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Blockchain – la fin ou le futur des sociétés de gestion?

Chers membres, dans l’industrie musicale, le mot « blockchain » est désormais sur toutes les lèvres. Mais bien malin qui saura expliquer en termes simples de quoi il s’agit … Par Vincent Salvadé, Directeur général adjoint

Blockchain – la fin ou le futur des sociétés de gestion?

La chanteuse/compositrice britannique Imogen Heap est une pionnière dans l’application pratique de la technologie de la blockchain pour la distribution musicale: depuis octobre 2015 son single «Tiny Human» peut être acquis et licencié en ligne sur la plateforme Ujomusic. Le paiement aux ayants droit se fait par crypto monnaie selon des règles de répartition prédéfinies. (Photo: Screenshot ujomusic.com)

La blockchain est une technologie, une base de données ou encore un registre. Elle permet d’échanger des informations de manière sécurisée, en réseau, grâce à l’intervention de participants qualifiés (les mineurs) qui vont certifier la validité de la transaction en utilisant la puissance de calcul de leurs ordinateurs. Toutes les transactions sont regroupées dans des blocs reliés l’un à l’autre, et chaque utilisateur a la possibilité de vérifier que l’opération de validation est correcte. C’est comme cela que fonctionne le bitcoin …

Vous n’avez pas tout compris? Moi non plus. Mais il semblerait que cette technologie, utilisée avec des «contrats intelligents» («smart contracts»), permette désormais de se passer d’intermédiaires: le compositeur pourrait être crédité directement d’une part sur le prix du billet de concert ou de l’écoute en streaming. D’aucuns prédisent par conséquent la fin des sociétés de gestion.

«La gestion collective ne se réduit pas à une histoire de technologie. Elle repose sur une valeur: l’union pour défendre la création.»

Mais la rengaine est connue: au début de la musique en ligne, il y a une vingtaine d’années, on a dit aussi qu’Internet allait libérer les auteurs, les affranchir des intermédiaires. Pourtant, les sociétés de gestion sont toujours là; et elles constituent un contrepoids indispensable face aux géants d’Internet.

C’est que la gestion collective ne se réduit pas à une histoire de technologie. Elle repose sur une valeur: l’union pour défendre la création. Les auteurs auront toujours besoin d’un organisme qui les soutient, qui négocie pour eux des contrats (même intelligents) et qui s’investit pour que les conditions des transactions soient équitables (mêmes certifiées dans la blockchain).

Toutefois, cette constatation ne doit pas être un oreiller de paresse. Les sociétés de gestion ont le devoir de s’intéresser à la blockchain, de la comprendre et d’essayer d’en tirer le meilleur profit pour les auteurs et les éditeurs.

«Les sociétés de gestion détiennent des informations capitales pour que les droits soient versés aux bonnes personnes.»

SUISA s’y emploie actuellement, avec ses sociétés-sœurs en Suisse et à l’étranger. A priori, la technologie pourrait être intéressante pour limiter les conflits concernant les ayants droit sur une œuvre ou les parts qui leur reviennent.

Les sociétés de gestion détiennent des informations capitales pour que les droits soient versés aux bonnes personnes et elles disposent de capacités informatiques importantes. Dès lors, n’auraient-elles pas un rôle à jouer dans le processus de validation des transactions?

En tout cas, une chose est sûre: elles ne doivent pas laisser ces questions exclusivement aux entreprises de technologie. Sinon la chaîne de blocs risque de devenir une chaîne qui bloque … la création!

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Mint Digital Services: réponses aux principales questions

SUISA et la société américaine SESAC ont fondé une joint-venture nommée Mint Digital Services. Celle-ci se chargera des licences transfrontalières octroyées aux prestataires de musique en ligne. Elle offrira également ses services aux éditeurs et aux sociétés de gestion. Warner/Chappel Music est un éditeur major qui fait déjà appel aux prestations de Mint Digital Services. Voici les principales questions et réponses. Texte de Fabian Niggemeier, Martin Korrodi, Sebastian Spring et Erika Weibel

Mint Digital Services: réponses aux principales questions

Avec Mint Digital Services et grâce à son infrastructure informatique performante, SUISA développe de nouveaux secteurs d’activité. (Graphisme: Hej – Büro für Strategie und Gestaltung in Kultur und Wirtschaft, Zurich)

Qu’est-ce que Mint Digital Services?
Mint Digital Services est une joint-venture de l’organisation américaine SESAC et de SUISA. Elle fournit des prestations dans le domaine de l’octroi de licences transfrontalières aux prestataires de musique en ligne. Cela concerne essentiellement le traitement des rapports d’utilisation des plates-formes en ligne, l’identification du répertoire et l’établissement de factures.

Mint Digital Services permet à SUISA et à SESAC de gérer plus efficacement l’octroi de licences en ligne pour leur propre répertoire. La joint-venture peut en outre proposer ses services aux grands éditeurs de musique ainsi qu’à d’autres sociétés de gestion.

Pourquoi SUISA et SESAC ont-elles fondé Mint Digital Services?
Voici les trois raisons principales:

  1. Avec Mint Digital Services et grâce à son infrastructure informatique performante, SUISA développe de nouveaux secteurs d’activité.
  2. La joint-venture permet à SUISA de mieux exploiter son infrastructure informatique. Jusqu’ici, l’important travail de SUISA pour l’octroi de licences et la répartition dans le domaine en ligne était cantonné à son propre répertoire. Mint Digital Services pourra désormais gérer également les répertoires de SESAC ainsi que ceux d’autres éditeurs, voire de sociétés de gestion.
  3. Grâce à la joint-venture, SUISA est parée pour l’avenir. Ces prochaines années, les monopoles des sociétés de gestion seront mis à rude épreuve. Le principe selon lequel une seule société se charge des licences pour le répertoire mondial au sein d’un pays (principe de territorialité) s’érode progressivement. Outre le secteur de la musique en ligne, la tendance va aujourd’hui déjà vers l’octroi de licences directes, c’est-à-dire par-delà les frontières mais uniquement pour le répertoire d’une société de gestion.

Les membres doivent-ils également faire appel à Mint pour l’utilisation en ligne de leurs œuvres?
Non. Rien ne change pour les membres de SUISA. Celle-ci restera leur interlocuteur et continuera d’envoyer les décomptes aux membres. Mint Digital Services fournit ses prestations uniquement pour SUISA.

Construire une nouvelle entreprise coûte. Les membres verront-ils leurs recettes de droits d’auteur baisser à cause de frais d’administration plus élevés?
Non. Ces dernières années, SUISA a effectué la majeure partie des investissements requis en améliorant continuellement son système informatique, indépendamment du projet de joint-venture. Les coûts à engager pour la création d’une nouvelle entreprise sont relativement faibles et seront selon le business plan amortis en quelques années.

Cette joint-venture avec l’organisation américaine SESAC permettra-t-elle aux membres de toucher plus rapidement leur argent pour les utilisations aux Etats-Unis?
La coopération avec SESAC n’a aucune influence sur les droits perçus aux Etats-Unis. La joint-venture concerne uniquement les utilisations en ligne en dehors des Etats-Unis. SUISA s’efforce d’améliorer les recettes en provenance de tous les pays étrangers, mais il faut rappeler que notre marge de manœuvre pour influencer le travail de nos sociétés-sœurs est limitée.

