fruits qu’ils devraient. Les acteurs de l’économie numérique accaparent la valeur créée par la consommation de nos œuvres en échappant à toute responsabilité.

Pourtant, les autrices négocient leurs droits avec le producteur lorsqu’elles créent le film?
Oui, mais les chaînes contractuelles de l’exploitation sont ensuite tellement complexes et parfois opaques que les recettes ne remontent pas jusqu’à l’artiste. Il y a de nombreux intermédiaires. L’économie numérique place les producteurs dans une incertitude inédite sur les chances de récupérer leur investissement, pour beaucoup de raisons différentes. Cela se répercute sur les sommes qu’ils peuvent accorder aux artistes lorsque le film se négocie, soit avant sa création. Nos conditions se sont détériorées.

Pourquoi faudrait-il que les plateformes VoD soient obligées de payer les auteurs via leurs sociétés de gestion?
Parce que les auteurs participent le plus équitablement au succès de leur œuvre lorsque leurs sociétés interviennent auprès du dernier « commerçant », celui qui est en contact direct avec le consommateur. C’est un modèle instauré en Suisse depuis longtemps dans le domaine de la télévision et il nous satisfait ; il existe aussi dans d’autres pays. La loi en vigueur prévoit d’ailleurs une obligation de paiement pour la location des vidéocassettes ou DVD – comme la VoD a remplacé ce marché, la loi devrait suivre cette évolution.

La nouvelle disposition proposée ne semble toutefois pas parfaite?
Non, elle présente deux problèmes. Primo, elle concerne aussi la musique qui n’en veut pas car son système fonctionne bien dans tous les pays. Ce n’est pas le cas pour les scénaristes, réalisatrices et comédiens. La gestion collective de leurs droits n’existe que dans peu de pays et les plateformes sont souvent établies dans d’autres. Le second problème, ce sont les œuvres de commande des télévisions : la proposition prévoit de les exclure de la nouvelle rémunération obligatoire des artistes.

Quel est le problème pour les œuvres de commande?
Ce sont les œuvres les plus demandées sur ce nouveau marché, comme les séries. Le cercle des commanditaires s’est agrandi : les plateformes VoD s’ajoutent désormais aux télédiffuseurs. Il n’y a pas de raison de les traiter différemment. Une œuvre circule, tôt ou tard elle sera visible sur de nombreuses plateformes. Si on exclut les œuvres de commande du nouveau droit VoD, leurs autrices n’en bénéficieront pas pour toutes les utilisations on-line. Leur situation ne connaîtrait alors guère de progrès. Par exemple, une série commandée par la RTS disponible ensuite dans un service de streaming comme Amazon, serait exclue du nouveau droit. Cette exclusion vide le nouveau droit de son sens, elle fait que la disposition générale manque son objectif. Le raisonnement à la base de ce paragraphe ne tient pas compte des réalités et j’espère que cela sera clarifié au cours des débats parlementaires.

Au sujet d’Ursula Meier
Ursula Meier est une cinéaste suisse reconnue internationalement. Home avec Isabelle Huppert est sélectionné au Festival de Cannes et obtient de nombreuses distinctions à travers le monde. En 2012, L’enfant d’en haut avec Léa Seydoux et Kacey Mottet Klein reçoit un Ours d’Argent-Prix Spécial au Festival de Berlin. Le film obtient, tout comme Home en 2010, trois Prix du Cinéma suisse dont celui du Meilleur film et représente à nouveau la Suisse aux Oscars. Début 2018, elle termine Journal de ma tête un téléfilm avec Fanny Ardant et Kacey Mottet Klein sélectionné au Festival de Berlin. Elle vient de présider le Jury de la Caméra d’Or au dernier Festival de Cannes.
A propos d’un droit à rémunération pour la vidéo à la demande
La mise à disposition de films de cinéma et de télévision sur des plateformes en ligne a remplacé la location de DVDs. Alors que les auteurs et artistes interprètes des films participaient aux revenus de la location grâce au droit à rémunération prévu par la loi (art. 13 LDA), ce n’est plus le cas aujourd’hui lors de la mise en ligne. Il font donc garantir que les auteurs et les artistes interprètes, en tant que premiers créateurs de valeur, participent aussi à ce modèle économique; l’introduction d’un droit à rémunération selon les art. 13a et 35a P-LDA a été saluée dans son principe par Swisscopyright. Mais les sociétés de gestion ont relevé que ce droit à rémunération devait être supplémentaire par rapport aux honoraires versés aux créateurs par les producteurs (pour la commande des œuvres, l’interprétation et les droits correspondant). Le projet du CF n’est pas clair à ce sujet, et Swisscopyright estime que les délibérations parlementaires devront préciser que le droit à rémunération ne se substitue pas à ces honoraires.
En outre, l’exclusion des œuvres musicales de ce nouveau droit à rémunération était un élément essentiel du compromis élaboré par le groupe de travail AGUR 12 II, qui n’a malheureusement pas été repris par le CF. Il faut donc revenir à la solution préconisée par l’AGUR12 II: les modèles de gestion collective volontaire dans le secteur musical fonctionnent bien. Les domaines de la musique et de l’audiovisuel divergent donc fortement sur ce point. Les compositeurs de musique de film et leurs éditeurs confient leurs droits aux sociétés de gestion comme SUISA, et celles-ci interviennent directement auprès des plateformes de VoD (parallèlement aux agrégateurs, qui s’occupent des autres droits sur le film). Ce système contractuel pour la musique permet aux compositeurs d’obtenir des conditions financières plus avantageuses que ce que leur rapporterait un droit à rémunération légal.
Dans le domaine musical, il faut toutefois faire en sorte que les revenus versés par la société de gestion soient répartis de manière équilibrée entre le compositeur et l’éditeur. Le premier doit dans tous les cas bénéficier d’une part équitable. Cette garantie est déjà donnée à l’art. 49 al. 3 LDA pour les concerts, les émissions de radio ou la production de disques. Mais cette disposition ne concerne que les domaines de gestion soumis à la surveillance de la Confédération et n’est donc actuellement pas applicable à la VoD. Par conséquent, Swisscopyright a proposé de formuler l’alinéa 5 de l’art. 13a P-LDA de manière à consacrer expressément le droit du compositeur d’obtenir une part équitable sur les revenus de la gestion collective volontaire telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui par SUISA.
Extrait de l’article du SUISAblog «Révision du droit d’auteur: le travail des Commissions parlementaires a commencé» signé Vincent Salvadé.

L’interview d’Ursula Meier a été réalisée pour la lettre de session (PDF) de Swisscopyright parue en septembre 2018. Swisscopyright est l’organisation commune aux cinq sociétés de gestion collective en Suisse: ProLitteris, SSA, SUISA, Suissimage et Swissperform. Avec la lettre de session, les sociétés souhaitent fournir aux personnes intéressées (monde politique et grand public) des informations sur les questions liées au droit d’auteur.

Site Internet Swisscopyright

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La cinéaste Ursula Meier vole de succès en succès, en Suisse et à l’international. Elle explique pourquoi il est nécessaire d’améliorer la position des cinéastes et interprètes dans le domaine de la vidéo à la demande (VoD) à l’occasion de la révision de la Loi sur le droit d’auteur (LDA). Texte/interview par le contributeur invité Jürg Ruchti, Directeur de la SSA

Le succès de la vidéo à la demande et du streaming ne profite pas suffisamment aux artistes de l’audiovisuel

La réalisatrice Ursula Meier est membre de la SSA. La SSA est une société-sœur de SUISA; elle gère les droits d’auteur relatifs aux œuvres scéniques et audiovisuelles. (Photo: Claude Dussez)

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Avant tout parce que la SSA gère mes droits d’auteur efficacement. Elle m’offre aussi d’autres prestations : c’est une coopérative basée sur la mutualité et la solidarité qui défend les...Continuer

Travail d’équipe créatif lors du camp de composition SUISA 2018 | avec vidéo

Un camp de composition, organisé par SUISA en collaboration avec Pele Loriano Productions, s’est tenu pour la deuxième année consécutive aux Powerplay Studios à Maur. 36 musiciennes et musiciens de 8 pays ont pris part aux 3 jours de cet événement en juin 2018. Résultat: 19 chansons pop aux inspirations et styles différents. Texte et vidéo de Manu Leuenberger

L’objectif du camp de composition SUISA 2018 était de créer des chansons pop radiophoniques ayant le potentiel de figurer au hit-parade et présentant toutes les facettes stylistiques de la pop contemporaine. Répartis en équipes de trois ou quatre personnes, les musiciennes et musiciens conviés ont composé une chanson par jour. Les équipes ont été renouvelées chaque jour afin que tous les participants aient l’opportunité de composer de nouvelles chansons avec d’autres partenaires.

Les camps de composition, mode de production établi dans la musique pop

Les camps de composition constituent un mode de production bien établi dans l’industrie de la musique pop internationale. D’après Pele Loriano, directeur artistique de l’événement, l’atout majeur de ce type de format est de permettre la rencontre de musiciens qui n’auraient sinon jamais travaillé ensemble: «L’alchimie entre les membres d’une même équipe peut en effet favoriser l’inspiration. Travailler en équipe permet de développer des idées que l’on n’aurait jamais eues en travaillant seul.» (article de la «NZZ» du 19.10.2017, dans le cadre du camp SUISA 2017)

Les producteurs et compositeurs étrangers ont été conviés par Pele Loriano au bord du lac de Greifen; ils venaient cette année de France, de Grande-Bretagne, d’Allemagne, de Belgique, des États-Unis, de Suède et du Canada. Quant à la sélection des artistes suisses, le directeur artistique avait ici l’embarras du choix: 75 candidatures ont été reçues lors de la procédure de sélection, dépassant ainsi largement le nombre de places disponibles pour les membres SUISA.

Intérêt et participation de nombreux membres SUISA

Afin de répondre au grand intérêt suscité par cet événement, une sixième équipe de compositeurs a été ajoutée aux cinq prévues initialement. Cela a permis à un nombre encore plus important de membres SUISA de profiter de l’opportunité de collaborer avec des compositeurs nationaux et internationaux et de trouver l’inspiration dans cet échange artistique.