Warner est à présent un client de Mint. Cela signifie-t-il que les majors deviennent prioritaires et que les besoins des membres de SUISA passeront au second plan?
Non. Warner est un client de Mint Digital Services et non de SUISA. En outre, l’objectif de SUISA est de toujours faire preuve dans son travail de la meilleure orientation client possible, que ce soit pour une major, un label indépendant ou un auteur.

L’octroi des licences pour le répertoire en ligne passera-t-il également par Mint Digital Services?
Non. La joint-venture fournit uniquement des prestations d’administration et de décompte. L’octroi de licences pour les répertoires de SESAC et de SUISA sera confiée à deux entreprises qui seront fondées dans les prochaines semaines: Mint SESAC Licensing et Mint SUISA Licensing, sociétés-sœurs l’une de SESAC, l’autre de SUISA. Toutes deux octroieront séparément des licences dans leurs domaines respectifs.

SUISA peut-elle désormais négocier de meilleurs contrats pour les plates-formes en ligne?
Il est possible que de meilleurs contrats puissent être négociés avec certaines plates-formes en ligne. Celles-ci décident elles-mêmes si elles veulent négocier sur une base individuelle avec SUISA, SESAC ou les deux entreprises en même temps. Dans le deuxième cas, Mint SUISA Licensing profiterait évidemment du répertoire plus vaste de SESAC et ainsi de conditions plus favorables.

SUISA, respectivement Mint SUISA Licensing, renégocie régulièrement les contrats avec les plates-formes en ligne, afin d’obtenir de meilleures conditions pour les auteurs et les éditeurs.

Communiqué de presse: «SUISA et SESAC lancent Mint et ont pour premier client Warner/Chappell Music»
Pour de plus amples renseignements, nous vous prions de bien vouloir consulter le site de la joint-venture: www.mintservices.com

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Concerts et festivals en Suisse

Dans un article paru dans l’IQ Magazine, publié par l’International Live Music Conference (ILMC), Chantal Bolzern, Cheffe de la Division Droits d’exécution de SUISA, parle de l’importance d’une bonne collaboration entre sociétés de gestion et organisateurs de concerts.

Concerts et festivals en Suisse

Par le passé, Chantal Bolzern a elle-même organisé des concerts et suivi une formation de gestionnaire culturel. En 2004, elle a commencé à travailler au service juridique de SUISA. Depuis 2010, elle est Cheffe de la Division Droits d’exécution. (Photo: Sebastian Vollmert)

De toute évidence, les Suisses aiment beaucoup les concerts et les festivals. De nouveaux festivals naissent chaque année, même dans les régions de montagne les plus reculées. Certains sont éphémères et meurent peu après leur apparition, d’autres existent depuis plus de 40 ans. A cela s’ajoute une kyrielle de clubs proposant un large éventail de musiques alternatives qui attirent chaque semaine un public nombreux.

En 2015, SUISA a licencié plus de 20 000 concerts et festivals, lors desquels plus de 360 000 œuvres ont été exécutées. Le tarif applicable aux concerts a généré Fr. 20,3 mio. de recettes en 2015, soit presque 50% de toutes les recettes provenant des droits d’exécution. Si l’on considère que la Suisse ne compte que 8 millions d’habitants, ces chiffres ont de quoi impressionner.

SUISA, point de jonction entre organisateurs de concerts et auteurs

Que faut-il pour rendre tout cela possible? Tout d’abord, on a besoin d’une bonne chanson. Puis d’artistes, capables sur scène d’une interprétation inspirée et, finalement, il faut un organisateur qui sache mettre l’événement sur pied et garantir que tout fonctionne comme sur des roulettes et que les spectateurs soient satisfaits.

SUISA est une sorte de point de jonction dans ce business. En tant que coopérative, nous appartenons à nos membres. Dès lors, notre objectif est de garantir aux auteurs et éditeurs une participation aux recettes générées par d’autres grâce à l’exécution de leurs oeuvres. Nous voulons également donner aux organisateurs un accès facilité aux droits nécessaires à l’organisation de leur événement et à la réalisation de revenus.

Durant deux ans, SUISA a négocié un nouveau tarif pour concerts et festivals avec les associations compétentes, afin de simplifier le calcul des redevances de licence pour les organisateurs. Le tarif fixe un taux pour concerts ou festivals situé entre 7% et 10% des recettes de billetterie, et prévoit des rabais pour les membres d’associations professionnelles reconnues. En outre, notre tarif fonctionne comme «guichet unique» pour les droits voisins. Cela facilite particulièrement l’activité des organisateurs de festivals.

Le respect aide à faire face à de nouveaux défis dans l’écosystème du business de la musique live

Les redevances encaissées sont réparties tous les 3 mois par notre organisation, avec des indications détaillées qui permettent aux auteurs et éditeurs d’identifier la provenance des montants. La transparence est totale en ce qui concerne les sources de revenus. Le taux de frais pour tous les travaux inhérents à l’octroi des licences et à la répartition est de seulement 12%.

Le business de la musique live est un écosystème où chaque acteur a besoin des autres pour se maintenir durablement. Si chacun apporte sa contribution, le travail sera non seulement satisfaisant mais également lucratif pour tous. Les compositeurs peuvent ainsi créer de nouvelles chansons qui donneront lieu à de nouvelles exécutions et de nouveaux concerts. C’est pourquoi chacun de nous devrait apprécier et respecter nos contributions respectives, et travailler ensemble à des solutions qui nous permettront de relever de nouveaux défis.

Cette contribution a été rédigée pour l’IQ Magazine, avec une parution dans la version imprimée du magazine en janvier 2017 en page 27, ainsi qu’en ligne sur le site Internet du même magazine. L’IQ Magazine est la revue de l’International Live Music Conference (ILMC); il paraît 6x par an.

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Précipitation, disputes et projets lors du Womex

Depuis 2006, la FONDATION SUISA tient un stand suisse au Womex, en collaboration avec Pro Helvetia. Mais au fond, quel intérêt y a-t-il à participer à un tel salon? Ane Hebeisen du groupe bernois Da Cruz a fait le test et livre sans complaisance ses expériences à Budapest. Texte de Ane Hebeisen, contributeur invité

Womex-2015-Gruppenfoto

Au centre de l’action du Womex 2015 à Budapest (de g. à d.): notre auteur invité Ane Hebeisen et Mariana Da Cruz (tous deux membres du groupe Da Cruz), Arnaud di Clemente (Bee-Flat im Progr), Mauro Abbühl (Artlink). (Photo: Eric van Nieuwland)

Le stand suisse du salon de musique Womex est désespérément bondé. Avec les Autrichiens, on a lancé des invitations à l’apéro, ce qui a attiré la foule. On sert du fromage, de la viande séchée et du vin, tout en menant de petits entretiens. Les sujets les plus populaires sont l’état du marché helvétique des concerts et les prix fantaisistes des chauffeurs de taxi à Budapest. Un peu à l’écart de la bousculade, la bookeuse du club zurichois Moods négocie avec une agence de concerts française; non loin de là, les organisateurs bernois de Bee-Flat se fraient un chemin à travers la foule et le manager de Sophie Hunger rencontre des gens qui semblent plus ou moins importants. Un orchestre autrichien s’apprête à pousser la chansonnette, mais le service de sécurité de la salle de congrès les fait taire rapidement. En journée, on s’occupe des affaires, la musique est réservée à la soirée.

Le dilemme est connu. Pour être musicien de nos jours, il est conseillé de ne plus se contenter de créer de la musique, mais aussi d’être booker, manager, chargé de communication et manager de label. Et puisqu’il en est ainsi, il convient de se rendre à ce genre de salon de temps à autre. Alors en avant pour le combat. Objectif: remplir la saison estivale 2016 avec quelques engagements à des festivals.