Répartis sur trois jours (du 18 au 20 juin 2018), ce sont en tout 36 musiciens qui ont pu participer à ce camp de composition. Parmi les 26 membres SUISA participants, six venaient de Suisse romande, trois du Tessin et dix-sept de Suisse alémanique. Près de 40% des participants étaient des femmes (14 musiciennes, 22 musiciens).

Dans le cadre de la session d’écoute finale du mercredi soir, artistes et invités (dont des représentants de maisons d’édition musicale) ont pu écouter les divers morceaux composés dans le cadre des sessions de travail. 19 chansons pop de différents styles ont été composées: de la ballade à la chanson populaire, en passant par la pop indie et la dance, avec des textes en français, en italien et en anglais. L’avenir nous dira si ces morceaux (provenant de la «forge à tubes made in Switzerland» qu’est ce camp de composition d’après l’«Aargauer Zeitung» du 01.02.2018) sauront trouver leur public.

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Le festival Murten Classics s’ouvre à la musique contemporaine avec «Offen für Neues»

En collaboration avec SUISA, le festival Murten Classics vous invite à plonger dans l’univers de la musique contemporaine pendant la journée du samedi 25 août 2018. Durant cet événement, vous pourrez assister à 3 concerts avec au programme les œuvres de 13 compositeurs et compositrices issus de générations différentes et se distinguant par leur héritage et leur sens de l’esthétique variés. Le programme de la journée permettra au public d’en savoir plus sur la notion d’«unterwegs – en chemin» au sein de l’environnement musical actuel et d’échanger au sujet des nouvelles compositions. Texte d’Erika Weibel et Manu Leuenberger

Le festival Murten Classics s’ouvre à la musique contemporaine avec «Offen für Neues»

Durant ses études de musique, la compositrice Cécile Marti n’a cessé d’être en chemin entre Zurich, Lucerne et Bâle et a rédigé sa thèse à Londres. Son quatuor à cordes «Trapez» est l’une des 13 œuvres qui seront présentées lors de la série de concerts «Offen für Neues» du festival Murten Classics, le 25 août 2018. (Photo: Suzie Maeder)

Le festival Murten Classics célèbre cette année son 30e anniversaire, au cours d’une édition qui se tiendra du 12 août au 2 septembre 2018. Avec pour devise «unterwegs – en chemin», le programme de cette année traversera cinq siècles de musique lors d’un voyage musical qui juxtapose délibérément les notions de fuite, de migration et d’émigration – à connotation négative – avec les balades et voyages inspirants de compositeurs et d’artistes.

Depuis longtemps déjà, le festival Murten Classics ouvre son programme au répertoire de la musique contemporaine avec la série de concerts «Offen für Neues». «Ces concerts font appel à la curiosité du public, qui est rarement déçu», explique Kaspar Zehnder, le directeur artistique du festival, dans une interview aux «Freiburger Nachrichten».

En collaboration avec SUISA, le programme du festival propose cette année une journée entière de rencontres: dans le cadre de la série de concerts «Offen für Neues», trois concerts avec, au programme, des œuvres de 13 compositeurs et compositrices contemporains différents se tiendront au centre culturel du parc du Beaulieu à Morat, le samedi 25 août du matin à la fin de l’après-midi.

Le programme, disponible avec ou sans dîner, offre au public d’experts et d’artistes l’opportunité d’en savoir plus ou d’échanger sur la vie des créateurs de musique et sur la situation actuelle de la création musicale. Outre une introduction qui aura lieu dans la matinée, des tables rondes seront animées tout au long de la journée pour échanger au sujet des concerts avec certains des compositeurs présents, auxquels le public pourra poser des questions sur la création et l’évolution de leurs œuvres.

Mues par la devise de l’édition 2018 du festival, «unterwegs – en chemin», les œuvres interprétées durant cette journée sont celles de créateurs qui sont «en chemin» en Suisse. Ces compositrices et compositeurs ont émigré de Suisse, ont immigré en Suisse ou n’ont cessé de fuir d’un lieu à l’autre.

Lors de cette journée de rencontres musicales, les spectateurs pourront découvrir et explorer les univers musicaux qui se tissent à travers ces chemins et expériences de vie. Les billets pour la série de concerts «Offen für Neues» organisée le 25 août 2018 sont disponibles avec ou sans dîner sur le site Internet du festival.


Programme: «Offen für Neues», journée de rencontres au festival Murten Classics

Samedi 25 août 2018

Lieu
Petit théâtre à Morat (KiB, Kultur im Beaulieu)

Devise: unterwegs – en chemin.
Différentes lectures du thème du festival
Emigration de Suisse
Immigration en Suisse
Sans cesse en chemin
En fuite

10h – INTRODUCTION
Irène Minder-Jeanneret
Animation: Roman Brotbeck

Concert 1 (de 11h à 12h environ)
WAVES FROM ANOTHER WORLD

Giorgio Tedde (*1958): Atlas (2005) pour flûte et trio à cordes
Katrin Frauchiger (*1967): Mare nostrum (2015) pour flûte et trio à cordes
Aram Hovhannisyan (*1984): Litanies I-IV (2008/09) pour piano
Jean-Luc Darbellay (*1946): Waves (2011) pour flûte et flûte alto
Fritz Voegelin (*1943): Dual (2009/10) pour flûte alto et trio à cordes