La bonne nouvelle ici au Womex: des festivals en plein air comme Glastonbury, Sziget ou Roskilde ont envoyé des émissaires à Budapest à la recherche de nouveaux groupes. La mauvaise? Ils préfèrent se faufiler incognito à travers le salon. Pourtant, dès qu’ils s’arrêtent, de «vagues connaissances» se massent tout à coup autour d’eux, essayant de leur refiler des CD et des catalogues. Cela doit être fatiguant. Mieux vaut les laisser tranquilles.

«Musique du monde» – un terme marketing désignant les musiques exotiques

Parmi les divers salons consacrés à la musique et festivals showcase, Womex est l’un des plus anciens, et en raison de la niche qu’il sert, ce n’est peut-être pas le plus branché. Mais le Womex est sous-estimé. Il change de ville chaque année, avec une alternance à ce niveau, et il est le plus grand salon du monde pour la musique dite «World Music». Un terme créé il y a près de 30 ans par des responsables marketing de maisons de disques anglaises, qui devait désigner toutes les musiques qui ne rentraient pas dans le cadre général du pop-rock anglo-américain.

Un terme encore et toujours associé à un désagréable mélange de romantisme en toile de jute, d’exotisme du Tiers Monde et de néo-colonialisme culturel. Mais la musique du monde est depuis longtemps devenue un «melting pot» dans lequel bouillonne un peu de tout, de la Global Pop de Manu Chao au Favela Funk brésilien et aux joueurs de cithare mongols, en passant par les études électro-ethnologiques de Björk. La musique du monde est ce qui sonne exotique aux oreilles des Occidentaux.

Tous ceux qui ont quelque chose de musicalement exotique à offrir sont donc au bon endroit ici. Vous êtes sûr de rencontrer quelqu’un qui vous fera avancer. La communauté Womex est devenue une famille très unie: les rédacteurs de radios à la recherche de nouvelles musiques viennent ici, tout comme les organisateurs qui n’ont pas envie de composer leur programme de concerts en se basant uniquement sur les newsletters des diverses agences. Et comme la machinerie branchée britannique s’est un peu essoufflée au cours des dernières années, même les plus gros festivals majeurs sont désormais contraints de s’ouvrir un peu plus au monde pour dénicher de nouveaux talents.

Une préparation sérieuse au salon est indispensable

S’il existe une espèce dont la cote de popularité dans les salons de musique est au plus bas, ce sont bien les représentants de groupes qui, sans y être invités, tendent des enregistrements audio au premier venu, tout en récitant des extraits de la biographie du groupe. Il faut se préparer. Plusieurs semaines avant le salon, il convient d’effectuer des recherches méticuleuses pour savoir qui parmi les organisateurs de concerts, agences ou bookers de festivals sont sur la même longueur d’onde. Ensuite, il faut arranger une brève rencontre avec eux.

Le Womex a mis en place une plate-forme Internet à cet effet, ouverte à toutes les personnes accréditées. Chaque participant y est répertorié, souvent avec son adresse e-mail directe, parfois même avec une photo. Quant à ceux qui ne veulent pas d’un rendez-vous, on les retrouvera certainement lors d’une pause cigarette ou le soir aux concerts, où les groupes d’Afro Beat les plus branchés du monde jouent à qui mieux mieux avec des M.I.A.s cambodgiennes déguisées en Mickey, des étoiles montantes brésiliennes du hip-hop ou encore des groupes de métal chinois.

Des rencontres professionnelles lors du Womex – tantôt prometteuses, tantôt vagues

Revenons au salon. Ma voix est enrouée, j’ai mal à la tête. Jusqu’ici, les réunions se sont plutôt bien passées. Le Monsieur d’un grand festival Open Air au Luxembourg a sagement écouté les liens que je lui avais préalablement envoyés et pose une option pour une date en juillet. Seul son associé pourrait encore faire capoter la situation. Il raconte, énervé, qu’il a été emprisonné pendant les émeutes Globus à Zurich et que depuis lors, il fuit la Suisse comme la peste. Je me montre touché et espère qu’il fera preuve d’indulgence.

Un festival d’Amsterdam et une grande fête de la ville d’Hanovre réservent également une date pendant l’été. Il paraît que la fête attire chaque année près de 15 000 personnes. Un organisateur d’Helsinki est également tellement enchanté par ce qu’il a entendu qu’il voudrait engager le groupe pour un festival en mai. Et la délégation d’un grand organisateur turc qui monte les plus grands festivals en plein air du pays vient carrément à la réunion avec deux organisateurs de festivals israéliens en plus. Ils disent avoir parlé ensemble du groupe, puis avoir décidé de mettre en route quelque chose en commun.

D’autres projets restent vagues. Par exemple avec les Français. Le festival Jazz à Vienne se montre intéressé mais dit qu’ils se manifesteront en cas de besoin. Tout comme le festival Les Suds à Arles. Et Roskilde? Ils sont passés en coup de vent juste pour dire bonjour. C’est tout. Glastonbury? On n’a pas vu la personne en charge de ce festival. Sziget? Une conversation avec le booker a révélé que la programmation «World» du festival est plutôt conservatrice – difficile pour un groupe qui compte un ordinateur portable parmi ses instruments.

Les efforts pour participer au salon et la persévérance dans le suivi peuvent s’avérer payants

C’est toujours pareil quand on revient d’un salon de musique: on range soigneusement les innombrables cartes de visite, on passe en revue les diverses rencontres et on se berce dans la certitude que la carrière mondiale semble être à portée de main. Trois semaines plus tard, on constate que les nouvelles amitiés et relations commerciales ne sont finalement pas aussi solides que ce que l’on croyait et que les relances sont plus difficiles que ce que l’on imaginait. Il en sera de même cette année.

Mais les années passées ont montré que les efforts ainsi qu’une certaine persévérance peuvent s’avérer payants. Des concerts au Montréal Jazz Festival, au festival en plein air Fernwärme à Vienne, au festival Fiest’A Sète, au World Village à Helsinki ou encore au Festival d’été de Québec ont pu avoir lieu grâce à la présence au Womex. Nos agences en France et en Italie nous ont également découverts ici, après que nous ayons joué lors d’un showcase en 2009 à Copenhague.

Une semaine après le salon, les Turcs se sont manifestés. Tout serait en bonne voie. Ils disent avoir déjà souvent écouté le CD et l’apprécier. Un festival espagnol nous a également contactés en nous demandant si le groupe percevait quelconques aides financières. Si oui, cela les intéresserait. Eh oui, c’est la crise. Elle ne s’est pas non plus arrêtée aux portes de la musique du monde. Les négociations peuvent démarrer.

www.womex.com

L’auteur Ane Hebeisen joue dans le groupe bernois Da Cruz et est journaliste au sein du quotidien «Der Bund».

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Midem 2015: top ou flop pour cette première édition en été?

Avec des représentants de 75 pays et trois nouveaux pays proposant un stand – Afrique du Sud, Israël et Côte d’Ivoire – le Midem 2015 a eu lieu en été pour la première fois de son histoire.