Ana Ioana Oltean, flûte
Gilles Grimaître, piano
Ensemble de quatre instruments: Kaspar Zehnder, flûte/flûte alto; Charlotte Zehnder, violon; Dorothee Schmid, alto; Urs Fischer, violoncelle

Concert 2 (de 13h30 à 14h30 environ)
IMMIGRATION – ÉMIGRATION

Maria Niederberger (*1949): Mountain visions (2009/10) pour violon solo
Maria Niederberger (*1949): Hommage à Frédéric Chopin (2008/09) pour piano solo
Thomas Fortmann (*1951): Burlesque «Elena e Greta» pour deux flûtes et piano
Jan Beran (*1959): «Strange words the wind tossed» pour violon et piano
Jan Beran (*1959): «Leis wie eine Märchenweise» pour piano solo
Wael Sami Elkholy (*1976): «Skies’ Calls» (2011) pour voix et recorder

René Kubelik, violon
Patrizio Mazzola, piano
Ana Ioana Oltean, flûte
Kaspar Zehnder, flûte
Wael Sami Elkholy, voix

Concert 3 (de 16h à 17h environ)
ROOTS AND GREAT PLACES

Daniel Schnyder (*1961): Quatuor à cordes n° 4 «Great places» – Shanghai 1928, Havana 1952, Paris 1901, Casablanca 1933, New York City 1964
Cécile Marti (*1973): Trapez (2012)
Iris Szeghy (*1956): Aria (2007/16)
Marco Antonio Perez-Ramirez (*1964): Primitive Dream (2009)

Belenus Quartett: Seraina Pfenninger, violon; Anne Battegay, violon; Esther Fritzsche, alto; Jonas Vischi, violoncelle

www.murtenclassics.ch

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Créations suisses au Festival Archipel

Dans le domaine de la musique contemporaine, les compositeurs suisses ne sont pas en retrait. C’est ce que nous a démontré le Festival Archipel le mercredi 21 mars 2018, lors d’un concert dans lequel quatre compositeurs helvétiques étaient mis à l’honneur. Texte de Sébastien Cayet, contributeur invité

Créations suisses au Festival Archipel

La compositrice suisse, Katharina Rosenberger, native de Zurich et travaillant aux Etats-Unis avec le directeur du festival Marc Texier, lors de la conférence donnée en préambule à la «soirée de musique suisse», le 21 mars 2018 dans le cadre du Festival Archipel à Genève (Photo: Manu Leuenberger)

Soutenu par la SUISA, coopérative des auteurs et éditeurs de musique, Archipel nous a proposé une soirée en deux parties. Dans un entretien avant-concert, Marc Texier, directeur général du festival a reçu les compositeurs Katharina Rosenberger et Michael Pelzel, en partenariat avec SUISA. L’occasion pour nous d‘en apprendre plus sur leurs activités, leurs diverses influences, leurs méthodes de composition et leurs projets.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que leurs influences sont aux antipodes l’une de l’autre; alors que Katharina Rosenberger évoque ses références musicales de la Renaissance et à Willaert et De Rore en particulier, Michael Pelzel avoue volontiers utiliser des techniques indiennes et africaines dans sa pièce, créant ainsi un contraste entre musique occidentale et musique extra-européenne, entre tradition et nouveauté. L’éventail de leurs activités ne s’arrête cependant pas à la composition; l’une enseigne aux Etats-Unis, l’autre mène une activité d’organiste.

Cela leur permet de ne pas compter entièrement sur l’activité de compositeur pour vivre, car tous deux s’accordent à dire que le développement du streaming au détriment du CD ou du spectacle vivant leur ôte une source de revenus – ou la diminue fortement. Heureusement pour les compositeurs, SUISA s’engage à préserver leurs droits d’auteur et à les rétribuer pour les concerts dans lesquels leurs pièces sont jouées.

Créations suisses et créations mondiales

Une fois l’interview-conférence terminée, le concert peut commencer. Au programme figurent quatre créations: les créations suisses de «Tempi agitati» de Katharina Rosenberger et d’«Ante Litteram» d’Oscar Bianchi, ainsi que les créations mondiales d’«Etüdienbuch zu Diabelli» de Michael Pelzel et de «Präludien Buch 1-4» de Mischa Käser.

Les Neue Vocalsolisten Stuttgart, ensemble vocal allemand, ont interprété un répertoire fait sur mesure, puisque composé pour eux. En 2012, ils avaient déjà créé la pièce d’Oscar Bianchi, puis celle de Katharina Rosenberger en 2016.

Dans «Tempi agitati» – qui était, ce soir-là une version réduite de l’œuvre –, Katharina Rosenberger crée des atmosphères contrastées grâce, notamment, à l’alternance des esthétiques et à la mise en scène basée sur l’acoustique et l’architecture de la salle. Tout commence dans le noir. Les solistes sont assis dans le public. Puis, l’un d’eux donne le départ d’un dialogue d’onomatopées. Les Neue Vocalsolisten se répondent, s’attendent et s’entrecoupent avec précision. Ils se rejoignent ensuite sur scène pour entonner un chant polyphonique dans le style de la Renaissance, avec des références à Adrian Willaert et Cipriano de Rore.

En revenant à la musique de la Renaissance, la compositrice souhaitait «retrouver le naturel de la voix». Les voix des solistes y sont pures, linéaires et sans artifices, mais non sans émotion. Ce début de «Tempi agitati» sera caractéristique de la pièce; les chanteurs se déplacent dans la salle, alternent, voire juxtaposent les esthétiques, les tempi et les caractères, puis finissent comme ils ont commencé: dans le noir, en dehors de la scène et non visibles par le public.

Chaque effet musical a une signification

Dans «Ante Litteram», Oscar Bianchi s’inspire d’«Infinite Jest» de David Foster Wallace et de l’«Antéchrist» de Nietzsche, où il retrouve «la même empathie et la même lucidité́ dans l’exploration de ce qui empêche l’homme de parvenir à une profonde connaissance/conscience de lui-même». Cette pièce est donc parcourue de trois thèmes: le mal, la morale et le salut, où chaque effet musical a une signification.

Après un début parlé en homorythmie, les voix se décalent peu à peu, ont des rythmes et des modes de chant différents, à l’image d’une pensée claire et cohérente qui se perd dans les méandres de la réflexion. Les dissonances entre les soprani, par exemple, évoquent la douleur, et les imitations de rires tendent à verser dans l’absurdité de la pensée, tandis que les variations de tempi sont un parallèles aux variations de notre propre agitation interne.

Diabelli, dans l’œuvre de Michael Pelzel ne fait ni référence au compositeur Anton Diabelli, ni aux «Variations Diabelli» de Beethoven. «Etüdenbuch zu Diabelli» pour six voix a cappella s’appuie sur le récit d’Hermann Burger dans lequel un magicien souhaite mettre un terme à sa vie d’artiste. Les études, qui peuvent être chantées dans un ordre aléatoire, jouent sur des rythmes provoqués par les synchronisations et désynchronisions des voix. Par ailleurs, les tempi sont parfois superposés, avec les voix de femmes et les voix d’hommes qui battent des pulsations différentes, créant ainsi une opposition des différentes voix.

Neue Vocalsolisten Stuttgart à la hauteur des attentes

Pour achever la soirée, la création de «Präludien Buch 1-4» de Mischa Käser fut riche en éléments musicaux: superpositions des effets – voix parlée, cellule lyrique, cellule rythmique – qui rendent les voix indépendantes les unes par rapport aux autres, théâtralisation, avec des soupirs, des respirations et des effets de surprise parfaitement synchronisés. Le compositeur souhaitait que «des techniques de chant exotiques cohabitent avec des sons connus et de ce fait étranges». La surprise et l’originalité sont des traits caractéristiques qui ressortent de l’œuvre, ainsi que la dichotomie entre forme occidentale du prélude et «techniques exotiques» utilisées.

Les Neue Vocalsolisten Stuttgart se sont montrés à la hauteur des attentes et ont interprété un répertoire virtuose avec une apparente facilité déconcertante. Il ne fait aucun doute de leur polyvalence dans leur maîtrise des œuvres, des effets, et même des esthétiques. De leur performance transpire une entente et une osmose parfaites entre chaque membre, qui leur permettent d’appréhender ces œuvres virtuoses en tous points et de les transcender dans leur interprétation.

www.archipel.org

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Dans le domaine de la musique contemporaine, les compositeurs suisses ne sont pas en retrait. C’est ce que nous a démontré le Festival Archipel le mercredi 21 mars 2018, lors d’un concert dans lequel quatre compositeurs helvétiques étaient mis à l’honneur. Texte de Sébastien Cayet, contributeur invité

Créations suisses au Festival Archipel

La compositrice suisse, Katharina Rosenberger, native de Zurich et travaillant aux Etats-Unis avec le directeur du festival Marc Texier, lors de la conférence donnée en préambule à la «soirée de musique suisse», le 21 mars 2018 dans le cadre du Festival Archipel à Genève (Photo: Manu Leuenberger)

Soutenu par la SUISA, coopérative des auteurs et éditeurs de musique, Archipel nous a proposé une soirée en deux parties. Dans un entretien avant-concert, Marc Texier, directeur général du festival a reçu les compositeurs Katharina Rosenberger et Michael Pelzel,...Continuer

«Mes morceaux, je les compose avec mes tripes»

Martin Nauer est l’un des trois nommés dans la catégorie Musique populaire du Prix Walo 2018. Ce musicien accordéoniste a joué pendant plus de 40 ans avec la Ländlerkapelle Carlo Brunner. SUISA remettra le prix de la catégorie Musique populaire lors du 44e Prix Walo. Nous avons posé quelques questions par écrit à Martin Nauer pour en savoir un peu plus au sujet de sa nomination. Texte/entretien de Sibylle Roth

Martin Nauer: «Mes morceaux, je les compose avec mes tripes»

Martin Nauer a commencé à jouer de l’accordéon à l’âge de 5 ans. (Photo: Monika Nussbaumer)

C’est en vélomoteur que Martin Nauer se rendait à Meierskappel où Walter Grob lui enseignait de nouvelles techniques de doigté sur son accordéon. Dès qu’il le pouvait, il écoutait les morceaux de ses modèles car c’est à l’oreille qu’il a appris tout ce qu’il sait aujourd’hui. En 1975, il fonde avec Carlo Brunner la Kapelle Carlo Brunner: c’est le tout début de sa carrière. Il s’est ensuite produit à de très nombreuses reprises en Suisse et à l’étranger et a participé à l’enregistrement de plusieurs disques ou CD.