Midem2015-OutsideView

Pour la première fois, le Midem n’a pas eu lieu en hiver, mais du 5 au 8 juin 2015. (Photo: DR / Midem.com)

Ci-après, une brève comparaison en chiffres entre le salon hivernal 2014 et l’édition estivale 2015:

Midem 2014 2015
Participants 6150 5500
Exposants 1236 1100
Pays 75 75
Pavillons de pays 39 35
Concerts 46 34
Journalistes 185 145
Conférences 120 93
(indications fournies par Reed Midem)
Participants au stand collectif suisse
Sociètés 37 25
Personnes 62 41
(indications fournies par la FONDATION SUISA)

Jubilé: les 50 ans du Midem

L’an prochain, le Midem fêtera son 50e anniversaire – félicitations! Qu’est-ce qui va changer, qu’est-ce qui va rester? Selon les informations en notre possession, le Midem devrait avoir lieu en été au Palais de Cannes, cela au moins pendant les cinq prochaines années. Il devrait avoir lieu en semaine, permettant ainsi aux représentants du monde musical de disposer de leurs week-ends. Le prochain Midem aura lieu du vendredi 3ème au lundi 6 juin 2016 mardi 28 juin au vendredi 1er juillet 2016.

Avis des participants au stand collectif suisse 2015

Après le Midem de cette année, nous avons demandé à quelques participants au stand collectif suisse comment ils ont vécu cette édition 2015 du salon et s’ils avaient l’intention d’y participer à nouveau l’an prochain.

Midem2015-Oberholzer-Philipp

Marcel Oberholzer (Yes Music AG) et Irène Philipp (SUISA).

Marcel Oberholzer, Yes Music AG, www.djbobo.ch:

«Après avoir fréquenté le Midem pendant 19 ans en janvier ou février, je trouve personnellement que le placement en juin n’est pas optimal. Il s’agit maintenant de voir dans quelle mesure les labels pourront adapter leurs planifications annuelles à ces nouvelles dates, et s’ils le feront effectivement.

A mon avis, l’âge moyen des participants au Midem est quelque peu en baisse, dû notamment aux nombreuses idées orientées vers l’avenir. Pour les nouveaux arrivants, le ‹Midem Networking Village› s’avère très intéressant, car il présente toute la palette proposée par l’industrie musicale en 2015. Panels, réseautage et conférences permettent ainsi aux néophytes d’obtenir une intéressante vue d’ensemble du business musical.

Avec les partenaires de longue date, des contacts quasi-quotidiens existent aujourd’hui grâce aux ‹moyens de communication modernes›, et il n’est par conséquent plus nécessaire d’attendre le ‹meeting annuel› du Midem. Cette situation explique probablement en partie le recul du nombre de visiteurs. Mais il faut tout de même constater que de nombreux nouveaux liens, souvent prometteurs, sont noués lors du Midem.

En tant que participant au stand suisse de la FONDATION SUISA, on peut profiter de la possibilité d’inviter ses partenaires d’affaires directement «chez soi», au stand; cela permet des réunions plus détendues, mais également de rencontrer davantage de personnes et d’organiser plus de rendez-vous, car il n’est pas nécessaire de se déplacer de halle en halle ou d’hôtel en hôtel.

De plus, le personnel du stand SUISA offre en tout temps un soutien professionnel et sympathique. Le stand suisse est un véritable bijou, avec une grande surface disponible et des espaces de rencontre sur le balcon extérieur qui offrent une vue magnifique sur le port et la vieille ville de Cannes – un endroit idyllique avec une véritable ambiance «Côte-d’Azur», parfait pour des rendez-vous d’affaires.

Le slogan ‹Music made in Switzerland› est ainsi décliné avec conviction au stand suisse, et communiqué au monde de la musique.»

Midem2015-Schuemichen-Lanzinger

Pia Schümichen (à g.) et Annette Lanzinger (toutes deux Dr. Sauter Musikverlag GmbH).

Dr. Sauter Musikverlag GmbH, www.sautermusik.de:

«Nous trouvons que ces dates au mois de juin conviennent bien. Nous avons cependant trouvé dommage que, malgré le beau temps, il y ait eu peu d’animations à l’extérieur, comme par exemple les prestations de petits groupes qu’on peut voir dans les cafés. Par hasard, nous sommes tombés sur un groupe dans un bar, et c’était vraiment cool.

Nous estimons qu’il n’y a pas eu plus de visiteurs que précédemment en janvier.
Globalement, nous avons apprécié ce Midem au mois de juin ; cependant, les thèmes des exposés de cette année étaient à notre avis trop restreints – synch. et streaming. Malheureusement, le nombre de visiteurs diminue chaque année et cela signifie également moins d’occasions de nouer des contacts. Nous avons constaté que certains collègues sont certes sur place, mais sans accréditation pour le Midem, et organisent leurs rendez-vous à l’extérieur du salon. Le coût élevé de l’accréditation explique certainement une telle attitude.»

Stefan Planta, TBA/Phonag:

«Nous déciderons ultérieurement si nous nous rendrons au Midem l’an prochain ou non.»

Midem2015-Martinuzzi-Prinz-Hoerhager

De g.à d.: Giancarlo Martinuzzi, Andy Prinz, David Hörhager.

Andy Prinz, Andy Prinz Publishing, www.andyprinz-publishing.com:

«Pour nous, le Midem 2015 a été un succès sur toute la ligne. Sans aucun doute possible, l’atmosphère à cette période de l’année était nettement plus détendue, et cela a eu un effet positif sur nos affaires.

Nous participerons au prochain MIDEM, c’est sûr, et cela notamment en raison des excellentes conditions offertes aux co-exposants par la FONDATION SUISA.»

Midem2015-Brunko-White

Pascal Brunko et Violeta White.

Pascal Brunko et Violeta White, Damp Music, www.damp-music.com:

«Pour nous, le Midem s’est fort bien passé. Le stand de la FONDATION SUISA était très bien organisé pour nos rendez-vous avec nos clients et la terrasse était un luxe très agréable. L’équipe de SUISA présente sur le stand s’est montrée très gentille et dynamique et nous ont fourni plein d’informations utiles pour que notre MIDEM 2015 se passe bien. Nous nous réjouissons déjà de l’année 2016!»

Serge Gauya Management / SG Productions Editions (SGPE International), www.sergegauya.com:

«Comme toujours, j’ai apprécié le stand et l’ambiance professionnelle que toute l’équipe arrive à créer. Sauf autre engagement, je serai présent en 2016.»

Midem2015-Jones-Ruessel-Allain

De g. à d.: Sabine Jones (SJ Consultancy) Marcus Ruessel (Gigmit) et Michel Allain (Fasttrack).

Sabine Jones, SJ Consultancy, sjconsultancy.net:

«En tant que consultante indépendante, avec des clients principalement en Suisse, en Allemagne et en Autriche, mais également sur le continent américain (USA, Brésil), une présence au Midem paraît logique, car c’est une bonne occasion de renforcer son réseau. Malheureusement, nous avons constaté cette année que de nombreuses personnes présentes se sont passées d’un billet d’entrée et ont profité du beau temps pour organiser des rencontres hors du Palais, au lieu de prendre le chemin des stands. Même les panels les plus intéressants n’étaient pas toujours complets – une fréquentation restreinte qui peut être due à l’organisation de certains événements en plein milieu d’un couloir.

A mon avis, l’organisation du Midem en mars ou avril serait plus judicieuse. Tout d’abord, l’été est une période de vacances; de plus, parmi mes partenaires commerciaux, certains ont déjà signalé qu’un placement du Midem en juin ou juillet s’avère trop proche des dates habituelles de décompte ou d’autres ‹dates importantes›, et qu’ils n’allaient donc pas y participer. Dans ces conditions, et au vu des coûts d’une telle présence, il est également possible que je remette en question ma participation en 2016; de plus, un séjour à Cannes en haute saison est plus onéreux qu’en janvier.»

Rudi Schedler Musikverlag GmbH, www.schedlermusic.com:

«Nous allons décider en début d’année 2016 si nous participerons, et le cas échéant à quel stand.»

Stephan Heim, Head of Marketing & Administration www.adon.ch:

«Personnellement, je trouve qu’un Midem en été est une très bonne idée; j’ai trouvé l’ambiance plus agréable, avec une plus grande créativité et une plus grande ouverture qu’en février. Cela s’explique par la participation des établissements du bord de mer au Midem; les showcases et le salon se déroule ainsi davantage à l’extérieur, ce que je trouve très positif. Et, oui, nous allons très probablement à nouveau participer l’an prochain.»

Midem2015-Kruesi-Sauder-Heim

De g. à d.: Andreas Krüsi (Adon), Sabrina Sauder, Stephan Heim (Adon).

Sabrina Sauder, www.sabrinasauder.ch:

«Ce premier Midem en juin a été très agréable pour moi, notamment parce que j’ai pu l’associer à quelques jours de vacances. Mais j’ai tout de même eu l’impression que ces nouvelles dates ont attiré moins de professionnels de l’industrie musicale à Cannes. Parmi eux, beaucoup étaient probablement en tournée avec leurs artistes; le fait est que le nombre de participants a encore diminué. Personnellement, je dois avouer que ces températures élevées ont eu tendance à me pousser vers la plage, et à me détourner quelque peu des surfaces d’exposition.

Le stand SUISA était comme toujours très bien équipé, avec également la présence d’un personnel très sympathique. Et l’apéro était l’événement à ne pas manquer! J’ai également apprécié la présence chez vous de votre propre routeur. Enfin un Internet qui fonctionne!

Je ne peux pas encore dire si je vais participer au prochain Midem. Cette année, les personnes présentes ne m’ont pas vraiment convaincues de l’utilité de notre participation et il est difficile de dire si un déplacement de l’événement encore plus tard dans l’année va améliorer cet état de faits …»

Walter Holzbaur, www.wintrup.de:

«Le Midem a été assez „chaud“ pour nous aussi, et nous avons passé la plus grande partie du temps au Carlton ou dans les bars de plage des environs. En fait, c’est bien dommage, car l’hospitalité du stand suisse est toujours fantastique! Les dates de l’années prochaine sont encore plus mauvaises que celles de cette année. Nous déciderons donc plus tard d’une éventuelle participation, et si oui sous quelle forme. Nous attendons de voir la tendance se dessiner. Le Midem est désormais divisé en deux «camps» : le premier se trouve au Palais, avec des panels pas toujours très intéressants ; le second,  plus intéressant pour nous, au Carlton et dans ses environs – dans le deuxième cas, 2 jours suffisent, avec des entretiens de 30 minutes à chaque fois.»

Midem2015-Schnell-Schiess-Wegener

De g. à d.: Urs Schnell (FONDATION SUISA), Martin Schiess (K-tel), Poto Wegener (SWISSPERFORM).

Martin Schiess, Managing Director, www.k-tel.ch:

«Midem 2016: du mardi 28 juin au vendredi 1er juillet 2016. A mon avis, ce ne sont pas de bonnes dates. Début juin, comme cette année, cela convenait. En plus, je perdrais trop de temps dans le cas d’un salon se déroulant entièrement en semaine. Le week-end, c’était parfait.
Si le salon a lieu aux dates annoncées, je ne participerai probablement pas.»

Grégoire Liechti, www.sidomusic.com:

«Le bureau du Midem nous l’avait annoncé ‹la date du rendez-vous incontournable des professionnels de la musique a changé›! Nous voici au mois de juin, à Cannes, sous un soleil radieux et une température estivale.

Me concernant, j’ai beaucoup apprécié ce Midem, même si il est vrai qu’il y avait moins de monde que d’habitude. J’ai pu comme chaque année: voir nos partenaires étrangers, rencontrer les éditeurs que nous représentons, ainsi que faire de nouvelles connaissances. Il n’y a qu’au Midem où, dans la même journée, nous pouvons rencontrer un éditeur d’un pays émergent (droit d’auteur) et un directeur créatif basé à Londres.

En ce qui concerne le prochain Midem, c’est encore trop tôt pour se prononcer. Mais on peut déjà imaginer, vu les dates annoncées, qu’il risque d’y avoir encore moins d’inscrits que pour l’édition 2015.»

Midem2015-Gelewski-Liechti

De g. à d.: Lysander Gelewski (Mymusicrights) et Grégoire Liechti (Sidomusic).

Lysander Gelewski, Mymusicrights Sàrl, www.mymusicrights.ch:

«Midem 2015 – mon point de vue subjectif: j’avoue volontiers que, après 8 heures de key notes, speedmeetings, legal summit et autres négociations bilatérales avec des sous-éditeurs du monde entier, c’était un véritable délice que de sauter dans les vagues de la Méditerranée, à deux pas du Palais des Festivals. ‹No regrets› donc en ce qui concerne la migration météorologique du Midem de janvier à juin.

Je considère que c’est un grand privilège pour nous de disposer de notre propre stand suisse, avec du personnel toujours aimable, disponible et compétent. Si bien situé que, parmi mes partenaires commerciaux, plusieurs m’ont posé la question suivante: ‹Can we meet on the nice terrace of the Swiss stand?› D’un autre côté, je trouve dommage que, année après année, d’autres stands de pays ou d’entreprises disparaissent et que de nombreux meetings se déplacent vers les lobbies d’hôtels.

Pour notre petite société, j’ai trouvé un bon équilibre entre séances d’information et réunions d’affaires. Les ‹legal workshops› ont été de mon point de vue les plus passionnants, avec des participants de haut niveau; les sujets abordés ont été principalement la révision du Copyright Act américain, les nouveaux développements au niveau de l’UE, les options stratégiques des grandes sociétés de gestion, l’échange international de données, etc. Pratiquement, j’ai beaucoup appris dans le cadre des nombreuses ‹synch-sessions›. Il s’agit là d’un marché d’avenir, également pour la musique suisse.

Alors, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes? Non. J’ai notamment été un peu choqué par l’augmentation des prix dans les hôtels et les restaurants. 10% à 30%, cela semble être la norme. Une petite anecdote: le mardi suivant le Midem, nous nous sommes assis sur l’une des terrasses les plus tape-à-l’œil de la Rue Saint-Antoine; le même menu était affiché avec deux prix différents, à un endroit € 33 et à un autre € 39. Mal à l’aise, le garçon nous lance alors: ‹Veuillez m’excuser, € 39 c’était le prix durant le Midem …› Ce n’est pas la question de quelques euros, mais de ce sentiment désagréable dont parle si bien Polo Hofer dans sa chanson ‹Kiosk›.

Je vais probablement me rendre à Cannes en 2016, même si ce sera en grinçant un peu des dents. Car le Midem reste le salon de la musique par excellence, même si sa fonction a évolué: de ‹deal-maker› à ‹trend-setter›. Et, finalement, qui peut résister au charme d’Erika, Nadia et Marcel au stand suisse?»

Sauf autre mention, photos d’Erika Weibel et de Marcel Kaufmann.