Martin Nauer, vous avez écrit de nombreux morceaux pour la Kapelle Carlo Brunner: comment ont-ils vu le jour? Avez-vous reçu des consignes ou pouviez-vous composer librement?
Martin Nauer: J’ai composé une cinquantaine de mélodies au total. Elles sont toutes immortalisées sur l’un des nombreux CD que nous avons produits en tant que formation Kapelle Carlo Brunner. Je n’ai jamais reçu de consignes, de conseils ou de recommandations pour mes compositions.
Mes morceaux, je les compose avec mes tripes.

Vous être membre de SUISA depuis 1976. Bon nombre de vos compositions ont été commercialisées par différents éditeurs. Les droits de sociétariat SUISA vous permettent-ils de vivre confortablement?
Je suis membre depuis 1976? C’est fou comme le temps passe vite! Non, les redevances que je touche par le biais de SUISA ne suffisent pas pour vivre sans souci! Je n’ai pas non plus composé tant de morceaux que ça et ils ne sont pas joués assez souvent pour que je puisse m’enrichir avec la redevance de SUISA. Mais l’argent que je touche est un petit plus qui est toujours le bienvenu et qui me permet de m’offrir quelque chose qui me fait plaisir.

Vous vous êtes retiré de la formation Kapelle Carlo Brunner fin 2017. Cela vous laisse-t-il plus de temps pour composer vos propres morceaux?
Le temps supplémentaire dont je dispose maintenant n’est pas entièrement dédié à la composition. Mais je reste bien évidemment très attaché à la musique populaire et quand une mélodie me passe par la tête, ou simplement une séquence pour une nouvelle danse, j’enregistre les accords sur une cassette en espérant que cela donne quelque chose un jour! Etant donné que je ne sais ni lire ni écrire les notes, j’ai besoin d’aide afin qu’une nouvelle mélodie soit écrite sur le papier.

Quelle est la signification pour vous de la nomination au Prix Walo?
La nomination au Prix Walo me fait naturellement très plaisir, mais c’est aussi une immense surprise. En tant que membre de la formation et partenaire de Carlo Brunner depuis plus de 43 ans, j’ai toujours eu la chance de participer au succès de Carlo lorsqu’il remportait le Prix Walo. Et ça a été le cas à quatre reprises! Pour nous, membres de la formation, ces prix sont un superbe signe de reconnaissance. Mais je ne m’attendais vraiment pas à être moi-même nommé pour cette distinction. Comme je l’ai dit, le seul fait d’avoir été nommé, représente déjà pour moi une joie immense et une grande fierté.

www.prixwalo.ch, site Internet du Prix Walo

Le gala de la 44e cérémonie du Prix Walo aura lieu le 13 mai 2018 dans les studios TPC à Zurich et sera retransmis en direct sur Star TV à partir de 20 heures. Le Prix Walo récompense des artistes suisses dans différentes catégories. L’objectif du Prix Walo est l’encouragement de la branche du spectacle suisse en général, mais aussi la promotion des artistes émergeants dans le secteur du divertissement. SUISA soutient financièrement le Prix Walo et remettra cette année le prix de la catégorie Musique populaire.
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Martin Nauer est l’un des trois nommés dans la catégorie Musique populaire du Prix Walo 2018. Ce musicien accordéoniste a joué pendant plus de 40 ans avec la Ländlerkapelle Carlo Brunner. SUISA remettra le prix de la catégorie Musique populaire lors du 44e Prix Walo. Nous avons posé quelques questions par écrit à Martin Nauer pour en savoir un peu plus au sujet de sa nomination. Texte/entretien de Sibylle Roth

Martin Nauer: «Mes morceaux, je les compose avec mes tripes»

Martin Nauer a commencé à jouer de l’accordéon à l’âge de 5 ans. (Photo: Monika Nussbaumer)

C’est en vélomoteur que Martin Nauer se rendait à Meierskappel où Walter Grob lui enseignait de nouvelles techniques de doigté sur son accordéon. Dès qu’il le pouvait, il écoutait les morceaux de ses modèles car c’est à l’oreille qu’il a appris tout ce qu’il sait aujourd’hui. En 1975,...Continuer

«Un morceau de musique ou une mélodie peuvent passer par la tête de chacun d’entre nous»

La formation Ils Fränzlis da Tschlin fait partie des trois nominés dans la catégorie Musique populaire du Prix Walo 2018. Ce groupe composé de Domenic et Curdin Janett ainsi que de leurs filles Anna Staschia, Cristina et Madlaina se produit ensemble depuis 2014 et joue essentiellement des morceaux inspirés de la «Ur-Fränzlismusig» (musique populaire du canton des Grisons) du XIXe siècle. SUISA remettra le prix de la catégorie Musique populaire lors du 44e Prix Walo. Nous avons posé des questions par écrit à Madlaina Janett, l’altiste de la formation, au sujet de leur musique, de leur travail de composition et de la nomination. Texte/entretien de Sibylle Roth

«Un morceau de musique ou une mélodie peuvent passer par la tête de chacun d’entre nous»

Ils Fränzlis da Tschlin: «Nous sommes les ambassadeurs de ces morceaux qui sont restés en Engadine au cours de leur périple au travers des salles de bal d’Europe.» (Photo: Flurin Bertschinger)

Les Ur-Fränzlis ont vu le jour au XIXe siècle avec Franz-Josef Waser, surnommé «Fränzli» (le petit Franz) en raison de sa petite taille. Ils jouaient des morceaux de musique de danse au rythme entraînant et les légendaires Fränzlis ont su garder leur notoriété jusqu’au XXe siècle. Les nouveaux Fränzlis ont été fondés en 1982 par Men Steiner et Domenic Janett. Depuis 2012, leur formation se compose d’une clarinette, d’un violon, d’un violoncelle, d’un alto et d’une contrebasse. Depuis les derniers changements survenus au sein du groupe – Cristina au violoncelle et Anna Staschia au violon ont rejoint la formation –, les femmes sont désormais majoritaires!

Madlaina Janett, la formation Ils Fränzlis da Tschlin se fait l’ambassadrice de la musique de danse de l’Engadine depuis de nombreuses décennies. Quelle est, chez vous, la proportion entre œuvres traditionnelles et compositions propres?
Madlaina Janett, Ils Fränzlis da Tschlin: Lorsque nous élaborons un programme pour un concert, nous veillons à ce qu’il y ait un bon équilibre entre les nouvelles compostions – les nôtres ou celles d’autres compositeurs – et les morceaux dansants traditionnels et connus. Nous ne voulons cependant en aucun cas rénover ou renouveler la tradition. Notre souhait est plutôt de créer une belle dramaturgie pour le concert, de proposer de la variété, tout en surprenant le public par quelques sonorités inattendues. Lorsque nous jouons pour des soirées de danse – ce qui arrive hélas de moins en moins souvent –, nous faisons la part belle aux morceaux traditionnels car ils sont généralement plus dansants que les nouvelles compositions qui sont elles écrites pour les concerts.
Nous souhaitons toutefois ajouter encore un mot sur le terme «ambassadeurs de la musique de danse de l’Engadine»: nous ne nous attribuons pas du tout ce rôle. D’une part parce que nous ne jouons que très rarement pour des événements dansants et, d’autre part, parce qu’il n’est quasiment pas possible de dire ce qu’est exactement la «musique de l’Engadine». Nos modèles, les Ur-Fränzlis du XIXe siècle, ne venaient pas de l’Engadine. Ils étaient originaires de Suisse centrale et ils jouaient toutes sortes de musiques différentes: des airs populaires, des mélodies d’opérettes et même des valses transmises de génération en génération. Et si l’on se penche d’un peu plus près sur ces morceaux «transmis», on constate souvent que ceux-ci ont connu une véritable odyssée au travers des salles de bal de la région des Alpes et qu’il n’est dès lors absolument pas possible de dire si un morceau vient de l’Engadine, du Burgenland, voire d’Italie. Nous sommes alors tout au plus les ambassadeurs des morceaux restés en Engadine tout au long de leur périple au travers des salles de bal d’Europe et qui ont simplement été développés dans le style des musiciens locaux.

Comment travaillez-vous lorsque vous composez de nouveaux morceaux? Vos œuvres sont souvent composées par une seule personne; chacun a-t-il sa manière de faire?
Chaque membre de la famille compose de manière bien différente: Curdin et Domenic écrivent des compositions et des arrangements sur commande et pour différentes formations. La jeune génération travaille de manière plus spontanée: quand quelque chose nous passe par la tête, on le note. Lorsque nous créons les programmes des Fränzlis, nous n’avons généralement aucune pression pour ce qui est de composer de nouveaux morceaux. Un morceau de musique ou une mélodie peuvent passer par la tête de chacun d’entre nous. On présente alors le morceau ou un extrait lors de la prochaine répétition et on fait des essais tous ensemble pour voir si la mélodie convient au style de notre formation ou non. Nous procédons d’ailleurs de la même manière lorsque nous reprenons des œuvres de compositeurs qui ne font pas partie de notre formation.