Le stand collectif suisse au Midem est organisé dans le cadre d’une collaboration entre la Fondation des producteurs de phonogrammes, la FONDATION SUISA et SUISA.

Mise à jour, 1.3.2016: Les dates du Midem 2016 ont été déplacées après la publication de cet article. Le salon se tiendra du 3 au 6 juin 2016. Les dates sont corrigées dans le texte.

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  1. Nina dit :

    Hallo!

    Die MIDEM 2016 findet vom 3.-6. Juni 2016 statt, und nicht wie hier steht, vom 28. Juni – 1. Juli 2016 …

    Nina

    • Manu Leuenberger dit :

      Liebe Nina
      Vielen Dank für den Hinweis. Der Veranstaltungstermin der Midem 2016 wurde nach Publikation dieses Beitrags verschoben. Die neuen Daten haben wir nun im Beitrag ergänzt.
      Manu Leuenberger, Kommunikation SUISA

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Avec des représentants de 75 pays et trois nouveaux pays proposant un stand – Afrique du Sud, Israël et Côte d’Ivoire – le Midem 2015 a eu lieu en été pour la première fois de son histoire.

Midem2015-OutsideView

Pour la première fois, le Midem n’a pas eu lieu en hiver, mais du 5 au 8 juin 2015. (Photo: DR / Midem.com)

Ci-après, une brève comparaison en chiffres entre le salon hivernal 2014 et l’édition estivale 2015:

Midem 2014 2015
Participants 6150 5500
Exposants 1236 1100
Pays 75 75
Pavillons de pays 39 35
Concerts 46 34
Journalistes 185 145
Conférences 120 93
(indications fournies par Reed Midem)
Participants au stand collectif suisse
Sociètés 37 25
Personnes 62 41
(indications fournies par la FONDATION SUISA)

Jubilé: les 50 ans du Midem

L’an prochain, le Midem fêtera son 50e anniversaire – félicitations! Qu’est-ce qui va changer, qu’est-ce qui va rester? Selon les informations en notre possession, le Midem devrait avoir lieu en été au Palais de Cannes, cela au moins pendant...Continuer

Analyse des comptes 2014 de SUISA: mythe et réalité concernant notre marché

SUISA publie actuellement son rapport annuel 2014 et elle présentera ses comptes lors de son Assemblée générale du 19 juin 2015. En résumé, les recettes tarifaires en provenance de Suisse et du Liechtenstein se sont élevées en 2014 à CHF 130,3 mio., ce qui représente une augmentation par rapport aux années précédentes. Une lecture hâtive des chiffres pourrait cependant conduire à des conclusions erronées sur l’état du marché en Suisse. Il convient donc de les analyser en détail, et de faire la part des choses entre mythe et réalité. Text von Vincent Salvadé

SUISA-Rapport-annuel-2014

Le rapport annuel 2014 de SUISA a été publié le 28 mai 2015. (Image: Crafft communication AG)

Alors que l’industrie musicale dénonce le piratage et la mentalité du «tout gratuit», SUISA présente des recettes en augmentation. Comment est-ce possible?
Le bon résultat 2014 est dû essentiellement à deux facteurs. Tout d’abord, une transaction a été conclue en juillet 2014 à propos de la redevance pour la copie privée sur smartphones. Celle-ci a mis fin à un litige de plusieurs années, si bien qu’un dédommagement a pu être encaissé à titre rétroactif, pour la période du 1er juillet 2010 au 31 décembre 2014. On peut chiffrer la valeur de celui-ci à environ CHF 3,6 mio., dont CHF 2,8 mio. concernent des années antérieures à 2014. D’autre part, certains litiges avec des radios privées nous ont aussi conduit à facturer l’année dernière des redevances concernant des exercices antérieurs. Cela explique – en tout cas en partie – l’augmentation importante des droits perçus au titre du tarif commun S (CHF 11,4 mio. en 2014, contre CHF 9,4 mio. en 2013). Là aussi, cette «valeur du passé» doit être prise en compte avant  de tirer des conclusions sur l’évolution du marché en 2014.

SUISA a perçu en 2014 CHF 18,7 mio. pour des concerts, contre CHF 21,9 mio. en 2013. Le marché des concerts est-il en train de s’effondrer?
La réponse est négative. En effet, en 2013, SUISA avait facturé certains événements qui auraient dû normalement être traités en 2012. Tel n’avait pas pu être le cas pour diverses raisons, si bien que le chiffre de l’année 2013 contient une part pour cet exercice de rattrapage. Les droits perçus  en 2014 pour les concerts sont conformes à nos attentes. On peut dire en résumé que le marché des concerts se maintient à un haut niveau.

Comment se porte en réalité l’industrie du disque?
Là aussi, les comptes 2014 pourraient être trompeurs: nous avons perçu CHF 2,5 mio. pour des licences délivrées à l’étranger (concernant des ventes en Suisse) contre CHF 2,3 mio. en 2013. Mais cela n’est pas dû à une reprise du  marché du disque. En effet, il faut savoir que nos sociétés-soeurs à l’étranger nous versent les droits concernant la Suisse de manière irrégulière, si bien qu’une comparaison entre années est impossible. Pour connaître la véritable situation du marché du disque, il vaut mieux se référer aux licences que SUISA a délivrées directement pour la Suisse. Et dans ce domaine, la baisse avoisine les 20 % (d’environ CHF 2,5 mio. en 2013 à environ CHF 2 mio. en 2014). Les ventes de supports physiques continuent donc de s’effondrer.

Dans le domaine on line, le streaming est-il en train de dépasser le téléchargement?
Si l’on se réfère à nos comptes 2014, la réponse est négative. Nous avons facturé CHF 4,6 mio. pour le téléchargement (contre CHF 4,3 mio. en 2013) et CHF 1,5 mio. pour le streaming (contre CHF 315 000.- en 2013). En réalité, cette constatation doit être relativisée. D’une part parce que le chiffre concernant le téléchargement contient désormais aussi les revenus pour les licences multiterritoriales délivrées par SUISA. Auparavant, cette dernière octroyait uniquement des licences  pour la Suisse et le Liechtenstein. Ainsi, l’augmentation des revenus s’explique plutôt par une augmentation des territoires licenciés que par une demande accrue du marché pour les offres de téléchargement. Ensuite, la progression du streaming est énorme (+ 362 %). Si le téléchargement en Suisse reste, pour l’instant, à un haut niveau, il est donc permis de penser qu’il sera tôt au tard dépassé par le streaming, comme dans d’autres pays.

Y a-t-il d’autres conclusions à tirer des comptes annuels 2014 de SUISA?
Dans le domaine de l’audiovisuel, les nouveaux systèmes de télévision numérique sont en nette progression. Ils permettent non seulement la retransmission de centaines de programmes, mais intègrent aussi  des possibilités de «télévision de rattrapage» («catch up TV»). Grâce à ces dernières, le spectateur peut consulter après coup tout type de programmes, dans un délai donné suivant leur diffusion. Les comptes 2014 de SUISA confirment l’attrait du public pour ces nouveaux systèmes: les droits de retransmission sont en augmentation (tarif commun 1: de CHF 15,9 mio. en 2013 à CHF 16,8 mio. en 2014), de même que ceux découlant du tarif commun 12, lequel concerne aussi la télévision de rattrapage (de CHF 920 000.- en 2013 à CHF 1,3 mio. en 2014). En ce domaine, d’après la loi, les droits sont obligatoirement gérés par les sociétés de gestion (bien que la question soit débattue s’agissant de la télévision de rattrapage). Telle est la preuve que la gestion collective peut permettre le développement de nouvelles offres légales attractives pour le public, tout en procurant une rémunération intéressante pour les ayants droit.

«Les auteurs font un premier pas timide dans le commerce en ligne» (Communiqué de presse)

Rapport-annuel-2014-Cover

Rapport annuel 2014

Les faits & chiffres et les explications sur le résultat de l’exercice 2014 de la Coopérative des auteurs et éditeurs de musique sont disponibles et peuvent être téléchargés sous: ww.suisa.ch/rapportannuel

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SUISA publie actuellement son rapport annuel 2014 et elle présentera ses comptes lors de son Assemblée générale du 19 juin 2015. En résumé, les recettes tarifaires en provenance de Suisse et du Liechtenstein se sont élevées en 2014 à CHF 130,3 mio., ce qui représente une augmentation par rapport aux années précédentes. Une lecture hâtive des chiffres pourrait cependant conduire à des conclusions erronées sur l’état du marché en Suisse. Il convient donc de les analyser en détail, et de faire la part des choses entre mythe et réalité. Text von Vincent Salvadé

SUISA-Rapport-annuel-2014

Le rapport annuel 2014 de SUISA a été publié le 28 mai 2015. (Image: Crafft communication AG)

Alors que l’industrie musicale dénonce le piratage et la mentalité du «tout gratuit», SUISA présente des recettes en augmentation. Comment est-ce possible?
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Le Midem choisit de se rapprocher de l’été

Cette année, pour la première fois, le Midem, salon de la musique pour professionnels, se tiendra en juin. Vous pourrez participer, du 5 au 8 juin 2015, à la grande rencontre des représentants de l’industrie musicale, venant du monde entier pour quelques jours à Cannes. En tant que participante ou participant suisse, vous avez la possibilité de vous accréditer à des conditions préférentielles pour le Midem, par l’intermédiaire de la FONDATION SUISA.

Midem-2014-Panel

Quo vadis, Midem? Le changement de date est la nouveauté la plus importante: la salon de la musique de Cannes se rapproche de l’été et aura lieu cette fois du 5 au 8 juin 2015. (Photo: Valentin Desjardins / Midem.com)

Depuis bientôt un demi-siècle, le Midem, l’un des plus importants événements de la branche musicale internationale se tenait chaque année à fin janvier à Cannes. Les organisateurs de l’événement ont pris la décision courageuse de déplacer le rendez-vous hivernal au début juin!

De la réunion d’affaires au rendez-vous festif et retour

A ses débuts, le Midem était avant tout un rendez-vous d’affaires pour les plus grands éditeurs de musique. Lors des années d’or de l’industrie musicale, l’événement s’est transformé en un immense salon de la musique. Le Midem était l’événement glamour par excellence, lieu de rencontre incontournable du monde du business musical international. Le commerce de la musique y était allègrement fêté, dans une ambiance d’autocélébration démonstrative.

Après la chute des ventes dans l’industrie des supports sonores les surfaces d’exposition ont été fortement réduites . L’approche commerciale a peu à peu repris le dessus et l’esprit festif s’est estompé.

Travail suisse de conviction

Depuis 26 ans, un stand suisse est organisé au Midem par SUISA, en collaboration avec la FONDATION SUISA et la Fondation des producteurs de phonogrammes. Par notre intermédiaire, les créateurs musicaux suisses peuvent s’accréditer à des conditions préférentielles et profiter de l’infrastructure du stand collectif.

Le nombre des participants suisses est constant depuis 10 ans, et il y a même une légère tendance à la hausse. Les réactions des participants suisses au salon ont été dans une large mesure positives jusqu’ici. Selon les dires des visiteurs du salon, le Midem permet encore de faire d’intéressantes affaires internationales. De plus, le salon serait une excellente débouché vers les marchés de la musique américain et asiatique.

Tout le monde ne semble pourtant pas être de cet avis, dans un contexte où, depuis plusieurs années, les stands collectifs européens constatent un recul des inscriptions.

De la concurrence pour le Midem

La situation actuelle est la suivante pour le Midem: une réduction bien visible des surfaces d’exposition louées, de moins en moins de participants européens, un public plus nombreux en provenance d’Asie et d’Amérique; et pendant ce temps, des festivals comme par exemple l’Eurosonic, le Festival Reeperbahn ou le MaMA connaissent des succès retentissants avec la présence de nombreux visiteurs professionnels.

Le Midem réagit en prenant différentes mesures. Une place importante est par exemple désormais accordée aux nouvelles technologies. De passionnants panels, workshops, meetings et tables rondes sont proposés. En outre, l’offre «live» a été améliorée avec l’organisation d’un grand festival de musique.

Cette palette est cependant aujourd’hui offerte dans pratiquement tout salon musical s’adressant à des visiteurs professionnels. Ce qui sera vraiment nouveau en 2015, c’est le déplacement du Midem au mois de juin. Selon des informations fournies par des collaborateurs du Midem, le salon espère ainsi attirer davantage de visiteurs asiatiques et américains. Avec des dates fixées en juin, le Midem sera l’unique salon musical européen proche des festivals de l’été. Ce n’est pas le cas pour les autres salons, qui ont lieu au printemps ou en automne.

Le Midem pourra-t-il, grâce à cette décision courageuse, renforcer sa position de salon parmi les plus importants au monde? L’avenir nous le dira. Les avis des habitués du stand suisse à ce sujet ne sont pas unanimes: «une excellente idée, je me réjouis d’aller à Cannes en juin», pour les uns; «très difficile durant la saison des festivals», pour les autres.

Midem du 5 au 8 juin: vivre l’événement de l’intérieur

Grâce à une accréditation via la FONDATION SUISA, vous pourrez participer au Midem à des conditions préférentielles et profiter des avantages du stand collectif. Concrètement: des tables de rendez-vous mises gratuitement à disposition, de la publicité sur le stand, un cocktail de stand offert, des casiers fermant à clé, un infodesk et un service de prise des messages en votre absence.

Participez au stand suisse et entretenez votre réseau commercial et vos contacts avec les représentants de l’industrie musicale internationale.

Coût de l’accréditation pour le Midem:
395 euros + TVA par personne
295 euros + TVA par personne, avec rabais d’artiste ou d’étudiant

Informations complémentaires et accès au lien pour l’inscription: www.fondation-suisa.ch/midem

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Cette année, pour la première fois, le Midem, salon de la musique pour professionnels, se tiendra en juin. Vous pourrez participer, du 5 au 8 juin 2015, à la grande rencontre des représentants de l’industrie musicale, venant du monde entier pour quelques jours à Cannes. En tant que participante ou participant suisse, vous avez la possibilité de vous accréditer à des conditions préférentielles pour le Midem, par l’intermédiaire de la FONDATION SUISA.

Midem-2014-Panel

Quo vadis, Midem? Le changement de date est la nouveauté la plus importante: la salon de la musique de Cannes se rapproche de l’été et aura lieu cette fois du 5 au 8 juin 2015. (Photo: Valentin Desjardins / Midem.com)

Depuis bientôt un demi-siècle, le Midem, l’un des plus importants événements de la branche musicale internationale se tenait chaque année à...Continuer

Midem 2014 – back to growth?