Les deux musiciens les plus âgés et les deux plus jeunes de votre groupe sont membres de SUISA, alors que vous et Cristina ne l’êtes pas. Comment cela se fait-il? Ne participez-vous pas aux compositions?
La raison est plus simple que cela: Cristina et moi sommes un peu paresseuses et le sujet SUISA ne faisait pas partie de nos priorités.
De plus, avec deux compositions chacune, il ne nous semble pas encore urgent de devoir les déclarer à SUISA. Mais cela ne va pas tarder …

Quelle est la signification pour vous de la nomination au Prix Walo?
Je vais vous répondre très franchement: nous nous demandons encore comment on a pensé à nous.
Jusqu’à présent, nous avions associé le Prix Walo au monde de la télévision, du spectacle, des paillettes et des costumes folkloriques et sûrement pas à une formation comme la nôtre qui se produit essentiellement dans de petites salles, sans amplificateur et avec des tenues noires.
Mais cela nous fait naturellement très plaisir que l’on ait pensé à nous et que l’on nous perçoive de manière positive, et ce même si nous ne correspondons pas vraiment au monde du spectacle et du divertissement.

www.fraenzlis.ch, site Internet Ils Fränzlis da Tschlin
www.prixwalo.ch, site Internet du Prix Walo

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La formation Ils Fränzlis da Tschlin fait partie des trois nominés dans la catégorie Musique populaire du Prix Walo 2018. Ce groupe composé de Domenic et Curdin Janett ainsi que de leurs filles Anna Staschia, Cristina et Madlaina se produit ensemble depuis 2014 et joue essentiellement des morceaux inspirés de la «Ur-Fränzlismusig» (musique populaire du canton des Grisons) du XIXe siècle. SUISA remettra le prix de la catégorie Musique populaire lors du 44e Prix Walo. Nous avons posé des questions par écrit à Madlaina Janett, l’altiste de la formation, au sujet de leur musique, de leur travail de composition et de la nomination. Texte/entretien de Sibylle Roth

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«De nombreux éléments de notre musique populaire viennent du classique»

Dani Häusler est l’un des trois nominés dans la catégorie Musique populaire du Prix Walo 2018. Il a commencé très tôt à jouer de la clarinette. Aujourd’hui, il est actif dans plusieurs formations musicales. SUISA remettra le prix de la catégorie Musique populaire lors du 44e Prix Walo. Nous avons posé des questions par écrit à l’artiste. Texte/entretien de Sibylle Roth

Dani Häusler: «De nombreux éléments de notre musique populaire viennent du classique»

Le clarinettiste Dani Häusler est l’un des plus jeunes artistes récompensés par la «Clé de sol d’or». (Photo: Pit Bühler)

Dani Häusler a commencé à jouer de la clarinette et du saxophone à tout juste 11 ans. Très vite, il s’est produit avec son premier groupe: les Gupfbuebä. Il a étudié la musique classique et marqué de son empreinte la musique populaire moderne avec les formations Pareglish et Hujässler. C’est en 1987 que Dani Häusler rejoint SUISA. Il enseigne la clarinette, officie comme rédacteur pour la musique populaire auprès de la SRF, et enseigne également à la Haute école de Lucerne. L’année dernière, il a été distingué par la Clé de sol d’or.

Dani Häusler, vous avez étudié la musique classique et fait des arrangements de ce genre musical pour la musique populaire, les «Ländlerische Tänze» de Mozart par exemple. Comment mariez-vous ces deux genres musicaux?
Dani Häusler: De nombreux éléments de notre musique populaire viennent du classique. Pour ce qui est des notes, les danses de Mozart peuvent quasiment être reprises telles quelles. C’est dans l’interprétation que réside la différence: les musiciens classiques jouent de manière plus soignée, alors que l’interprétation des musiciens populaires est plus brute. C’est cela que je trouve si fascinant.

Vous vous consacrez aussi bien à la musique populaire moderne qu’à la musique traditionnelle. Comment différenciez-vous ces deux genres musicaux et que préférez-vous: composer de nouveaux morceaux ou interpréter de la musique traditionnelle?
De manière générale, la «nouvelle» musique populaire est plus exigeante. Beaucoup de choses sont orientées sur une situation de concert. La musique populaire traditionnelle rend plutôt hommage aux moments de convivialité comme lorsqu’on mange, boit ou danse ensemble. On peut composer de façon moderne ou traditionnelle, mais ce qui est «nouveau» implique généralement plus de travail. Depuis quelques années, je n’ai malheureusement plus suffisamment de temps pour cela.

Vous êtes rédacteur pour la musique populaire auprès de la station de radio Musikwelle. Qu’en est-il actuellement de la musique populaire en Suisse?
Elle se porte bien! Mais certains styles plus que d’autres: les formations d’accordéon schwyzois sont plébiscitées alors que les ensembles d’instruments à vent ont nettement moins de succès. Mais en fin de compte, c’est avant tout le public qui fait défaut. Les grands événements sont certes en plein boum, mais des soirées de musique populaire organisées dans des restaurants sont de plus en plus difficiles à réaliser.

Quelle est la signification pour vous de la nomination au Prix Walo?
Je me réjouis – mais cela ne va pas changer ma vie!

www.danihaeusler.ch, site Internet de Dani Häusler
www.prixwalo.ch, site Internet du Prix Walo

Le gala de la 44e cérémonie du Prix Walo aura lieu le 13 mai 2018 aux studios TPC à Zurich et sera retransmis en live sur Star TV à partir de 20 heures. Le Prix Walo récompense des artistes suisses dans différentes catégories. L’objectif du Prix Walo est l’encouragement de la branche du spectacle suisse en général, mais aussi la promotion des artistes de la relève dans le secteur du divertissement. SUISA soutient financièrement le Prix Walo et remettra cette année le prix de la catégorie Musique populaire.
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