L’année de l’exécution de Che Guevara, du passage sur les écrans noirs et blancs de la guerre des Six Jours, de la sortie du dessin animé «Le Livre de la Jungle» et du légendaire album des Beatles «Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band» – 1967 – c’est au cours de cette même année que l’industrie musicale, alors en pleine expansion, choisit la Côte d’Azur pour ériger un monument en son propre honneur, sous la forme d’un salon des professionnels de la musique – le Midem était né. Par Andy Prinz, contributeur invité

Midem 2014 Teilnehmer

On se voit à Cannes (de g. à d.): Cla Nett (Coopérative suisse des artistes interprètes), Andy Prinz, Sergio Fertitta, Devijo alias Giancarlo Martinuzzi. (Photo: Andy Prinz)

Un concentré d’industrie musicale

Année après année, des milliers d’éditeurs, responsables de labels, musiciens, producteurs, managers et journalistes font le pèlerinage de Cannes pour se rendre durant 3 jours dans la Mecque de l’industrie musicale et échanger avec des confrères, licencier de la musique, conclure des contrats ou nouer des contacts autour d’un bon repas.

L’atmosphère qui règne sur la Riviera française est propice à de telles activités et Cannes la paisible offre toujours une touche glamour malgré la crise de l’industrie musicale. Les prix parfois terriblement élevés dans les grands hôtels, là où les A&R et managers influents se donnent rendez-vous, semblent vouloir défier la situation économique. Les boissons aux prix excessifs et les cappuccinos à 10 euros ne sont pas meilleurs, mais permettent de calmer les esprits.

Grâce aux fortes réductions accordées aux exposants suisses, les prix d’entrée au salon du Palais sont heureusement devenus accessibles. Ce salon, le plus grand du genre, souffre toutefois d’une baisse chronique du nombre de visiteurs et les entreprises qui proposent des technologies dernier cri ne parviennent pas à compenser l’absence de certains labels musicaux. L’offre demeure malgré tout importante.

Le Midem est composé d’une part du salon des professionnels, qui a malheureusement considérablement perdu de son importance, et d’autre part des conférences et du festival. Au total, près de 6400 participants du monde entier se retrouvent dans ce creuset temporaire de l’industrie musicale, tout en profitant du climat méditerranéen. The show must go on!

Midem 2014 Panel

Invités illustres et large éventail de sujets lors des panels. (Photo: Andy Prinz)

Lors des panels au Palais, des invités illustres tels que Rita Ora ou Boris Blank parlent de leurs expériences dans le monde de l’industrie musicale et donnent leur avis sur les nouvelles formes de commercialisation. L’éventail des thèmes est large mais le temps vient souvent à manquer, notamment parce que les rencontres ont la priorité et que la plupart des panels peuvent être visualisés après coup sur Internet. L’un des clous de cette année a certainement été l’intervention d’un A&R légendaire, fondateur de Sire Records (Warner), Seymour Stein.

Carlton, Majestic & Co.

Malgré le fait que, au grand dam des organisateurs du Midem, les éditeurs majors ainsi qu’un bon nombre de labels brillent par leur absence au Palais, ces acteurs sont bel et bien présents à Cannes, mais dans les grands hôtels proches de la plage, comme le Majestic ou le Carlton.

C’est là que se passe le véritable business, à l’écart du salon. Pour accéder à ces lieux, il faut soit être client de l’hôtel, soit être détenteur d’une carte d’accès au salon. Dès lors, détenir une telle carte présente un avantage certain, y compris pour les personnes qui ne souhaitent pas se rendre au salon.

De nombreuses rencontres ont lieu dans les lobbies des hôtels et des partenariats importants peuvent naître lors d’un repas dans l’un des restaurants du coin. A cet égard, le fait que l’industrie musicale se soit quelque peu réduite peut présenter certains avantages, dans la mesure où il est plus aisé d’avoir une vue d’ensemble. L’environnement prend parfois un aspect presque familier et les rencontres sont plus aisées.

Le réseautage reste une valeur sûre. Plus on connaît de monde, plus il sera aisé d’entrer en contact avec de nouvelles personnes et de placer ses cartes de visite en une multitude de mains.

Mon conseil serait de garder les premières heures de la journée libres de toute contrainte, de consacrer l’après-midi à la découverte des start-ups et des nouveautés intéressantes présentées au salon, puis, en fin d’après-midi et durant la soirée, de fréquenter les lobbies en profitant des mets et boissons du Sud de la France où la cuisine est toutefois, à mon humble avis, souvent surestimée.

To be or not to be

Certes, le séjour à Cannes est coûteux et oui, les décomptes Spotify sont douloureux. Une personne tournée vers le passé peut se sentir un peu perdue dans le monde du business musical 2.0. Notre monde est plus globalisé et connecté que jamais. Malgré tout, un contact personnel au soleil méridional, alors que l’hiver règne sur l’Europe, continue à valoir son pesant d’or!

Les relations personnelles et les expériences concrètes ont gagné en importance, tout particulièrement dans le contexte actuel, où l’overdose médiatique tend à noyer toute communication. Malgré tout, le MIDEM continue à réunir pour quelques jours les personnalités les plus importantes de l’industrie musicale, tous genres confondus.

Comme lorsque de vieux amis se rencontrent et se remémorent de beaux souvenirs, l’auto-encensement de l’industrie musicale réveille des forces insoupçonnées. Et si après cela vous n’en avez toujours pas assez de cette ambiance, vous pourrez toujours lire ou relire le chapitre «Midem» dans le classique «Kill your friends» de John Niven.

Midem 2014 Schweizer Gemeinschaftsstand

Réseautage au stand collectif suisse du Midem 2014. (Photo: Andy Prinz)

Au stand suisse du Palais, il est aisé d’entrer en contact avec des compatriotes ou de clarifier une question ou l’autre avec la société de gestion ou avec la société des interprètes. De plus, le stand propose également des services très utiles (p.ex. WiFi et casiers fermés à clé) ainsi qu’une infrastructure pour les rencontres.

Editeurs et licences

Un ancien cadre suisse d’une major avait à l’époque fait remarquer malicieusement que le Midem était bon uniquement pour les clochards et pour les éditeurs. C’est fortement exagéré, mais il est incontestable que le Midem est très orienté «édition» et que le peu de présence des labels peut engendrer quelques hésitations au moment de prendre la décision de se rendre à Cannes; les possibilités de licencier son catalogue manquent manifestement.

Les entreprises de technologie ou les grands groupes comme Google ne comblent que partiellement cette lacune; même si le thème en vogue est la «monétarisation YouTube». Le succès de salons spécialisés dans ce domaine comme l’ADE d’Amsterdam ou le SXSW aux USA est d’autant plus grand.

Le business est aujourd’hui possible 365 jours par année. Les plateformes restent cependant nécessaires, aussi bien à l’échelon national qu’international. Aujourd’hui encore, les artistes rêvent d’un contrat de production, les A&R de signatures prometteuses, les éditeurs de droits de synchronisation et les firmes IT d’un nombre record d’utilisateurs. La participation à un salon de professionnels tel que le Midem est peut-être plus importante que jamais!

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L’année de l’exécution de Che Guevara, du passage sur les écrans noirs et blancs de la guerre des Six Jours, de la sortie du dessin animé «Le Livre de la Jungle» et du légendaire album des Beatles «Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band» – 1967 – c’est au cours de cette même année que l’industrie musicale, alors en pleine expansion, choisit la Côte d’Azur pour ériger un monument en son propre honneur, sous la forme d’un salon des professionnels de la musique – le Midem était né. Par Andy Prinz, contributeur invité

Midem 2014 Teilnehmer

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